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1 carteRadiological imaging of the urinary and male reproductive systems, including normal anatomy and semiology.
1 carte
Imagerie normale de l'appareil urinaire et génital masculin
Ce document est un aide-mémoire sur la radio-anatomie et la sémiologie normale et anormale de l'appareil urinaire et génital masculin, abordant les principales modalités d'imagerie.
I/ Rappels de sémiologie radiologique
Les termes sémiologiques varient selon la modalité :
Échographie (US) : parle d'échogénicité.
Noir : Anéchogène
Gris : Hypoéchogène
Même signal : Isoéchogène
Blanc : Hyperéchogène
Scanner (RX) : parle de densité (absorption des RX), mesurée en Unités Hounsfield (UH).
Noir : Hypodense (ex: air -1000 UH)
Liquides : environ 0 UH
Tissus mous : 30-50 UH (peu distinguables sans injection)
Blanc : Hyperdense (ex: os, calcifications +1000 UH)
La graisse est hypodense (gris foncé) près de -100 UH.
L'injection de produit de contraste augmente la densité des tissus.
IRM (RF/aimant) : parle de signal (réaction aux ondes radiofréquences).
Noir : Hyposignal
Même signal : Isosignal
Blanc : Hypersignal
En T1, le liquide céphalo-rachidien (LCR) est en hyposignal (noir) et la graisse en hypersignal.
En T2, le LCR est en hypersignal (blanc) et la graisse en hypersignal.
Saturation de graisse (Fat sat) : rend la graisse en hyposignal (noir) pour mieux voir les anomalies.
II/ Radioanatomie des reins, uretères et vessie
A. Haut appareil urinaire (reins)
Forme de haricot, 12cm chez l'adulte.
Rein droit généralement plus bas et petit que le gauche (contact avec le foie).
Anatomie interne : cortex (périphérique) et médullaire (centrale, pyramides).
Les papilles rénales se regroupent pour former les tiges calicielles, puis le bassinet (pyélon).
Vascularisation : artères rénales (fréquentes artères polaires accessoires). Artère rénale droite : trajet rétro-cave.
Compartiments rénaux : situés dans l'espace rétro-péritonéal. L'espace péri-rénal est délimité par le fascia rénal antérieur et postérieur. Ces espaces communiquent avec l'espace sous/pro-péritonéal antérieur.
B. Voies excrétrices
Des papilles rénales au bassinet, puis par l'uretère jusqu'à la vessie.
L'uretère a plusieurs segments : jonction pyélo-urétérale, lombaire, iliaque (traverse les vaisseaux iliaques), pelvienne, intra-murale.
C. Bas appareil urinaire (vessie)
Chez la femme : en arrière de la symphyse pubienne, devant l'utérus, le vagin et le rectum.
D. Imagerie normale des reins
ASP (Abdomen Sans Préparation) :
Indications limitées en pathologie rénale (lithiasique si TDM non disponible, suivi de colique néphrétique).
Permet de voir reliefs osseux, psoas, et reins entourés de graisse périrénale.
Certains calculs sont radio-opaques (calciques), d'autres radio-transparents (acide urique, cystine).
Urographie intraveineuse : Examen ancien, irradiant, sans indication restante.
Échographie rénale :
Indications : IRA, IRC (bilan initial), infection urinaire, masse rénale kystique, suivi lithiasique, greffon, HTA persistante.
Requiert vessie pleine, sonde urinaire clampée, décubitus dorsal, deux axes (longitudinal/transversal).
Sonde convexe basse fréquence (3-5MHz), mais haute fréquence pour sujets minces/enfants.
Anatomie interne : cortex périphérique, médullaire hypoéchogène, colonnes de Bertin.
Doppler couleur : vérifie vascularisation homogène.
Doppler pulsé : non systématique, utilisé pour suivi de greffons ou HTA résistante (sténose artères rénales).
Scanner / Uroscanner :
Indications : hématurie macroscopique, traumatisme rénal, bilan/diagnostic lithiasique (classiquement sans injection).
Pathologie tumorale/hémorragie : sans injection, puis étude vascularisation.
Phases d'injection :
Temps artériel rénal / cortico-médullaire (30 sec post-injection) : cortex rehaussé, médullaire hypodense.
Temps néphrographique / tubulaire (90 sec) : homogénéisation cortex/médullaire.
