Convulsions de l'enfant: Définition et Prise en Charge
10 cartesLe cours couvre la définition, les classifications, le diagnostic, le traitement et la prévention des convulsions chez l'enfant.
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Les Convulsions chez l'Enfant
Les convulsions sont des contractions musculaires involontaires, paroxystiques, rythmiques et saccadées, résultant d'une hyperexcitabilité neuronale. Elles constituent un symptôme fréquent en pédiatrie et peuvent être une urgence diagnostique et thérapeutique.I. Généralités
1. Définitions
- Convulsions : Contractions involontaires, paroxystiques ou rythmiques et saccadées de la musculature striée en rapport avec une hyperexcitabilité d'une population de neurones.
- État de mal convulsif : Crise ou succession de crises épileptiques d'une durée supérieure ou égale à 30 minutes.
2. Intérêt
- Épidémiologique : Symptôme le plus fréquent en pédiatrie, survenant à tout âge, particulièrement chez le nourrisson (4 à 5%). Plus de la moitié sont des convulsions fébriles de pronostic rassurant.
- Gravité : Urgence diagnostique et thérapeutique. Des crises prolongées sur un cerveau immature peuvent entraîner des séquelles irréversibles.
- Étiologies diverses.
3. Classification
La convulsion est un épiphénomène.Selon le nombre de crises convulsives :
- Crises occasionnelles : Dues à une agression transitoire directe ou indirecte sur le cerveau.
- Épilepsie : Récurrence de crises liée à une perturbation physique ou fonctionnelle durable du cerveau.
- Convulsions fébriles : Associées à de la fièvre (ex. méningite, neuropaludisme, encéphalite).
- Convulsions apyrétiques : Sans fièvre (ex. métaboliques comme le diabète, troubles ioniques, intoxication, épilepsie, traumatisme crânien, encéphalopathie hypertensive).
- Convulsions néonatales : Encéphalopathie anoxo-ischémique, hypoglycémie néonatale, hypocalcémie.
- Convulsions du nourrisson : Causes infectieuses (méningite, neuropaludisme, abcès cérébral), traumatisme, hématome sous-dural, syndrome de Dravet.
- Convulsions de l'enfance : Malformations cérébrales, causes métaboliques, infectieuses.
- Convulsions de l'adolescent : Encéphalopathie hypertensive, épilepsie, méningite.
II. Diagnostic des Convulsions
1. Diagnostic positif
Aucun examen complémentaire ne suffit à lui seul pour confirmer le diagnostic de convulsion. La démarche repose sur l'anamnèse et l'examen clinique.Interrogatoire
L'interrogatoire est crucial pour préciser les caractéristiques des convulsions et rechercher les antécédents pertinents. Antécédents :- Déroulement de la grossesse (prise médicamenteuse).
- Déroulement de l'accouchement (anoxie, manœuvre traumatisante, ocytociques, circulaire du cordon, anomalies placentaires).
- État de l'enfant à la naissance.
- Âge de survenue.
- Circonstances de survenue : Sommeil/veille, horaire, facteurs déclenchants.
- Prodromes : Révulsion oculaire, résolution du tonus, perte de connaissance, rupture de contact, déviation de la tête et/ou des yeux.
- Phénomènes paroxystiques observés :
- Contraction tonique : Contraction soutenue des muscles agonistes et antagonistes.
- Mouvements cloniques : Contractions saccadées amples et lentes.
- Révulsion oculaire isolée.
- Résolution du tonus (chute ou effondrement du tronc).
- Déficit post-critique et sa durée.
- Caractère unique ou épisodes similaires.
- Types de crises :
- Crise généralisée d'emblée : Propagation de la décharge aux deux hémisphères.
- Crise tonico-clonique généralisée : Intéresse les quatre membres, avec blocage respiratoire et trismus, parfois morsure de langue. Suivie d'une phase clonique et post-critique (hypotonie, confusion).
- Crise clonique.
- Crise tonique.
- Crise partielle : Décharge localisée, pouvant secondairement se généraliser.
- Caractère fébrile (interrogatoire et température rectale).
- Signes en faveur de cause traumatique non accidentelle (syndrome de bébé secoué : enfant moins de 1 an, augmentation rapide du périmètre crânien, anémie aiguë, douleur, crise partielle, stigmates cutanés de maltraitance).
- Mesure de la tension artérielle.
- Facteurs de risque de cause vasculaire ischémique (antécédents de cardiopathie emboligène, souffle cardiaque).
- Antécédents médicaux ou chirurgicaux responsables de désordres métaboliques.
Examen physique et examens complémentaires
Examen physique
Il doit être complet, avec une insistance particulière sur l'examen neurologique.Examens complémentaires
- Bilan sanguin : Glycémie, calcémie, ionogramme sanguin, NFS.
