Déterminants de la santé et comportements

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Psychologie de la santé : Concepts, méthodes et modèles

Introduction à la Psychologie de la Santé

La psychologie de la santé s'intéresse aux facteurs qui influencent l'état de santé des individus. Cette discipline prend en compte une multitude de déterminants, allant des conditions sociales aux traits de personnalité, en passant par les comportements.

Les Déterminants Sociaux de la Santé (DDS)

Les DDS sont les «conditions dans lesquelles les individus naissent, grandissent, vivent, travaillent et vieillissent », incluant le système de santé (OMS, 2011). Ils sont la cause principale des inégalités de santé.

Facteurs Influents des DDS

  • Facteurs sociaux
  • Facteurs politiques
  • Facteurs économiques
  • Facteurs culturels
  • Facteurs environnementaux

Impact des DDS sur la Santé Environnementale

La santé environnementale, selon l'OMS, regroupe «tous les aspects de la santé et de la qualité de vie des populations qui résultent de l'action sur l'homme de facteurs biologiques, chimiques et physiques de l'environnement». Environ 15% à 20% du fardeau des maladies en Europe est dû à l'environnement.

Mesures de la Santé des Populations

Quelques indices pour évaluer la santé des populations incluent :

  • Morbidité
  • Mortalité
  • Espérance de vie en bonne santé
  • Santé auto-évaluée

Inégalités de Santé et Politiques

  • Inégalités de santé inter-pays et intra-pays
  • Contexte économique et politique : rôle crucial de la santé dans les politiques étatiques.
  • Systèmes de santé et soins primaires : accès équitable aux soins essentiels.
  • L'équité en santé est un objectif prioritaire selon l'OMS.

La Pauvreté : Un Déterminant Majeur

La pauvreté est un déterminant majeur de la mortalité prématurée. Elle entraîne souvent un cumul de facteurs de risque comme l'eau insalubre, la malnutrition, le logement précaire et un faible niveau d'éducation.

Processus et Séquences des Inégalités

Hypothèses Clés

  • Sociétés inéquitables : la répartition inéquitable des richesses crée un clivage et met à mal la cohésion sociale.
  • Hypothèses compositionnelles : davantage de personnes en situation de pauvreté.
  • Hypothèses contextuelles : la distribution inégale des revenus impacte la cohésion sociale.

Point de Vue Psycho-social et Neuro-biologique

  • Les événements de vie stressants et un faible contrôle perçu sont plus fréquents dans les milieux défavorisés.
  • Un taux élevé de cortisol à long terme peut entraîner des déséquilibres physiologiques.

Les Déterminants Sociaux Intermédiaires

La Communauté

L'effet de la communauté sur la santé est positif quand elle favorise :

  • Un contrôle perçu élevé
  • Un stress perçu faible
  • Un soutien social perçu important
  • Des stratégies de coping efficaces et des comportements sains.

Un sentiment d'appartenance augmente la satisfaction et le bien-être. Mais attention, toutes les communautés ne sont pas concernées (effet négatif si elles véhiculent des modes de vie peu sains).

Le Groupe (Système)

Un groupe est un «ensemble qui ne se réduit pas à la somme de ses éléments». Il peut être soit protecteur, soit pathogène.

Milieu Professionnel

Avoir un emploi améliore la qualité de vie, mais ses effets varient selon le contexte organisationnel et les caractéristiques du travail :

  • Tâche : temps et charge de travail.
  • Relations sociales : ambiguïté de rôle, soutien social.
  • Carrière : perspectives d'évolution.
  • Interface vie pro/vie privée.

Certaines professions (soins, éducation) sont particulièrement stressantes et épuisantes.

La satisfaction au travail est liée à un travail intéressant et des délais suffisants.

Groupe de Pairs et Famille

  • Chez les enfants : manque d'attention stable avec les adultes = plus de pathologies respiratoires.
  • Adolescence : relations satisfaisantes = équilibre émotionnel, estime de soi. Le soutien familial réduit l'influence négative des pairs.
  • La solitude et l'exclusion augmentent les risques de comportements agressifs et de dépression.
  • Ce n'est pas la quantité mais la qualité des relations qui importe.

Milieu Familial

La famille est une petite communauté qui transmet des DDS (ethnie, SES). Son fonctionnement affecte la santé de ses membres. Les violences familiales (maltraitance, abus) et les carences/négligences sont des facteurs de risque.

Le Couple / Dyade

  • Le mariage a des effets positifs sur la santé (physique et mentale) et l'espérance de vie, malgré un biais de sélection.
  • Les personnes seules ont plus d'hypertension et de troubles mentaux.
  • Le mariage peut réduire la consommation d'alcool et de cannabis, augmenter les comportements préventifs, mais peut aussi réduire l'activité physique.

Chemins d'Influence du Mariage sur la Santé

  • Sentiment de sécurité
  • Soutien conjugal
  • Satisfaction maritale
  • Les relations conflictuelles augmentent le stress et impactent l'activité cardiovasculaire et immunitaire.

