Cours de Microbiologie Médicale
40 cartesCe document présente un cours de microbiologie médicale, couvrant la bactériologie générale et spéciale, la mycologie et la virologie. Il détaille la classification, la structure, la génétique, la pathogénicité et le traitement des bactéries, ainsi que les champignons microscopiques.
40 cartes
Quel est le mode d'action des désinfectants par rapport aux antiseptiques ?
Les désinfectants sont très toxiques et destinés au matériel inerte, tandis que les antiseptiques sont peu toxiques et réservés aux tissus vivants.
Quelle est la caractéristique principale distinguant un eucaryote d'un procaryote concernant leur noyau ?
Les procaryotes n'ont pas de vrai noyau, leur matériel génétique est diffus, tandis que les eucaryotes possèdent un vrai noyau délimité par une membrane.
Quelle bactérie est un facteur de risque majeur pour le développement de l'ulcère gastrique ?
Helicobacter pylori est un facteur de risque majeur pour le développement de l'ulcère gastrique.
Qu'est-ce qu'un micro-organisme opportuniste ?
Un micro-organisme opportuniste peut devenir pathogène si les défenses de l'hôte sont affaiblies, mais n'infecte habituellement pas un hôte sain.
Quelle est la principale différence entre une bactérie et un virus concernant leur acide nucléique ?
Les bactéries possèdent de l'ADN et de l'ARN, tandis que les virus n'ont que l'un ou l'autre (ADN ou ARN).
Quel est le traitement de choix pour les infections causées par Porphyromonas spp. ?
Le traitement de choix pour les infections à Porphyromonas spp. est le métronidazole.
Quel type de bactérie est Lactobacillus acidophilus en termes de tolérance à l'oxygène ?
Lactobacillus acidophilus est une bactérie anaérobie facultative.
Quel est l'antibiotique de choix pour traiter les infections à Campylobacter ?
L'érythromycine est l'antibiotique de choix pour traiter les infections à Campylobacter.
Qui a été le premier à observer les «animalcules» au microscope aux XVIe et XVIIe siècles ?
Antoni Van Leeuwenhoek aux XVIe et XVIIe siècles.
Comment les micro-organismes autotrophes se procurent-ils leur carbone ?
Les micro-organismes autotrophes élaborent leurs propres constituants organiques à partir de substances minérales simples, utilisant soit la photosynthèse, soit l'oxydation de substances chimiques comme source d'énergie.
Quels sont les deux types d'enzymes que peuvent posséder les bactéries en ce qui concerne leur équipement enzymatique ?
Les bactéries possèdent des enzymes constitutives et des enzymes adaptatives.
Quel critère principal permet de classer les bactéries en deux groupes par la coloration de Gram ?
La composition de la paroi bactérienne, spécifiquement sa teneur en peptidoglycanes.
Quelles sont les quatre principales étapes de la courbe de croissance bactérienne ?
Les quatre étapes sont : la phase de latence, la phase exponentielle, la phase stationnaire et la phase de déclin.
Quelle est la couleur typique du pus produit lors d'une infection à Pseudomonas aeruginosa ?
Le pus produit lors d'une infection à Pseudomonas aeruginosa est typiquement de couleur bleu-vert.
Comment la paroi des bactéries Gram positif diffère-t-elle de celle des bactéries Gram négatif en termes de composition ?
Les bactéries Gram positif ont une paroi épaisse riche en peptidoglycanes, tandis que les Gram négatif possèdent une paroi plus fine avec une membrane externe contenant des lipopolysaccharides.
Quelle est la principale caractéristique morphologique du genre Haemophilus ?
Les cocobacilles à Gram négatif, immobiles, asporulés et aérobie, exigeant des facteurs V et/ou X.
Quel est l'agent causal de la diphtérie ?
L'agent causal de la diphtérie est le bacille de Klebs-Löffler, Corynebacterium diphtheriae.
Quel genre de spirochètes est principalement retrouvé dans la plaque dentaire sous-gingivale ?
Le genre de spirochète principalement retrouvé dans la plaque dentaire sous-gingivale est Treponema.
Quel est l'objectif principal de la bactériologie générale dans ce cours ?
L'objectif est de connaître les bases de la classification, de la biologie et de la génétique des bactéries.
Quel est le mécanisme de transfert de gènes illustré par l'expérience de Griffith ?
L'expérience de Griffith illustre la transformation bactérienne, où du matériel génétique est incorporé par une bactérie réceptrice en état de compétence.
Quels sont les principaux mécanismes de transfert de gènes chez les bactéries ?
Transformation, Conjugaison, Transduction
Les principales voies de transfert horizontal de gènes chez les bactéries sont la transformation, la conjugaison et la transduction. Ces mécanismes permettent le transfert d'ADN entre bactéries, contribuant ainsi à leur diversité génétique et à l'adaptation.
Quel est le mode d'action des acides fusidiques et des cyclines ?
Acide fusidique: inhibe la synthèse des protéines (ribosome). Les cyclines inhibent également la synthèse des protéines (ribosome).
L'acide fusidique et les cyclines sont deux antibiotiques qui agissent en inhibant la synthèse des protéines bactériennes au niveau des ribosomes.
Quel est le pH optimal de croissance pour les bactéries neutrophiles ?
Entre 7 et 7,5
Les bactéries neutrophiles, contrairement aux acidophiles et basophiles, prospèrent dans des conditions de pH proches de la neutralité.
Décrivez la variabilité génotypique des bactéries.
La variabilité génotypique des bactéries résulte de mutations spontanées ou induites, ainsi que de transferts de gènes par transformation, conjugaison ou transduction. Ces mécanismes entraînent des modifications héréditaires et stables du matériel génétique bactérien.
La variabilité génotypique chez les bactéries englobe les mutations et les transferts de gènes, qui sont des mécanismes héréditaires et stables d'adaptation.
Quel est l'effet secondaire majeur des cyclines ?
Coloration dentaire, interférence avec le développement osseux, photosensibilité, perturbation de la flore intestinale
Les cyclines peuvent causer une coloration des dents, affecter le développement osseux et augmenter la sensibilité à la lumière du soleil. Elles peuvent aussi perturber la flore intestinale.
Quels sont les critères de classification des antibiotiques ?
La classification des antibiotiques peut se faire selon leur origine (naturelle, synthétique, semi-synthétique), leur mode d'action (inhibition de la paroi, des protéines, des acides nucléiques, etc.), leur spectre d'activité (étroit ou large), et leur nature chimique (famille comme les bêta-lactamines, les macrolides, etc.).
Les antibiotiques sont classifiés selon plusieurs critères, incluant leur origine, leur mode d'action sur la bactérie, leur spectre d'activité, et leur structure chimique. Ces classifications aident à comprendre leurs propriétés et leur utilisation.
Quel auteur a montré sans contact direct avec la streptomycine, qu'une souche de bactérie peut devenir résistante à cette substance, et que la mutation est préexistante ?
Lederberg
L'expérience de Lederberg, utilisant des cultures par répliques sur tampon de velours, a démontré que des mutations conférant la résistance à la streptomycine étaient préexistantes dans la population bactérienne, même avant tout contact avec l'antibiotique.
Donnez un exemple d'antibiotique de la famille des β-lactamines (sous-groupe Pénames) et un de la famille des macrolides.
Pénicilline G - Erythromycine
Amoxicilline - Azithromycine
Ampicilline - Clarithromycine
La pénicilline G, l'amoxicilline et l'ampicilline appartiennent au groupe des pénames (une sous-classe des β-lactamines), tandis que l'érythromycine, l'azithromycine et la clarithromycine sont des exemples de macrolides.
Quels sont les facteurs favorisant la sélection de la résistance bactérienne aux antibiotiques ?
L'usage abusif ou irrationnel des antibiotiques, aussi bien chez l'homme que chez l'animal.
L'utilisation d'un antibiotique sous-dosé, conduisant à une concentration insuffisante pour éliminer complètement la bactérie.
La présence dans la communauté d'un taux de résistance bactérienne élevé, notamment en milieu hospitalier.
L'usage excessif, le sous-dosage des antibiotiques, et la circulation de souches résistantes dans l'environnement sont des facteurs clés qui sélectionnent la résistance bactérienne.
Décrivez la variabilité phénotypique des bactéries.
La variabilité phénotypique décrit l'adaptation d'une population bactérienne, possédant le même génotype, à différentes conditions environnementales, affectant ainsi son comportement. Cette variabilité est non héréditaire, instable et réversible, souvent régulée par l'induction ou la répression de l'activité génique.
