Électrophysiologie Cardiaque : Potentiel d'Action et Conduction

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Ce document détaille l'électrophysiologie cardiaque, incluant le potentiel d'action, la conduction, le couplage excitation-contraction et la régulation nerveuse.

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Question
Quelles sont les trois parties fondamentales de l'appareil cardiovasculaire?
Réponse
L'appareil cardiovasculaire est composé de trois parties fondamentales : le cœur, les vaisseaux sanguins et le sang.
Question
Quel est le rôle principal du cœur dans l'appareil cardiovasculaire?
Réponse
Le cœur agit comme une pompe, propulsant le sang dans tout l\'appareil cardiovasculaire pour approvisionner les tissus.
Question
Quel est le rôle des vaisseaux sanguins?
Réponse
Les vaisseaux sanguins sont les voies de communication par lesquelles le sang circule du cœur vers les tissus et y revient.
Question
Qu'est-ce que le cycle cardiaque?
Réponse
Le cycle cardiaque représente l'ensemble des phénomènes mécaniques et électriques qui surviennent entre deux contractions cardiaques successives, incluant la systole (contraction) et la diastole (relaxation).
Question
Quel est le rôle des cellules conductrices ou cardionectrices?
Réponse
Les cellules conductrices ou cardionectrices sont capables de se dépolariser spontanément et de transmettre rapidement cette dépolarisation, formant ainsi le tissu de conduction cardiaque.
Question
Quel est le rôle des cellules contractiles?
Réponse
Les cellules contractiles sont les cellules prédominantes du myocarde et sont responsables de la contraction du cœur.
Question
Quels sont les trois types de cellules individualisables dans le myocarde?
Réponse
Il existe trois types de cellules dans le myocarde : les cellules contractiles, les cellules conductrices (cardionectrices) et les cellules myoendocrines.
Question
Quel est le rôle des cellules myoendocrines?
Réponse
Les cellules myoendocrines, situées principalement dans le tissu auriculaire, sécrètent des facteurs natriurétiques et participent à la régulation de l'équilibre sodique.
Question
Quel est le rôle du sang?
Réponse
Le sang est un milieu liquide dans lequel sont transportés des matériaux (O2, CO2, nutriments, déchets,...) et des cellules.
Question
Qu'est-ce que l'excitabilité des cellules myocardiques?
Réponse
L'excitabilité des cellules myocardiques est leur capacité à répondre à une stimulation par une dépolarisation, pouvant mener à une contraction.
Question
Quel est le potentiel de repos transmembranaire pour une cellule ventriculaire?
Réponse
Le potentiel de repos transmembranaire pour une cellule ventriculaire est d'environ -80 mV.
Question
Quelles sont les deux phases du cycle cardiaque?
Réponse
Le cycle cardiaque comprend deux phases principales : la systole (contraction) et la diastole (relaxation).
Question
Quelles sont les quatre phases du PA des cellules à dépolarisation rapide?
Réponse
Les quatre phases du potentiel d'action des cellules à dépolarisation rapide sont : la phase 0 (dépolarisation rapide), la phase 1 (début de repolarisation), la phase 2 (plateau) et la phase 3 (repolarisation rapide).
Question
Quels sont les deux grands types de PA cardiaques?
Réponse
Il existe deux grands types de potentiels d'action cardiaques : ceux des cellules à dépolarisation rapide (myocarde ventriculaire et atrial, faisceau de His, réseau de Purkinje) et ceux des cellules à dépolarisation lente (nœuds sinusal et auriculoventriculaire).
Question
Quel événement caractérise la phase 2 (plateau) du PA rapide?
Réponse
La phase 2 du PA rapide est caractérisée par l'ouverture des canaux calciques voltage-dépendants de type L, permettant l'entrée de Ca2+ dans la cellule et le maintien du plateau du potentiel d'action.
Question
Quel événement caractérise la phase 1 du PA rapide?
Réponse
La phase 0 du PA rapide est caractérisée par une dépolarisation rapide due à l'entrée massive de sodium (Na+) dans la cellule suite à l'ouverture des canaux sodiques voltage-dépendants.
Question
Quel événement caractérise la phase 3 du PA rapide?
Réponse
La phase 3 du PA rapide est la repolarisation rapide, due à la fermeture des canaux Ca2+ et à l\'ouverture des canaux K+.
Question
Quel événement caractérise la phase 4 du PA rapide?
Réponse
La phase 4 du PA rapide correspond à la phase de repos électrique stable, également appelée diastole. Elle se caractérise par le maintien du potentiel de repos d'environ -80 mV grâce aux systèmes d'échange ionique et aux pompes ioniques.
