FC 16 - Bases Physiques de l'Imagerie Médicale

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This note covers the physical principles of medical imaging, including different modalities, image formation, and geometric considerations. It details X-ray generation, attenuation, contrast enhancement, and the evolution towards digital imaging and computed tomography.

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Question
Qu'est-ce qu'une image médicale ?
Réponse
Une représentation visuelle, 2D ou 3D, d'une structure interne du corps, traduite par un signal pour une analyse médicale.
Question
Quelles sont les 4 grandes modalités d'imagerie ?
Réponse
L'échographie (ultrasons), la radiologie (rayons X), l'IRM (magnétisme), et la médecine nucléaire (radioactivité).
Question
Quelle est la différence entre imagerie morphologique et fonctionnelle ?
Réponse
L'imagerie morphologique étudie l'anatomie (la forme), tandis que l'imagerie fonctionnelle s'intéresse au métabolisme et à la fonction des cellules.
Question
Citez trois exemples d'imagerie morphologique.
Réponse
L'échographie, la radiologie (y compris le scanner), et l'IRM sont des techniques d'imagerie morphologique.
Question
Quelle modalité d'imagerie est principalement fonctionnelle ?
Réponse
La médecine nucléaire, qui utilise la radioactivité pour étudier le métabolisme et la fonction des organes.
Question
Un clinicien prescrit-il directement un examen d'imagerie ?
Réponse
Non, il fait une demande à un expert (radiologue, médecin nucléaire) qui est celui qui prescrit et réalise l'examen.
Question
Quels éléments doit comporter une demande d'examen d'imagerie ?
Réponse
Les données du patient, une question clinique claire, les informations médicales pertinentes (allergies, grossesse) et les coordonnées du demandeur.
Question
Sur quoi repose le principe de la radiologie conventionnelle ?
Réponse
Sur la différence d'atténuation des rayons X lorsqu'ils traversent les différentes structures internes du corps.
Question
Comment sont produits les rayons X dans un tube radiogène ?
Réponse
Des électrons, émis par une cathode chauffée, sont accélérés et frappent une anode métallique, produisant un rayonnement de freinage.
Question
De quoi dépend le flux total de rayons X (Φ) ?
Réponse
Il est proportionnel à l'intensité (I), au carré de la tension (U²), et au numéro atomique de l'anode (Z).
Question
Quel est le rendement de production des rayons X ?
Réponse
Très faible, de 1 à 2 % seulement. Le reste de l'énergie (98-99%) est dissipé sous forme de chaleur.
Question
Comment la chaleur est-elle gérée dans un tube à rayons X ?
Réponse
Grâce à des systèmes de refroidissement, notamment une anode tournante qui permet de mieux disperser la chaleur.
Question
Quels paramètres définissent la quantité de rayons X ?
Réponse
L'intensité du courant (I, en mA) et le temps de pose (t, en s). Le produit, mAs, est un paramètre quantitatif.
Question
Quel paramètre définit la qualité (énergie) des rayons X ?
Réponse
La tension accélératrice (U, en kV), qui est un paramètre qualitatif déterminant l'énergie maximale des photons X.
Question
Comment décrit-on l'atténuation d'un faisceau de rayons X ?
Réponse
Par une décroissance exponentielle : N=N0eμxN = N_0 \cdot e^{-\mu x}, où μ est le coefficient d'atténuation linéique du tissu.
Question
Pourquoi utilise-t-on de faibles énergies (bas kV) en mammographie ?
Réponse
Pour augmenter le contraste entre les tissus mous (graisse, glande), dont les coefficients d'atténuation sont proches.
Question
Citez deux types de produits de contraste artificiels.
Réponse
Les produits à base de baryum, pour le tube digestif, et les produits iodés, souvent injectés par voie vasculaire.
Question
Qu'est-ce qu'un TOGD ?
Réponse
Un Transit Oeso-Gastro-Duodénal. Il explore la partie haute du tube digestif à l'aide d'un produit de contraste.
Question
Dans quel cas les produits barytés sont-ils contre-indiqués ?
Réponse
En cas de suspicion de perforation digestive, car le baryum est très irritant pour les tissus hors du tube digestif.
Question
Qu'est-ce qu'une angiographie ?
Réponse
L'imagerie des vaisseaux sanguins (artères ou veines) après injection d'un produit de contraste iodé.
Question
Est-on allergique à l'iode ?
Réponse
Non, on n'est pas allergique à l'iode lui-même, mais aux molécules des produits de contraste iodés.
Question
Quelle est la principale précaution à prendre avant d'injecter un produit iodé ?
Réponse
Vérifier la fonction rénale du patient (créatinine, débit de filtration glomérulaire) pour éviter une insuffisance rénale aiguë.
Question
Quel médicament doit être arrêté chez un patient diabétique après injection de produit iodé ?
Réponse
La Metformine doit être interrompue pour éviter un risque d'acidose lactique en cas d'insuffisance rénale induite.
Question
Quel effet une injection de produit de contraste iodé a-t-elle sur la thyroïde ?
Réponse
Elle provoque une surcharge en iode qui sature la thyroïde pendant plusieurs semaines, avec un risque de décompensation (hyperthyroïdie).
