Partie 1 : Le principe de légalité
20 cartesFiche sur le principe de légalité en droit pénal : valeur, conceptions formelle et matérielle, sources européennes, interprétation stricte.
20 cartes
Qu'est-ce que la prévisibilité de la loi pénale implique ?
Les infractions et les peines doivent être suffisamment claires et précises pour exclure l'arbitraire.
Quelles sont les deux voies de saisine du Conseil constitutionnel ?
La saisine a priori (art. 61 Const.) et la saisine a posteriori via la QPC (art. 61‑1 Const.).
Quels articles de la DDHC consacrent le principe de légalité ?
Les articles 5, 7 et 8.
Qu'enonce l'article 7 de la Convention EDH au sujet du principe de légalité ?
Nul ne peut être condamné pour une action ou omission qui, au moment où elle a été commise, ne constituait pas une infraction d'après le droit national ou international.
Que signifie la conception formelle du principe de légalité ?
Seule la loi peut édicter les règles du droit pénal, conformément à l'adage Nullum crimen, nulla poena sine lege.
Quels sont les deux principaux contrôles qui assurent l'effectivité du principe de légalité ?
Le contrôle par le Conseil constitutionnel et le contrôle par le juge pénal.
Quelle technique peut porter atteinte au principe de légalité en rendant la loi moins claire ?
La technique des incriminations par renvoi, qui oblige à se référer à plusieurs textes pour connaître la règle.
Quelle est la valeur du principe de légalité en droit français ?
Valeur législative (art. 111-3 C. pén.), constitutionnelle (arts. 5, 7, 8 DDHC) et internationale (art. 7 Conv. EDH).
Qu'est-ce que le principe de légalité en droit pénal ?
Seule la loi peut créer une infraction et fixer la peine applicable, ce qui limite l'arbitraire du juge.
Quelles sont les sources européennes du droit pénal mentionnées ?
Le droit de l'Union européenne (infractions transfrontières et atteintes aux intérêts financiers de l'UE) et le droit du Conseil de l'Europe (Convention EDH).
Quelle est la répartition des compétences entre la loi et le règlement en matière pénale ?
Loi pour les crimes et délits ; règlement pour les contraventions, dans les limites fixées par la loi (art. 111-2 et 111-3 C. pén.).
Le juge pénal peut-il contrôler la constitutionnalité de la loi ?
Non, ce pouvoir est réservé au Conseil constitutionnel.
Que pose la Convention EDH en matière pénale ?
Le principe de légalité, le principe de non-rétroactivité de la loi pénale (art. 7) et la règle non bis in idem (art. 4 protocole 7).
Quels types d'interprétation le juge peut-il utiliser face à un texte obscur ?
Il peut recourir à l'interprétation littérale (lettre du texte) ou téléologique (intention du législateur).
Que signifie le principe d'interprétation stricte de la loi pénale ?
Le juge ne peut ni créer de nouvelles infractions, ni étendre les existantes à des cas non prévus par la loi.
Dans quel cas le juge pénal peut-il apprécier la légalité d'un règlement ?
Lorsque l'examen de sa légalité est nécessaire à la solution du procès pénal (art. 111-5 C. pén.).
À quelle condition une loi pénale est-elle proportionnée ?
Lorsque la peine est proportionnée à la gravité du comportement interdit (art. 8 DDHC).
Quels types de règlement existe-t-il en droit pénal ?
Le règlement d'application (précise la loi) et le règlement autonome (crée des contraventions sur le fondement de l'article 37 de la Constitution).
Quels sont les deux sens que peut recevoir le principe de légalité en droit pénal ?
Une conception formelle (seule la loi peut édicter des règles pénales) et une conception matérielle (la loi pénale doit être claire, précise, proportionnée).
Le juge pénal peut-il contrôler la conventionnalité de la loi ?
Oui, le juge pénal peut écarter une loi contraire aux traités internationaux (art. 55 Const.).
Fiche de révision
La valeur et les conceptions du principe de légalité
Le principe de légalité criminelle pose que seule la loi peut créer une infraction et édicter les peines applicables. Son objectif est de lutter contre l'arbitraire des juges en encadrant leur action.
La valeur du principe de légalité
- Le principe a valeur législative : art. 111-3 C. pén. dispose que nul ne peut être puni pour un crime ou un délit dont les éléments ne sont pas définis par la loi, ni pour une contravention sans texte réglementaire.
- Il a valeur constitutionnelle via les art. 5, 7 et 8 DDHC, qui garantissent que la loi ne défend que les actions nuisibles et n'établit que des peines nécessaires.
