Histoire Politique Sociale France Contemporaine
Aucune carteL'étude de la France contemporaine, de la Révolution à la Commune, met en lumière les transformations sociales et politiques profondes, marquées par l'ascension de la bourgeoisie et les luttes des classes populaires. L'impact de la Révolution française, la période napoléonienne, et les révolutions du XIXe siècle ont façonné le paysage politique et économique, menant à l'émergence du capitalisme et à l'organisation du mouvement ouvrier. Le document explore également la Commune de Paris comme un moment clé de l'affirmation du prolétariat.
Histoire Politique et Sociale de la France Contemporaine (1789-1871)
Ce cours propose une étude de l'histoire politique et sociale de la France entre la Révolution Française et la Commune de Paris. L'évolution de l'organisation politique et sociale y est analysée comme le résultat des rapports entre les grandes forces sociales impliquées dans la production des richesses : l'aristocratie terrienne (déclinante), la bourgeoisie (dominante) et les classes populaires/prolétariat (naissantes).
L'approche adoptée est une vision matérialiste de l'Histoire, où la manière dont les humains produisent leurs moyens d'existence est au fondement des sociétés et de leur évolution.
I. Cadre Théorique d'Analyse
A. Antagonisme entre les classes sociales
Les sociétés changent par les actions des classes sociales, définies comme des groupes hiérarchisés en fonction de leur place dans l'organisation de la production des richesses (ex. maître et esclave). Ces classes sociales sont apparues il y a environ 10 000 ans, avec l'apparition des inégalités dues à la répartition des tâches et la problématique de la propriété.
L'étude se concentre sur la lutte des classes en France de la fin du XVIIIe siècle à l'avènement du capitalisme.
B. Naissance de l'État
L'État n'a pas toujours existé. Son apparition est liée à l'existence de classes sociales et aux conflits qu'elles engendrent, perturbant la société.
- L'État est un appareil spécial de répression, détenant le monopole de la violence physique légitime, selon Weber.
- Il est également un appareil au service de la classe dominante, détaché de la population.
II. La Révolution Française : Une Révolution Bourgeoise? (1789-1792)
La Révolution Française est souvent qualifiée de révolution bourgeoise. C'est en partie vrai car les institutions et règles qu'elle a engendrées ont servi les intérêts de cette classe. Cependant, elle n'aurait pas eu une telle ampleur sans la pression populaire, dont les idées puisaient leurs sources dans des intérêts matériels.
La question centrale est : Comment la bourgeoisie a-t-elle pris le pouvoir et transformé la société ?
A. Crise de l'Ancien Régime et causes de la Révolution
La Révolution est expliquée par deux séries de causes :
- Causes profondes : une très longue transformation économique et sociale.
- Causes immédiates : une étincelle ayant déclenché l'événement.
1. Affirmation de la Bourgeoisie et déclin de la Noblesse
Les deux siècles précédant la Révolution Française sont marqués par une affirmation de la bourgeoisie comme principale puissance économique, face à une noblesse jugée parasitaire et détenant le pouvoir politique. À la fin du XVIIIe siècle, la principale source de richesse n'est plus la terre (propriété foncière, base de la société féodale datant du XIe siècle) mais la propriété mobilière, aux mains de la bourgeoisie.
La noblesse, bien que minoritaire (350 000 aristocrates sur 28 à 30 millions de personnes), possédait 20% des terres. Elle était en décadence et défendait farouchement ses privilèges (absence d'impôts, de travail, justice propre, hautes fonctions politiques), entravant l'activité économique de la bourgeoisie (libre circulation des marchandises, mobilisation de la main-d'œuvre).
2. Le Tiers-État et ses divisions
Le Tiers-État, représentant une immense majorité de la population (26 millions d'individus), était loin d'être uni, composé de trois classes distinctes :
- La bourgeoisie : Première en richesse et culture, subdivisée en :
- Grande bourgeoisie (banquiers, commerçants, marchands d'esclaves).
- Bourgeoisie manufacturière (propriétaires d'usines).
- Bourgeoisie libérale (intellectuels : avocats, journalistes, écrivains – diffuseurs des idées révolutionnaires).
- Petite bourgeoisie (artisans, boutiquiers, souvent aux conditions de vie précaires).
Consciente de ses intérêts opposés à l'aristocratie, la bourgeoisie s'appuie sur la philosophie des Lumières (Voltaire, Rousseau) pour critiquer la société féodale et fonder un nouvel ordre basé sur la raison (humaine).
- Les classes populaires urbaines : Partageant le ressentiment envers l'aristocratie mais voyant leurs conditions de vie s'aggraver (hausse du prix du pain). Composées de petits salariés, ouvriers de manufacture, journaliers et vagabonds.
- La paysannerie : Catégorie la plus nombreuse (23 millions, 80% de la population) mais ne possédant que 35% des terres. Majoritairement pauvre, écrasée par les impôts (Église, seigneurs, Roi). Les paysans jouent un rôle important dans la Révolution par des émeutes.
3. Impasse de la Monarchie et crise économique
La monarchie était incapable de résoudre les crises, notamment le déficit des finances royales. L'endettement colossal (50% du budget étatique pour le remboursement en 1780) enrichissait la bourgeoisie par la dette publique.
Les projets de réforme fiscale (1786-1787) visant à taxer la noblesse provoquent la colère des nobles et des juges des parlements. Ces derniers réclament la convocation des États Généraux.
Une régression économique entre 1778 et 1788, aggravée par une mauvaise récolte en 1788-1789, fait flamber les prix (notamment du pain) et accentue la crise, rendant le gouvernement monarchique responsable.
B. Triomphe politique de la Bourgeoisie (Mai-Octobre 1789)
Cette période est marquée par la destruction des structures politiques, juridiques et sociales de l'Ancien Régime, menée par la bourgeoisie pour construire son pouvoir politique.
1. La révolution juridique
- Convocation des États Généraux (Mai 1789) : La monarchie convoque les États Généraux sous pression. Chaque ordre (clergé, noblesse, Tiers-État) a 300 représentants mais une seule voix, ce qui est inacceptable pour le Tiers-État (plus nombreux). La bourgeoisie exige le doublement de ses députés et le vote par tête.
- Transformation en Assemblée Nationale : Réunis à Versailles le 5 mai 1789, les députés du Tiers-État (exclusivement bourgeois) s'autoproclament Assemblée Nationale (AN) le 17 juin 1789, face à la résistance de la noblesse. Ils prêtent le Serment du Jeu de Paume (20 juin 1789) et deviennent l'Assemblée Nationale Constituante (ANC) le 9 juillet 1789, chargée de rédiger une nouvelle Constitution.
- Montée des tensions : La convocation des États Généraux et la rédaction des cahiers de doléances provoquent une grande agitation et une remise en question généralisée.
2. L'insurrection populaire
L'enthousiasme populaire pour l'ANC se traduit par une mobilisation massive pour soutenir et protéger les révolutionnaires.
- Les journées parisiennes : La population s'arme, créant la Garde Nationale. Le 14 juillet 1789, la prise de la Bastille (où se trouvaient des armes) symbolise la victoire de la bourgeoisie, soutenue par le peuple. De nouvelles autorités bourgeoises sont mises en place à Paris. Le Roi est contraint de reconnaître cette victoire.
