Cours complet Bac STI2D EE & 2I2D

20 cartes

Ce cours détaille toutes les notions essentielles du bac STI2D en énergie‑environnement et en innovation technologique, incluant définitions, formules, méthodes de calcul, exemples, éclairage, analyse fonctionnelle, développement durable, et utilisation d'Excel pour les calculs et schémas.

20 cartes

Réviser
Question
Quels sont les différents types de courant à distinguer en électricité ?
Réponse
Il faut distinguer le courant continu (CC) et le courant alternatif (CA). Le CC a une direction constante, tandis que le CA inverse sa direction périodiquement.
Question
Qu'est-ce qu'une chaîne d'information et une chaîne d'énergie dans un système ?
Réponse
La chaîne d'information acquiert, traite et communique les informations. La chaîne d'énergie alimente et commande les composants du système, transformant et distribuant l'énergie.
Question
Quelles sont les notions importantes à connaître en Énergie et Environnement (EE) pour le bac STI2D ?
Réponse
En Énergie et Environnement (EE) pour le bac STI2D, révisez : électricité (tension, courant, puissance, énergie, loi d'Ohm, batteries, photovoltaïque, transformateurs, continu/alternatif, protections), éclairage (lux, lumens, efficacité, Dialux), développement durable (efficacité énergétique, impact, autonomie), et méthodes STI2D (analyse, calculs Excel, lecture de docs, schémas).
Question
Qu'est-ce que la loi d'Ohm et à quoi sert-elle en électricité ?
Réponse
La loi d'Ohm établit une relation entre la tension (
Question
En 2I2D, qu'est-ce que l'analyse fonctionnelle complète ?
Réponse
En 2I2D, l'analyse fonctionnelle complète englobe la bête à cornes, le diagramme pieuvre, les fonctions de service, les contraintes, le cahier des charges, les critères de performance, les chaînes d'information et d'énergie, les capteurs, actionneurs, l'automatisation, l'asservissement, les systèmes automatisés, l'acquisition et le traitement de l'information, la communication entre composants, et la comparaison de solutions techniques.
Question
Quelles sont les notions essentielles du développement durable et de l'efficacité énergétique ?
Réponse
Le développement durable vise l'équilibre entre besoins humains, préservation de l'environnement et progrès économique. L'efficacité énergétique optimise l'usage de l'énergie pour réduire la consommation et l'impact environnemental, en se concentrant sur la gestion et l'amélioration des systèmes.
Question
Qu'est-ce que l'automatisation et l'asservissement ?
Réponse
L'automatisation fait référence à l'utilisation de systèmes pour contrôler et faire fonctionner des processus et des machines avec une intervention humaine minimale. L'asservissement est un type d'automatisation où une sortie est ajustée pour suivre une référence.
Question
Quel est l'intérêt de la démarche de projet STI2D ?
Réponse
Elle permet de concevoir et réaliser des solutions techniques, en intégrant les aspects de développement durable, d'efficacité énergétique et d'impact environnemental.
Question
Quels instruments de mesure électrique sont essentiels en EE ?
Réponse
Les instruments essentiels en EE incluent le multimètre (tension, intensité, résistance), la pince ampèremétrique (intensité sans contact), et le luxmètre (niveau d'éclairement).
Question
Comment Excel peut-il être utilisé pour les calculs de puissance et d'énergie en STI2D ?
Réponse
Excel peut servir à créer des tableaux, générer des graphiques, et effectuer des calculs liés à la puissance, l'énergie et la consommation en STI2D.
Question
Quels sont les éléments clés à revoir concernant l'électricité en EE ?
Réponse
Électricité : Tension, intensité, puissance, énergie, loi d'Ohm, calculs, rendement, pertes, batteries, panneaux solaires, transformateurs, courant AC/DC, protections, mesures, schémas, sécurité, conversion, stockage. Éclairage : Lux, lumens, efficacité, éclairement, luxmètre, LED, Dialux. Outils : Excel, lecture de docs techniques, schémas, calculs.
Question
Comment évaluer la capacité et l'autonomie des batteries en Ah ?
Réponse
La capacité d'une batterie en Ampères-heures (Ah) indique la quantité de charge qu'elle peut stocker. L'autonomie s'évalue en divisant cette capacité par la consommation moyenne de l'appareil.
Question
Comment le lux et les lumens sont-ils utilisés dans les calculs d'éclairage ?
Réponse
Le lux mesure l'éclairement lumineux sur une surface, c'est l'unité de mesure utilisée dans les calculs d'éclairement. Les lumens représentent le flux lumineux total émis par une source, utilisé pour quantifier la quantité de lumière produite.
Question
Quelles sont les notions importantes à connaître en Innovation Technologique et Ingénierie du Développement Durable (2I2D) pour le bac STI2D ?
Réponse
Les notions clés en 2I2D incluent l'analyse fonctionnelle (bête à cornes, diagramme pieuvre, fonctions, contraintes, cahier des charges), la chaîne d'information et d'énergie, les capteurs/actionneurs, l'automatisation, et la comparaison de solutions techniques. Le développement durable, l'efficacité énergétique, et l'impact environnemental sont aussi centraux.
Question
Quelles sont les grandeurs électriques de base à maîtriser en EE ?
Réponse
Les grandeurs électriques clés sont la tension (V), l’intensité (A), la puissance (W) et l’énergie (J ou Wh). La loi d'Ohm (U=RI) relie tension, courant et résistance.
Question
Quels sont les principes de fonctionnement des panneaux photovoltaïques ?
Réponse
Les panneaux photovoltaïques convertissent la lumière du soleil en électricité grâce à l'effet photovoltaïque. Les photons frappent les cellules de silicium, libérant des électrons qui créent un courant continu.
Question
Quelles sont les notions relatives à l'éclairage à maîtriser ?
Réponse
Notions à maîtriser : lux, lumens, efficacité lumineuse, niveau d’éclairement, calculs de lux, utilisation d’un luxmètre, choix des luminaires, LED, consommation énergétique, simulation avec Dialux Evo et interprétation des résultats.
Question
Citez des exemples de protections électriques et leur rôle.
Réponse
Exemples de protections électriques : disjoncteurs (interrompent le circuit en cas de surcharge ou court-circuit) et fusibles (coupent le courant par fusion d'un filament en cas de surintensité). Leur rôle est d'éviter les surchauffes et les incendies.
Question
Expliquez le rôle de la bête à cornes et du diagramme pieuvre.
Réponse
La bête à cornes modélise les fonctions principales d'un système, tandis que le diagramme pieuvre représente les interfaces entre le système et son environnement.
Question
Quel est l'objectif du logiciel Dialux Evo en simulation d'éclairage ?
Réponse
L'objectif de Dialux Evo est la simulation d'éclairage, incluant le calcul des lux, l'interprétation des résultats et le choix des luminaires pour optimiser la consommation énergétique.

Cours complet STI2D — Énergie et Environnement et 2I2D

Introduction générale

Le baccalauréat STI2D (Sciences et Technologies de l'Industrie et du Développement Durable) exige une maîtrise intégrée de concepts technologiques, énergétiques et systémiques. Ce cours couvre l'ensemble des notions fondamentales en Énergie et Environnement (EE) et en Innovation Industrielle et Ingénierie Durable (2I2D), avec focus sur les applications pratiques, les formules essentielles et les méthodes d'analyse recommandées aux épreuves.

---

PARTIE 1 : ÉLECTRICITÉ ET ÉNERGIE

1.1 Concepts fondamentaux de l'électricité

Tension électrique

Définition : La tension (ou différence de potentiel) est la force qui pousse les électrons à circuler dans un circuit. Elle est mesurée en volts (V).

  • Tension continue (DC) : Tension constante dans le temps, fournie par les batteries et les panneaux photovoltaïques. Polarité fixe (+ et −).
  • Tension alternative (AC) : Tension qui change de direction périodiquement, fournie par le réseau électrique. Décrite par une sinusoïde : , où est l'amplitude et la fréquence (50 Hz en France).
  • Tension efficace (RMS) : Valeur équivalente en continu d'une tension alternative. . En France, pour le réseau domestique.

Mesure : Le voltmètre se branche en parallèle sur la charge. Impédance interne très élevée (idéalement infinie) pour ne pas perturber le circuit.

Intensité du courant électrique

Définition : L'intensité est la quantité d'électrons qui circule par unité de temps. Elle est mesurée en ampères (A).

, où est la charge en coulombs (C) et le temps en secondes (s).

  • Courant continu : Intensité constante et unidirectionnelle.
  • Courant alternatif : Intensité sinusoïdale qui change de direction. Valeur efficace : .

Mesure : L'ampèremètre se branche en série dans le circuit (interruption du circuit). Impédance interne très faible (idéalement nulle).

Pince ampèremétrique : Instrument qui mesure l'intensité sans interruption du circuit. Le courant crée un champ magnétique qui est détecté par la pince. Pratique pour les mesures sur installations existantes.

Résistance électrique

Définition : La résistance caractérise l'opposition d'un matériau au passage du courant. Mesurée en ohms (Ω).

, où est la résistivité du matériau (Ω·m), la longueur du conducteur (m) et la section (m²).

  • Résistances en série : . L'intensité est identique à travers chaque résistance.
  • Résistances en parallèle : . La tension est identique aux bornes de chaque résistance.

Mesure : L'ohmmètre ou multimètre (fonction ohmmètre) mesure la résistance. Le circuit doit être hors tension. L'appareil injecte un petit courant de test.

1.2 Loi d'Ohm et ses applications

Loi d'Ohm : La relation fondamentale entre tension, intensité et résistance.

est la tension en volts, la résistance en ohms et l'intensité en ampères.

Variantes utiles :

  • (calcul de l'intensité)
  • (calcul de la résistance)

Application 1 : Dimensionnement d'une installation

Un radiateur doit fonctionner sur 230 V alternatif avec une intensité de 5 A. Quelle est sa résistance ?

Application 2 : Vérification de conformité

Un circuit dispose d'une résistance de 10 Ω. Tension disponible : 48 V continu. Intensité maximale : 6 A. Le circuit est-il conforme ?

Intensité théorique : . Résultat conforme (< 6 A).

1.3 Puissance et énergie électriques

Puissance électrique

Définition : La puissance est l'énergie délivrée ou consommée par unité de temps. Mesurée en watts (W).

Formule générale (continu et alternatif) :

Avec la résistance (continu) :

Puissance en alternatif avec facteur de puissance :

est le facteur de puissance (déphasage entre tension et courant).