Question
Quel événement caractérise la phase 0 du PA rapide?
Réponse
La phase 0 du PA rapide est caractérisée par une dépolarisation rapide due à l'entrée massive d'ions Na+\mathrm{Na}^{+} dans la cellule par l'ouverture des canaux Na+\mathrm{Na}^{+} voltage-dépendants.
Question
Quel est le rôle de l'échangeur Na+/Ca2+ (NCX) dans le PA ventriculaire?
Réponse
L'échangeur Na+/Ca2+ (NCX) participe au plateau du potentiel d'action ventriculaire en créant un courant entrant qui fait sortir le Ca2+ de la cellule. Il joue également un rôle dans le contrôle de la concentration calcique intracellulaire durant la diastole.
Question
Quel est le rôle de la pompe Na+, K+ ATPase dans le PA ventriculaire?
Réponse
La pompe Na+, K+ ATPase restaure les gradients ioniques après le PA en faisant sortir 3 Na+ pour 2 K+ entrant, contribuant à l'hyperpolarisation et à la restauration du potentiel de repos.
Question
Qu'est-ce que l'hétérogénéité électrophysiologique ventriculaire?
Réponse
L'hétérogénéité électrophysiologique ventriculaire fait référence aux différences dans les potentiels d'action enregistrés à divers endroits des ventricules, principalement dues à la distribution inégale des canaux potassiques dans le myocarde.
Question
Qu'est-ce que la période réfractaire absolue (PRA)?
Réponse
La période réfractaire absolue (PRA) est la période durant laquelle le muscle cardiaque ne peut être excité à nouveau, quelle que soit l'intensité du stimulus. Elle s'étend des phases 0 à 2 et une partie de la phase 3 du potentiel d'action.
Question
Qu'est-ce que le potentiel de pacemaker (phase 4) des cellules à dépolarisation lente?
Réponse
La phase 4 des cellules à dépolarisation lente, aussi appelée potentiel de pacemaker, est une dépolarisation lente spontanée due à une diminution du courant potassique et à l'ouverture de canaux "funny" (If) permettant l'entrée de Na+.
Question
Quel est le rôle de l'échangeur Na+/Ca2+ dans le nœud sinusal?
Réponse
Dans le nœud sinusal, l'échangeur Na+/Ca2+ participe à l'automaticité cardiaque en créant un courant dépolarisant sodique lors de la phase de dépolarisation diastolique lente, contribuant ainsi à l'horloge calcique.
Question
Quel est le rôle des canaux 'f' dans le potentiel de pacemaker?
Réponse
Les canaux 'f' sont des canaux ioniques qui s'ouvrent lorsque le potentiel membranaire est négatif, permettant l'entrée de Na+\mathrm{Na}^{+} et la sortie de K+\mathrm{K}^{+}. Cette activité contribue à la dépolarisation lente spontanée du potentiel d'action dans les cellules du nœud sinusal, régissant ainsi le rythme cardiaque.
Question
Quel est le rôle du courant calcique (ICa) dans la phase 0 du PA lent?
Réponse
Dans la phase 0 du PA lent, le courant calcique (ICa) entrant, dû à l'ouverture des canaux calciques de type L, déclenche l'influx nerveux (PA) une fois le seuil de -45 mV atteint.
Question
Pourquoi le cœur ne peut-il pas subir de tétanos?
Réponse
Le cœur ne peut pas subir de tétanos car sa période réfractaire, qui s'étend sur les phases 0 à 2 et une partie de la phase 3 du potentiel d'action, empêche une nouvelle excitation avant la fin de la repolarisation.
Question
Quelles phases sont absentes dans le PA des cellules à dépolarisation lente?
Réponse
Les cellules à dépolarisation lente (nœuds sinusal et auriculoventriculaire) n'ont pas de phases 1 et 2 dans leur potentiel d'action.
Question
Qu'est-ce que l'automatisme cardiaque?
Réponse
L'automatisme cardiaque est la capacité de certaines cellules cardiaques (notamment celles du nœud sinusal) à générer spontanément des potentiels d'action, déclenchant ainsi le rythme cardiaque sans stimulation externe.
Question
Quel est le pacemaker physiologique du cœur?
Réponse
Le pacemaker physiologique du cœur est le nœud sinusal (NSA). C'est la structure qui initie l'influx nerveux déclenchant la contraction cardiaque.
Question
Quels facteurs influencent la vitesse de conduction du PA?
Réponse
La vitesse de conduction du potentiel d'action est influencée par les obstacles anatomiques, la géométrie et le diamètre des cellules, les jonctions de type gap, ainsi que la distribution et l'expression des canaux ioniques.
Question
Quelle est la vitesse de conduction dans le tissu auriculaire?
Réponse
La vitesse de conduction dans le tissu auriculaire est d'environ 0,3 m/s.
Question
Pourquoi y a-t-il un ralentissement de la conduction dans le NAV?
Réponse
