Sociologie du Genre
Aucune carteCours 1 : Introduction à la Sociologie du genre
Histoire et Développement
Le concept de genre a évolué à travers l'histoire, en remettant en question les attaques contre le genre.
Le travail intellectuel est nécessaire pour comprendre les conflits théoriques.
Évaluation
Questions ouvertes : Discussion et argumentation sur des exemples concrets d'actualité.
Questions ponctuelles : Classement chronologique d'ouvrages pour saisir le développement des idées et des communications entre auteurs. Une "ligne du temps" est essentielle.
Autres questions évaluent la capacité à réexpliquer des concepts clés.
Travail personnel
Déposer une autobiographie genrée sur UV pour la note finale.
Celle-ci doit être un texte littéraire (créatif et personnel) ou académique, répondant à des questions.
Lectures
Préparer une lecture par cours pour bien comprendre l'auteur et ses arguments, avec quelques questions à répondre à l'avance.
Thèmes abordés en Cours Magistral
Origines et histoire du concept de genre.
Perspectives matérialistes françaises et questions concrètes.
Sexualité, genre et violence, genre et corps.
La déconstruction du sujet-femme, les masculinités.
Études intersexes, intersexuation et transsexuelles.
Rapport entre genre et politique.
Socialisation Genrée et Autobiographie
Discussion sur l'autobiographie genrée
Aborde la violence normalisée, la transition et le harcèlement (banalisation de la violence psychologique, "garçon manqué").
Inclut les questions culturelles, les relations familiales/intimes, la puberté ("Poids d'être une femme"), l'auto-objectification (male-gaze).
La remise en question de soi, les choix de vie (école, jouets, famille, travail, études, couple), l'émotion (gestion, place, rapport à soi), le rapport à l'histoire sont aussi traités.
L'Intersectionnalité est abordée en lien avec le rapport à la culture et les différents termes utilisés.
Mécanismes d'oppression et de contrôle
Les sociétés patriarcales maintiennent des "normes de genre" à travers :
La parentalité (maternité et modèles chez les soignants).
La médecine et la psychologie (injonctions, sujet standard, rapport à la douleur, "constructions de savoir").
Le corps (banalisation).
Historiquement, les mères sont vues comme entièrement intégrées au processus de reproduction ("mère nature").
Socialisation due à l'Intersectionnalité
La classe, la culture, la religion, les origines ethniques/race, les orientations sexuelles.
Le genre, influencé par ces facteurs, prend différentes formes.
La Conscience est un débat et des mécanismes qui ont toujours existé.
Le Genre
Est une Construction sociale, un rapport à soi et aux autres.
Comprend les catégories, l'imposition du "choix".
Implique la différenciation et la hiérarchisation.
Se manifeste comme une expression : "Manierè d'être".
Fonctionne comme un système et constitue l'identité.
Cours 2 : La "Préhistoire" et Naissance du Genre
Normes et Approches Interactionnistes
La faculté de choix est limitée par les normes d'intelligibilité.
Les rapports de pouvoir existent au sein des normes, mais il est impossible d'en sortir.
La hiérarchisation : pas de différence sans hiérarchisation.
Les rapports sociaux sont liés à la construction systémique.
Le spectre offre plus de liberté entre deux pôles, mais le choix reste limité.
Les Précurseurs du Genre
Simone de Beauvoir (1949) : Dans "Le deuxième sexe", elle affirme "On ne naît pas femme, on le devient". Le genre est le résultat de ce que l'on devient, non défini par un destin biologique.
Margaret Mead (1935) : Dans "Sex and temperament in three primitive societies", elle remet en cause l'inné et le naturel, suggérant que les traits "typiques" sont superficiellement déterminés par le sexe et résultent d'un conditionnement social.
Viola Klein (1946) : Dans "The feminine character. History of an ideology", elle critique l'idéologie du caractère féminin et l'évidence biologique des sexes.
Processus de Naturalisation
Ces trois femmes remettent en question l'évidence biologique, l'inné et le naturel de chaque type. Le processus de naturalisation est une construction inégale et hiérarchique.
La Naissance du Genre
John Money (1955) : Psychiatre, psychologue et sexologue, il propose le terme "genre" dans le cadre de la clinique intersexe pour la normalisation des enfants nés avec des caractères sexuels ambigus. Il défend la malléabilité du genre, mais son approche est normatrice, visant à inscrire les enfants intersexués dans une logique binaire.