Question
À quoi sert une grille anti-diffusante en radiologie ?
Réponse
Elle bloque le rayonnement diffusé, responsable d'un flou sur l'image, améliorant ainsi le contraste et la netteté.
Question
Qu'est-ce qu'un amplificateur de brillance ?
Réponse
Un système qui réduit fortement la dose de radiation en convertissant les rayons X en lumière, puis en électrons, puis de nouveau en lumière visible.
Question
Quelle est la différence entre un pixel et un voxel ?
Réponse
Le pixel est l'unité élémentaire d'une image 2D. Le voxel (volume element) est son équivalent pour une image 3D.
Question
Quelle norme assure la compatibilité des images médicales numériques ?
Réponse
La norme DICOM (Digital Imaging and Communication in Medicine) permet d'échanger et de stocker les images entre différents systèmes.
Question
Où sont stockées les images médicales numériques ?
Réponse
Sur un système d'archivage et de communication d'images, appelé PACS (Picture Archiving and Communication System).
Question
Comment limiter l'agrandissement et la déformation de l'image en radiographie ?
Réponse
En plaçant l'objet au plus près du détecteur ou en utilisant la téléradiographie (source très éloignée).
Question
Qu'est-ce que le 'signe de la silhouette' ?
Réponse
Si les contours de deux opacités en contact s'effacent, elles sont dans le même plan. S'ils restent visibles, elles sont dans des plans différents.
Question
Citez deux causes de flou sur une radiographie.
Réponse
Le flou cinétique (mouvements du patient : respiration, cœur) et le flou géométrique (source non parfaitement ponctuelle).
Question
Qu'est-ce que la radiologie interventionnelle ?
Réponse
Une branche de la radiologie où l'imagerie guide des actes thérapeutiques, comme la pose de stents ou l'embolisation d'anévrisme.
Question
Quelle est l'évolution actuelle de l'imagerie par rayons X ?
Réponse
Une transition vers l'imagerie en coupe (scanner/TDM), qui élimine la superposition des structures et offre une meilleure résolution en contraste.
Question
Que signifie l'acronyme TDM ?
Réponse
TomoDensitoMétrie. Tomo- pour coupe, -densito- pour densité, et -métrie pour mesure. C'est une mesure de la densité par coupes.
Question
Quel est le terme plus courant pour TDM ou scanographie ?
Réponse
Le scanner.
Question
Qui est l'inventeur du scanner ?
Réponse
L'ingénieur britannique Godfrey Hounsfield, qui a reçu le prix Nobel pour cette invention en 1979.
Question
Quel est le principe de base du scanner (TDM) ?
Réponse
Un tube à rayons X tourne autour du patient. Des mesures d'atténuation sont acquises sous de multiples angles et reconstruites par ordinateur en une image de coupe.
Question
En radiographie, comment appelle-t-on une zone blanche et une zone noire ?
Réponse
Une zone blanche (qui arrête les rayons X) est une opacité. Une zone noire (qui laisse passer les rayons X) est une clarté.
Question
Quelle est la sensation physiologique typique lors d'une injection de produit iodé ?
Réponse
Une bouffée de chaleur dans tout le corps et un goût métallique dans la bouche. C'est une réaction normale et transitoire.
Question
Pourquoi la radioscopie d'antan est-elle aujourd'hui interdite ?
Réponse
Car elle exposait le patient à une dose de radiation considérée comme inadmissible avec les standards de radioprotection actuels.
Question
Qu'est-ce que le système DICOM ?
Réponse
Une norme internationale pour l'harmonisation, le stockage, et la transmission des images médicales et des données associées.
Question
Qu'est-ce qu'une coronarographie ?
Réponse
Il s'agit d'une radiographie des artères coronaires (vaisseaux du cœur) rendues visibles par un produit de contraste iodé.
Question
Qu'est-ce qu'une arthrographie ?
Réponse
C'est l'imagerie d'une articulation (comme le genou ou l'épaule) après y avoir injecté un produit de contraste.
Question
Quel est le risque d'un produit de contraste baryté chez une personne âgée ?
Réponse
Il peut favoriser la constipation et former des fécalomes barytés, créant une occlusion intestinale fonctionnelle.
Question
Quel est l'élément de base d'un tube à rayons X ?
Réponse
Une ampoule sous vide contenant une cathode (filament de tungstène) et une anode (cible métallique).
Question
Quels spécialistes réalisent les examens d'échographie et de radiologie en France ?
Réponse
Les radiologues. La médecine nucléaire est une spécialité distincte.
Question
Quelle est la principale information nécessaire dans un compte-rendu d'imagerie ?
Réponse
Une conclusion synthétique qui répond directement à la question posée par le médecin demandeur.
Question
Quel est le principe de la tomographie conventionnelle (historique) ?
Réponse
Le mouvement simultané du tube et de la plaque pour rendre un seul plan net, tout en floutant les plans situés devant et derrière.
Question
Quelle est la composition de l'anneau mobile d'un scanner ?
Réponse
L'anneau mobile, ou rotor, contient principalement le tube à rayons X et les détecteurs associés.