La variabilité phénotypique concerne les changements de comportement d'une population bactérienne dus à des facteurs environnementaux, sans modification du génotype. Ces changements sont réversibles et non héréditaires.
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Quels sont les facteurs physico-chimiques qui influencent la croissance bactérienne ?
La température, le pH, la disponibilité des nutriments (carbone, azote, minéraux, vitamines) et la présence d'oxygène sont des facteurs physico-chimiques essentiels.
Les facteurs physico-chimiques qui influencent la croissance bactérienne incluent la température optimale, le pH du milieu, les besoins nutritionnels (source de carbone, d'azote, etc.) et la présence ou l'absence d'oxygène.
La croissance des bactéries dépend de facteurs tels que la température ambiante, le niveau de pH, la disponibilité en eau et en nutriments, ainsi que des conditions d'oxygénation du milieu.
Quelle est l'unité fondamentale de la classification bactérienne ?
L'espèce
Selon la classification bactérienne, quels sont les différents types de classification des bactéries ?
Classification phylogénétique (basée sur l'ADN)
Classification phénotypique (basée sur les caractéristiques observables : morphologie, coloration de Gram, biochimie, sérologie, etc.)
Classification clinique ou pathogénique (basée sur les maladies qu'elles provoquent ou les syndromes qu'elles causent)
Citez les principales familles d'antiseptiques et désinfectants.
Les alcools (éthanol, isopropanol)
Les aldéhydes (formaldéhyde)
Les ammoniums quaternaires (benzalkonium)
Les biguanides (chlorhexidine)
Les halogènes (chlore, iode)
Les oxydants (eau oxygénée)
Les phénols
Les acides
Les métaux lourds (nitrate d'argent)
Quel est le nom de la substance dont l'activité antibactérienne fût découverte par Fleming en 1928 ?
Pénicilline
Quel est le rôle du facteur de fertilité F+ dans la conjugaison bactérienne ?
Le facteur F+ est un plasmide qui porte les gènes nécessaires à la conjugaison, permettant le transfert de matériel génétique d'une bactérie à une autre. S'il est présent chez une bactérie, celle-ci est dite F+ (mâle) et peut initier la conjugaison avec une bactérie F- (femelle).
Qu'est-ce que la concentration minimale inhibitrice (C.M.I) ?
La concentration minimale inhibitrice (CMI) est la plus petite concentration d'un agent antimicrobien capable d'inhiber la croissance visible d'un microorganisme après une période d'incubation définie.
La CMI représente la plus faible concentration d'antibiotique qui empêche la croissance d'une bactérie.
La concentration minimale inhibitrice (CMI) est la concentration minimale d'un antibiotique nécessaire pour empêcher la croissance d'une bactérie.
Quelle est la différence entre la résistance naturelle et la résistance acquise des bactéries ?
La résistance naturelle est une caractéristique intrinsèque à toutes les souches d'une espèce bactérienne, tandis que la résistance acquise est le résultat de mutations ou de transferts de gènes et n'est pas présente dans toutes les souches.
La résistance naturelle est une propriété innée d'une espèce bactérienne, commune à toutes ses souches, alors que la résistance acquise survient suite à des modifications génétiques (mutations, transferts de gènes) et peut apparaître dans certaines souches seulement.
La différence fondamentale réside dans l'origine : la résistance naturelle est génétique et inhérente à l'espèce, tandis que la résistance acquise est acquise par la bactérie au cours de sa vie via des altérations de son patrimoine génétique.
Quelle est la définition d'un antiseptique et d'un désinfectant ?
Un désinfectant est une substance chimique utilisée pour tuer ou inactiver les micro-organismes sur des surfaces inertes, tandis qu'un antiseptique est utilisé pour réduire la croissance microbienne sur les tissus vivants. Les désinfectants sont généralement plus toxiques et germicides, tandis que les antiseptiques sont moins toxiques pour minimiser les dommages aux cellules hôtes.
Quels sont les mécanismes de résistance bactérienne aux antibiotiques ?
La modification de la cible de l'antibiotique, la production d'enzymes qui inactivent l'antibiotique, la diminution de la perméabilité de la membrane externe et l'expulsion active de l'antibiotique hors de la cellule (pompe d'efflux)
Les mécanismes incluent la modification de la cible de l'antibiotique, l'inactivation enzymatique de l'antibiotique, la réduction de la perméabilité de la cellule bactérienne et le pompage actif de l'antibiotique hors de la cellule
Les bactéries peuvent résister aux antibiotiques par des mécanismes tels que la modification de la cible, l'inactivation enzymatique, la diminution de la perméabilité membranaire ou l'expulsion active de l'antibiotique
Fiche de révision
Cours de Microbiologie Médicale : Concepts Fondamentaux et Applications
Ce cours de microbiologie médicale, dispensé par Octavie Lunguya Metila en novembre 2014, couvre les aspects essentiels de la bactériologie, mycologie et virologie, avec un accent particulier sur la bactériologie générale et spéciale.
1. Introduction aux Micro-organismes et à l'Immunologie
La microbiologie étudie les micro-organismes, des êtres vivants unicellulaires de petite taille capables de se nourrir, respirer et se reproduire de manière autonome. Ce domaine se subdivise en plusieurs branches :
- Bactériologie : étude des bactéries.
- Virologie : étude des virus.
- Mycologie : étude des levures et champignons.
- Parasitologie : étude des parasites (protozoaires et helminthes).
Le contact entre l'hôte et les microbes peut mener à une infection ou une maladie. La réaction immunitaire, qu'elle soit spécifique ou non spécifique, représente la défense de l'organisme. Le diagnostic peut être direct (détection du microbe) ou indirect (détection d'anticorps dans le sérum, ou sérologie).
Les objectifs du cours incluent la connaissance des principes de classification des organismes, des écosystèmes microbiens, des relations hôte-bactérie (commensalisme, parasitisme, symbiose, portage, contamination, colonisation, infection), de la génétique bactérienne (mutation, transferts horizontaux), des modes de transmission et facteurs de virulence, des notions d'antisepsie, désinfection et stérilisation, ainsi que des familles d'antibiotiques et des mécanismes de résistance.
2. Bactériologie Générale : Historique et Diversité Microbienne
2.1. Historique
L'histoire de la microbiologie s'est développée en trois phases majeures :
- XVIe et XVIIe siècles : Premières observations d'« animalcules » par Antoni Van Leeuwenhoek.
- XVIIIe et XIXe siècles : Mise en évidence du rôle des micro-organismes dans les maladies et la fermentation par Pasteur et Koch.
- XXe siècle : Découvertes majeures comme l'action antibactérienne d'Ehrich et la pénicilline par Fleming.
2.2. Diversité du Monde Microbien
Les micro-organismes sont divisés en Eucaryotes (protistes supérieurs) et Procaryotes (protistes inférieurs, comme les bactéries et les archées).
Tableau comparatif des micro-organismes Eucaryotes et Procaryotes :
| Éléments comparatifs | Eucaryote | Procaryote |
|---|---|---|
| Membrane | Membrane cytoplasmique | Double enveloppe (membrane + paroi épaisse et rigide) |
| Cytoplasme | Nombreux organites (mitochondries, appareil de Golgi, réticulum endoplasmique, vacuoles) | Peu d'organites (ribosomes, plasmide) |
| Noyau | Vrai noyau + matériel génétique délimité | Appareil nucléaire diffus, non délimité, un seul chromosome |
Comparaison entre bactéries (procaryotes) et virus (êtres acellulaires) :
| Éléments comparatifs | Bactérie | Virus |
|---|---|---|
| Acide nucléique | ADN et ARN | ADN ou ARN |
| Enzymes de biosynthèse | Présents | Absents |
| Reproduction | Scissiparité | Réplication nucléaire |
| Parasitisme | Intracellulaire facultatif | Obligatoire |
| Action AB | Effective | Non |
La taille des micro-organismes varie considérablement, nécessitant des microscopes optiques () ou électroniques (nm) pour leur observation.
2.3. Besoins nutritionnels et types de parasitisme
Les micro-organismes peuvent être autotrophes (synthétisent leurs composés organiques) ou hétérotrophes (dépendent de matière organique externe).
Les types de parasitisme incluent :
- Saprophytes : Se nourrissent de matière organique en décomposition.
- Parasites : Vivent en association avec un hôte.
