Anémies hémolytiques auto-immunes

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Cette présentation aborde le diagnostic, l'épidémiologie, la physiopathologie, les formes cliniques, le diagnostic étiologique et les traitements des anémies hémolytiques auto-immunes.

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Question

Qu'est-ce qu'une AHAI ?

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Réponse

Une anémie due à la destruction des hématies par des auto-anticorps dirigés contre leurs propres antigènes membranaires.

Question

Quelles sont les 3 classifications des AHAI ?

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Réponse

Classification immunologique (Ac chauds/froids), étiologique (idiopathique/secondaire) et évolutive (aiguë/chronique).

Question

Quel isotype d'anticorps caractérise l'AHAI à Ac chauds ?

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Réponse

Les auto-anticorps sont de type IgG, actifs à une température de 37°C.

Question

Quel isotype d'anticorps caractérise l'AHAI à Ac froids ?

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Réponse

Les auto-anticorps sont de type IgM, actifs à des températures inférieures à 30°C.

Question

Où se produit majoritairement l'hémolyse dans l'AHAI à Ac chauds ?

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Réponse

L'hémolyse est principalement intratissulaire, se déroulant dans la rate.

Question

Quelle est la durée de vie normale d'un globule rouge ?

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Réponse

La durée de vie moyenne d'un globule rouge est de 120 jours avant sa destruction physiologique.

Question

Quelle est la triade clinique de l'hémolyse chronique ?

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Réponse

Elle se compose de la pâleur (anémie), de l'ictère (hémolyse) et de la splénomégalie.

Question

Comment sont les urines lors d'un ictère par hémolyse ?

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Réponse

L'ictère est à bilirubine libre. Les urines sont foncées orangées et les selles gardent une coloration normale.

Question

Quels signes cliniques alertent sur une hémolyse aiguë ?

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Réponse

Fièvre, douleurs lombaires, et urines très foncées couleur « rouge porto » signant une hémoglobinurie.

Question

Comment est l'anémie dans une AHAI à la NFS ?

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Réponse

L'anémie est normocytaire ou macrocytaire, et surtout fortement régénérative (réticulocytes élevés).

Question

Quel est le principal marqueur biologique de l'hémolyse ?

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Réponse

L'effondrement de l'haptoglobine est le signe le plus sensible d'hémolyse.

Question

Quel examen confirme la nature auto-immune de l'hémolyse ?

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Réponse

Le Test Direct à l'Antiglobuline (TDA), ou test de Coombs direct, qui détecte les anticorps sur les hématies.

Question

Quel est le profil typique du TDA monospécifique dans l'AHAI à Ac chauds ?

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Réponse

Il est positif pour les IgG seuls ou pour les IgG associés au complément (C3d).

Question

Qu'est-ce que le syndrome d'Evans ?

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Réponse

C'est l'association d'une anémie hémolytique auto-immune et d'une thrombopénie immunologique (baisse des plaquettes).

Question

Quelle est l'étiologie la plus fréquente des AHAI à Ac chauds ?

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Réponse

Les formes idiopathiques (sans cause retrouvée) sont les plus fréquentes, représentant 50 à 60% des cas.

Question

Quelles sont les deux causes secondaires les plus fréquentes d'AHAI à Ac chauds ?

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Réponse

Les hémopathies lymphoïdes (surtout la LLC) et les maladies auto-immunes (surtout le lupus).

Question

Quelles infections peuvent causer une AHAI à Ac froids aiguë ?

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Réponse

Une pneumopathie à Mycoplasma pneumoniae ou des infections virales comme l'EBV ou le CMV, surtout chez l'enfant.

Question

Qu'est-ce que la maladie des agglutinines froides ?

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Réponse

Une AHAI chronique à Ac froids (IgM monoclonale), survenant chez le sujet âgé et déclenchée par le froid (acrosyndrome).

Question

Dans quel cas la splénectomie est-elle indiquée ?

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Réponse

En cas d'échec, de dépendance ou de contre-indication à la corticothérapie dans l'AHAI à Ac chauds.

Question

Quelle est la complication la plus redoutée de l'hémolyse chronique ?

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Réponse

Le risque élevé de thrombose veineuse profonde, en plus de la lithiase biliaire.

Question

Quel est le traitement de première intention de l'AHAI à Ac chauds ?

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Réponse

La corticothérapie par voie orale (Prednisone 1-2 mg/kg/j), qui est efficace dans 80% des cas.

Question

Quel est le mécanisme d'action du Rituximab ?

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Réponse

C'est un anticorps monoclonal anti-CD20 qui détruit les lymphocytes B responsables de la production d'auto-anticorps.

Question

Les corticoïdes sont-ils efficaces dans la maladie des agglutinines froides ?

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Réponse

Non, les corticoïdes et la splénectomie sont inefficaces. Le traitement repose sur le Rituximab.

Question

Quelle est la prise en charge d'une hémolyse aiguë grave ?

