Chapitre I & II : Propriétés magnétiques et spectroscopie

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Propriétés magnétiques des molécules, susceptibilité, balance de Gouy, spectroscopie de rotation et niveaux d'énergie du rotateur rigide.

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Question

Dans l'approximation de spin pur, comment s'exprime le moment magnétique effectif \textmueff\text{\textbf{\textmu}}_{\text{eff}} en fonction du nombre n d'électrons célibataires ?

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Réponse

μeff=n(n+2) μB\mu_{\mathrm{eff}} = \sqrt{n(n+2)}\,\mu_B

Question

Quels sont les trois principaux types de rotateurs moléculaires polyatomiques et comment se distinguent-ils ?

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Réponse

Rotateur sphérique (Ia=Ib=IcI_a = I_b = I_c), symétrique (prolate Ia<Ib=IcI_a < I_b = I_c ou oblate Ia=Ib<IcI_a = I_b < I_c) et asymétrique (Ia≠Ib≠IcI_a \neq I_b \neq I_c).

Question

Qu'est-ce que la constante rotationnelle B et comment est-elle liée au moment d'inertie ?

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Réponse

C'est B=h8π2IB = \frac{h}{8\pi^2 I} (Hz), liée au moment d'inertie II par B∝1/IB \propto 1/I.

Question

Quels sont les deux types de contributions au moment magnétique global d'une molécule en présence d'un champ magnétique externe ?

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Réponse

Contribution permanente (moment magnétique intrinsèque) et contribution induite (modification du mouvement des électrons).

Question

Quelle est la différence fondamentale entre les spectres de rotation des molécules diatomiques homonucléaires et hétéronucléaires ?

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Réponse

Seules les molécules hétéronucléaires possèdent un moment dipolaire permanent et donc un spectre de rotation ; les homonucléaires n'en ont pas.

Question

Comment s'exprime l'énergie de rotation Er\text{\textbf{E}}_{\text{r}} d'un rotateur rigide diatomique en fonction du nombre quantique J et de la constante rotationnelle B ?

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Réponse

Er=BJ(J+1)E_r = BJ(J + 1) avec B=h8π2IB = \frac{h}{8\pi^2 I} (en Hz) ou Er=hBJ(J+1)E_r = hBJ(J + 1).

Question

Qu'est-ce que la distorsion centrifuge et comment affecte-t-elle l'énergie de rotation ?

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Réponse

Augmentation de la distance internucléaire avec l'énergie de rotation, ce qui accroît le moment d'inertie et réduit l'énergie de rotation par rapport au rotateur rigide : ErJ=hBJ(J+1)−hDJ2(J+1)2E_{rJ} = hBJ(J+1) - hDJ^2(J+1)^2.

Question

Dans la classification des rotateurs polyatomiques, comment définit-on un rotateur asymétrique ?

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Réponse

Un rotateur dont les trois moments principaux d'inertie sont tous différents : Ia≠Ib≠IcI_a \neq I_b \neq I_c (exemple : H2O\mathrm{H_2O}).

Question

Quelle est la règle de sélection pour les transitions rotationnelles en spectroscopie d'absorption ?

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Réponse

ΔJ=±1\Delta J = \pm 1 : en absorption, transition entre JJ et J+1J+1 ; en émission, entre JJ et J−1J-1.

Question

Qu'est-ce que l'effet Raman et en quoi diffère-t-il de la diffusion Rayleigh ?

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Réponse

Diffusion inélastique d'un photon avec échange d'énergie avec la molécule (création ou annihilation d'un phonon). Dans la diffusion Rayleigh, la diffusion est élastique : aucune variation de fréquence ni d'énergie.

Question

Quels sont les deux types de décalage Raman et comment se distinguent-ils ?

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Réponse

Décalage Stokes (vers le rouge, création d'un phonon) et anti-Stokes (vers le bleu, absorption d'un phonon).

Question

Comment évolue l'intensité des raies dans un spectre de rotation en fonction du nombre quantique J ?

