Causes et politiques anti‑chômage

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Ce cours analyse les différentes causes du chômage (classique, conjoncturel, structurel) et présente les politiques publiques pour le réduire : allègement du coût du travail, relance budgétaire et monétaire, ainsi que formation et flexibilisation du marché du travail.

Comment lutter contre le chômage ?

I. Définition et mesure

Critère Chômage BIT Chômage Pôle emploi (Cat. A)
Aucun travail Semaine de référence Mois écoulé
Disponibilité 2 semaines suivantes Selon convocations
Démarches actives Oui requis Oui requis

La sous-emploi : plus de 5% des actifs à temps partiel qui souhaitent travailler davantage.

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II. Les causes du chômage

A. Chômage « classique » (coût du travail trop élevé)

  • Offre de travail : croît avec le salaire (les ménages arbitrent loisir/travail)
  • Demande de travail : décroît avec le salaire (entreprises maximisent profits)
  • Conclusion : salaire élevé = peu d'embauches = chômage

B. Chômage conjoncturel/keynésien (demande globale insuffisante)

  • Cause : les entreprises anticipent une demande faible, donc ne recrutent pas
  • Lien avec l'économie : croissance ↑ = chômage ↓ | récession = chômage ↑
  • Remède : soutenir la demande effective (demande anticipée par les producteurs)

C. Chômage structurel (problèmes d'appariement et asymétries d'info)

Causes du chômage structurel : appariement et asymétries d'information

Problèmes d'appariement :

  • Inadéquation spatiale : emplois dans une région, chômeurs ailleurs
  • Inadéquation de qualifications : offres demandent BAC+3, chômeurs peu qualifiés
  • Courbe de Beveridge : corrélation négative taux chômage/taux emplois vacants. Plus elle s'éloigne de l'origine, pire est l'appariement

Frictions : délai nécessaire pour que chômeurs et employeurs se rencontrent → crée du chômage structurel indépendant de la conjoncture.

Asymétries d'information : une partie dispose de plus d'infos que l'autre

  • Sélection adverse (ex-ante) : employeur ignore les compétences des candidats → risque de recruter quelqu'un peu productif
  • Aléa moral (ex-post) : employeur ne peut pas contrôler totalement les efforts des salariés → salariés « tirent au flanc »

Salaire d'efficience : entreprises proposent un salaire supérieur au salaire d'équilibre pour attirer les meilleurs candidats et les inciter à travailler. Résultat : offre de travail > demande de travail = chômage structurel involontaire.

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III. Politiques de lutte contre le chômage

A. Allègement du coût du travail

1. Allègement des cotisations sociales

Mécanisme :

  • Effet substitution : travail devient moins cher que capital → entreprises embauchent au lieu d'investir
  • Effet volume : baisse des prix → compétitivité ↑ → exportations ↑ → demande intérieure ↑ → production ↑ → emploi ↑
Effets directs et indirects de la baisse du coût du travail

Ciblage : priorité aux bas salaires (salariés peu qualifiés = majorité du chômage). Leur coût marginal > productivité marginale → baisse du coût les rend rentables.

Limites : réduit les ressources de la sécurité sociale → prestations sociales futures baissent → demande globale affectée.

2. Limitation hausse du SMIC

Éviter d'augmenter le SMIC au-delà de l'inflation pour faciliter embauches de salariés peu productifs. SMIC actuel : 1 800 € brut/mois (1 443 € net).

Limite : salaires faibles limitent la demande globale des ménages.

B. Soutien de la demande globale

1. Relance budgétaire

Principe (Keynes) : l'État augmente ses dépenses car en récession, ni les entreprises ni les ménages ne consomment (anticipations pessimistes).

Effet multiplicateur : investissement public de 100 M€ → crée 100 M€ de PIB direct, mais salariés consomment → demande augmente → production augmente → nouveaux emplois créés → nouveaux revenus → nouvelle consommation (cercle vertueux).

Conditions d'efficacité : chômage conjoncturel (court terme) ; entreprises peuvent accroître production.

Limites :

  • Agents anticipent hausse d'impôts futurs → épargnent au lieu de dépenser (effet atténué)
  • Importations augmentent → ne relance que peu l'économie nationale
  • Inefficace sur chômage structurel
  • Creuse déficit et dette publique
2. Relance monétaire

Outil : banque centrale baisse ses taux directeurs → taux d'intérêt des crédits baissent → ménages et entreprises empruntent plus → consommation et investissement ↑ → demande ↑

Avantage : pas de coût direct pour finances publiques.

