Bilharziose urogénitale

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Définition, épidémiologie, physiopathologie, diagnostic et traitement de la bilharziose, principalement celle causée par S. haematobium, avec ses manifestations cliniques et complications génito-urinaires.

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Question
Qu'est-ce que la bilharziose ?
Réponse
Un ensemble de manifestations cliniques dues à des vers plats appelés bilharzies ou schistosomes.
Question
Quelle est la principale espèce de bilharzie en Afrique ?
Réponse
Schistosoma haematobium, responsable de la bilharziose urinaire.
Question
Quel est l'hôte intermédiaire du parasite de la bilharziose ?
Réponse
Des mollusques d'eau douce, spécifiquement les bulins et les planorbes.
Question
Comment l'homme s'infeste-t-il avec la bilharziose ?
Réponse
Par pénétration cutanée de larves, les furcocercaires, lors d'un contact avec de l'eau douce contaminée.
Question
Quelle est la manifestation cutanée initiale de l'infestation ?
Réponse
La dermatite cercarienne, une éruption papuleuse prurigineuse au point de pénétration des larves.
Question
Comment nomme-t-on la fièvre de la phase d'invasion ?
Réponse
La fièvre de Katayama, accompagnée de sueurs, céphalées et de phénomènes urticariens.
Question
Quelle est la caractéristique typique de l'hématurie bilharzienne ?
Réponse
Elle est terminale, survenant à la fin de la miction.
Question
S. haematobium pond-il ses œufs chez l'homme ?
Réponse
Dans le plexus veineux vésical (paroi de la vessie).
Question
S. mansoni pond-il préférentiellement ses œufs ?
Réponse
Dans le plexus hémorroïdaire, affectant principalement l'intestin.
Question
Que provoque l'enclavement des œufs dans les tissus ?
Réponse
La formation d'un granulome bilharzien, une réaction inflammatoire qui évolue vers la fibrose et la calcification.
Question
Citez une complication majeure de la bilharziose urinaire.
Réponse
La cancérisation, avec le développement d'un cancer de la vessie.
Question
Quelle est la deuxième complication de la bilharziose urinaire ?
Réponse
La lithiase vésicale (formation de calculs dans la vessie) due à l'inflammation chronique.
Question
Citez une troisième complication de la bilharziose urinaire.
Réponse
Les surinfections bactériennes, menant à des cystites chroniques et des infections rénales ascendantes.
Question
Comment est posé le diagnostic parasitologique direct ?
Réponse
Par la mise en évidence des œufs caractéristiques du parasite dans les urines ou les selles.
Question
Quel est le médicament de choix pour traiter la bilharziose ?
Réponse
Le Praziquantel, un antibilharzien efficace sur les différentes espèces de schistosomes.
Question
Quelle est la posologie du Praziquantel ?
Réponse
La dose est de 40 à 60 mg/kg en une seule prise.
Question
Quels sont les signes cliniques de l'atteinte à S. mansoni ?
Réponse
Des manifestations intestinales (diarrhée sanglante) et hépato-spléniques (hypertension portale).
Question
Quelle structure devient la larve miracidium dans le mollusque ?
Réponse
Elle se transforme en sporocystes, qui à leur tour deviennent des furcocercaires, les larves infestantes.
Question
Que peut montrer une échographie dans la bilharziose urinaire ?
Réponse
Un épaississement de la paroi vésicale, signe de l'inflammation chronique causée par les œufs.
Question
Que peut révéler une radiographie de l'abdomen (ASP) ?
Réponse
Des calcifications de la paroi de la vessie, séquelles de l'inflammation chronique.
Question
Quelle est la principale méthode de prophylaxie générale ?
Réponse
La lutte contre les mollusques hôtes intermédiaires à l'aide de molluscicides.
Question
Quelle mesure de prophylaxie individuelle est recommandée ?
Réponse
Éviter de se baigner ou d'avoir des contacts avec les eaux douces potentiellement infestées.
Question
Existe-t-il un vaccin efficace contre la bilharziose ?
Réponse
Non, il n'existe actuellement aucun vaccin commercialisé efficace pour l'homme.
Question
Quelle est la lésion hépatique caractéristique de la bilharziose ?
Réponse
La fibrose périportale (ou fibrose en tuyau de pipe de Symmers), pouvant causer une hypertension portale.
Question
Qu'est-ce qui peut être observé lors d'une cystoscopie ?
Réponse
Des lésions typiques : des semis de « grains de sucre de semoule » ou des bilharziomes (« tumeur framboisée »).
Question
Quelles espèces de bilharzies ont le pronostic le plus sévère ?
Réponse
S. japonicum et S. mekongi, en raison d'atteintes neurologiques et cardio-pulmonaires plus fréquentes.
Question
Comment les vers adultes échappent-ils au système immunitaire ?
Réponse
En se recouvrant d'antigènes de l'hôte, ce qui leur permet de ne pas être reconnus comme étrangers.
Question
Quelle est la troisième endémie parasitaire mondiale ?
Réponse
La bilharziose, après le paludisme et l'amibiase.
Question
Quelles sont les complications possibles de l'atteinte des uretères ?
Réponse
Des sténoses urétérales (rétrécissements) pouvant conduire à une hydronéphrose (dilatation du rein).
Question
Comment appelle-t-on l'embryon mobile à l'intérieur de l'œuf ?
Réponse
Le miracidium, qui est cilié et mobile dans l'eau.

