Chapitre 4 : Le système nerveux
51 cartesDescription de la structure du neurone, de ses propriétés physiologiques, et de la fonction neurologique.
51 cartes
La fonction neurologique est essentielle pour comprendre le fonctionnement complexe du corps humain, regroupant les structures et les mécanismes permettant la réception, le traitement et la transmission d'informations. Ce domaine étudie le système nerveux central et périphérique, ainsi que la vascularisation cérébrale et les compartiments liquidiens qui le protègent.
Structure et Propriétés Physiologiques du Neurone
Le neurone est l'unité fondamentale du système nerveux, responsable de la transmission des informations. Il est composé des éléments suivants :
Corps cellulaire (ou soma) : Contient le noyau, des corps de Nissl (amas de réticulum endoplasmique), des neurofibrilles, des ribosomes, un appareil de Golgi et de nombreuses mitochondries. Deux prolongements, les dendrites et l'axone, en partent.
Dendrites : Prolongements afférents qui reçoivent les informations et les acheminent vers le corps cellulaire. Elles constituent le pôle récepteur du neurone et contiennent les mêmes organites que le corps cellulaire (à l'exception du noyau et de l'appareil de Golgi).
Axone (ou cylindraxe) : Prolongement efférent, toujours unique, qui véhicule le message provenant du corps cellulaire. Il constitue le pôle effecteur du neurone et peut se ramifier pour former des synapses avec d'autres neurones ou cellules effectrices.
Cellules Gliales et Myéline
Les cellules gliales sont des cellules de soutien essentielles à la survie et à la maturation des neurones. Elles participent également à leur fonctionnement et à la réparation des lésions.
Localisation | Type de Cellule | Rôle |
Système Nerveux Périphérique (SNP) | Cellules de Schwann | Synthétisent la myéline. Capables de réparer les fibres nerveuses sectionnées. |
Système Nerveux Central (SNC) (Névroglie) | Astrocytes | Participent à la barrière hémato-encéphalique, fournissent des nutriments et maintiennent le potentiel électrique des neurones. |
Épendymocytes | Tapissent les ventricules cérébraux et les plexus choroïdes, participent à la formation du LCR. | |
Cellules de la microglie | Cellules phagocytaires qui éliminent les micro-organismes. | |
Oligodendrocytes | Soutiennent les neurones et fabriquent la gaine de myéline. |
La myéline est une substance isolante phospho-amino-lipidique qui entoure les axones. Elle est produite par les cellules de Schwann dans le SNP et par les oligodendrocytes dans le SNC. La myéline permet de classer les fibres nerveuses :
Fibres myélinisées : Axones entourés d'une gaine de myéline discontinue, séparée par des nœuds de Ranvier. La myélinisation augmente la vitesse de conduction de l'influx nerveux (conduction saltatoire, rapide, commande les actes volontaires).
Fibres non myélinisées : Conduction nerveuse plus lente (dépolarisation de proche en proche), régissent les phénomènes involontaires.
Classification des Neurones
La classification des neurones peut se faire selon la forme de leurs prolongements cellulaires ou selon leur fonction.
Selon la forme de leurs prolongements cellulaires :
Neurones unipolaires : Possèdent un seul prolongement (l'axone).
Neurones bipolaires : Possèdent un axone et une dendrite situés aux pôles opposés.
Neurones multipolaires : Possèdent de multiples dendrites et un axone.
Selon leur fonction :
Neurones efférents (voies descendantes ou motoneurones) : Transmettent les ordres du SNC aux organes périphériques.
Neurones afférents (voies ascendantes) : Transmettent les messages de la périphérie vers les centres supérieurs.
Interneurones : Modulent les informations venant de la périphérie et constituent l'interconnexion entre les neurones afférents et efférents. Ils représentent 99% des neurones et sont situés dans le SNC.
Propriétés Physiologiques du Neurone
Les propriétés essentielles du neurone sont l'excitabilité et la conductibilité.
