Bon usage des médicaments et risques d'erreurs
Aucune carteGuide complet sur les formes galéniques, voies d'administration, précautions et erreurs médicamenteuses à éviter.
BON USAGE DU MÉDICAMENT - RISQUE D'ERREURS D'ADMINISTRATION
Ce résumé vise à condenser les informations essentielles pour une manipulation et une administration sécurisées des médicaments, en minimisant les risques d'erreurs, crucial pour les études infirmières.
FORMES GALÉNIQUES ET VOIES D'ADMINISTRATION
Objectif : Trouver la meilleure présentation pour chaque substance active afin de traiter une maladie.
Choix de la voie d'administration : dépend du médicament, de l'état du malade, de l'urgence, de l'effet voulu et du coût.
VOIES D'ADMINISTRATION
Voie Orale (Per Os) :
La plus utilisée (facile, nombreuses formes, usage par sondes).
Inconvénients : passage hépatique, délai d'action, destruction digestive, vomissements.
Voie Parentérale : Voie de l'urgence (IV).
Nombreuses voies : IV (périphérique, centrale), IM (libération prolongée), SC (anticoagulants, insuline), IDR, etc.
Nécessite stérilité et faible pouvoir irritant.
Voie Perlinguale : Action rapide (trinitrine, adrénaline).
Voie Rectale : Action générale ou locale, très utilisée chez enfant/nourrisson.
Voie Pulmonaire : Action générale (anesthésiques) ou locale (aérosols).
Voie Nasale : Peu utilisée, action générale (hormones) ou locale.
Voie Transdermique : Action générale (trinitrine, fentanyl).
Voie Cutanée : Action locale (dermatologie), parfois générale.
Autres Voies : Oculaire, vaginale, auriculaire.
FORMES GALÉNIQUES
Voie Orale :
Comprimés : sécables, dragéifiés, effervescents, sublinguaux (lyocs), gastro-résistants (résistent pH acide), à Libération Prolongée (LP) (ne pas écraser).
Gélules : 2 demi-capsules, peuvent être ouvertes (sauf LP).
Poudres : en sachets ou flacons à reconstituer.
Capsules Molles : pour PA liquides ou huileux.
Granules : à dissoudre ou non.
Formes liquides : Sirops, Solutions Buvables (différencier des injectables), Suspensions Buvables (à homogénéiser). Attention péremption après ouverture.
Voie Parentérale :
Par injection ou perfusion.
Solutions Injectables (ampoules, seringues, flacons, poches) : exigent stérilité, apyrogénicité, neutralité, isotonicité, limpidité.
Suspensions Injectables : (pas en IV), pour libération prolongée.
Émulsions Injectables : nutrition parentérale.
Travail aseptique et vérifications d'usage.
Autres Voies :
Rectale : suppositoires, lavements, pommades.
Pulmonaire : gaz, liquides volatiles, aérosols.
Vaginale : comprimés gynécologiques, ovules, crèmes.
Oculaire : collyres (flacon ou unidoses, mêmes caractéristiques que injectables), pommades ophtalmiques.
Cutanée : pommades, crèmes, gels, patchs (appliquer sur peau propre).
RÔLE DE L'INFIRMIER / MÉDICAMENT
Préparation des doses.
Distribution/Administration après vérification identité patient et prescription.
Enregistrement de l'administration dans le dossier patient.
Surveillance clinique du patient : effets secondaires (+++).
L'administration est la dernière étape critique du circuit du médicament.
LE BON USAGE DES MÉDICAMENTS - RISQUE D'ERREURS D'ADMINISTRATION
PRÉCAUTIONS
Connaissance du médicament :
Classe, indication, posologies usuelles et maximales, forme galénique, voie d'administration, données d'administration, identification.
Respecter l'AMM et les protocoles validés.
Consulter bases de données (VIDAL), intranet, documents de service.
Erreurs liées à la posologie :
Lisibilité de l'ordonnance (informatisation +++).
Comprendre la posologie (ex: 1 seringue d'Enoxaparine au lieu de 11).
Regard critique sur les confusions de chiffres, virgules, oublis.
Attention aux abréviations (cc, g) et aux nombreuses unités de posologie.
Connaître les conversions d'unités (1 g = 1000 mg, 1% = 1g/100ml) et l'importance des calculs de doses.
Exemples (potassium, morphine, Rivotril) illustrent la complexité des calculs.
Erreurs liées à la forme galénique et voie d'administration :
Respect absolu de la forme galénique.
Ne jamais écraser une forme à Libération Prolongée (LP) ou Modifiée (LM).
Ne pas injecter de formes orales et inversement.
Les voies IV, IM, SC ne sont pas interchangeables.
Erreurs liées aux modalités d'administration :
Voie orale : identification certaine (attention déconditionnement), comptage précis (gouttes Digoxine), respect du mode (sublingual, effervescent), vérifier péremption (date ouverture flacon).
Voie injectable : vérification possibilité d'administration, respect reconstitution/dilution (eau ppi, NaCl, glucose), respect vitesses de passage, vérifier aspect (précipité, couleur), péremption, hydratation associée.
Incompatibilités (voie injectable) :
Physico-chimiques entre médicaments (précipité, couleur Altérée : Augmentin®/Aminoside).
Avec le soluté de perfusion (instabilité cisplatine/glucose).
Température de conservation (cristallisation, perte d'activité).
Concentration (respect des dilutions).