Le ralentissement de la conduction dans le nœud auriculoventriculaire (NAV) est dû à son petit diamètre cellulaire et à la rareté des jonctions communicantes entre les cellules.
Question
Comment la pente de la DDL influence-t-elle la fréquence cardiaque?
Réponse
La pente de la dépolarisation diastolique lente (DDL) influence directement la fréquence cardiaque. Une pente plus forte signifie que le potentiel membranaire atteint plus rapidement le seuil de dépolarisation, ce qui accélère le rythme cardiaque. Inversement, une pente plus faible ralentit le rythme.
Question
Quelle est la vitesse de conduction dans le tissu de conduction His-Purkinje?
Réponse
La vitesse de conduction dans le tissu de conduction His-Purkinje est la plus élevée, variant de 3 à 5 m/s, permettant une transmission quasi instantanée dans l'ensemble des deux ventricules.
Question
Quelle est la vitesse de conduction dans les faisceaux internodaux?
Réponse
La vitesse de conduction dans les faisceaux internodaux est de 1 m/s.
Question
Comment le Ca2+ extracellulaire déclenche-t-il la libération de calcium par le RS?
Réponse
L'entrée de Ca2+ extracellulaire via les canaux calciques de type L déclenche la libération de Ca2+ par le réticulum sarcoplasmique, initiant ainsi la contraction musculaire.
Question
Quel est le rôle des récepteurs à la ryanodine?
Réponse
Les récepteurs à la ryanodine sont des canaux calciques dont l'ouverture est responsable de la libération de Ca2+\mathrm{Ca}^{2+} induite par le Ca2+\mathrm{Ca}^{2+}, déclenchant la contraction musculaire cardiaque.
Question
Quelle est la fréquence de décharge inhérente du NSA?
Réponse
En l'absence d'influences nerveuses et hormonales, le nœud sinusal (NSA) bat à une fréquence intrinsèque d'environ 100 battements/min.
Question
Comment la stimulation parasympathique affecte-t-elle la fréquence cardiaque?
Réponse
La stimulation parasympathique diminue la fréquence cardiaque en diminuant la concentration intracellulaire d'AMPc, ce qui réduit la pente de la dépolarisation diastolique lente du nœud sinusal.
Question
Qu'est-ce que le couplage excitation-contraction?
Réponse
Le couplage excitation-contraction est le processus par lequel un potentiel d'action déclenche la contraction musculaire. Dans le cœur, cela implique l'entrée de calcium extracellulaire, qui à son tour libère du calcium du réticulum sarcoplasmique, menant à la contraction.
Question
Comment le Ca2+ est-il repompé dans le RS pour la relaxation?
Réponse
Le Ca2+ est repompé dans le RS par la pompe Ca2+ ATPase du RS, ce qui permet la relaxation des sarcomères et initie la diastole cardiaque.
Question
Quelle est la cible principale des neurotransmetteurs dans le nœud sinusal?
Réponse
Le courant pacemaker INaf est la cible principale des neurotransmetteurs dans le nœud sinusal.
Question
Comment la stimulation sympathique affecte-t-elle la fréquence cardiaque?
Réponse
La stimulation sympathique augmente la fréquence cardiaque en augmentant la concentration intracellulaire d\'AMPc, ce qui majore le courant pacemaker INa et accélère la dépolarisation diastolique du nœud sinusal.
Question
Comment la noradrénaline affecte-t-elle l'AMPc intracellulaire?
Réponse
La noradrénaline augmente la concentration intracellulaire d\'AMPc, ce qui majore le courant INat, accélérant ainsi le rythme cardiaque.
Question
Comment l'acétylcholine affecte-t-elle l'AMPc intracellulaire?
Réponse
L'acétylcholine diminue la concentration intracellulaire d'AMPc, ce qui réduit le courant pacemaker (INaf) et ralentit la fréquence cardiaque.
Question
Que se passe-t-il en cas de dysfonction du NSA?
Réponse
En cas de dysfonction du nœud sinusal (NSA), la transmission des potentiels d\'action des oreillettes vers les ventricules peut être diminuée ou supprimée. Les cellules du nœud atrio-ventriculaire (NAV) prennent alors le relais, engendrant un rythme plus lent (25-40 battements/min).
Question
Quel est le rythme des pacemakers latents en cas de blocage du NAV?
Réponse
En cas de blocage du NAV, les pacemakers latents du nœud auriculoventriculaire (NAV), du faisceau de His ou du réseau de Purkinje peuvent prendre le relais. Leur rythme intrinsèque est plus lent, généralement entre 25 et 40 battements par minute.
Question
Quel est le traitement actuel des troubles sévères de la conduction?
Réponse
Le traitement actuel des troubles sévères de la conduction auriculo-ventriculaire est l'implantation chirurgicale d'un pacemaker artificiel.