Temps tardif / urographique (10 min) : PDC dans voies excrétrices (pyélon, uretères, vessie).
Contre-indications PDC iodés : allergie, insuffisance rénale (clairance créatinine si non dialysé), myélome avec protéinurie.
IRM :
Indications : caractérisation tumeur rénale, malformations (enfant, adulte jeune).
Contre-indications : matériels non IRM compatibles (pacemaker, valves, clips, stents), corps étranger métallique intra-oculaire, claustrophobie.
PDC : Gadolinium (Gd). Contre-indications : allergie, insuffisance rénale grave (risque de dépôts, même chez sujet sain).
Préparation : vérifier matériel IRM compatible, retirer objets métalliques.
Séquences : T1, T2, diffusion. Séquence urographique (très pondérée T2) pour voies excrétrices sans Gd.
Phases d'injection similaires au scanner (T1++ avec Gd).
Cystographie / urétrographie (vessie) :
Indications : recherche reflux vésico-urétéral (enfant, femme jeune), valve/sténose urétrale (homme).
Réalisation : voie rétrograde (parfois sus-pubienne chez jeune garçon), après vidange vésicale, sonde, +/- antibiotique.
Temps : ASP, début/fin de remplissage, pré-mictionnel (face chez fille, 3/4 chez garçon), post-mictionnel.
Privilégier la scopie pour l'enfant (réduction irradiation).
Cystoscanner :
Indications : fistules vésicales, plaie vésicale.
Réalisation : sonde urinaire, acquisition pelvienne sans puis avec PDC dilué dans la vessie, puis acquisition au temps portal.
Échographie vésicale :
Indications : associée à l'écho rénale et prostatique, instabilité vésicale, retentissement syndrome obstructif, hématurie.
Réalisation : voie sus-pubienne, deux axes. Vessie anéchogène, parois fines.
III/ Imagerie radiologique de l'appareil urinaire masculin
A. Rappel anatomique
Prostate : 3 lobes anatomiques (1 médian, 2 latéraux) pour imagerie zone transitionnelle (centrale) et zone périphérique.
Urètre masculin : spongieux (antérieur), membraneux, prostatique, col de la vessie.
Testicules : intra-scrotaux, 10-15mL, parenchyme homogène. Hile vasculaire (rete testis) en central.
Surmonté de l'épididyme (tête, corps, queue), entouré d'une vaginale.
Cordon spermatique : canal déférent et pédicule vasculaire.
B. Urétrographie
Visualise les différents segments de l'urètre (col vésical, prostatique, membraneux, spongieux).
C. Échographie prostatique
Voie sus-pubienne : volume prostatique, retentissement sur haut appareil (rénale/vésicale).
Voie endorectale : échoguidage biopsies (pas pour diagnostic), calcul précis volume.
Réalisation :
Sus-pubienne : réplétion vésicale modérée, sondes convexes 3-5MHz.
Endorectale : consentement patient, lavement éventuel, sonde endocavitaire protégée.
Prostate hypoéchogène en sus-pubienne. Zone transitionnelle plus hypoéchogène que périphérique en endorectale.
D. IRM prostatique
Indications : bilan extension cancer prostate (risque intermédiaire/élevé), aide à localisation biopsie, détection récidive.
Réalisation : IRM multiparamétrique, antenne de surface pelvienne. À distance des biopsies (6-8 semaines).
Lésions cancéreuses : hyposignal T2, hypersignal diffusion (hyposignal cartographie ADC), rehaussement précoce.
E. Échographie testiculaire
Indications : douleurs testiculaires (torsion, orchite, varicocèles), traumatisme, tuméfactions/masse, bilan infertilité.
Réalisation : sonde superficielle haute fréquence, balayage bi-latéral et comparatif.
Doppler couleur : systématique.
Doppler pulsé : suspicion torsion.
Parenchyme homogène, hypoéchogène. Hile hyperéchogène (rete testis). Pas d'épanchement normal.
Épididyme : tête triangulaire, corps, queue. Plus hypoéchogène et vascularisé que testicule.
IV/ Sémiologie des masses rénales
Trois types de masses :
Liquidiennes (kystes) : simples ou complexes.
Graisseuses : principalement angiomyolipomes.
Non-graisseuses non-liquidiennes : souvent néoplasiques.
Examens : Échographie (1er choix), IRM (caractérisation +++), Scanner (résolution spatiale, lésions urothéliales, petites lésions).
