Conflit palestinien et tensions israélo-arabes

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Analyse de l'histoire, des enjeux territoriaux, religieux et géopolitiques du conflit palestinien, incluant la colonisation, le droit au retour, les violences récentes et les perspectives de paix depuis la décolonisation du Proche-Orient.

La Décolonisation au Proche-Orient : La Question Palestinienne et les Relations Israélo-Arabes

La Palestine, située à l'extrémité orientale de la Mer Méditerranée, a vu son étendue, sa population et ses occupants évoluer au cours de l'histoire. Après la Première Guerre mondiale, la SDN confie la Palestine à l'Angleterre. Cependant, le processus d'autodétermination est rapidement entravé par la question palestinienne et les relations israélo-arabes tendues, marquant le début d'un conflit colonial avec l'occupation par Israël du territoire palestinien et la lutte du peuple palestinien pour la libération nationale.

I - La Question Palestinienne

1) L'origine du conflit

L'idée de créer un État juif en Palestine émerge à la fin du XIXe siècle avec le Mouvement du Sionisme, théorisé en 1897 par Théodore Herzl. Ce mouvement prône le retour à Sion (Jérusalem), terre promise aux Hébreux. Le Royaume-Uni soutient cette initiative par la Déclaration Balfour du 2 novembre 1917, favorable à l'établissement d'un foyer national juif. Les persécutions durant la Seconde Guerre mondiale (Shoah) renforcent l'immigration juive en Palestine, notamment vers les kibboutzim. Les organisations juives, comme l'armée secrète Haganah et des groupes extrémistes (Stern, Irgoun), s'attaquent aux Arabes et aux Britanniques. En réaction à l'attentat de l'Hôtel King David en 1946, l'Angleterre tente de limiter l'immigration, ce qui pousse l'ONU à proposer la Résolution 181 du 29 novembre 1947. Ce plan prévoit le partage de la Palestine en un État juif (55% du territoire) et un État arabe (45%), avec Jérusalem comme ville internationale sous contrôle de l'ONU. Le 14 mai 1948, David Ben Gourion proclame la naissance de l'État d'Israël, immédiatement reconnu par les puissances occidentales et l'ONU, mais rejeté par les pays arabes, marquant la Naqba (la Catastrophe) et la naissance de la question palestinienne.

2) Des relations israélo-arabes tendues

Dès la proclamation d'Israël, la Ligue arabe lance une attaque (mai 1948 - février 1949) mais est vaincue. Israël agrandit son territoire, occupant Jérusalem-Ouest, tandis que la Jordanie prend Jérusalem-Est et la Cisjordanie, et l'Égypte la Bande de Gaza. Lors de la crise de Suez, Israël s'allie aux puissances européennes pour détruire les bases palestiniennes en Égypte. La guerre des Six Jours (5-11 juin 1967), une guerre préventive lancée par Israël, aboutit à l'occupation de tout Jérusalem, de la Cisjordanie, de la Bande de Gaza, du Plateau du Golan syrien et du Sinaï égyptien. Cette occupation provoque un exode massif de réfugiés arabes. L'ONU adopte alors la Résolution 242 du 22 novembre 1967, demandant le retrait d'Israël des territoires occupés en échange d'une paix globale. En 1973, l'Égypte et la Syrie lancent une attaque surprise lors de la guerre du Kippour. L'intervention des États-Unis et de l'URSS impose un cessez-le-feu. La réaction des pays arabes, exportateurs de pétrole, entraîne le premier choc pétrolier (1973). En 1982, l'armée israélienne (Tsahal) massacre des Palestiniens dans les camps de Sabra et Chatila au Liban. Les Palestiniens, particulièrement dans les camps de réfugiés, prennent conscience de leur identité et revendiquent une patrie. L'Organisation pour la Libération de la Palestine (OLP) est créée en 1964 par la Ligue arabe. À partir de 1986, Israël est confronté à l'Intifada (révolte des pierres), relancée en 2000. Ces flambées de violence poussent la communauté internationale à relancer les négociations.

II - De multiples accords sans paix définitive

Les négociations, sous l'égide de l'ONU et des puissances occidentales, ont mené à plusieurs tentatives de paix :
  • Les Accords de Camp David (1978) entre Anouar El Sadate (Égypte) et Menahem Bégin (Israël). L'Égypte reconnaît Israël, qui se retire du Sinaï. Cette ouverture est rejetée par les Arabes, menant à l'assassinat de Sadate en 1981.
  • Les Accords d'Oslo (1993), signés à Washington par Itzhak Rabin (Israël) et Yasser Arafat (OLP), sous l'égide de Bill Clinton. Ils marquent une reconnaissance mutuelle, l'acceptation de l'idée de deux États et des modalités de retrait israélien. L'assassinat de Rabin en 1995 remet en question cet espoir.
  • Le plan de règlement "Road Map" ou Feuille de route (2003) proposé par le Quartet (USA, Russie, ONU, UE). Il prévoit une solution à deux États basée sur les frontières d'avant juin 1967, le retour des réfugiés, le retrait des territoires occupés et la résolution de la question de Jérusalem.
La mort de Yasser Arafat en 2004 et la division des Palestiniens entre le Hamas et le Fatah de Mahmoud Abbas ont ravivé les tensions. Plusieurs facteurs bloquent le processus de paix :
  • La complicité de la communauté internationale, notamment des USA, qui soutiennent économiquement, militairement et diplomatiquement Israël, parfois en violation des résolutions de l'ONU (comme la reconnaissance de Jérusalem comme capitale d'Israël en 2018).
  • Le statut de Jérusalem, ville sainte pour les trois religions monothéistes (Basilique de la Nativité, Mont des Béatitudes, Caveau des Patriarches, Mur des Lamentations, Mosquée Al Aqsa), revendiquée par les deux parties et totalement occupée par l'armée israélienne.
  • La poursuite de la colonisation avec l'implantation de colonies juives en territoire palestinien.
  • La question du retour des réfugiés palestiniens sur leurs terres et leur indemnisation.
  • L'activisme des mouvements extrémistes des deux côtés, qui torpillent le processus de paix. L'attaque du Hamas en Israël le 7 octobre 2023 et la riposte israélienne sur la Bande de Gaza ont exacerbé les tensions, faisant craindre un embrasement régional avec le soutien de l'Iran au Hamas, et de la Russie et de la Chine aux Palestiniens.

Conclusion

Le sionisme et le plan de partage de l'ONU ont conduit à plus de 60 ans de conflit entre Juifs israéliens et Palestiniens arabes. La complexité de cette question palestinienne, avec ses enjeux géopolitiques, religieux et territoriaux, a transformé les espoirs des Accords d'Oslo et de la Feuille de route en des perspectives sombres pour les relations israélo-arabes.

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