- Il a valeur internationale : art. 7 Conv. EDH prohibe la condamnation sans texte préexistant et l'application d'une peine plus forte que celle en vigueur au moment des faits.
Les conceptions du principe de légalité
- La conception formelle : seule la loi (et dans une mesure le règlement) peut édicter des règles pénales, selon l'adage « Nullum crimen, nulla poena sine lege ».
- La conception matérielle : la loi pénale doit posséder des qualités de clarté, précision et proportionnalité pour être valable.
La loi et le règlement
- La loi (sens étroit : texte voté par le Parlement et promulgué) est la source principale : art. 111-2 C. pén. lui attribue les crimes et délits.
- Les ordonnances de l'art. 38 Const. ont valeur de loi après ratification parlementaire. Ex : Droit pénal des mineurs était organisé par ordonnance de 1945, maintenant remplacée par ordonnance de 2019 créant le Code pénal de la justice des mineurs, ordonnance ratifiée par une loi de 2021.
À noter : depuis une décision importante de 2020, les ordonnances ont valeur de loi à partir du moment où le projet de loi de ratification a été déposé dans le délai fixé par la loi d’habilitation (Cons. const. QPC 28 mai 2020, Force 5).
° Le règlement détermine les contraventions : règlement d'application (précise la loi, par décret ou arrêté) et règlement autonome (fondé sur l'art. 37 Const.).
- La répartition des compétences est posée par les art. 111-2 et 111-3 C. pén. : loi = crimes et délits ; règlement = contraventions (dans les limites fixées par la loi, ex. art. 131-13 C. pén. plafonne les peines).
Les sources européennes du droit pénal et La notion de « règlement »
Les sources européennes du droit pénal
- Le droit de l'UE est une source du droit pénal, posant des règles pour les infractions transfrontières et celles portant atteinte aux intérêts financiers de l'UE.
- Le droit du Conseil de l'Europe, notamment la Conv. EDH, influence le droit pénal sans créer d'incrimination directe.
- L'article 7 de la Conv. EDH consacre le principe de légalité et de non-rétroactivité de la loi pénale.
- La règle non bis in idem (art. 4 protocole 7 Conv. EDH) interdit de poursuivre ou punir une personne deux fois pour la même infraction.
La notion de « règlement »
- Le règlement d'application vient préciser la loi pénale (décrets, arrêtés municipaux, préfectoraux, ministériels).
- Le règlement autonome (fondé sur l'art. 37 Const.) peut créer des contraventions ; la partie réglementaire du Code pénal (articles « R… ») en est issue.
- La compétence du règlement est limitée par la loi : l'article 131-13 C. pén. classe les contraventions en 5 classes et fixe les peines maximales (ex. 38 € pour la 1ʳᵉ classe).
Autrement dit
Source | VS Rôle en droit pénal |
|---|---|
Loi | Détermine les crimes et délits, fixe leurs peines |
Règlement | Détermine les contraventions, dans les limites fixées par la loi |
Droit de l'UE | Règles sur infractions transfrontières et financières |
Conv. EDH | Principes de légalité, non-rétroactivité, non bis in idem |
Les qualités de la loi pénale
Selon la conception matérielle du principe de légalité, la loi pénale doit posséder deux qualités essentielles : être prévisible et proportionnelle.
La prévisibilité de la loi pénale
- La loi pénale doit être suffisamment claire, précise et accessible pour que toute personne sache à l'avance que tel comportement est interdit.
- Cette exigence de prévisibilité est un objectif à valeur constitutionnelle (Cons. const. 16 déc. 1999).
- Les infractions et les peines doivent être définies de façon suffisamment précise pour exclure l'arbitraire.
- Exemple : l'ancien article 222-33 C. pén. sur le harcèlement sexuel (« le fait de harceler autrui dans le but d'obtenir des faveurs sexuelles ») a été déclaré contraire à la Constitution pour manque de précision (Cons. const. QPC 4 mai 2012, Gérard D.).
- Cependant, certains termes imprécis sont tolérés : « chose » (art. 311-1 C. pén.) est interprété par la jurisprudence (électricité, chose non abandonnée).
- La non-rétroactivité de la loi pénale est une conséquence de la prévisibilité : une loi nouvelle ne peut s'appliquer à des faits antérieurs, sauf exception de la loi pénale plus douce.
- La technique des incriminations par renvoi est admise : la loi pénale prévoit le principe de l'infraction et renvoie à un autre texte (loi ou règlement) pour préciser les éléments constitutifs.
- Exemple : le trafic de stupéfiants (art. 222-34 C. pén.) renvoie à l'article 222-41 C. pén. qui définit les stupéfiants par renvoi au Code de la santé publique (art. L. 5132-7).