- La révolte en province : Des révolutions municipales éclatent dans de nombreuses villes, remplaçant les anciennes administrations par des pouvoirs bourgeois. Les paysans s'arment et attaquent les châteaux pour brûler les textes féodaux (corvées, taxes), c'est la Grande Peur.
3. Réaction et concessions de la Bourgeoisie
La bourgeoisie, inquiète des débordements populaires, fait des concessions pour maintenir une alliance contre l'Ancien Régime.
- Abolition de la féodalité (Décrets du 5 au 11 août 1789) : L'Assemblée Nationale détruit le régime féodal (art. 1), abolissant les privilèges fiscaux et de justice. Cependant, la démolition n'est pas complète, le problème de la propriété des terres persiste et les paysans doivent racheter certains droits féodaux réels.
- Déclaration des Droits de l'Homme et du Citoyen (DDHC) du 26 août 1789 : Ce texte tire les conséquences de l'abolition des privilèges.
- Maîtrise de la monarchie : Le Roi refuse initialement de signer les textes. Sous la pression populaire (marche des femmes de Paris les 5 et 6 octobre 1789), il accepte et est ramené à Paris, sous le contrôle de la population insurgée.
C. Réorganisation du pays par l'Assemblée Nationale Constituante (1789-1791)
L'ANC, dominée par la bourgeoisie, réorganise l'administration, la politique, l'économie et la société pour consolider les acquis révolutionnaires et prévenir le retour de l'aristocratie ou les avancées trop importantes des classes populaires.
1. Les droits de l'homme bourgeois et leurs exclus
La DDHC de 1789, bien que proclamant des droits universels (liberté, propriété, sûreté, résistance à l'oppression), concerne avant tout l'homme bourgeois.
- Liberté : Définie par ses limites ("pouvoir faire tout ce qui ne nuit pas à autrui"), elle est purement individuelle et séparatrice.
- Propriété : Droit "inviolable et sacré" (art. 17), liée à la liberté comme expression et garantie de celle-ci.
- Sûreté : Protection des biens et des personnes par l'État.
- Égalité : Mentionnée comme une égalité civile (art. 1 "Les Hommes naissent libres et égaux en droit"), mais sans égalité sociale.
De vastes catégories sont exclues des bénéfices de ce texte :
- Les citoyens sans propriété en métropole : La Constitution de 1791 instaure le suffrage censitaire (votants : hommes de plus de 25 ans payant un certain niveau d'impôts). Seuls les "citoyens actifs" (4 millions) peuvent voter, excluant les "citoyens passifs" (3 millions), majoritairement pauvres. Ceux-ci s'expriment via des clubs politiques (Jacobins, Cordeliers) et des manifestations.
- Les esclaves dans les colonies : La question de l'abolition est posée mais rejetée, car la majeure partie de la création de richesses repose sur le commerce triangulaire (Saint-Domingue étant la plus rentable). Malgré des débats (Société des Amis des Noirs vs Club Massiac), même les abolitionnistes comme Condorcet prônaient une abolition graduelle. Les esclaves se révoltent à Saint-Domingue en 1791, menant à une première abolition en 1793.
- Les femmes : Exclues des droits politiques et victimes d'une misogynie ambiante (même chez Voltaire, Diderot, Rousseau), elles s'affirment pourtant dans les salons et la science (Émilie du Châtelet). Des voix comme Condorcet militent pour leur égalité. Olympe de Gouges rédige une *Déclaration des Droits de la Femme et de la Citoyenne*, affirmant l'égalité des sexes et prônant l'émancipation civile (droit au divorce, égalité dans l'héritage).
2. La réorganisation économique
La bourgeoisie entreprend de réorganiser l'économie à son profit, visant à développer une économie capitaliste.
- Accès à la terre :
- Libération des terres : Les décrets d'août 1789 abolissent les droits féodaux personnels, mais les droits réels doivent être rachetés, empêchant de nombreux paysans de se libérer réellement. Ce n'est qu'en juillet 1793 que ces revendications paysannes seront satisfaites.
- Acquisition de nouvelles terres : La vente des biens nationaux (confiscation des biens de l'Église pour rembourser la dette publique) permet un transfert massif de propriété vers la bourgeoisie.
- Triple liberté économique : La bourgeoisie instaure la libre recherche du profit individuel comme moteur économique.
- Liberté de production : Abolition des corporations de métier par le Décret d'Allarde (2 mars 1791), instaurant la libre concurrence.
- Liberté du marché du travail : Interdiction des coalitions d'ouvriers (ancêtres des syndicats) par la Loi Le Chapelier (14 juin 1791), favorisant des contrats de travail individuels.
- Liberté du commerce : Unification du marché (suppression des obstacles internes), unification des mesures (mètre obligatoire), protection douanière contre la concurrence étrangère, et maintien de l'exclusif colonial.
3. Restructuration des institutions politiques et religieuses
L'ANC modifie les institutions pour éviter le retour de l'Aristocratie et se protéger des classes populaires.
- Institutions politiques : La Constitution du 3 septembre 1791 affirme la souveraineté nationale et la séparation des pouvoirs. Le Roi est un simple délégué de la nation, son pouvoir est réduit (droit de sanction, de veto suspensif, exécutif et diplomatie). L'ANC, élue au suffrage censitaire et composée de possédants, détient l'initiative des lois et est indissoluble, contrôlant les ministres.
- Institutions religieuses : La vente des biens de l'Église entraîne une réforme du clergé par la Constitution Civile du Clergé (12 juillet 1790). Les ecclésiastiques sont élus par les citoyens actifs et doivent prêter serment de fidélité à la Nation, au Roi et à la Loi. Cette mesure divise le clergé entre prêtres assermentés et prêtres réfractaires, attisant le conflit politique et la contre-révolution.
D. Les divisions de la Bourgeoisie et la radicalisation de la Révolution (1791-1792)
L'ANC est piégée entre la contre-révolution aristocratique et la poussée des classes populaires.
- La contre-révolution aristocratique : La noblesse refuse de voir ses privilèges diminuer et organise des soulèvements armés (avec l'aide des prêtres réfractaires) et cherche l'appui des monarchies étrangères (Autriche). La fuite du Roi à Varennes (Juin 1791) le discrédite et révèle une collusion avec les contre-révolutionnaires.
- La réaction de la bourgeoisie : Face aux demandes de déchéance du Roi, la bourgeoisie de l'ANC hésite. La fusillade du Champ de Mars (Juillet 1791) où la bourgeoisie fait tirer sur les manifestants marque une rupture.
La bourgeoisie se divise sur la question de poursuivre ou d'arrêter la Révolution.
- Composition de l'Assemblée Législative (Septembre 1791) : L'ANC est remplacée par l'Assemblée Législative, toujours bourgeoise mais divisée :
- Girondins (126) : Veulent continuer la Révolution pour réduire les privilèges nobles, mais deviennent réticents face aux revendications populaires.
- Feuillants (264) : Veulent arrêter la Révolution, soutenir le Roi et ne pas satisfaire les classes populaires.
- Indécis.
- Cordeliers (10) : Souhaitent l'alliance avec les classes populaires et l'abolition de la monarchie.
- Organisation des sans-culottes : Les classes populaires, sans le droit de vote, s'organisent dans les Sections Parisiennes, réclamant une République et influençant la vie politique.