- Bilan infectieux : ECBC du LCR, Goutte Épaisse (GE), hémoculture, tests inflammatoires (CRP, fibrinémie).
- Autres : Fond d'œil (FO), EEG (si crises répétées), sérologies toxoplasmose, rubéole, CMV.
- Recherche d'anomalies du métabolisme héréditaire, de toxiques.
- Test de coagulation.
- Imagerie cérébrale : Scanner cérébral, IRM cérébrale.
2. Diagnostic différentiel
Il existe plusieurs situations cliniques pouvant simuler des convulsions:- Trémulations : Fins tremblements des extrémités, du menton, accentués par les pleurs ou la colère, disparaissant à la mobilisation du membre.
- Malaise du RGO : Hypertonie, apnée, cyanose, suivis d'hypotonie et pâleur.
- Syncopes vagales convulsivantes : Déclenchées par la peur, les émotions, le stress, la vue du sang, les traumatismes.
- Spasmes du sanglot : Surviennent lors de pleurs ou de colère intenses chez l'enfant.
- Myoclonies du sommeil : Sursauts brusques d'un membre ou segment de membre, parfois répétés en salves, fréquents chez le nourrisson.
3. Diagnostic étiologique
Les étiologies varient selon le type et le contexte des convulsions.Crises occasionnelles
- Fébriles : Événement survenant chez un nourrisson ou enfant entre 3 mois et 5 ans, associé à de la fièvre mais sans signe d'infection intracrânienne ou autres causes définies. Elles peuvent être simples ou complexes.
Présentation Clinique de la Convulsion Fébrile Simple (60-70%) Fébrile Compliquée (30-40%) Age mois mois Durée min ou 1 crise/jour min ou crise/jour Localisation Pas de focalisation Focalisation Examen neurologique Normal Anormal Développement Psychomoteur et Intellectuel Normal Anormal
Causes de convulsions fébriles : Herpes, méningite, neuropaludisme. - Apyrétiques :
- Intoxication (alcool, codéine).
- Traumatisme cérébral.
- Déséquilibres métaboliques (hypoglycémie, hypocalcémie, troubles hydro-électrolytiques/déshydratation).
- Accidents vasculaires cérébraux.
- Encéphalopathie hypertensive, SHU.
Épilepsies
- Malformations cérébrales (hémimégalencéphalie, dysplasie).
- Syndrome de Doose (épilepsie myoclonique sévère du nourrisson).
- Syndrome de Lennox-Gastaut (altération de la conscience, activités motrices automatiques).
- Erreurs innées du métabolisme (carence en B6, sulfite oxydase).
III. Prise en Charge Urgente et Traitement
1. Gestes d'urgence
Devant une convulsion de l'enfant, les gestes d'urgence visent à protéger l'enfant et à stabiliser ses fonctions vitales.- Mettre l'enfant en Position Latérale de Sécurité (PLS), arrêter l'alimentation. Poser une sonde naso-gastrique si nécessaire.
- Assurer une fonction cardio-respiratoire correcte : Monitoring, aspiration des sécrétions, apport d'O2, remplissage vasculaire si nécessaire.
- Éviter les blessures.
- Surveillance neurologique continue : Conscience, déficit, survenue d'autres crises.
2. Arrêt de la crise
L'objectif est d'arrêter la crise le plus rapidement possible.- Benzodiazépines :
- Diazépam (Valium
Les Convulsions chez l'Enfant
Les convulsions sont des événements neurologiques fréquents chez l'enfant, caractérisées par des contractions musculaires involontaires. Elles peuvent être bénignes, comme les convulsions fébriles simples, ou représenter une urgence diagnostique et thérapeutique.I. Généralités
1. Définitions
- Convulsions : contractions involontaires, paroxystiques ou rythmiques et saccadées de la musculature striée, résultant d'une hyperexcitabilité neuronale.
- État de mal convulsif : crise ou succession de crises épileptiques d'une durée supérieure ou égale à 30 minutes.
2. Intérêt
- Épidémiologique : constituent le symptôme neurologique le plus fréquent en pédiatrie, touchant particulièrement les nourrissons (4 à 5%). Plus de la moitié sont des convulsions fébriles.
- Gravité : représentent une urgence diagnostique et thérapeutique. Si prolongées, surtout sur un cerveau immature, elles peuvent entraîner des séquelles irréversibles.
- Étiologies : les causes sont très diverses.
3. Classification
Les convulsions sont un épiphénomène. Leur classification se fait selon le nombre de crises, le contexte de survenue et l'âge de l'enfant.Selon le nombre de crises convulsives
- Crises occasionnelles : déclenchées par une agression transitoire directe ou indirecte du cerveau.
- Épilepsie : récurrence de crises due à une perturbation physique ou fonctionnelle durable du cerveau.
