Chapitre 1 : Les institutions mérovingiennes
20 cartesLes institutions mérovingiennes de 481 à 751 : légitimité romano-chrétienne, pouvoir royal germanique, administration et montée des maires du Palais.
20 cartes
Que désignait le mundium dans la conception mérovingienne du pouvoir ?
Une autorité personnelle du roi, conçue comme un pouvoir de protection et de gouvernement.
Pourquoi Clovis est-il considéré comme un successeur plutôt qu’un simple envahisseur ?
Parce qu’il s’inscrit dans la continuité de l’héritage romano-chrétien et se présente comme protecteur et successeur du pouvoir impérial disparu.
Quelle sanction frappait le plus souvent ceux qui désobéissaient au bannum ?
Le plus souvent, une amende ; théoriquement, la peine de mort.
À quelle fin le roi devait-il exercer son mundium ?
À faire respecter la justice et la paix, notamment en protégeant la population.
Que permettait au roi le bannum ?
Contraindre : ordonner, interdire ou exclure, auprès des particuliers comme sur le domaine royal.
À quoi servait principalement le Palais mérovingien ?
À accueillir les proches du roi, qui l’accompagnaient en campagne et le conseillaient.
Pourquoi le baptême de Clovis eut-il une portée politique durable ?
Il légitima son autorité par le soutien de l’Église et inaugura une longue association entre pouvoir politique et institution ecclésiastique.
Quel rôle les Francs avaient-ils d’abord auprès des élites romaines en Gaule ?
Ils collaboraient avec les élites gallo-romaines pour défendre les frontières septentrionales de l’Empire.
Comment le maire du Palais acquit-il une importance politique croissante ?
La minorité des souverains mérovingiens renforça son entourage : cette charge prit des fonctions politiques, sécuritaires et judiciaires, préparant les décisions royales.
Quel titre impérial Clovis reçut-il après sa victoire de Vouillé ?
Le titre de consul, conféré par l’empereur d’Orient Anastase.
Quelle victoire permit à Clovis d’étendre son pouvoir contre les Wisigoths ?
La bataille de Vouillé, remportée en 507 contre les Wisigoths.
Quel était le rôle des plaids auprès du roi ?
Réunis périodiquement, les grands aristocrates conseillaient le souverain sur ses choix les plus importants.
Pourquoi les partages du royaume fragilisaient-ils le pouvoir mérovingien ?
Ils divisaient le territoire entre plusieurs héritiers, affaiblissant chacun et favorisant les conflits entre frères.
Comment Pépin le Bref obtint-il la légitimité officielle pour devenir roi en 751 ?
Appelé par le pape menacé par les Lombards, il convoqua une assemblée à Soissons, y fut élu, puis sacré par un évêque en 751.
Quelle conséquence la tradition franque tirait-elle de la mort d’un roi ?
Le territoire devait être partagé entre tous ses fils, selon la coutume franque.
Quelles fonctions les comites exerçaient-ils dans le royaume ?
Ils représentaient localement le pouvoir et exerçaient des compétences judiciaires, administratives et militaires.
Sur quoi reposait principalement l’autorité de Clovis auprès des Francs ?
Sa capacité à remporter des guerres, conquérir des territoires et redistribuer les butins à ses fidèles.
Pourquoi le royaume mérovingien était-il traité comme un patrimoine privé ?
Aucune distinction juridique ne séparait le territoire du souverain de ses biens : il était géré comme son patrimoine personnel.
Comment les acclamations populaires influaient-elles sur les décisions royales ?
Elles constituaient une sanction populaire et manifestaient la nécessité d’obtenir une forme de consentement à l’action royale.
Comment la protection de l’Église renforça-t-elle la légitimité de Clovis ?
En défendant les chrétiens et l’Église contre les Wisigoths, il s’imposa comme protecteur ; la reconnaissance ecclésiastique valida son pouvoir.