- Déclenchement de la guerre : Face aux divisions et aux pressions populaires, une solution est de déclarer la guerre aux monarchies étrangères (Autriche, 20 avril 1790). Les défaites s'accumulent (généraux nobles peu motivés), et la colère populaire gronde.
- Chute de la monarchie : Fin juillet 1792, les sans-culottes parisiens prennent le Palais des Tuileries, destituant le Roi. Le 10 août 1792, l'Assemblée Législative prononce la déchéance de Louis XVI et annonce de nouvelles élections pour septembre 1792.
III. La Première République et la Convention (1792-1794)
Le 20 septembre 1792 marque l'élection de la Convention Nationale et le début de la Ière République. La vie politique est désormais déterminée par les rapports, de plus en plus complexes, entre la bourgeoisie et les classes populaires. Une alliance persiste, mais une opposition croissante émerge entre les sans-culottes et une partie de la bourgeoisie, certains bourgeois se tournant vers la contre-révolution.
A. Les forces légales : la bourgeoisie révolutionnaire au sein de la Convention
La bourgeoisie révolutionnaire cherche à poursuivre la Révolution et s'exprime politiquement au sein de la Convention Nationale. Elle diffère des assemblées précédentes :
- Élue au suffrage universel masculin (plus de 21 ans), élargissant considérablement le corps électoral (passant de 4 à 7 millions d'électeurs).
- Concentrant tous les pouvoirs (législatif via ses Comités spécialisés, exécutif via le Comité de salut public, et constituant pour rédiger une nouvelle Constitution pour la Ière République).
1. Composition de la Convention : Girondins et Montagnards
La Convention est marquée par la rivalité de deux fractions de la bourgeoisie révolutionnaire :
- Les Girondins (160 députés) : Anciennement à gauche, ils sont désormais à droite car ils craignent une radicalisation populaire de la Révolution et préfèrent une monarchie modérée à une République trop "sociale". Ils sont élus par la bourgeoisie commerçante des grandes villes de province.
- Les Montagnards (200 députés) : Groupe plus radical, ils sont prêts à des concessions aux classes populaires pour faire triompher la Révolution et détruire entièrement la féodalité, bien qu'ils ne soient pas pour l'abolition de la propriété privée. Affiliés au Club des Jacobins, ils sont élus par la petite bourgeoisie et les sans-culottes parisiens.
- Le Marais (389 députés) : Les indécis.
B. Les forces populaires : les sans-culottes
Les sans-culottes représentent une force populaire hétérogène mais unie par des intérêts communs et des revendications politiques et sociales claires.
1. Composition sociale des sans-culottes
Ils appartiennent à diverses classes sociales, du journalier au petit patron (boutique, atelier, parfois salariés).
Ils sont unis par :
- La souffrance de la faim suite à la crise économique.
- La dépendance économique (salariés dépendants de leurs employeurs, petits patrons dépendants des grands commerçants).
2. Idées politiques et sociales des sans-culottes
- Idées sociales : Vers l'égalité sociale.
- Droit à une existence indépendante : la liberté nécessite de pouvoir se nourrir.
- Égalité des jouissances : le riche ne doit pas vivre mieux que le pauvre.
- Limitation du droit de propriété privée (ex: récoltes, concentration des propriétés).
- Redistribution des richesses par des impôts et réquisitions des fortunes.
- Droit au travail et à l'assistance pour tous.
- Idées politiques : La démocratie directe.
- Souveraineté populaire : chaque citoyen doit pouvoir exercer l'intégralité du pouvoir politique.
- Le peuple doit faire et appliquer la Loi (pouvoir législatif et exécutif exercé par le peuple armé).
- Souveraineté indéléguable : les élus sont des mandataires contrôlables et révocables par la population.
3. Organisation des sans-culottes
Pour faire entendre leurs idées, les sans-culottes réutilisent des structures existantes :
- La Commune de Paris : Après l'insurrection du 10 août 1792, les sans-culottes prennent le contrôle de la municipalité de Paris. Elle dirige les actions et les mesures révolutionnaires (ex: Tribunal Révolutionnaire, loi sur le maximum des prix).
- Les Sections Parisiennes : Circonscriptions électorales devenues de réels organes de souveraineté populaire. Elles discutent des textes, surveillent les autorités (Convention) et disposent de comités révolutionnaires exerçant un pouvoir exécutif autonome (visites domiciliaires, arrestations).
Malgré cette organisation, les Sections manquent de coordination pour prendre la tête de la Révolution. Le groupe des Enragés, mené par Jacques Roux, n'arrive pas à unifier les Sections parisiennes.
C. La "Terreur" (1793-1794)
L'alliance entre les classes populaires et la bourgeoisie révolutionnaire est mise à l'épreuve par la nécessité de concessions face à la menace contre-révolutionnaire.
1. Mesures de Justice et Répression
La lutte se mène à l'extérieur (guerre contre les monarchies coalisées) et à l'intérieur. La peur du complot aristocratique et des insurrections contre-révolutionnaires pousse les sans-culottes à réclamer des mesures coercitives.
- Procès et exécution de Louis XVI : Le Roi ayant trahi, les sans-culottes veulent sa mort. Des désaccords apparaissent entre Montagnards (pour un jugement) et Girondins (opposés). Robespierre et Saint-Juste plaident pour une exécution directe. Louis XVI est jugé et condamné à mort le 21 janvier 1793. Cette exécution accentue la rupture entre Girondins et Montagnards.
- Justice populaire et institutionnalisation de la Terreur :
- En septembre 1792, une justice spontanée et violente s'instaure : arrestations de suspects (émigrés, prêtres réfractaires, aristocrates) suivies de massacres (un millier de prisonniers exécutés).
- En mars 1793, face à une crise économique, sociale et militaire, le Tribunal Révolutionnaire est créé par la Convention pour éviter de nouveaux massacres et institutionnaliser la répression. C'est un tribunal politique, sans appel ni cassation, dont juges et jurés sont nommés par la Convention.
- Radicalisation de la Terreur : Dès juin 1793, la Convention devient uniquement montagnarde. Les émeutes populaires de septembre 1793 poussent la Convention à décréter la Terreur "à l'ordre du jour".
- La Loi des suspects (17 septembre 1793) élargit la catégorie des suspects et simplifie la procédure du Tribunal Révolutionnaire (pas d'avocat, pas de jury, condamnation sur simple constatation d'identité ou fréquentation, amalgame). Les condamnations à mort (plus de 400 en 3 mois) et emprisonnements se multiplient.
- La Terreur s'étend en province (ex: Vendée), où une forte opposition paysanne, liée à la religion et menée par la noblesse (Armée catholique et royale), est réprimée violemment par l'armée révolutionnaire.
2. Mesures économiques et sociales en faveur des classes populaires
La bourgeoisie révolutionnaire, bien que confrontée à un problème insoluble (satisfaire les sans-culottes sans nuire à ses propres intérêts), prend des mesures économiques pour le peuple.
- Contraintes économiques :
- Lutte contre les accapareurs (spéculateurs). La Loi sur le maximum des prix (29 septembre 1793) fixe un prix maximum pour les denrées de première nécessité. Ces mesures ont un effet limité en pratique.
- Mesures d'émancipation :
- La loi du 17 juillet 1793 achève l'abolition juridique de la féodalité.
