Évaluation Neuropsychologique : Processus et Domaines Clés

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L'évaluation neuropsychologique est un processus détaillé qui vise à comprendre le fonctionnement cognitif d'un individu. Elle comprend plusieurs étapes, de l'analyse de la demande initiale à la restitution des résultats, en passant par des entretiens cliniques et la passation de tests standardisés. Différents domaines cognitifs, tels que la mémoire, le langage, les fonctions exécutives et les gnosies visuelles, sont explorés pour identifier les forces et les faiblesses du patient. L'objectif est d'aider au diagnostic, d'orienter la prise en charge et d'améliorer la qualité de vie.

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Question
Quel est l'un des déficits fréquemment observés dans un trouble de la mémoire épisodique, selon le document ?
Réponse
Une altération de la récupération des informations (rappel libre et indicé), ainsi qu'une reconnaissance des informations difficiles à produire, sont des déficits fréquemment observés dans un trouble de la mémoire épisodique.
Question
Quel est l'un des objectifs fondamentaux de l'évaluation neuropsychologique concernant le fonctionnement de la personne ?
Réponse
Identifier les perturbations cognitives et comportementales, leur intensité, leurs conséquences quotidiennes, et les fonctions préservées.
Question
Quel est l'exemple d'une tâche de dénomination visuelle ?
Réponse
Un exemple de tâche de dénomination visuelle est de montrer une image d'un animal, comme un chameau, et de demander à la personne de nommer ce qu'elle voit. Cela implique le traitement visuel, l'accès à la mémoire sémantique, la recherche lexicale et la production orale.
Question
Quel est l'un des bénéfices pour le patient d'une restitution orale de l'évaluation neuropsychologique ?
Réponse
La restitution orale aide le patient et ses proches à comprendre les résultats, les forces et faiblesses, et leurs implications quotidiennes. Elle permet aussi de discuter des recommandations.
Question
Quel modèle décrit les différentes étapes de la reconnaissance des visages ?
Réponse
Le modèle de Bruce et Young (1986) décrit les différentes étapes de la reconnaissance des visages, incluant l'encodage structural des traits et la formation d'une représentation unique.
Question
Qu'est-ce qu'un score est considéré comme anormal dans l'évaluation du fonctionnement cognitif général ?
Réponse
Un score est considéré comme anormal lorsqu'il se situe dans les 5 % les plus extrêmes de l'étalonnage.
Question
Quelle est la définition d'une agnosie visuelle ?
Réponse
L'agnosie visuelle est la perte de la capacité à reconnaître un stimulus visuel malgré un système sensoriel préservé, excluant les déficits primaires, de langage ou intellectuels globaux.
Question
Quelle épreuve du MoCA évalue la flexibilité mentale et l'alternance conceptuelle ?
Réponse
L'épreuve du Trail Making Test (TMT), spécifiquement la partie B, évalue la flexibilité mentale et l'alternance conceptuelle en demandant d'alterner chiffres et lettres.
Question
Selon l'article 22 du Code de déontologie, comment le psychologue doit-il émettre ses conclusions ?
Réponse
Le psychologue doit émettre des conclusions contextualisées et non réductrices concernant les ressources psychologiques et psychosociales. Il doit aussi les présenter de façon claire et adaptée à la personne concernée.
Question
Quel est le but de la cohorte CONSTANCES ?
Réponse
La cohorte CONSTANCES vise à étudier les déterminants de la santé et des maladies tout au long de la vie, en suivant un large échantillon de volontaires sur le long terme. Quarante-cinq ans et plus, un bilan cognitif est proposé pour détecter les modifications liées à l'âge.
Question
Combien de systèmes de mémoire sont généralement distingués dans le modèle de la mémoire ?
Réponse
Il existe 5 systèmes de mémoire généralement distingués : la mémoire à court terme/de travail, la mémoire à long terme (déclarative et non déclarative), la mémoire procédurale, la mémoire perceptive, la mémoire sémantique et la mémoire épisodique.
Question
Quel processus de la mémoire repose sur les réseaux fronto-pariétaux et conditionne la qualité de la mémorisation ?
Réponse
Le processus d'encodage en mémoire à court terme, qui repose sur les réseaux fronto-pariétaux et conditionne la qualité de la mémorisation, implique un contrôle attentionnel et la mémoire de travail.
Question
Quelles sont les trois étapes de la mémorisation analysées par le California Verbal Learning Test (CVLT) ?
Réponse
Le California Verbal Learning Test (CVLT) analyse trois étapes de la mémorisation : l'encodage, le stockage et la récupération.
Question
Comment le psychologue établit-il une relation de confiance avec le patient lors de l'entretien clinique ?
Réponse
Le psychologue établit une relation de confiance en : - Laissant libre cours au discours du patient, le guidant si nécessaire, encourageant les patients silencieux et apaisant ceux qui sont hostiles. - Posant des questions ouvertes et fermées. - Informant le patient sur les objectifs, modalités et limites de l'intervention. - Favorisant sa coopération et réduisant son stress. - Accueillant toute question pour clarifier la demande et le déroulement de l'évaluation.
Question
Quel pourcentage des demandes de bilan neuropsychologique concerne l'aide à la détermination du diagnostic ?
Réponse
70,7% des demandes de bilan neuropsychologique concernent l'aide à la détermination du diagnostic.
Question
Quelle est la durée typique de passation de l'échelle de démence de Mattis (DRS) ?
Réponse
La durée typique de passation de l'échelle de démence de Mattis (DRS) est de 20 à 40 minutes.
Question
Quel est le nom de la première étape des traitements associatifs dans le modèle de reconnaissance des visages de Bruce et Young (1986) ?
Réponse
L’encodage structural, qui analyse les caractéristiques physiques du visage pour créer une représentation perceptive stable.
Question
Quel est le test utilisé pour évaluer la vitesse de traitement de l'information et l'attention soutenue dans la cohorte CONSTANCES ?
Réponse
Le Code de Wechsler, qui évalue la vitesse de traitement de l'information, l'attention soutenue et la coordination visuo-motrice.
Question
Quel est l'un des rôles de l'évaluation neuropsychologique dans l'élaboration du diagnostic ?
Réponse