Faire Face à la Maladie Chronique en Couple

Le couple gère la maladie selon :

  • La représentation personnelle de la maladie.
  • La propriété de la maladie ("mon problème" vs "notre problème").
  • La communication du stress. Si le partenaire est réceptif, il y a un coping dyadique.
  • En cas de coping inefficace, une réévaluation du problème et des stratégies est nécessaire.

Déterminants Dispositionnels : La Personnalité

La personnalité est un «ensemble stable de comportements, de pensées et d'émotions qui caractérisent l'adaptation de chaque individu à sa vie » (Mischel, 1968).

Modèles de Classification de la Personnalité

  1. Modèle de Friedman et Rosenman

    • Type A : Compétitif, impatient, hostile. Associé aux maladies cardio-vasculaires.
    • Type B : Calme, posé, moins compétitif. Meilleure adaptation émotionnelle, moins de risques cardiovasculaires.
    • Type C : Répressif émotionnel, conformiste. Vulnérabilité aux maladies chroniques et au stress.
    • Type D (Denollet, 1990) : Affectivité négative, inhibition sociale. Risque accru de mortalité post-infarctus, moindre recours aux soins.
  2. Modèle de Grossarth-Matricek

    • Type 1 (Cancérogène) : Forte dépendance affective, inhibition des émotions (colère/chagrin). Risque élevé de cancer.
    • Type 2 (Coronarogène) : Hyperactif, colérique, besoin de dominer (similaire au Type A). Maladies cardio-vasculaires.
    • Type 3 (Faible risque somatique) : Besoin de contact social, difficulté d'autonomie. Faible risque somatique, mais souffrance psychologique possible.
    • Type 4 (Protecteur) : Liens affectifs sans dépendance, bonne expression émotionnelle, résilience. Faible risque somatique.
  3. Big-Five (Traits Dimensionnels)

    • Ouverture : Ouverture aux nouvelles idées vs esprit étroit.
    • Conscience : Organisé vs désorganisé. La conscience est associée à une réduction de la mortalité et à des comportements sains.
    • Extraversion : Sociable vs timide. Plus de comportements à risque, mais assertivité.
    • Agréabilité : Confiant et respectueux vs méfiant et hostile. Meilleure santé mentale et qualité de vie.
    • Névrosisme : Anxiété et émotions négatives vs calme et stable. Troubles anxieux, dépressifs et addictions.

Autres Facteurs Psychologiques

L'Optimisme

«Tendance stable à croire que des événements positifs nous arriveront dans le futur » (Scheier et Carver, 1985, 1992). Il s'explique par des facteurs contextuels et génétiques. L'optimisme peut être un mécanisme de défense, mais peut aussi mener à la sous-estimation des risques.

Le Contrôle (LOC - Locus of Control)

«Croyance dans le fait que les événements dépendent soit de facteurs internes, soit de facteurs externes» (Rotter, 1966). Un LOC interne est protecteur.

La Résilience

«Ensemble de processus consistant à gérer, négocier et s'adapter à des situations stressantes ou traumatisantes» (Windle, 2010). Elle permet de développer le bien-être et la santé.

L'Auto-efficacité

«Croyance des individus en leur capacité à mobiliser les ressources nécessaires pour maîtriser la plupart des situations et y réussir». L'auto-efficacité prédit l'adoption de comportements sains.

La Promotion de la Santé

La promotion de la santé vise à «faciliter la protection et l'amélioration de l'état de santé des individus».

Objectifs

  • Améliorer les facteurs environnementaux.
  • Modifier les comportements : conceptions, croyances, attitudes.

Comportements Sains vs à Risque

Les comportements sains (sport, observance thérapeutique, dépistage) sont ceux qui pré-viennent, protègent et améliorent la santé. Les comportements à risque (tabac, alcool, sédentarité) peuvent avoir des conséquences nocives. Ils expliquent environ 50% de la variance de la mortalité pour certaines maladies.

Pourquoi ne pas adopter des comportements sains ?

  • Plaisir immédiat des comportements à risque.
  • Incitations sociales.
  • Mauvaise information sur les risques.

Croyances et Représentations en Santé

Elles influencent la perception et la gestion de la santé. Trois théories majeures :

1. Health Belief Model (Rosenstock, 1966)

Explique les comportements de santé via :

  • Vulnérabilité perçue
  • Gravité perçue
  • Bénéfices perçus
  • Obstacles perçus

2. Théorie du Comportement Planifié (Ajzen et Fichbein, 1988)

Le comportement est déterminé par l'intention, influencée par :

  • Attitude envers le comportement
  • Normes sociales perçues
  • Contrôle comportemental perçu

3. Modèle Transthéorique du Changement (Prochaska et DiClemente, 1983)

Décrit les étapes du changement de comportement :

  1. Précontemplation
  2. Contemplation
  3. Détermination
  4. Action
  5. Maintenance
  6. Terminaison

Attention à la rechute !

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