- Commensalisme : Bénéficie de l'hôte sans lui nuire (ex: Staphylococcus epidermidis).
- Symbiose : Avantage mutuel pour le parasite et l'hôte (ex: Escherichia coli).
- Pathogénicité : Le parasite détermine une maladie chez un hôte aux défenses normales. Le pouvoir pathogène est une notion qualitative, tandis que la virulence est quantitative (capacité à déclencher une maladie).
- Opportuniste : Une bactérie devient pathogène lorsque les défenses de l'hôte sont affaiblies.
La pathogénicité peut être due à la production de substances toxiques (toxines, enzymes), la présence de capsule (ex: Streptococcus pneumoniae), ou un pouvoir invasif (ex: Yersinia pestis).
Des termes clés en interaction hôte-bactérie :
- Colonisation : Implantation bactérienne sur un revêtement sans dommage pour l'hôte.
- Portage (porteurs sains) : Colonisation transitoire par des bactéries pathogènes sans symptômes.
- Maladie infectieuse : Conflit hôte-bactérie entraînant des lésions.
3. Classification et Structure Bactérienne
3.1. Classification Bactérienne
La classification bactérienne est principalement phylogénétique, avec l'espèce comme unité fondamentale. En bactériologie médicale, elle peut être clinique (selon les syndromes), pathogénique (selon la bactérie ou le mécanisme), ou basée sur des caractères phénotypiques :
- Biochimiques (biotypes)
- Antigéniques (sérotypes)
- Pathogéniques (pathotypes)
- Sensibilité aux antibiotiques (antibiotypes)
- Sensibilité aux bactériophages (lysotypes)
D'autres critères de classification incluent la coloration de Gram, la morphologie, la mobilité, la température de croissance et les besoins nutritionnels.
3.2. Structure d'une Bactérie
Les bactéries possèdent des éléments constants et inconstants :
| Éléments inconstants | Éléments constants |
|---|---|
| Capsule : Couche glucidique, souvent pathogène. | Paroi : Couche rigide assurant la forme, mise en évidence par coloration de Gram. |
| Flagelle (cils) : Assure la mobilité. | Membrane : Lieu de la respiration, régule les échanges avec l'extérieur. |
| Pili (fimbriae) : Fixation ou échange de matériel génétique. | Chromosome : Matériel nucléique unique, non délimité par une membrane. |
| Spore : Forme de survie dans des conditions hostiles. | Ribosomes : Constitués d'ARN et de protéines. |
| — | Cytoplasme : Assure la synthèse des protéines. |
3.3. Formes Bactériennes
Les bactéries peuvent être :
- Sphériques (cocci) : En amas (Staphylococcus
), en diplocoques (Neisseria
), en chaînette (Streptococcus
), lancéolées (pneumocoque).
- Cylindriques (bacilles) : Entérobactéries
.
- En virgule (vibrions) : Vibrio
.
- Spiralées (spirochètes) : Treponema
.
3.4. Coloration de Gram
Permet de classer les bactéries en deux groupes selon la perméabilité de leur paroi à l'alcool-acétone :
- Gram positif : Paroi épaisse riche en peptidoglycanes, retient le violet de gentiane (couleur violette).
- Gram négatif : Paroi plus fine avec une membrane externe, ne retient pas le violet de gentiane (couleur rouge/rose après contre-coloration).
Les réactifs utilisés sont le violet de gentiane, le lugol, l'alcool-acétone et la fuschine de Ziehl (ou safranine).
4. Croissance Bactérienne et Facteurs Physico-chimiques
4.1. Besoins nutritionnels et énergétiques
Les bactéries nécessitent eau, carbone, azote, minéraux et vitamines. Elles peuvent être hétérotrophes (utilisent matière organique) ou autotrophes (utilisent le ). Leur énergie provient de la lumière (phototrophes) ou de l'oxydation de substances (chimiotrophes).
Les bactéries auxotrophes ont besoin de facteurs de croissance spécifiques qu'elles ne peuvent synthétiser.
4.2. Ciliature et Mobilité
La ciliature des bactéries se classifie en :
- Polaire :
- Monotriche (un seul flagelle à un pôle, ex : Pseudomonas aeruginosa).
- Lophotriche (plusieurs flagelles à un pôle).
- Amphitriche (un ou plusieurs flagelles à chaque pôle, ex : Pleisiomonas).
- Péritriche (flagelles répartis sur toute la surface, ex : Entérobactéries mobiles).
4.3. Courbe de Croissance Bactérienne
La croissance bactérienne suit quatre phases :
- Phase de latence : Adaptation au milieu.
- Phase exponentielle : Reproduction rapide.
- Phase stationnaire : Épuisement des nutriments, production de toxines.
- Phase de déclin : Accumulation de déchets, mort cellulaire.
4.4. Facteurs Physico-chimiques
- Température :
- Psychrophiles : 0-20°C.
- Mésophiles : 20-40°C (majorité des pathogènes).
- Thermophiles : 40-60°C.
- pH : Majoritairement neutrophiles (pH 7-7.5), certains sont acidophiles (pH ~6), ou basophiles (pH ~8).
- Oxygène :
- Aérobies strictes (ex : Pseudomonas).
- Anaérobies strictes (ex : Clostridium).
- Aéro-anaérobies facultatives (ex : Entérobactéries).
5. Variabilité Bactérienne et Génétique
5.1. Variabilité Phénotypique
Adaptation non héréditaire, instable et réversible, influencée par l'environnement (induction, répression). Ex : Salmonella perdant ses flagelles en milieu phéniqué.
5.2. Variabilité Génotypique
Modification héréditaire et stable du génome, due à des mutations ou des transferts de gènes.
- Mutation : Changement spontané ou induit dans l'ADN bactérien (rayonnements, substances chimiques). Rare, mais peut être sélectionnée (résistance aux antibiotiques). L'expérience de Lederberg a démontré la préexistence des mutants résistants.
- Transferts de gènes horizontaux : Échange de matériel génétique entre bactéries.
- Transformation : Intégration d'ADN libre de la bactérie donatrice dans le génome d'une bactérie réceptrice. Illustrée par l'expérience de Griffith avec pneumocoques.
- Conjugaison : Transfert de matériel génétique (plasmides ou fragment de chromosome) via contact direct entre deux bactéries (F+ et F-). Illustrée par l'expérience de Lederberg et Tatum.
- Transduction : Transfert d'ADN bactérien par l'intermédiaire d'un bactériophage (virus bactérien).
- Conversion lysogénique : Acquisition de nouveaux caractères par une bactérie suite à l'intégration d'un prophage (génome viral latent) dans son chromosome.
6. Désinfectants, Antiseptiques et Antibiotiques
6.1. Mesures de Lutte Contre les Microbes
- Désinfectant : Substance très toxique, germicide, bactéricide pour matériel inerte.
- Antiseptique : Substance moins toxique, inhibe la croissance bactérienne sur tissus vivants.
- Désinfection : Décontamination microbienne par méthodes physiques ou chimiques.
- Stérilisation : Destruction totale des micro-organismes.
- Asepsie : Prévention des infections en empêchant l'introduction de bactéries.
L'efficacité de ces produits dépend de la concentration, du temps de contact, de la température, de la liposolubilité et de la présence de matières biologiques.
| Familles | Exemples | Cible et mode d'action |
|---|---|---|
| ALCOOLS | Ethanol, Isopropanol | Dénaturation des protéines, inhibition de la synthèse des acides nucléiques |
| ALDEHYDES | Formaldéhyde | Altération de la paroi, inhibition de la synthèse des acides nucléiques et protéines |
| AMMONIUMS QUATERNAIRES | Benzalkonium | Liaison aux acides gras, fuite des constituants cellulaires, lyse cellulaire |
| BIGUANIDES | Chlorhexidine | Liaison aux acides gras, fuite des constituants cellulaires, coagulation du cytosol |
| HALOGENES CHLORES ET IODES | Hypochlorite de sodium | Destruction des protéines membranaires et chromosomiques |
| OXYDANTS | Peroxyde d'hydrogène | Production de radicaux libres |
6.2. Antibiotiques
Les antibiotiques sont des substances d'origine naturelle, synthétique ou semi-synthétique qui inhibent la prolifération microbienne à des concentrations tolérées par l'hôte.
Critères de classification :
- Origine (naturelle, synthétique, semi-synthétique).
- Mode d'action (cible la paroi, la membrane, la synthèse protéique ou des acides nucléiques).