Selon le contexte de survenue
- Convulsions fébriles : associées à une méningite, un neuropaludisme, une encéphalite, etc.
- Convulsions apyrétiques : d'origine métabolique (diabète, troubles ioniques, déshydratation), épilepsie, traumatisme crânien, encéphalopathie hypertensive, intoxication.
Note : cette classification est souvent intriquée en pratique clinique.
Selon l'âge
- Convulsions néonatales : dues à une encéphalopathie anoxo-ischémique, une hypoglycémie ou une hypocalcémie néonatales.
- Convulsions du nourrisson : causes infectieuses (méningite, neuropaludisme, abcès cérébral), traumatisme, hématome sous-dural, syndrome de Dravet.
- Convulsions de l'enfance : associées à des malformations cérébrales, causes métaboliques ou infectieuses.
- Convulsions de l'adolescent : encéphalopathie hypertensive, épilepsie, méningite.
II. Diagnostic
1. Diagnostic Positif
Aucun examen complémentaire ne suffit à lui seul pour confirmer le diagnostic de convulsion. Celui-ci repose sur l'interrogatoire et l'examen clinique.Interrogatoire
Un interrogatoire précis est crucial pour caractériser la convulsion :- Antécédents :
- Déroulement de la grossesse (prise médicamenteuse).
- Déroulement de l'accouchement (anoxie, manœuvre traumatisante, ocytociques, circulaire du cordon, anomalies placentaires).
- État de l'enfant à la naissance.
- Caractéristiques de la convulsion :
- Âge de début.
- Circonstances de survenue (sommeil/éveil, horaire, facteur déclenchant).
- Prodrome : révulsion oculaire, résolution du tonus, perte de connaissance, rupture de contact, déviation céphalique ou oculaire.
- Phénomènes paroxystiques :
- Contraction tonique : contraction soutenue des muscles agonistes et antagonistes.
- Mouvements cloniques : contractions saccadées amples et lentes.
- Révulsion oculaire isolée.
- Résolution du tonus (chute ou effondrement).
- Déficit post-critique et sa durée.
- Caractère unique ou récidivant.
Types de crises
- Crise généralisée d'emblée : propagation de la décharge aux deux hémisphères.
- Crise tonico-clonique généralisée : touche les quatre membres, avec blocage respiratoire, trismus, morsure de langue possible, suivie d'une phase clonique et d'une période post-critique (hypotonie, confusion).
- Crise clonique.
- Crise tonique.
- Crise partielle : décharge localisée, pouvant secondairement se généraliser.
Examen physique et examens complémentaires
- Examen physique : doit être complet, avec une insistance particulière sur l'examen neurologique.
- Recherche d'un caractère fébrile (température rectale).
- Signes cliniques de traumatisme non accidentel (syndrome du bébé secoué : < 1 an, augmentation du périmètre crânien, anémie aiguë, douleur, signes de maltraitance).
- Prise de la tension artérielle.
- Recherche de facteurs de risque vasculaire ischémique (cardiopathie emboligène, souffle cardiaque).
- Antécédents médicaux ou chirurgicaux en faveur de désordres métaboliques.
- Examens complémentaires :
- Biologiques : glycémie, calcémie, ionogramme sanguin, NFS, tests inflammatoires (CRP, fibrinogène).
- Microbiologiques : ECBC du LCR, hémoculture, GE.
- Imagerie : scanner cérébral, IRM cérébrale.
- Autres : EEG (si crises répétées), fond d'œil (FO), sérologies (toxoplasmose, rubéole, CMV), recherche d'anomalies du métabolisme héréditaire ou de toxiques, bilan de coagulation.
2. Diagnostic Différentiel
Il existe d'autres phénomènes pouvant simuler des convulsions :- Trémulations : tremblements fins des extrémités ou du menton, accentués par les pleurs ou la colère, disparaissant à la mobilisation du membre.
- Malaise du RGO (Reflux Gastro-Œsophagien) : hypertonie suivie d'apnée, cyanose, puis hypotonie et pâleur.
- Syncopes vagales convulsivantes : déclenchées par la peur, les émotions, le stress.
- Spasmes du sanglot : survenant lors de pleurs intenses ou de colère.
- Myoclonies du sommeil : sursauts brusques d'un membre ou d'un segment de membre, fréquents chez le nourrisson.