Bases Physiques de l'Imagerie Médicale

L'imagerie médicale est un domaine essentiel qui utilise diverses modalités pour visualiser l'intérieur du corps humain, permettant le diagnostic, le suivi et parfois le traitement de pathologies. Ce cours, dispensé par le Pr. Huglo dans le cadre du BMCP, explore les bases physiques de ces techniques.

Objectifs d'Apprentissage

  • Comprendre le fonctionnement de la radiologie standard et du scanner.

  • Connaître les principes de formation et de traitement des images en scanner.

  • Maîtriser les principes de prescription de la tomodensitométrie (TDM) et des produits de contraste iodés.

  • Identifier les principales indications cliniques et les limites de la radiologie.

L'Imagerie Médicale

L'imagerie médicale est une représentation visuelle, réelle ou imaginaire, à caractère médical, qui se traduit par un signal.

  • En 2D (planaire) : exemple, la radiologie du thorax.

  • En 3D (en coupe) : exemple, le scanner du thorax.

Elle sert à donner une trace, notamment en profondeur, et nécessite des choix éclairés en fonction du patient.

Les Quatre Modalités Principales en Imagerie Médicale

Modalité

Principe Physique

Spécialiste Principal (France)

But Principal

Échographie

Utilisation des ultrasons.

Radiologue (et autres cliniciens)

Étude morphologique

Radiologie (conventionnelle et scanner)

Utilisation des rayons X.

Radiologue

Étude morphologique

IRM (Imagerie par Résonance Magnétique)

Propriétés magnétiques des noyaux (notamment protons).

Radiologue

Étude anatomique et fonctionnelle

Médecine Nucléaire

Utilisation de la radioactivité (radiopharmaceutiques).

Médecin nucléaire

Étude fonctionnelle (cellules, métabolisme)

Ces modalités sont plus complémentaires que concurrentes.