A. Masses liquidiennes (kyste rénal simple)
Échographie : arrondi/ovalaire, anéchogène avec renforcement postérieur, contours réguliers, sans paroi.
Scanner : densité voisine de l'eau (0 UH), pas de rehaussement, limites régulières.
IRM : hyposignal T1, hypersignal franc T2, pas de prise de contraste.
Kystes complexes : présentent calcifications, septas (cloisons), végétations ou sont spontanément hyperdenses.
B. Masses graisseuses (Angiomyolipome)
Trois composantes : angio, myo, lipo (graisseuse est caractéristique).
Échographie : masse bien circonscrite, hyperéchogène.
Scanner : lésion tissulaire contenant de la graisse, densité négative (-100 UH).
IRM : hypersignal T1/T2, chute du signal sur séquences de soustraction de graisse.
C. Masses néoplasiques (ni liquidienne, ni graisseuse)
Échographie : masse solide déformant architecture rénale, iso/légèrement hyperéchogène. Hétérogène si grande taille (nécrose). Néovascularisation importante en Doppler couleur.
Scanner sans injection : densité identique au tissu adjacent (30-50 UH), plages de nécrose hypodenses, +/- hétérogènes, parfois calcifications.
Scanner avec injection :
Temps corticomédullaire : rehaussement intense sauf en cas de nécrose.
Temps néphrographique : devient hypodense par rapport au parenchyme rénal (n'excrète pas d'urine).
IRM : isosignal T1, hétérogène T2 (nécrose pseudos-liquidienne en hypersignal). Prise de contraste identique au scanner.
V/ Syndrome obstructif
Obstacle à l'évacuation d'urine entraînant dilatation des cavités en amont.
Rôles de l'imagerie : affirmer, préciser le siège, reconnaître la nature, apprécier le retentissement.
Deux tableaux cliniques : IRA (échographie) et Colique Néphrétique (scanner).
Recherche de dilatation des cavités pyélocalicielles (visibilité anormale tiges, cupules, uretère). Plus la dilatation est importante, plus le fond des calices devient convexe. Le pyélon devient large et arrondi.
Échographie : 1er examen pour suspicion d'IRA. Mesurer diamètre antéro-postérieur du pyélon en coupes transversales.
Scanner : 1er examen pour suspicion de Colique Néphrétique. Mesurer diamètre antéro-postérieur du pyélon en coupe axiale. Signes associés : infiltration graisse péri-rénale, néphromégalie.
A. Nature de l'obstacle
Lithiasique :
Diagnostic : Scanner sans injection (colique néphrétique), alternative échographie/ASP.
Suivi : échographie + ASP.
ASP : calculs calciques radio-opaques (blancs), calculs acide urique/cystine radio-transparents (non visibles).
Calculs coralliformes (moulent cavités rénales).
Diagnostic différentiel : phlébolithes pelviens (calcifications veineuses).
Échographie : Image hyperéchogène avec cône d'ombre postérieur.
Scanner sans injection : Tous les calculs sont visibles (sauf rares Indinavir). Hyperdensité à l'arrêt de la dilatation. Densité variable selon composition (Phosphate/Oxalate de calcium , acide urique ).
Non-lithiasique :
Causes : tumorales, congénitales (syndrome de jonction pyélo-urétérale, méga-uretère), compression extrinsèque, sténose (tuberculose, post-radiothérapie).
Diagnostic : Uroscanner avec injection (adulte), IRM (enfant, malformatif).
Syndrome de la jonction pyélo-urétérale : anomalie congénitale/fonctionnelle. Dilatation à la jonction avec uretère sous-jacent fin. Causes fonctionnelles (segment apéristaltique) ou organiques (artère polaire inférieure coudant la jonction).
Imagerie : échographie (dilatation avec uretère fin), uro-IRM (enfant), uroscanner (adulte, meilleure résolution pour voir artère polaire).
B. Retentissement en amont sur le parenchyme rénal
Taille du rein : néphromégalie en phase aiguë, atrophie rénale et amincissement cortical en phase chronique.
Recherche d'une asymétrie du néphrogramme et/ou asymétrie/absence d'excrétion rénale (scanner ou IRM).
VI/ Troubles perfusionnels du rein
Différencier atteinte vasculaire et infectieuse (souvent proches).