  • : circuit purement résistif (chauffage, éclairage). Puissance active = puissance totale.
  • : circuit inductif ou capacitif (moteurs, transformateurs). Il existe une puissance réactive qui ne produit pas de travail utile.

Types de puissance en alternatif :

  • Puissance active (P) : Puissance utile pour effectuer un travail (W).
  • Puissance réactive (Q) : Puissance stockée et restitutée (VAR).
  • Puissance apparente (S) : (VA).

Énergie électrique

Définition : L'énergie est la puissance consommée sur une durée. Mesurée en joules (J) ou kilowattheures (kWh).

Conversions d'unités :

  • 1 kWh =
  • 1 W·h = 3 600 J
  • Pour convertir en joules :
  • Pour convertir en kWh :

Application : Calcul de consommation domestique

Un appareil de 2 000 W fonctionne 3 heures par jour pendant 30 jours.

Énergie =

Coût (à 0,15 €/kWh) =

1.4 Rendement énergétique et pertes

Définition : Le rendement est le rapport entre l'énergie utile produite et l'énergie totale consommée.

ou

Rendement de systèmes courants :

Système Rendement typique
Moteur électrique (continu) 80–95 %
Moteur alternatif 75–90 %
Transformateur 95–99 %
Lampe incandescente 5 %
Lampe halogène 10–15 %
Lampe fluorescente 20–25 %
LED 40–70 %
Panneau photovoltaïque 15–22 %

Pertes d'énergie :

ou en termes de puissance :

Application : Calcul de pertes dans un câble électrique

Un câble de 50 m transporte 10 A. Sa résistance est de 0,2 Ω/km.

Résistance totale du câble :

Puissance dissipée :

Si la puissance totale transportée est 2 300 W, le rendement est :

Méthode d'amélioration du rendement :

  • Augmenter la tension : Pour une puissance fixe, augmenter U diminue I et donc les pertes .
  • Réduire les résistances : Utiliser des conducteurs de meilleure qualité, de section plus importante.
  • Minimiser les appareils en cascade : Chaque conversion réduit le rendement global.

1.5 Batterie et stockage d'énergie

Capacité et autonomie

Capacité en ampère-heures (Ah) : Quantité totale de charge qu'une batterie peut fournir.

est la charge en coulombs (C) ou ampère-heures (Ah).

Conversion : 1 Ah = 3 600 C (car 1 A = 1 C/s, donc 1 A × 3 600 s = 3 600 C)

Autonomie (durée de décharge) :

Application 1 : Autonomie d'un système

Une batterie 12 V de 100 Ah alimente une charge qui consomme 5 A.

Autonomie :

Application 2 : Énergie stockée

Énergie = Tension × Capacité

Types de batteries

Type Tension unitaire Avantages Inconvénients Usage
Batterie au plomb (Pb) 2 V/cellule Bon marché, puissant Lourd, effet mémoire, durée limitée Automobiles, onduleurs
Lithium-ion (Li-ion) 3.6–3.7 V/cellule Compact, haute densité, pas d'effet mémoire Coûteux, sensible à la chaleur Téléphones, véhicules électriques, systèmes PV
Nickel-Métal Hydrure (NiMH) 1.2 V/cellule Sûr, pas de toxicité Autodécharge importante Appareils portables
Nickel-Cadmium (NiCd) 1.2 V/cellule Robuste, bon à basse température Très toxique, interdite en EU Obsolète

Décharge des batteries

Facteurs affectant la durée de vie :

  • Température : Les batteries se dégradent plus vite à haute température (30–50 °C).
  • Profondeur de décharge : Limiter les décharges complètes augmente le nombre de cycles.
  • Courant de décharge : Un courant élevé réduit la capacité disponible et accélère l'usure.
  • Charge complète : Maintenir une batterie à 100 % constantement réduit sa durée de vie.

Autonomie théorique vs réelle :

L'autonomie réelle est souvent inférieure à la valeur nominale (Ah / I) car :

  • La tension baisse au cours de la décharge.
  • Le courant de décharge affecte la capacité disponible (loi de Peukert).
  • Des appareils ont des consommations variables.

1.6 Panneaux photovoltaïques et production d'énergie

Principes de fonctionnement

Effet photovoltaïque : Conversion directe de la lumière en électricité via l'effet photoélectrique dans les cellules de silicium (ou autre semi-conducteur).

Paramètres essentiels d'un panneau :

  • Tension à circuit ouvert (Voc) : Tension maximale sans charge (≈ 37–38 V pour un panneau 12 V).
  • Courant de court-circuit (Icc) : Courant maximal quand les bornes sont en court-circuit.
  • Point de puissance maximale (MPP) : Combinaison de tension et courant donnant la puissance maximale.
  • Puissance nominale (Wc ou Wp) : Puissance en conditions standard (1 000 W/m², 25 °C).

Calcul de production d'énergie

Ensoleillement global horizontal (GHI) : Énergie solaire reçue par unité de surface en un jour (exprimée en kWh/m²/jour).

En France, GHI varie de 2–5 kWh/m²/jour selon la région.

Production journalière d'un panneau :

inclut le rendement du panneau, de l'onduleur et les pertes de câbles (tyiquement 0,75–0,85).

Application : Production annuelle

Panneau 300 Wc, GHI = 3.5 kWh/m²/jour (moyenne annuelle France), rendement système = 0.80.

Production annuelle =

Couracteristiques IV d'un panneau photovoltaïque

Courbe I-V : Relation entre courant et tension à une irradiance et température données.

  • À voltage zéro : courant = Icc (court-circuit).
  • À courant zéro : tension = Voc (circuit ouvert).
  • Le point de puissance maximale se situe dans la zone où le produit I × V est maximal (généralement vers 75–80 % de Voc).

Impact de l'irradiance : Quand l'irradiance augmente, Icc augmente proportionnellement, mais Voc augmente logarithmiquement (léger effet).

Impact de la température : Quand la température augmente, Voc et la puissance diminuent (coefficient tyiquement −0.5 %/°C). Icc augmente légèrement (+0.05 %/°C).

Mise en série et parallèle de panneaux

Panneaux en série (chaîne) : Les tensions s'ajoutent. Les courants restent identiques (égal au plus faible de la chaîne). Utilisation : augmenter la tension pour la transmission ou l'onduleur.

,

Panneaux en parallèle : Les courants s'ajoutent. Les tensions restent identiques (égale à la plus faible). Utilisation : augmenter le courant.

,

Problème d'ombrage : Si un panneau en série est ombragé, tout le courant de la chaîne est limité au courant du panneau ombragé. Solution : utiliser des diodes de bypass.

1.7 Transformateurs

Principes de base

Définition : Appareil qui transforme une tension alternative en une autre tension alternative, sans modifier la fréquence.

Rapport de transformation :

sont les nombres de spires primaire et secondaire, les tensions, les courants.

Relation de puissance (transformateur idéal) :

Types :

  • Transformateur élévateur : , tension augmente, courant diminue.
  • Transformateur abaisseur : , tension diminue, courant augmente.

Application : Dimensionnement de transformateur

Installation nécessite 48 V continu à partir du réseau 230 V. Un transformateur abaisseur 230/48 V est suivi d'un redresseur.

Courant secondaire demandé : 20 A.

Courant primaire théorique :

Puissance apparente :

1.8 Redressement et ondulation

Redresseur (rectifier) : Convertit le courant alternatif en continu.

  • Redressement mono-alternance : Une seule demi-période est conservée. Tension moyenne = . Très peu efficace (ripple important).
  • Redressement double alternance (pont de Graetz) : Les deux demi-périodes sont redressées. Tension moyenne = . Ondulation réduite.

Lissage : Un condensateur placé en sortie du redresseur réduit l'ondulation. Plus sa capacité est grande, plus lisse la tension continue (facteur de ripple réduit).

Onduleur (inverter) : Convertit le courant continu en alternatif. Utilisé pour systèmes autonomes ou raccordés au réseau.

1.9 Protections électriques

Fusibles

Fonctionnement : Fil conducteur qui fond quand le courant dépasse une valeur nominale, coupant le circuit.

Avantages : Simple, peu coûteux, pas d'usure pour surcharges modérées.

Inconvénients : À remplacer après chaque déclenchement, temps de réaction élevé pour les surcharges, ne protège pas contre les chocs électriques.

Disjoncteurs thermiques

Fonctionnement : Bilame bimétallique qui se déforme quand le courant dépasse la valeur nominale, libérant un mécanisme de déclenchement.

Avantages : Réarmable, bon marché, longue durée de vie.

Inconvénients : Temps de réaction plus lent qu'électromagnétique pour les surcharges très importantes, ne protège pas contre les chocs électriques.

Disjoncteurs magnétiques

Fonctionnement : Électroaimant qui actionne un mécanisme de déclenchement quand le courant dépasse un seuil fixe, en moins de 10 ms.

Avantages : Protection très rapide contre les courts-circuits.

Inconvénients : Sensible aux petites surcharges prolongées, ne protège pas contre les chocs électriques.

Disjoncteurs différentiels (DDR)

Fonctionnement : Compare le courant entrant et sortant. Si une différence apparaît (fuite à la terre), le circuit se coupe. Seuil tyiquement 30 mA.

Protection : Contre les chocs électriques et les fuites à la terre. Indispensable dans les salles humides et pour les circuits mobiles.

Normes :

  • DDR Type AC : détecte les courants de fuite CA.
  • DDR Type A : détecte CA et CA redressé (électroménager moderne).
  • DDR Type B : détecte aussi CC et CA redressée lissée.

Coupe-circuits et isolateurs

Isolateur : Sectionne entièrement le circuit (câbles de phase et neutre). Utilisé pour la maintenance.

Coupe-circuit : Appareil combinant isolation et protection (fusible ou disjoncteur).

1.10 Mesures électriques — Multimètre et pince ampèremétrique

Multimètre digital

Fonctions principales :

  • Voltmètre (V~ ou V=) : Mesure la tension CA ou CC. Branchement en parallèle.
  • Ampèremètre (A~ ou A=) : Mesure l'intensité CA ou CC. Branchement en série (interruption du circuit).
  • Ohmmètre (Ω) : Mesure la résistance. Sélectionner la bonne gamme. Circuit hors tension obligatoire.
  • Testeur de continuité : Vérifie si un circuit est fermé (pas de coupure, son continu).

Sélection de la gamme : Choisir une gamme légèrement supérieure à la valeur attendue pour précision maximale.

Erreurs courantes :

  • Laisser le sélecteur en mode courant quand on mesure la tension → court-circuit du circuit.
  • Mesurer un courant de 230 V → risque d'électrocution et destruction du multimètre.
  • Oublier d'éteindre la source avant de mesurer une résistance → erreur de lecture ou dégâts.