3. Diagnostic Étiologique
Le diagnostic étiologique vise à identifier la cause des convulsions.Classification pratique des convulsions
CARACTÉRISTIQUES CLINIQUES DES CONVULSIONS CONVULSION FÉBRILE CONVULSIONS OCCASIONNELLES OU ÉPILEPSIES Simple (60-70%) Compliquée (30-40%) Âge > 12 mois < 12 mois - Fébriles : +++ (herpès, méningite, neuropaludisme)
- Apyrétiques :
- Intoxication (alcool, codéine)
- Traumatisme cérébral
- Hypoglycémie, hypocalcémie
- Troubles hydroélectrolytiques (déshydratation)
- Accidents vasculaires cérébraux (AVC)
- HTA, SHU (Syndrome Hémolytique et Urémique)
- Malformations cérébrales (hémimégalencéphalie, dysplasie)
- Syndrome de Doose (épilepsie myoclonique sévère du nourrisson)
- Syndrome de Lennox-Gastaut (altération de la conscience, activités motrices automatiques)
- Erreurs innées du métabolisme (carences en B6, sulfite oxydase)
Durée < 15 minutes ou 1 crise/jour > 15 minutes ou > 1 crise/jour Localisation Pas de focalisation Focalisation Examen neurologique Normal Anormal Développement Psychomoteur et Intellectuel Normal Anormal Les convulsions fébriles surviennent chez un nourrisson ou un enfant entre 3 mois et 5 ans, associées à de la fièvre mais sans signes d'infection intracrânienne ni autres causes définies. Elles peuvent être simples ou complexes.
III. Prise en Charge Thérapeutique
La prise en charge des convulsions chez l'enfant vise à arrêter la crise, assurer les fonctions vitales, prévenir les blessures et traiter la cause.1. Mesures d'Urgence
- Positionnement : mettre l'enfant en Position Latérale de Sécurité (PLS), arrêter l'alimentation. Placer une sonde nasogastrique si nécessaire.
- Fonction cardio-respiratoire : assurer une bonne fonction (monitoring, aspiration des sécrétions, oxygénothérapie, remplissage vasculaire si choc).
- Prévention des blessures : protéger l'enfant des chocs contre les objets environnants.
- Surveillance neurologique : évaluer la conscience, rechercher un déficit, surveiller la fin de la crise.
2. Arrêt de la Crise
Benzodiazépines
- Diazépam (Valium®) : 0,5 mg/kg en IV lente ou IR (intraréctal), renouvelable une fois. Une ampoule de 1 ml contient 10 mg.
- Si échec après 20 minutes (état de mal convulsif) :
- Clonazépam (Rivotril®) : dose de charge de 0,05 mg/kg en IV lente, puis 0,1 mg/kg/6h en perfusion IV continue. Une ampoule de 1 ml contient 1 mg.
Autres antiépileptiques
- Phénobarbital (Gardénal®) : 10 à 20 mg/kg en IV lente, sans dépasser 200 mg. Flacons de 40 mg et 250 mg.
3. Prévention des Récidives
- Phénobarbital : 3 mg/kg/jour en une prise. Attention aux effets secondaires sur le développement cognitif et la performance scolaire.
- Valproate de Sodium (Dépakine®) : efficace pour prévenir les récidives, particulièrement chez l'enfant de moins d'un an. Surveillance primordiale du risque de décompensation d'une maladie métabolique non reconnue.
4. Traitement Étiologique
Le traitement de la cause est essentiel.- Médical :
- Antibiotiques (en cas d'infection bactérienne).
- Antipaludéens (en cas de neuropaludisme).
- Antiviraux (en cas d'infection virale).
- Échange transfusionnel, etc.
- Neurochirurgical : en cas d'hématome sous-dural ou de malformations cérébrales.
Conclusion
Les convulsions chez l'enfant, bien que souvent bénignes (convulsions fébriles), peuvent constituer une urgence médicale engageant rapidement le pronostic vital. Les récidives sont fréquentes. Une infection du SNC doit toujours être recherchée, justifiant une ponction lombaire au moindre doute, surtout chez le nourrisson.
- Diazépam (Valium
Cet ensemble de notes fournit un aperçu complet des convulsions chez l'enfant, couvrant les définitions, l'intérêt épidémiologique, la classification, le diagnostic et la prise en charge thérapeutique. Ces notes s'appuient sur l'expertise des Pr B. Togo et Dr D. Konate du Département de Pédiatrie du CHU-Gabriel Touré.
I. Généralités
1. Définitions
- Convulsions : contractions involontaires, paroxystiques ou rythmiques et saccadées de la musculature striée, résultant d'une hyperexcitabilité d'une population de neurones.
- État de mal convulsif : crise ou succession de crises épileptiques d'une durée supérieure ou égale à 30 minutes.
2. Intérêt
- Épidémiologique :
- Symptôme le plus fréquent en pédiatrie, survenant à tout âge, particulièrement chez le nourrisson (4 à 5 % d'entre eux).
- Plus de la moitié sont des convulsions fébriles avec un pronostic rassurant.
- Gravité : Les convulsions sont une urgence diagnostique et thérapeutique. Une crise prolongée sur un cerveau immature peut entraîner des séquelles irréversibles.