Excitabilité
L'excitabilité est l'aptitude à répondre à une stimulation. Toute cellule nerveuse, une fois stimulée au-delà d'un seuil d'intensité suffisant, génère un potentiel d'action (dépolarisation de la membrane) qui se propage le long de l'axone. Ce phénomène est régi par la loi du tout ou rien, signifiant que l'amplitude du potentiel d'action est maximale et identique, quelle que soit l'intensité de la stimulation. La modulation de la réponse se fait alors par la fréquence d'envoi du signal. L'excitabilité est caractérisée par :
L'intensité liminaire : intensité minimum pour atteindre le seuil d'excitation.
La loi du tout ou rien.
Le rapport entre la durée et l'intensité du stimulus (chronaxie).
Toutes les cellules possèdent un potentiel de repos (ou potentiel de membrane), une différence de potentiel entre l'intérieur (négatif) et l'extérieur (positif) de la cellule. Cette différence est maintenue par les pompes à sodium et potassium qui transfèrent activement les ions à travers la membrane.
Conductibilité
La conductibilité est l'aptitude à propager la réponse à une stimulation. La dépolarisation initiale de la membrane, si elle atteint un certain seuil, se propage le long de la fibre nerveuse sous forme de potentiel d'action. Ce processus implique :
Une entrée massive de sodium (Na⁺) dans la cellule via l'ouverture des canaux sodiques.
Une repolarisation due à la sortie d'ions potassium (K⁺) et à l'imperméabilité transitoire au sodium.
La période réfractaire est une courte période où une nouvelle stimulation ne peut déclencher de potentiel d'action. L'influx nerveux se propage de manière unidirectionnelle, des dendrites vers le corps cellulaire, puis vers l'axone, sans variation d'amplitude et à vitesse constante. Chaque fibre nerveuse fonctionne indépendamment.
Transmission Synaptique
Les synapses sont les zones de transmission de l'influx nerveux, généralement de nature chimique, impliquant des neurotransmetteurs. Elles permettent de contrôler et moduler la transmission de l'information.
Une synapse est constituée de :
La membrane présynaptique.
L'espace synaptique.
La membrane postsynaptique.
Processus de transmission :
Le neurotransmetteur, synthétisé dans le corps cellulaire du neurone présynaptique, est acheminé et stocké dans des vésicules au niveau des boutons présynaptiques.
L'arrivée du potentiel d'action libère le neurotransmetteur dans l'espace synaptique.
Le neurotransmetteur se fixe sur des récepteurs spécifiques de la membrane postsynaptique.
Cette fixation entraîne des changements de perméabilité ionique de la membrane postsynaptique, transmettant l'information.
Le neurotransmetteur est ensuite dégradé par des enzymes dans la fente synaptique ou recapté par la membrane présynaptique.
Principaux Neurotransmetteurs et leurs Fonctions
Il existe de nombreux neurotransmetteurs qui définissent les neurones (par exemple, adrénergiques, cholinergiques, sérotoninergiques) :
Acétylcholine (ACh) :
Neurotransmetteur à la jonction neuromusculaire, dans le système nerveux végétatif (sympathique ganglionnaire et parasympathique complet) et dans le SNC.
Synthétisée à partir de la choline et de l'acétyl-CoA.
Détruite par l'acétylcholinestérase.
Se fixe sur les récepteurs nicotiniques (ganglions sympathique et parasympathique) et muscariniques (terminaisons parasympathiques).
Catécholamines (Dopamine, Noradrénaline, Adrénaline) :
Produites à partir de la L-tyrosine.
Dopamine : Neurotransmetteur du SNC (substance noire, motricité, impliquée dans la maladie de Parkinson) et fibres sympathiques rénales.
Noradrénaline (NA) : Neurotransmetteur du SNC (locus coeruleus) et des terminaisons sympathiques post-ganglionnaires.