L'évaluation neuropsychologique participe à l'élaboration du diagnostic en identifiant les perturbations cognitives et comportementales, leurs intensités et leurs conséquences.
Question
Comment l'évaluation neuropsychologique se réalise-t-elle selon le document ?
Réponse
L'évaluation neuropsychologique se réalise selon une démarche hypothético-déductive, croisant l'analyse de l'anamnèse, l'observation clinique, les examens antérieurs et des outils d'évaluation standardisés et validés psychométriquement, adaptés aux capacités du patient.
Question
Quelle est la première étape d'une évaluation neuropsychologique par étapes ?
Réponse
L'étape initiale d'une évaluation neuropsychologique est l'analyse de la demande, qui implique de comprendre qui a demandé l'évaluation et pourquoi, afin de recueillir des informations précises sur les difficultés rencontrées.
Question
Selon le modèle d'exemple fourni, quels sont les processus cognitifs sollicités par l'image d'un chameau ?
Réponse
Le processus cognitif débute par l'analyse perceptive visuelle, suivie de la reconnaissance visuelle de l'objet. Ensuite, la mémoire sémantique est activée, puis les fonctions exécutives initient la recherche lexicale, aboutissant à l'encodage phonologique et à la production orale du mot.
Question
Qu'est-ce qu'un trouble cognitif selon la définition fournie ?
Réponse
Un trouble cognitif est une altération, quelle qu'en soit l'origine, d'une ou plusieurs fonctions cognitives. Cet état peut varier en gravité et en évolution, touchant tous les âges.
Question
Quels sont quelques exemples de causes de troubles cognitifs mentionnées dans le texte ?
Réponse
Les causes de troubles cognitifs incluent les troubles neurodéveloppementaux, l'épilepsie, les intoxications, les affections ou lésions cérébrales, les maladies génétiques et les maladies neurodégénératives.
Question
Quel est l'un des objectifs de l'évaluation du fonctionnement cognitif général ?
Réponse
L'évaluation du fonctionnement cognitif général permet d'obtenir une idée globale du niveau de détérioration ou de fonctionnement adéquat, d'évaluer l'autonomie et de mettre en perspective des résultats plus spécifiques.
Question
Quelle échelle de démence comprend 37 items répartis en 5 domaines ?
Réponse
L'échelle de démence de Mattis comprend 37 items répartis en 5 domaines et évalue l'attention, l'initiation verbale et motrice, la construction, la conceptualisation et la mémoire.
Question
Quel test est un outil de repérage rapide des altérations cognitives, selon le texte ?
Réponse
Le Mini Mental State Examination (MMSE) est un outil de repérage rapide des altérations cognitives.
Question
Quelle est la distinction principale entre les types de fluences verbales évaluées ?
Réponse
La distinction principale réside dans la nature des entrées (modalité sensorielle, type d'information) et des sorties demandées au patient (réponses verbales, motrices, graphiques).
Question
Quelle est une caractéristique de la maladie d'Alzheimer observable avec le CVLT ?
Réponse
La maladie d'Alzheimer se caractérise par un effondrement des performances en rappel libre, une aide insuffisante de l'indicage, une performance affaiblie en rappel total, et la production de faux souvenirs spontanés ou provoqués.
Question
Quel est l'objectif principal de l'évaluation neuropsychologique chez l'adulte ?
Réponse
L'objectif est d'identifier les perturbations cognitives et comportementales, leur intensité, leurs conséquences quotidiennes, ainsi que les fonctions préservées, pour participer au diagnostic et orienter la prise en charge.
Question
Quel est l'exemple donné pour illustrer la nécessité de préciser les difficultés évoquées par un patient ?
Réponse
L'exemple donné est celui d'une personne qui affirme ne plus réussir à dire « le nom des choses », ce qui amène à se demander si elle connaît le mot, si elle bloque, ou si c'est une question de mémoire ou de reconnaissance d'image.
Question
En quoi l'anosognosie se manifeste-t-elle, selon l'exemple donné ?
Réponse
Un patient hémiplégique affirme pouvoir bouger son bras paralysé.
Question
Que n'est pas une évaluation neuropsychologique, au-delà de la simple passation de tests standardisés ?
Réponse
Une évaluation neuropsychologique va au-delà de la simple passation de tests standardisés. Elle inclut une analyse approfondie de la demande, un entretien clinique, la collecte d'informations (anamnèse), l'observation clinique, et une restitution orale et écrite des résultats. Ces étapes, combinées à l'expertise du psychologue, sont cruciales pour comprendre le fonctionnement cognitif global de la personne.
Question
Quelles sont les trois caractéristiques principales qu'un compte-rendu doit avoir ?
Réponse
Un compte-rendu doit être précis, concis, compréhensible, apporter des réponses claires aux questions posées, et mettre en avant les ressources et capacités adaptatives du patient.
Question
Quel est le score maximal du MoCA et le seuil pathologique suggéré ?
Réponse
Le score maximal du MoCA est de 30 points. Un score inférieur à 26/30 suggère une atteinte cognitive.
Question
Quel article du Code de déontologie des psychologues traite du consentement libre et éclairé ?
Réponse
L’article 9 du Code de déontologie des psychologues traite du consentement libre et éclairé, informant sur les objectifs, modalités et limites de l'intervention.
Question
Pourquoi l'ordre de passation des épreuves est-il important lors d'une évaluation neuropsychologique ?
Réponse
L'ordre de passation des épreuves tient compte de la fatigabilité, de l'état émotionnel, de la motivation et de la coopération du patient, car ces facteurs influencent directement les scores obtenus et l'interprétation des résultats.
Question
Quelle est l'une des limites du MMSE mentionnée dans le document ?
Réponse
Le MMSE est peu sensible aux troubles neurocognitifs légers et n'évalue pas les fonctions exécutives. Son score est également influencé par l'âge, le sexe et le niveau de scolarité.
Question
Quelle est la première partie minimale d'un compte-rendu écrit de l'évaluation ?
Réponse
La première partie minimale d'un compte-rendu écrit est la présentation du patient et la question qui a motivé l'examen.
Question
Quelles sont les cinq domaines évalués par l'échelle de démence de Mattis ?
Réponse
L'échelle de démence de Mattis évalue l'attention, l'initiation verbale et motrice, la construction, la conceptualisation et la mémoire.