- Spectre d'activité (large ou étroit).
- Nature chimique (familles : -lactamines, aminosides, macrolides, cyclines, glycopeptides, sulfamides, phénicols, quinolones, polymyxines).
Modes d'action des antibiotiques :
- Inhibiteurs de la synthèse du peptidoglycane (paroi) : -lactamines, glycopeptides, fosfomycine.
- Inhibiteurs de la synthèse des protéines (ribosomes) : Aminosides, macrolides-lincosamides-streptogramines (MLS), cyclines, phénicols, acide fucidique.
- Actifs sur les enveloppes membranaires : Polymyxines.
- Inhibiteurs des acides nucléiques : Quinolones, rifampicine, nitrofuranes, novobiocine, nitro-imidazolés.
- Inhibiteurs de la synthèse des folates : Sulfamides, triméthoprime.
6.3. Résistance Bactérienne
La résistance bactérienne survient lorsque la concentration minimale inhibitrice (C.M.I.) de l'antibiotique n'est plus suffisante pour inhiber la croissance bactérienne.
- Résistance naturelle : Caractéristique propre à toutes les souches d'une même espèce.
- Résistance acquise : Se développe chez une souche initialement sensible.
Mécanismes de résistance :
- Imperméabilité de la cellule.
- Production d'enzymes inactivatrices (ex: -lactamases).
- Modification de la structure de la cible de l'antibiotique.
- Activation de pompes d'efflux (expulsion de l'antibiotique hors de la cellule).
Les facteurs favorisant la résistance sont l'usage abusif ou sous-dosé des antibiotiques, les environnements à haut taux de résistance (hôpitaux), les foyers infectieux importants et la durée prolongée des traitements.
7. Bactériologie Spéciale : Cocci à Gram Positif
7.1. Genre Staphylococcus
Caractères généraux : cocci immobiles, asporulés, groupés en amas, catalase positifs. Les espèces principales sont S. aureus (à coagulase positif) et S. epidermidis, S. saprophyticus, S. haemolyticus, S. lugdunensis (à coagulase négatif).
- Épidémiologie : Commensal de la peau et des muqueuses (nasale en particulier). Transmission par manuportage, infections souvent endogènes. Forte prévalence de SARM (Staphylococcus aureus résistant à la méticilline) dans le monde.
- Pouvoir pathogène de S. aureus :
- Infections suppuratives (folliculites, furoncles, abcès, septicémies, endocardites, ostéomyélites...).
- Infections nosocomiales.
- Infections non suppurées liées aux toxines (choc toxique staphylococcique, syndrome de Ritter ou de la peau ébouillantée
, impétigo bulleux
, scarlatine staphylococcique).
- Manifestations intestinales (toxi-infections alimentaires, entérocolite pseudomembraneuse).
- Pathologies liées à la Leucocidine de Panton-Valentine (furonculose, pneumonies nécrosantes).
- Facteurs de virulence : Protéines de surface (adhésines), capsule, protéine A, coagulase, toxines (hémolysines, leucocidines, entérotoxines, exfoliatines, TSST-1).
- Staphylococcus à coagulase négative (SCN) : Commensaux opportunistes, responsables d'infections nosocomiales (immunodépression, cathéters, multirésistance). Ex: S. epidermidis (endocardites sur matériel étranger), S. haemolyticus (suppurations, infections urinaires), S. saprophyticus (cystites), S. lugdunensis (infections cutanées, endocardites).
- Diagnostic biologique : Examen direct (cocci Gram + en amas
), culture sur gélose (sang, Mannitol Salt Agar), tests biochimiques (catalase, coagulase, DNase, mannitol), antibiogramme.
- Traitement : Guidé par l'antibiogramme. Prophylaxie par antisepsie et hygiène. Dépistage des porteurs de SARM et décolonisation sont importants.
7.2. Genre Streptococcus
Caractères généraux : Immobiles, asporulés, groupés en chaînette, aéro-anaérobies facultatives, catalase négatifs. Exigeants en culture.
- Classification : Basée sur l'antigène de Lancefield (groupables A-V) ; antigènes spécifiques de type (substances M et T) ; ou une combinaison d'hémolyse, sérogroupe et propriétés biochimiques.
- Streptococcus pyogenes (groupe A) :
- Parasite humain (transmission flüggienne, par poussières).
- Responsable de 90% des infections streptococciques : angines, pharyngites, infections cutanées (invasives ou non invasives), scarlatine (toxine érythrogène).
- Complications non suppuratives : rhumatisme articulaire aigu (RAA), glomérulonéphrite aiguë.
- Sécrète des toxines (streptolysines O et S, toxine érythrogène) et enzymes (streptokinase, hyaluronidase).
- Streptococcus agalactiae (groupe B) :
- Commensal du tube digestif et urogénital.
- Responsable d'infections néonatales (septicémie, méningite), et d'autres infections (cutanées, urinaires...).
- Streptococcus bovis/S. equinus (groupe D) :
- Commensal du tube digestif.
- Responsable de septicémies, endocardites, méningites.
- Streptococcus oraux :
- Commensaux de la cavité buccale.
- Responsables de septicémies, pneumopathies, endocardites (ex: S. mutans, S. sanguinis), caries dentaires.
8. Bactériologie Spéciale : Bacilles à Gram Négatif
8.1. Entérobactéries
Grandes familles de bacilles à Gram négatif, dont Salmonella, Citrobacter, Enterobacter, Klebsiella, Proteus, Serratia, Yersinia.
- Genre Salmonella :
- S. enterica (nombreux sérovars, dont Typhi et Paratyphi) et S. bongorii.
- Parasites obligatoires de l'intestin de l'homme et des animaux.
- S. Typhi et Paratyphi : strict humain, causent la fièvre typhoïde (dose infectante bactéries) ou paratyphoïde.
- Salmonella non Typhi (SNT) : ubiquitaires, causent toxi-infections alimentaires, gastro-entérites, et infections invasives chez immunodéprimés.
- Diagnostic biologique : Hémoculture, coproculture, milieux sélectifs (Mac Conkey, SS), tests biochimiques (Kligler, MIU), sérotypage.
- Traitement : Fluoroquinolones ou ceftriaxone. Résistance fréquente aux antibiotiques (multirésistance, BLSE).
- Genres Citrobacter et Enterobacter :
- Commensaux du tube digestif, saprophytes de l'environnement.
- Infections nosocomiales : urinaires, pulmonaires, bactériémies, méningites néonatales.
- Résistance à l'ampicilline (pénicillinase) et céphalosporinase inductible. Certaines souches produisent des BLSE.
- Genre Klebsiella :
- Espèces : K. pneumoniae, K. oxytoca. Germe immobile et encapsulé.
- Saprophyte de l'environnement et commensal du tube digestif.
- Infections communautaires et nosocomiales : urinaires, pneumonies, bactériémies.
- Naturellement résistant aux pénicillines. Les souches hospitalières produisent souvent des BLSE.
- Genre Proteus :
- P. mirabilis, P. vulgaris.
- Saprophyte de l'environnement et du tube digestif.
- Principale cause d'infections urinaires (après E. coli), urolithiases (uréase).
- P. mirabilis : sensible aux AB, mais production plasmidique de pénicillinase possible.
- P. vulgaris : possède une -lactamase (« céfuroximase »).
- Genre Serratia :
- S. marcescens (le plus répandu en milieu hospitalier).
- Germe opportuniste, infections nosocomiales (urinaires, bactériémies, méningites, ostéomyélites).
- Très résistant aux antibiotiques (résistance naturelle à l'ampicilline et CIG).
- Genre Yersinia :
- Y. enterocolitica : Entéropathogène (diarrhées invasives, septicémies). Résistant à l'ampicilline (-lactamase).
- Y. pestis : Agent de la peste, zoonose épidémique (rongeurs, puces). Pathogène obligatoire chez l'homme.
8.2. Bactéries en forme incurvée ou spiralée
- Genre Vibrio :
- Vibrio cholerae (sérogroupes O1 et O139) : Responsable du choléra, diarrhée aqueuse aiguë. Transmission hydrique.
- Diagnostic : Examen direct (bacille en virgule Gram négatif, très mobile), culture sur TCBS, oxydase +, sensible au composé vibriostatique O/129.
- Traitement : Réhydratation, vaccination oral.
- Genres Aeromonas et Pleisiomonas :
- Réservoir naturel hydrique.