L'imagerie médicale explore principalement le patient vivant en profondeur, contrairement à d'autres spécialités (dermatologie, ophtalmologie, endoscopie) qui examinent la partie superficielle des tissus.

La Demande d'Examen

Un examen d'imagerie médicale doit toujours avoir une raison d'être et être justifié. Le clinicien ne "prescrit" pas l'examen ; il fait une demande à un expert (radiologue ou médecin nucléaire) qui, lui, décide de la pertinence et prescrit l'examen.

Éléments Essentiels d'une Demande d'Examen

  • Justification de l'examen :

    • Historique de la maladie.

    • Question clinique précise : "Est-ce que l'examen peut apporter son aide ?", "Est-ce que cela va changer la prise en charge ?".

  • Informations Patient :

    • Données administratives : nom, prénom, date de naissance.

    • Éléments médicaux : traitements en cours, allergies, grossesse.

    • Urgence de l'examen.

    • Mentions d'examens similaires antérieurs pour comparaison.

  • Coordonnées du demandeur pour discussion si nécessaire.

Le Compte-Rendu d'Examen

Le radiologue ou médecin nucléaire rédige un compte-rendu suite à l'examen, lequel doit contenir des éléments réglementaires et cliniques.

Contenu du Compte-Rendu

  • Identification du patient (nom, prénom, date de naissance).

  • Type d'examen réalisé (modalité, machine).

  • Motif de l'examen.

  • Données dosimétriques (si irradiation).

  • Description complète et détaillée des résultats.

  • Conclusion synthétique répondant à la question posée.

  • Hypothèses diagnostiques.

  • Propositions de prise en charge éventuelles.

Le compte-rendu est le plus souvent communiqué au médecin demandeur pour la suite de la prise en charge, mais peut aussi être fourni directement au patient.

Radiologie Standard : Bases Physiques

Origine et Principe

La radiologie est l'exploration des structures internes du corps basée sur la différence d'atténuation des rayons X lors de leur transmission à travers les tissus. Découverte par W. Roentgen en 1895.

Formation des Rayons X

  1. Un tube à rayons X est une ampoule sous vide.

  2. Une cathode (filament de tungstène) est chauffée, libérant des électrons.VD X

  3. Ces électrons sont accélérés vers une anode (cible métallique) par une différence de potentiel (U).

  4. En frappant l'anode, les électrons génèrent des rayons X (essentiellement des rayons X de freinage et quelques raies de fluorescence).

Le flux total de rayons X () est proportionnel au nombre d'électrons libérés (intensité I), à la densité du matériau de l'anode (Z), et au carré de la différence de potentiel (U).

  • : Facteur de proportionnalité (constante).

  • : Intensité du courant (mA), qui détermine le nombre d'électrons et de rayons X.

  • : Différence de potentiel (kV), qui détermine l'énergie cinétique des électrons et donc l'énergie des rayons X. Plus U est élevé, plus les rayons X sont énergétiques.

  • : Numéro atomique du matériau de l'anode.

Le rendement de production des rayons X est très faible (environ 1,5% pour le tungstène) ; la majeure partie de l'énergie est convertie en chaleur, nécessitant des systèmes de refroidissement (ex: anode tournante).

Atténuation des Rayons X et Contraste

Lorsqu'un faisceau de rayons X traverse le corps, il subit une atténuation variable selon l'épaisseur et la nature (densité) des tissus traversés. Ceci génère une image radiante (non visible).

  • : Quantité de rayons X après traversée.

  • : Quantité de rayons X avant traversée.

  • : Coefficient d'atténuation linéique (en cm-1), variant avec l'énergie des photons et la nature du tissu.

  • : Épaisseur du tissu traversé.

Pour différencier les tissus, il est crucial d'optimiser leurs différences de . Le contraste () dépend de l'énergie des rayons X et des coefficients d'atténuation.

(où et sont les intensités de rayonnement transmises par deux tissus différents).