La physiologie cardiovasculaire étudie le fonctionnement du cœur, des vaisseaux sanguins et du sang, essentiels au transport des substances vitales dans l'organisme. Ce domaine est structuré en plusieurs chapitres clés, dont l'électrophysiologie cardiaque, le cycle cardiaque, le débit cardiaque, la régulation de la pression artérielle, le système à basse pression, la circulation coronaire et la physiologie du sang.

Chapitre 1: Électrophysiologie cardiaque

L'électrophysiologie cardiaque se concentre sur les propriétés électriques du cœur qui régissent sa fonction de pompe. Elle aborde la coordination de l'activité cardiaque, les propriétés électriques intrinsèques des cellules cardiaques, l'influence du système nerveux autonome et les anomalies du rythme.

I- Coordination de la fonction cardiaque

Le cœur est une double pompe qui propulse le sang simultanément dans les circulations systémique et pulmonaire. Une contraction efficace nécessite une séquence précise : d'abord les oreillettes, puis les ventricules. La contraction est initiée par la dépolarisation de la membrane plasmique des cellules myocardiques. Les jonctions communicantes (gap junctions) assurent la propagation rapide des potentiels d'action d'une cellule à l'autre, garantissant que l'excitation initiale d'une cellule se propage à l'ensemble du cœur. Cette dépolarisation prend naissance dans le nœud sinusal (NSA) et se diffuse aux oreillettes, puis aux ventricules.