Fiche de révision
Chapitre 1° : Les institutions mérovingiennes (481-751)
- Royauté mérovingienne
Première étape de l’histoire des institutions en France, correspondant à la royauté de Clovis et de ses successeurs. Les Mérovingiens posent des principes qui se poursuivent ensuite et influencent en partie l’histoire de France.
Au XXIe siècle, l’époque mérovingienne est particulièrement méconnue. Plusieurs de ses aspects restent mal connus des historiens, mais le faible intérêt des Français d’aujourd’hui pour cette période contribue aussi à cette méconnaissance.
L’avènement de Clovis s’inscrit dans le contexte de la fin de l’Empire romain. Dès le IVe siècle, des populations germaniques, jusque-là situées à l’est du limes, c’est-à-dire des limites de l’Empire, s’installent progressivement sur son territoire, notamment en Gaule. Elles se mêlent peu à peu aux populations gallo-romaines tout en apportant des éléments de culture germanique.
Peuples installés dans l’Empire
- Burgondes
- Francs
- Goths
- Wisigoths
- Alarics
- Alains
Mémo : les initiales suivent l’ordre B-F-G-W-A-A.
Les Francs s’installent dans le nord de la Gaule, dans l’actuelle Belgique, et commencent à collaborer avec les élites romaines pour protéger le territoire de l’Empire. À la fin du Ve siècle, les institutions romaines s’effondrent. Les Francs, déjà mêlés aux élites gallo-romaines, se trouvent alors dans un territoire romanisé où les structures politiques ont disparu : différents partis rivaux s’affrontent militairement.
Clovis, roi des Francs, s’impose progressivement sur une grande partie de la Gaule, de l’Aquitaine au Rhône et jusqu’à la Belgique. Ses victoires militaires expliquent largement son succès, mais celui-ci tient aussi à des éléments institutionnels qui se perpétuent en partie après lui. Il apparaît ainsi encore comme le premier « roi » de France, non comme un simple envahisseur.
Section 1 Un pouvoir à la rencontre de trois influences politiques et religieuses
Clovis est le roi des Francs et dirige le peuple franc, implanté dans l’actuelle Belgique, à Tournai. Il exerce son autorité selon la conception germanique du pouvoir : un pouvoir personnel sur un domaine privé (§ 2). Mais il dépasse en partie ce cadre ethnico-politique en se présentant comme le successeur des institutions romano-chrétiennes établies depuis longtemps en Gaule (§ 1).
§ 1 Un pouvoir légitimé par la défense de l'héritage romano-chrétien
Avant le règne de Clovis, les Francs saliens sont associés au pouvoir par les élites gallo-romaines afin de défendre les limites nord de l’Empire. Clovis ne se considère donc pas comme un envahisseur. Comme plusieurs peuples germaniques installés dans l’Empire, les Francs admirent le génie et la civilisation romains.
À la fin du Ve siècle, le pouvoir devient vacant. Les élites et la société gallo-romaines ont besoin d’être protégées face à la disparition des structures impériales. Clovis veut assumer ce rôle, face aux autres royaumes barbares.
Royaumes concurrents
- Le royaume des Burgondes comprend la Bourgogne, la Suisse, les Alpes et l’actuelle Drôme.
- Le royaume wisigothique comprend la Provence, l’Occitanie, l’Aquitaine et la façade atlantique.
Pour se distinguer des autres rois, Clovis se présente comme un quasi-successeur officiel de l’Empire. Après la victoire de Vouillé, en 507, l’empereur romain d’Orient Anastase le fait nommer « consul », titre officiel du pouvoir impérial. Après une victoire décisive contre les Wisigoths, Clovis entre solennellement à Tours, en défilant comme le faisaient les chefs romains. Il se fait alors nommer « consul » et « Auguste », titre associé à l’empereur romain.