Un bon contraste est obtenu lorsque la différence entre les valeurs d'atténuation est importante. Les faibles énergies (bas kV) sont utilisées pour mieux étudier le contraste, particulièrement pour des faibles épaisseurs de tissus (ex: mammographie à 20-30 keV contre 60-120 keV pour d'autres examens).

Contraste Naturel et Artificiel

Contraste Naturel

Les différences de densité importantes sont naturellement visibles :

  • Air (poumon) ↔ Équivalent eau (tissus mous) : bon contraste dans les poumons.

  • OsTissus mous : excellent contraste pour la radiologie osseuse.

Contraste Artificiel

Pour observer des structures peu contrastées naturellement, des produits de contraste sont utilisés.

  1. Diminution de la Densité (historique) :

    • Injection d'air (ex: encéphalographie gazeuse, lavement baryté en double contraste). Moins utilisées aujourd'hui.

  2. Augmentation de la Densité (augmentation de Z) :

    • Produits à base de Baryum : Utilisés pour le tube digestif (TOGD - Transit Oeso-Gastro-Duodénal, lavement baryté). Risque de toxicité en cas de fuite extra-digestive et de constipation (fécalome baryté) chez les sujets âgés.

    • Produits Iodés : Largement utilisés en raison de la densité élevée de l'iode. Peuvent être injectés dans diverses structures :

      • Voie vasculaire : Angiographie, artériographie (coronarographie), ventriculographie, phlébographie, lymphographie, urographie intraveineuse.

      • Autres structures : Arthrographie (articulations), cystographie (vessie), radiculographie (autour de la queue de cheval).

Précautions avec les Produits de Contraste Iodés

  • Effets physiologiques courants : Bouffées de chaleur, goût métallique (hyperosmolarité).

  • Risques allergiques : Peuvent aller de réactions cutanées à des réactions graves (Œdème de Quincke, décès). Il ne s'agit pas d'une allergie à l'iode, mais au produit de contraste iodé lui-même.

  • Insuffisance rénale : Risque d'aggravation. Une estimation du débit de filtration glomérulaire (DFG) par dosage de la créatinine est systématiquement réalisée avant injection. Si DFG < 60 mL/min, des précautions sont prises ou l'injection est contre-indiquée.

  • Diabète : Arrêt de la metformine après injection.

  • Hyperthyroïdie : Charge iodée importante peut altérer la fonction thyroïdienne et déclencher une hyperthyroïdie, en particulier chez les patients fragiles. Saturation thyroïdienne en iode pendant plusieurs semaines.

  • Produits iodés hydrosolubles oraux : Utilisés en cas de suspicion de fuite digestive où les produits barytés sont contre-indiqués.

Flou et Qualité d'Image en Radiologie

Différents facteurs peuvent entraîner un flou sur une image radiologique :

  • Rayons X diffusés : Certains rayons, en diffusant dans toutes les directions, réduisent la qualité de l'image. Des grilles antidiffusion sont utilisées pour filtrer ces rayons et ne laisser passer que ceux dans l'axe de la source. La grille se déplace légèrement pendant l'examen pour ne pas apparaître sur l'image.

  • Source non ponctuelle : La source de rayons X n'étant pas parfaitement ponctuelle, elle peut créer un léger flou.

  • Mouvement du patient : Le mouvement (même respiratoire ou cardiaque) pendant l'examen peut entraîner un flou de mouvement. Le patient est souvent invité à bloquer sa respiration.

Formation de l'Image Visuelle

Film Radiographique 'Argentique' (Historique)

L'image est formée par une réaction d'oxydoréduction de cristaux de bromure d'argent (BrAg). La taille des cristaux module la finesse et la sensibilité du film. Les zones blanches ("opacités") et noires ("clartés") correspondent respectivement à une forte et une faible atténuation des rayons X. La courbe de réponse du film étant non linéaire, une adaptation de l'exposition est nécessaire.

Radioscopie et Amplificateur de Brillance

La radioscopie dirige les rayons X sur un écran fluorescent (sulfure de zinc-cadmium) qui réémet de la lumière proportionnellement au flux incident. Historiquement, elle causait une irradiation inadmissible et est aujourd'hui interdite sous cette forme.

