Hépatites Virales B, D et C : Transmission, Diagnostic, Prévention, Traitement

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Résumé des différentes hépatites virales, avec un accent sur les hépatites B, D et C, incluant leurs modes de transmission, diagnostic, prévention et traitement.

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Question
Quelle est la famille du virus de l'hépatite B (VHB) ?
Réponse
Le VHB appartient à la famille des Hepadnaviridae, genre Orthohepadnavirus.
Question
Quel type de génome possède le VHB ?
Réponse
Le VHB est un virus à ADN, dont la polymérase a une activité de transcriptase inverse (RT).
Question
Le VHB est-il résistant dans le milieu extérieur ?
Réponse
Oui, bien qu'enveloppé, il résiste plusieurs heures à 60°C. Il est inactivé par l'eau de Javel ou une chaleur de 100°C.
Question
Qu'est-ce que la particule de Dane ?
Réponse
C'est la particule virale complète et infectieuse du VHB, présente dans le sang des personnes infectées.
Question
Quels sont les 3 antigènes principaux du VHB ?
Réponse
Les antigènes sont l'AgHBs (surface), l'AgHBc (core/capside), et l'AgHBe. L'AgHBc n'est pas détectable dans le sang.
Question
L'hépatite B est-elle une Infection Sexuellement Transmissible (IST) ?
Réponse
Oui, le virus est présent dans le sperme et les sécrétions génitales, rendant la transmission sexuelle possible.
Question
Citez deux modes de transmission sanguine du VHB.
Réponse
La toxicomanie intraveineuse et les transmissions nosocomiales (matériel mal désinfecté, dialyse, soins dentaires).
Question
Quand la transmission mère-enfant du VHB se produit-elle ?
Réponse
Le plus souvent à la naissance (contacts sanguins) ou en période post-natale (salive, allaitement).
Question
Quelle est la 1ère cause de mortalité par cancer du foie dans le monde ?
Réponse
L'hépatite B. Environ 50% des hépatocarcinomes sont dus au VHB.
Question
Comment définit-on une hépatite B chronique ?
Réponse
Par la persistance de l'AgHBs dans le sang pendant plus de 6 mois.
Question
Le risque de chronicité du VHB dépend-il de l'âge ?
Réponse
Oui. Le risque est de 90-95% chez le nouveau-né, mais seulement de 5-10% chez l'adulte immunocompétent.
Question
Pour qui la vaccination VHB est-elle obligatoire en France ?
Réponse
Pour tous les nourrissons (depuis 2018) et pour tous les professionnels de santé.
Question
Quels 3 marqueurs virologiques prescrire pour un dépistage du VHB ?
Réponse
Ag HBs, Ac anti-HBs, et Ac anti-HBc totaux. Ils évaluent le statut infectieux et l'immunité.
Question
Que signifie un résultat AgHBs positif ?
Réponse
Cela indique une infection en cours, aiguë ou chronique. Le patient n'est pas considéré comme guéri.
Question
Que signifie la présence d'anticorps anti-HBc ?
Réponse
C'est la cicatrice immunitaire de l'infection. Ils apparaissent à la phase aiguë et persistent toute la vie.
Question

Que signifie la présence d'anticorps anti-HBs ?

