Grossesse extra-utérine : diagnostic et traitement

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Question
Quelle est la définition d'une grossesse extra-utérine (GEU) ?
Réponse
La nidation et le développement de l'œuf en dehors de la cavité utérine.
Question
Quel est le site le plus fréquent de la GEU ?
Réponse
La localisation la plus fréquente est l'ampoule tubaire.
Question
En quoi la GEU est-elle un double enjeu pronostique?
Réponse
Elle engage le pronostic vital à court terme (risque de rupture) et le pronostic de fertilité à long terme.
Question
Décrivez l'aspect typique des métrorragies d'une GEU.
Réponse
Elles sont peu abondantes, récidivantes, et d'une couleur brunâtre foncée, souvent décrites comme « sépia ».
Question
Quel couple de signes paracliniques est très évocateur d'une GEU?
Réponse
L'association d'une vacuité utérine à l'échographie et d'un taux de β-HCG supérieur à 1500 UI/L.
Question
Outre les IST, quel facteur de risque majeur est lié au mode de vie?
Réponse
Le tabagisme est un facteur de risque important qui augmente l'incidence des grossesses extra-utérines.
Question
Quels sont les signes d'alerte d'une rupture cataclysmique de GEU?
Réponse
Une douleur abdominale brutale « en coup de poignard », une contracture, et des signes de choc hémorragique.
Question
Quel est le traitement médicamenteux de référence pour une GEU non rompue?
Réponse
Le Méthotrexate, un agent cytostatique, peut être administré en injection IM sous conditions d'éligibilité strictes.
Question
Quelle est la différence entre une salpingotomie et une salpingectomie?
Réponse
La salpingotomie est un traitement conservateur (incision de la trompe), tandis que la salpingectomie est un traitement radical (ablation de la trompe).
Question
Comment définit-on une grossesse hétérotopique?
Réponse
C'est la coexistence rare d'une grossesse extra-utérine (GEU) et d'une grossesse intra-utérine (GIU).
Question
Qu'est-ce qu'un hématocèle rétro-utérin?
Réponse
C'est une collection de sang dans le cul-de-sac de Douglas, consécutive à une fissuration de la trompe.
Question
Quel examen permet un diagnostic de certitude en cas de doute?
Réponse
La cœlioscopie permet de visualiser directement les trompes pour confirmer la GEU et peut devenir thérapeutique.
Question
Citez deux raisons de l'augmentation de l'incidence des GEU.
Réponse
La recrudescence des IST et l'augmentation des techniques de plastie tubaire.
Question
Quelle est la triade de signes fonctionnels d'une GEU non rompue ?
Réponse
Métrorragies (couleur sépia), douleurs pelviennes latéralisées, et aménorrhée secondaire.
Question
Comment sont typiquement décrites les métrorragies dans une GEU ?
Réponse
Peu abondantes, récidivantes, de couleur foncée, souvent décrites comme « sépia ».
Question
Quel signe physique peut être trouvé au toucher vaginal ?
Réponse
Une petite masse latéro-utérine douloureuse, décrite comme la « petite chose latéro-utérine de Mondor ».
Question
Que signifie un dosage de β-HCG négatif ?
Réponse
Il élimine le diagnostic de grossesse et donc de GEU.
Question
Comment évolue typiquement la cinétique des β-HCG sur 48h dans une GEU ?
Réponse
Elle est perturbée, montrant une stagnation ou une élévation insuffisante du taux.
Question
Quelle association de résultats est très évocatrice d'une GEU ?
Réponse
Un taux de β-HCG > 1500 UI associé à une vacuité utérine à l'échographie.
Question
Citez un signe direct de GEU à l'échographie pelvienne.
Réponse
Un sac gestationnel extra-utérin contenant un embryon, ou un hématosalpinx.
Question
Qu'est-ce qu'un hématosalpinx ?
Réponse
Une masse latéro-utérine hétérogène correspondant à une collection de sang dans la trompe.
Question
Citez un signe indirect de GEU à l'échographie.
Réponse
La vacuité utérine, un endomètre gravide et épais, ou un faux sac gestationnel.
Question
Quel est le rôle de la cœlioscopie diagnostique en cas de doute ?
Réponse
Elle permet d'obtenir un diagnostic de certitude rapide et de visualiser directement la trompe.
Question
Quel est le principal danger d'une GEU non traitée ?
Réponse
La rupture de la trompe, entraînant une hémorragie interne massive (hémopéritoine).
Question
Quelle est la présentation clinique d'une rupture cataclysmique de GEU ?
Réponse
Douleur intense en « coup de poignard », contracture abdominale et signes de choc hémorragique.
Question