Pince ampèremétrique

Avantage : Mesure sans interruption du circuit. Détecte le champ magnétique créé par le courant.

Utilisation : Sélectionner CA ou CC, placer les mâchoires autour d'un seul câble (aller ou retour, pas les deux), appuyer pour refermer.

Limitation : Ne mesure que le courant alternatif efficacement (pour CA). Certains modèles mesurent aussi le CC (technologie True RMS).

Précision : Généralement ±2–3 % de la lecture + 2 points.

1.11 Schémas électriques

Symboles fondamentaux

Source :

  • Source CC : cercle avec — et + ou deux lignes parallèles inégales.
  • Source CA : cercle avec onde sinusoïdale.

Résistance : Zigzag ou rectangle.

Interrupteur : Ligne brisée (position ouvert) ou trait continu (fermé).

Lamp : Cercle avec croix.

Moteur : Cercle avec M.

Transformateur : Deux bobines côte à côte.

Batterie : Longue ligne (−) et plusieurs courtes lignes (+).

Fusible : Segment avec petit carré.

Disjoncteur : Symbole d'interrupteur avec trait angulé pour déclenchement.

Mise à la terre : Trois traits horizontaux décroissants.

Types de schémas

Schéma unifilaire : Représente les circuits avec une seule ligne, indique les charges, protections et liaisons. Utilisé pour les installations générale.

Schéma multifilaire : Représente chaque conducteur individuellement. Montre tous les détails des connexions, des protections et des branchements. Plus détaillé mais aussi plus complexe.

Schéma développé : Représente la chaîne d'énergie/information verticalem ent pour bien montrer la logique de fonctionnement.

1.12 Courant continu et courant alternatif — Comparaison

Paramètre Courant continu (DC) Courant alternatif (AC)
Direction du courant Unidirectionnelle (constant) Bidirectionnelle (sinusoïdale)
Polarité Fixe (+ et −) Pas de polarité fixe
Sources typiques Batteries, panneaux solaires, convertisseurs Réseau électrique, alternateurs
Transmission longue distance Pertes plus importantes (faible tension) Très efficace (haute tension via transformateur)
Stockage Facile (batteries) Difficile (convertir en DC puis stocker)
Moteurs Moteurs CC (simples, robustes) Moteurs AC (puissants, complexes)
Appareils électroménagers Appareils portables Gros appareils (chauffage, climatisation)
Sécurité Moins de risques d'électrocution Plus dangereux (effet musculaire)

1.13 Sécurité électrique

Dangers principaux :

  • Électrocution : Passage du courant à travers le corps. Seuils de danger :
    • 0–1 mA : Pas de sensation.
    • 1–10 mA : Sensations, contractons musculaires.
    • 10–50 mA : Paralysie musculaire, arrêt respiratoire.
    • > 50 mA : Fibrillation cardiaque, décès probable.
  • Arc électrique : Décharge violente entre conducteurs provoquant brûlures graves et projections.
  • Feu : Échauffement excessif d'un conducteur causant l'incendie.

Équipement de protection :

  • Disjoncteur différentiel 30 mA (protège contre l'électrocution).
  • Gants isolants, tapis isolants.
  • Testeur de présence de tension avant tout travail.
  • Outils isolés.

Bonnes pratiques :

  • Toujours couper l'alimentation avant intervention.
  • Vérifier que l'alimentation est coupée (testeur de tension).
  • Ne jamais travailler seul sur une installation haute tension.
  • Porter des vêtements appropriés (pas de métaux).
  • Éviter les mains mouillées.
---

PARTIE 2 : ÉCLAIRAGE

2.1 Concepts fondamentaux de l'éclairage

Flux lumineux

Définition : Quantité totale de lumière émise par une source. Mesurée en lumens (lm).

Un lumen est le flux lumineux d'une source qui rayonne uniformément 1 candela dans un angle solide de 1 stéradian.

Ordre de grandeur :

  • Bougie : 12 lm
  • Lampe incandescente 60 W : 800 lm
  • Lampe fluorescente 18 W : 1 200 lm
  • LED 10 W : 800–1 000 lm
  • Soleil à midi : ~130 000 lm/m²

Intensité lumineuse

Définition : Flux lumineux par unité d'angle solide, dans une direction donnée. Mesurée en candelas (cd).

est le flux lumineux (lm) et l'angle solide (stéradians, sr).

Remarque : L'intensité dépend de la direction. Une lampe avec réflecteur crée une intensité plus élevée dans certaines directions.

Éclairement lumineux (Lux)

Définition : Flux lumineux reçu par unité de surface. Mesurée en lux (lx).

est le flux lumineux (lm) et la surface (m²).

Relation avec la distance et l'intensité :

L'éclairement diminue proportionnellement au carré de la distance (loi de l'inverse du carré).

Niveaux d'éclairement typiques :

Environnement Éclairement (lux)
Ciel couvert dehors 10 000–25 000
Bureau avec lumière naturelle 500–1 000
Bureau sans lumière naturelle 500 (normes)
Atelier général 500
Atelier précision 1 000–2 000
Escalier 100–200
Couloir 100–200
Chambre 100–150
Rue (éclairage minimal) 5–10
Rue (éclairage normal) 20–50

Luminance

Définition : Intensité lumineuse par unité de surface apparente de la source. Mesurée en candelas par mètre carré (cd/m²).

Importance : Détermine la sensation d'éblouissement et le confort visuel. Lumière trop intense (haute luminance) crée de l'éblouissement.

2.2 Efficacité lumineuse

Définition : Rapport entre le flux lumineux émis et la puissance électrique consommée.

mesurée en lumens par watt (lm/W).

Efficacité typique des sources :

Type de source Efficacité (lm/W) Durée de vie (heures)
Bougie 0.3
Incandescente 60 W 13–15 1 000
Halogène 500 W 18–20 2 000–3 000
Fluorescent T8 (traditionnel) 40–60 10 000–15 000
Fluorescent T5 (compact) 80–100 15 000–20 000
LED blanc chaud 3000 K 60–80 30 000–50 000
LED blanc neutre 4000 K 70–90 30 000–50 000
LED blanc froid 6500 K 80–120 30 000–50 000

2.3 Calcul du niveau d'éclairement

Méthode par flux lumineux

Formule simple : Pour une pièce uniformément éclairée par des luminaires identiques et régulièrement distribués.

où :

  • = nombre de luminaires
  • = flux lumineux de chaque source (lm)
  • = rendement de l'installation (facteur tenant compte des réflexions et des pertes, généralement 0.6–0.8)
  • = surface de la pièce (m²)

Application : Bureau de 20 m² necessitant 500 lux. Luminaires avec 3 000 lm chacun, rendement 0.7.

Nombre de luminaires :

Méthode par intensité et distance

Pour une source ponctuelle directement au-dessus d'une surface :

Pour une source avec angle d'émission :

est l'angle entre l'émission et la normale à la surface.

Application : Projecteur avec intensité 1 000 cd, placé 10 m au-dessus d'une surface, émission perpendiculaire.

2.4 Mesure de l'éclairement — Luxmètre

Principe : Convertit la lumière reçue en signal électrique mesurant l'éclairement en lux.

Utilisation :

  • Placer le capteur sur la surface à mesurer.
  • Orienter perpendiculairement à la direction principale de la lumière.
  • Laisser stabiliser quelques secondes.
  • Lire la valeur en lux.

Facteurs de précision :

  • Position du capteur : Légèrement au-dessus de la surface (généralement 1 cm).
  • Orientation : Perpendiculaire au flux dominant pour mesure exacte.
  • Étalonnage : Vérifier régulièrement l'étalonnage, notamment par rapport à la lumière du jour.

Erreurs courantes :

  • Ne pas attendre la stabilisation (variations rapides quand lampe s'allume).
  • Placer le capteur sur une surface réfléchissante (fausse lecture).
  • Oublier qu'une ombre du corps affecte la mesure.

2.5 Types de luminaires et sources de lumière

Lampe incandescente

Principe : Filament de tungstène chauffé à très haute température (~2 900 K). Émet une lumière orange-rouge.

Caractéristiques :

  • Efficacité : 13–15 lm/W
  • Durée de vie : 1 000 heures
  • Indice de rendu de couleur (IRC) : 100 (référence)
  • Coût initial : très bas
  • Infrarouge émis : 95 % (beaucoup de chaleur)

Avantages : Lumière chaleureuse, dimmable sans appareil supplémentaire, bon marché.

Inconvénients : Très peu efficace, courte durée de vie, beaucoup de chaleur.

Statut : Interdite en Europe depuis 2012 (sauf certains usages spécifiques).

Lampe halogène

Principe : Tube avec filament tungstène et gaz halogène (iode, brome) à haute pression. Température plus élevée (~3 000 K).

Caractéristiques :

  • Efficacité : 18–20 lm/W
  • Durée de vie : 2 000–3 000 heures
  • IRC : 100
  • Plus compact que incandescente

Avantages : Légèrement plus efficace et durable que incandescence, lumière comparable, dimmable.

Inconvénients : Toujours peu efficace, très chaud (risque de brûlure), IR élevé, nécessite transformateur pour basse tension.

Usage : Éclairage architectural, projecteurs de secours, certains éclairages extérieurs.

Tube fluorescent (néon)

Principe : Arc électrique entre deux électrodes dans un tube rempli de gaz inerte et de mercure. Phosphore sur les parois émet la lumière visible.

Types :

  • Fluorescent classique (T12, T10) : Diamètre large, ballast ferromagnétique. Rendement moyens.
  • T8 : Diamètre réduit, meilleur rendement, ballast électronique. Standard actuellement.
  • T5 : Très petit diamètre, rendement excellent, ampoules tubulaires compactes.

Caractéristiques (T8) :

  • Efficacité : 40–60 lm/W (classique), 80–100 lm/W (T5)
  • Durée de vie : 10 000–20 000 heures
  • Température de couleur : 2 700 K (blanc chaud) à 6 500 K (blanc froid)
  • IRC : 60–90

Avantages : Bon rendement, longue durée de vie, nombreuses options de couleur, peu de chaleur.

Inconvénients : Ballast requis, fluctuation lumineuse possible (avec ballast ferromagnétique), contient du mercure (toxique).

Ballast : Appareil qui limite le courant et fournit une impulsion d'allumage. Ballast électronique (plus cher) réduit le scintillement.

Lampe fluorescente compacte (LFC)

Principe : Tube T5 ou T4 replié sur lui-même pour tenir dans une douille standard (E27 ou E14).