- L'abolition de l'esclavage est décrétée le 29 août 1793 (suite à la révolte de Saint-Domingue).
3. Principes et Constitution de l'an I (1793)
La Convention adopte une nouvelle Constitution le 4 juin 1793 (Constitution de l'an I) accompagnée d'une nouvelle DDHC, bien qu'elle ne soit jamais appliquée.
- Promotion de l'égalité sociale : Cette Constitution vise une égalité concrète, des richesses, et pas seulement en droit. Le "bonheur commun" est le nouvel objectif principal. Elle introduit des droits collectifs (égalité, droit à l'éducation) et relativise la propriété privée (non "inviolable et sacrée"). L'article 35 consacre le droit à l'insurrection.
- Renforcement de la démocratie : Très progressiste, elle prévoit la primauté du pouvoir législatif (Assemblée Législative élue au suffrage universel élisant les ministres), une procédure de référendum, et un droit de pétition.
D. La fin de la Révolution : Répression des sans-culottes (Fin 1793 - 1794)
La rupture entre les sans-culottes et la bourgeoisie révolutionnaire intervient fin 1793, car la bourgeoisie ne peut aller plus loin sans remettre en cause la propriété privée. Les Montagnards se retournent contre les classes populaires.
1. Détachement de la Terreur du mouvement populaire
La Terreur, née de la mobilisation des sans-culottes, devient un instrument du Comité de salut public contre le peuple, et les contraintes économiques sur les riches s'assouplissent.
- Centralisation du pouvoir : Face aux difficultés d'application des lois coercitives, la Convention délègue tous les pouvoirs au Comité de salut public (dirigé par Robespierre) pour assurer l'exécution des mesures.
- Renforcement du pouvoir du Comité de salut public :
- Il surveille toutes les administrations et nomme leurs dirigeants (supprimant les élections).
- Il élimine toute opposition au sein de la Convention (Exagérés et Indulgents sont arrêtés et guillotinés en mars 1794).
- La Loi du 10 juin 1794 renforce encore l'activité du Tribunal Révolutionnaire : simplification extrême de la procédure, suppression des interrogatoires, verdict uniquement peine de mort ou acquittement, élargissement de la catégorie des suspects (amalgame).
2. Restriction de la liberté d'action du mouvement populaire
- Mise sous tutelle des organes sans-culottes : La Convention exige l'intégration des sections dans le club des Jacobins et met sous tutelle la Commune de Paris (ses membres ne sont plus élus mais nommés par le Comité).
- Arrestation des leaders : Jacques Roux (dirigeant des Enragés) est emprisonné et se suicide en février 1794.
3. Relâchement des contraintes économiques
Les mesures de contrainte sur la circulation des marchandises sont levées, notamment la loi sur le maximum, car la bourgeoisie souhaite reprendre ses activités.
- La situation économique se dégrade (pénuries, hausse des prix).
- Les sans-culottes, dont les salaires sont ajustés, manifestent (grèves) mais sont réprimés (considérés comme contre-révolutionnaires).
4. Chute de Robespierre et la réaction Thermidorienne
La Convention perd sa crédibilité auprès des sans-culottes. La bourgeoisie d'affaires exige la fin de la Terreur. Robespierre perd son soutien populaire et est arrêté par la Convention le 27 juillet 1794 (9 Thermidor an II) et guillotiné le lendemain.
- Fin de la Terreur et réorganisation : La Convention Thermidorienne met fin à la Terreur, au Tribunal Révolutionnaire, diminue les pouvoirs du Comité de salut public et libère les suspects.
- Réaction violente contre les sans-culottes : Fermeture des clubs politiques, "Terreur Blanche" (chasse violente contre les militants avec l'aide des "Muscadins").
La Révolution se termine, révélant une différence d'intérêts entre les classes que les sans-culottes n'ont pas su diriger. Cependant, le mouvement populaire a été le moteur de la Révolution.
IV. La Consolidations des Acquis Révolutionnaires par la Bourgeoisie (1795-1815)
Après la chute de Robespierre et la fin de la période révolutionnaire intense, la bourgeoisie cherche à consolider son pouvoir. Cette période, comprenant le Directoire et l'époque napoléonienne, est caractérisée par la volonté de rompre avec les soulèvements populaires tout en assurant une continuité avec les acquis de la Révolution, mais uniquement ceux qui facilitent la vie des bourgeois.
A. L'Ère Napoléonienne : un État au service des notables
Face à l'instabilité politique du Directoire, marqué par des coups d'État royalistes et néo-jacobins, Napoléon Bonaparte, un ancien Montagnard et membre du club des Jacobins, s'affirme. Le 18 Brumaire an VIII (9 novembre 1799) marque son coup d'État et son accession à la tête du pays. Il va bâtir un État fort pour unifier et stabiliser le pouvoir des propriétaires aisés (les notables) et soumettre les classes populaires à leur domination.
1. Définition et unification des notables
Les notables sont l'ensemble des propriétaires aisés, divisés en trois catégories : l'ancienne aristocratie foncière (conservant une grande partie de ses terres), la bourgeoisie propriétaire (enrichie avant et pendant la Révolution), et la bourgeoisie d'affaires (nouveaux riches de l'après-Révolution, spéculateurs, commerçants coloniaux, investisseurs industriels). Bien que différents, ils convergent vers un intérêt commun : la propriété.
Napoléon a pour objectif d'unifier ces notables et de les consacrer juridiquement, afin de mieux contrôler les masses populaires. Son œuvre de codification du droit, notamment le Code Civil des Français (21 mars 1804), est une œuvre de stabilisation qui unit la société autour des normes et valeurs bourgeoises.
- Le Code Civil exalte la propriété privée (art. 544), droit personnel, inviolable et sacré. Le propriétaire peut faire ce qu'il veut de son bien sans devoir quoi que ce soit à la société (propriété purement individuelle).
- Les rapports sociaux sont liés aux rapports d'argent. La famille, par exemple, est vue sous l'angle du règlement des patrimoines, des successions.
- Le Code Civil instaure une conception patriarcale et autoritaire de la famille (la femme doit obéir à l'homme, droits limités, divorce plus difficile pour elle).
L'État napoléonien reconnaît juridiquement l'ordre bourgeois et confie son fonctionnement aux notables, en les intégrant massivement à la fonction publique (hauts fonctionnaires dont le niveau de vie dépend de l'État), ce qui favorise les fils de notables, formés dans les lycées (1802) et universités (1806).
2. Soutien à l'économie capitaliste et subordination des travailleurs
L'État napoléonien soutient le développement industriel de la bourgeoisie et organise la subordination des masses laborieuses (vivant de leur travail).
- Soutien à l'industrie : Bien que l'agriculture reste dominante, l'industrie connaît une croissance fulgurante. Napoléon fournit de nouveaux débouchés (blocus continental contre l'Angleterre) et soutient directement la production industrielle.
- Exemples : Création de la Banque de France (1800), du Franc Germinal (1803), de la Société pour l'Encouragement de l'Industrie (1801).
- Tentatives de reconquête coloniale (rétablissement de l'esclavage en 1802, échec à Saint-Domingue et en Louisiane, défaite de Trafalgar en 1805) mènent à la politique de blocus continental.