Examen Neuropsychologique de l'Adulte : Principes, Détail des Évaluations et Protocoles

L'examen neuropsychologique de l'adulte est une démarche clinique structurée visant à évaluer de manière approfondie les fonctions cognitives et comportementales, leurs altérations et leurs répercussions sur la vie quotidienne. Il ne se limite pas à la simple passation de tests, mais intègre une analyse complexe de la demande, un entretien clinique approfondi et une interprétation contextualisée des résultats. Cet examen est crucial pour la compréhension du fonctionnement de la personne, l'aide au diagnostic, l'orientation de la prise en charge et la reconnaissance de situations de handicap invisible.

Principes de l'Évaluation Neuropsychologique

L'évaluation neuropsychologique a pour but de comprendre le fonctionnement cognitif et comportemental d'une personne, en identifiant les forces et les faiblesses. Elle s'inscrit dans un processus clinique rigoureux.

Pourquoi évaluer les fonctions cognitives ?

Les fonctions cognitives sont des processus mentaux interreliés qui sous-tendent la pensée et le comportement. Un trouble cognitif désigne une altération d'une ou plusieurs de ces fonctions, quelle que soit son origine (neurodéveloppementale, lésion cérébrale, maladie neurodégénérative, intoxications, épilepsie, maladies génétiques, etc.). Ces troubles ont un impact majeur sur l'autonomie et la qualité de vie, constituant souvent un handicap invisible. L'anosognosie, définie comme l'absence de conscience d'un trouble, complique parfois cette réalité. L'évaluation vise à:
  • Identifier les perturbations cognitives et comportementales, leur intensité et leurs conséquences quotidiennes.
  • Identifier les fonctions cognitives préservées pour s'appuyer dessus dans la rééducation.
  • Participer à l'élaboration du diagnostic et au suivi de l'évolution.
  • Orienter la prise en charge, le projet de soins et faciliter la reconnaissance du handicap.