L’emploi de ces titres relève d’un calcul politique. Clovis et ses successeurs se considèrent néanmoins comme des chefs associés au pouvoir romain déchu. Les membres de leurs cours ont reçu une éducation latine et sont issus de l’ancienne élite gallo-romaine. Thibert, ou Théodobert, l’un des successeurs de Clovis, entretient une correspondance avec l’empereur romain d’Orient afin d’être reconnu comme le légitime successeur de l’Empire disparu.
La légitimité de Clovis repose surtout sur le soutien de l’Église catholique, dont le siège est à Rome. Après la disparition de l’Empire, l’Église et les chrétiens subissent des violences de la part des Wisigoths et recherchent un pouvoir protecteur. L’Église est la seule institution encore en vigueur après la chute de l’Empire romain.
En combattant les Wisigoths, Clovis cherche donc à étendre son influence territoriale, mais aussi à défendre une institution religieuse et romaine. Il protège l’Église des abus des « hérétiques » ; il protège ainsi les chrétiens ainsi que les élites culturelles formées à la culture classique. La conversion au christianisme de Clovis et de trois mille de ses guerriers, en 496, s’inscrit dans ce contexte. En devenant chrétien, Clovis « devient » romain ; la protection militaire qu’il offre à l’Église contribue à légitimer son pouvoir.
La conversion de Clovis revêt une importance historique par ses conséquences politiques. Son baptême ouvre une longue association entre le pouvoir politique et l’Église de Rome. La reconnaissance du chef des Francs, puis des Français, par l’Église — notamment par la cérémonie du sacre — est essentielle à la légitimation du pouvoir.
Cette reconnaissance contribue aussi à établir une filiation entre des dynasties qui n’ont pourtant pas de liens personnels tangibles entre elles.
Dynasties associées dans une même suite historique
- Mérovingiens
- Carolingiens
- Capétiens
Mémo : M-C-C rappelle les trois dynasties reconnues dans cette continuité.
La reconnaissance officielle par l’Église de Rome les inscrit dans une même suite historique. Malgré cette apparence de romanité, le pouvoir de Clovis et des Mérovingiens reste profondément marqué par la mentalité germanique.
§ 2 Un pouvoir personnel exercé sur un domaine privé
Clovis donne à son autorité des apparences romaines, mais la dynastie mérovingienne demeure issue du monde germanique. La conception germanique du pouvoir se manifeste par trois traits principaux.
- L’image du roi guerrier.
- Le lien personnel entre le roi et ses sujets.
- La confusion entre le domaine privé du roi et le royaume.
Mémo : G-F-P — Guerrier, Fidélité personnelle, Patrimoine royal.
La royauté franque a d’abord un caractère militaire. Clovis s’impose comme roi des Francs parce qu’il assure la victoire. Les Francs le respectent non en raison d’une prétendue nature divine, mais parce qu’il est conquérant et assure la prospérité de son peuple en redistribuant les butins de guerre.
Butins redistribués
- Terres
- Bijoux
- Bétail
Mémo : T-J-B — Terres, Bijoux, Bétail.
Le fondement de l’autorité est donc la supériorité militaire. Les guerres sont endémiques entre les royaumes barbares. Clovis soumet d’abord les autres peuples francs, puis s’attaque aux Wisigoths et aux Burgondes. En affirmant sa supériorité militaire sur une grande partie de la Gaule, il assure sa domination politique sur son propre peuple.
Mémo de la séquence des conquêtes : F-V-B — Francs, Wisigoths, Burgondes.
Le roi et ses guerriers sont unis par des liens de fidélité. Les guerriers soutiennent Clovis et participent aux campagnes militaires ; les butins leur permettent d’accroître leur fortune. Clovis est le chef des Francs, mais il n’existe pas d’État franc, ni d’institution royale franque, ni de théorie de l’État. Il est avant tout un chef de guerre soutenu par ses fidèles. La reconnaissance de l’Église et les titres romains ne changent pas le fondement de son autorité : sa capacité à gagner la guerre.