Caractéristiques :

  • Efficacité : 50–80 lm/W
  • Durée de vie : 8 000–15 000 heures
  • Ballast électronique intégré

Avantages : Remplacement direkt des incandescentes, durée de vie bien meilleure, 75 % moins d'énergie.

Inconvénients : Allumage lent, scintillement possible (si ballast bas de gamme), IRC variable.

Diode électroluminescente (LED)

Principe : Composant semi-conducteur qui émet de la lumière quand un courant passe. Technologie en émergence rapide.

Types :

  • LED rouge, verte, bleue : Monochrome pour applications spécifiques.
  • LED blanche : Phosphore converti avec résonateur (LED bleue + phosphore jaune).
  • LED RGBW : Mélange rouge-vert-bleu-blanc pour lumière variable.

Caractéristiques :

  • Efficacité : 60–120 lm/W (dépend de la couleur et de la température)
  • Durée de vie : 30 000–100 000+ heures (50 000 heures nominal standard)
  • Température de couleur : 2 700 K à 6 500 K (et au-delà)
  • IRC : 70–95 (certaines excellentes qualités : 95+)
  • Directionnalité : Angle très ferré (~100–120°)

Avantages : Très efficace, ultra durable, peu de chaleur (10 % énergie), pas de mercure, nombreuses couleurs et formes, allumage instantané, très dimmable.

Inconvénients : Coût initial élevé (mais amorti rapidement), angle de diffusion limité nécessitant réflecteurs, quelques qualités médiocres sur IRC ou couleur, besoin d'un driver (alimentation constante CC).

Comparaison coût global :

Source Puissance Coût initial Durée de vie (h) Coût total sur 25 000 h (électricité + ampoule)
Incandescente 60 W 60 W 1 € 1 000 60 € (électricité) + 25 € (ampoules) = 85 €
Halogène 42 W 42 W 5 € 2 000 42 € + 62 € = 104 €
LFC 15 W 15 W 5 € 10 000 15 € + 12 € = 27 €
LED 10 W 10 W 10 € 50 000 10 € + 5 € = 15 €

Hypothèse : 5 heures d'utilisation/jour, tarif 0.15 €/kWh.

2.6 Température de couleur et rendu des couleurs

Température de couleur (Kelvin)

Définition : Température (en Kelvin) d'une source de lumière noire idéale qui aurait la même apparence chromatique.

  • 2 700 K : Blanc chaud (lampe incandescente, confortable, intimiste).
  • 3 000 K : Blanc chaud (LED standard intérieur).
  • 4 000 K : Blanc neutre (office, indifférent).
  • 5 000 K : Blanc frais (atelier, motivation).
  • 6 500 K : Blanc froid (ciel couvert, alertness).
  • > 7 000 K : Bleu (très froid, rarement utilisé).

Indice de rendu des couleurs (IRC)

Définition : Évalue la fidélité avec laquelle une source de lumière reproduit les couleurs d'un objet référence (0–100).

  • IRC = 100 : Reproduction parfaite (référence : lumière du jour ou incandescente).
  • IRC ≥ 90 : Très bon rendu.
  • IRC 80–90 : Bon rendu.
  • IRC < 80 : Rendu acceptabe pour éclairage industriel.

Importance : Dans un environnement où les couleurs doivent être exactes (vêtements, peinture, aliments), IRC élevé est crucial.

2.7 Calcul de consommation énergétique en éclairage

Puissance totale installée :

Énergie annuelle :

Application : Comparaison de solutions d'éclairage

Bureau de 40 m² necessitant 500 lux.

Option 1 : Fluorescent T8 (3 000 lm, 36 W)

Nombre de luminaires :

Puissance totale :

Option 2 : LED (3 000 lm, 25 W)

Nombre de luminaires : 9

Puissance totale :

Économie : moins d'énergie avec LED.

Sur 8 heures/jour, 250 jours/an : économisés.

À 0.15 €/kWh : économie = 29.7 € par an.

2.8 Utilisation de Dialux Evo — Simulation d'éclairage

Dialux Evo : Logiciel de simulation d'éclairage et de rendu 3D (gratuit) développé par DIAL GmbH. Permet de concevoir, optimiser et visualiser les installations lumineuses.

Fonctionnalités principales

  • Modélisation 3D : Import ou création de plans de pièces, murs, mobilier, fenêtres.
  • Calcul d'illuminance : Calcul photométrique détaillé (Lux, uniformité, éblouissement).
  • Base de données luminaires : Accès à des milliers de modèles réels avec données photométriques.
  • Rendu visuel : Visualisation réaliste (images de synthèse).
  • Rapport : Export de tableaux de valeurs d'éclairement, graphiques, images.

Étapes de base

  1. Créer un projet : Nouvelle pièce, importation de plan AutoCAD ou manuel.
  2. Définir les surfaces : Réflectance des murs, plafond, sol (pourcentages).
  3. Placer les luminaires : Sélectionner modèles dans la base de données, positionner, orienter.
  4. Calculer : Lancer le calcul photométrique (quelques secondes à minutes).
  5. Analyser les résultats : Visualiser faux-couleurs, valeurs ponctuelles, uniformité.
  6. Optimiser : Ajuster nombre, type, position des luminaires pour atteindre les normes.
  7. Exporter rapport : Tableau de valeurs, images, recommandations.

Lecture et interprétation des résultats

Carte d'illuminance (faux-couleurs) :

  • Bleu foncé : Très faible (< 50 lux).
  • Bleu/Cyan : Faible (50–200 lux).
  • Vert : Moyen (200–500 lux).
  • Jaune/Orange : Bon (500–1 000 lux).
  • Rouge : Très bon/excessif (> 1 000 lux).

Uniformité (U0 et U1) :

  • : Uniformité générale (≥ 0.4 recommandé).
  • : Uniformité extrême (≥ 0.1 recommandé).

Valeurs ponctuelles : Tableaux affichant l'éclairement précis à chaque point de grille.

Indicateurs d'éblouissement :

  • Indice d'éblouissement unifié (UGR) : Valeur numérique (0–100). UGR < 19 acceptable pour bureaux, UGR < 22 pour atelier.
  • Luminance des sources : Vérifier que les luminaires ne créent pas de zones très lumineuses inconfortables.

Consommation énergétique : Dialux estime la puissance totale et peut calculer les coûts énergétiques annuels.

Erreurs courantes :

  • Oublier de définir correctement la réflectance (affecte fortement le résultat).
  • Placer les points de calcul trop haut (au lieu du plan de travail réel, 0.75 m).
  • Ignorer les ombres créées par obstacles.
  • Négliger l'UGR (peut être acceptable en lux mais inconfortable).
---

PARTIE 3 : 2I2D — ANALYSE FONCTIONNELLE ET SYSTÈMES AUTOMATISÉS

3.1 Analyse fonctionnelle générale

Bête à cornes (ou diagramme de Forchier)

Objectif : Identifier rapidement le rôle, les utilisateurs et les contraintes d'un produit/système.

Structure : Trois questions fondamentales :

  1. À qui le produit rend-il service ? (Utilisateur principal)
  2. Sur quoi agit le produit ? (Objet transformé)
  3. Quel en est l'usage ? (Service/fonction principale)

Représentation visuelle : Triangle avec les trois acteurs (utilisateur, produit, objet) aux sommets, et trois flèches indiquant les relations.

Application : Cuiseur solaire

  • À qui : Cuisinier/utilisateur en zone sans électricité.
  • Sur quoi : Aliments bruts.
  • Usage : Cuire les aliments via l'énergie solaire.

Diagramme pieuvre (ou diagramme d'interactions)

Objectif : Identifier toutes les interactions du système avec son environnement (utilisateur, contraintes, autres systèmes).

Structure :

  • Cercle central : Produit/système.
  • Cercles externes : Acteurs/éléments de l'environnement (utilisateurs, éléments nature, autres systèmes).
  • Flèches : Interactions bidirectionnelles.

Fonctions identifiées :

  • Fonction principale (FP) : Service central rendu au client.
  • Fonctions contraintes (FC) : Interactions avec l'environnement imposées par les normes, sécurité, physique.

Application : Aspirateur domestique

  • FP : Aspirer la poussière du sol.
  • FC1 : Respecter les normes de sécurité électrique.
  • FC2 : Communiquer avec l'utilisateur (sons, leds).
  • FC3 : Résister aux environnements humides (salle de bain).
  • FC4 : Minimiser le bruit (< 85 dB en moyenne).
  • FC5 : Être stockable (dimension raisonnable).

3.2 Fonctions de service et cahier des charges

Fonctions de service

Définition : Services rendus par le produit pour satisfaire les besoins de ses utilisateurs.

Types :

  • Fonction de service principale : Cœur du produit (ex : éclairage pour une lampe).
  • Fonction de service complémentaire : Services additionnels (ex : variateur de lumière).
  • Fonction de service de contrainte : Exigences imposées (ex : sécurité, environnement).

Exemple : Chauffe-eau solaire

  • FS1 : Chauffer l'eau potable via l'énergie solaire.
  • FS2 : Fournir une eau à température régulée.
  • FS3 : Résister aux intempéries (pluie, neige, vent).
  • FS4 : Être sûr (pas de fuite, isolement électrique).
  • FS5 : Minimiser les pertes thermiques.

Cahier des charges

Définition : Document qui spécifie précisément tous les critères de performance, contraintes techniques et juridiques que le produit doit satisfaire.

Structure :

  • Présentation générale : Contexte, objectif, utilisateurs.
  • Fonctions de service : Liste avec critères d'appréciation et niveaux à atteindre.
  • Contraintes : Normes, sécurité, environnement, durabilité.
  • Critères de performance : Mesurables (vitesse, rendement, durée de vie, coût).
  • Limites : Conditions extrêmes d'utilisation.

Exemple de critère pour chauffe-eau solaire :

Fonction/Contrainte Critère Niveau cible Flexibilité
FS1 : Chauffer l'eau Température d'eau chaude 60 °C ±2 °C
FS2 : Régulation Temps d'atteinte 60 °C < 2 heures Flexibilité hiver limité
FS3 : Durabilité Durée de vie panneau solaire 25 ans Garanti 10 ans
Sécurité Pression max 10 bar ±0.5 bar
Sécurité Surchauffe max 90 °C Critique
Environnement Résistance neige 100 kg/m²

3.3 Chaîne d'information et chaîne d'énergie

Chaîne d'énergie

Définition : Ensemble des transformations et conversions d'énergie depuis la source jusqu'à l'action mécanique utile.

