Droit Constitutionnel: Naissance du constitutionnalisme

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Ce cours aborde la naissance du constitutionnalisme en France, issue des révolutions constitutionnelles et de l'introduction de la nation dans l'ordre politique, marquant une évolution par rapport à l'absolutisme monarchique.

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Assemblée Nationale (1789)

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Assemblée proclamée le 17 juin 1789 par les députés du Tiers état, marquant la rupture avec l'Ancien Régime et la naissance de la nation comme acteur politique légitime.

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Souveraineté Nationale

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Principe selon lequel la souveraineté appartient à la nation, entité abstraite et indivisible, distincte des individus qui la composent (art. 3 DDHC).

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Constitutionnalisme

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Mouvement historique du XVIIIe siècle visant à limiter le pouvoir par une constitution écrite.

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Rôle des Parlements (Ancien Régime)

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Cours souveraines exerçant un droit de regard sur les ordonnances et se prétendant représentantes de la nation.

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États Généraux de 1789

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Assemblée convoquée par Louis XVI en mai 1789 pour résoudre la crise financière, transformée en Assemblée nationale par le tiers état.

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Ancien Régime (Monarchie Absolue)

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Régime de monarchie absolue où le roi concentre tous les pouvoirs, avec des limitations coutumières.

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Lois Fondamentales du Royaume

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Règles supérieures antérieures au roi, comme l'inaliénabilité de la couronne ou les règles de succession.

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Fiche de révision

Introduction au Constitutionnalisme et à l'Histoire Constitutionnelle Française

L'étude du droit constitutionnel français débute par une compréhension de son histoire et des concepts fondamentaux qui ont façonné l'organisation du pouvoir politique, notamment l'émergence du ==constitutionnalisme==.

Le Constitutionnalisme : Limitation du Pouvoir et Organisation de l'État

Constitutionnalisme/kɔ̃stitysjɔnalism/nom masculin

Mouvement historique et philosophique apparu au XVIIIe siècle, visant à limiter le pouvoir étatique, en particulier l'absolutisme monarchique, par l'établissement de constitutions écrites qui fixent les règles du jeu politique.

« Le constitutionnalisme a joué un rôle clé dans la rédaction des premières constitutions modernes. »

À l'origine, au XVIIIe siècle, le constitutionnalisme se définit comme une technique destinée à ==limiter le pouvoir absolu du monarque==. Il s'agissait de remplacer les coutumes ancestrales par des règles juridiques claires, formalisées dans un document unique. Vers la fin du XVIIIe siècle, le terme évolue pour englober l'ensemble des règles juridiques organisant et limitant le pouvoir de l'État.

Contrairement aux ==lois fondamentales du royaume==, qui étaient des coutumes non écrites et évolutives en France monarchique, les constitutions modernes, comme celle des États-Unis de 1787 ou de la France de 1791, résultent d'un acte volontaire. Selon le philosophe ==Thomas Paine==, la constitution est un acte de la nation elle-même, préalable à tout gouvernement et non sa simple émanation.

Les Fonctions de la Constitution

Une constitution remplit deux fonctions essentielles. Premièrement, une ==fonction normative== : elle est la loi supérieure de l'État, garantissant la hiérarchie des normes juridiques. Deuxièmement, une ==fonction institutionnelle== : elle est l'instrument d'auto-gouvernement de la collectivité politique.

Au-delà de ces aspects, la constitution a une fonction intégrative. Elle participe à l'affirmation d'une identité collective et peut être définie comme une véritable ==autobiographie nationale==, reflétant l'histoire et les valeurs d'un peuple. Les pères fondateurs américains, en 1787, ont ainsi réussi à créer un pouvoir étatique effectif et limité grâce à un système de freins et contrepoids, affirmant la puissance du gouvernement tout en restreignant ses prérogatives.

Les Révolutions Constitutionnelles et l'Introduction de la Nation dans l'Ordre Politique

De l'État monarchique à l'État national : Les Révolutions Constitutionnelles

La France de 1789 marque la transition de l'==État monarchique== d'Ancien Régime vers l'==État national==. Cette transformation légitime la nation comme un acteur politique central, en rupture avec l'absolutisme royal caractérisé par une concentration exclusive du pouvoir entre les mains du roi.

L'Absolutisme Royal et ses Limites

Sous l'==Absolutisme royal==, le monarque détenait un pouvoir souverain, légiférant, jugeant et administrant. Cependant, son autorité était tempérée par des limitations tacites, comme le respect des ==lois fondamentales du royaume== (lois antérieures et supérieures à la volonté royale) et les règles de la ==dévolution de la couronne== qui fixaient les modalités de succession.