L'imagerie cérébrale et l'évaluation neuropsychologique sont complémentaires mais ne sont pas interchangeables.

L'évaluation neuropsychologique doit être menée par un psychologue clinicien formé en neuropsychologie, intégrant des compétences cliniques, relationnelles et éthiques. Elle n'est ni un jugement de valeur, ni une science exacte figée par des scores. L'une de ses fonctions importantes est de fournir une base pour la remédiation cognitive.

Les étapes de l'évaluation neuropsychologique

  1. Analyse de la demande : Comprendre qui demande l'évaluation (patient, proche, médecin, organisme assureur), et pourquoi. Le motif peut varier, allant de l'aide au diagnostic à l'évaluation des capacités au travail ou à l'orientation scolaire.
  2. Diagramme illustrant les étapes de l'évaluation neuropsychologique: Recueil de la demande, Entretien, Évaluation, Restitution, Prise en charge.
  3. Entretien clinique / Anamnèse : Il s'agit d'un entretien semi-dirigé mêlant questions ouvertes et fermées. Le psychologue recueille des éléments biographiques, l'historique des plaintes, des symptômes, des antécédents médicaux, et observe le fonctionnement psychologique du patient. L'objectif est d'établir une relation de confiance et de recueillir le consentement libre et éclairé (Code de déontologie des psychologues, Articles 9 et 12).
  4. Déroulement de l'évaluation : Elle suit une démarche hypothético-déductive. Après l'anamnèse et l'observation, le psychologue formule des hypothèses qui seront testées avec des outils d'évaluation validés.
  5. Diagramme de la démarche hypothético-déductive en évaluation: Hypothèse, Recueil d'informations, Analyse, Conclusion et décision.
  6. Choix des tests : La sélection des tests est guidée par la demande initiale et les hypothèses cliniques. Elle tient compte de la nature des informations à traiter (visuelle, auditive, kinesthésique), des fonctions cognitives sollicitées (attention, langage, mémoire, fonctions exécutives, gnosies, praxies, etc.) et des modalités de réponse attendues (graphique, orale, motrice). L'ordre de passation est adapté à la fatigabilité, à l'état émotionnel et à la motivation du patient.
  7. Diagramme des modalités et fonctions cognitives sollicitées lors du choix des tests neuropsychologiques.
  8. Restitution :
    • Orale : Entretien avec le patient et son entourage pour présenter le profil neuropsychologique, les forces et faiblesses, leurs implications quotidiennes, et discuter des recommandations et de la prise en charge. Elle favorise l'adaptation du patient et sa perception de soi.
    • Écrite : Rédaction d'un compte-rendu daté et signé, incluant la présentation du patient, la question initiale, les tests administrés et résultats, les résultats chiffrés et une conclusion synthétique. Ce compte-rendu doit être précis, clair, et mettre en avant les ressources adaptatives du patient. La transmission à des tiers est soumise au secret professionnel et à l'accord du patient.

Évaluation du Fonctionnement Cognitif Général

L'évaluation globale fournit une première indication sur le niveau de détérioration ou de fonctionnement adéquat, l'autonomie et permet de contextualiser les résultats des tests plus spécifiques. Elle utilise souvent des tests de dépistage rapides.

Tests de Dépistage des Troubles Neurocognitifs (TNC)

Les Troubles Neurocognitifs (TNC) correspondent à un déclin acquis, significatif et évolutif des capacités cognitives, souvent associés à des changements comportementaux ou de personnalité. Ils se distinguent en TNC légers (déclin modeste, autonomie préservée) et TNC majeurs (déclin significatif, autonomie altérée).

Quelques TNC majeurs incluent la maladie d'Alzheimer, les dégénérescences fronto-temporales, les syndromes parkinsoniens, et les troubles vasculaires.

Mini Mental State Examination (MMSE)

Développé par Folstein et al. (1975), le MMSE est un outil rapide évaluant l'orientation, la mémoire, l'attention, le calcul, le langage et les capacités visuo-constructives.