L'ensemble des phénomènes cardiaques entre deux contractions successives constitue le cycle cardiaque. Les événements électriques précèdent toujours les événements mécaniques. Le cycle comprend une phase d'activité (dépolarisation et contraction) appelée systole, et une phase de repos (repolarisation et relaxation) appelée diastole.

II- Propriétés électriques du cœur

Le myocarde est composé de trois types de cellules :

  • Cellules contractiles : Les plus nombreuses, elles assurent la contraction.
  • Cellules conductrices ou cardionectrices : Elles se dépolarisent spontanément et transmettent rapidement cette dépolarisation, formant le tissu de conduction.
  • Cellules myoendocrines : Situées principalement dans les oreillettes, elles sécrètent des facteurs natriurétiques et régulent le bilan sodique.

A- Excitabilité

Toutes les cellules myocardiques sont excitables, répondant à une stimulation suffisante par une dépolarisation, souvent suivie d'une contraction. Cependant, leur comportement électrique varie selon leur localisation dans le cœur.

1- Polarisation: potentiel de membrane

Au repos, les cellules myocardiques sont polarisées, avec des charges positives à l'extérieur et négatives à l'intérieur. Le potentiel de repos transmembranaire est d'environ -80 mV pour une cellule ventriculaire, déterminé principalement par la conductance au potassium.

Ion Concentration extracellulaire (mM) Concentration intracellulaire (mM) Potentiel d'équilibre (mV)
Na+ 145 5 à 10 +60
K+ 4 à 5 140 -90
Ca2+ 1 à 2 0,001 à 0,1 +132
2- Activité électrique élémentaire: le potentiel d'action (PA)

Les variations de potentiel du PA dépendent de courants ioniques entrants (dépolarisants) et sortants (repolarisants) qui interviennent dans un ordre précis. Il existe deux types principaux de PA cardiaques :

  • PA des cellules à dépolarisation rapide : Myocarde ventriculaire et auriculaire, faisceau de His, réseau de Purkinje.
  • PA des cellules à dépolarisation lente (PA lent) : Nœuds sinusal et auriculoventriculaire.
2-1- PA des cellules à dépolarisation rapide

Le PA des cellules à dépolarisation rapide, comme les cellules contractiles ventriculaires, comporte quatre phases distinctes :

  1. Phase 0 : Dépolarisation rapide
    • Une onde de dépolarisation atteint la cellule via les jonctions communicantes.
    • Ouverture des canaux Na+ voltage-dépendants, entraînant une entrée rapide de Na+.
    • Le potentiel de membrane s'inverse, atteignant +20 mV à +30 mV avant l'inactivation des canaux Na+.
    • L'activation du courant sodique (INa) est très rapide (environ 1 ms), l'inactivation est plus lente (10-15 ms).
  2. Phase 1 : Début de la repolarisation (repolarisation initiale rapide)
    • Inactivation des canaux Na+.
    • La cellule commence à se repolariser grâce à un courant potassique transitoire sortant par l'ouverture des canaux K+ voltage-dépendants rapides.
  3. Phase 2 : Plateau
    • Le plateau prolongé est dû à l'ouverture plus lente mais durable des canaux Ca2+ voltage-dépendants de type L (long lasting), également appelés récepteurs des dihydropyridines (DHPR).
    • Ces canaux s'activent durant les phases 0 et 1, permettant l'entrée de Ca2+ dans la cellule.
    • La régulation du courant calcique est influencée par l'accélération de la fréquence cardiaque et la stimulation β-adrénergique, qui augmentent l'entrée de calcium.
    • Les bloqueurs calciques (dihydropyridines, benzothiazépines, phénylalkylamines) inhibent ces canaux.
  4. Phase 3 : Repolarisation rapide
    • Fermeture des canaux Ca2+ de type L.
    • Ouverture d'autres sous-types de canaux K+, entraînant une sortie rapide de K+ et le retour au potentiel de repos.
  5. Phase 4 : Phase de repos électrique stable (diastole)
    • Le potentiel de repos est d'environ -80 mV pour les cellules ventriculaires.
    • Cette phase est caractérisée par la restauration de la répartition ionique normale grâce à l'échangeur Na+/Ca2+ et à la pompe Na+/K+.