L'Âge d'Or de l'Hétérosexualité (années 50-60)
Contexte post-WWII : très binaire, marqué par la nécessité de récupérer la natalité et la restauration de la famille nucléaire conservatrice.
Questions Transsexuelles et John Money
Le cas transsexuel a terni la réputation de Money, mais il a été cité par les féministes pour démontrer le caractère acquis du sexe psychologique.
Denoncé par les conservateurs comme un risque pour le genre.
Le cas de l'enfant opéré à 8 mois, transformé en petite fille suite à une circoncision ratée, qui finit par se suicider, montre les ambiguïtés de l'approche binaire et hétérosexuelle.
Robert Stoller (1968) : Psychanalyste, il différencie le sexe (biologique) du genre (état psychologique de masculinité/féminité), qui ne sont pas nécessairement liés. Il introduit le concept d'identité de genre et de rôle de genre.
Ruth Bader Ginsburg (1972) : Fait reconnaître la discrimination de sexe aux États-Unis, proposant le terme "genre" comme plus neutre pour aborder la discrimination. Le genre est vu dans une approche relationnelle.
Ann Oakley (1972) : Dans "Sex, gender and society", elle approfondit la distinction entre sexe (nature, biologie) et genre (culture, société).
Gayle Rubin (1975) : Dans "The traffic of women: notes on the « political economy » of sex.", elle pense la sexualité en relation avec le genre et la naissance du système sexe/genre comme une organisation des classifications sociales via la sexualité reproductive.
Cours 3 : Interroger le Sexe et le Genre
Genre et Société
Le genre est une construction sociale, un moyen de signifier les rapports de pouvoir.
Différences entre nature et culture: le sexe est souvent soustrait de la réflexion, considéré comme inné et naturel, lié à la "nature". Le genre est une construction sociale, variable, et lié à la "culture".
Genre et Pouvoir
Joan Scott (1986) : Place la question du pouvoir au cœur du genre, qui est à la fois un élément constitutif des relations sociales et un moyen de signifier les rapports de pouvoir.
Christine Delphy
Françoise Héritier (1981) : Avec la "Valence différentielle des sexes", elle pose la question de la procréation et du contrôle masculin sur les femmes, ce qui dévalorise le féminin.
Faire le Genre
Le "faire le genre" est un accomplissement routinier pour se rendre intelligible, et peut reproduire ou transformer le système.
Harold Garfinkel (1967) : Avec son travail sur "Agnès" ("Framing"), il explore le "passing" (être vu comme crédible en tant que femme/homme) comme un travail constant, et les micro-habitudes sociales qui le reproduisent.
E. Goffman (1977) : Dans "L'arrangement des sexes", il s'intéresse aux interactions, utilisant une métaphore théâtrale pour les rôles sociaux. La différence des sexes est surtout une construction.
West & Zimmerman (1977-1987) : Dans "Gender and Society", ils introduisent le concept d'Accountability (l'idée d'être redevable), montrant comment le genre est une activité, un travail de "faire" constant, répété quotidiennement à travers des micro-interactions.
Interroger le Sexe : Le Débat Féministe
Le sexe, souvent soustrait de la réflexion, est considéré comme inné. La remise en cause de cette idée naturelle du sexe est centrale.
Il n'y a pas une seule vérité du sexe; les concepts coexistent.
Relations entre Sexe et Genre (Judith Butler)
Judith Butler (1990) : Dans "Troubles dans le genre", elle remet en cause la "catégorie femme", suggérant une "subversion du genre". Le genre est vu comme produisant le sexe, et non l'inverse. Le sexe est une construction culturelle comme le genre.
Matrice Hétérosexuelle
L'hétérosexualité est le système par défaut, un système normatif et de pouvoir qui oriente la construction des identités.
Comment le Genre Produit le Sexe
Ann Fausto-Sterling (1993) : Compte 5 genres, et affirme qu'on n'accède pas au corps sans la médiation du social.
Christine Delphy (1996) : Sans système de genre, l'appareil génital n'aurait pas plus d'importance que la couleur des yeux.
La médecine a créé du sens sur et à partir des corps selon les conceptions de l'époque.
Performativité
Le phénomène du "drag" trouble le genre. La performativité est une performance du genre, bien que non une performance consciente.
Cours 4 : Féminisme Matérialiste
Origines et Préoccupations
Le féminisme matérialiste se concentre sur le travail et le rôle qu'il joue dans les inégalités de genre.
Alexandra Kollontai (1920) : Dénonce le travail ménager comme une production de valeur non reconnue (base de la théorie marxiste de l'exploitation).