Avantages Limites
Dépistage des TNC majeurs Peu sensible aux TNC légers
Portrait sommaire de plusieurs domaines cognitifs Évalue peu les fonctions exécutives
Suivi de l'évolution dans le temps Score influencé par l'âge, le sexe, le niveau de scolarité
Sensible aux démences corticales (Maladie d'Alzheimer) Faux positifs chez les aphasiques, peu sensible aux atteintes frontales et sous-corticales
Montreal Cognitive Assessment (MoCA)

Développé par Nasreddine et al. (2005), le MoCA dépiste les atteintes neurocognitives légères à sévères. Score maximal de 30, avec un seuil pathologique < 26/30.

Exemple d'une feuille de test MoCA en français avec sections pour Visuospatial/Exécutif, Dénomination, Mémoire, Attention, Langage, Abstraction et Orientation.
Domaines cognitifs évalués Détail des épreuves
Visuospatial / Exécutif TMT (flexibilité mentale), Copie de cube (capacités visuo-constructives), Horloge (planification, organisation spatiale, numérique).
Dénomination Accès lexical, reconnaissance d'objets (ex: lion, rhinocéros, chameau).
Mémoire Encodage et rappel différé d'informations verbales.
Attention Mémoire des chiffres (mémoire de travail), Lettre "A" (concentration, attention soutenue), Soustractions (calcul mental).
Langage Répétition de phrases, Fluence verbale (flexibilité cognitive, accès lexical).
Abstraction Similarités (élaboration conceptuelle).
Rappel Encodage, stockage et récupération spontanée.
Orientation Orientation temporelle et spatiale.
Avantages Limites
Dépistage des TNC légers et majeurs Ne permet pas un diagnostic définitif
Portrait sommaire de plusieurs domaines cognitifs Score global sensible à l'âge, sexe, niveau de scolarité
Suivi longitudinal (versions parallèles) Faux-négatifs si niveau éducatif élevé, faux-positifs si faible
Évalue les fonctions exécutives
Échelle de démence de Mattis (DRS)

Développée par Mattis (1976), cette échelle comprend 37 items répartis en 5 domaines, évaluant notamment les fonctions exécutives. Durée de 20 à 40 minutes, score maximal de 144.

Domaines évalués Objectif Exemples d'épreuves
Attention Maintien attentionnel, mémoire de travail Attention auditive, empan de chiffres
Initiation verbale et motrice Fonctions exécutives frontales, flexibilité, planification Fluence verbale, initiation motrice (gestes séquentiels)
Construction Capacités visuospatiales et praxiques Copie de figures
Conceptualisation Raisonnement abstrait, capacités conceptuelles Similarités, catégorisation
Mémoire Mémoire à long terme, orientation Orientation spatio-temporelle, rappel libre, reconnaissance

Autres tests du fonctionnement cognitif (cohorte Constances)

Dans le cadre de la cohorte Constances (grande étude épidémiologique française), d'autres tests sont utilisés spécifiquement pour les participants de 45 ans et plus:

  • Trail Making Test (TMT A et B) : Mesure la vitesse de traitement, l'attention et la flexibilité mentale. Le TMT-A exige de relier des chiffres dans l'ordre (attention et vitesse), tandis que le TMT-B alterne chiffres et lettres (fonctions exécutives).
  • Code de Wechsler : Évalue la vitesse de traitement de l'information, l'attention soutenue et la coordination visuo-motrice.
  • Fluence verbale (phonémique et sémantique) : Mesure l'accès lexical et les fonctions exécutives. La phonémique demande de produire des mots commençant par une lettre (ex. "p"), la sémantique par une catégorie (ex. animaux).
  • RL-RL (Rappel Libre – Rappel Libre) : Test de mémoire épisodique verbale, évaluant l'apprentissage, le stockage et la récupération, particulièrement sensible aux atteintes mnésiques précoces dans les troubles neurodégénératifs.

Évaluation de la Mémoire

La mémoire est composée de systèmes multiples, et sa plainte est très fréquente. Le neuropsychologue doit différencier la plainte (ce que ressent le patient) des déficits objectifs mesurés par les tests.

Les systèmes de mémoire

Diagramme des cinq systèmes de mémoire, classés en mémoire à court terme/de travail et mémoire à long terme, cette dernière se divisant en non déclarative et déclarative, avec leurs sous-catégories.

Toute activité mnésique implique trois processus clés : encodage (dépend des réseaux fronto-pariétaux, attention et mémoire de travail), stockage (consolidation à long terme, régions temporales internes) et récupération (accès aux informations stockées, fonctions exécutives et mémoire de travail, réseaux fronto-pariétaux).

La plainte mnésique

Très fréquente (20-50% de la population), elle peut être liée au vieillissement normal, à une diminution des ressources attentionnelles (sommeil, anxiété, dépression), ou à une pathologie neurologique débutante. L'entretien clinique est essentiel pour préciser la plainte, les répercussions quotidiennes et le niveau de conscience des troubles (minimisation ou surestimation).