Réponse
Ce sont des anticorps protecteurs. Ils apparaissent seulement en cas de guérison ou après une vaccination efficace.
Question
Quel est le profil sérologique typique d'une hépatite B aiguë ?
Réponse
AgHBs positif, Ac anti-HBc totaux positifs, et IgM anti-HBc positifs. Les Ac anti-HBs sont négatifs.
Question
Quel est le profil sérologique d'une hépatite B guérie ?
Réponse
AgHBs négatif, Ac anti-HBc positifs, et Ac anti-HBs positifs.
Question
Quel est le profil sérologique d'une personne vaccinée contre le VHB ?
Réponse
AgHBs négatif, Ac anti-HBc négatifs, et Ac anti-HBs positifs.
Question
Le vaccin contre l'hépatite B prévient-il le cancer ?
Réponse
Oui, en prévenant l'infection chronique par le VHB, il protège du carcinome hépatocellulaire associé.
Question
Comment prévenir la transmission du VHB de la mère à l'enfant ?
Réponse
Par une sérovaccination du nouveau-né (immunoglobulines anti-HBs + vaccin) dans les 24-48h suivant la naissance.
Question
Quel est le but du traitement de l'hépatite B chronique ?
Réponse
Maintenir la charge virale la plus basse possible pour ralentir la progression de la maladie. La guérison complète est rare.
Question
Quel médicament est actif à la fois sur le VIH et le VHB ?
Réponse
Le ténofovir. C'est un inhibiteur de transcriptase inverse, actif sur la polymérase/RT du VHB.
Question
Quelle est la particularité du virus de l'hépatite D (VHD) ?
Réponse
C'est un virus à ARN défectif. Il a besoin du VHB pour se répliquer et est donc un satellite du VHB.
Question
Quelles sont les deux formes d'infection par le VHD ?
Réponse
La co-infection (VHB + VHD simultanément) ou la surinfection (infection VHD chez un porteur chronique du VHB).
Question
Quel est l'impact d'une infection VHD sur une hépatite B ?
Réponse
C'est un facteur aggravant. Il augmente le risque d'hépatite fulminante et d'évolution rapide vers la cirrhose.
Question
Chez qui faut-il dépister systématiquement l'hépatite D ?
Réponse
Chez tout patient présentant un AgHBs positif, au moins une fois.
Question
Comment diagnostiquer une infection active par le VHD ?
Réponse
D'abord par sérologie (IgG anti-VHD). Si positive, une PCR VHD confirme l'infection active (chronique).
Question
Comment peut-on prévenir l'hépatite D ?
Réponse
La vaccination contre le VHB, en prévenant l'infection par le VHB, protège aussi contre l'infection par le VHD.
Question
À quelle famille appartient le virus de l'hépatite C (VHC) ?
Réponse
Il appartient à la famille des Flaviviridae, genre Hépacivirus.
Question
Quel type de génome possède le VHC ?
Réponse
Le VHC est un virus à ARN, enveloppé, qui présente une grande diversité de génotypes.
Question
Quelle est la principale voie de transmission du VHC en France ?
Réponse
La toxicomanie, principalement par le partage de matériel d'injection ou nasal.
Question
La transmission sexuelle du VHC est-elle fréquente ?
Réponse
Non, elle est très faible. Le risque augmente lors de pratiques sexuelles impliquant un contact avec du sang.
Question
Quel est le risque de transmission mère-enfant du VHC ?
Réponse
Le risque est faible (< 5%), mais il est majoré en cas de co-infection VIH-VHC chez la mère (10-20%).
Question
Quel est le taux de passage à la chronicité pour l'hépatite C ?
Réponse
Il est très élevé, environ 70% des infections aiguës évoluent vers une forme chronique.
Question
Quel est le test de dépistage pour l'hépatite C ?
Réponse
La recherche d'anticorps anti-VHC (IgG) par une sérologie sanguine.
Question
Comment est confirmée la guérison après un traitement VHC ?
Réponse
Par une charge virale VHC indétectable 6 mois (ou 3 mois) après la fin du traitement.
Question
Que signifie un résultat d'anticorps anti-VHC positif ?
Réponse
Que le patient a rencontré le virus, mais ne permet pas de savoir s'il est guéri ou infecté chroniquement.
Question
Comment confirmer une hépatite C chronique ?
Réponse
En recherchant l'ARN viral dans le sang par PCR quantitative (charge virale). Une PCR positive confirme l'infection active.
Question
Quel est le profil biologique d'une hépatite C guérie ?
Réponse
Ac anti-VHC positifs et une charge virale VHC (PCR) indétectable.
Question
Comment diagnostiquer une hépatite C en phase aiguë ?
Réponse
Par une PCR VHC, qui se positive tôt. Les anticorps IgG apparaissent seulement après 4 à 10 semaines.
Question
Quel est l'objectif du traitement contre le VHC ?
Réponse
L'éradication virale, c'est-à-dire la guérison. Elle est obtenue dans plus de 95% des cas avec les traitements actuels.
Question
Citez les 3 classes de médicaments anti-VHC (AAD).
Réponse
Les anti-polymérases (...buvir), les anti-protéases (...prévir), et les anti-NS5A (...asvir).
Question
Donnez un exemple de médicament pour chaque classe d'antiviraux VHC.
Réponse
Sofosbuvir (anti-polymérase NS5B), Glécaprévir (anti-protéase NS3), et Pibrentasvir (anti-NS5A).
Question
Existe-t-il un vaccin contre l'hépatite C ?
Réponse
Non, il n'existe pas de vaccin. La prévention repose sur l'hygiène, le dépistage et la réduction des risques.
Question
Est-on protégé d'une réinfection après une guérison du VHC ?
Réponse
Non, les anticorps anti-VHC persistent mais ne protègent pas d'une nouvelle infection en cas de nouvelle exposition.
Question
Comparez le risque de chronicité des hépatites A, B (adulte), et C.
Réponse
Hépatite A : jamais chronique (0%). Hépatite B (adulte) : 5-10%. Hépatite C : environ 70%.
Question
Quelle est la différence de transmission majeure entre VHB et VHC ?
Réponse
Le VHB se transmet facilement par voie sexuelle, ce qui est très rare pour le VHC (transmission principalement sanguine).
Question
Quel dépistage d'hépatite virale est obligatoire pendant la grossesse en France ?
Réponse
Le dépistage de l'hépatite B (recherche de l'AgHBs) est obligatoire, idéalement au premier trimestre.
Question
Quels sont les traitements des antiviraux à action directe (AAD) contre le VHC ?
Réponse
Ce sont des associations de molécules ciblant la réplication virale, comme sofosbuvir, glécaprévir ou daclatasvir.