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Réponse

L'intensité varie en (2J+1)e−hBJ(J+1)kT(2J+1) e^{-\frac{hBJ(J+1)}{kT}}, passant par un maximum à Jmax⁡J_{\max} avant de décroître.

Question

À quel moment une molécule nécessite-t-elle l'approximation de spin pur pour calculer son moment magnétique effectif ?

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Réponse

Quand le moment orbital est bloqué par le champ des ligands (L≈0L \approx 0), typiquement dans les complexes de la première série 3d3d.

Question

Quelle est la règle de sélection en spectroscopie Raman de rotation ?

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Réponse

ΔJ=±2\Delta J = \pm 2.

Question

Quelle est la relation entre la force mesurée par la balance de Gouy et la susceptibilité volumique \textchi\text{\textbf{\textchi}} ?

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Réponse

F=12μ0χAH02F = \frac{1}{2} \mu_0 \chi A H_0^2, soit χ=2Δm gμ0AH02\chi = \frac{2 \Delta m \, g}{\mu_0 A H_0^2}.

Question

Quelle est la définition de l'induction magnétique **B**\text{**B**} ?

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Réponse

Grandeur qui représente le champ magnétique total effectif en un point d'un milieu matériel, résultant à la fois de l'excitation appliquée et de l'aimantation de la matière. Unité : Tesla (T). Reliée à H⃗\vec{H} et J⃗\vec{J} par : B⃗=μ0(H⃗+J⃗)\vec{B} = \mu_0(\vec{H} + \vec{J}).

Question

Comment s'exprime la susceptibilité magnétique molaire \textchiM\text{\textbf{\textchi}}_{\text{M}} d'une substance paramagnétique selon la loi de Curie ?

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Réponse

Selon la loi de Curie (pour substance fortement paramagnétique) : χM=CT\chi_M = \frac{C}{T}, où la constante de Curie est C=μ0NAμm23kC = \frac{\mu_0 N_A \mu_m^2}{3k}, avec μm\mu_m le moment magnétique permanent moléculaire.

Question

Quelle relation relie l'induction magnétique B\text{\textbf{B}} à l'excitation H\text{\textbf{H}} et à l'aimantation J\text{\textbf{J}} ?

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Réponse

B⃗=μ0(H⃗+J⃗)\vec{B} = \mu_0(\vec{H} + \vec{J}), où μ0=4π×10−7\mu_0 = 4\pi \times 10^{-7} H·m−1^{-1} est la perméabilité du vide.

Question

Quel est le critère moléculaire pour qu'une molécule soit paramagnétique ?

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Réponse

Présence d'électrons non appariés. Les molécules avec tous les électrons appariés sont diamagnétiques; celles ayant des électrons célibataires possèdent un moment magnétique permanent et sont paramagnétiques.

Question

Quel est le principe de la balance de Gouy pour mesurer la susceptibilité magnétique ?

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Réponse

L'échantillon est suspendu verticalement entre les pôles d'un aimant et soumis à un champ magnétique inhomogène. Les substances paramagnétiques sont attirées vers les zones de champ intense (augmentation du poids apparent); les diamagnétiques sont repoussées. La variation de masse mesurée, proportionnelle à la susceptibilité, permet de déterminer cette dernière (en général par comparaison avec un étalon).

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Fiche de révision

PROPRIÉTÉS ÉLECTRIQUES ET MAGNÉTIQUES DES MOLECULES (2ème PARTIE)

Ce chapitre introduit les grandeurs fondamentales du magnétisme moléculaire (==champ d'excitation==, ==aimantation==, ==induction==), les classes de comportement magnétique (diamagnétisme, paramagnétisme, ferromagnétisme) et leur origine microscopique liée à la structure électronique, ainsi que la mesure expérimentale par la balance de Gouy.