La plainte concerne souvent des petits ou grands événements quotidiens, des noms propres, et des difficultés d'apprentissage. Elle peut témoigner d'une atteinte de la mémoire à long terme ou de la mémoire de travail/attention.

Trouble de la mémoire de travail (MDT)

Fréquemment observé chez les cérébrolésés, en cas de maladies neurodégénératives ou de troubles neurodéveloppementaux. La plainte associée est une perte rapide d'information, des difficultés à suivre une conversation, à lire/comprendre, à faire des calculs mentaux, ou à gérer des tâches multiples.

L'évaluation classique implique des tâches d'empans (nombre d'éléments maximum rappelés correctement) :

  • MDT auditivo-verbale : Empan de chiffres, séquences lettres-chiffres (WAIS-IV).
  • MDT visuo-spatiale : Mémoire spatiale (blocs de Corsi, MEM-IV), mémoire visuelle (mémoire des symboles de la MEM-IV, par exemple "Addition spatiale").

Trouble de la mémoire épisodique

Les déficits sont souvent liés à des lésions de l'hippocampe, AVC, traumatismes crâniens, épilepsie temporale, ou maladies neurodégénératives.

De nombreux tests existent : CVLT, RL/RI 16, test des portes de Baddeley, 15 mots de Rey, figure complexe de Rey, RI-48, BEM 144, test de la ruche, subtests de la MEM-IV.

California Verbal Learning Test (CVLT)

Test standardisé (20-89 ans) évaluant la mémoire épisodique auditivo-verbale via deux listes de 16 mots (listes de courses). Il comprend :

  • Phase d'apprentissage : Rappel libre immédiat après écoute de la "liste du lundi" (5 essais).
  • Phase d'interférence : Écoute de la "liste du mardi", suivie de rappel libre.
  • Rappel libre et indicé : À court terme, puis à long terme (après 20 min de tâches non-verbales).
  • Reconnaissance : À long terme de la "liste du lundi".

Le CVLT permet d'analyser les caractéristiques de l'apprentissage (regroupements sémantiques, effets de récence et de primauté), les erreurs (persévérations, intrusions), et les mesures de reconnaissance. Il aide à identifier l'étape de mémorisation touchée :

  • Défaut d'encodage : Absence de facilitation par les indices, déficits de reconnaissance.
  • Défaut de stockage : Rappel immédiat préservé, mais rappel différé déficitaire (caractéristique de la Maladie d'Alzheimer, avec effondrement du rappel libre, aide insuffisante de l'indiçage, et faux souvenirs).
  • Défaut de récupération : Rappel libre déficitaire, mais rappel indicé et reconnaissance dans la norme (caractéristique de dégénérescences fronto-temporales, pathologies vasculaires, psychiatriques, démence à corps de Lewy).

Trouble de la mémoire sémantique

Se manifeste par une difficulté à identifier des objets et des personnes, indépendamment de la modalité sensorielle. Il est caractérisé par un effet de fréquence (perte des connaissances spécifiques avant les générales) et est typique de la démence sémantique, mais aussi observable à des stades avancés de la maladie d'Alzheimer.

L'évaluation s'appuie sur des épreuves langagières (DO-80, Boston Naming Test, fluences verbales, lecture de mots irréguliers) et des batteries spécifiques comme la BECS-GRECO (Merck et al., 2011) qui explore les connaissances conceptuelles générales via la dénomination orale, le questionnaire sémantique, et l'appariement. Des tests sur les entités uniques (CELEB, GRETOP) évaluent la reconnaissance de familiarité et l'accès aux connaissances biographiques.

Évaluation de la mémoire procédurale

Rarement explorée de manière standardisée, elle est plus complexe (apprentissages moteurs/gestuels, habitudes). Les évaluations écologiques (observation dans les activités quotidiennes) sont privilégiées pour apprécier le maintien des automatismes.

Objectifs face à une plainte mnésique

L'évaluation vise à comprendre les processus qui entravent la mémorisation et à caractériser le phénotype clinique (qui, avec l'imagerie cérébrale et les biomarqueurs, aide au diagnostic). Elle cherche à :

  1. Identifier le(s) système(s) mnésique(s) dysfonctionnel(s).
  2. Préciser les processus et mécanismes altérés au sein de ces systèmes (ex: administrateur central de la MDT, encodage/stockage/récupération de la mémoire épisodique, stock sémantique).
  3. Évoquer les hypothèses diagnostiques et les phénotypes cliniques possibles.
  4. Apprécier la conscience des troubles.
  5. Évaluer le retentissement sur l'autonomie.
  6. Établir le profil neuropsychologique.
  7. Orienter la prise en charge (stimulation cognitive, soutien aux aidants).