- Étiologies diverses.
3. Classification
La convulsion est un épiphénomène. La classification peut se faire selon le nombre de crises, le contexte de survenue ou l'âge.
A. Selon le nombre de crises convulsives :
- Crises occasionnelles : dues à une agression transitoire directe ou indirecte sur le cerveau.
- Épilepsie : récurrence de crises liée à une perturbation physique ou fonctionnelle durable du cerveau.
B. Selon le contexte de survenue :
- Convulsions fébriles : associées à de la fièvre (ex: méningite, neuropaludisme, encéphalite).
- Convulsions apyrétiques : sans fièvre (ex: causes métaboliques comme le diabète ou les troubles ioniques, intoxication, épilepsie, traumatisme crânien, encéphalopathie hypertensive).
En pratique, ces classifications s'intriquent.
C. Selon l'âge :
- Convulsions néonatales : encéphalopathie anoxo-ischémique, hypoglycémie néonatale, hypocalcémie.
- Convulsions du nourrisson : causes infectieuses (méningite, neuropaludisme, abcès cérébral), traumatique (hématome sous-dural), syndrome de Dravet.
- Convulsions de l'enfance : malformations cérébrales, causes métaboliques, infectieuses.
- Convulsions de l'adolescent : encéphalopathie hypertensive, épilepsie, méningite.
II. Diagnostic
2.1. Diagnostic positif
Aucun examen complémentaire ne suffit à lui seul pour confirmer le diagnostic. Il repose sur l'interrogatoire et l'examen clinique.
A. L'interrogatoire :
Il est crucial pour préciser les caractéristiques des convulsions et rechercher les antécédents.
- Caractéristiques des convulsions :
- Âge de survenue.
- Circonstances de survenue (sommeil/veille, horaire, facteur déclenchant).
- Prodrome : révélation oculaire, résolution du tonus, perte de connaissance, rupture de contact, déviation de la tête et/ou des yeux.
- Phénomènes paroxystiques observés :
- Contraction tonique : contraction soutenue des muscles agonistes/antagonistes.
- Mouvements cloniques : contractions cloniques responsables de mouvements amples et lents, saccadés.
- Révulsion oculaire isolée.
- Résolution du tonus (chute ou effondrement du tronc).
- Déficit postcritique et sa durée.
- Caractère unique de la crise ou épisodes similaires.
- Précisions sur les antécédents :
- Déroulement de la grossesse (prise médicamenteuse).
- Déroulement de l'accouchement (anoxie, manœuvre traumatisante, ocytociques, circulaire du cordon, anomalies placentaires).
- État de l'enfant à la naissance.
B. Types de crises :
- Crise généralisée d'emblée : propagation de la décharge aux deux hémisphères.
- Crise tonico-clonique généralisée : implique les quatre membres, blocage respiratoire et trismus, morsure de langue possible, suivie d'une phase clonique et postcritique (hypotonie et confusion).
- Crise clonique.
- Crise tonique.
- Crise partielle : décharge localisée, pouvant se généraliser secondairement ou non.
C. Examen physique :
Il doit être complet, avec une insistance particulière sur l'examen neurologique.
- Caractère fébrile (interrogatoire et température rectale).
- Signes cliniques en faveur d'une cause traumatique non accidentelle (ex: hématome sous-dural par syndrome du bébé secoué : enfant de moins d'un an, augmentation récente du périmètre crânien, signes d'anémie aiguë, douleur, crise partielle, stigmates cutanés de maltraitance).
- Prise de la tension artérielle.
- Facteurs de risque de cause vasculaire ischémique (antécédents de cardiopathie emboligène, souffle cardiaque).
- Antécédents médicaux ou chirurgicaux responsables de désordres métaboliques.
D. Examens complémentaires :
- Glycémie, calcémie, ionogramme sanguin.
- Numération formule sanguine (NFS), Examen CytoBactériologique du Liquide Céphalo-Rachidien (ECBC du LCR), Goutte Épaisse (GE), hémoculture.
- Tests inflammatoires (CRP, fibrinémie).
- Fond d'œil (FO).
- Électroencéphalogramme (EEG) si crises répétées.
- Sérologies : toxoplasmose, rubéole, CMV.
- Recherche d'anomalies du métabolisme héréditaire, de toxiques.
- Test de coagulation.
- Scanner cérébral ; IRM cérébrale.
2.2. Diagnostic différentiel
Il est important de distinguer les convulsions d'autres phénomènes paroxystiques.
- Trémulations : tremblements fins des extrémités, du menton, accentués par les pleurs ou la colère, disparaissant à la mobilisation du membre.
- Malaises du reflux gastro-œsophagien (RGO) : hypertonie, apnée, cyanose, puis hypotonie et pâleur.