Rôles de l'échangeur Na+/Ca2+ (NCX) et de la pompe Na+, K+ ATPase :

  • Échangeur Na+/Ca2+ (NCX) : Transporte 3 Na+ contre 1 Ca2+.
    • Au début du PA : courant sortant (sortie de Na+, entrée de Ca2+).
    • Pendant le plateau : principalement courant entrant (entrée de Na+, sortie de Ca2+).
    • En diastole : courant entrant, participant au contrôle de la concentration calcique intracellulaire.
    • Son activité est modulée par les concentrations de Ca2+ et Na+ (intra et extracellulaires) et le pH intracellulaire.
  • Pompe Na+, K+ ATPase : Transport actif de 2 K+ entrants contre 3 Na+ sortants, générant un courant sortant repolarisant. Elle intervient en fin de PA et tend à hyperpolariser la membrane, activée en cas de surcharge sodique intracellulaire.

Hétérogénéité électrophysiologique ventriculaire :

Les PA ventriculaires varient selon les sites d'enregistrement, en raison de l'hétérogénéité de distribution des canaux potassiques. Cette hétérogénéité existe entre les ventricules droit et gauche, l'apex et la base, et au sein de la paroi ventriculaire (épicarde, couches sous-épicardiques avec cellules M, endocarde). Une conséquence physiologique est le gradient de potentiel dans la paroi ventriculaire, contribuant à la formation des ondes T et U de l'électrocardiogramme.

3- Notion de période réfractaire

La contraction cardiaque débute juste après la dépolarisation. Pendant les phases 0 à 2 et une partie de la phase 3 (jusqu'à -50 mV), le muscle cardiaque est dans sa période réfractaire absolue (PRA) et ne peut être excité, quelle que soit l'intensité du stimulus. Il reste relativement réfractaire (PRR) jusqu'à la phase 4 pour des stimuli supraliminaires. Contrairement au muscle squelettique, le cœur ne peut pas subir de tétanos, ce qui serait fatal.

2-2- PA des cellules à dépolarisation lente

Le PA des cellules à dépolarisation lente (nœuds sinusal et auriculoventriculaire) ne comporte pas de phases 1 et 2. Il présente :

  • Phase 4 : Potentiel de pacemaker (dépolarisation lente spontanée ou pré-potentiel)
    • Vers -65 mV, le courant K+ (IK) diminue, activant les canaux "f" (funny) qui permettent le passage de Na+ et K+. L'entrée de Na+ l'emporte sur la sortie de K+, dépolarisant la membrane.
    • La fermeture des canaux "f" et l'ouverture des canaux calciques de type T (transitoires) et L (longue durée) contribuent à la suite du pré-potentiel.
  • Phase 0 : Dépolarisation
    • Une fois le seuil (-45 mV) atteint, le courant calcique (ICa) entrant via les canaux calciques de type L déclenche le PA.
  • Phase 3 : Repolarisation
    • Fermeture des canaux Ca2+ au pic du PA.
    • Ouverture des canaux K+, entraînant un courant IR sortant et la repolarisation.