Blocs fonctionnels :

  1. Source d'énergie : Électricité (réseau, batterie), énergie thermique, solaire, mécanique.
  2. Conversion : Transformateur électrique, convertisseur DC/DC, moteur (électricité → mécanique).
  3. Transmission : Réducteur, multiplicateur, engrenages, courroies.
  4. Action utile : Mouvement (rotation, translation), lumière, chaleur.

Exemple : Portail automatique électrique

  • Source : Électricité réseau 230 V AC.
  • Conversion : Moteur électrique AC (transforme électricité en rotation).
  • Transmission : Réducteur mécanique (réduit vitesse, augmente couple).
  • Action : Rotation du portail autour de ses gonds.

Pertes : À chaque étape, une partie de l'énergie se dissipe en chaleur (frottements, résistances électriques, etc.). Rendement global = produit des rendements intermédiaires.

Chaîne d'information

Définition : Ensemble des traitements des signaux (captage, transmission, traitement, décision) pour commander la chaîne d'énergie.

Blocs fonctionnels :

  1. Acquisition : Capteurs convertissent phénomènes physiques en signaux électriques (température, lumière, distance, etc.).
  2. Transmission : Câbles, protocoles de communication (CAN, Modbus, Wi-Fi, Bluetooth).
  3. Traitement : Microcontrôleur/PLC traite signaux et applique logique de décision (programme).
  4. Commande : Signaux de sortie vers actionneurs de la chaîne d'énergie (relais, contacteurs, variateurs).

Exemple : Portail automatique intelligent

  • Acquisition : Capteur de mouvement (détecte approche), bouton de commande (détecte volonté utilisateur).
  • Transmission : Signaux électriques vers le contrôleur.
  • Traitement : Microcontrôleur lit capteurs, décide si ouvrir/fermer (logique : mouvement détecté ET horaire autorisé → ouvrir).
  • Commande : Signal vers contacteur pour alimenter le moteur (ouverture).

3.4 Capteurs — Principes et types

Définition et caractéristiques

Capteur : Dispositif qui convertit une grandeur physique (température, lumière, distance, pression) en un signal exploitable par un système d'information (tension, courant, fréquence).

Caractéristiques importantes :

  • Étendue de mesure : Plage min-max mesurable (ex : capteur de température −20 à +50 °C).
  • Résolution : Plus petite différence détectable (ex : 0.1 °C).
  • Précision : Erreur maximale (ex : ±1 °C).
  • Sensibilité : Variation du signal de sortie par unité de variation d'entrée (ex : 10 mV/°C).
  • Temps de réponse : Délai avant que le capteur réagisse (ex : 2 secondes).
  • Hysteresis : Différence entre montée et descente (ex : marche à 20 °C, arrêt à 18 °C).

Types de capteurs courants

Capteur de température :

  • Thermistor (CTN/CTP) : Résistance qui varie avec la température. CTN (coefficient négatif) : résistance baisse quand T augmente. Peu coûteux, réponse rapide, petite étendue.
  • PT100 : Sonde de platine, résistance augmente linéairement avec température. Très précis, étendue large, coûteux.
  • Thermocouple : Jonction de deux métaux différents crée tension quand température varie. Très robuste, étendue très large, nécessite compensation.
  • Capteur numérique (DS18B20) : Sortie numérique directe (1-Wire). Très précis, facile à interfacer.

Capteur de luminosité :

  • Photodiode : Courant proportionnel à l'éclairement. Rapide, linéaire, faible courant.
  • Phototransistor : Amplification du courant de la photodiode (plus sensible).
  • Photorésistance (LDR) : Résistance qui baisse quand éclairage augmente. Bon marché, non linéaire.
  • Luxmètre intégré : Sortie en lux directement (pour professionnels).

Capteur de distance/proximité :

  • Capteur à ultrason : Mesure temps d'écho d'une onde ultrasonore. Précision ±1 cm, portée 1–10 m, sensible à la température et l'humidité.
  • Capteur infrarouge (IR) : Détecte chaleur/mouvement. Peu coûteux, bon pour détection de présence.
  • Capteur de proximité capacitif : Détecte proximité d'objet métallique ou isolant. Très rapide, pas de contact.
  • Capteur de proximité inductif : Détecte métaux. Très robuste, distante limitée (< 20 mm tyiquement).
  • LiDAR (Light Detection and Ranging) : Utilise laser pour mesure précise de distance. Onéreux, très précis, portée longue.

Capteur de pression :

  • Capteur piézoélectrique : Cristal qui produit tension sous pression. Réponse très rapide.
  • Capteur à jauge de contrainte : Résistance qui varie selon contrainte mécanique. Précis, stable.
  • Capteur Marey ou interrupteur de pression : Simple on/off quand pression dépasse un seuil.

Capteur d'humidité :

  • Capacitif : Capacité varie avec humidité. Sensible, réponse lente.
  • Résistif : Résistance change avec humidité. Moins cher, plus robuste.
  • DHT22 : Capteur numérique de température + humidité, 1-Wire, répond rapide et précis.

Capteur de position/angle :

  • Potentiomètre : Résistance variable. Position analogique, usure possible.
  • Encodeur absolu : Sortie numérique directe de la position. Pas d'usure, nécessite électronique sophistiquée.
  • Encodeur incrémental : Comptage d'impulsions (quadrature). Mesure de déplacement/vitesse.
  • Inclinomètre/Accéléromètre : Mesure angle d'inclinaison ou accélération (capteur MEMS).

3.5 Actionneurs — Principes et types

Définition

Actionneur : Dispositif qui convertit l'énergie (électrique, pneumatique, hydraulique) en action mécanique (mouvement, force).

Interface avec la chaîne d'information : Reçoit un signal de commande (tensions, courant, fréquence) et produit un mouvement ou une force.

Types d'actionneurs

Moteur électrique courant continu (DC)

  • Principe : Rotor en champ magnétique, courant crée force de Lorentz générant rotation.
  • Caractéristiques :
    • Couple et vitesse fonction de la tension appliquée.
    • Sens de rotation controllable (inversion polaire).
    • Vitesse très élevée (plusieurs milliers t/min), nécessite réducteur.
    • Couple initial élevé, baisse avec vitesse.
  • Variantes : Brush (charbon, entretien), brushless (électronique de commande).
  • Application : Tapis roulant, perceuse, moteur d'essuie-glace.

Moteur électrique alternatif (AC)

  • Principe : Champ magnétique tournant synchronise la rotation du rotor.
  • Caractéristiques :
    • Vitesse déterminée par fréquence du réseau (50 Hz → 1 500 t/min standard).
    • Démarrage plus complexe que DC (besoin de condensateur ou variateur).
    • Puissant, robuste, efficace.
    • Inversion de sens : inversion de deux phases.
  • Application : Compresseur, pompe, ventilateur (gros appareils industriels).

Moteur pas à pas (Stepper motor)

  • Principe : Rotor magnétisé, électroaimants créent rotation en pas discrets.
  • Caractéristiques :
    • Rotation très précise, sans capteur feedback (contrôle de position directe).
    • Couple faible, vitesse modérée.
    • Chaque pas = angle fixe (ex : 1.8° par pas).
    • Immobilisation automatique (couple de retenue).
  • Application : Imprimante, CNC, caméra de surveillance motorisée.

Servo-moteur

  • Principe : Moteur DC + engrenages + potentiomètre + électronique de contrôle (asservissement).
  • Caractéristiques :
    • Position précise et maintenante (feedback de potentiomètre).
    • Plage de rotation limitée (tyiquement 0–180°).
    • Couple bon, vitesse modérée.
    • Commandé par signal PWM (0–1 ms = 0°, 1.5 ms = 90°, 2 ms = 180°).
  • Application : Robot, bras robotique, gouvernail d'avion.

Électroaimant et relais

  • Principe : Bobine avec noyau fer, courant crée champ magnétique puissant.
  • Relais : Électroaimant actionne contacts mécaniques (circuit commuté par faible signal).
  • Application : Commutation de charges importantes, démarrage moteur.

Électroaimant linéaire / Solénoïde

  • Principe : Bobine attire un noyau de fer en mouvement rectiligne.
  • Caractéristiques : Course courte (quelques mm à quelques cm), force importante, rapide.
  • Application : Verrou électrique, clapet automatique, démarreur automobile.

Moteur hydraulique et pneumatique

  • Hydraulique : Fluide pressurisé actionne piston/rotor. Force très importante, lent, nécessite pompe.
  • Pneumatique : Air comprimé moins coûteux et sûr, force modérée, rapide.
  • Application : Excavatrice (hydraulique), marteau piqueur (pneumatique), portes automatiques.

3.6 Systèmes de contrôle et automatisation

Automate programmable industriel (API / PLC)

Définition : Ordinateur industriel qui exécute un programme spécifique pour automatiser un processus.

Architecture générale :

  1. Entrées : Signaux des capteurs (contact, 0–10 V, 4–20 mA, bus de communication).
  2. Processeur : Exécute le programme (logique combinatoire, séquentielle, régulation).
  3. Sorties : Signaux vers actionneurs (relais, tout ou rien, 0–10 V).

Langage de programmation :

  • Ladder (LD) : Langage graphique avec barres latérales (alimentation), contacts, bobines. Intuitif, similaire à schéma électrique.
  • List (IL) : Langage d'assemblage simplifié (LD, AND, OR, JMP, CALL).
  • Structured Text (ST) : Langage textuel haut niveau (like Pascal, C).
  • Function Block Diagram (FBD) : Langage par boîtes fonctionnelles interconnectées.

Exemples simples :

Exemple 1 : Contrôle simple d'une lampe

Si bouton A enfoncé OU capteur de mouvement détecte mouvement, allumer lampe. Si temps écoulé > 5 min depuis dernière détection, éteindre.

En Ladder : Contact A en parallèle avec contact capteur mouvement, bobine lamp. Timer de 5 min reset à chaque activation.

Exemple 2 : Séquence d'arrosage

  1. Si heure entre 6h et 8h OU heure entre 18h et 20h (deux plages d'arrosage).
  2. ET humidité du sol < 30 % (capteur d'humidité).
  3. ALORS ouvrir électrovanne d'eau pour 15 min.
  4. Après 15 min, fermer électrovanne.
  5. Attendre 1 heure avant prochain arrosage possible.

Asservissement et régulation

Asservissement (Servo-control) : Système qui ajuste en continu une action pour maintenir une variable cible (consigne).