Adrénaline (A) : Principalement une hormone produite par la médullosurrénale (90% du total des catécholamines de la médullosurrénale), libérée en réponse au stress, prépare à l'effort musculaire (via les récepteurs ).
L'adrénaline favorise l'utilisation des stocks énergétiques (glycogénolyse, gluconéogenèse, lipolyse) et, à fortes doses, augmente fortement la pression artérielle.
Les catécholamines agissent via des récepteurs adrénergiques alpha et bêta.
Elles sont recaptées par la membrane présynaptique ou dégradées enzymatiquement par la MAO et la COMT.
Sérotonine (5-HT) : Synthétisée à partir du tryptophane.
Histamine : Synthétisée à partir de l'histidine.
GABA (Acide gamma-amino-butyrique) :
Neurotransmetteur inhibiteur le plus répandu dans le SNC.
Induit une hyperpolarisation de la membrane.
Précurseur : glutamine (synthétisée à partir du glutamate).
Agonistes : benzodiazépines, barbituriques, propofol, halogénés.
Glutamate : Principal neurotransmetteur excitateur du SNC.
Neuropeptides (endorphines, enképhalines, substance P, etc.) : jouent des rôles variés.
Compartiments Liquidiens du Système Nerveux Central et Vascularisation
Vascularisation Cérébrale
L'encéphale est vascularisé par deux systèmes :
Système carotidien :
Deux artères carotides internes (droite et gauche).
Artères cérébrales antérieures (vascularisent les lobes frontaux et pariétaux internes).
Artères cérébrales moyennes (ou sylviennes) (vascularisent la majeure partie des hémisphères cérébraux).
Système vertébral :
Deux artères vertébrales se réunissant pour former le tronc basilaire.
Le tronc basilaire vascularise le cerveau basal, le tronc cérébral, le cervelet, et une partie des noyaux gris centraux.
Termine en donnant les deux artères cérébrales postérieures (vascularisent les lobes occipitaux et temporaux internes).
Le polygone de Willis est un réseau anastomotique artériel crucial à la base du cerveau, reliant les deux systèmes et permettant une circulation de suppléance en cas d'occlusion. Il est capable, théoriquement, d'alimenter n'importe quelle artère cérébrale à partir d'un seul des trois troncs (carotides internes et tronc basilaire).
Drainage Veineux Cérébral
Le système veineux ne comporte ni muscle lisse ni valvule.
Réseau superficiel : Veines corticales se jetant majoritairement dans le sinus longitudinal supérieur, drainent la surface des hémisphères cérébraux et le centre ovale.
Réseau profond : Se jette dans les veines basilaires et ventriculaires, draine la partie centrale des hémisphères cérébraux, le tronc cérébral et le cervelet.
Sinus veineux : Lacs veineux inclus dans les dédoublements de la dure-mère.
Le retour veineux est exclusivement drainé vers les deux veines jugulaires internes.
Débit Sanguin Cérébral (DSC) et Métabolisme Cérébral
Le cerveau, bien que représentant seulement 2% du poids corporel, reçoit 15 à 20% du débit cardiaque (soit 55ml/min/100g de cerveau) et consomme 20% de l'oxygène total de l'organisme (135micromoles/min/100g). Sa consommation d'énergie est très élevée pour maintenir les potentiels de membrane et la propagation de l'influx nerveux, exclusivement via la glycolyse aérobie.
Le cerveau n'a que très peu de réserves de glucose et d'oxygène, ce qui le rend très sensible aux interruptions de la circulation sanguine ; des lésions irréversibles peuvent survenir en quelques minutes en cas d'anoxie ou d'hypoglycémie.
Le DSC est régulé par plusieurs facteurs :
DSC = PPC/RV
Pression de perfusion cérébrale (PPC) : PPC = PAM - PVeineuse cérébrale (négligeable ≈ 5mmHg) . En conditions physiologiques, PPC ≈ PAM.