A. Atteinte infectieuse (néphrite, pyélonéphrite)
Échographie : plages hypo/hyperéchogènes triangulaires, à base corticale, sommet hilaire, +/- anomalies doppler (hypervascularisation).
Scanner : zones hypodenses triangulaires non rehaussées, infiltration graisse péri-rénale. Épaississement et rehaussement de la paroi pyélique ou urétérale.
IRM : inflammation de l'uretère (rehaussement de la paroi), défauts de rehaussement du parenchyme.
Pathologie favorisante : reflux vésico-rénal (immaturité jonction urétéro-vésicale). Diagnostiquée par cystographie.
B. Atteinte vasculaire (infarctus rénal)
Échographie : possibles zones hypoéchogènes triangulaires, anomalies doppler.
Scanner : zones hypodenses triangulaires à base corticale, sommet hilaire, non rehaussées. Préservation de la vascularisation du cortex corticis (partie la plus périphérique du cortex) caractéristique.
IRM : Défauts de rehaussement du parenchyme.
VII/ Insuffisance rénale
Deux rôles de l'imagerie : différencier IRA/IRC et différencier la cause.
A. Différencier IRA/IRC
IRC : reins de petite taille (), atrophie du parenchyme (amincissement cortical), hyperéchogénicité du sinus rénal.
Exceptions d'IRC avec reins de taille normale ou augmentée : Polykystose Rénale (PKR), glomérulonéphrite, diabète, amylose.
B. Différencier la cause de l'insuffisance rénale
IRA obstructive : dilatation des cavités pyélocalicielles. Échographie +/- scanner sans injection. Compléter scanner/uro-IRM si non lithiasique.
IRA non-obstructive :
Causes vasculaires :
Thrombose bilatérale des veines rénales (rare) : néphromégalie, thrombus dans veine rénale, pas de flux doppler, augmentation des index de résistance artérielle.
Infarctus rénaux (artérielle aiguë) : liés à emboles, dissection, microangiopathie. Scanner avec injection ++ (préservation cortex corticis).
Sténoses des artères rénales bilatérales (artérielle chronique) : augmentation index de résistance en échodoppler, augmentation vitesse en regard de sténose. Angiographie en scanner/IRM.
Causes parenchymateuses : diagnostic clinique/biologique/histopathologique. Signes non spécifiques : hypertrophie rénale, échogénicité globale modifiée.
Index de résistance (en échographie) :
Diminué : sténose artérielle d'amont.
Normaux : IR fonctionnelle, glomérulopathie, GNA.
Augmentés : nécrose corticale aiguë, nécrose tubulaire, néphropathie interstitielle aiguë, thrombose veines rénales.
VIII/ Bas appareil urinaire : Sémiologie vésicale, prostatique et testiculaire
A. La vessie
Évaluation du volume, résidu post-mictionnel.
Image d'addition : le plus souvent diverticule (problème d'obstruction). À rechercher en cystographie (PDC passe dans diverticule), échographie (lumière vésicale communique), scanner.
Image de soustraction : empreintes sur la lumière (lithiase, tumeur).
Lithiases : hyperéchogènes avec cône d'ombre postérieur (similaires aux lithiases rénales/urétérales).
Tumeurs : isoéchogènes/hypoéchogènes, irrégulières. Fort rehaussement au temps artériel (plus hypervasculaires que tumeurs rénales), empreinte sur la lumière au temps tardif.
B. La prostate
Hypertrophie Bénigne de Prostate (HBP) / Adénome :
Échographie : évaluation du volume, retentissement vésical/rénal. Souvent hypertrophie de la zone transitionnelle.
IRM : caractérise lésions cancéreuses (hyposignal T2, hypersignal diffusion (ADC hyposignal), rehaussement précoce).
C. Les testicules
Examens principaux : Échographie +++ (bilatéral et comparatif).
Orchiépididymite (inflammation) :
Augmentation de volume, hypoéchogènes, hétérogènes.
Doppler-couleur : hypervascularisation (spécifique).
Hydrocèle réactionnelle (lame d'épanchement), hypervascularisation des enveloppes.
Torsion testiculaire :
Testicule augmenté de volume.
Tour de spire de torsion au-dessus du testicule.
Échogénicité : normale au début, puis hypoéchogène, puis hétérogène (nécrose).
Doppler-couleur : absence de vascularisation intra-testiculaire (comparatif). L'absence peut manquer si tour de spire incomplet.
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