Le soutien aux aidants est fondamental, car la maladie affecte profondément le quotidien et nécessite une adaptation de l'entourage.

Évaluation des Agnosies Visuelles

Une agnosie est la perte de la capacité à reconnaître un stimulus de l'environnement suite à une lésion cérébrale, malgré la préservation des systèmes sensoriels élémentaires. Les agnosies visuelles sont les plus fréquentes.

Définition et types d'agnosies visuelles

Le diagnostic d'agnosie exclut un déficit sensoriel primaire, un trouble du langage ou un déficit intellectuel global. Elles peuvent concerner :

  • Agnosie des objets
  • Prosopagnosie (visages)
  • Achromatopsie cérébrale (couleurs)
  • Alexie (mots)
  • Akinétopsie (mouvement)
  • Topographagnosie (lieux)
  • Simultanagnosie (perception simultanée de plusieurs éléments)

Aspects anatomo-fonctionnels et étiologies

Le traitement visuel repose sur deux voies corticales :

  • Voie occipito-temporale (ventrale, "quoi") : Identification des objets et visages.
  • Voie occipito-pariétale (dorsale, "où / comment") : Traitement spatial et visuo-moteur.

Les agnosies résultent souvent d'une atteinte cérébrale acquise (traumatisme crânien, AVC, tumeur, anoxie cérébrale, maladie neurodégénérative).

Modèle de Humphreys et Riddoch (1987) pour l'agnosie des objets

Ce modèle décrit les étapes du traitement visuel :

  1. Traitement sensoriel : Stimulus traité par la rétine et les aires visuelles.
  2. Traitement perceptif :
    • Précoce : Analyse des caractéristiques visuelles élémentaires (lignes, courbes).
    • Intermédiaire : Combinaison de caractéristiques pour une description structurale, segmentation figure/fond.
    • Tardif : Représentation tridimensionnelle de l'objet, indépendante du point de vue.
  3. Traitement associatif : Comparaison de la représentation perceptive avec les pictogènes (représentations structurales stockées) pour activer le concept sémantique et le lexique phonologique.

Un déficit à une étape affecte les suivantes. Cela mène à deux formes principales d'agnosie des objets :

  • Agnosie aperceptive : Incapacité à construire une représentation perceptive correcte (agnosie de la forme, intégrative, de transformation). Plus fréquente et sévère, liée aux lésions occipito-temporales bilatérales, gyri fusiformes et linguaux.
  • Agnosie associative : Représentation perceptive correcte, mais incapacité à l'associer à sa signification (perte de représentations structurales, déficit d'accès sémantique, agnosie asémantique). Liée aux lésions occipito-temporo-pariétales, souvent dans l'hémisphère gauche.

Évaluation des agnosies visuelles

L'objectif est d'identifier le niveau précis du déficit. Il faut d'abord vérifier l'absence de troubles visuels élémentaires et l'intégrité du langage. Puis déterminer si le trouble est spécifique à la modalité visuelle.

  • Traitements perceptifs précoces : Tâches d'appariement perceptif (formes géométriques simples).
  • Traitements perceptifs intermédiaires : Tâches de discrimination figure/fond (tests des figures enchevêtrées, test de Thurstone).
  • Tableau de modèles visuels complexes utilisés pour évaluer les traitements perceptuels intermédiaires.
  • Traitements perceptifs tardifs : Tâches d'appariement d'objets sous angles inhabituels (Birmingham Object Recognition Battery - BORB).
  • Représentations structurales : Décision d'objet (existe ou non), dessin de mémoire, complétion d'objet.
  • Connaissances sémantiques : Tâches d'appariement fonctionnel ou catégoriel.

Des batteries standardisées existent : PEGV (Agniel, 1992), BORB (Riddoch et Humphreys, 1993), VOSP (évalue voies ventrale et dorsale).

Cas particulier : la prosopagnosie

Trouble spécifique de la reconnaissance des visages familiers. Bases neuroanatomiques : lésions occipito-temporales inférieures (gyrus fusiforme, cortex occipital inférieur, sillon temporal supérieur). Souvent liée à un AVC de l'artère cérébrale postérieure droite.

Diagramme de l'anatomie des artères cérébrales.