- Aeromonas : Diarrhées, toxi-infections alimentaires, infections de plaies.
- Pleisiomonas : Gastro-entérites cholériformes, septicémies, méningites.
- Résistance naturelle aux aminopénicillines, CIG et CIIG pour la plupart des Aeromonas.
- Genre Campylobacter :
- C. jejuni, C. coli, C. fetus.
- Commensaux des volailles, porcs, chiens, chats.
- Responsables de diarrhées fébriles, dysenteries.
- Diagnostic : Mobilité en « vol de mouette », petits bacilles incurvés Gram négatif, culture sur milieu de Butzler à 42°C en micro-aérophilie.
- Traitement : Érythromycine.
- Genre Helicobacter :
- H. pylori : Commensal de la muqueuse gastrique.
- Agent causal de la gastrite, de l'ulcère gastroduodénal et facteur de risque pour le cancer gastrique.
- Diagnostic : Méthodes invasives (biopsie, PCR) ou non invasives (Ac, Ag, test respiratoire à l'urée).
- Traitement : Trithérapie (bismuth, amoxicilline, métronidazole).
8.3. Coco-Bacilles et Non-Fermentants
- Genre Haemophilus :
- H. influenzae : Commensal des voies respiratoires humaines.
- Causes de méningites (chez l'enfant), otites, amygdalites.
- Facteurs de virulence : capsule, IgA protéase.
- Diagnostic : Culture sur gélose au chocolat (nécessite facteurs V et X).
- Traitement : Vaccin anti-H. influenzae b, sensible aux aminopénicillines et céphalosporines.
- Non-fermentants (Pseudomonas, Burkholderia, Stenotrophomonas, Acinetobacter) :
- Largement répandus dans l'environnement (sol, eau).
- Sources d'infections nosocomiales, surtout chez immunodéprimés.
- Pseudomonas aeruginosa : Prototype des germes nosocomiaux, surinfection des plaies (brûlures), otites, cystites. Résistant à la plupart des AB.
- Stenotrophomonas maltophilia : Septicémies, infections pulmonaires, urinaires. Haute résistance aux -lactamines.
- Acinetobacter baumannii : Infections urinaires, méningites. Acquiert facilement des résistances multiples.
- Burkholderia cepacia : Pathogène opportuniste (pneumonies) chez immunodéprimés ou mucoviscidosiques.
- Burkholderia pseudomallei : Cause la mélioïdose. Antibiotiques de choix : chloramphénicol et Bactrim.
9. Bactériologie Spéciale : Bactéries Anaérobies et Spirochètes
9.1. Bacilles à Gram Négatif Anaérobies Stricts
Difficiles à cultiver, commensaux des muqueuses, responsables d'infections mixtes.
- Genre Bacteroïdes :
- Bacteroïdes fragilis : Commensal du tube digestif, respiratoire, urogénital. Impliqué dans les thrombophlébites suppurées, septicémies (altérations barrière intestinale).
- Genre Fusobacterium :
- F. nucleatum : Angine de Vincent, pleurésie purulente.
- F. necrophorum : Angine aiguë nécrotique, septicémie.
- Genre Prevotella :
- Commensal de la cavité buccale et vaginale.
- Maladies parodontales, abcès odontogènes, sinusites. Producteur de -lactamase.
- Genre Porphyromonas :
- P. gingivalis : Commensal buccal. Gingivites, parodontites nécrosantes.
- Traitement de choix : Métronidazole pour plusieurs anaérobies.
9.2. Spirochètes
Bactéries spiralées ou hélicoïdales, mobiles, Gram négatif, difficiles à cultiver.
- Genre Treponema :
- T. denticola : Spirochète oral, colonise la plaque dentaire. Impliqué dans les abcès endodontiques, gingivites, parodontites.
- Traitement : Sensibles à la pénicilline G, amoxicilline, tétracyclines, azithromycine.
9.3. Bacilles à Gram Positif Aérobies
- Genre Bacillus :
- B. anthracis : Agent du charbon (zoonose). Forte virulence (capsule, toxine), peut être utilisé comme arme biologique. Toujours sensible à la pénicilline G.
- Genre Corynebacterium :
- C. diphteriae : Agent de la diphtérie (toxi-infection). Production d'exotoxine entraînant des lésions dégénératives. Prévention par vaccin DTCoq.
9.4. Bacilles à Gram Positif Anaérobies
- Genre Lactobacillus :
- L. acidophilus, L. rhamnosus. Commensaux de la flore buccale. Impliqués dans le processus carieux.
- Genre Clostridium :
- C. tetani : Cause le tétanos (exotoxine tétanique).
- C. perfringens : Cause la gangrène gazeuse.
- C. botulinum : Cause le botulisme (exotoxine botulique).
- Bactéries telluriques sporulées, produisant des toxines puissantes.
10. Mycobactéries
Famille des Mycobactériaceae, comprenant :
- Mycobacterium tuberculosis complexe :
- Cause la tuberculose (pulmonaire et extrapulmonaire). Transmission aérienne ou digestive.
- Incidence en recrudescence (VIH) et émergence de souches multirésistantes.
- Diagnostic : Coloration de Ziehl-Neelsen (BAAR), culture (Löwenstein-Jensen), PCR.
- Mycobacterium leprae :
- Cause la lèpre. Parasite obligatoire de l'homme, non cultivable.
- Mycobacterium ulcerans :
- Cause l'ulcère de Buruli, notamment en Afrique.
11. Mycologie Médicale
Étudie les champignons microscopiques d'intérêt médical. Ces micro-organismes sont hétérotrophes et aérobies, cultivés sur milieu de Sabouraud.
11.1. Morphologie des Champignons
- Unicellulaires : Formes rondes ou ovales (levures, ex : Candida).
- Filamenteuses : Formées d'hyphes segmentés (moisissures, ex : Aspergillus).
11.2. Types de Spores
- Asexuées : Conidies (arthrospores, phialospores, chlamydospores, sporangiospores).
- Sexuées : Moins fréquentes chez les pathogènes.
11.3. Micromycètes Pathogènes
- Levures opportunistes : Candida albicans (commensal). Responsable de muguets, vulvovaginites, bactériémies.
- Champignons dimorphiques : Histoplasma capsulatum (sol). Cause l'histoplasmose (bénigne ou généralisée).
- Champignons filamenteux opportunistes : Aspergillus fumigatus (sol). Certains (A. flavus, A. parasiticus) produisent des aflatoxines.
Introduction à la Microbiologie Médicale
Ce cours de microbiologie médicale, élaboré par Octavie Lunguya Metila en novembre 2014, vise à fournir une compréhension approfondie des microorganismes, de leurs interactions avec l'hôte, des méthodes de diagnostic, des traitements et de la prévention des maladies infectieuses. Il couvre la bactériologie générale et spéciale, la mycologie et la virologie.Microorganismes et Champs d'Étude
Les microorganismes sont des êtres vivants unicellulaires de petite taille, capables de se nourrir, respirer et se reproduire de manière autonome. Leur étude se divise en plusieurs branches :- Bactériologie : étude des bactéries.
- Virologie : étude des virus.
- Mycologie : étude des levures et champignons.
- Parasitologie : étude des parasites, incluant la protozoologie (protozoaires) et l'helminthologie (helminthes).
- Microbiologie : étude générale des microbes.
Contact Hôte-Microbes et Réponse Immunitaire
Le contact entre un hôte et les microbes peut entraîner une infection et potentiellement une maladie. Le système immunitaire de l'hôte réagit par des réponses spécifiques ou non spécifiques. Le diagnostic microbiologique peut être :- Direct : détection du microbe ou de ses composants.
- Indirect (Sérologie) : détection des anticorps produits par l'hôte contre les microbes (anticorps anti-microbes ou anti-composants).
Objectifs du Cours
Les objectifs principaux du cours incluent :- Comprendre la classification des êtres vivants, notamment la place des procaryotes.
- Maîtriser les concepts d'écologie microbienne et les relations hôte-bactérie (commensalisme, parasitisme, symbiose, portage, infection).
- Connaître la structure du génome bactérien et les mécanismes de variabilité génétique (mutation, transferts horizontaux).
- Identifier les modes de transmission, facteurs et mécanismes de la virulence bactérienne.
- Apprendre les notions d'antisepsie, désinfection et stérilisation.
- Savoir classer les antibiotiques, leurs mécanismes d'action et spectres d'activité, ainsi que les mécanismes de résistance bactérienne.