La Bilharziose : Guide Essentiel

Labilharziose, également connue sous le nom de schistosomiase, est une maladie infectieuse causée par des vers plats appelés bilharzies ou schistosomes.

C'est la 3ème endémie parasitaire la plus répandue au monde, affectant près de 300 millions de personnes, majoritairement en Afrique.

1. Généralités

Définition et Espèces

  • Définition : Ensemble des manifestations cliniques dues à des vers plats appelés bilharzies ou schistosomes.
  • 5 espèces pathogènes principales pour l'homme :
    • S. haematobium (Afrique, Moyen-Orient, Inde)
    • S. mansoni (Égypte, Afrique, Amérique latine)
    • S. japonicum et S. mekongi (Japon, Chine, Corée)
    • S. intercalatum (Afriquecentrale)

Le Parasite

  • Vers adultes :
    • Mâle : 6 à 20 mm, cylindrique avec 2 ventouses, canal gynécophore.
    • Femelle : Plus longue (7 à 30 mm), cylindrique, filiforme.
  • Œufs :
    • Coque lisse, épaisse, transparente.
    • Renferme un miracidium mobile.
    • Éperon caractéristique permettant de distinguer les espèces.
  • Hôtes intermédiaires : Mollusques (Bulins, Planorbes) vivant dans les eaux douces, stagnantes, peuprofondes (25-30°C).

Cycle Parasitaire (Vue d'ensemble)

  1. Dans l'eau et le mollusque :
    • Le miracidium pénètre lemollusque, se transforme en sporocystes.
    • Les sporocystes évoluent en furcocercaires (larves à queue fourchue, 500 µm), qui s'échappent du mollusque.
  2. Chez l'homme (Infestation) :
    • Exposition lors de bains en eaux douces contaminées.
    • Les furcocercaires pénètrent l'épiderme → manifestations cutanées initiales.
    • Migration vers les poumons, puisla grande circulation → phase d'invasion.
    • Fixation dans les veines porte intra-hépatiques → maturation sexuelle.
    • Déplacement vers les lieux de ponte :
      • Plexus hémorroïdaire : pourmansoni, intercalatum, mekongi, japonicum.
      • Plexus vésical : pour haematobium.
    • La femelle pond ses œufs qui :
      • Traversent la muqueuse pour être éliminés (selles/urine).
      • Restent bloqués dans les tissus, formant des granulomes bilharziens.
      • S'embolisent dans d'autres organes (foie, poumons, cerveau, etc.)
Le cycle de vie détaillé :
Les œufs sont excrétés (selles/urine) → éclosion dans l'eau → le miracidium infecte le mollusque → développement en sporocystes puis cercaires → les cercaires sont libérées et pénètrent la peau humaine → deviennent des schistosomules → migration vers le foie pour maturation → vers adultes dans les veines pondent des oeufs.

Physiopathologie (Les mécanismes de la maladie)

  • Dépend de : Âge, intensité d'exposition, immunité développée, prédisposition génétique.
  • Rôle des Œufs :
    • Sécrétion de protéases inflammatoires.
    • Réponse immunitaire de l'hôte → granulomes.
    • Migration et piégeage : entraînent inflammation et fibrose secondaire.
    • Embolisation : vers foie, poumons, rate, cerveau/moelle épinière, peau/péritoine.
    • Granulome éosinophile : induit par protéines et glucides des œufs piégés.
  • Lésions spécifiques des œufs :
    • Intestin : Lésions nodulaires/polypoïdes, érosions, pertes de sang, cicatrices.
    • Foie : Fibrose périportale (en tuyau de Symmers) → hypertension portale, varices œsophagiennes (fonctionhépatique préservée).
    • Vessie : Inflammation granulomateuse → ulcérations, pseudopolypes, obstruction urétérale → hydronéphrose, pyélonéphrite. Risque de cancer de la vessie liéà l'inflammation chronique.
  • Rôle des Vers adultes :
    • Échappement immunitaire : se recouvrent d'antigènes de l'hôte.
    • Ponte d'œufs dans lecerveau/moelle épinière lors de migration ectopique.
    • Les vers vivants n'induisent pas d'inflammation.
    • Les vers morts peuvent entraîner inflammation et fibrose veineuse.
  • Siège des lésions:
    • S. haematobium : Vessie, uretères, organes génitaux.
    • Autres espèces : Paroi intestinale.
    • Toutes les espèces peuvent affecter foie, poumons, SNC, peau.
    • Formationd'immunocomplexes → syndrome néphrotique.