Quelle est la conduite à tenir en urgence face à une rupture cataclysmique ?
Réponse
Mesures de réanimation immédiates suivies d'une chirurgie d'urgence (laparotomie).
Question
Qu'est-ce qu'un hématocèle rétro-utérin ?
Réponse
Une collection de sang dans le cul-de-sac de Douglas, secondaire à une fissuration tubaire.
Question
Qu'est-ce qu'une grossesse hétérotopique ?
Réponse
L'association d'une grossesse extra-utérine (GEU) et d'une grossesse intra-utérine (GIU) simultanées.
Question
Qu'est-ce que le syndrome de Patel ?
Réponse
Une GEU survenant sur la trompe restante après une salpingectomie controlatérale.
Question
Citez trois facteurs de risque majeurs de la GEU.
Réponse
Les infections sexuellement transmissibles (Chlamydia), un antécédent de GEU, et le tabagisme.
Question
Quel type de contraception peut être un facteur de risque de GEU ?
Réponse
La contraception par stérilet (DIU) ou par microprogestatifs.
Question
Devant quel tableau clinique une GEU est-elle suspectée jusqu'à preuve du contraire ?
Réponse
Toute femme en âge de procréer présentant des douleurs pelviennes et des métrorragies.
Question
Citez deux diagnostics différentiels face à une hémorragie du 1er trimestre.
Réponse
Une menace d'avortement spontané, un décollement trophoblastique ou une môle hydatiforme.
Question
Citez deux diagnostics différentiels face à des douleurs pelviennes.
Réponse
Une torsion d'annexe, une salpingite, une appendicite ou une colique néphrétique.
Question
Quels sont les trois buts du traitement curatif de la GEU ?
Réponse
Exérèse de la GEU, prévenir/traiter les complications, et préserver la fertilité future.
Question
Quel est le médicament utilisé dans le traitement médical de la GEU ?
Réponse
Le Méthotrexate, un cytostatique antifolinique, administré en injection intramusculaire.
Question
Quelles sont les conditions pour un traitement par Méthotrexate ?
Réponse
GEU < 4 cm, β-HCG < 5000 UI/L, absence d'activité cardiaque et d'hémopéritoine, patiente coopérante.
Question
Quel bilan est nécessaire avant d'initier un traitement par Méthotrexate ?
Réponse
Un bilan pré-thérapeutique incluant NFS, ainsi qu'un bilan rénal et hépatique.
Question
Quelle est la voie d'abord chirurgicale privilégiée pour une GEU non rompue ?
Réponse
La cœlioscopie est la voie d'abord de choix, étant moins invasive que la laparotomie.
Question
Quelle est la différence entre une salpingotomie et une salpingectomie ?
Réponse
La salpingotomie est un traitement conservateur (incision de la trompe), la salpingectomie est un traitement radical (ablation de la trompe).
Question
Quand une salpingectomie est-elle généralement indiquée ?
Réponse
En cas de rupture tubaire, de GEU > 6 cm, ou de désir de stérilisation.
Question
Quand un traitement conservateur (salpingotomie) est-il envisagé ?
Réponse
Lorsque la GEU est non rompue, de petite taille (< 6 cm), et chez une patiente désirant préserver sa fertilité.
Question
Quelle est la prise en charge d'une patiente Rhésus négatif avec une GEU ?
Réponse
L'administration de sérum anti-D est nécessaire pour prévenir l'allo-immunisation.
Question
Quel est le principal risque après un traitement conservateur ?
Réponse
Le risque principal est la persistance de tissu trophoblastique actif, nécessitant une surveillance des β-HCG.
Question
Quels sont les taux de grossesse intra-utérine (GIU) après traitement d'une GEU ?
Réponse
Environ 60% après traitement conservateur et 50% après traitement radical.
Question
Quel est le taux de récidive de GEU sur la trompe controlatérale après salpingectomie ?
Réponse
Le taux de récidive d'une GEU sur la trompe restante est d'environ 15%.
Question
En quoi consiste la prévention primaire de la GEU ?
Réponse
Elle repose sur la lutte contre les facteurs de risque, notamment la prévention et le traitement des IST et l'arrêt du tabac.
Question
Quel est le pronostic fœtal d'une grossesse abdominale ?
Réponse
Le pronostic fœtal est très réservé, avec un risque élevé de malformations et de mortalité.
Question
Quelle forme clinique de GEU peut mimer un tableau d'appendicite ?
Réponse
La forme pseudo-appendiculaire, où la douleur est localisée au niveau de la fosse iliaque droite (FID).
Question
Quelle est la principale mesure de prévention secondaire de la GEU ?
Réponse
Le diagnostic précoce grâce au couple échographie pelvienne et dosage des β-HCG.