Boucle fermée :

  • Consigne : Valeur désirée (ex : 20 °C pour chauffage).
  • Mesure : Capteur lit la valeur actuelle (ex : thermomètre lit 15 °C).
  • Écart (erreur) : Consigne − Mesure = 20 − 15 = 5 °C.
  • Régulateur : Traite l'écart, ajuste l'action (ex : augmente puissance chauffage).
  • Itération : Le cycle se répète, convergeant vers la consigne.

Contrôleur PID (Proportionnel-Intégral-Dérivé) :

où :

  • : Gain proportionnel (réaction rapide à l'écart).
  • : Gain intégral (élimine l'erreur de traînage persistante).
  • : Gain dérivé (amortit les oscillations).

Application : Thermostat intelligent

Consigne : 20 °C. Capteur : −0.5 °C/minute. Régulateur PID ajuste progressivement la puissance de chauffe pour atteindre 20 °C sans dépasser (overshoot minimal).

Systèmes de communication et protocoles

Communication sérielle asynchrone (RS-232) : Ancien, peu de distance, deux appareils max. Remplacé par USB, Ethernet.

Modbus (RTU/TCP) : Protocole maître-esclave simple et robuste. Modbus RTU sur RS-485 (distance, multi-appareils). Modbus TCP sur Ethernet (distance, réseau industriel).

CAN (Controller Area Network) : Protocole robuste avec détection d'erreur, utilisé en automobile et industrie. Identifiant de message priorité, tolérance aux défauts de câblage.

Ethernet Industriel : Protocoles comme EtherCAT, PROFINET, PowerLink avec déterminisme (latence garantie) pour applications temps réel.

Wi-Fi/Bluetooth : Communication sans fil pour applications mobiles/intelligentes. Wi-Fi meilleure portée, Bluetooth consommation plus basse.

MQTT : Protocole léger pour IoT, architecture publish-subscribe, très scalable, idéal cloud.

3.7 Étude complète d'un système — Méthodologie

Phase 1 : Analyse du cahier des charges

  1. Identifier les fonctions principales et les contraintes.
  2. Extraire les critères de performance (puissance, vitesse, durée de vie, coût).
  3. Comprendre les utilisateurs et le contexte d'utilisation.
  4. Noter les limites (environnement, sécurité, normes).

Phase 2 : Analyse de la chaîne d'énergie et d'information

  1. Tracer la source d'énergie jusqu'à l'action utile (conversions, pertes).
  2. Identifier les capteurs et les signaux mesurés.
  3. Identifier les actionneurs et les signaux de commande.
  4. Tracer le flux d'information (acquisition → traitement → commande).
  5. Calculer le rendement global.

Phase 3 : Choix des composants

  1. Pour chaque fonction, lister les technologies possibles.
  2. Créer un tableau comparatif (rendement, coût, fiabilité, maintenance).
  3. Justifier le choix par les critères du cahier des charges.

Exemple de tableau de comparaison : Chauffage de 50 L d'eau à 60 °C en moins de 2 heures.

Technologie Puissance requise Rendement Coût initial Coût exploitation/an Durée de vie Score
Résistance électrique 230 V 3 kW 99 % 50 € 80 € 20 ans Excellent (simple, efficace)
Panneau solaire + ballons 2 kW (crête) 70–80 % 2 000 € 0 € (après 5 ans) 25 ans Bon (coût initial, autonomie)
Chaudière gaz 4 kW thermique 85 % 400 € 120 € 15 ans Moyen (emissions carbone)
Pompe à chaleur 1 kW électrique 300 % (COP 3) 1 500 € 30 € 20 ans Excellent (efficacité, autonomie)

Contexte : Habitat autonome, pas d'accès au gaz, électricité photovoltaïque disponible.

Justification du choix : Pompe à chaleur air-air couplée à panneau solaire. COP de 3 signifie 3 kWh thermiques par kWh électrique. Pour 50 L (énergie requise ≈ 50 × 4.18 × 30 = 6 270 kJ ≈ 1.74 kWh), puissance électrique nécessaire ≈ 0.58 kW en continu pendant 3 heures. Faisable avec 1 kW de panneau solaire + stockage batterie 2 kWh.

---

PARTIE 4 : DÉVELOPPEMENT DURABLE ET EFFICACITÉ ÉNERGÉTIQUE

4.1 Principes du développement durable

Définition

Développement durable : Développement qui satisfait les besoins du présent sans compromettre la capacité des générations futures à satisfaire leurs propres besoins.

Les trois piliers :

  • Pilier économique : Activités génèrent croissance et emplois viables à long terme.
  • Pilier social : Bien-être des populations, équité, accès aux ressources, santé, éducation.
  • Pilier environnemental : Protection de la biodiversité, ressources naturelles, qualité air/eau, changement climatique.

Les trois piliers doivent être équilibrés pour vrai développement durable.

Objectifs de développement durable (ODD) des Nations unies

17 objectifs adoptés en 2015 :

  1. Pas de pauvreté
  2. Faim zéro
  3. Bonne santé et bien-être
  4. Éducation de qualité
  5. Égalité des genres
  6. Eau propre et assainissement
  7. Énergie propre et abordable (directement lié à STI2D EE)
  8. Travail décent et croissance économique
  9. Industrie, innovation, infrastructure
  10. Réduction des inégalités
  11. Villes et communautés durables
  12. Consommation et production responsables
  13. Mesures relatives à la lutte contre les changements climatiques
  14. Vie aquatique
  15. Vie terrestre
  16. Paix, justice et institutions efficaces
  17. Partenariats pour la réalisation des objectifs

4.2 Impact environnemental des systèmes techniques

Empreinte carbone

Définition : Total des gaz à effet de serre (GES) émis pour produire, transporter, utiliser et éliminer un produit.

Unité : Équivalent CO2 en kilogrammes (kg CO2e) ou tonnes.

Sources principales :

  • Phase extraction/fabrication : Énergie de production, transport de matières premières.
  • Phase transport : Combustibles fossiles (camion, bateau, avion).
  • Phase utilisation : Énergie consommée (majorité pour appareils électriques).
  • Phase fin de vie : Recyclage ou incinération.

Exemple : Lampe LED vs incandescente

Lampe incandescente 60 W, durée de vie 1 000 h :

  • Fabrication : 0.1 kg CO2e
  • Électricité (1 000 h × 60 W = 60 kWh, facteur d'émission 0.05 kg CO2e/kWh en France) : 60 × 0.05 = 3 kg CO2e
  • Total : ≈ 3.1 kg CO2e

Lampe LED 10 W, durée de vie 50 000 h :

  • Fabrication : 0.5 kg CO2e (plus complexe)
  • Électricité (50 000 h × 10 W = 500 kWh) : 500 × 0.05 = 25 kg CO2e
  • Total : ≈ 25.5 kg CO2e

Pour 50 000 heures d'utilisation (équivalent de 50 LED) :

  • Incandescentes : 50 × 3.1 = 155 kg CO2e
  • LED : 25.5 kg CO2e
  • Réduction : 83.5 %

Cycle de vie d'un produit (ACV — Analyse du Cycle de Vie)

Phases :

  1. Extraction des matières premières : Mines, forêts, agriculture.
  2. Production : Usinage, assemblage, transformation chimique.
  3. Transport : Distribution vers points de vente.
  4. Utilisation : Consommation d'énergie, maintenance.
  5. Fin de vie : Recyclage, incinération, enfouissement.

Impacts mesurés :

  • Changement climatique (CO2e)
  • Épuisement des ressources (eau, métaux rares)
  • Acidification (SO2, NOx)
  • Eutrophication (polluants azotés/phosphorés → eutrophie aquatique)
  • Toxicité aqueuse/terrestre

4.3 Efficacité énergétique dans les bâtiments et installations

Consommation énergétique d'un bâtiment

Postes principaux :

  • Chauffage/refroidissement : 60–70 % (dépend climat, isolation).
  • Eau chaude sanitaire : 15–20 %.
  • Éclairage : 10–15 %.
  • Appareils électriques : 10–15 %.

Amélioration de l'efficacité énergétique

Stratégie de rénovation énergétique :

  1. Isolation thermique : Murs, toiture, fenêtres (réduction 30–50 % chauffage).
  2. Ventilation double flux : Récupère la chaleur de l'air sortant (économie 15–20 %).
  3. Chauffage efficace : Pompe à chaleur (COP 3–5), chaudière condensation (rendement 90–98 %).
  4. Éclairage LED : Remplacement progressif (économie 75 % éclairage).
  5. Eau chaude solaire : Panneau solaire thermique (économie 40–60 % ECS).
  6. Gestion intelligente : Thermostat programmable, détecteurs de mouvement, domotique.
  7. Appareils efficients : Étiquette énergétique A+++ (refroidissement, lave-linge).

Rentabilité énergétique : Temps de retour sur investissement (payback period)

Application : Rénovation isolation toiture (R = 7, perte actuellement 25 % chauffage).

  • Coût : 5 000 €
  • Économie annuelle chauffage : 2 000 kWh × 0.15 €/kWh = 300 €
  • Payback : 5 000 / 300 = 16.7 ans (acceptable si durée du bâtiment > 30 ans)

Normes de performance énergétique

RT 2012 (Réglementation Thermique, France) : Exigences minimales pour bâtiments neufs :

  • Consommation énergétique primaire (Cep) ≤ 50 kWh/(m².an)
  • Confort d'été (température intérieure < 26 °C en été sans clim)
  • Étanchéité à l'air (débit infiltrations ≤ 0.6 m³/h.m²)

RE 2020 (en vigueur 2022, France) : Empreinte carbone intégrée, autonomie énergétique, adaptation changement climatique.

Certification énergétique (Audit énergie) : Classification A (très efficace) à G (peu efficace), basée sur consommation kWh/m².an et émissions GES.

4.4 Autonomie énergétique et autosuffisance

Définition

Autonomie énergétique : Capacité à produire l'énergie consommée sans recours au réseau externe.

Autosuffisance : Degré d'indépendance (ex : 80 % autosuffisant = 80 % énergie produite localement).

Systèmes autonomes typiques

Installation solaire autonome (avec batterie) :

  • Panneau solaire : Production (variable selon saison, météo).
  • Régulateur MPPT : Optimise conversion énergie solaire.
  • Batterie (lithium ou plomb) : Stockage 2–7 jours autonomie.
  • Onduleur : Convertit DC en AC 230 V.
  • Charges : Appareils DC (12/24/48 V) ou AC (après onduleur).

Dimensionnement d'une installation solaire autonome :

  1. Calculer consommation journalière (kWh/jour).
  2. Déterminer jours d'autonomie souhaités (ex : 3–5 jours).
  3. Calculer capacité batterie = Consommation journalière × jours autonomie / profondeur de décharge (60–80 %).
  4. Dimensionner panneau = Consommation journalière / ensoleillement (kWh/m²/jour en pire mois).