2. Étude Clinique

Le type de description est la bilharziose vésicale à S. haematobium.

3 Stades de l'Évolution

  1. Phase de Début : Dermatite cercarienne ("dermatite du nageur/canard").
    • Éruption papuleuse/urticarienne prurigineuse au point d'entrée des larves.
    • Disparaît en quelques heures.
  2. Phase d'Invasion :
    • Fièvre (fièvre de Katayama), sueurs, céphalées.
    • Manifestations urticariennes, arthralgies, myalgies, œdèmes.
    • Toux, dyspnée, diarrhée.
    • Hépato-splénomégalie discrète.
    • NFS : hyperleucocytose avec hypereosinophilie.
    • Examens d'urine négatifs, mais sérologie positive.
  3. Période d'État (Manifestations urogénitales) :
    • Dysurie et pollakiurie diurnes.
    • Douleur sus-pubienne exacerbée par la miction (sensation d'urine chaude).
    • Hématurie quasi-constante, typiquement terminale.
    • Échographie vésicale : Épaississement de la paroi vésicale.
    • Radiographie : Calcifications vésicales.
    • Cystoscopie : "Grains de sucre de semoule", "grains d'acné", bilharziome("tumeur framboisée").

Complications Possibles (Période d'État)

  • Infection : Surinfection bactérienne (cystite, affection ascendante).
  • Cystite chronique.
  • Lithiase vésicale.
  • Cancérisation (cancer de la vessie).

Formes Cliniques (Selon Hématurie et Atteintes)

  • Hématurie : Abondante (totale) à minime/microscopique.
  • Atteinte urinaire haute :
    • Urétérale : Souvent latente, douleurs lombaires, colique néphrétique, sténoses/dilatations urétérales (unilatérales/bilatérales).
    • Rénale : Hydronéphrose sur sténose.
  • Atteinte urétérale basse : Urétorragie, rétrécissements, fistules périnéales.
  • Atteinte génitale :
    • Homme : Épididymite, prostatite.
    • Femme : Granulations vaginales, du col.

FormesCliniques (Selon l'Espèce)

  • S. mansoni :
    • Manifestations intestinales (diarrhée, selles sanglantes, douleurs abdominales/rectales, ténesme).
    • Manifestations hépatospléniques (hypertension portale).
  • S. japonicum et S. mekongi :
    • Atteinte hépatosplénique dominante.
    • Autres localisations : cardio-pulmonaire, neurologique.
    • Pronostic plus sévère.
  • S. intercalatum : Dominée par les atteintes rectales.

3. Diagnostic

Lediagnostic, évoqué cliniquement (avec argument épidémiologique), doit être confirmé.

  • Diagnostic Direct Parasitologique : Mise en évidence des œufs du parasite.
    • Prélèvements urinaires : pourS. haematobium.
    • Selles : pour S. mansoni, S. intercalatum.
    • Selles, crachats, LCR : pour S. japonicum et S. mekongi.
    • Aussi sur prélèvements biopsiques.
  • Diagnostic Sérologique : Recherche d'anticorps.

4. Traitement

Traitement Curatif

  • Objectifs : Réduire la charge parasitaire, améliorer la symptomatologie, prévenir/prendre en charge les complications.
  • Moyens :
    • Médical : Praziquantel (comprimés à 600 mg).
      • Dose : 40-60 mg/kg en prise unique.
      • Efficace sur les 4 espèces.
      • Bien toléré à la phase d'état, mais mal toléré en phase d'invasion.
    • Traitement symptomatique.
    • Chirurgical pour certaines complications.

Traitement Préventif

  • Prophylaxie générale :
    • Lutte contre les mollusques (molluscicides).
    • Modification des comportements.
    • Campagnes de distribution massive d'antiparasitaires dans les zones d'endémie.
  • Prophylaxie individuelle :
    • Absence de chimioprophylaxie individuelle.
    • Éviter de se baigner dans les zones infestées.
    • Vaccination : Aucun vaccin efficace disponible, essaisen cours.

Conclusion

La bilharziose est la 3ème maladie parasitaire mondiale en termes de morbidité. Bien que plusieurs espèces soient impliquées, S. haematobium est la plus fréquente au Niger, causant des manifestations urogénitales qui peuvent évoluer vers des complications graves, notamment le cancer de la vessie.

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