Résistances vasculaires (RV) : Influencées par la pression intracrânienne, la viscosité sanguine, et le tonus vasculaire cérébral.
PaCO2 : Le CO2 est un puissant vasodilatateur cérébral (une augmentation de 1 mmHg de PaCO2 augmente le DSC de 5%).
PaO2 : Rôle régulateur plus limité ; une PaO2 inférieure à 40-50 mmHg entraîne une vasodilatation.
PaO2 et PaCO2 = rôle humorale
Activité métabolique : L'activation de zones corticales spécifiques augmente le débit sanguin local.
Innervation intrinsèque : La stimulation sympathique diminue le DSC, tandis que la parasympathique l'augmente.
Autorégulation : Le DSC reste constant pour une PAM entre 50 et 150 mmHg. Ce mécanisme protège le cerveau des variations hémodynamiques et prévient l'œdème ou l'ischémie cérébrale. L'autorégulation implique des agents vasodilatateurs (NO) et vasoconstricteurs (endothéline) et peut être modifiée par des facteurs physiologiques comme l'hypercapnie ou l'HTA chronique.
Compartiments Liquidiens Protection du SNC
Le SNC est protégé par les méninges (dure-mère, arachnoïde, pie-mère) et le liquide céphalo-rachidien (LCR).
Dure-mère : Couche externe, épaisse et résistante. Forme la tente du cervelet et la faux du cerveau.
Arachnoïde : Membrane intermédiaire.
Pie-mère : Membrane interne, mince, qui tapisse la surface du cerveau et de la moelle épinière.
L'espace sous-arachnoïdien, entre l'arachnoïde et la pie-mère, contient le LCR.
Liquide Céphalo-Rachidien (LCR)
Le LCR est sécrété par les plexus choroïdes dans les ventricules cérébraux. Circulation constante à travers les ventricules, l'espace sous-arachnoïdien et est réabsorbé par les villosités arachnoïdiennes dans les sinus veineux. .
Totalité du LCR renouvelé en 12h
Volume total : 150 ml (15% dans les ventricules).
Production continue : 500 à 700 ml/jour.
Composition : pH plus acide que le plasma, faibles concentrations en protéines, glucose, K+ ; concentration élevée en Cl-.
HCO2 principal tampon dans le LCR.
Fonctions : Amortissement (protection mécanique), évacuation des métabolites, transport d'hormones.
La barrière hémato-encéphalique isole le SNC du reste de l'organisme, maintenant la composition du milieu extracellulaire cérébral constante. Le passage des substances se fait par diffusion simple (liposolubles), diffusion facilitée ou transport actif.
Pression Intracrânienne (PIC)
Le volume intracrânien (volume sanguin, LCR, parenchyme) est constant. La PIC normale chez l'adulte est de 5 à 10 mmHg. Une hypertension intracrânienne (HTIC)est définie par une PIC supérieure à 15 mmHg. Des mécanismes adaptatifs permettent de compenser de faibles augmentations :
Augmentation de la résorption du LCR.
Diminution du volume sanguin intracrânien.
Fuite du LCR vers les espaces péri-spinaux.
Système Nerveux Cérébro-spinal
Le système nerveux est divisé en deux grandes parties :
Système nerveux central (SNC) ou névraxe : Encéphale et moelle épinière. Son rôle est d'élaborer et d'intégrer les messages nerveux, contenu dans les structures osseuses.
Système nerveux périphérique (SNP) : Racines nerveuses, ganglions, nerfs et terminaisons nerveuses. Il transmet les informations sensorielles au SNC et active les fonctions motrices (volontaires pour les muscles squelettiques, involontaires pour les viscères).
Encéphale
Le cerveau est situé dans la boîte crânienne et divisé en deux étages par la tente du cervelet :
Étage supra-tentoriel : Hémisphères cérébraux, thalamus, noyaux gris centraux.