Hépatites à Transmission Sexuelle, Sanguine et Materno-Fœtale (VHB, VHD, VHC)

Ce document traite des hépatites B, D et C, des infections virales hépatiques qui partagent des modes de transmission parentérale, sexuelle et materno-fœtale, et qui présentent un risque d'évolution vers des maladies hépatiques chroniques graves comme la cirrhose et le carcinome hépatocellulaire.

1. Le Virus de l'Hépatite B (VHB)

Le VHB appartient à la famille des Hepadnaviridae, genre Orthohepadnavirus. C'est un virus à ADN, enveloppé, possédant une ADN polymérase avec une activité transcriptase inverse (RT).

1.1. Caractéristiques Particulières du VHB

  • Malgré son enveloppe, le VHB est résistant dans le milieu extérieur et à la chaleur (plusieurs heures à ).

  • La quantité de virus dans le sang des personnes infectées varie entre et virus/mL, ce qui implique un risque infectieux très élevé.

  • Le virus est inactivé par l'eau de Javel, le Dakin et la chaleur à .

1.2. Implications pour les Soins

Les propriétés physiques du VHB exigent des mesures d'hygiène rigoureuses :

  • Mesures universelles d'hygiène

  • Décontamination rigoureuse du matériel médical

  • Utilisation de matériel à usage unique

  • Vaccination obligatoire du personnel de santé

1.3. Particule Virale et Antigènes

  • La particule de Dane est la particule virale complète infectieuse.

  • Le VHB est composé de trois antigènes (Ag) principaux, qui induisent la synthèse de trois types d'anticorps (Ac) spécifiques :

    • AgHBs (antigène de surface) : protéine d'enveloppe.

    • AgHBc (antigène du capside/core) : reste dans le foie, non détectable dans le sang.

    • AgHBe (antigène e).

  • Ces Ag et Ac sont fondamentaux pour le diagnostic sérologique.