- Acquérir les compétences diagnostiques en bactériologie médicale et les règles de bonne pratique des prélèvements.
Bactériologie Générale : Historique et Diversité
L'histoire de la microbiologie s'est déroulée en trois phases clés :- XVIe-XVIIe siècles : Premières observations d'« animalcules » au microscope par Antoni Van Leeuwenhoek.
- XVIIIe-XIXe siècles : Pasteur et Koch démontrent le rôle des microorganismes dans les maladies et la fermentation.
- XXe siècle : Découvertes majeures comme l'action antibactérienne d'Ehrlich (syphilis) et la pénicilline par Fleming.
- Eucaryotes (protistes supérieurs) : animaux, plantes, certains champignons, protozoaires.
- Procaryotes (protistes inférieurs) : bactéries, archées.
- Virus : êtres acellulaires.
Comparaison Eucaryotes vs. Procaryotes
| Éléments comparatifs | Eucaryote | Procaryote |
| Membrane | Membrane cytoplasmique | Double enveloppe (membrane + paroi épaisse et rigide) |
| Cytoplasme | Nombreux organites (mitochondries, appareil de Golgi, réticulum endoplasmique, vacuoles) | Peu d'organites (ribosomes), pas de mitochondries ni d'appareil de Golgi ou réticulum endoplasmique, plasmide |
| Noyau | Vrai noyau délimité par une membrane nucléaire, paires de chromosomes | Appareil nucléaire diffus, non délimité, un seul chromosome |
Comparaison Bactérie vs. Virus
| Éléments comparatifs | Bactérie | Virus |
| Acide nucléique | ADN et ARN | ADN ou ARN |
| Enzymes de biosynthèse | Présents | Absentes |
| Reproduction | Scissiparité | Réplication nucléaire |
| Parasitisme | Intracellulaire facultatif | Obligatoire |
| Action AB | Effective | Non |
Taille des Organismes
Les microorganismes varient énormément en taille, des virus les plus petits (nanomètres) aux cellules eucaryotes (micromètres). Le microscope électronique est nécessaire pour observer les virus, tandis que le microscope optique permet de voir la plupart des bactéries et cellules eucaryotes.Classification Écologique des Microorganismes
Les microorganismes se classent selon leurs besoins énergétiques et nutritifs :- Autotrophes : élaborent leurs propres constituants organiques à partir de substances minérales simples (CO₂, H₂O, NO₃). L'énergie provient de la photosynthèse (photo-autotrophes) ou de l'oxydation (chimio-autotrophes).
- Hétérotrophes : utilisent la matière organique pour leur énergie (animaux, certaines bactéries).
- Saprophytes : vivent sans dépendre d'un autre être vivant, se nourrissent de matières organiques en décomposition.
- Parasites : vivent en association avec un hôte.
- Commensalisme : le parasite bénéficie de l'hôte sans lui nuire (ex: Staphylococcus epidermidis).
- Symbiose : avantage mutuel pour le parasite et l'hôte (ex: Escherichia coli).
- Pathogénicité : capacité à provoquer une maladie chez l'hôte (notion qualitative).
- Virulence : capacité quantitative à déclencher une maladie infectieuse, définie par la dose infectante.
- Opportuniste : devient pathogène lorsque les défenses de l'hôte sont affaiblies.
Relations Hôte-Bactéries
- Colonisation : implantation bactérienne sur une surface cutanéo-muqueuse sans dommage pour l'hôte.
- Portage : colonisation transitoire par des bactéries pathogènes sans provoquer de maladie (porteurs sains).
- Maladie infectieuse : conflit hôte-bactérie entraînant des lésions et potentiellement une transmission.
Classification Bactérienne
La classification bactérienne est principalement phylogénétique, basée sur des critères stables (méthodes moléculaires). L'espèce est l'unité fondamentale. En bactériologie médicale, les bactéries peuvent être classées selon :- Clinique : cause de grands syndromes (méningites).
- Pathogénique : maladies dues à une même bactérie (Staphylococcus) ou mécanisme (toxi-infections).
- Biochimique (biotype).
- Antigéniques (sérotype).
- Pathogéniques (pathotypes).
- Sensibilité aux antibiotiques (antibiotypes).
- Sensibilité aux bactériophages (lysotypes).
Structure Bactérienne
| Éléments inconstants | Éléments constants |
| Capsule : couche glucidique épaisse, pouvoir pathogène, visible à l'encre de Chine. | Paroi : couche rigide assurant la forme, visible par coloration de Gram ou Ziehl. |
| Flagelle (cils) : assure la mobilité, visible par coloration de Rhodes. | Membrane : lieu de respiration, régule les échanges, visible par plasmolyse. |
| Pili (fimbriae) : fixation bactérienne, transfert de matériel génétique. | Chromosome (matériel nucléique) : unique, diffus, visible par microscopie ou colorations spéciales. |
| Spore : survie de la bactérie en conditions défavorables, résistante, visible par examen frais ou coloration de Gram/vert de malachite. | Ribosomes : constitués d'ARN et de protéines. |
| Cytoplasme : assure la synthèse des protéines. |
Différentes Formes Bactériennes
- Sphérique (cocci) : en amas (Staphylococcus), en diplocoque (Neisseria), en chaînette (Streptococcus), lancéolée (pneumocoque).
- Cylindrique (bacille) : Enterobacteriaceae.
- Bacillaire en virgule : Vibrio.
- Spiralée : Treponema.
Coloration de Gram
La coloration de Gram est une méthode essentielle pour classer les bactéries en deux groupes selon la perméabilité de leur paroi à l'alcool-acétone, qui dépend de l'épaisseur de la couche de peptidoglycane.Paroi des Bactéries Gram Positif
Elle est épaisse et riche en peptidoglycane, contenant des acides téichoïques et lipotéichoïques.Paroi des Bactéries Gram Négatif
Plus complexe, avec une membrane externe contenant des lipopolysaccharides, des lipoprotéines de Braun, des porines, un espace périplasmique et une couche fine de peptidoglycane.Étapes de la Coloration de Gram
- Coloration au violet de gentiane (ou crystal violet).
- Fixation avec le Lugol.
- Décoloration par l'alcool-acétone.
- Contre-coloration à la fuschine de Ziehl diluée ou safranine.
Facteurs Physico-Chimiques et Croissance Bactérienne
Besoins Nutritionnels
Les bactéries ont besoin d'eau, de carbone, d'azote, de minéraux et de vitamines.- Source de Carbone : matière organique (hétérotrophes) ou CO₂ (autotrophes).
- Source Énergétique : lumière (phototrophes) ou oxydation (chimiotrophes).
Types de Ciliature
La ciliature assure la mobilité des bactéries :- Polaire : monotriche (Pseudomonas aeruginosa), lophotriche, amphitriche (Pleisiomonas).
- Périphérique : péritriche (Enterobacteriaceae).
Croissance Bactérienne
Les bactéries se multiplient rapidement. La courbe de croissance comprend plusieurs phases :| Phases de croissance | Caractéristiques |
| 1. Phase de latence | Adaptation au milieu et développement des enzymes nécessaires. |
| 2. Phase exponentielle | Utilisation des nutriments et reproduction rapide. |
| 3. Phase stationnaire | Épuisement des nutriments, arrêt de la reproduction, synthèse de toxines possible. |
| 4. Phase de déclin | Manque de nourriture et accumulation de déchets entraînant la mort bactérienne. |
Température, pH et Oxygène
Les bactéries ont une température et un pH optimaux de croissance :| Température | Bactéries |
| 0 et 20°C | Psychrophiles |
| 20 et 40°C | Mésophiles |
| 40 et 60°C | Thermophiles |
| pH | Bactéries |
| Autour de 6 | Acidophiles (ex: bactéries lactiques) |
| Autour de 7 | Neutrophiles (ex: bactéries pathogènes) |
| Autour de 8 | Basophiles |
| Oxygène | Bactéries |
| Présence | Aérobies strictes (ex: Pseudomonas) |
| Absence | Anaérobies strictes (ex: Clostridium) |
| Présence ou absence | Aéro-anaérobies facultatives (Enterobacteriaceae) |
Variabilité Bactérienne : Phénotypique et Génotypique
Variabilité Phénotypique
C'est l'adaptation réversible et non héréditaire d'une population bactérienne à des conditions extérieures. Elle est liée à la régulation de l'activité des gènes (induction, répression). Ex : Salmonella perd ses flagelles en milieu phéniqué et les retrouve en dehors de ce milieu.Variabilité Génotypique
C'est une modification héréditaire et stable du génome bactérien, due à des mutations ou transferts de gènes. C'est un mécanisme crucial de l'évolution bactérienne et de l'acquisition de résistance.- Mutation : changement spontané ou induit dans l'ADN, rare, non progressif. Il peut être sélectionné naturellement (avantage physiologique) ou artificiellement (résistance aux antibiotiques). L'expérience de Lederberg a démontré la préexistence de mutants résistants aux antibiotiques.