Étage sous-tentoriel : Cervelet et tronc cérébral.
Hémisphères Cérébraux
Deux hémisphères séparés par la scissure inter-hémisphérique. Chaque hémisphère est divisé en lobes par des scissures intra-hémisphériques (Rolando, Sylvius, perpendiculaire interne) et en régions par des circonvolutions cérébrales.
La substance grise (cortex) est superficielle.
La substance blanche (fibres nerveuses) est profonde et contient des amas de substance grise : les noyaux gris centraux (noyau caudé et noyau lenticulaire, formant les corps striés).
Cortex :C'est le siège de la conscience, de la volonté et des fonctions supérieures. Il intègre les informations sensorielles et émettent les ordres moteurs.
Lobe frontal : Comportement (raisonnement abstrait, social, langage, personnalité). Les aires motrices et prémotrices (frontale ascendante) programment l'acte moteur.
Lobe temporal : Contrôle de l'audition, compréhension du langage, mémorisation. Latéralisation : l'hémisphère gauche est dominant pour le langage chez le droitier.
Lobe pariétal : Intégration et interprétation des sensibilités tactile, thermique, algébrique. Pour l'hémisphère non dominant, reconnaissance du schéma corporel.
Lobe occipital : Interprétation des stimuli visuels.
Les aires primaires traitent les informations, puis les transmettent aux aires secondaires et tertiaires pour analyse et intégration. Les aires associatives (carrefour pariéto-temporo-occipital) intègrent ces informations pour une conscience élaborée.
Le diencéphale :
Thalamus et Noyaux Gris Centraux (Corps Striés) : Relais de tous les stimuli sensoriels (sauf olfactifs) et joue un rôle dans la sensation primitive de la douleur. Il rassemble et intègre les messages périphériques avant de les projeter vers le cortex. Les noyaux gris centraux permettent l'automatisme, l'entretien et la régulation des mouvements et des postures.
Hypothalamus : Centre principal du système nerveux végétatif. Contrôle l'hypophyse, le SNV et les grandes fonctions (température, équilibre hydrique, faim, émotions).
Système Limbique : Filtre les messages sensoriels, responsable des comportements alimentaires, sexuels, d'agressivité, de peur, de fuite.
Cervelet : Situé en arrière et en dessous des hémisphères cérébraux. Contrôle l'équilibre, la coordination musculaire et le maintien du tonus musculaire.
Tronc Cérébral
Situé devant le cervelet, sous les hémisphères. Traversé par le IVe ventricule. Composé de :
Mésencéphale : Partie supérieure, avec les pédoncules cérébraux et les tubercules quadrijumeaux. Contient le locus niger.
Pont (ou protubérance annulaire) : Partie médiane, avec des noyaux gris centraux (relais du système extrapyramidal).
Bulbe rachidien : Partie inférieure, fait suite à la moelle épinière. Lieu de passage des voies ascendantes et descendantes, et contient des centres bulbaires (dont la réticulée). réticulée, avec ses nombreuses synapses, joue un rôle diffus mais fondamental dans la vigilance, le sommeil, la liaison entre l'hypothalamus et le tronc cérébral, et la coordination des nerfs crâniens. elle transmet une information générale diffuse.
Voies Ascendantes (Sensitives)
Informations de la périphérie vers les centres supérieurs.
Sensibilité lemniscale : Sensibilité profonde et superficielle consciente. Conduction rapide (fibres A alpha et bêta) par des récepteurs cutanés et articulaires. Processus à trois neurones :
Premier neurone : ganglion rachidien, cordons postérieurs (Goll et Bourbach).
Deuxième neurone : relais dans le bulbe (noyaux de Goll et Bourbach), croise la ligne médiane, puis relais dans le thalamus.
Troisième neurone : jusqu'au cortex pariétal.