Exemple : Chalet montagne, consommation 5 kWh/jour, 5 jours d'autonomie souhaités.

  • Batterie requise : 5 × 5 / 0.7 = 35.7 kWh ≈ 36 kWh.
  • Pire mois : décembre, ensoleillement 1 kWh/m²/jour.
  • Puissance panneau : 5 / 1 = 5 kWc.
  • En surcharge : 6–8 kWc (tenir compte rendement onduleur 92%, régulateur 95%, cabling 98%).

4.5 Gestion intelligente de l'énergie (Smart Grid / Domotique)

Smart Grid : Réseau électrique intelligent capable d'adapter offre et demande via capteurs, communications et contrôle automatique.

Caractéristiques :

  • Bi-directionnalité : Producteurs distribués (panneaux, micro-turbines) injectent énergie au réseau.
  • Flexibilité : Charges déplaçables (chargeur véhicule électrique, chauffe-eau) réagissent à prix/disponibilité.
  • Résilience : Île électrique locale en cas défaillance réseau.
  • Optimisation : Algorithmes réduisent pics, équilibrent charge.

Domotique résidentielle :

  • Thermostat programmable/intelligent : Ajuste chauffage selon occupants, météo, prix énergie.
  • Éclairage automatique : Détecteur mouvement + luxmètre, extinction auto si absent.
  • Gestion des appareils : Lave-linge décalé aux heures creuses, recharge voiture électrique la nuit.
  • Monitoring : Application smartphone affiche consommation temps réel par circuits.

Bénéfices : Réduction 15–30 % consommation, augmentation confort, flexibilité réseau.

---

PARTIE 5 : DÉMARCHE DE PROJET STI2D — INNOVATION TECHNOLOGIQUE

5.1 Étapes d'une démarche de projet

Contexte : Le bac STI2D évalue la capacité à mener un projet technologique de la conception à l'évaluation.

Phase 1 : Identification du besoin

  1. Analyse du problème : Comprendre le contexte, les utilisateurs, les limitations actuelles.
  2. Bête à cornes : Clarifier à qui rend service, sur quoi agit, quel est l'usage.
  3. Énoncer le besoin : Phrase claire "Comment permettre à [utilisateur] de [action] malgré [contrainte] ?"

Phase 2 : Conception fonctionnelle

  1. Diagramme pieuvre : Identifier toutes interactions avec environnement.
  2. Fonctions de service : Décrire chaque service rendu (principal et secondaire).
  3. Cahier des charges : Traduire fonctions en critères mesurables avec niveaux cibles.
  4. Chaîne d'énergie/information : Esquisser flux énergétique et contrôle.

Phase 3 : Conception technique

  1. Exploration de solutions : Brainstorm, recherche bibliographique (brevets, produits existants).
  2. Matrice de sélection : Comparer solutions par critères (coût, faisabilité, performance, durabilité).
  3. Justification du choix : Expliquer pourquoi cette solution répond mieux au cahier des charges.
  4. Schémas/modèles : Dessiner architecture technique (schéma fonctionnel, électrique, 3D).
  5. Simulation/prototype : Tester sur logiciel (Dialux, CAO, simulation électrique) avant fabrication.

Phase 4 : Réalisation et test

  1. Fabrication/assemblage : Construire prototypes.
  2. Mesures : Utiliser appareils (multimètre, luxmètre, pince ampèremétrique) pour valider performances.
  3. Optimisation : Ajuster paramètres, remédier aux écarts (trop de perte, efficacité insuffisante).

Phase 5 : Évaluation et amélioration

  1. Comparaison cahier des charges : Vérifier chaque critère atteint.
  2. Analyse des écarts : Identifier causes des manquements.
  3. Pistes d'amélioration : Proposer modifications (matériau, géométrie, composants).
  4. Durabilité : Analyser impact environnemental sur cycle de vie, proposer améliorations.

5.2 Outils de représentation et communication

Schémas et diagrammes

Schéma électrique : Représente circuits, protections, actionneurs en symboles normalisés (voir section 1.11).

Schéma fonctionnel : Blocs (source, conversion, transmission, action) avec flux énergétique.

Diagramme Gantt : Chronogramme des phases du projet (axe temps horizontal).

Matrice de décision : Tableau critères × solutions avec scores pondérés pour choix justifié.

Modélisation 3D et simulation

CAO (Conception Assistée par Ordinateur) : FreeCAD, SolidWorks, CATIA pour modèles géométriques, assemblages, simulations FEA (déformation, contrainte).

Simulation énergétique : Dialux (éclairage, voir section 2.8), TRNSYS (thermique), PVSYST (photovoltaïque).

Simulation électrique : LTspice, Proteus pour circuits avant prototypage.

5.3 Erreurs courantes et pièges à éviter

Phase conception :

  • ❌ Sauter le cahier des charges (pas de cible claire) → ✅ Fixer critères quantifiés.
  • ❌ Ignorer les contraintes d'environnement (température, humidité, vibrations) → ✅ Tester en conditions réalistes.
  • ❌ Choisir le matériau le moins cher sans vérifier propriétés (résistance, conductivité) → ✅ Faire analyse matériaux.

Phase réalisation :

  • ❌ Oublier les câbles/connectiques (surcharge thermique) → ✅ Dimensionner conducteurs correctement.
  • ❌ Placer capteurs mal (ombrage, surchauffe locale) → ✅ Localiser loin de perturbations.
  • ❌ Ne pas tester composants individuellement → ✅ Valider chaque bloc avant intégration.

Phase mesure/validation :

  • ❌ Mesurer une seule fois (variabilité non connue) → ✅ Faire minimum 3 mesures, noter min/max/moy.
  • ❌ Oublier l'incertitude de mesure (appareil ±2 %) → ✅ Ajouter barres d'erreur sur graphiques.
  • ❌ Conclure rendement 105 % sans revisiter → ✅ Si dépassement, chercher erreur (mauvaise formule, unité).
---

PARTIE 6 : UTILISATION D'EXCEL POUR ANALYSE ET CALCULS STI2D

6.1 Fondamentaux d'Excel pour STI2D

Organisation d'un classeur efficace

Structure recommandée :

  • Onglet "Données" : Valeurs brutes mesurées (tension, courant, temps, température).
  • Onglet "Calculs" : Formules dérivées (puissance, énergie, rendement).
  • Onglet "Graphiques" : Visualisations des résultats.
  • Onglet "Analyse" : Synthèse, conclusions, comparaisons.

Bonnes pratiques :

  • Utiliser en-têtes clairs avec unités (ex : "Temps (s)" au lieu de "T").
  • Éviter les nombres "durs" dans les formules (toujours référencer cellules pour traçabilité).
  • Ajouter colonne "Incertitude" ou commentaires sur mesures suspectes.
  • Formater nombres (2 décimales pour puissance, 1 pour temps), utiliser séparateurs de milliers.

6.2 Formules essentielles pour énergie et puissance

Loi d'Ohm et dérivés :

  • =B2/C2 pour calcul résistance (Tension/Courant)
  • =B2*C2 pour puissance (Tension × Courant)
  • =SQRT(B2^2+C2^2) pour hypoténuse (Pythagore, impédance complexe)

Énergie (kWh) :

  • =D2*E2/1000 où D2 = puissance (W), E2 = temps (h). Convertit W·h en kWh.
  • Si durée en secondes : =D2*E2/3600000 (car 1 kWh = 3.6 MJ = 3.6e6 J)

Rendement :

  • =B2/C2 (Énergie utile / Énergie totale)
  • =B2/C2*100 pour pourcentage

Moyenne, écart-type (incertitude) :

  • =AVERAGE(B2:B10) moyenne 9 valeurs
  • =STDEV.S(B2:B10) écart-type (sample)
  • =STDEV.P(B2:B10) écart-type (population, si données complètes)

6.3 Tableaux de résultats et analyse

Exemple 1 : Mesure d'une résistance

Tentative Tension (V) Courant (A) Résistance (Ω) Écart à moyenne (%)
1 5.00 0.50 10.00 0.0
2 5.02 0.50 10.04 0.4
3 4.98 0.50 9.96 −0.4
Moyenne 5.00 0.50 10.00 Ω
Écart-type 0.02 0.00 0.04 Ω
Incertitude (95 %) 10.00 ± 0.08 Ω

Formule incertitude (95 %) : écart-type × 1.96 pour 3 mesures (facteur Student ≈ 4.3, donc ±0.17 Ω)

Exemple 2 : Consommation énergétique sur 24h

Heure Appareil Puissance (W) Durée (h) Énergie (Wh) Coût (0.15 €/kWh)
6–8 Chauffage 1500 2 3000 0.45 €
8–9 Lave-vaisselle 1800 1 1800 0.27 €
8–23 Éclairage LED (moyenne 10 lampes) 60 8 480 0.07 €
Continu Frigo + freezer 150 24 3600 0.54 €
Total 24h 8880 Wh = 8.88 kWh 1.33 €

Formula pour colonne "Coût" : =E2/1000*0.15

6.4 Graphiques pour représentation visuelle

Graphique courbe (puissance/temps)

Usage : Montrer l'évolution d'une grandeur continue (température durant chauffage, puissance au cours du temps).

Exemple : Courbe d'éclairement durant test Dialux

  • Axe X : Distance (m)
  • Axe Y : Éclairement (lux)
  • Montrer décroissance hyperbolique (loi inverse du carré)

Graphique colonne (comparaison consommation)

Usage : Comparer plusieurs appareils ou solutions.

Exemple : Efficacité lumineuse de différentes sources

Source Efficacité (lm/W)
Incandescente 15
Halogène 20
Fluorescent 70
LED 100

Graphique en colonnes : hauteur proportionnelle à efficacité, permet comparaison rapide (LED 6–7 fois plus efficace que incandescente).

Graphique en nuage (relation deux variables)

Usage : Montrer corrélation entre deux grandeurs (ex : température vs rendement).

Exemple : Rendement panneau solaire vs température

  • Axe X : Température (°C)
  • Axe Y : Rendement (%)
  • Points évaluent pente (environ −0.5 %/°C), permet prédiction

6.5 Analyse comparative de solutions

Tableau comparatif chauffage (voir section 3.7) :

Créer colonnes : Technologie, Puissance, Rendement, Coût initial, Coût exploitation/an, Durée de vie, Score global.