- Transferts de gènes : transmission de caractères héréditaires entre bactéries, y compris la multirésistance.
- Transformation : incorporation de matériel génétique d'une bactérie donatrice par une réceptrice en état de compétence. Illustrée par l'expérience de Griffith avec le pneumocoque.
- Conjugaison : transfert de matériel génétique (fragments de chromosome ou plasmides) entre deux bactéries via un contact direct (pili). Illustrée par l'expérience de Lederberg et Tatum, et le transfert du facteur de fertilité F+.
- Transduction : transfert d'ADN bactérien par un bactériophage. Le phage intègre l'ADN bactérien et le transfère à une autre bactérie.
- Conversion lysogénique : acquisition de nouveaux caractères par une bactérie suite à l'intégration du prophage (génome viral latent) d'un phage tempéré dans son chromosome.
- Transformation : incorporation de matériel génétique d'une bactérie donatrice par une réceptrice en état de compétence. Illustrée par l'expérience de Griffith avec le pneumocoque.
Désinfectants et Antiseptiques
Ce sont des substances chimiques aux activités antibactériennes non sélectives.- Désinfectant : très toxique, germicide, bactéricide, pour le matériel inerte.
- Antiseptique : moins toxique, inhibe la croissance bactérienne, pour les tissus vivants (peau, muqueuses).
| Familles | Exemples | Cible et mode d'action |
| ALCOOLS | Éthanol, Isopropanol | Dénaturation des protéines (cytoplasmiques et membranaires), inhibition de la synthèse des acides nucléiques et protéines. |
| ALDEHYDES | Formaldéhyde | Altération de la paroi, inhibition de la synthèse des acides nucléiques et protéines. |
| AMMONIUMS QUATERNAIRES | Benzalkonium | Liaison aux acides gras et groupes phosphates de la membrane, fuite de constituants cellulaires, lyse. |
| BIGUANIDES | Chlorhexidine | Liaison aux acides gras et groupes phosphates de la membrane, fuite de constituants cellulaires, coagulation du cytosol. |
| HALOGÈNES | Hypochlorite de sodium (Javel), Iodes | Destruction des protéines (membranaires et chromosomiques) par halogénation. |
| OXYDANTS | Peroxyde d'hydrogène | Production de radicaux libres interagissant avec lipides, protéines et ADN. |
Définitions Pratiques
- Désinfection : décontamination microbienne (procédés physiques ou chimiques).
- Stérilisation : destruction totale des microorganismes.
- Antisepsie : prévention des infections par destruction des germes sur tissus vivants.
- Asepsie : prévention des infections en empêchant l'introduction de bactéries dans un milieu stérile.
Antibiotiques
Les antibiotiques sont des substances naturelles ou synthétiques ayant une activité antibactérienne spécifique, interférant avec la prolifération des microorganismes à des concentrations tolérées par l'hôte.Classification des Antibiotiques
Elle se fait selon : l'origine, le mode d'action, le spectre d'activité et la nature chimique.1. β-lactamines
Ces antibiotiques ciblent la synthèse du peptidoglycane.- Pénames : Pénicilline G (sensible à l'acidité gastrique, active sur CGP et CGN), Pénicilline M (antistaphylococciques, résistante à l'acidité gastrique), Aminopénicillines (spectre large), Carboxy-pénicillines (anti-Pseudomonas), Uréido-pénicillines, Amidino-pénicillines, Pénicillines/inhibiteurs de β-lactamases.
- Céphèmes (Céphalosporines) : classées en générations (Ière à IVème) selon leur spectre d'activité.
- Carbapénèmes : Imipénème, Méropénème.
- Monobactames : Aztréonam.
2. Autres Familles
| Famille | Exemples | Mode d'action principal | Toxicité/effets secondaires |
| Glycopeptides | Vancomycine, Teicoplanine | Inhibent la synthèse du peptidoglycane | — |
| Aminosides | Gentamicine, Streptomycine | Inhibent la synthèse des protéines | Néphrotoxique, ototoxicité, réactions d'hypersensibilité |
| Macrolides-Lincosamides-Streptogramine (MLS) | Érythromycine, Clindamycine, Pristinamycine | Inhibent la synthèse des protéines | Troubles hépatiques et digestifs |
| Cyclines | Tétracycline, Doxycycline | Inhibent la synthèse des protéines | Dysbiose intestinale, coloration dentaire, hépatotoxicité |
| Phénicolés | Chloramphénicol | Inhibent la synthèse des protéines | Aplasie médullaire (sauf thiamphenicol), troubles digestifs |
| Quinolones (Fluoroquinolones) | Ciprofloxacine, Ofloxacine | Inhibent les acides nucléiques | Lésions du cartilage de croissance chez l'enfant |
| Polymyxines | Polymyxine B, Colistine | Actives sur les enveloppes membranaires | Néphrotoxique |
| Sulfamides | Sulfaméthoxazole, Triméthoprime | Inhibent la synthèse des folates | Rash, cristallurie, dyscrasie sanguine |
Modes d'Action des Antibiotiques
- Inhibiteurs de la paroi (peptidoglycane) : β-lactamines, Glycopeptides, Fosfomycine.
- Inhibiteurs de la synthèse des protéines (ribosomes) : Aminosides, Macrolides, Cyclines, Phénicolés, Acide fusidique.
- Actifs sur les enveloppes membranaires : Polymyxines.
- Inhibiteurs des acides nucléiques : Quinolones, Fluoroquinolones, Rifampicine, Nitrofuranes, Novobiocine, Nitro-imidazolés.
- Inhibiteurs de la synthèse des folates : Sulfamides, Triméthoprime (souvent associés ex: cotrimoxazole).
Résistance Bactérienne
La résistance survient lorsque la concentration minimale inhibitrice (C.M.I.) de l'antibiotique nécessaire pour l'effet thérapeutique augmente significativement.- Résistance naturelle : caractéristique propre à toutes les souches d'une espèce donnée (phénotype sauvage). Ex: Entérobactéries résistantes à la Pénicilline G.
- Résistance acquise : apparaît chez une souche spécifique, souvent par mutation (chromosomique) ou transfert de gènes (extra-chromosomique via plasmides ou transposons).
Les mécanismes incluent :
- Imperméabilité de la cellule.
- Production d'enzymes inactivatrices de l'antibiotique.
- Modification de la structure de la cible de l'antibiotique.
- Mise en place de pompes à efflux qui expulsent l'antibiotique.
Bactériologie Spéciale : Cocci à Gram Positif
Genre Staphylococcus
Plus de 40 espèces, dont Staphylococcus aureus (coagulase positif) et des staphylocoques à coagulase négative (SCN) comme S. epidermidis, S. saprophyticus, S. haemolyticus, S. Lugdunensis.- Caractères généraux : cocci immobiles, asporulés, en amas, catalase positifs.
- Épidémiologie : commensal de la peau et des muqueuses (nasale), transmission par manuportage.
- Pouvoir pathogène de S. aureus :
- Infections suppuratives (folliculites, furoncles, abcès, ostéomyélites, septicémies).
- Infections nosocomiales.
- Infections non suppurées liées aux toxines : choc toxique staphylococcique (TSST-1), syndrome de la peau ébouillantée (exfoliatines), toxi-infection alimentaire (entérotoxine), entérocolite pseudomembranese.
- Pathologies liées à la Leucocidine de Panton Valentine (LPV) : furonculose chronique, pneumonies nécrosantes.
- Staphylocoques à coagulase négative (SCN) : pathogènes opportunistes, infections nosocomiales.
- S. epidermidis : endocardites, septicémies (oncologie, néonatologie), péritonites.
- S. saprophyticus : cystites chez les jeunes femmes.
- Diagnostic : examen direct (cocci Gram+ en amas), culture sur gélose (ex: Mannitol Salt Agar-MSA), tests différentiels (coagulase, DNase, mannitol, novobiocine).