- Syncopes vagales convulsivantes : déclenchées par la peur, les émotions, le stress, la vue du sang, un traumatisme.
- Spasmes du sanglot : surviennent lors de pleurs ou de colère.
- Myoclonies du sommeil : sursauts brusques et fréquents chez le nourrisson, d'un membre ou d'un segment de membre, parfois répétés en salves.
III. Étiologie et Types de Convulsions
Les convulsions peuvent être classées selon leur cause et leur présentation.
1. Convulsions fébriles
Événement survenant chez un nourrisson ou un enfant entre 3 mois et 5 ans, associé à de la fièvre mais sans signe d'infection intracrânienne ou d'autres causes définies. Elles peuvent être simples ou complexes.
Analyse d'une convulsion fébrile
| Présentation clinique | Fébrile simple (60-70%) | Fébrile compliquée (30-40%) |
| Âge | > 12 mois | < 12 mois |
| Durée | < 15' ou 1 crise/jour | > 15' ou > 1 crise/jour |
| Localisation | Pas de focalisation | Focalisation |
| Examen neurologique | Normal | Anormal |
| Développement Psychomoteur et Intellectuel | Normal | Anormal |
2. Étiologies des convulsions occasionnelles
- Fébriles : surtout infectieuses (herpès, méningite, neuropaludisme).
- Apyrétiques :
- Intoxication (alcool, codéine).
- Traumatisme cérébral.
- Hypoglycémie, hypocalcémie.
- Troubles hydroélectrolytiques (déshydratation).
- Accidents vasculaires cérébraux.
- Hypertension artérielle (HTA), Syndrome Hémolytique et Urémique (SHU).
3. Étiologies des épilepsies
- Malformations cérébrales (hémimégalencéphalie, dysplasie).
- Syndrome de Doose (épilepsie myoclonique sévère du nourrisson).
- Syndrome de Lennox-Gastaut (altération de la conscience, activités motrices automatiques).
- Erreurs innées du métabolisme (déficit en B6, sulfite oxydase).
IV. Prise en Charge
La prise en charge des convulsions repose sur des gestes d'urgence, l'arrêt de la crise, la prévention des récidives et le traitement étiologique.
Trois gestes d'urgence :
- Mettre l'enfant en position latérale de sécurité (PLS). Arrêter l'alimentation. Poser une sonde nasogastrique si besoin.
- Assurer une fonction cardio-respiratoire correcte : monitoring, aspiration, oxygénothérapie, remplissage vasculaire si nécessaire.
- Éviter les blessures : protéger l'enfant des chocs contre les objets environnants.
- Surveillance neurologique : évaluer la conscience, rechercher un déficit post-critique.
1. Arrêt de la crise
- Benzodiazépines :
- Diazépam (Valium*) :
- Ampoule de 1 ml = 10 mg.
- Posologie : 0,5 mg/kg en IV lente ou IR, renouvelable une fois.
- Diazépam (Valium*) :
Si échec au bout de 20 minutes, il s'agit d'un état de mal convulsif.
- Clonazépam (Rivotril*) :
- Ampoule de 1 ml = 1 mg.
- Dose de charge de 0,05 mg/kg en IV lente, puis 0,1 mg/kg/6h en perfusion IV continue.
- Phénobarbital (Gardénal*) :
- Flacon de 40 et 250 mg.
- Posologie : 10 à 20 mg/kg en IV lente, sans dépasser 200 mg.
2. Prévention des récidives
- Phénobarbital :
- Dose : 3 mg/kg/jour en une prise.
- Attention aux effets secondaires : impact sur le développement cognitif et les performances scolaires à court et long terme.
- Valproate de Sodium (Dépakine) :
- Efficace pour prévenir les récidives, notamment chez les nourrissons de moins d'un an.
- Attention+++ : risque de décompensation d'une maladie métabolique non reconnue chez le nourrisson.
3. Traitement étiologique
Le traitement de la cause sous-jacente est primordial.
- Médical :
- Antibiotiques.
- Antipaludéens.
- Antiviraux.
- Échange transfusionnel.
- Neurochirurgical : en cas d'hématome, de malformations.
V. Conclusion et Points Clés
- Les convulsions sont fréquentes et souvent bénignes lorsqu'elles sont fébriles.
- Elles peuvent constituer une urgence médicale grave, engageant rapidement le pronostic vital.
- Le risque de récidive est élevé.
- Une infection du Système Nerveux Central (SNC) est une cause fréquente, justifiant la réalisation systématique d'une ponction lombaire au moindre doute, surtout chez le nourrisson.