Utiliser notation pondérée :

  • Rendement (poids 30 %) : 1–5 points selon ≥80%, 85%, 90%, 95%, 99%
  • Coût exploitation (poids 40 %) : 1–5 points selon coût/an
  • Durabilité (poids 20 %) : 1–5 points selon durée de vie
  • Maintenance (poids 10 %) : 1–5 points selon complexité

Formule score global :

Solution avec score le plus élevé est recommandée.

6.6 Vérification de données et détection d'anomalies

Utiliser formules de détection :

  • Valeurs aberrantes : Si mesure > moyenne + 3×écart-type, suspecte (flaguer en rouge).
  • Cohérence : Si rendement > 100 %, vérifier formule ou unités (erreur commune).
  • Tendance : Utiliser FORECAST ou TREND pour prédire valeurs manquantes.

Formule Excel pour flagging anomalies :

=IF(ABS(B2-AVERAGE(B2:B2:B10))>3*STDEV(B2:B2:B10),"⚠ Anomalie","OK")

---

PARTIE 7 : MÉTHODES D'ÉPREUVES PRATIQUES BAC STI2D

7.1 Structure générale des épreuves

Épreuves en EE et 2I2D :

  • Partie 1 (2h) : Analyse de documents techniques, calculs théoriques, questions.
  • Partie 2 (3h) : Manipulation, mesures, utilisation d'outils (multimètre, logiciels).
  • Notation : 50 % partie 1 (connaissances) + 50 % partie 2 (pratique).

7.2 Lecture et interprétation de documents techniques

Fiches produit (Datasheet)

Éléments clés à repérer :

  • Résumé : Fonction générale du produit.
  • Spécifications électriques : Tensions, courants, puissance nominale.
  • Caractéristiques thermiques : Plage opérationnelle (−10 à +50 °C), dissipation thermique (mW).
  • Durée de vie : Nombre de cycles, heures de fonctionnement.
  • Diagrame pinout : Connexions (broches, polarité).
  • Tableau de sélection : Variantes disponibles (tension, courant, couleur pour LED).
  • Courbes caractéristiques : I-V, P-V, rendement vs charge.

Exemple : Fiche LED

Si elle spécifie "Forward voltage: 3.0–3.5 V @ 20 mA", on en déduit :

  • Tension de polarisation : 3.3 V environ
  • Courant nominal : 20 mA (ne pas dépasser pour éviter destruction)
  • Résistance de limitation requise : R = (V_alimentation − V_led) / I = (5 − 3.3) / 0.02 = 85 Ω (utiliser 100 Ω standard)

Schémas et plans

À interpréter :

  • Symboles : Reconnaître composants (voir section 1.11).
  • Connexions : Tracer le flux de signal/énergie (suivre fils point par point).
  • Protections : Identifier fusibles, disjoncteurs, isolement.
  • Commandes : Voir logique interrupteurs (série = ET, parallèle = OU).
  • Mesure : Localiser points où voltmètre/ampèremètre connectés.

7.3 Calculs et justification technique

Approche systématique pour résoudre un problème

  1. Lire attentivement : Identifier les données fournies, ce qu'il faut calculer.
  2. Énumérer les inconnues et les données : Lister symboles, unités.
  3. Sélectionner formule : Choisir équation appropriée (ex : P = U×I, pas P = I²×R si tension donnée).
  4. Substituer valeurs : Remplacer symboles par nombres avec unités.
  5. Effectuer calcul : Faire opération, attention aux ordres de grandeur.
  6. Vérifier cohérence : Résultat a-t-il ordre de grandeur attendu ? Unités justes ?
  7. Exprimer conclusion : "La puissance requise est 2.3 kW, donc un disjoncteur 32 A est approprié" (justification, pas juste nombre).

Exemple : Calcul de section de câble

Un circuit alimente un moteur 230 V AC, 10 A continu, sur 50 m. Section minimale ?

  1. Données : U = 230 V, I = 10 A, L = 50 m, résistivité cu = 0.0175 Ω·mm²/m, chute max tolérable 5 %.
  2. Inconnue : Section S (mm²).
  3. Formule : (facteur 2 pour aller-retour)
  4. Substitution :
  5. Calcul :
  6. Conclusion : Utiliser câble ≥ 2.5 mm² standard (1.5 mm² insuffisant, donc passer à 2.5 mm² du commerce). Vérifier avec table réglementaire qui confirme 2.5 mm² pour 10 A.

7.4 Mesures et interprétation de résultats

Protocole de mesure rigoureux

  1. Préparation : Identifier appareil de mesure (multimètre, luxmètre), vérifier calibrage/batterie.
  2. Sélection gamme : Choisir gamme adaptée (≈ 80 % de l'échelle pour précision).
  3. Branchement : Polarité correct (+ rouge, − noir), branchement en série (ampèremètre) ou parallèle (voltmètre).
  4. Stabilisation : Attendre 2–3 s avant lecture (certains capteurs lent).
  5. Enregistrement : Noter valeur, heure, conditions ambientes (température, humidité).
  6. Répétition : 3 mesures minimum, calculer moyenne et écart-type.
  7. Comparaison : Vérifier cohérence avec théorie. Écart > 5 % ? Chercher cause (calibrage, mauvais branchement, charge dynamique).

Graphiques pour présenter résultats

Essentiels :

  • Titre explicite (ex : "Éclairement en fonction de la distance").
  • Axes étiquetés avec unités.
  • Légende si plusieurs courbes.
  • Barres d'erreur (si incertitude connue).
  • Courbe lissée ou points expérimentaux avec tendance.
  • Conclusion écrite (ex : "Inversement proportionnel à d², conforme théorie").

7.5 Réalisation de schémas de synthèse

Schéma fonctionnel d'une chaîne d'énergie :

Format boîtes rectangulaires :

  • SOURCE : Batterie 12 V
  • CONVERSION : Moteur DC
  • TRANSMISSION : Réducteur 1/10
  • ACTION : Rotation lente & force élevée

Indiquer rendements : Moteur 85 %, Réducteur 92 %, Global = 0.85 × 0.92 = 0.782 = 78.2 %

Schéma d'information :

  • CAPTEUR (ex : Capteur distance ultrason)
  • TRANSMISSION (ex : Câble 4 fils SPI)
  • TRAITEMENT (ex : Microcontrôleur Arduino)
  • DÉCISION (ex : Si distance < 10 cm, actionner relais)
  • COMMANDE (ex : Sortie PWM vers moteur)

7.6 Analyse critique et justification

Question type : "Ce système est-il bien dimensionné ?"

Démarche :

  1. Comparer aux spécifications : Cahier des charges, normes, conditions d'utilisation.
  2. Analyser les écarts : Si puissance requise 3 kW mais installation 4 kW, c'est une marge 33 % (saine pour variations de charge).
  3. Évaluer rendement : Si < 80 %, chercher causes (perte thermique, frottements). Propre un improvement ?
  4. Considérer les déviations : Température ambiante, vieillissement composants, usure mécanique.
  5. Conclusion : "Le dimensionnement est adéquat avec marge 25 %, mais il serait judicieux d'améliorer isolation thermique pour réduire pertes chauffage de 10 %."

7.7 Erreurs fréquentes à éviter

Calculs :

  • ❌ Oublier conversions unités (W vs kW, lux vs kilolux) → ✅ Toujours préciser unités.
  • ❌ Confondre puissance active et apparente (cos φ oublié) → ✅ Vérifier si continu ou alternatif.
  • ❌ Résultat sans sens (ex : rendement > 100 %) → ✅ Revisiter formule et données.

Mesures :

  • ❌ Une seule mesure → ✅ Réitérer 3 fois pour moyenner.
  • ❌ Gamme mal sélectionnée (15 V sur gamme 1 000 V) → ✅ Commencer bas, augmenter si besoin.
  • ❌ Mesurer circuit sous charge sans interrupteur (court-circuit) → ✅ Interrompre avant branchement ampèremètre.

Analyse :

  • ❌ Conclure sans justification chiffrée → ✅ Toujours donner pourcentages, écarts, formules.
  • ❌ Ignorer les incertitudes de mesure → ✅ Ajouter "±X %" pour chaque résultat.
  • ❌ Recommandations vagues ("améliorer rendement") → ✅ Actions concrètes (changer isolation, passer LED).
---

Conclusion et synthèse des compétences clés

Compétences incontournables au bac STI2D

En Énergie et Environnement :

  • Calculs électriques de base (loi Ohm, puissance, énergie, rendement).
  • Dimensionnement installations simples (câbles, disjoncteur, batteries).
  • Lecture et interprétation de schémas électriques.
  • Mesures avec multimètre et pince ampèremétrique.
  • Concepts d'efficacité énergétique et d'autonomie.
  • Calcul d'éclairement et utilisation de luxmètre.
  • Simulation (Dialux) et interprétation de résultats photométriques.

En 2I2D :

  • Analyse fonctionnelle (bête à cornes, pieuvre, cahier des charges).
  • Chaîne d'énergie et d'information.
  • Choix de capteurs et actionneurs justifiés.
  • Concepts d'asservissement et de régulation.
  • Comparaison de solutions techniques par tableau pondéré.
  • Esquisse de schémas (fonctionnel, électrique).

En analyse et méthodologie :

  • Démarche systématique pour résoudre problème.
  • Utilisation d'Excel pour calculs et graphiques.
  • Protocoles de mesure rigoureux (répétition, vérification, incertitudes).
  • Communication claire (schémas, justifications chiffrées, conclusions argumentées).
  • Prise de recul critique (erreurs possibles, améliorations envisageables).

Stratégie de révision efficace

  1. Relire sections par thème : Électricité → Éclairage → 2I2D → Durabilité → Pratique.
  2. Faire fiches résumé : Formules clés, étapes de démarche, erreurs courantes.
  3. Résoudre exercices : Calculs de puissance, dimensionnement câbles, interprétation datasheet.
  4. Manipuler appareils : Multimètre (toutes fonctions), luxmètre, pince ampèremétrique.
  5. Simuler : Dialux pour éclairage, logiciel CAO pour visualisation.
  6. Pratiquer Excel : Créer feuille calcul avec données brutes, formules, graphiques.
  7. Réviser schémas : Dessiner chaînes d'énergie/information de systèmes variés.
  8. Tester conditions examen : Calculer sous time limit, aller vite mais précis.

Dernier conseil : Lisez attentivement l'énoncé, ciblez ce qui est demandé (calcul vs analyse vs justification), structurez votre réponse (données → formule → substitution → résultat → conclusion). La clarté et la justification comptent autant que la valeur numérique.

Lancer un quiz

Teste tes connaissances avec des questions interactives