Le royaume, ou regnum, correspond au domaine du roi. Le territoire ne possède pas de nature juridique particulière ; les juristes ne commencent à élaborer la nature juridique du royaume qu’au XIVe siècle. Le royaume des Francs est géré comme un domaine privé, c’est-à-dire comme le patrimoine du roi.
Selon la tradition franque, à la mort du roi, le territoire est partagé entre ses fils. Cela se produit à la mort de Clovis, en 511, puis à la mort de chacun de ses enfants : le royaume est divisé en autant de parts qu’il y a de successeurs. La conception militaire du pouvoir et l’absence de théorie de l’État rendent presque inévitables les luttes fratricides entre les successeurs de Clovis.
Pour tenter de garantir la survie du royaume après la mort de Clovis, ses fils reçoivent chacun une part d’un même royaume. Chacun reçoit plus précisément deux parts : une au nord de la Loire et une au sud, afin d’assurer une répartition équitable.
Capitales attribuées aux quatre fils
- Reims
- Soissons
- Orléans
- Paris
Mémo : R-S-O-P — Reims, Soissons, Orléans, Paris.
Ces quatre villes sont proches géographiquement, dans l’espoir de faciliter la coopération des frères. Cette volonté politique ne dure que peu de temps : les rois mérovingiens restent fidèles à la mentalité germanique qui tend à confondre le royaume et le patrimoine du roi.
L’héritage romano-chrétien contribue donc à légitimer le pouvoir politique des Mérovingiens, mais la mentalité germanique reste déterminante dans son exercice. Les partages successifs affaiblissent les titulaires du pouvoir et comptent parmi les causes de l’effondrement des royaumes mérovingiens.
Section 2 Des institutions liées à la personne du roi
La monarchie franque est personnelle et militaire : chaque guerrier est lié au roi par un serment de fidélité. Les institutions jouent néanmoins un rôle dans l’administration du territoire, notamment en temps de paix. Elles existent à l’époque mérovingienne, mais sont surtout des moyens de gouvernement, au service d’une volonté politique.
Elles ne sont pas attachées à un État : elles servent les intérêts de la personne du roi. L’administration est un moyen de contraindre la population (§ 1), par l’intermédiaire des grands personnages du royaume et de leurs agents, eux-mêmes au service du roi (§ 2).
§ 1 La contrainte, fondement de l'action royale
Le royaume acquiert son assise territoriale après la conquête de la Gaule. Même une fois le royaume stabilisé, le pouvoir politique conserve son caractère contraignant, intrinsèquement lié à la conception franque du pouvoir. Le roi peut contraindre la population à lui obéir. Ce pouvoir n’est pas nécessairement « violent », mais l’absence de contre-pouvoir lui confère une autorité presque sans limite.
Le pouvoir de contrainte s’organise autour de deux notions.
Mundium: pouvoir et autorité. Le terme s’applique à toutes les formes d’autorité conçues à l’époque, y compris dans la sphère domestique.
Il est aussi appelé « mainbout ».
Cette autorité peut notamment désigner :
- Le pouvoir d’un homme sur son épouse.
- Celui d’un maître à l’intérieur de son domaine.
- Celui d’un maître sur son esclave.
Mémo : É-D-E — épouse, domaine, esclave.
Le mundium confère une force considérable à son titulaire. Il doit toutefois être exercé en vue de faire respecter la justice et la paix. Le pouvoir est véritablement mis en œuvre lorsqu’il vise à faire respecter la justice et à protéger la population. La première mission du roi est donc d’assurer la justice à l’intérieur du royaume et la paix avec l’extérieur. C’est en vertu du mundium que le roi organise le système judiciaire.
Bannum: droit de ban, corollaire du mundium. Il désigne le pouvoir de contraindre, c’est-à-dire d’exclure, d’interdire ou d’ordonner. Il s’applique aux particuliers comme à l’ensemble du domaine royal, et à tous les domaines.
Mémo : E-I-O — Exclure, Interdire, Ordonner.