GROSSESSE EXTRA-UTÉRINE (GEU)

« Toute femme en activité génitale avec des douleurs pelviennes et des métrorragies, a une GEU jusqu’à preuve du contraire »

I. Introduction

La grossesse extra-utérine (GEU) est la nidation et le développement de l'œuf en dehors de la cavité utérine, le plus souvent dans l'ampoule tubaire.

  • Épidémiologie : Son incidence est en augmentation, notamment en raison de la recrudescence des IST, de l'amélioration des techniques de plastie tubaire et de l'augmentation du nombre de fumeurs.
  • Diagnostic : Il est complexe en raison de son polymorphisme clinique, nécessitant une combinaison de dosage des β-HCG et d'échographie.
  • Pronostic : C'est une urgence majeure qui engage le pronostic vital (en cas de rupture) et le pronostic fonctionnel (risque de stérilité tubaire).
  • Thérapeutique : Les avancées incluent le traitement médical et la cœliochirurgie, avec une importance capitale de la prévention des IST.

II. Signes cliniques et paracliniques

A. Forme typique : GEU de l'ampoule tubaire non rompue

1. Signes cliniques
1.1. Signes fonctionnels
  • Métrorragies : Peu abondantes, récidivantes, de couleur foncée, brunâtres, dites « sépia ».
  • Douleurs pelviennes : Latéralisées du côté de la GEU, continues.
  • Aménorrhée secondaire : Retard des règles, parfois non reconnue par la patiente (métrorragies confondues avec les règles).

Il est crucial de rechercher les facteurs de risque lors de l'interrogatoire.

1.2. Signes généraux

À ce stade, l'état général est conservé et les constantes hémodynamiques sont normales.

1.3. Signes physiques
  • Examen gynécologique :
    • Inspection : Recherche de cicatrices abdomino-pelviennes, signes de grossesse (seins congestifs, hyperpigmentation aréolaire, réseau veineux de Haller).
    • Palpation : Sensibilité sus-pubienne, douleur provoquée au niveau de la fosse iliaque.
    • Examen au spéculum : Confirme l'origine endo-utérine du saignement, recherche un col gravidique (congestif, violacé de Müller).
    • Toucher vaginal (TV) + palper abdominal (prudent) :
      • Col ramolli, utérus augmenté de volume mais plus petit que l'âge théorique de la grossesse.
      • Petite masse latéro-utérine, roulant sous les doigts, correspondant à la GEU (« petite chose latéro-utérine de Mondor »), douloureuse à la mobilisation et indépendante de l'utérus (sillon de séparation).
  • Examen clinique complet.
2. Signes paracliniques
2.1. Dosage des β-HCG
  • Qualitatif urinaire : Positif.
  • Quantitatif plasmatique : Positif. Un résultat négatif élimine la grossesse et donc la GEU. Un résultat positif confirme l'existence d'un trophoblaste actif, mais pas spécifiquement une GEU.
  • Cinétique des β-HCG : Classiquement perturbée (stagnation ou élévation insuffisante) à 48h d'intervalle.
2.2. Échographie pelvienne (voie abdominale puis endovaginale)
  • Signes directs (image annexielle) :
    • Sac gestationnel extra-utérin avec ou sans embryon (parfois avec activité cardiaque), entouré d'une couronne hyperéchogène (trophoblaste).
    • Hématosalpinx : Masse latéro-utérine hétérogène.
  • Signes indirects :
    • Vacuité utérine.
    • Endomètre gravide, épais.
    • Douleur vive au passage de la sonde, au contact de la masse.
    • Faux sac gestationnel (pseudo-sac) : Lacune anéchogène, à contours irréguliers, sans couronne trophoblastique (pas d'embryon).

Une β-HCG > 1500 UI associée à une vacuité utérine est très évocatrice de GEU.

2.3. Cœlioscopie diagnostique

Permet un diagnostic rapide en cas de doute, révélant un hématosalpinx, une dilatation tubaire ou un avortement tubo-abdominal.

3. Évolution
3.1. Éléments de surveillance
  • Clinique : Suivi des signes fonctionnels (douleur, métrorragies), constantes, examen gynécologique et abdominal.
  • Paraclinique : Échographie, β-HCG, NFS.
3.2. Modalités évolutives
  • Favorable : Sous traitement adéquat, mais avec un risque de récidive ou de baisse de la fertilité.
  • Défavorable : Sans traitement, entraînant des complications graves.

B. Formes cliniques

1. Formes symptomatiques trompeuses
  • Asymptomatiques : Découverte fortuite par β-HCG et échographie pelvienne.
  • Pseudo-abortive : Tableau d'avortement spontané.
  • Pseudo-salpingitique : Douleur pelvienne associée à de la fièvre.
  • Pseudo-occlusive : Arrêt du transit.
  • Pseudo-appendiculaire : Douleur localisée au niveau de la fosse iliaque droite.
2. Formes évolutives (formes compliquées)
2.1. Rupture cataclysmique de la GEU

Urgence diagnostique et thérapeutique extrême.