Le modèle de Bruce et Young (1986) décrit la reconnaissance des visages :

  1. Encodage structural : Analyse des caractéristiques physiques (globales puis fines) pour une représentation perceptive stable. L'évaluation se fait par l'estimation de l'âge/sexe, ou le Benton Facial Recognition Test.
  2. Unités de reconnaissance faciale (URF) : Déterminent la familiarité du visage par comparaison avec les représentations stockées. Le Cambridge Face Memory Test (Duchaine & Nakayama, 2006) évalue cette capacité de reconnaissance des visages à travers des épreuves d'apprentissage et d'identification avec différentes conditions (identiques, différentes, bruit visuel).
  3. Infographie sur le Cambridge Face Memory Test, décrivant la mémorisation de visages et les tests d'identification dans diverses conditions.
  4. Nœuds d'identité des personnes (NIP) : Activés si le visage est familier, ils donnent accès aux informations sémantiques et épisodiques sur la personne. La batterie CELEB (Busigny et al., 2014) évalue l'accès aux informations sur les célébrités (dénomination, description sémantique, désignation, questions de connaissances). Une évaluation des connaissances sémantiques par modalité non visuelle (à partir du nom) est également possible.

Évaluation du Langage et des Apraxies

L'évaluation du langage vise à déterminer l'existence et la nature d'un trouble aphasique, en explorant toutes les modalités du langage.

Définition de l'aphasie et diagnostics différentiels

Une aphasie est un trouble acquis du langage, suite à une atteinte neurologique cérébrale, altérant la production et/ou la compréhension du langage (oral, écrit, lecture, écriture). Ce n'est pas un trouble intellectuel. Il est crucial d'éliminer les déficits sensoriels, les dysfonctionnements des organes phonatoires, les troubles du développement du langage ou les états confusionnels qui peuvent simuler une aphasie.

Les étiologies principales sont les AVC, tumeurs cérébrales, traumatismes crâniens, et maladies neurodégénératives (ex: aphasie primaire progressive). Les lésions concernent généralement l'hémisphère gauche.

Syndromes aphasiques classiques

La classification repose sur la fluence du discours, la compréhension et la répétition.

  • Aphasie non fluente de Broca (motrice) : Lésion frontale inférieure gauche. Discours non fluent, débit ralenti, élocution laborieuse, prosodie altérée, paraphasies phonémiques, difficultés de répétition et de dénomination. Langage télégraphique. Compréhension relativement préservée pour les phrases simples, troubles de l'écriture (agraphie).
  • Aphasie fluente de Wernicke (sensorielle) : Atteinte temporale postérieure gauche. Discours fluent, parfois logorrhéique mais peu informatif. Paraphasies phonémiques et sémantiques, néologismes. Compréhension sévèrement perturbée. Anosognosie fréquente.

Les outils d'évaluation standardisés sont souvent longs, utilisés en orthophonie. Avant leur utilisation, l'observation du langage spontané lors de l'entretien clinique est primordiale.

Diagramme illustrant l'évaluation de l'expression et de la compréhension orale, de l'observation du langage spontané aux tests standardisés.

Évaluation de l'expression orale et écrite

  • Expression spontanée : Observation de la fluence, richesse informative, organisation syntaxique, manque du mot, paraphasies, stratégies compensatoires.
  • Praxies bucco-faciales : Détection d'apraxie bucco-faciale (ouvrir la bouche, tirer la langue, siffler).
  • Automatismes verbaux : Jours de la semaine, mois de l'année, suite numérique (souvent mieux préservés que le langage volontaire).
  • Répétition : De mots, pseudo-mots, phrases (analyse des omissions, substitutions, déformations phonémiques).
  • Dénomination d'images : Retrouver le mot correspondant à une image (tests DO-80, BARD, BECS, LEXIS, Boston Naming Test).
  • Exemple d'images d'objets et d'animaux utilisés pour la dénomination.
  • Fluences verbales : Lexicales (mots par lettre) et catégorielles (mots par catégorie).
  • Écriture : Écriture spontanée, dictée, copie (formation des lettres, fluidité, erreurs, jargon écrit, micrographie).

Évaluation de la compréhension orale et de la lecture

  • Compréhension orale : Tâches sans production verbale (exécuter des ordres). Tests : BDAE, Token Test, MT-86.
Token Test

Explore la compréhension syntaxique et lexicale. Le patient exécute 36 ordres de complexité croissante avec 20 jetons de différentes formes, tailles et couleurs. Extrêmement sensible aux troubles de compréhension syntaxique.

Infographie sur le Token Test, montrant les jetons et des exemples d'ordres de difficulté croissante.

La Batterie d'Évaluation de la Compréhension Syntaxique (BCS) évalue également les structures grammaticales complexes.

  • Lecture : Évaluation de la lecture à voix haute de mots réguliers, mots irréguliers, pseudo-mots, phrases et textes.
Mots réguliers Mots irréguliers Pseudo-mots
table femme tolape
tomate monsieur peurbe
banane oignon latime

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