History of Economic Thought: Antiquity to Enlightenment
20 cartesThis note covers the historical evolution of economic thought, from ancient Greece and the Middle Ages through the Renaissance and the Enlightenment, highlighting key thinkers and their contributions to economic theories and the development of political and economic liberalism. It also details the principles of Mercantilism and Physiocracy.
20 cartes
Les Précurseurs de la Pensée Économique : Synthèse
La pensée économique, bien qu'existante depuis l'Antiquité, est restée longtemps subordonnée à d'autres disciplines avant de s'autonomiser.
I. La Pensée Antique et Médiévale : Éthique et Moralité
Pendant environ 20 siècles, l'économie était régie par des considérations éthiques et morales.
A. Réflexions dans l'Antiquité grecque
Xénophon (430-355 av. J.-C.) : Invente le terme « économie » (oikos + nomos = administration de la maison), axée sur la bonne gestion domestique.
Platon (428-348 av. J.-C.) :
Dans « La République » : décrit une cité idéale avec une division sociale stricte. Les dirigeants et guerriers (« races » d'or et d'argent) sont écartés de l'activité économique ; seuls les artisans et commerçants (producteurs) ont la propriété privée.
Dans « Les lois » : insiste sur la justice et l'harmonie sociale comme fins ultimes, pas la prospérité matérielle.
Aristote (384-322 av. J.-C.) :
Œuvres principales : « La Politique » et « L’éthique à Nicomaque ».
Distingue la « véritable richesse » (biens vitaux) de la « fausse richesse » (biens superflus). La fin de l'existence est la « vie heureuse », non l'enrichissement.
Premier à définir les trois fonctions de la monnaie : étalon des valeurs, moyen d'échange, réserve de valeur. Condamne l'enrichissement excessif et l'usure (prêt à intérêt) comme une perversion de la fonction première de la monnaie.
B. La Pensée Médiévale : La Scolastique
Scolastique thomiste ( siècle) :
Thomas d’Aquin (1225-1274) dans « Somme théologique » : Tente de concilier foi, textes antiques et droit romain.
Condamnation de l'enrichissement et de l'usure renforcée par la foi (louange de la pauvreté) et le droit romain.
La notion de « prix juste » : la transaction ne doit léser personne, basée sur un jugement moral préalable.
Courant « nominalisme » ( siècle) :
Nicolas Oresme (1320-1382) : La monnaie est un instrument d'échange, sa valeur vient du consentement. Le prince doit s'abstenir de la manipuler. Le politique doit se soumettre à l'économique.
Jean Buridan (1300-1358) : La valeur des biens dépend de leur rareté et de leur utilité.
II. La Renaissance : Princes et Marchands
Les et siècles sont marqués par de profonds bouleversements politiques, religieux et économiques.
A. Les Théories de l’État Moderne
Constitution des États : Le terme « État » prend son sens moderne, avec des pouvoirs centralisateurs. La puissance de l'État s'identifie à celle du monarque.
Réforme et émancipation politique : La Réforme protestante contribue à la sécularisation progressive. Les moralistes se retirent des questions sociales et politiques, laissant la place aux juristes et politistes pour développer une conception amoral de la politique.
Conception amorale de la politique :
Nicolas Machiavel (1469-1527) : « Le Prince » (1513). Principe : « la fin justifie les moyens ». Politique pragmatique, neutre aux questions éthiques.
Autres penseurs : Érasme (humanisme moral), G. Botero (principe de la « raison d’État »).
Les théories de l’État absolu ( siècle) :
Jean Bodin, Richelieu, Bossuet.
Thomas Hobbes (1588-1679) : « Le Léviathan » (1651). L'ordre social est politique, non moral. L'homme est un « loup pour l'homme ». Le lien politique est une relation de sujétion à un souverain absolu pour garantir l'harmonie sociale.
B. Naissance d’une Économie Politique
Levée des interdits moraux : Dans les pays protestants, la réussite économique est vue comme un signe d'élection divine.
Révolution marchande et monétaire suite aux grandes découvertes, modifiant la conception de la richesse.
Le mercantilisme : Plaidoyer pour l'interventionnisme de l'État. Les marchands réclament privilèges et politiques économiques interventionnistes (ex: colbertisme). La nation devient l'unité de référence économique, la monnaie joue un rôle symbolique clé.
III. Le Mercantilisme : Un Plaidoyer Interventionniste
Les mercantilistes ne forment pas une école unifiée mais partagent des principes.
A. La Doctrine
Doctrine de la richesse : La richesse est identifiée à la possession de métaux précieux (bullionisme, chryshédonisme). Le but est d'accumuler l'or et l'argent au niveau individuel et national.