- L'accessibilité de la loi implique sa publication au Journal Officiel de la République Française (JORF).
La proportionnalité de la loi pénale
- La peine prévue par la loi pénale doit être proportionnée à la gravité du comportement interdit : ni trop sévère, ni trop clémente.
- Ce principe de proportionnalité a valeur constitutionnelle, fondé sur l'article 8 de la DDHC : « La loi ne doit établir que des peines strictement et évidemment nécessaires ».
- Il impose un équilibre entre la sanction et l'infraction, garantissant une certaine mesure dans la répression pénale.
Le contrôle des qualités de la loi pénale
Principalement 2 contrôles permettent d'assurer effectivité du principe de légalité.
À noter : la Cour EDH et la CJUE peuvent être aussi amenées à jouer un rôle en la matière. La Cour EDH peut ainsi être saisie par tout requérant qui estime qu’un État a violé les droits fondamentaux consacrés par la Convention EDH. Il faut que le requérant ait épuisé toutes ses voies de recours internes pour pouvoir aller devant la Cour EDH.
La CJUE peut être également saisie, que ce soit pour interpréter un acte de droit de l’UE (règlements de l’UE, directives…) ou pour apprécier la régularité d’un acte de droit interne au regard du droit de l’UE. Elle sera ainsi saisie grâce au mécanisme de la question préjudicielle.
Le contrôle par le Conseil constitutionnel
- Le Conseil constitutionnel vérifie que la loi pénale est conforme au bloc de constitutionnalité : clarté, prévisibilité, proportionnalité.
- Il a reconnu, à travers sa juurisprudence, la valeur constitutionnelle de plusieurs principes fondamentaux du droit pénal (individualisation des peines, non rétraoctivté de la loi pénale...)
- Il peut être saisi a priori (art. 61 Const. : par le PDR, PM, présidents des chambres, 60 députés et 60 sénateurs) ou a posteriori via la QPC (art. 61-1 Const. : par justiciable à l'occasion d'une instance, si la disposition est applicable au litige, n'a pas déjà été déclarée conforme et présente un caractère sérieux).
- Exemple : en 2012, le Conseil constitutionnel a censuré l'ancien article 222-33 C. pén. sur le harcèlement sexuel, jugé trop imprécis (Cons. const. QPC 4 mai 2012).
Le contrôle par le juge pénal
- Le juge pénal ne peut pas contrôler la constitutionnalité de la loi (pouvoir réservé au Conseil constitutionnel), mais il intervient comme filtre dans la procédure de QPC (Cour de cassation transmet ou non au Conseil constit.).
- En revanche, le juge pénal peut contrôler la conventionnalité de la loi sur le fondement de l'article 55 de la Constitution : il écarte une loi contraire aux traités internationaux (art. 7 Conv. EDH, art. 49 Charte UE).
- Le juge pénal peut apprécier la légalité des actes administratifs (règlements, arrêtés) lorsque cela conditionne la solution du procès pénal, en vertu de l'article 111-5 C. pén. : si l'acte est illégal, il relaxe le prévenu. C'est l'exception d'illégalité. Juge civil ne peut pas le faire par contre. Car en principe s'exerce par voie du recours pour excès de pouvoir donc juge admin.
- La Cour EDH peut être saisie après épuisement des voies de recours internes ; la CJUE peut être saisie par question préjudicielle pour interpréter le droit de l'UE.
Le contrôle de conventionnalité de la loi
- Le contrôle de conventionnalité consiste à vérifier qu'une loi est conforme aux traités internationaux (art. 55 Const.).
- Le juge pénal est compétent pour écarter une loi pénale contraire à l'article 7 Conv. EDH (principe de légalité et non-rétroactivité) ou à l'article 49 de la Charte des droits fondamentaux de l'UE.
- Le Conseil constitutionnel s'est déclaré incompétent pour ce contrôle (décision IVG, 15 janv. 1975).
5. L'interprétation stricte de la loi pénale
Loi ne peut pas tout prévoir, peut ne pas être claire, peut être ambigüe ou confuse. Mais en vertu du principe d'interprétation stricte de la loi pénale, juge ne peut ni créer de nouvelles infractions, ni élargir les infractions qui existent déjà à des cas non prévus par la loi.
Mais en rélaité, juge dispose d'un certain pouvoir d'interprétation :
- littérale = s'intéresse à la lettre de la loi
- téléologique = recherche volonté du légsialetur au moment de la rédaction donc se référe au contexte économique, travaux préparatoires....
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