Sensibilité extra-lemniscale : Sensibilité thermique, de la douleur et superficielle grossière inconsciente.
Implique des nocicepteurs polymodaux (thermique, chimique, mécanique) et des mécanorécepteurs.
Les messages sont véhiculés par les fibres A delta (douleur brève, localisée) et fibres C (douleur diffuse, intense).
Les nocicepteurs peuvent être sensibilisés par des substances algogènes (K⁺, H⁺, sérotonine, substance P, bradykinine).
Au niveau médullaire, les fibres se terminent dans la corne postérieure (couches I et II), faisant synapse avec des interneurones ou des neurones nociceptifs spécifiques/non spécifiques.
Les neurones croisent la ligne médiane et cheminent dans le cordon antérolatéral, formant des faisceaux :
Spino-thalamiques : vers le thalamus latéral (aspect sensorio-discriminatif de la douleur).
Spino-réticulaires : vers le thalamus médian (réactions motrices et émotionnelles à la douleur).
Spino-ponto-mésencéphaliques : vers la réticulée mésencéphalique (réaction comportementale, émotionnelle, neuro-hormonale à la douleur).
La douleur est modulée à tous les niveaux : périphérique, spinal et supra-spinal.
Voies Descendantes (Motrices)
Informations du SNC vers la périphérie.
Voie pyramidale : Véhicule la motricité volontaire. Naît dans la frontale ascendante, traverse la capsule interne, puis le tronc cérébral (où elle donne des fibres aux noyaux des paires crâniennes). Croise la ligne médiane au niveau de la pyramide bulbaire et chemine dans le cordon latéral de la moelle jusqu'au motoneurone.
Voies extra-pyramidales : Contrôlent et régulent les influx pyramidaux, participant aux mouvements automatiques et semi-volontaires. Exemples : faisceau cérébello-spinal, faisceau rubro-spinal, faisceaux réticulo-spinal et vestibulo-spinal.
Moelle Épinière
Cylindre allongé contenu dans le canal rachidien, elle fait suite au tronc cérébral et s'étend du trou occipital jusqu'à L2 chez l'adulte.
Présente des renflements cervical (plexus brachial) et lombaire (plexus lombaire).
Se termine par le cône terminal.
Recouverte par les méninges (pie-mère, arachnoïde, dure-mère).
Espaces : péridural, sous-dural (virtuel), sous-arachnoïdien (contient le LCR).
Sur une coupe :
Substance blanche (externe) : Voies ascendantes, descendantes et d'associations.
Substance grise (interne) : En forme de papillon, avec le canal de l'épendyme central.
Corne postérieure : Centres sensitifs.
Région intermédio-latérale : Centres végétatifs.
Corne antérieure : Centres moteurs.
Chaque étage donne naissance à une paire de nerfs rachidiens (31 paires), formés de l'union d'une racine antérieure motrice et d'une racine postérieure sensitive.
Rôle de la Moelle Épinière
Transmission des messages par les voies de la substance blanche.
Activité réflexe : l'arc réflexe. Une stimulation périphérique donne un influx nerveux véhiculé par un neurone sensitif (racine postérieure), qui s'articule avec un motoneurone (corne antérieure), avec ou sans interneurone. L'influx est ensuite transmis au muscle effecteur. polysynaptique si plusieurs interneurones sont impliqués.
Chaque étage médullaire interagit avec les étages supérieurs et inférieurs, assurant la cohésion des groupes musculaires (posture, tonus, coordination), sous le contrôle des centres supérieurs.
Système Nerveux Périphérique (SNP)
Comprend les racines nerveuses, les ganglions, les nerfs et les terminaisons nerveuses.
Transmet les informations des capteurs sensoriels au SNC.
Active les fonctions motrices des muscles squelettiques (SNP somatique) et des viscères (SNP autonome ou végétatif).
Constitué de nerfs mixtes (fibres sensorielles et motrices).