1.4. Épidémiologie du VHB

L'hépatite B est un problème majeur de santé publique mondiale, malgré un vaccin efficace et des traitements. On estime :

  • 2 milliards de personnes infectées par le VHB.

  • 250 millions de porteurs chroniques.

  • 900 000 décès/an, et c'est la première cause de mortalité par cancer du foie (50% des hépatocarcinomes).

  • 5 à 10% des causes de transplantation hépatique.

1.4.1. Répartition Géographique

Endémie Élevée

Afrique, Asie, Alaska

> 8% (jusqu'à 20%) de la population infectée chroniquement

Endémie Moyenne

Amérique du Sud, Europe de l'Est, Moyen-Orient, Bassin Méditerranéen

2 à 7%

Endémie Basse

Europe du Nord, Amérique du Nord, Australie

< 2%

1.4.2. Situation en France

  • 1,2 million de personnes ont été ou sont infectées par le VHB.

  • 140 000 personnes (>18 ans) sont atteintes d'hépatite B chronique (0,65% de la population).

  • 2 500 nouvelles infections/an.

  • Plus de la moitié des personnes infectées chroniques ignorent leur infection.

  • Des différences existent selon la géographie, le sexe (H > F), et le pays d'origine.

1.5. Modes de Transmission du VHB

  • Sexuelle : Le virus est présent dans le sperme et les sécrétions génitales, faisant de l'hépatite B une IST.

  • Parentérale :

    • Transfusion sanguine : Avant 1974 (recherche AgHBs) et 2010 (ADN VHB par PCR en France).

    • Nosocomiale : Matériel médical contaminé et mal désinfecté (dialyse, soins dentaires, endoscopies, injections parentérales).

    • Toxicomanie intraveineuse : 80% des toxicomanes IV ont des marqueurs d'hépatite B.

    • Tatouage, piercing en cas de défaut d'hygiène.

    • Accidents d'Exposition au Sang (AES) chez les professionnels de santé (la vaccination est désormais obligatoire).

  • Materno-fœtale :

    • Le plus souvent à la naissance (contacts sanguins mère-enfant, sécrétions génitales).

    • Post-natal par contact rapproché (salive) ou allaitement.

    • Le risque de transmission varie en fonction de l'infection maternelle.

  • Intrafamiliale : Par contacts étroits avec salive et/ou sang (rasoirs, brosses à dents), favorisée par la promiscuité et des conditions sanitaires précaires.

1.6. Pouvoir Pathogène du VHB

  • Le risque d'hépatite fulminante en phase aiguë est faible (<1%).

  • La gravité principale réside dans le passage à la chronicité (persistance de l'AgHBs > 6 mois).

  • L'évolution est différente selon l'âge au moment de l'infection :

    • Nouveau-né : risque de chronicité très élevé (90-95%)

    • Adulte : risque de chronicité plus faible (5-10%)

  • L'hépatite B chronique évolue en plusieurs phases, pouvant mener à la cirrhose et au carcinome hépatocellulaire. Les lésions hépatiques sont majoritairement dues à la réponse immunitaire T cytotoxique.

  • L'hépatite B aiguë est une Maladie à Déclaration Obligatoire (MDO).

1.7. Diagnostic Virologique du VHB

Le diagnostic repose sur la sérologie (prélèvement sanguin) et la PCR quantitative (charge virale) pour le suivi.

1.7.1. Contexte de Prescription

  • Dépistage de l'hépatite B (en dehors de tout signe clinique).

  • Devant un tableau d'hépatite aiguë (augmentation des transaminases, >10x la normale ALAT).

  • Contrôle de vaccination (présence et taux d'Ac).

  • Diagnostic d'hépatite B chronique.

  • Suivi virologique et efficacité du traitement d'une hépatite B chronique.