Doctrine du commerce : Le commerce est une source d'enrichissement. Un commerce extérieur florissant est clé.
Apparition de la balance du commerce (Thomas Gresham, 1549) : une nation s'enrichit si ses exportations dépassent ses importations (en poids de métaux précieux).
Conception du commerce comme un jeu à somme nulle : le gain d'une nation est la perte d'une autre.
Doctrine de l’État : La meilleure façon d'assurer un excédent commercial est le protectionnisme tarifaire et une intervention systématique de l'État dans l'économie pour protéger et développer l'activité des marchands. Leur enrichissement est celui de la nation.
B. Les Variantes Nationales
Bullionisme ibère (Espagne, Portugal) : Axé sur la conservation des métaux précieux introduits en Europe. Connaît un déclin par la suite.
Commercialisme britannique : Plébiscite le monopole du transport maritime pour contrôler le commerce extérieur et devenir intermédiaire. Plus « libéraux » dans leur objectif d'accroître le volume du commerce.
Colbertisme français : S'appuie sur la population nombreuse et l'agriculture (Jean Bodin, Duc de Sully).
Développement de l'artisanat et de l'industrie (Barthélémy de Laffémas, Antoine de Montchrestien).
Jean-Baptiste Colbert (1619-1683) : Met en place une politique douanière, réglementaire et manufacturière, posant les bases de l'interventionnisme d'État français.
IV. Philosophie des Lumières et Libéralismes
Le siècle voit l'émergence de la philosophie des Lumières.
A. La Philosophie des Lumières ( siècle)
Confiance en la Raison : Processus intellectuel basé sur la raison, la critique des autorités, l'autonomie de la pensée, menant à l'autonomisation de la pensée économique.
Montesquieu (1689-1755) : Dans « De l’esprit des lois » (1748), analyse la rationalité du monde et les liens entre lois, mœurs, climat et économie.
Idées essentielles et diffusion (1750-1775) :
Voltaire (1694-1778) : Dénonce l'injustice, le fanatisme et l'intolérance.
Jean-Jacques Rousseau (1712-1778) : Incarnation du versant démocrate. Croit en la bonté naturelle de l'homme, exaltant l'état de nature et la protection des droits naturels.
Diffusion maximale (après 1775) : L'Abbé Raynal, Condorcet (contre l'esclavage, pour les droits des femmes). Mouvement européen (Kant, Hume, Smith, Locke) et américain (Franklin). Le français remplace le latin comme langue intellectuelle.
Le libéralisme économique émerge en Grande-Bretagne, tandis que le libéralisme politique prend racine en France.
B. Libéralisme Politique et Libéralisme Économique
Libéralisme politique : Revendique l'égalité civile (individus = citoyens), les libertés politiques, et un système législatif basé sur la volonté individuelle. L'ordre naturel est celui d'un homme bon, doué de raison, adhérant librement à un contrat social.
Libéralisme économique : Postule que la poursuite de l'intérêt individuel, si certaines libertés sont garanties (propriété privée, libre circulation, travail, entreprendre), concourt à l'intérêt général.
V. Les Physiocrates : Précurseurs du Libéralisme Français
Ils sont considérés comme les premiers fondateurs du libéralisme français.
A. La Doctrine
Anti-mercantiliste par excellence.
Nature de la richesse : L'agriculture est la seule à produire un « produit net » (accroissement de richesse). L'industrie et les manufactures sont jugées « stériles ».
L'ordre naturel du Tableau économique :
Modèle de François Quesnay (1694-1774), « Tableau économique » (1758).
Trois classes : productive (agriculteurs), propriétaires, stérile (artisans, commerçants).
La richesse provient des « avancées foncières » et revient aux propriétaires fonciers sous forme de rente.
La richesse se diffuse par les dépenses des classes. Il est crucial de respecter ce circuit pour reconstituer les avances et dégager de nouvelles richesses. Le prince doit se soumettre à cet ordre économique naturel.
B. La Naissance d'un Paradigme
Science économique nécessairement libérale :
La physiocratie est souvent vue comme la première école d’économie moderne.
L'harmonie sociale repose sur un ordre économique naturel, non moral ou politique.
L'économie devient une discipline autonome, capable de répondre à la question de l'ordre social, en opposition à l'interventionnisme politique.
Physiocratie pratique et son dépassement :
Anne Robert Jacques Turgot (1727-1781) a tenté d'appliquer les principes physiocrates.
Critiques : La première révolution industrielle remet en question l'exclusivité productive de l'agriculture.
Limites conceptuelles : Le Tableau ne s'interroge pas sur la valeur, les revenus, la détermination économique des classes sociales.
C'est Adam Smith et les classiques anglais qui seront reconnus comme les véritables fondateurs de la science économique.
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