Théories Influentes
Le matérialisme trans applique ces idées à un concept différent, l'anti-essentialisme et l'anti-naturalisme.
Les "transfuges de sexe" illustrent une dimension processuelle plutôt qu'identitaire.
Les "obsédés de la race et du sexe" permettent de penser les attaques anti-minoritaires.
Les rapports minoritaires/majoritaires sont centraux.
Revues et Collaborations
Delphy, Wittig, Claude-Mathieu, Guillaumin collaborent pour créer la revue "Questions féministes" (1977), défendant le courant matérialiste et fortement influencé par Beauvoir.
Concept d'exploitation
La "production de valeur non reconnue" dans le cadre domestique est une forme d'exploitation, car les biens produits, souvent par les femmes, sont vendus par les hommes.
Distinction Patriarcat / Capitalisme
Le patriarcat est un système d'exploitation lié au genre comme dimension structurelle.
Le mode de production domestique, où les femmes sont l'objet de l'oppression économique, est au cœur de cette analyse.
Les hommes s'approprient le travail gratuit des femmes, créant des "classes de sexe".
Le capitalisme, lui, est lié à la production et à l'exploitation de la force de travail.
Colette Guillaumin – Sexage
Le "sexage" est une "analogie" avec l'idéologie raciste, un rapport social où la personne vend sa force de travail, pas sa personne.
Paola Tabet – Exploitation des Femmes
Anthropologue italienne, elle s'intéresse aux "Outils : « Les mains, les outils, les armes »" et à la question de la "procréation et échange économico-sexuel (1987)".
Le mariage rend possible l'échange des femmes et leur objectification.
Elle établit des parallèles entre mariage et prostitution, où le "statut de subordination" est central.
Danièle Kergoat – Sociologie du Travail (1982)
Dénonce l'oppression des femmes qui ne se réduit pas au capitalisme et pose deux concepts essentiels : la division sexuelle du travail (hommes et femmes font des tâches différentes et hiérarchisées) et les rapports sociaux de sexe (rapports de genre avec une base économique).
Helena Hirata et Keko – Charge Mentale (1984)
Ajoutent à la dimension de gestion la "charge mentale", soulignant que les femmes doivent effectuer plusieurs tâches simultanément.
Cours 5 : Genre et Sexualité
La Sexualité au Cœur de l'Oppression de Genre
La sexualité est un lieu d'oppression masculine.
Les "guerres sexuelles" (années 1980 aux États-Unis) ont divisé les féministes sur la question de la sexualité.
Des débats sur la pornographie, le travail du sexe, le BDSM et la critique de la révolution sexuelle (qui aurait oublié la liberté sexuelle des femmes) sont abordés.
Andrea Dworkin (1987) : Activiste "anti-sexe", elle voit la pornographie comme l'expression de la domination patriarcale. Le "baiser" est une assignation de pouvoir où la femme est l'objet.
Catharine MacKinnon (1989) : Juriste et professeure de droit, elle travaille à l'abolition de la pornographie, affirmant que la domination masculine est sexuelle. Elle ne propose pas de solution, mais dénonce.
Adrienne Rich (1979) : "Hétérosexualité obligatoire" comme institution oppressive.
Monique Wittig (1978, 1980) : "Les lesbiennes ne sont pas des femmes". Elle remet en question la place centrale de la sexualité et de l'hétérosexualité dans la production des rapports sociaux de pouvoir.
Line Segal (1990) : Psychologue "pro-sexe", elle critique la censure et l'alliance des féministes avec les conservateurs.
Séparer Genre et Sexualité (Gayle Rubin)
Gayle Rubin (1975, 1984) : Propose de "séparer genre et sexualité" pour promouvoir une sexualité émancipatrice. Elle souligne le "système sexe-genre" où la sexualité biologique est transformée en produit de l'activité humaine.
Définit le "sexe" comme polysémique, incluant le sexe vs. genre, les organes sexuels et l'activité sexuelle.
Conséquences
Une réévaluation du rapport nature/culture, la sexualité n'est pas une affaire privée, elle est historiquement et géographiquement construite, et est un apprentissage.
Cours 6 : La construction sociale du corps
Approches historiques du corps
L'héritage intellectuel grec (Platon) et chrétien, puis Descartes, ont influencé la manière de penser le corps, souvent comme un frein à l'intellect ou subordonné à l'esprit, limitant la "connaissance".
Le Corps et le Genre
David Le Breton et Jean-Claude Goffman montrent comment les corps sont des "véhicules" symboliques, capables de "conférer un statut social".