Fibres afférentes (vers le SNC), fibres efférentes (du SNC vers les muscles ou glandes).
SNP Somatique
Destiné aux muscles squelettiques (commande volontaire). Constitué de nerfs crâniens et rachidiens.
Nerfs crâniens (12 paires) :
Naissent de l'encéphale (sauf I et II qui naissent du cerveau).
Peuvent être sensoriels (olfactif I, optique II, auditif VIII), moteurs (III, VI, XI, XII) ou mixtes (V, VII, IX, X).
Nerfs rachidiens (31 paires) :
Naissent de la moelle épinière.
Formés de l'union d'une racine postérieure sensitive et d'une racine antérieure motrice.
Se divisent en branches antérieure et postérieure après leur sortie.
La branche postérieure innerve les muscles paravertébraux et la peau postérieure.
La branche antérieure :
Thoracique (T1 à T12) : Nerfs intercostaux (innervation paroi thoracique et abdominale).
Cervical (C1 à C4) : Plexus cervical (nerf phrénique).
Brachial (C5 à T1) : Innervation du membre supérieur.
Lombaire (L1 à L4) : Partie de l'innervation du membre inférieur.
Sacré (S1 à S3) : Nerf grand sciatique, innervation de la fesse.
Honteux et sacré-coccygien : Innervation périnéale et anale.
Système Nerveux Végétatif (SNV) ou Autonome
Régule les fonctions viscérales (homéostasie, adaptation à l'environnement). N'est pas soumis au contrôle volontaire.
La plupart des viscères reçoivent une double innervation sympathique et parasympathique, généralement opposées.
Organisation générale :
Centres : Dans le SNC (moelle épinière ou tronc cérébral).
Fibres efférentes : Chaîne de deux neurones.
Neurone préganglionnaire (corps cellulaire dans le SNC) fait synapse avec un second neurone dans un ganglion végétatif.
Neurone postganglionnaire (corps cellulaire dans le ganglion) se termine sur les organes cibles.
La longueur des neurones et la localisation du ganglion varient entre les systèmes sympathique et parasympathique.
Contrôle la musculature lisse, les cellules glandulaires et myocardiques.
Fibres afférentes : Provenant des récepteurs viscéraux et cutanés, transmettent les informations vers le SNC.
Neuromédiateurs et récepteurs spécifiques.
Arcs réflexes pour la régulation.
Système Sympathique
Centres et Organisation
Centres uniquement médullaires, dans la colonne intermédio-latérale (C8 à L3).
Fibre préganglionnaire (myélinisée) courte, rejoint les ganglions via le nerf spinal.
Ganglions situés loin des organes :
Paravertébraux : Chaîne sympathique latéro-vertébrale (ganglions cervicaux, thoraciques, lombaires, sacrés, coccygiens).
Prévertébraux : Ganglion cœliaque, mésentérique supérieur et inférieur, reliés par les nerfs splanchniques.
Fibre postganglionnaire (non myélinisée) longue.
Particularité de la Médullosurrénale
La médullosurrénale est assimilée à un ganglion sympathique. La fibre préganglionnaire (longue) innerve directement la médullosurrénale, qui libère alors l'adrénaline et la noradrénaline dans la circulation sanguine.
Système Parasympathique
Centres et Organisation
Contingent crânien (tronc cérébral) et médullaire (sacré).
Fibre préganglionnaire plus longue que dans le système sympathique.
Ganglions situés à proximité, sur, ou dans les organes cibles.
Contingent crânien : Fibres efférentes cheminent avec les nerfs crâniens.
Mésencéphale (noyau pupillaire du III) : innerve l'œil.
Protubérance (noyau lacrymal du VII, noyau salivaire supérieur du VII bis) : innervent les glandes lacrymales et sous-maxillaires.
Bulbe (noyau salivaire inférieur du IX, noyau dorsal du vague du X) : innervent la parotide et de nombreux viscères thoraciques et abdominaux (75% des fibres parasympathiques cheminent dans le nerf vague).