Lois fondamentales du royaumenom féminin pluriel

Ensemble de règles coutumières qui régissaient la monarchie française d'Ancien Régime et s'imposaient même au roi, considérées comme supérieures à son autorité.

« Le principe d'inaliénabilité du domaine de la Couronne était une des lois fondamentales du royaume. »

Les parlements d'Ancien Régime exerçaient également un droit de regard sur les ordonnances royales, bien que le roi restât le seul souverain. Ces parlements, au milieu du 18e siècle, commencèrent à se percevoir comme représentant la nation et défendant son unité contre l'absolutisme.

La Nation s'affirme : Les États Généraux de 1789

Face à la crise, Louis XVI convoque les ==États Généraux de 1789==. Dès leur réunion le 5 mai à Versailles, les représentants du ==Tiers État==, rejoints par une partie du clergé et quelques nobles, rejettent l'ancienne appellation et se proclament ==Assemblée Nationale== le 17 juin. Cet acte marque une rupture majeure et l'affirmation de la nation comme nouvel acteur politique et légitime.

L'==Abbé Sieyès== a joué un rôle clé dans cette révolution juridique, affirmant la souveraineté de l'Assemblée Nationale et sa capacité à établir une constitution. La Déclaration des Droits de l'Homme et du Citoyen (DDHC) du 26 août 1789, en son Article 3, consacre cette évolution en stipulant que « le principe de toute souveraineté réside essentiellement dans la nation; nul corps nul individu ne peut exercer d'autorité qui n’en émane expressément ».

La Naissance du Constitutionnalisme Français et la Souveraineté Nationale

La fin du XVIIIe siècle marque l'émergence du ==constitutionnalisme== en France, un mouvement visant à limiter le pouvoir étatique par l'établissement d'une constitution écrite. Ce courant s'est opposé à l'absolutisme monarchique en proposant un cadre juridique clair pour l'organisation des pouvoirs, succédant aux coutumes ancestrales comme la source de légitimité politique.

Constitutionnalisme/kɔ̃stitysjɔnalism/nom masculin

Mouvement historique et doctrine juridique apparus au XVIIIe siècle, définissant une constitution comme une technique de limitation du pouvoir, structurant l'État et organisant l'exercice de sa puissance.

« Le constitutionnalisme a émergé en réaction aux monarchies absolues pour garantir les libertés individuelles. »

Les Débats Fondamentaux sur la Constitution

Au sein de l'Assemblée, deux thèses principales s'affrontent concernant la constitution. L'abbé ==Sieyès== défend une ==thèse révolutionnaire== qui postule que la nation, par un acte de souveraineté, a le droit et le pouvoir de se doter d'une nouvelle constitution. Cette approche s'inscrit dans l'idée d'un acte fondateur, détaché de la tradition, où la nation recrée son ordre politique.

À l'opposé, ==Jean-Joseph Mounier== promeut une ==thèse contractualiste== et historiciste, faisant appel à la tradition et s'opposant à la rupture totale avec le passé monarchique. Il prônait une constitution s'inscrivant dans la continuité historique de la France, plutôt qu'un acte de refondation radicale. C'est la thèse de Sieyès qui l'emporta, consacrant le principe de la nation comme source du pouvoir constituant.

Le Serment du Jeu de Paume : Acte Fondateur de la Souveraineté Nationale

Le ==20 juin 1789==, les députés du Tiers État, rejoints par des membres du clergé et de la noblesse, prêtent le ==Serment du Jeu de Paume==. Cet engagement solennel de ne pas se séparer avant d'avoir donné une constitution à la France est un moment clé. Il scelle l'union entre la nation et l'idée de constitution, affirmant la volonté du peuple de se doter d'un cadre juridique nouveau.

Suite à cet événement, le ==9 juillet 1789==, l'assemblée se proclame Assemblée Nationale Constituante, détentrice de la source de tout vouloir et du ==pouvoir constituant==. La nation, devenue souveraine, transforme le roi en simple organe constitué, et non plus constituant, marquant la ==séparation des pouvoirs== et la fin de l'incarnation du pouvoir en une seule personne. L'article 3 de la DDHC du 26 août 1789 juridicise cette réalité en affirmant que « le principe de toute souveraineté réside essentiellement dans la Nation ».

La Nation, Personnification Juridique de la Souveraineté

Ce processus établit que l'État n'est plus l'incarnation du roi, mais la personnification juridique de la nation souveraine. Selon les mots de ==Raymond Carré de Malberg== un siècle plus tard, « l'État n'est que la nation elle-même juridiquement organisée ». La nation française n'est alors plus un corps de traditions, mais un peuple unique, se recréant par sa propre volonté et se donnant ses propres lois constitutionnelles.

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