La dépolarisation lente diastolique (DDL) des cellules sinusales est caractéristique de l'automaticité cardiaque et régit le rythme. Elle dépend de deux mécanismes interdépendants :

  • Le « membrane clock model » : une cascade d'ouverture de canaux ioniques membranaires.
  • Le « calcium clock model » : les mouvements calciques intracellulaires via l'échangeur Na+/Ca2+.

Dans le nœud sinusal, durant la diastole, les canaux calciques du réticulum sarcoplasmique libèrent spontanément du calcium vers le cytosol. Cette augmentation de Ca2+ intracellulaire active l'échangeur Na+/Ca2+, créant un courant dépolarisant sodique qui participe à la fin de la DDL, représentant l'horloge calcique de l'automatisme.

B- Potentiel diastolique (de repos) et automatisme cardiaque

Le cœur bat spontanément même déconnecté de l'organisme, grâce à une dépolarisation cellulaire spontanée. Toutes les cellules du système de conduction sont automatiques et présentent une DDL. Cette DDL permet au potentiel membranaire d'atteindre spontanément le seuil de dépolarisation.

Plus la pente de la DDL est forte, plus le seuil est atteint rapidement, et plus la fréquence de décharge de la cellule est élevée. Les cellules du nœud sinusal ont l'automatisme le plus rapide (pente de DDL la plus forte), ce qui en fait le pacemaker physiologique ou vrai pacemaker. Les autres cellules automatiques sont des pacemakers latents avec des fréquences de décharge plus lentes.

C- Conduction

La conduction du PA d'une cellule à l'autre dépend de propriétés structurelles et fonctionnelles :

  • Obstacles anatomiques.
  • Géométrie et diamètre des cellules.
  • Jonctions intercellulaires (gap junctions).
  • Distribution et expression des canaux ioniques.

La conductance des gap junctions est un paramètre clé de la régulation de la conduction. Leur distribution hétérogène assure un couplage électrique complexe et une vitesse de propagation variable.

1- Dans les oreillettes

La dépolarisation du NSA se propage radialement dans les fibres musculaires auriculaires avec une vitesse de conduction (Vc) d'environ 0,3 m/s. Les faisceaux de conduction internodaux (antérieur, médian, postérieur) transmettent les impulsions au nœud auriculoventriculaire (NAV) avec une Vc de 1 m/s.

2- Dans le NAV

Le NAV ralentit la conduction, avec un temps de franchissement de 0,09 s. Ce ralentissement est crucial pour décaler la contraction des oreillettes et des ventricules, permettant un remplissage ventriculaire efficace. Il est dû :

  • Au petit diamètre des cellules du NAV.
  • À la rareté des jonctions communicantes.
  • À la présence de connexines de type 45 et 30.2.
3- Dans les cellules du tissu de conduction His-Purkinje

La Vc est la plus élevée (3 à 5 m/s), atteignant 5 m/s dans les fibres de Purkinje, soit 150 fois plus rapide que dans le NAV. Cette rapidité assure une transmission quasi instantanée dans les ventricules et est liée :

  • À la grande taille des fibres.
  • À la grande perméabilité des jonctions entre cellules conductrices.
  • À la présence significative de connexine de type 40.

Les fibres de Purkinje, ramifications du faisceau de His, cheminent sous l'endocarde et atteignent les cellules myocardiques. Le passage de l'impulsion entre le tronc commun du faisceau de His et les fibres de Purkinje dure environ 0,03 s.

4- Dans les cellules musculaires ventriculaires

L'impulsion se transmet des fibres de Purkinje aux cellules musculaires ventriculaires avec une Vc de 0,5 m/s. Elle passe de l'endocarde vers l'épicarde avec un décalage de 0,03 s, la contraction endocardique précédant celle de l'épicarde.

D- Couplage excitation-contraction (couplage électromécanique)

L'autoexcitation d'une cellule pacemaker entraîne la contraction synchrone de toutes les cellules du myocarde, qui fonctionne comme un syncytium fonctionnel.