Ceux qui désobéissent au bannum du roi peuvent être punis. La peine de mort est théoriquement possible, mais la sanction est le plus souvent une amende. Les désobéissants sont mis au ban de la société ; ils peuvent être chassés des villages et contraints de s’installer à l’entrée des villes, dans les banlieues.
L’autorité royale est ainsi à la fois sommaire et puissante. Elle est sommaire parce qu’elle est personnelle et fondée sur la force et la contrainte ; elle est puissante parce qu’elle est presque sans limite. La justice est une limite théorique : il n’existe pas de contre-pouvoir à l’action royale.
§ 2 Des institutions au service du roi
Le roi gouverne avec une cour de grands aristocrates qui sont à son service. En l’absence d’institutions étatiques bien établies, le service du roi repose sur le serment de fidélité et est perçu comme une source d’enrichissement. Le royaume reste ainsi administré comme un patrimoine privé.
Deux catégories d’institutions se distinguent : le Palais, qui rassemble les proches du roi, et les plaids, réunions périodiques des grands aristocrates du royaume.
Le Palais et les familiers du roi
Le Palais accueille les proches du roi. Ces familiers l’accompagnent dans ses campagnes militaires et le conseillent sur sa politique générale. Comme il n’existe pas de séparation stricte entre le royaume politique et le domaine privé du roi, les familiers occupent aussi des charges domestiques.
La fonction de maire du Palais apparaît dans ce contexte. Elle ressemble à celle d’un Premier ministre actuel, mais correspond aussi à une charge domestique : Maire du Palais = Major Domus = Majordome.
L’évolution des fonctions domestiques vers des missions exclusivement politiques et administratives est lente. Elle semble se produire au cours de la seconde moitié du VIIIe siècle, en raison de la minorité des rois mérovingiens, qui accroît l’influence de leur entourage. Le maire du Palais devient alors une fonction politique de premier ordre. Sa mission est essentiellement sécuritaire, en raison de la minorité du roi, mais aussi judiciaire : il prépare les décisions royales.
À l’intérieur du royaume, les hauts personnages sont secondés par des agents locaux. Les plus importants sont les comes, c’est-à-dire les compagnons. Ils disposent d’une autorité considérable dans trois domaines :
- Judiciaire
- Administratif
- Militaire
Mémo : J-A-M — Judiciaire, Administratif, Militaire.
Les comes deviennent les comtes et constituent la première noblesse.
Les plaids et le conseil aristocratique
Les plaids sont les réunions périodiques des grands aristocrates du royaume. Ils conseillent le roi dans ses décisions les plus importantes. Ce conseil se distingue de celui des familiers présents dans le Palais : ces derniers entourent quotidiennement le roi, tandis que les membres du plaid l’éclairent à l’occasion de décisions importantes.
Le plaid permet aussi aux aristocrates de faire jouer leur influence auprès du roi. Il est nécessaire que le roi s’entende avec ces grands personnages ; il peut donc s’accorder à leurs opinions.
Au cours du VIIe siècle, une innovation renforce cette dimension collective : les aristocrates viennent au plaid accompagnés de leurs propres fidèles. À la fin de la réunion, le roi fait acclamer les décisions adoptées par la population présente à l’extérieur. Ces acclamations s’apparentent à une forme de sanction populaire.
La force du roi franc est ainsi atténuée de plusieurs manières :
- Les comtes représentent le roi auprès des populations.
- Les plaids peuvent contenir la volonté du roi et s’opposer à ses décisions.
- Les acclamations manifestent la nécessité de rechercher une forme de consentement à l’action publique.
Mémo : C-P-A — Comtes, Plaids, Acclamations.
La conception mérovingienne du pouvoir reste toutefois celle d’un pouvoir entier, sans distinction ni séparation. Il s’exerce dans les domaines politique — exécutif, législatif et judiciaire — et militaire.
Domaines réunis dans le pouvoir royal
- Exécutif
- Législatif
- Judiciaire
- Militaire
Mémo : E-L-J-M — Exécutif, Législatif, Judiciaire, Militaire.