1.7.2. Marqueurs et Interprétation

La sérologie hépatite B recherche plusieurs marqueurs :

  • Ag HBs

  • Ac anti-HBs

  • Ac anti-HBc totaux (IgG + IgM)

  • Ac anti-HBc IgM (seuls)

  • Ag HBe

  • Ac anti-HBe

Règles d'interprétation simplifiées :

  1. Si Ag HBs détectable : infection en cours (aiguë ou chronique). Dépister VIH et VHC. Dépister le conjoint et les enfants.

  2. Les Ac anti-HBc sont une cicatrice immunitaire, persistante à vie (IgG). Les IgM apparaissent en phase aiguë.

  3. Les Ac anti-HBs sont des anticorps protecteurs. Ils apparaissent à la guérison ou après vaccination.

  4. Le système HBe (Ag et Ac) est utile pour le suivi des hépatites chroniques, avec la charge virale VHB.

1.7.3. Profils Sérologiques Clés

Marqueurs sérologiques

Hépatite B en cours

Hépatite B aiguë

Hépatite B chronique

Hépatite B guérie (récente)

Hépatite B guérie (ancienne)

Vaccination

À vacciner

Ag HBs

+

+

+

-

-

-

-

Ac anti-HBc (IgG ou totaux)

+

+

+

+

+

-

-

Ac anti-HBc IgM

Variable

+

-

-

-

-

-

Ac anti-HBs

-

-

-

+

-

+

-

En cas d'hépatite B chronique, on déterminera l'Ag HBe, Ac anti-HBe et la charge virale VHB pour évaluer la réplication virale, corréler à l'évolution vers la cirrhose/cancer, et suivre l'efficacité du traitement.

1.8. Traitement et Prévention du VHB

1.8.1. Prévention Générale

  • Mesures d'hygiène, matériel à usage unique.

  • Utilisation de préservatifs (IST).

1.8.2. Vaccination

Le vaccin hépatite B (recombinant) est essentiel, bien toléré, et protège du cancer du foie.

Politique de vaccination en France :

  • Obligatoire pour les nourrissons depuis le 1er janvier 2018 (rattrapage pour les moins de 16 ans).

  • Obligatoire pour le personnel et les étudiants de santé.

  • Recommandée pour les personnes à risque élevé d'exposition (ex: partenaires sexuels de sujets positifs, voyageurs, toxicomanes IV, dialysés, greffés, détenus, professionnels à risque).

  • Un titre d'Ac anti-HBs > 10 mUI/mL indique l'immunisation (> 100 mUI/mL pour le personnel médical).

1.8.3. Prévention de la Transmission Materno-Fœtale et Dépistage

  • Dépistage de l'AgHBs obligatoire au 6ème mois de grossesse (recommandation actuelle : au 1er trimestre).

  • Si AgHBs positif chez la mère, le nouveau-né reçoit un protocole de sérovaccination (immunoglobulines spécifiques + vaccin) dans les 24-48h après la naissance.

  • Dépistage sérologique obligatoire chez tous les donneurs de sang/organes/tissus/lait.

1.8.4. Traitement

  • Phase aiguë : traitement symptomatique.

  • Phase chronique : Le traitement n'est pas systématique et doit être évalué par un spécialiste (Interféron, antiviraux spécifiques du VHB).

  • Certains inhibiteurs de transcriptase inverse (comme le ténofovir, utilisé pour le VIH) sont actifs sur le VHB.

  • La guérison (perte de l'AgHBs et apparition des Ac anti-HBs) est rare (environ 5%).

  • Le traitement est souvent au long cours, son objectif est de maintenir une charge virale basse pour ralentir la progression des lésions hépatiques.

2. Le Virus de l'Hépatite Delta (VHD)

Le VHD est un petit virus à ARN défectif, satellite du VHB. Il ne peut se répliquer qu'en présence du VHB.

2.1. Modes de Contamination et Épidémiologie

  • Modes de contamination identiques à ceux du VHB.

  • Infection possible uniquement chez une personne déjà infectée par le VHB (surinfection) ou co-infectée en même temps avec le VHB (co-infection).

  • En France, il est principalement retrouvé chez les usagers de drogues injectables et les personnes originaires de zones de forte endémicité VHB.