Contenant (Taxol®/Poches en PPVC).
Erreurs liées à l'identification du médicament ou du dosage :
Confusion entre médicaments (DCI ou spécialités) : Coversyl®/Corvasal®, Xatral®/Xanax®.
Confusion liée au conditionnement et étiquetage (look-alike).
Confusion de dosage (ex : Keppra® 100 mg/ml vs 500 mg/5ml).
Consonance (sound-alike) : ADVILTAB®/ADVILCAPS®, AMYCOR®/CLAMYCOR®.
Identification systématique du médicament avant administration : ne pas déconditionner les formes orales à l'avance, attention aux plaquettes découpées, même IDE prépare et administre un injectable.
Attention armoires de services : étiquetage, procédure, séparation des hypertoniques (Kcl, NaCl, G30%), gestion péremptions et retraits de lots.
Connaissance des données concernant le patient :
Identitovigilance +++ : poser la question pour éviter les erreurs de patient.
Retrait des médicaments personnels (sauf accord médical), attention aux redondances et équivalences.
Données physiopathologiques : âges extrêmes, grossesse, allaitement, poids, insuffisances hépatique/rénale, allergies = adaptation posologies/molécules.
Contexte clinico-biologique : INR, TCA, Kaliémie.
Confronter l'administration à la prescription et esprit critique :
Compréhension de la prescription (lisibilité).
Éviter les retranscriptions.
Communiquer +++ (collègues, médecins, pharmaciens) pour les incertitudes.
Respecter les moments d'administration (repas, matin, soir) et interactions.
Autres types d'erreurs :
Formation au matériel d'administration : pousse seringue, perfuseurs.
Bon usage des gaz médicaux.
Éviter les prescriptions orales/téléphoniques (sauf urgence).
Nouvelles erreurs dues à l'informatisation (formation, bugs).
Rangement des armoires de dotations : étiquetage, procédures, gestion séparée pour solutés hypertoniques, péremptions, conservation.
Interactions médicamenteuses : modifications d'effets (inductions, inhibitions, additions), CI et associations déconseillées.
Interactions médicaments/aliments : jus de pamplemousse, Vit K avec AVK, alcool, lait.
Oublis d'administration : sources d'effets secondaires graves.
RÈGLE DES 5B
Bon patient : identité vérifiée.
Bon médicament : prescription et étiquetage vérifiés.
Bonne dose : dosage approprié (poids, voie, mode).
Bonne voie : voie prescrite, qualité de la voie, état patient, programmation pompe.
Bon moment : plan de soins, information patient, traçabilité.
Viser de bonnes conditions, le meilleur coût, et une balance Bénéfice/Risque optimale.
LES NEVER EVENTS (Événements qui ne devraient jamais arriver)
Erreurs avec les anticoagulants.
Erreurs d'administration de chlorure de potassium injectable (hypertonique).
Erreurs de préparation d'injectables à risque (calculs de dose/concentration).
Erreurs au bloc opératoire (anesthésie/réanimation) : confusions (Éphédrine/Épinéphrine, curares).
Erreur de rythme d'administration du Méthotrexate (VO ou SC = 1/semaine en dehors de la cancérologie).
Erreurs d'administration de gaz médicaux (lire étiquette).
Erreurs d'administration d'insuline (type, dosage).
Erreurs de voie d'administration (intrathécale/intraveineuse, parentérale/orale).
Erreurs avec la Colchicine (schémas, CI, interactions).
Erreurs de programmation des dispositifs (pompes à perfusion).
Erreurs avec les unidoses en plastique (confusion).
Administration de fluoropyrimidines sans recherche de déficit en DPD.
ATTENTION À L'INTERRUPTION DE TÂCHE
Les interruptions (appels, discussions, bruit, multitâche) peuvent mener à des erreurs.
L'opérateur doit pouvoir refuser d'être interrompu.
CONCLUSION
La iatrogénie médicamenteuse est importante.
Vigilance accrue à chaque acte, éviter la confiance excessive, contrôler ses actes et faire contrôler, attention aux interruptions de tâches.
Déclarer les erreurs pour l'analyse des causes et l'amélioration.
Ne pas oublier l'importance de la surveillance thérapeutique.
GLOSSAIRE DES ABREVIATIONS
PA : Principe Actif
DCI : Dénomination Commune Internationale
ad° : administration
IV : Intraveineuse ; IM : Intramusculaire ; SC : Sous Cutanée
IDR : Intra Dermo Réaction
LP : Libération Prolongée ; LM : Libération Modifiée ; LI : Libération Immédiate
AMM : Autorisation de Mise sur le Marché
cc : cuillère à café ; cm3 : centimètre cube ; g : gramme ; mg : milligramme ; µg : microgramme ; l : litre ; ml : millilitre ; kg : kilo ; min : minute ; h : heure
eau ppi : eau pour préparation injectable
cp : comprimé
T° : Température ; C° : Concentration
PVC : Chlorure de Polyvinyle
IDE : Infirmier(e) Diplômé d'Etat
NN : Nouveau-Né
INR : International Normalized Ratio
TCA : Temps de Céphaline Activé
AINS : Anti Inflammatoires Non Stéroidiens
Kcl : Chlorure de Potassium ; Nacl : Chlorure de Sodium ; G30% : Glucose 30%
ANSM : agence nationale de sécurité du médicament et des produits de santé
CI : Contre Indications
Vit K : Vitamine K ; AVK : Anti Vitamine K
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