Limites :

  • Risque inflation
  • Inefficace si taux proches de 0% (limite inférieure) ou si banques restreignent crédit par prudence

C. Formation et flexibilisation

1. Assouplissement des règles de protection de l'emploi

Objectif : faciliter embauches et licenciements pour que entreprises osent recruter même en haute conjoncture.

Types de flexibilité :

Type Caractéristique Exemple
Quantitative interne Variation heures travaillées Horaires variables
Quantitative externe Variation nombre salariés CDD, intérim, licenciements
Qualitative Polyvalence salariés Formation, adaptation aux tâches
Salariale Variation salaires Salaires indexés sur productivité

Emplois atypiques (CDD, intérim, temps partiel) : permettent d'ajuster rapidement la main-d'œuvre mais sont précaires et moins rémunérés.

Effet : pas d'impact clair sur taux chômage global, mais effet stabilisateur (baisse plus lentement en bonne conjoncture, mais augmente moins vite en récession).

2. Politiques de formation

Corrélation éducation/emploi : CAP-BEP = 10% de chômage | BAC+2 = 5% de chômage → meilleure qualification = moins de chômage.

Mécanismes :

  • Productivité du travail ↑
  • Meilleur appariement offre/demande
  • Adaptation aux évolutions technologiques

Priorités : jeunes, travailleurs âgés, personnes peu qualifiées (publics les plus touchés).

Réforme apprentissage : +4,9% d'apprentis (2018-2019) → meilleur rapprochement avec besoins du marché du travail.

Limites : coût élevé ; formés montent dans file d'attente du chômage au détriment des non-formés.

Flexicurité (modèle scandinave)

Triangle d'or danois : concilie flexibilité et sécurité

  • Grande flexibilité : embauches/licenciements faciles
  • Indemnisation généreuse : allocations chômage élevées = sécurité financière
  • Politiques actives : accompagnement vers emploi + formation continue

Résultat : mobilité professionnelle élevée + protection niveau de vie et employabilité.

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Synthèse comparative des politiques

Politique Avantages Limites
Cotisations sociales ↓ Rend rentable les peu qualifiés Réduit ressources sécu sociale ; moins d'innovations
SMIC plafonné Facilite embauche peu qualifiés Salaires faibles, demande globale faible
Relance budgétaire Effet multiplicateur fort Inefficace si chômage structurel ; creuse dette
Relance monétaire Pas coût finances publiques Risque inflation ; limites techniques
Flexibilisation Adaptation rapide ; destruction créatrice Licenciements plus nombreux en récession
Formation Meilleur appariement ; productivité ↑ Coût élevé ; délai d'effet
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Définitions essentielles à retenir

  • Chômage BIT : personne sans emploi, disponible dans 2 semaines, en recherche active
  • Chômage structurel : indépendant de la conjoncture, dû à appariement défaillant et asymétries d'info
  • Demande effective : demande anticipée par les producteurs qui détermine l'emploi (Keynes)
  • Appariement : adéquation entre offre et demande de travail
  • Courbe de Beveridge : corrélation négative taux chômage / taux emplois vacants
  • Asymétrie d'information : une partie dispose de plus d'infos que l'autre
  • Sélection adverse : employeur ignore compétences candidats, risque recruter peu productif
  • Aléa moral : employeur ne peut contrôler efforts salariés, risque qu'ils « tirent au flanc »
  • Salaire d'efficience : salaire > salaire d'équilibre pour attirer meilleurs candidats et les motiver
  • Effet multiplicateur : dépense publique crée revenus qui génèrent consommation supplémentaire (cercle vertueux)
  • Effet substitution travail/capital : si travail moins cher, entreprises embauchent au lieu d'investir
  • Flexicurité : conciliation flexibilité du marché du travail + sécurité des salariés
  • Emplois atypiques : CDD, intérim, temps partiel (précaires vs CDI temps plein)
  • Productivité marginale du travail : production supplémentaire générée par embauche d'un salarié
  • Frictions : délai nécessaire à l'appariement, crée chômage indépendant conjoncture

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