CHAPITRE 9 : LES THERAPIES

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Vue d'ensemble des différentes approches thérapeutiques, incluant psychanalyse, thérapies brèves, comportementales, cognitivo‑comportementales et traitements pharmacologiques, ainsi que leur efficacité selon les troubles.

CHAPITRE 9 : LES THÉRAPIES

1. Définition des thérapies

Une thérapie est une interaction systématique entre un thérapeute et un patient. Elle peut être une psychothérapie (centrée sur le dialogue) ou inclure une médication (thérapie biologique). Les approches thérapeutiques découlent des théories psychologiques concernant les processus mentaux et les comportements. Les objectifs principaux d'une thérapie sont :
  • Une meilleure adaptation aux difficultés.
  • La modification des processus mentaux ou des comportements inadaptés.
  • L'épanouissement personnel de l'individu.

2. Thérapies psychanalytiques

Selon Karl Popper, la psychanalyse est considérée comme une théorie et non une science au sens strict.

2.1. Psychanalyse traditionnelle

Elle repose sur trois principes fondamentaux :
  • Association libre : Le patient exprime sans censure toutes les pensées qui lui viennent à l'esprit, permettant au psychanalyste de lier le dit et le non-dit. Elle s'oppose à la résistance.
  • Transfert : Le patient projette sur le thérapeute des sentiments éprouvés envers d'autres personnes significatives de son passé.
  • Catharsis : L'objectif final de la psychanalyse traditionnelle, c'est la libération de l'énergie psychique par la prise de conscience des conflits intérieurs.
La psychanalyse traditionnelle n'est pas adaptée aux situations de crise, est coûteuse et longue, la rendant peu accessible.

2.2. Thérapie brève dynamique

Cette approche est plus courte, moins intense et financièrement plus abordable. Elle est mieux adaptée aux patients en détresse.
  • La séance se déroule en face à face, avec un thérapeute plus directif et des interactions naturelles.
  • L'accent est mis sur le « moi » plutôt que le « ça », visant une réflexion concrète sur les difficultés actuelles et la recherche de solutions.

3. Thérapies comportementales

Ces thérapies ne s'intéressent pas aux conflits inconscients, mais appliquent les principes du conditionnement et de l'apprentissage par observation. Les troubles psychologiques sont vus comme l'apprentissage de réactions inadaptées ou l'incapacité à apprendre des réactions adaptées. La thérapie est conçue comme l'apprentissage de nouvelles réactions.

3.1. Traitement des phobies

Plusieurs techniques sont utilisées :
  • Désensibilisation systématique : Exposition progressive aux stimuli phobiques dans un contexte de détente.
  • Immersion : Exposition soutenue aux stimuli phobiques. Peu utilisée car potentiellement traumatisante.
  • Modelage : Le patient observe des personnes tolérant les objets ou situations qu'il craint, avant de les imiter.

3.2. Conditionnement opérant

Les associations modifient la probabilité d'apparition d'un comportement. Pour désamorcer certains troubles, on procède par approximations progressives (étapes par étapes). Exemple : la technique des jetons. Dans certaines institutions, les comportements souhaités sont récompensés par des jetons échangeables contre des avantages, augmentant ainsi la probabilité de reproduction de ces comportements.

4. Thérapies cognitives

Ces thérapies visent à détecter et remettre en question les distorsions cognitives (schémas de pensée inadaptés comme le pessimisme ou le perfectionnisme). L'objectif est de comprendre les processus cognitifs sous-jacents pour réduire les cognitions et comportements problématiques. Exemple : Dans le cercle vicieux de la dépression, on décompose chaque élément pour le "casser" par des actions concrètes.

4.1. Thérapie Cognitivo-Comportementale (TCC)

La TCC intègre les principes des méthodes cognitives et comportementales et est le type de thérapie le plus couramment utilisé.

5. Efficacité des psychothérapies

L'efficacité des thérapies varie selon le trouble psychologique et le contexte.
  • Une étude de Smith & Glass (1977) a montré que les thérapies psychanalytiques améliorent le bien-être, particulièrement chez les personnes scolarisées, verbales et motivées. Elles sont efficaces pour l'anxiété et la dépression légère à modérée, mais pas pour la schizophrénie, la dépression majeure ou le trouble bipolaire.
  • En 2000, Shadish et al. ont confirmé l'impact de la psychothérapie sur le bien-être. Ils ont montré l'efficacité de l'approche cognitive contre les distorsions cognitives liées à l'anxiété et à la dépression. La TCC est également efficace pour soutenir les couples et les familles, ainsi que pour divers problèmes de santé.
Il est essentiel de différencier les facteurs spécifiques et non-spécifiques pour comparer l'efficacité des approches. Aucun type de thérapie n'est universellement compatible.

6. Thérapies biologiques

Ces thérapies impliquent l'utilisation de médicaments.

6.1. Anxiolytiques

Utilisés pour l'anxiété généralisée et les crises de panique. Ils ralentissent le système nerveux autonome. Inconvénients : effets secondaires comme la somnolence et la fatigue permanentes. Un arrêt peut provoquer un effet rebond (retour des symptômes).

6.2. Neuroleptiques

Prescrits principalement pour la schizophrénie. Ils bloquent les récepteurs de dopamine pour réduire l'agitation, le délire et les hallucinations.

6.3. Antidépresseurs

Utilisés pour la dépression, les troubles alimentaires, les crises de panique, les troubles obsessionnels compulsifs (TOC) et la phobie sociale. Ils régulent le taux de sérotonine pour améliorer l'humeur.

6.4. Lithium

Spécifiquement utilisé pour le trouble bipolaire afin de diminuer les comportements maniaques. Souvent prescrit à vie, il est très efficace mais entraîne des effets secondaires.

6.5. Conclusion sur les thérapies biologiques

La combinaison de la thérapie médicamenteuse et de la psychothérapie est la plus efficace pour des troubles comme la dépression et la schizophrénie.

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