L'amplificateur de brillance est une amélioration : les rayons X sont dirigés vers un écran primaire (luminophore), puis une photocathode convertit les photons lumineux en électrons accélérés vers un écran fluorescent de sortie. Cela permet une réduction d'irradiation jusqu'à 1000 fois pour un même type d'image, bien que la dose reste non négligeable.

Imagerie Numérique

Aujourd'hui, les systèmes sont numérisés. Les rayons X perturbent l'écran, créant des paires trou/électron. L'intensité du rayon X est proportionnelle au nombre de "trous" créés. Des capteurs numériques permettent de réinitialiser la plaque pour la réutiliser.

  • Une image numérique est composée de pixels (en 2D) ou de voxels (en 3D).

  • Chaque pixel est codé en niveau de gris, puis potentiellement en échelle de couleur artificielle.

  • Les images sont stockées numériquement et peuvent être échangées grâce à la norme DICOM (Digital Imaging and Communication in Medicine) et stockées sur des PACS (Picture Archiving and Communication System).

L'amélioration de l'informatique a permis une visualisation nettement supérieure des images, notamment pour les scanners.

Considérations Géométriques en Radiologie

1. Déformation de l'Image : l'Agrandissement

La source de rayons X est considérée comme ponctuelle. Un objet non ponctuel verra son image agrandie sur le film, d'autant plus que l'objet est éloigné du film. Pour minimiser cette déformation et obtenir une plus grande précision, il faut rapprocher au maximum l'objet du film.

La téléradiographie consiste à éloigner la source de l'objet pour obtenir des rayons plus parallèles, réduisant ainsi l'agrandissement et les déformations, utile pour des mesures précises (ex : hauteur de membres).

Il existe aussi des déformations selon l'axe : un cercle au centre de l'image apparaîtra rond, tandis que des cercles latéraux peuvent être elliptiques.

2. Superposition des Différents Plans et Signe de la Silhouette

Sur une radiographie planaire, différentes structures peuvent se superposer. Le signe de la silhouette permet de déterminer si deux structures de même densité sont dans le même plan ou non :

  • Si leurs bords s'effacent sur l'image : elles sont dans le même plan.

  • Si leurs bords sont visibles : elles sont dans des plans différents (l'une est devant ou derrière l'autre).

La visualisation de profil (radiographie latérale) permet de situer plus précisément des structures dans le plan sagittal.

Indications de la Radiologie Standard

  • Radiologie ostéoarticulaire.

  • Radiologie thoracique.

  • Radiologie digestive (bien que l'endoscopie remplace de plus en plus les examens digestifs standards).

  • Sénologie (mammographie).

  • Radiologie interventionnelle : aspect thérapeutique (pose de stents, traitement d'anévrismes, injections de chimiothérapie). Le radiologue n'est plus seulement un diagnosticien, mais aussi un thérapeute.

  • Radiologie vasculaire.

La radiologie interventionnelle est thérapeutique, les autres examens radiologiques sont généralement de première intention. L'évolution tend vers l'imagerie en coupe (TDM) pour une meilleure résolution et moins de flou.

Tomographie et Scanner (TDM)

Tomographie Conventionnelle (Historique)

La tomographie permet d'explorer des plans de coupe en mouvement simultané du foyer et de la plaque. Un seul plan est net, les autres deviennent flous. Cette technique a été transitoire avant l'arrivée du scanner.

Scanographie ou Tomodensitométrie (TDM)

Le terme scanner est courant, mais l'appellation officielle est scanographie ou tomodensitométrie (TDM), car elle implique la mesure (-métrie) de la densité (-densito-) en coupe (tomo-).

Développée par Mr. Hounsfield (Prix Nobel 1979), elle utilise un tube à rayons X monté sur un anneau mobile (rotor), tandis que le reste de l'appareil (stator) reste fixe.

Elle produit une image indirecte de coupe de l'objet, reconstruite en mode matriciel à partir de profils densitométriques enregistrés et traités par ordinateur.

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