Dans les cellules ventriculaires :

  • Le courant ICaL (entrée de Ca2+ extracellulaire par les canaux calciques de type L) maintient la dépolarisation du plateau du PA.
  • Il déclenche la libération de calcium par le réticulum sarcoplasmique (RS) via le phénomène de « calcium-induced calcium release ».
  • Le Ca2+ libéré dans le cytoplasme se fixe aux protéines contractiles, déclenchant la contraction. Les canaux calciques de type L sont donc centraux dans ce couplage.
  • La fixation du Ca2+ externe sur les récepteurs à la ryanodine ouvre les canaux calciques du RS, libérant le Ca2+ du RS.
  • Le Ca2+ intracellulaire est ensuite repompé dans le RS par la pompe Ca2+ ATPase du RS, permettant la relaxation des sarcomères et initiant la diastole cardiaque.

III- Influence du système nerveux autonome sur l'électrophysiologie cardiaque: contrôle de l'activité spontanée du nœud sinusal

En l'absence d'influence nerveuse ou hormonale, le NSA bat à environ 100 battements/min (fréquence de décharge inhérente). La stimulation parasympathique diminue la fréquence cardiaque (Fc), tandis que la stimulation sympathique l'augmente. Au repos, l'activité parasympathique prédomine, maintenant la Fc à environ 70 battements/min. Le système sympathique (accélérateur) et parasympathique (freinateur) modulent en permanence la fréquence de contraction (chronotropisme).

La région du nœud sinusal est richement innervée, avec une forte densité de récepteurs adrénergiques (β1 et β2) et muscariniques M2. Le courant pacemaker INaf est la cible principale des neurotransmetteurs, tandis que le courant ICa,T y est insensible.

L'AMPc intracellulaire est au centre de la régulation de INaf. Une augmentation de l'AMPc majore le courant INaf, augmentant la pente de la DDL et accélérant le rythme cardiaque. Inversement, une diminution de l'AMPc ralentit le rythme.

  • Les terminaisons nerveuses sympathiques libèrent la noradrénaline, qui augmente la concentration intracellulaire d'AMPc.
  • Les terminaisons nerveuses parasympathiques libèrent l'acétylcholine, qui diminue la concentration intracellulaire d'AMPc.

Le courant ICaL, qui contribue à la partie terminale du potentiel diastolique, est activé par les catécholamines, ce qui accélère le rythme cardiaque (accélération de la phase de dépolarisation, phase 0).

IV- Anomalies du rythme cardiaque

Chez un sujet normal, la contraction est déclenchée par le nœud sinusal (rythme sinusal normal). La fréquence diminue (bradycardie) pendant le sommeil et augmente (tachycardie) sous l'effet des émotions, de l'exercice, de la fièvre, etc.

Une dysfonction du NSA peut réduire ou supprimer la transmission des PA des oreillettes aux ventricules. Dans ce cas, les cellules automatiques du NAV, du faisceau de His et du réseau de Purkinje, n'étant plus entraînées par le NSA, commencent à générer des excitations à leur propre rythme inhérent, devenant ainsi les pacemakers des ventricules. Ce rythme est lent (25 à 40 battements/min).

Si le NAV est bloqué, la synchronisation avec les contractions auriculaires disparaît, ces dernières conservant le rythme normal et plus élevé du NSA. Le traitement des troubles sévères de la conduction auriculo-ventriculaire et d'autres rythmes anormaux est souvent l'implantation chirurgicale d'un pacemaker artificiel qui stimule électriquement les cellules ventriculaires à un rythme normal.

Conclusion

Les contractions cardiaques sont contrôlées par une cascade régulée de signaux électriques initiés dans le NSA, se propageant au tissu musculaire auriculaire, puis au tissu de conduction, et enfin aux ventricules. La propagation du signal entre cellules se fait via les jonctions communicantes. La vitesse de propagation dépend des caractéristiques anatomiques et peut être modulée par l'influx nerveux.

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