Les Convulsions chez l'Enfant
Les convulsions chez l'enfant sont des contractions musculaires involontaires, paroxystiques et saccadées, résultant d'une hyperexcitabilité neuronale. Elles représentent le symptôme neurologique le plus fréquent en pédiatrie, touchant principalement les nourrissons.I. Généralités
1. Définitions
- Convulsions : Contractions involontaires, paroxystiques ou rythmiques et saccadées de la musculature striée en rapport avec une hyperexcitabilité d'une population de neurones.
- État de mal convulsif : Crise ou succession de crises épileptiques d'une durée supérieure ou égale à 30 minutes.
2. Intérêt
- Épidémiologique : Symptôme très fréquent en pédiatrie (4 à 5% des nourrissons). Plus de la moitié sont des convulsions fébriles de pronostic rassurant.
- Gravité : Urgence diagnostique et thérapeutique. Une crise prolongée chez un enfant peut entraîner des séquelles irréversibles.
- Étiologies diverses : Les causes sont multiples et variées.
3. Classification
Selon le nombre de crises convulsives
- Crises occasionnelles : Dues à une agression transitoire directe ou indirecte sur le cerveau.
- Épilepsie : Récurrence de crises en rapport avec une perturbation physique ou fonctionnelle durable du cerveau.
Selon le contexte de survenue
- Convulsions fébriles : Associées à de la fièvre (ex: méningite, neuropaludisme, encéphalite).
- Convulsions apyrétiques : Sans fièvre (ex: métaboliques comme le diabète ou troubles ioniques, intoxication, épilepsie, traumatisme crânien, encéphalopathie hypertensive).
Selon l'âge
| Âge | Exemples d'étiologies |
| Néonatales | Encéphalopathie anoxo-ischémique, hypoglycémie, hypocalcémie |
| Nourrisson | Causes infectieuses (méningite, neuropaludisme, abcès cérébral), traumatique, hématome sous-dural, syndrome de Dravet |
| Enfance | Malformations cérébrales, causes métaboliques, infectieuses |
| Adolescent | Encéphalopathie hypertensive, épilepsie, méningite |
II. Diagnostic
2.1. Diagnostic positif
Le diagnostic ne repose pas sur un seul examen complémentaire. Il est clinique et basé sur l'interrogatoire et l'examen physique.A. Interrogatoire
Il vise à préciser les antécédents et les caractéristiques des convulsions.- Antécédents :
- Déroulement de la grossesse (prise médicamenteuse).
- Déroulement de l'accouchement (anoxie, manœuvre traumatisante, circulaire du cordon, anomalies placentaires).
- État de l'enfant à la naissance.
- Caractéristiques des convulsions :
- Âge de survenue.
- Circonstances de survenue (sommeil/veille, horaire, facteur déclenchant).
- Prodrome : Révulsion oculaire, résolution du tonus, perte de connaissance, rupture de contact, déviation de la tête et/ou des yeux.
- Phénomènes paroxystiques observés :
- Contraction tonique : Contraction soutenue des muscles agonistes et antagonistes.
- Mouvements cloniques : Mouvements amples, lents et saccadés.
- Révulsion oculaire isolée.
- Résolution du tonus (chute ou effondrement du tronc).
- Déficit post-critique et sa durée.
- Type de crise :
- Crise généralisée d'emblée : Propagation de la décharge aux deux hémisphères.
- Crise tonico-clonique généralisée : Intéresse les 4 membres + blocage respiratoire et trismus (parfois morsure de langue), suivie de la phase clonique, avec une hypotonie et confusion post-critique.
- Crise clonique isolée.
- Crise tonique isolée.
- Crise partielle : Décharge localisée, pouvant se généraliser secondairement ou non.
- Caractère unique ou épisodes similaires.
B. Examen physique
L'examen doit être complet, avec une attention particulière à l'examen neurologique.- Recherche d'un caractère fébrile (interrogatoire + température rectale).
- Signes cliniques en faveur d'une cause traumatique non accidentelle (ex: hématome sous-dural par syndrome du bébé secoué : <1 an, augmentation rapide du périmètre crânien, signes d'anémie aiguë, stigmates de maltraitance).
- Prise de la tension artérielle.
- Facteurs de risque de cause vasculaire ischémique (antécédents de cardiopathie emboligène, souffle cardiaque).
- Antécédents médicaux ou chirurgicaux responsables de désordres métaboliques.
C. Examens complémentaires
Ces examens sont réalisés en fonction de l'orientation clinique.- Biologiques : Glycémie, calcémie, ionogramme sanguin, numération formule sanguine (NFS), examens cytobactériologiques du liquide céphalo-rachidien (LCR), goutte épaisse (GE), hémoculture, tests inflammatoires (CRP, fibrinémie), test de coagulation, recherche d'anomalies du métabolisme héréditaire, de toxiques.
- Imagerie : Scanner cérébral, IRM cérébrale.
- Autres : Fond d'œil (FO), Électroencéphalogramme (EEG) si crises répétées, sérologies (toxoplasmose, rubéole, CMV).