  • Environ 5% des porteurs de l'AgHBs sont infectés par le VHD.

2.2. Pouvoir Pathogène

  • Le VHD aggrave l'hépatite B et majore de 10 à 20 fois le risque d'hépatite B fulminante.

  • Il augmente également le risque d'évolution rapide vers une hépatite chronique active et/ou une cirrhose.

  • Il peut évoluer en hépatite aiguë ou chronique.

2.3. Diagnostic et Prévention

  • Il est important de dépister l'hépatite delta chez tout patient AgHBs positif.

  • Le diagnostic de première intention repose sur la sérologie (IgG anti-VHD). Si positive, une PCR VHD est réalisée pour distinguer une infection chronique d'une infection guérie.

  • La vaccination contre le VHB protège également contre l'infection par le VHD.

3. Le Virus de l'Hépatite C (VHC)

Le VHC appartient à la famille des Flaviviridae, genre Hépacivirus. C'est un virus à ARN, enveloppé, avec 6 génotypes et plus de 65 sous-types.

3.1. Découverte et Variabilité Virale

  • Découvert en 1989 par biologie moléculaire, ce fut le principal responsable des hépatites post-transfusionnelles.

  • La variabilité virale (génotypes) rendait autrefois nécessaire le typage pour le traitement. Actuellement, les antiviraux spécifiques sont pan-génotypiques, rendant le typage moins critique, sauf en cas d'échec de traitement ou pour des études épidémiologiques.

3.2. Modes de Transmission Principaux

La transmission du VHC est principalement sanguine.

  • Transfusion sanguine : Principale voie avant 1991 en France. Le risque résiduel actuel est très faible grâce au dépistage des anticorps anti-VHC (1991), du dosage des transaminases (1992) et du Dépistage Génomique Viral (DGV) par PCR (2011).

  • Greffes d'organes et tissus : Avant le dépistage sérologique des donneurs (1991).

  • Toxicomanie : Voie principale actuelle dans les pays riches, par partage de matériel d'injection ou nasal (paille).

  • Nosocomiale : Matériel médical contaminé et défaut d'hygiène (hémodialyse, gestes invasifs, soins dentaires), en nette diminution.

  • Accidents d'Exposition au Sang (AES).

En France, 60 à 80% des hépatites C dépistées sont liées aux transfusions anciennes ou à la toxicomanie.

3.3. Autres Modes de Transmission

  • Sexuelle : Très faible, contrairement au VHB et VIH. Des épidémies récentes chez les HSH sont liées à des pratiques avec risque de plaies et contacts sanguins.

  • Materno-fœtale : Faible (<5%), majorée en cas de co-infection VIH-VHC (10-20%). La transmission par le lait n'est pas prouvée.

  • Intrafamiliale occulte : Par contacts sanguins (rasoirs, brosses à dents) ou soins à l'étranger dans des zones d'endémie.

3.4. Épidémiologie du VHC

Un problème mondial de santé publique avec 1 million de nouvelles infections/an. La gravité réside dans la fréquence des formes chroniques (70%) et le risque de cirrhose et de cancer du foie. On estime à 50 millions le nombre de personnes ayant une hépatite C chronique dans le monde.

En France (chiffres 2016), la prévalence de l'ARN du VHC est estimée à 0,3%, soit 134 000 personnes atteintes d'une infection chronique.

3.5. Pouvoir Pathogène

  • Le taux de passage à la chronicité d'une hépatite C est très élevé (environ 70%). Une infection chronique peut évoluer vers la cirrhose et le carcinome hépatocellulaire.

3.6. Diagnostic Virologique du VHC

3.6.1. Contexte de Prescription

  • Devant un tableau d'hépatite aiguë.

  • Pour le dépistage de l'hépatite C.

  • Pour le diagnostic d'hépatite C chronique après un dépistage positif.

  • Pour le bilan virologique pré-thérapeutique et le suivi de l'efficacité thérapeutique.