Contingent sacré : Centres dans la substance grise médullaire (corne latérale) au niveau de S2, S3, S4.
Fibre préganglionnaire longue, se dirige vers l'organe avec les nerfs pelviens.
Les ganglions sont situés dans la paroi des organes effecteurs (vessie, sigmoïde, rectum, etc.).
Fibres postganglionnaires très courtes et non myélinisées.
Neuromédiateurs et Récepteurs du SNV
Au niveau des ganglions végétatifs, le neurotransmetteur est l'acétylcholine.
Terminaisons sympathiques : libèrent de la noradrénaline (récepteurs adrénergiques).
Terminaisons parasympathiques : libèrent de l'acétylcholine (récepteurs cholinergiques).
Récepteurs Cholinergiques
Récepteurs nicotiniques : Présents dans les ganglions sympathiques et parasympathiques. Stimulés par la nicotine et l'ACh, bloqués par les ganglioplégiques.
Récepteurs muscariniques : Situés sur les terminaisons parasympathiques des organes effecteurs. Stimulés par l'ACh et la muscarine, bloqués par l'atropine (M1 à M5).
Récepteurs Adrénergiques
Classés en alpha () et bêta (). L'effet global dépend du récepteur dominant.
-récepteurs : Stimulés par l'adrénaline, noradrénaline, isoproprénline, dobutamine. Bloqués par les -bloquants. (Ex: cœur)
-récepteurs : Stimulés par la noradrénaline, adrénaline, isoproprénline, salbutamol, terbutaline. Bloqués par les -bloquants. (Ex: bronches, vaisseaux)
-récepteurs : Post-synaptiques, stimulés par l'adrénaline, noradrénaline, phényléphrine, aramine. Bloqués par la prazosine. (Ex: vasoconstriction)
-récepteurs : Présynaptiques, stimulés par l'adrénaline, noradrénaline, clonidine. Bloqués par la yohimbine (sélectif) ou la phentolamine (non sélectif).
Régulation du SNV
La régulation du SNV est complexe et se fait à différents niveaux :
L'hypothalamus est le centre majeur, avec de nombreuses connexions avec le système endocrinien et les centres de régulation cardio-respiratoire, digestifs, thermorégulateurs, du sommeil et du comportement.
Certaines zones du cortex (limbique, sensitivo-moteur, fronto-orbitaire) sont impliquées dans le contrôle végétatif en lien avec les émotions.
Le bulbe contient des centres de régulation de la respiration, des centres vasomoteurs et des centres de régulation du rythme cardiaque.
Points Clés à Retenir
Le neurone est l'unité fonctionnelle du système nerveux, caractérisé par son excitabilité et sa conductibilité.
Les cellules gliales sont essentielles pour le soutien, la protection et la nutrition des neurones.
La myéline augmente significativement la vitesse de conduction nerveuse.
La synapse est le point de connexion où l'information est transmisechimiquement par des neurotransmetteurs.
La vascularisation cérébrale est assurée par les systèmes carotidien et vertébral, avec des anastomoses cruciales comme le polygone de Willis.
Le cerveau a des besoins métaboliques très élevés et est extrêmement sensible aux interruptions d'apport sanguin et d'éléments nutritifs.
Le LCR et les méninges protègent le SNC des chocs et contribuent à l'homéostasie du milieu cérébral.
Le SNC (encéphale et moelle épinière) intègre les messages, tandis que le SNP (nerfs) assure la communication avec la périphérie.
Le SNV régule les fonctions involontaires du corps via les systèmes sympathique et parasympathique, souvent antagonistes.
L'hypothalamus joue un rôle central dans la régulation du SNV.
Podcasts
Écouter dans l'app
Ouvre Diane pour écouter ce podcast
Lancer un quiz
Teste tes connaissances avec des questions interactives