- Subordination des travailleurs : L'État entérine une situation de subordination de fait.
- Conditions de travail difficiles pour les ouvriers (10-12h/jour, travail dangereux, maladies professionnelles, travail des enfants dès 5 ans).
- Précarité de vie (pas d'épargne, pas d'aide sociale).
- Le droit protège et consacre cette subordination. Le Code Civil (art. 1781) privilégie la parole du patron en cas de litige salarial.
- Le livret ouvrier (Loi du 12 avril 1803), sorte de passeport, contrôle les déplacements et la vie des ouvriers, les reléguant au statut de citoyens de seconde zone.
- Interdiction des grèves et syndicats (Loi Le Chapelier de 1791 rétablie).
Cette période est calme en termes de soulèvements populaires, car la classe ouvrière, naissante, manque d'organisation et de conscience de classe.
B. L'État Autoritaire de Napoléon
Pour neutraliser toute remise en cause du nouvel édifice social, Napoléon met en place une dictature personnelle, un État très autoritaire, centralisé et policier.
1. Organisation politique verrouillée
Trois Constitutions (An VIII, X, XII) se succèdent, renforçant progressivement le pouvoir de Napoléon (Consul pour 10 ans, puis à vie, puis Empereur) et rendant le pouvoir législatif impotent. Le régime est paradoxalement appelé "République", malgré la concentration du pouvoir entre les mains de Napoléon.
- Le pouvoir exécutif est détenu par le Premier Consul (Napoléon), qui a aussi une grande partie du pouvoir législatif (initiative des lois).
- Le processus législatif est fragmenté entre quatre assemblées (Conseil d'État, Tribunat, Corps Législatif, Sénat), toutes soumises à l'exécutif, leurs membres étant nommés indirectement par Napoléon.
- Le suffrage universel masculin est maintenu, mais son utilité est détournée : il sert à présenter une liste de notables à Napoléon, qui choisit ensuite les représentants.
2. Établissement d'un État policier et de contrôle des esprits
- Contrôle des personnes : L'État centralisé subordonne les agents administratifs aux ministres. Les juges sont nommés, les hauts fonctionnaires (ex: Préfets) sont irresponsables devant le peuple.
- La chasse aux opposants politiques (républicains, royalistes) est intense, avec la création de tribunaux criminels spéciaux (1801).
- Création du Ministère de la Police Générale (1804), menant un fichage systématique et utilisant des "mouchards".
- Les libertés individuelles sont restreintes : absence de déclaration des droits de l'homme dans les Constitutions, surveillance de la presse (Le Moniteur, 1810), censure générale, contrôle de la liberté de conscience.
- Contrôle des esprits (propagande) : L'enseignement et l'Église catholique sont instrumentalisés pour formater les esprits et imposer le nouvel ordre social.
- L'instruction est centralisée et contrôlée par l'État (rattachée au ministère de l'Intérieur), avec la création des lycées (1802) et des facultés (1806).
- Le Concordat du 16 juillet 1801 entre Napoléon et le Pape soumet l'Église à l'État, récupérant la religion pour prôner l'obéissance au régime. Le catholicisme n'est pas religion officielle mais "religion de la majorité des Français".
C. L'Expansion Européenne et la Chute de l'Empire
Le régime napoléonien est caractérisé par une extension de la domination française en Europe, exportant les acquis révolutionnaires (Code Civil, administrations centralisées) et favorisant l'essor de la bourgeoisie et du capitalisme. Cependant, cette soif de conquêtes conduit aussi à sa perte.
- À partir de 1808 (guerre d'Espagne), la population se désintéresse de Napoléon, la bourgeoisie voit ses intérêts perturbés par le blocus.
- Les défaites militaires (Campagne de Russie, 1812-1814) affaiblissent son pouvoir.
- L'entrée des forces alliées (Russie, Prusse, Autriche) à Paris en 1814 contraint Napoléon à abdiquer et s'exiler à l'île d'Elbe.
La chute de Napoléon entraîne la Restauration de la monarchie avec Louis XVIII. Cependant, les acquis bourgeois consolidés par Napoléon ne sont pas annulés. La domination de la bourgeoisie est affirmée, mais l'essor d'une nouvelle classe sociale, la classe ouvrière, promet de contester cet ordre.
V. L'Avènement de la Bourgeoisie et l'Émergence de la Classe Ouvrière (1815-1848)
La période post-1815 est celle de la domination complète de la bourgeoisie, exploitant pleinement ses acquis. Cependant, cette hégémonie s'accompagne d'un développement sans précédent de la pauvreté (le paupérisme) qui devient la condition normale des travailleurs d'usine. Face à cela, la classe ouvrière émerge comme force politique, remettant en question l'ordre établi.
Cette période est marquée par des bouleversements économiques, sociaux et politiques, entraînant l'apparition de nouveaux antagonismes de classes. Plusieurs régimes politiques se succèdent rapidement (Restaurations, Monarchie de Juillet, IIe République).
Les moments clés de cette période sont :
- 1830 : Émergence sociale et politique de la classe ouvrière.
- 1848 : Premières conquêtes politiques de la classe ouvrière.
A. Le Démarrage de l'Économie Capitaliste et l'Avènement du Paupérisme (1815-1840)
L'économie devient pleinement capitaliste, produisant pour le profit et non pour les besoins. La classe ouvrière est au cœur de cette production, mais ses conditions de vie empirent, ce qui la pousse à émerger politiquement.
1. Essor du Capitalisme : Mécanisation, Commerce, Finance
Le développement capitaliste découle de trois domaines interdépendants :
- Mécanisation de la production industrielle : Le machinisme, notamment la machine à vapeur, permet une production de masse.
- Renouveau du commerce :
- Développement du marché intérieur (amélioration des infrastructures de transport : routes, canaux, et surtout les chemins de fer).
- Développement du commerce extérieur : Malgré la réduction de l'empire colonial français, de nouvelles ambitions coloniales émergent (ex: Algérie en 1830-1847), enrichissant la bourgeoisie et stimulant l'industrie métropolitaine.
- Développement de la finance : L'investissement industriel nécessite des fortunes familiales non suffisantes. Le crédit bancaire joue un rôle croissant (développement de banques privées, "Haute Banque", Bourse).
2. Paupérisme et conditions de vie ouvrières
Le paupérisme est un état de pauvreté permanent touchant le prolétariat, notamment les ouvriers des manufactures. Cette classe ouvrière est en augmentation numérique (1.2 million d'ouvriers en France) et se concentre dans de nouvelles villes industrielles (Roubaix, Saint-Étienne). Leurs conditions de vie sont très dures et connues grâce aux romans (ex: *Les Mystères de Paris* d'Eugène Sue) et aux enquêtes sociales (ex: Dr Villermé).
- Conditions de travail : Journées interminables (15-16h/jour), rythme intense des machines, lieux confinés, dangereux (maladies professionnelles, forte mortalité, même chez les enfants).
- Logement : Entassement dans de petits logements (8m² pour une famille), pénurie.
- Salaires : Insuffisants et tirés vers le bas par l'emploi des femmes et des enfants.
3. Absence de Protection Sociale et Juridique pour les Travailleurs
Le patronat exerce un pouvoir illimité, la bourgeoisie refusant l'intervention de l'État. La situation de subordination juridique héritée de l'époque napoléonienne (livret ouvrier, interdiction des grèves) perdure.