L'excitation magnétique (ou champ magnétique) $\vec{H}$

  • L'excitation magnétique H⃗\vec{H} (unité : A·m⁻¹) est engendrée par des courants électriques ou des aimants, indépendamment du milieu matériel.
  • Elle décrit uniquement l'effet des sources (charges en mouvement) et de la géométrie.

L'aimantation (ou intensité d'aimantation) $\vec{J}$

  • L'aimantation J⃗\vec{J} (unité : A·m⁻¹) représente le moment magnétique par unité de volume, résultant de l'orientation des moments permanents et de la création de moments induits par le champ.

L'induction magnétique $\vec{B}$

  • L'induction B⃗\vec{B} (unité : T, tesla) décrit le champ total dans le milieu, incluant la réponse de la matière.
  • Relation fondamentale : B⃗=μ0(H⃗+J⃗)\vec{B} = \mu_0 (\vec{H} + \vec{J}), où μ0=4π×10−7 H⋅m−1\mu_0 = 4\pi \times 10^{-7}\,\mathrm{H\cdot m^{-1}} est la perméabilité du vide.

Dans un milieu linéaire, isotrope et homogène, J⃗=χH⃗\vec{J} = \chi \vec{H}, où χ\chi est la ==susceptibilité magnétique volumique== (sans dimension). Alors B⃗=μ0(1+χ)H⃗=μH⃗\vec{B} = \mu_0(1+\chi)\vec{H} = \mu \vec{H}, avec μ\mu la perméabilité du milieu.

Susceptibilité molaire et Loi de Curie

  • La ==susceptibilité magnétique molaire== χM\chi_M (m³·mol⁻¹) se calcule par χM=χ⋅M/ρ=χ⋅VM\chi_M = \chi \cdot M/\rho = \chi \cdot V_M, où MM est la masse molaire et ρ\rho la masse volumique.
  • À l'échelle moléculaire, χ=D′μ0(ξ+μm23kT)\chi = \mathfrak{D}' \mu_0 \left(\xi + \frac{\mu_m^2}{3kT}\right) avec ξ\xi la magnétisabilité et μm\mu_m le moment permanent.
  • La ==loi de Curie== : pour les substances fortement paramagnétiques, χM=A+C/T\chi_M = A + C/T ou, sous forme réduite, χM=C/T\chi_M = C/T, avec C=μ0NAμm23kC = \frac{\mu_0 N_A \mu_m^2}{3k}.

Les substances diamagnétiques

  • Propriété universelle : toute molécule y contribue, mais souvent masquée par d'autres effets.
  • Comportement : aimantation opposée au champ (χ<0\chi < 0), lignes de champ repoussées vers l'extérieur.
  • Origine : moment induit par la loi de Lenz, s'opposant au champ, temporaire, indépendant de la température.

Les substances paramagnétiques

  • Comportement : aimantation de même sens que le champ (χ>0\chi > 0), lignes de champ concentrées à l'intérieur.
  • Origine : orientation de moments magnétiques permanents sous l'effet du champ, contrariée par l'agitation thermique. La susceptibilité suit la loi de Curie (χ∝1/T\chi \propto 1/T).

Les substances ferromagnétiques

  • Susceptibilité très élevée (χ≫0\chi \gg 0) ; conservation d'une aimantation rémanente (mémoire magnétique).
  • Origine : alignement spontané des spins dans des domaines de Weiss par interactions d'échange.
  • Dépend de la température et du champ (hystérésis). Exemples : Fe, Co, Ni.

Le diamagnétisme à l'échelle moléculaire

Quand la résultante des moments cinétiques orbitaux est nulle, le moment magnétique permanent est nul. Le champ appliqué modifie la vitesse orbitale (loi de Lenz), créant un moment induit opposé. La susceptibilité diamagnétique est négative et indépendante de la température.

Le paramagnétisme à l'échelle moléculaire

Si la résultante des moments cinétiques (orbitaux + spin) est non nulle, la molécule possède un ==moment magnétique permanent== μ⃗p\vec{\mu}_p. Sous champ, ce moment tend à s'orienter, mais l'agitation thermique s'y oppose. La susceptibilité suit χM=C/T\chi_M = C/T.