À retenir
- 481-751 : période de la royauté mérovingienne.
- 496 : conversion au christianisme de Clovis et de trois mille guerriers.
- 507 : victoire de Vouillé ; Clovis reçoit le titre de consul d’Anastase.
- 511 : mort de Clovis et partage du royaume entre ses fils.
- XIVe siècle : les juristes commencent à élaborer la nature juridique du royaume.
- Seconde moitié du VIIIe siècle : le maire du Palais évolue vers des missions politiques et administratives.
- Formules : regnum = domaine privé du roi ; mundium = pouvoir et autorité ; bannum = pouvoir de contraindre ; Maire du Palais = Major Domus = Majordome.
Mémo des dates : « Clovis se convertit, vainc à Vouillé, meurt, puis la période s’achève » : 496 – 507 – 511 – 751 ; 481 marque le début de la période.
Conclusion
La monarchie mérovingienne ne s’adapte pas aux évolutions économiques du Haut Moyen Âge. La chute de l’Empire et les invasions sarrasines coupent l’économie gauloise de la Méditerranée : elle se recentre sur l’intérieur de la Gaule. Ce déplacement aggrave les crises économiques commencées dès le IIIe siècle.
À cette crise économique s’ajoute une crise politique. Les partages successifs du royaume affaiblissent le pouvoir royal et renforcent les administrations, notamment celle du maire du Palais. Son influence s’accroît sans cesse et devient héréditaire. Les Pippinides, famille de Pépin le Bref, s’imposent ainsi au sein de la fonction de maire du Palais.
- À la fin du règne de Dagobert (603-639), le royaume est de nouveau partagé entre ses successeurs en quatre parties. Ces territoires ont une existence propre et indépendante, sans que cela soit tout à fait officiel.
- En Austrasie, à l’est de la Gaule, les maires du Palais entreprennent la lutte contre les rois mérovingiens. En 687, Pépin d’Herstal remporte la bataille de Tertry contre la Neustrie, au nord-ouest de la Gaule, puis une autre bataille contre la Burgondie. Cette lutte est aussi celle des aristocrates contre le pouvoir royal : les Pippinides s’emparent du pouvoir et reconstituent l’unité du royaume à leur profit.
- Pépin d’Herstal devient maître de la Gaule sans en être le roi : souverain officieux, il agrandit le royaume des Francs par ses guerres.
- À sa mort, en 714, son fils Charles Martel poursuit la conquête. Après la bataille de Poitiers, il se présente en défenseur du royaume et de la chrétienté. Il soutient les missions chrétiennes en Germanie et noue des relations privilégiées avec le siège pontifical.
- À la mort de Charles Martel, en 741, il ne reste qu’à rendre les maires du Palais souverains officiels du royaume franc. Son fils, Pépin III le Bref, est encore maire du Palais en 747.
- Menacé par les Lombards, le pape appelle Pépin à l’aide. Pépin en profite pour revendiquer le pouvoir officiel. Il convoque une assemblée des Francs à Soissons, où il est élu roi en 751, puis sacré par l’évêque. Il est le premier roi sacré par l’Église.
Mnémonique : « Dagobert partage ; Herstal gagne Tertry ; Pépin domine ; Charles défend ; Soissons sacre. »
Lancer un quiz
Teste tes connaissances avec des questions interactives
Continue avec ces leçons
Vocabulaire de voyage et mode
Lexique thématique couvrant les loisirs, les voyages, les réservations, les formalités, le tourisme, les vêtements, les magasins et l'hébergement en espagnol et français.
Étudier cette leçonDigestion et absorption chez le porc
Étude complète des processus digestifs du porc couvrant l'hydrolyse des protéines, lipides et glucides, ainsi que l'absorption des nutriments dans l'intestin grêle et la fermentation microbienne dans le gros intestin.
Étudier cette leçon