- La loi du 22 mars 1841 limite le temps de travail des enfants, mais avec l'objectif de préserver une future main-d'œuvre.
- L'absence d'aide sociale est justifiée par des arguments libéraux : Thomas Malthus prône la nécessité de la pauvreté pour limiter la surpopulation, et Alexis de Tocqueville craint que l'aide sociale rende les pauvres paresseux.
Ces conditions poussent les prolétaires à agir politiquement.
B. Premières Manifestations et Réflexions Émancipatrices de la Classe Ouvrière
La classe ouvrière, sous la Restauration et la Monarchie de Juillet, passe du silence à une expression politique croissante. Elle découvre des intérêts communs et une force politique propre.
1. Premières formes de contestation (Restauration)
La classe ouvrière, pas encore assez forte pour peser directement sur la politique, s'exprime par :
- Contestation violente des machines : Mouvement *luddite* (Ned Ludd, Angleterre 1817), en s'attaquant aux machines, accusées de prendre le travail. Forme primitive de contestation par manque de conscience du fonctionnement capitaliste.
- Généralisation des grèves : Demande d'augmentation des salaires, où les ouvriers se reconnaissent comme producteurs de richesses.
2. Premiers penseurs socialistes
Ces penseurs critiquent le capitalisme et imaginent des sociétés alternatives.
- Précurseur : Gracchus Babeuf (fin XVIIIe s.). Il pense que la pauvreté découle de la propriété privée, qu'il faut abolir au profit d'une "communauté des biens", où l'État redistribue équitablement les richesses. Il est le premier à concevoir, de manière encore floue, l'idée du communisme.
- Socialistes utopiques :
- Charles Fourier (fin XVIIIe s.) : Critique le commerce et le droit de propriété. Il dénonce les intermédiaires qui spéculent et les contradictions du capitalisme (surabondance des biens = pauvreté, liberté de la concurrence = monopole). Il imagine des "phalanstères", communautés où tous sont copropriétaires, les travailleurs sont libres et les passions s'expriment librement pour créer une société harmonieuse.
- Autres : Cabet, Saint-Simon.
Malgré leurs idées, ces utopies restent abstraites, et le jeu politique est encore dominé par l'affrontement entre bourgeoisie et aristocratie.
3. L'entrée en scène politique de la classe ouvrière (Monarchie de Juillet)
La bourgeoisie, attaquée par l'aristocratie (ultraroyalistes, Charles X), s'appuie sur le prolétariat pour résister.
- Révolution de 1830 ("Trois Glorieuses") :
- L'opposition à Charles X (réduction des libertés, réforme électorale) se renforce avec la bourgeoisie (journalistes, patrons).
- Mobilisation du prolétariat par la bourgeoisie (26 juillet 1830) pour manifester et combattre.
- Insurrection à Paris (27-29 juillet 1830) : barricades, abdication du Roi.
- Instauration de la Monarchie de Juillet avec Louis-Philippe Ier, roi de la bourgeoisie. Réforme électorale (abaissement du cens), renforçant la bourgeoisie dans les affaires publiques. Les banquiers dominent le pouvoir (Jacques Laffitte, Casimir Perier).
- Dépossession de la révolution : La classe ouvrière, qui a fait la révolution, est totalement dépossédée, le nouveau gouvernement n'ayant aucune intention d'améliorer ses conditions.
- Prise de conscience de classe (1831) : La révolte des canuts à Lyon (octobre-novembre 1831), demandant une augmentation du "tarif" (prix de leur production), échoue face au refus des fabricants et du gouvernement. Les ouvriers se rendent maîtres de Lyon mais l'insurrection est écrasée. Cependant, cette révolte est fondatrice : elle révèle une conscience de classe et l'impossibilité de compter sur l'État.
- Organisation de la classe ouvrière (1834) :
- Continuation des grèves.
- Création d'associations illégales (syndicats, mutuelles) et de leur propre presse.
- Réflexion sur un changement profond de l'organisation de la société, non plus seulement matérielle.
- Rapprochement avec les républicains : la République devient un espoir d'égalité sociale et de participation politique (suffrage universel).
- Révolte de 1834 : Face à l'interdiction des associations politiques ouvrières et des crieurs de journaux, une nouvelle révolte éclate à Lyon, puis à Paris. Même si elle est réprimée, elle marque une étape dans l'affirmation politique du prolétariat.
4. Répression et nouveaux penseurs
La période immédiate est marquée par une forte répression (procès, emprisonnements, lois de septembre 1835 interdisant le mot "République").
- Auguste Blanqui : Révolutionnaire républicain, prône un changement politique pour une transformation sociale, par la prise de l'État par un petit groupe organisé d'insurgés.
- Proudhon : Socialiste "scientifique", anarchiste. Cherche les lois sociales du fonctionnement de la société. Questionne la légitimité de la propriété privée : "la propriété privée, c'est le vol" (*Qu'est-ce que la propriété*, 1840). Il dénonce l'exploitation du travail des salariés par le capitaliste. Il n'est pas communiste et ne souhaite pas abolir la propriété privée, mais la dépouiller de son injustice. Il imagine une société de coopératives d'ouvriers indépendants.
VI. Premières Conquêtes et Révélations de la Classe Ouvrière : la Révolution de 1848 et la IIe République
L'année 1848 est le siège d'une nouvelle révolution qui marque une étape cruciale pour la classe ouvrière. Elle parvient à transformer l'organisation de la société, mais elle découvre rapidement que le changement de régime ne garantit pas la fin de la misère. Cette période met en lumière l'autonomie et les limites de l'action prolétarienne face à la bourgeoisie.
A. L'Éclatement de la Révolution de Février 1848
La Monarchie de Juillet fait face à une opposition grandissante au sein même de la bourgeoisie : la petite bourgeoisie se sent exclue du pouvoir détenu par la bourgeoisie financière, perçue comme le "roi des banquiers" (Louis-Philippe Ier).
- Contexte de crise (1846-1847) : Un hiver rigoureux et une maladie de la pomme de terre entraînent disettes et crise économique. Le chômage industriel augmente.
- "Printemps des peuples" : Une vague de révoltes traverse l'Europe (GB, Italie, Autriche) en réaction aux États autoritaires issus de transitions vers le capitalisme.
- Le déclencheur en France : La campagne des banquets républicains, organisée pour contourner les restrictions à la liberté d'expression et diffuser les idées révolutionnaires. L'interdiction d'un banquet le 22 février 1848 provoque la révolte.
- Une révolution d'initiative ouvrière : Contrairement à 1830, les ouvriers eux-mêmes, dans les quartiers populaires de Paris, se soulèvent. Barricades sont érigées, le palais des Tuileries est envahi. Louis-Philippe abdique le 24 février 1848 après trois jours de combats.
B. Le Gouvernement Provisoire et les Concessions à la Classe Ouvrière
La révolution de février reçoit la sympathie de larges couches de la société. Un gouvernement provisoire est mis en place, dirigé par le poète Lamartine et composé majoritairement de bourgeois républicains, mais incluant un ouvrier, Albert (Alexandre Martin).
Sous la pression continue de la classe ouvrière, le gouvernement provisoire octroie de nouveaux droits et libertés :
- Droits politiques :
- Proclamation de la IIe République le 25 février 1848.