Critère moléculaire : électrons tous appariés → diamagnétisme (moment permanent nul) ; électrons non appariés → paramagnétisme (moment permanent existant).

Approximation du spin pur (spin-only)

Dans les complexes de métaux de transition 3d, le moment orbital est souvent « bloqué » par les ligands (L≈0L \approx 0). Le moment magnétique effectif se réduit à la contribution des spins : μeff=n(n+2)μB\mu_{\mathrm{eff}} = \sqrt{n(n+2)} \mu_B, où nn est le nombre d'électrons célibataires et μB=9,274×10−24 J⋅T−1\mu_B = 9,274 \times 10^{-24}\,\mathrm{J\cdot T^{-1}} le magnéton de Bohr.

Relation directe avec la susceptibilité mesurée : χM=μ0NAμB23kT⋅n(n+2)\chi_M = \frac{\mu_0 N_A \mu_B^2}{3kT} \cdot n(n+2). Une mesure de χM\chi_M (balance de Gouy) permet de déterminer nn.

Détermination expérimentale : la balance de Gouy

Principe de la méthode

L'échantillon en tube cylindrique est suspendu entre les pièces polaires d'un aimant, soumis à un champ inhomogène. La force totale s'exerçant est F=12μ0χAH02F = \frac12 \mu_0 \chi A H_0^2, où AA est la section et H0H_0 le champ au centre.

Observation : substances paramagnétiques (χ>0\chi > 0) → attirées vers la zone de champ intense (augmentation du poids apparent) ; substances diamagnétiques (χ<0\chi < 0) → repoussées (diminution du poids apparent).

Exploitation des mesures

La variation de masse Δm\Delta m mesurée vérifie Δm⋅g=12μ0χAH02\Delta m \cdot g = \frac12 \mu_0 \chi A H_0^2, d'où χ=2Δmgμ0AH02\chi = \frac{2 \Delta m g}{\mu_0 A H_0^2}.

Note pratique : méthode comparative

Pour éviter la mesure exacte de AA et H0H_0, on compare avec un étalon de susceptibilité connue χref\chi_{\mathrm{ref}} : χχref=ΔmΔmref\frac{\chi}{\chi_{\mathrm{ref}}} = \frac{\Delta m}{\Delta m_{\mathrm{ref}}}.

NB : La balance de Gouy ne convient pas aux substances ferromagnétiques (domaine de linéarité dépassé) ; on utilise alors un magnétomètre à échantillon vibrant.

Exemple d'application : un complexe de cobalt(II) présente Δm=45,7 mg\Delta m = 45,7\,\mathrm{mg}, A=0,5 cm2A = 0,5\,\mathrm{cm}^2, H0=4,0×105 A⋅m−1H_0 = 4,0 \times 10^5\,\mathrm{A\cdot m^{-1}}. Le signe de Δm>0\Delta m > 0 indique un comportement paramagnétique. Le calcul donne χ≈8,91×10−5\chi \approx 8,91 \times 10^{-5}.

χM\chi_M se déduit via χM=χ⋅M/ρ\chi_M = \chi \cdot M/\rho (avec M=245 g⋅mol−1M = 245\,\mathrm{g\cdot mol^{-1}}, ρ=1,85 g⋅cm−3\rho = 1,85\,\mathrm{g\cdot cm^{-3}}).

Configuration électronique

  • Exemple : Fe (Z=26) : [Ar]4s23d6[\mathrm{Ar}] 4s^2 3d^6 ; Fe2+\mathrm{Fe}^{2+} : [Ar]3d6[\mathrm{Ar}] 3d^6.
  • Application au complexe [Fe(H2O)6]2+[\mathrm{Fe}(\mathrm{H}_2\mathrm{O})_6]^{2+} : χM=1,36×10−7 m3⋅mol−1\chi_M = 1,36 \times 10^{-7}\,\mathrm{m^3\cdot mol^{-1}} à 298 K. On en déduit μeff≈5,08 μB\mu_{\mathrm{eff}} \approx 5,08\,\mu_B, valeur proche de celle attendue pour n=4n = 4 électrons célibataires (spin pur μeff=4⋅6=4,90 μB\mu_{\mathrm{eff}} = \sqrt{4\cdot6} = 4,90\,\mu_B, l'écart s'explique par une contribution orbitale résiduelle).