Marcel Mauss (1946) : Dans "Les techniques du corps", il insiste sur le fait que les pratiques corporelles sont "apprises et transmises".
Le corps est un "vecteur de positionnement social" (Pierre Bourdieu). L'"Habitus" est un système de dispositions apprises et incorporées, qui oriente nos perceptions et actions. L'"hexis corporelle" est la manière d'intégrer et de vivre cet habitus.
Le "capital corporel" (Bourdieu) est une forme de capital qui peut s'accumuler ou se perdre.
Capital Érotique et Sexuel
Catherine Hakim : Le "capital érotique" est développé par les femmes pour créer des relations sociales.
Eva Illouz : Le "capital sexuel" est une valeur sur laquelle on peut capitaliser dans une approche néo-libérale de la sexualité.
Post-Structuralisme et Approche Discursive
Le post-structuralisme s'intéresse aux "systèmes symboliques", montrant comment le corps et le soi sont produits dans le discours.
Foucault : Le "biopouvoir" et le "système de santé" régulent les corps.
Théories Féministes du Corps
Simone de Beauvoir : Le corps est un "fardeau" qui justifie les inégalités.
Le féminisme matérialiste voit le corps comme "objet passif d'exploitation".
Dépasser les Dualismes : Néo-matérialisme et Phénoménologie
Le néo-matérialisme réintègre la matérialité corporelle dans l'épistémologie féministe.
La phénoménologie, avec Maurice Merleau-Ponty (fin 1950), voit le corps et l'esprit comme une unité continue.
La perspective féministe intègre le genre dans une philosophie existentielle (Sarah Harnett, "Queer phenomenology").
Tension entre Immanence et Transcendance
L'"immanence" (ce qui reste en soi, matériel) et la "transcendance" (dépasser soi-même) sont des concepts clés pour penser la condition des femmes, souvent "bloquées dans leurs trajets de transcendance" par les conditions sociales.
Cours 7 : Le problème des hommes et les études sur les masculinités
Représentations conventionnelles des masculinités
Les hommes sont souvent "partout et nulle part" : l'androcentrisme crée un biais théorique centré sur les hommes.
Discours de Crise des Masculinités
Francis Dupuis-Déri (2009) : Les "masculinismes" émergent dans les années 1970 comme un mouvement social conservateur qui critique le féminisme et réaffirme une masculinité "conventionnelle".
Judith A. Allen : Montre que le discours de crise est souvent basé sur des textes fictionnels, et non sur une crise réelle.
Études sur les Masculinités (1995)
Tim Carrigan, Bob Connell et John Lee : Proposent une conception relationnelle du genre, en convergence avec les sciences sociales et le féminisme.
Raewyn Connell : Dans "Masculinités", elle avance le concept de "Masculinité hégémonique" comme configuration de pratiques de genre qui maintiennent la légitimité du patriarcat.
Autres concepts : "masculinité complice", "masculinité subordonnée" et "masculinité marginalisée".
Masculinité Hégémonique : une critique
Demetriou critique la théorie de Connell, introduisant l'idée d'une "hégémonie interne et externe" et d'un "bloc hégémonique masculin hybride" où les codes des masculinités subordonnées sont appropriés.
Masculinités Hybrides
C.J. Pascoe et Tristan Bridges : Ces masculinités sont des expressions contemporaines d'inégalités de genre, caractérisées par la "distanciation discursive" et les "emprunts stratégiques" qui dissimulent les systèmes de pouvoir.
Cours 8 : Repenser l'intersexuation
L'Intersexuation : Définitions et Approches
Historiquement, les termes comme "hermaphrodisme" étaient utilisés pour délégitimer les personnes intersexuées.
Audrey Aegerter travaille sur l'intersexuation en sociologie, soulignant l'évolution des définitions et la médicalisation du phénomène.
Prise en Charge Médicale
À la fin du 18e et 19e siècle, la médecine s'est approprié le problème de l'hermaphrodisme pour maintenir l'ordre sexuel.
L'âge des gonades (1870-1915) a marqué la focalisation sur les testicules ou ovaires pour déterminer le "vrai" sexe.
La "pédiatrisation" de la prise en charge médicale (Dr. John Money, Dr. Lawson Wilkins) a conduit à des "assignations de sexe" précoces et souvent chirurgicales.
Approches et Consensus
L'"Optimal Gender Policy" et le "Consensus de Chicago (2005)" visent une prise en charge multidisciplinaire, bien que l'information et le consentement restent problématiques.