  • Tableau clinique : Hémopéritoine avec douleurs intenses « en coup de poignard », contracture (TRIDIP), cri de Douglas et de l'ombilic, signes de choc hémorragique.
  • Échographie : Confirme l'hémopéritoine.
  • Culdocentèse : Ramène du sang lysé, incoagulable.
  • Conduite à tenir (CAT) en urgence : Mesures de réanimation (4 tuyaux), perfusion de macromolécules, prélèvements d'urgence (NFS, GSRh) puis transfusion. Aucun examen ne doit retarder la chirurgie, car le pronostic vital est engagé.
2.2. Hématocèle rétro-utérin

Secondaire à une fissuration tubaire.

  • Symptômes : Douleur modérée, signes d'emprunt rectal (constipation).
  • Examen : Bombement douloureux du cul-de-sac de Douglas.
2.3. Grossesse abdominale
  • Signes : Troubles digestifs avec douleur abdomino-pelvienne, fœtus superficiel.
  • Échographie : Confirme le diagnostic.
  • Pronostic : Fœtal réservé, maternel dépend de la précocité diagnostique.
2.4. Formes topographiques
  • Autres localisations sur la trompe : Isthme, interstitium, infundibulum.
  • Autres localisations en dehors de la trompe : GEU cornuale, cervicale, abdominale, ovarienne.
2.5. Formes particulières
  • GEU bilatérale.
  • GEU récidivante.
  • GEU hétérotopique : GEU associée à une grossesse intra-utérine.
  • Syndrome de Patel : GEU sur trompe restante après salpingectomie.

III. Diagnostic

1. Diagnostic positif

  • Clinique : Retard de règles, douleur pelvienne unilatérale, métrorragies, masse latéro-utérine.
  • Paraclinique : β-HCG et échographie endovaginale confirment le diagnostic et précisent la localisation.

2. Diagnostic différentiel

  • Causes d'hémorragie du 1er trimestre : Menace d'avortement, décollement trophoblastique, môle hydatiforme.
  • Devant les douleurs : Torsion d'annexes, salpingite, appendicite, colique néphrétique.

3. Diagnostic étiologique : Facteurs de risque

  • Infections : Salpingite compliquant une IST (Chlamydia trachomatis +++).
  • Antécédents : GEU, chirurgie pelvienne ou abdomino-pelvienne.
  • Tabagisme.
  • Techniques de procréation médicalement assistée : Induction de l'ovulation, fécondation in vitro.
  • Contraception : Stérilet ou microprogestatifs.
  • Chirurgie tubaire.
  • Endométriose.

IV. Traitement

1. Traitement curatif

1.1. Buts
  • Exérèse de la GEU.
  • Prévenir et/ou traiter les complications.
  • Préserver la fertilité.
1.2. Moyens
1.2.1. Moyens médicaux
  • Mesures de réanimation : Voie veineuse périphérique (VVP) avec remplissage (cristalloïdes, macromolécules, sang et dérivés), sonde urinaire (SU), oxygénothérapie (O2), sonde naso-gastrique (SNG).
  • Moyens médicamenteux :
    • Méthotrexate (cytostatique antifolinique) : 1 mg/kg IM après bilan pré-thérapeutique (NFS, bilan rénal et hépatique).
    • Sérum anti-D : Si patiente Rhésus négatif.
    • Antibiotiques.
1.2.2. Moyens chirurgicaux
  • Voies d'abord : Cœlioscopie (+++), laparotomie.
  • Gestes :
    • Radical : Salpingectomie / annexectomie.
    • Conservateur : Salpingotomie (incision + aspiration).
1.3. Indications
  • Forme précoce non rompue :
    • Traitement médical (Méthotrexate) si : β-HCG < 5000 UI/L, absence d'activité cardiaque, GEU < 4 cm, absence d'hémopéritoine, patiente coopérante.
    • Traitement chirurgical (abord cœlioscopique) :
      • GEU < 6 cm : Salpingotomie.
      • GEU > 6 cm : Salpingectomie.
  • Rupture cataclysmique : Réanimation en urgence + salpingectomie par laparotomie.
  • Hématocèle rétro-utérin : Annexectomie par laparotomie, drainage, antibiotiques.
1.4. Résultats
  • Après traitement chirurgical radical : Taux de grossesse intra-utérine (GIU) = 50%, taux de GEU controlatérale = 15%.
  • Après traitement conservateur : Taux de GIU = 60%, le risque de récidive dépend des antécédents.

2. Traitement préventif

  • Lutte contre les facteurs de risque (IST, tabagisme...).
  • Diagnostic précoce grâce à l'échographie et au dosage des β-HCG.

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