- Traitement : guidé par l'antibiogramme (fréquence de souches multirésistantes, ex: SARM). Prophylaxie par mesures d'antisepsie et d'hygiène.
Genre Streptococcus
Cocci immobiles, asporulés, en chaînette, anaéro-aérobies facultatifs, catalase négatifs.- Classification : selon Lancefield (groupes A à V) et type d'hémolyse (α, β, γ).
- Streptococcus pyogenes (Groupe A) : humain, transmission directe.
- Infections aiguës suppurées (angines, scarlatine, érysipèles...).
- Complications non suppuratives (RAA, glomérulonéphrite aiguë).
- Sécrétion de toxines (streptolysines O et S, toxine érythrogène) et enzymes (streptokinase).
- Streptococcus agalactiae (Groupe B) : commensal digestif et génito-urinaire.
- Infections néonatales (septicémies, méningites).
- Streptococcus bovis/equinus (Groupe D) : commensal digestif.
- Septicémies, endocardites, méningites, infections néonatales.
- Streptococcus oraux : commensaux de la cavité buccale.
- S. mutans et S. sobrinus : caries dentaires.
- Endocardites et pneumopathies.
Bactériologie Spéciale : Bacilles à Gram Négatif
Genre Salmonella
Comprend S. enterica (avec 6 sous-espèces et plus de 2500 sérovars) et S. bongorii.- Épidémiologie : parasites obligatoires de l'intestin de l'homme et des animaux. Transmission fécale-orale par eau/aliments contaminés.
- Pouvoir pathogène :
- S. Typhi (strictement humain) : fièvre typhoïde.
- S. Paratyphi A, B, C : fièvres paratyphoïdes.
- Salmonella non Typhi (SNT) : toxi-infections alimentaires, gastro-entérites, infections invasives (chez enfants <5 ans, patients VIH+).
- Diagnostic : hémoculture, coproculture, culture sur milieux sélectifs (Mac Conkey, SS), identification biochimique et sérotypage.
- Prévention : hygiène, eau potable, vaccination (TAB, Typhim Vi).
- Traitement : fluoroquinolones ou ceftriaxone. Résistance fréquente.
Genres Citrobacter, Enterobacter et Klebsiella
Bacilles à Gram négatif, saprophytes de l'environnement et commensaux du tube digestif.- Infections : urinaires, pulmonaires, plaies, bactériémies, méningites néonatales.
- Résistance : pénicillinase (ampi R), céphalosporinase inductible, BLSE (résistance aux céphalosporines de 3ème génération).
Genre Proteus
P. mirabilis, P. vulgaris.- Épidémiologie : saprophyte ubiquitaire (eau, sol, digestif).
- Pouvoir pathogène : uropathogène (P. mirabilis), infections urinaires (urolithiases), septicémies, méningites.
- Diagnostic : croissance en vagues (swarming), odeur putride. H₂S+, uréase++.
- Traitement : sensible aux AB mais présence de β-lactamases (pénicillinase, céfuroximase).
Genre Serratia
S. marcescens.- Épidémiologie : saprophyte ubiquitaire, germe hospitalier.
- Pouvoir pathogène : opportuniste, infections nosocomiales (urinaires, bactériémies, méningites, ostéomyélites).
- Traitement : grande résistance (ampicilline, CIG).
Genre Yersinia
Y. enterocolitica (entéropathogène) et Y. pestis (agent de la peste).- Y. enterocolitica : diarrhées invasives, septicémies.
- Y. pestis : agent de la peste (bubonique ou pulmonaire), zoonose transmise par les puces, potentiel de bioterrorisme. Résistance naturelle aux β-lactamines.
Genres Vibrio et Plesiomonas
Bacilles incurvés, mobiles, oxydase positifs.- Vibrio cholerae : choléra (diarrhée aqueuse riziforme), maladie épidémique.
- Aeromonas spp. : diarrhées, infections de plaies, bactériémies.
- Plesiomonas shigeloides : gastro-entérites, septicémies (rares).
Genre Campylobacter
C. jejuni, C. coli, C. fetus.- Caractères : incurvés, très mobiles, micro-aérophiles.
- Épidémiologie : commensaux des volailles et porcs.
- Pouvoir pathogène : diarrhées fébriles muco-sanguinolentes, septicémies (C. fetus).
- Traitement : érythromycine.
Genre Helicobacter
H. pylori.- Caractères : incurvés, très mobiles, riches en uréase.
- Épidémiologie : cosmopolite, muqueuse gastrique.
- Pouvoir pathogène : gastrite, ulcère gastroduodénal, facteur de risque de cancer gastrique.
- Traitement : trithérapie (bismuth, amoxicilline, métronidazole).
Genre Haemophilus
Cocobacilles à Gram négatif, exigeants en facteurs V et/ou X.- H. influenzae : parasite humain, méningites (enfant), otites, endocardites.
- Pseudomonas aeruginosa : saprophyte ubiquitaire, infections nosocomiales (plaies, brûlures, mucoviscidose). Multi-résistant.
- HACEK group (Haemophilus, Aggregatibacter, Cardiobacterium, Eikenella, Kingella) : commensaux buccaux, causes d'endocardites et d'abcès cérébraux.
Bacilles à Gram Négatif Anaérobies Stricts
Bacteroides, Fusobacterium, Prevotella, Porphyromonas.- Bacteroides fragilis : saprophyte du tube digestif, infections post-opératoires. Résistant aux aminosides.
- Fusobacterium nucleatum : angine de Vincent, pleurésie.
- Porphyromonas gingivalis : gingivites, parodontites.
Les Spirochètes
Formes spiralées ou hélicoïdales, mobiles, Gram négatif.- Familles : Spirochaetaceae (Borrelia, Treponema), Leptospiraceae (Leptospira).
- Treponema denticola : flore buccale, abcès endodontiques, parodontites.
- Traitement : sensibles aux pénicillines, tétracyclines, azithromycine.
Bacilles à Gram Positif Aérobies
Genre Bacillus
B. anthracis (anthrax), B. cereus.- Bacillus anthracis : charbon (zoonose), agent de bioterrorisme. Toujours sensible à la pénicilline G.
Genre Corynebacterium
C. diphteriae.- Corynebacterium diphteriae : diphtérie (toxi-infection, angine pseudomembraneuse), potentiellement mortelle. Vaccin trivalent (DTCoq).
Bacilles à Gram Positif Anaérobies
Genre Lactobacillus
L. acidophilus, L. rhamnosus.- Caractères : anaérobie-aérobie facultatif, acidophile, catalase négatif.
- Épidémiologie : flore buccale normale.
- Pouvoir pathogène : processus carieux, infections opportunistes (pleurales, urinaires).
Genre Clostridium
C. tetani, C. perfringens, C. botulinum.- Caractères : anaérobies stricts, sporulés, producteurs de toxines.
- Épidémiologie : bactéries telluriques, tube digestif.
- Pouvoir pathogène :
- C. perfringens : gangrène gazeuse, septicémies.
- C. tetani : tétanos.
- C. botulinum : botulisme.
Mycobacteries
Famille des Mycobacteriaceae.- Complexe Mycobacterium tuberculosis : M. tuberculosis, M. africanum, M. bovis.
- Épidémiologie : transmission aérienne (humain), digestive (bovin). Recrudescence due au VIH.
- Pouvoir pathogène : tuberculose (pulmonaire et extra-pulmonaire).
- Diagnostic : coloration de Ziehl-Neelsen (BAAR), culture lente, PCR.
- Mycobacterium leprae : parasite obligatoire de l'homme, non cultivable.
- Pouvoir pathogène : lèpre (tropisme cutanéo-nerveux).
- Mycobacterium ulcerans : parasite de l'environnement (ulcère de Buruli).
Mycologie Médicale
Étudie les champignons microscopiques.- Morphologie : formes unicellulaires (levures, ex: Candida) ou filamenteuses (hyphes, ex: Aspergillus).
- Spores : asexuées (conidies, arthrospores, chlamydospores, sporangiospores) ou sexuées.
- Culture : milieu Sabouraud, aérobies, 25°C.
- Contamination : endogène ou exogène.
- Micromycètes :
- Levures opportunistes : Candida albicans (commensal, muguet, bactériémies, candidoses).
- Champignons dimorphiques : Histoplasma capsulatum (histoplasmoses).
- Champignons filamenteux opportunistes : Aspergillus fumigatus (saprophyte, aflatoxines).
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