2.2. Diagnostic différentiel
Il est important de distinguer les convulsions d'autres phénomènes paroxystiques.- Trémulations : Fins tremblements des extrémités, du menton, accentués par les pleurs ou la colère, disparaissant à la mobilisation du membre.
- Malaise du RGO (Reflux Gastro-Œsophagien) : Marqués par une hypertonie, apnée, cyanose, puis hypotonie et pâleur.
- Syncopes vagales convulsivantes : Déclenchées par la peur, les émotions, le stress, la vue du sang, ou un traumatisme.
- Spasmes du sanglot : Surviennent lors de pleurs intenses ou de colère.
- Myoclonies du sommeil : Sursauts brusques d'un membre ou d'un segment de membre, parfois répétés en salves, fréquents chez le nourrisson.
2.3. Analyse d'une convulsion fébrile
| Présentation Clinique | Simple (60-70%) | Compliquée (30-40%) |
| Âge | > 12 mois | < 12 mois |
| Durée | < 15 minutes ou 1 crise/jour | > 15 minutes ou > 1 crise/jour |
| Localisation | Pas de focalisation | Focalisation |
| Examen neurologique | Normal | Anormal |
| Développement psychomoteur et intellectuel | Normal | Anormal |
2.4. Diagnostic étiologique
Les étiologies varient entre les crises occasionnelles (plus fréquentes) et l'épilepsie.A. Convulsions occasionnelles
- Fébriles +++ : herpès, méningite, neuropaludisme.
- Apyrétiques :
- Intoxication (alcool, codéine).
- Traumatisme cérébral.
- Hypoglycémie, hypocalcémie.
- Troubles hydroélectrolytiques (déshydratation).
- Accidents vasculaires cérébraux.
- Hypertension artérielle (HTA), Syndrome Hémolytique et Urémique (SHU).
B. Épilepsies
- Malformations cérébrales (hémimégalencéphalie, dysplasie).
- Syndrome de Doose (épilepsie myoclonique sévère du nourrisson).
- Syndrome de Lennox-Gastaut (altération de la conscience avec activités motrices automatiques).
- Erreurs innées du métabolisme (carence en B6, sulfite oxydase).
III. Prise en Charge Thérapeutique
1. Traitement d'urgence de la crise
L'objectif est d'assurer la sécurité de l'enfant et d'arrêter la crise.- Protéger l'enfant : Position latérale de sécurité (PLS), arrêt de l'alimentation, mise en place d'une sonde naso-gastrique si besoin.
- Assurer une fonction cardio-respiratoire correcte : Monitoring, aspiration, oxygène, remplissage vasculaire si nécessaire.
- Éviter les blessures.
- Surveillance neurologique : Conscience, recherche de déficit, détection de nouvelles crises.
Arrêter la crise avec des médicaments spécifiques :
- Benzodiazépines :
- Diazépam (Valium*) : 0,5 mg/kg en IVL (intraveineux lent) ou IR (intrarectal), renouvelable une fois. (Ampoule de 1 ml = 10 mg).
- Si échec après 20 minutes (suggérant un état de mal convulsif) :
- Clonazépam (Rivotril*) : Dose de charge de 0,05 mg/kg en IVL, puis 0,1 mg/kg/6h en IVC (intraveineux continu). (Ampoule de 1 ml = 1 mg).
- Phénobarbital (Gardénal*) : 10 à 20 mg/kg en IVL, sans dépasser 200 mg. (Flacon de 40 et 250 mg).
2. Prévention des récidives
- Phénobarbital : À la dose de 3 mg/kg/jour en une prise. Cependant, il présente des effets secondaires importants sur le développement cognitif et la performance scolaire.
- Valproate de Sodium (Dépakine*) : Efficace pour prévenir les récidives, notamment avant l'âge d'un an, mais attention au risque de décompensation d'une maladie métabolique non reconnue chez le nourrisson.
3. Traitement étiologique
Le traitement de la cause est essentiel.- Médical :
- Antibiotiques (en cas d'infection bactérienne).
- Antipaludéens (pour le neuropaludisme).
- Antiviraux (pour les encéphalites virales).
- Échange transfusionnel (pour certaines causes métaboliques ou hématologiques).
- Neurochirurgical : Pour les hématomes ou malformations cérébrales.
Conclusion
Les convulsions chez l'enfant peuvent être fréquemment bénignes, notamment lorsqu'elles sont fébriles. Cependant, elles représentent souvent une urgence médicale mettant potentiellement en jeu le pronostic vital et fonctionnel. Le risque de récidive est élevé, et une infection du système nerveux central doit toujours être suspectée, justifiant une ponction lombaire au moindre doute, surtout chez le nourrisson.Lancer un quiz
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