- Établissement du suffrage universel masculin le 5 mars 1848 (tous les hommes de 21 ans et plus).
- Levée des entraves à la liberté d'expression (liberté d'association, d'opinion), entraînant la réapparition de clubs politiques (y compris féminins) et d'une presse abondante.
- La devise "Liberté, Égalité, Fraternité" est affichée publiquement.
- Droits sociaux :
- Garantie d'un droit au travail (tacitement formulé par le décret du 25 février 1848).
- Limitation de la journée de travail à 10 heures.
C. L'Illusion et la Désillusion de la Classe Ouvrière
Le gouvernement provisoire, conscient de sa fragilité et des divisions de classe, cherche à masquer les oppositions pour éviter une radicalisation de la révolution.
- Symboles d'unité mystificateurs :
- Le drapeau tricolore est imposé face au drapeau rouge voulu par les ouvriers, symbolisant l'unité et masquant les inégalités.
- L'ajout du mot "Fraternité" à la devise vise à gommer les différences de classe.
- Exemple : L'abolition de l'esclavage (décret du 27 avril 1848) est présentée comme un acte unanime de fraternisation, alors qu'elle a nécessité des révoltes (abolition effective le 22 mai 1848).
- Manœuvres pour neutraliser le prolétariat :
- Ateliers nationaux (4 mars 1848) : Présentés comme une concrétisation du droit au travail, ces chantiers publics emploient des dizaines de milliers d'ouvriers. Leur but réel est politique : encadrer les prolétaires oisifs pour les soustraire aux idées socialistes et potentiellement en faire une force de maintien de l'ordre.
- Suffrage universel masculin : La bourgeoisie précipite les élections (23 et 24 avril 1848), sachant que la masse paysanne, influencée par les notables, serait conservatrice.
- Résultats conservateurs et désillusion : Les élections du 4 mai 1848 donnent une Assemblée majoritairement conservatrice (environ 900 élus dont 150 monarchistes, très peu de socialistes et seulement 26 ouvriers). Le suffrage universel, vu comme la clé de l'égalité sociale, se révèle une désillusion et un instrument de désarmement intellectuel et physique de la classe ouvrière.
D. L'Écrasement de la Classe Ouvrière (Juin 1848)
L'illusion de l'unité républicaine et du suffrage universel s'effondre. La bourgeoisie au pouvoir, conservatrice, cherche à neutraliser et écraser le prolétariat parisien.
- Fermeture des ateliers nationaux (22 juin 1848) : Les ateliers, devenus des foyers d'agitation politique, sont fermés, laissant des milliers d'ouvriers sans revenus.
- Insurrection de Juin 1848 : Les prolétaires de Paris se soulèvent face au choix entre mourir de faim ou se battre. Barricades sont érigées, le gouvernement bourgeois est visé. C'est le premier conflit de classe aussi clair.
- Répression brutale : La République confie les pleins pouvoirs au général Cavaignac et proclame l'état de siège. La lutte du 23 au 26 juin est une hécatombe (plus de 15 000 morts fusillés), écrasant la révolte.
Cette défaite marque un tournant. La République se construit autour de la répression de cette révolte, révélant son caractère réactionnaire et anti-démocratique.
E. La Réaction Juridique et Politique de la IIe République
Après les événements de juin 1848, la République adopte des mesures visant à combattre le socialisme et à renforcer le pouvoir bourgeois.
- Aspect juridique :
- La Constitution du 4 novembre 1848 vise à assurer la stabilité sociale par un pouvoir fort. Elle maintient les principes de liberté, égalité, fraternité, mais y ajoute la famille, le travail, la propriété et l'ordre public comme bases, incarnant les valeurs bourgeoises.
- Séparation stricte des pouvoirs (législatif à une assemblée unique, exécutif à un Président de la République élu au suffrage universel masculin pour 4 ans non renouvelables).
- Rétablissement des restrictions aux libertés (dissolution des clubs, restriction de la presse par cautionnement).
- La Loi Falloux du 15 février 1850 supprime le monopole de l'État sur l'instruction, permettant à l'Église de rouvrir des écoles pour contrer les idées révolutionnaires.
- La Loi du 31 mai 1850 restreint le droit de vote (exigeant 3 ans de résidence dans le même canton), excluant des milliers d'ouvriers mobiles. Le suffrage universel masculin devient une façade.
- Aspect politique :
- La vie politique s'organise autour des socialistes contre le Parti de l'Ordre (monarchistes, bonapartistes, républicains unis contre la classe ouvrière).
- Élection du premier Président de la République, Louis Napoléon Bonaparte (neveu de Napoléon Ier), le 10 décembre 1848. Il rassemble les mécontents (y compris des ouvriers déçus), mais surtout la paysannerie propriétaire (craignant pour sa propriété) et la bourgeoisie (le voyant comme un rempart contre le socialisme).
VII. Le Second Empire et les Prémices de la Commune (1852-1871)
Après l'élection de Louis Napoléon Bonaparte, la IIe République prend une tournure autoritaire, annonçant l'arrivée du Second Empire (1852-1870). Cette période, bien que marquée par une prospérité économique pour la bourgeoisie, voit la poursuite des difficultés pour la classe ouvrière, qui prépare discrètement de nouvelles formes de contestation.
A. Du Président au Second Empire
Louis Napoléon Bonaparte, profitant d'un contexte favorable (stabilisation sociale, affaiblissement du socialisme, divisions du Parti de l'Ordre, impopularité de l'Assemblée nationale), réalise son coup d'État le 2 décembre 1851. Il dissout l'Assemblée, abroge la loi du 31 mai 1850 et demande au peuple, via un plébiscite, les pleins pouvoirs pour modifier la Constitution. Le 14 janvier 1852, il recrée un régime impérial, devenant Napoléon III.
- Prospérité économique : Le Second Empire est une période faste pour le capitalisme français, avec l'apparition de grandes usines, l'essor de la consommation et le développement des grands magasins. La spéculation financière devient massive, entraînant premières faillites et crises.
- Conditions ouvrières : Les conditions de vie de la classe ouvrière ne s'améliorent pas significativement.
- Mouvement ouvrier en sommeil apparent : Malgré l'absence de grandes insurrections, le mouvement ouvrier persiste par des grèves et des réflexions sur les inégalités.
B. L'Émergence de l'Organisation Ouvrière et le Rôle de l'Internationale
La période voit la naissance de la première organisation politique du mouvement ouvrier : l'Association Internationale des Travailleurs (AIT), aussi appelée la Première Internationale, fondée en 1864. Son caractère international montre la conscience des ouvriers de leurs intérêts communs par-delà les frontières.
- Théorie du communisme : Les idées progressent avec Marx et Engels qui, s'inspirant des travaux de Proudhon, théorisent pour la première fois le communisme, prônant la suppression de la propriété privée pour que les moyens de production servent tous.
- Revendications ouvrières en France : Malgré la répression, les ouvriers affirment leurs revendications politiques, cherchant à avoir leurs propres représentants élus.
- Concessions impériales : Pour apaiser le climat social tendu, Napoléon III prend quelques mesures en faveur des ouvriers (logements modestes, aides à la retraite) et, surtout, la loi du 2 mai 1864, qui consacre le droit de grève (abrogeant la loi Le Chapelier), même si les syndicats restent interdits. Ces mesures ne suffisent pas à stopper les grèves.