3.6.2. Dépistage et Diagnostic

  • La sérologie recherche les Ac anti-VHC (IgG) par technique ELISA.

  • Des TROD VHC (Tests Rapides d'Orientation Diagnostique) existent (salive ou sang capillaire), avec confirmation nécessaire par test en laboratoire.

  • La présence d'Ac anti-VHC indique un contact avec le virus mais ne distingue pas l'infection guérie de l'infection chronique.

  • Pour confirmer une infection active ou une hépatite aiguë et établir le diagnostic de chronicité, une PCR quantitative (charge virale) VHC est requise. La PCR se positive 12 jours après le contage.

3.6.3. Interprétation des Résultats

  • Ac anti-VHC + et charge virale indétectable : Hépatite C guérie.

  • Ac anti-VHC + et charge virale détectable : Hépatite C aiguë ou chronique (plus souvent chronique si l'exposition n'est pas récente).

  • Le typage du virus (génotype) est encore réalisé pour des raisons épidémiologiques.

3.7. Traitement et Prévention du VHC

3.7.1. Prévention

  • Mesures d'hygiène universelles (gants, décontamination).

  • Matériel à usage unique.

  • Dépistage pour les dons de sang, organes, tissus, lait.

  • Programmes de lutte contre la toxicomanie.

  • Préservatifs en cas de partenaires sexuels multiples.

  • Pas de vaccin contre l'hépatite C.

3.7.2. Traitement

  • Existence d'antiviraux spécifiques du VHC (AAD), actifs sur tous les génotypes.

  • Ces molécules ciblent des étapes clés du cycle de réplication du VHC :

    • Anti-polymérases (inhibiteurs de NS5B) : finissent en ...BUVIR (ex: sofosbuvir).

    • Anti-protéases (inhibiteurs de NS3) : finissent en ...PREVIR (ex: glécaprévir).

    • Anti-NS5A (inhibiteurs de NS5A) : finissent en ...ASVIR (ex: daclatasvir).

  • Ces molécules sont utilisées en association pour éviter la sélection de virus résistants.

  • Le traitement est court (8 à 12 semaines), bien toléré, et permet une guérison dans > 95% des cas (charge virale indétectable 6 mois après l'arrêt).

  • La guérison n'immunise pas contre une réinfection, ce qui implique un suivi si les conduites à risque persistent.

3.8. Récapitulatif et Points Clés

Les hépatites B, D et C partagent des voies de transmission (parentérale, sexuelle, materno-fœtale) et des risques d'évolution vers la cirrhose et le carcinome hépatocellulaire. Le dépistage précoce est crucial.

  • Hépatite B (VHB) :

    • Risque de chronicité selon l'âge : 5-10% chez l'adulte, 90-95% chez le nouveau-né.

    • Diagnostic sérologique : AgHBs, Ac anti-HBs, Ac anti-HBc. Chronicité si AgHBs positif > 6 mois.

    • Prévention TMF par dépistage AgHBs maternel au 1er trimestre et sérovaccination du nouveau-né si besoin.

    • Traitement chronique au long cours ; guérison rare mais ralentit la progression.

    • Vaccin recombinant obligatoire pour nourrissons et personnel soignant.

  • Hépatite D (VHD) :

    • Virus défectif, ne peut infecter qu'une personne déjà atteinte de VHB (surinfection ou co-infection).

    • Facteur aggravant de l'hépatite B. Dépister les IgG anti-VHD chez tout patient AgHBs positif.

    • La vaccination VHB protège indirectement contre le VHD.

  • Hépatite C (VHC) :

    • Principale voie de transmission actuelle en France : toxicomanie et pratiques sexuelles à risque (HSH).

    • Risque de chronicité dans 70% des cas.

    • Diagnostic par sérologie (Ac anti-VHC), puis confirmation de l'infection active par PCR (charge virale).

    • Pas de vaccin. Traitement par antiviraux spécifiques (AAD) très efficace (>95% de guérison).

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