Intersexuation et Recherches Féministes
Les travaux de Suzanne Kessler (1990) et Anne Fausto-Sterling (1993) ont introduit l'intersexuation dans les sciences sociales.
Le réseau "RéFri" mène des recherches francophones sur les vécus et expériences de médicalisation.
Le Mouvement Intersexe
Dès les années 1980, des regroupements par syndromes apparaissent.
L'"Intersex Society of North America (ISNA)" est créée en 1993.
Le "Forum international des intersexes" (2011) promeut l'intégrité physique et l'autodétermination.
Technologies de Genre et Pharmaco-pornographie
Les corps sont "genrés" par des techniques (médicaments, thérapies) qui régulent les corps et les personnes (Preciado, "Testo-junky").
La "disqualification corporelle" associe les femmes à la vulnérabilité comme prétexte de "mise sous tutelle" (féminisme égalitaire, Mary Wollstonecraft).
Cours 9 : Déconstruire le Sujet du Féminisme
Qu'est-ce qu'une femme ?
La question de savoir ce qu'est une "femme" est un débat ancien et complexe, souvent récupéré par les milieux d'extrême droite.
Simone de Beauvoir cherchait déjà à comprendre ce qui constitue une femme.
L'Instabilité du Sujet Féministe (Denise Riley, 1988)
Elle interroge la fondation du féminisme sur l'identité "femme", soulignant la "diversité des femmes" et le "silence de l'opprimé".
bell hooks (1981) : Figure de l'afro-féminisme et concept d'"intersectionnalité", elle pense ensemble le sexisme et le racisme.
Sojourner Truth (1851) : "Ain't I a woman?" interpelle la double exclusion des femmes afro-américaines.
Racines du Féminisme
La Révolution française (1791) a ouvert et refermé des droits pour les femmes.
Olympe de Gouges (1791) a écrit la version féminine de la Déclaration des Droits de l'Homme.
Mary Wollstonecraft (1792) a revendiqué les droits des femmes.
Le Dilemme de Wollstonecraft (Carol Pateman)
Demander l'accès aux droits sur la base d'une universalité égale s'inscrit dans un standard masculin, niant les spécificités féminines.
La tension entre "égalité et différence" traverse l'histoire du féminisme.
Conflits et Débats
Le MLF en France a connu des courants marxistes, radicaux-matérialistes (Monique Wittig) et psychanalytiques.
Le débat sur la "parité" (1989) a opposé féministes égalitaires et différentialistes.
Adrienne Rich (1979) critique le "solipsisme blanc" des féministes blanches qui universalisent leur expérience.
Cours 10 : Transgender Studies
Concepts Clés (Mauro Cabral Grinspan)
Le "transgenre" est une personne qui s'identifie à un sexe ou un genre différent de celui assigné à la naissance.
Le "cisgenre" est une personne qui s'identifie au sexe qui lui a été assigné.
Le "cisexisme" ("être cis est toujours mieux que d'être trans") et la "cisnormativité" (juger les gens selon leur conformité aux normes cis) sont des pratiques discriminatoires.
La "transnormativité" est l'idée que certains trans sont "meilleurs" que d'autres.
Étudier le Transgenre
Les "trans studies" sont un champ académique et politique dédié à construire les personnes trans comme sujets, tout en déconstruisant les cadres qui les ont réduites à des objets d'étude.
Historiquement, les questions trans ont été abordées par diverses disciplines (criminologie, médecine, psychologie, etc.) avec des approches souvent normatives et pathologisantes.
Justice Épistémique
La "justice épistémique" est essentielle : les personnes trans ont la capacité de produire du savoir sur elles-mêmes, et leurs témoignages ont été ignorés.
L'"injustice testimoniale" et l'"injustice herméneutique" empêchent la reconnaissance du savoir trans.
Législation et Hospitalité
Les législations sont très diverses, exigeant souvent des preuves et des diagnostics médicaux.
Le genre est vu comme une "maison" avec des règles d'entrée, où les personnes trans "paient le prix en chair" pour être reconnues.
Produire le Savoir Trans
Les "trans studies" visent à créer des curricula, des archives, à augmenter l'engagement académique et à plaider pour l'institutionnalisation de ces études, en lien avec le "trans advocacy".
Il est crucial de "reconstruire et analyser les mondes cis" et d'impliquer les personnes trans dans la production du savoir.
Lancer un quiz
Teste tes connaissances avec des questions interactives