Spectroscopie de rotation moléculaire – Spectroscopie micro-ondes

Propriétés générales de la spectroscopie

La spectroscopie étudie les transitions entre niveaux d'énergie moléculaires : électroniques (UV-visible), vibrationnelles (IR proche) et rotationnelles (IR lointain et micro-ondes). En première approximation, l'énergie totale est la somme des contributions, avec l'ordre de grandeur E_élect ≫ E_vib ≫ E_rot. Les spectres s'obtiennent par absorption, émission ou diffusion Raman.

Cas des molécules diatomiques (rotateur rigide)

Pour une molécule diatomique A₁A₂ de distance internucléaire r₀, le moment d'inertie I = μ r₀², avec la masse réduite μ = (m₁ m₂)/(m₁ + m₂). L'énergie de rotation quantifiée est Eᵣ = (h²/8π²I) × J(J+1), où J = 0, 1, 2… est le nombre quantique rotationnel. La règle de sélection est ΔJ = ±1 ; les transitions entre J et J+1 donnent des raies de fréquence ν = 2B(J+1) avec la constante rotationnelle B = h/(8π²I) (Hz) ou en nombre d'onde B̃ = h/(8π²Ic). L'écart entre deux raies consécutives est constant et vaut 2B. Seules les molécules ayant un moment dipolaire permanent présentent un spectre de rotation pure.

Spectres de rotation des molécules polyatomiques

Les molécules sont classées selon leurs trois moments d'inertie principaux. Les rotateurs sphériques (Iₐ = I_b = I_c, ex. CH₄) n'ont pas de spectre de rotation pure. Les rotateurs symétriques prolates (Iₐ < I_b = I_c, ex. CH₃Cl) ont une énergie Eᵣ = hB J(J+1) + h(A−B)K² ; les oblates (Iₐ = I_b < I_c, ex. BF₃) utilisent C à la place de A. Les molécules linéaires (Iₐ = 0, ex. HCN) suivent la même formule que les diatomiques. Les rotateurs asymétriques ont trois moments différents.

Transitions rotationnelles et intensités des transitions

Les transitions sont régies par ΔJ = ±1. L'intensité des raies dépend de la population des niveaux donnée par la loi de Boltzmann : Nⱼ/N₀ = (2J+1) exp(−h²J(J+1)/(8π²IkT)). La population passe par un maximum pour Jₘₐₓ, ce qui explique que les raies les plus intenses ne sont pas forcément celles de plus bas J.

Distorsion centrifuge

La molécule n'est pas parfaitement rigide : la rotation augmente la distance internucléaire par force centrifuge, ce qui accroît le moment d'inertie et abaisse l'énergie de rotation. L'énergie corrigée s'écrit Eᵣ = hB J(J+1) − hD J²(J+1)², où D est la constante de distorsion centrifuge (très petite, D ≪ B). L'écart entre raies n'est plus constant : Δν = 2B(J+1) − 4D(J+1)³.

Spectroscopie Raman

La spectroscopie Raman repose sur la diffusion inélastique de la lumière : un photon incident est diffusé avec un décalage en fréquence correspondant à l'énergie d'une transition rotationnelle. Elle ne nécessite pas de moment dipolaire permanent, mais une variation de polarisabilité. La règle de sélection est ΔJ = ±2. Les raies Stokes (ΔJ = +2) apparaissent à des fréquences inférieures, les raies anti-Stokes (ΔJ = −2) à des fréquences supérieures. L'écart entre deux raies consécutives vaut 4B.

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