C. La Guerre de 1870 et la Chute de l'Empire
Un climat de peur sociale et de difficultés économiques pour la bourgeoisie pousse les dirigeants à envisager une guerre courte et victorieuse, comme moyen de détourner les tensions internes.
- Guerre franco-prussienne : La France, en concurrence avec l'Empire Allemand, déclare la guerre à la Prusse en juillet 1870 sous un prétexte espagnol.
- Défaites françaises : L'armée française subit une succession de revers. Le désastre de la bataille de Sedan (3 septembre 1870) entraîne la chute de Napoléon III.
D. La Proclamation de la IIIe République et le Siège de Paris
La déchéance de Napoléon III est proclamée le 4 septembre 1870 à Paris, et la IIIe République est instaurée. Un Gouvernement de la Défense nationale est formé par des figures républicaines.
- Siège de Paris : L'armée prussienne encercle et assiège Paris dès la mi-septembre 1870, provoquant un hiver très rude avec des pénuries de nourriture.
- Nouvelle Assemblée et trahison populaire : Une nouvelle assemblée élue en février 1871 à Versailles (les "Versaillais") signe la paix le 1er mars 1871. L'Alsace et la Lorraine sont annexées par l'Allemagne, et la France doit payer une lourde indemnité.
- Colère populaire : La population parisienne, qui a vécu le siège et s'est battue pour la République, perçoit l'armistice comme une trahison. Les ouvriers manifestent ("Vive la République sociale", "Vive la Commune"), considérant la République menacée par la Prusse et leur propre gouvernement.
- Tensions entre Paris et le gouvernement : Adolphe Thiers, à la tête du gouvernement républicain, craint davantage l'agitation parisienne que l'armée prussienne. Le gouvernement siège à Versailles, loin de Paris.
VIII. La Commune de Paris : Première Expérience de Pouvoir Ouvrier (1871)
Après le siège et l'humiliation de la défaite face à la Prusse, la population parisienne, organisée dans la Garde Nationale, entre en conflit ouvert avec le gouvernement de Thiers. L'épisode de la tentative de récupération des canons de Paris par l'armée le 18 mars 1871 déclenche le soulèvement, donnant lieu à la Commune de Paris. Pour la première fois, la politique sociale et économique est menée exclusivement dans l'intérêt de la classe ouvrière.
A. L'Insurrection du 18 Mars 1871 et l'Organisation de la Démocratie Ouvrière
Thiers, inquiet de la Garde Nationale armée, envoie l'armée récupérer les canons payés par les Parisiens. À Montmartre, la foule, menée par des femmes, s'interpose, et les soldats fraternisent avec les Parisiens. Face à ce refus d'obéissance, Thiers ordonne l'évacuation immédiate de Paris par les autorités. Le pouvoir tombe alors aux mains de la classe ouvrière, marquant le début de la Commune de Paris.
Pour reconstruire un pouvoir légitime face à Versailles, des élections sont organisées le 26 mars 1871 pour désigner les membres du Conseil général de la Commune. Cela donne naissance à une nouvelle forme de démocratie ouvrière :
- Composition : Le Conseil est composé de 85 membres, dont un tiers d'ouvriers, ce qui est inédit. Il a une forte dimension internationaliste.
- Démocratie directe et révocabilité : Les élus sont sous mandat impératif, responsables et révocables à tout moment. Les administrateurs sont également élus et révocables.
- Égalité matérielle : Les élus sont payés un salaire d'ouvrier.
- Concentration des pouvoirs : Le Conseil général cumule les pouvoirs législatif et exécutif, garantissant un contrôle indirect de la classe ouvrière sur le pouvoir politique.
B. Les Réalisations Sociales Révolutionnaires de la Commune
Malgré sa brève existence (72 jours), la Commune met en place un projet d'émancipation ambitieux, prenant des mesures révolutionnaires en faveur de la classe ouvrière :
- Mesures d'urgence :
- Logement : Annulation des loyers impayés, réquisition des logements vides.
- Conditions de travail : Interdiction du travail de nuit (notamment pour les boulangers).
- Dettes : Annulation des dettes des petits commerçants.
- Mesures de démocratie sociale et réforme de la production :
- Décret du 16 avril 1871 : Les ateliers abandonnés par leurs patrons sont confiés à des associations ouvrières (coopératives) qui peuvent les organiser.
- Exemple : Un atelier d'armes au Louvre est autogéré par les ouvriers, qui décident de l'embauche, des tâches et du temps de travail (journée limitée à 10h), prouvant qu'ils n'ont pas besoin de patrons.
- Rôle inédit des femmes : Les femmes sont des actrices majeures de la Commune, participant aux combats, aux réflexions et à la reprise en main des ateliers (figure emblématique : Louise Michel).
- Réforme des services publics : Réorganisation de l'administration pour la rendre moins bureaucratique (ex: services de postes confiés à un ouvrier avec l'assistance du personnel subalterne).
- Démocratisation de l'éducation :
- Laïcisation de l'école (plus de 30 ans avant la séparation de l'Église et de l'État) : les professeurs laïques enseignent des connaissances scientifiques.
- Gratuité de l'école.
- Création d'écoles professionnelles pour former les futurs ouvriers.
C. La "Semaine Sanglante" et la Chute de la Commune
La Commune de Paris et le gouvernement républicain de Versailles, dirigé par Thiers, sont des ennemis mortels. Les Communards espéraient étendre leur mouvement à la province, mais les "petites communes" provinciales furent de courte durée, et la propagande versaillaise décrivit les Parisiens comme des "assassins".
- Faiblesses de la Commune :
- Magnanimité initiale : Les Communards n'ont pas profité de l'avantage du 18 mars pour écraser l'armée républicaine.
- Manque d'organisation militaire face à l'armée versaillaise reconstituée avec le soutien de l'armée prussienne.
- Absence de propagande efficace face aux calomnies versaillaises.
- Réticence à utiliser les fonds de la Banque de France.
- Répression versaillaise : Thiers reconstitue son armée. Le 21 mai 1871, l'armée de Versailles rentre dans Paris. C'est le début de la "Semaine Sanglante".
- Massacre : Répression impitoyable des Communards : 20 000 morts fusillés, 36 000 prisonniers (dont des milliers exilés, notamment en Nouvelle-Calédonie). Ce massacre fut sans précédent dans les révoltes du XIXe siècle, témoignant de la peur que la Commune inspira à la bourgeoisie.
La Commune fut un choc et une leçon pour le mouvement ouvrier, démontrant sa capacité à la réflexion et à l'organisation. Elle marqua aussi la haine des intellectuels conservateurs (Zola, Flaubert, George Sand). C'est de cet événement que naîtra la IIIe République. L'Histoire, à travers ces luttes de classes, continue d'être façonnée par les antagonismes sociaux.
Conclusion
Ce cours met en lumière que l'histoire est un processus dynamique, où les luttes de classes sont le moteur des transformations sociales, politiques et économiques. De l'Ancien Régime à la Commune de Paris, la France a été le théâtre constant de ces confrontations, aboutissant à l'établissement de la bourgeoisie comme classe dominante, tout en voyant l'émergence d'un prolétariat organisé et conscient de ses droits et de sa force.
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