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Réponse

Hospitalisation en urgence, bolus de corticoïdes, discuter les immunoglobulines IV ou les échanges plasmatiques.

Question

Quelle supplémentation est systématique dans l'hémolyse chronique ?

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Réponse

Une supplémentation en acide folique (vitamine B9) pour soutenir la production de globules rouges par la moelle osseuse.

Question

Quelle est la classification immunologique principale des AHAI ?

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Réponse

AHAI à auto-anticorps « chauds » (IgG) et AHAI à auto-anticorps « froids » (IgM).

Question

Qu'est-ce qu'une AHAI ?

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Réponse

Une anémie due à la destruction des hématies par des auto-anticorps dirigés contre leurs propres antigènes de surface.

Question

À quelle température les auto-anticorps « chauds » sont-ils actifs ?

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Réponse

Ils sont actifs à une température corporelle normale (37°C), provoquant une hémolyse principalement intra-tissulaire.

Question

Quel est le principal site de l'hémolyse dans l'AHAI à Ac chauds ?

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Réponse

L'hémolyse est principalement intratissulaire, se déroulant majoritairement dans la rate.

Question

Qu'est-ce que la « triade hémolytique » clinique ?

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Réponse

L'association des trois signes cliniques suivants : pâleur, ictère et splénomégalie.

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Quel test biologique confirme le caractère auto-immun de l'hémolyse ?

Le Test Direct à l'Antiglobuline (TDA), aussi appelé test de Coombs direct.

Que met en évidence un TDA positif ?

La présence d'anticorps et/ou de fractions du complément fixés à la surface des globules rouges du patient.

Quelle est la caractéristique de l'anémie dans une AHAI sur le NFS ?

Anémie normocytaire ou macrocytaire, et fortement régénérative (Réticulocytes > 120 000/mm³).

Quelle est la cause la plus fréquente d'AHAI à Ac chauds chez l'adulte ?

Les formes idiopathiques (sans cause retrouvée) représentent 50 à 60% des cas.

Quels sont les 3 signes biologiques cardinaux de l'hémolyse ?

Haptoglobine effondrée, augmentation de la bilirubine libre (non conjuguée) et augmentation des LDH.

Quel signe urinaire est spécifique d'une hémolyse intravasculaire aiguë ?

Une hémoglobinurie, donnant aux urines une couleur caractéristique « rouge porto ».

Qu'est-ce que le syndrome d'Evans ?

L'association d'une anémie hémolytique auto-immune (AHAI) à une thrombopénie immunologique (PTI).

Citez deux types de maladies sous-jacentes pouvant causer une AHAI secondaire.

Des hémopathies lymphoïdes (LLC, lymphome) ou des maladies auto-immunes (lupus).

Quelle infection est typiquement associée à une AHAI à Ac froids aiguë ?

Une pneumopathie atypique à Mycoplasma pneumoniae ou une infection par l'EBV ou le CMV.

Quelle est l'isotype de l'immunoglobuline dans la maladie des agglutinines froides ?

Il s'agit le plus souvent d'une IgM, qui est une agglutinine active à basse température.

Quel est le traitement de première intention pour l'AHAI à Ac chauds ?

La corticothérapie, généralement avec de la Prednisone à la dose de 1 à 2 mg/Kg/jour.

Quel est le mécanisme d'action du Rituximab ?

C'est un anticorps monoclonal anti-CD20 qui cible et détruit les lymphocytes B produisant les auto-anticorps.

Pourquoi la splénectomie est-elle une option dans l'AHAI à Ac chauds ?

Car la rate est à la fois le principal site de destruction des hématies et un site de production d'anticorps.

Quels traitements sont inefficaces dans la maladie des agglutinines froides ?

La corticothérapie et la splénectomie sont considérées comme inefficaces.

Quelle supplémentation est systématiquement prescrite en cas d'hémolyse chronique ?

Une supplémentation en acide folique (vitamine B9) pour soutenir l'hyper-régénération médullaire.

Qu'est-ce qu'une hémolysine biphasique ?

Un anticorps (IgG anti-P) qui se fixe sur les hématies à froid et active le complément au réchauffement, causant une hémolyse.

Citez deux complications possibles liées à l'hémolyse chronique.

La lithiase vésiculaire (calculs biliaires pigmentaires) et un risque élevé de thrombose veineuse profonde.

Pourquoi la transfusion est-elle délicate dans l'AHAI ?

Car les auto-anticorps du patient peuvent détruire les globules rouges transfusés, la rendant inefficace et dangereuse.

Dans quel but un TDA monospécifique est-il réalisé ?

Pour déterminer l'isotype de l'auto-anticorps (IgG, IgM) ou la présence de complément (C3d) sur les hématies.

Quel phénomène peut être déclenché par le froid dans l'AHAI à Ac froids ?

Un acrosyndrome (ou phénomène de Raynaud), caractérisé par des troubles vasomoteurs douloureux des extrémités.

Fiche de révision

Anémies Hémolytiques Auto-Immunes (AHAI)

Anémies causées par la destruction des globules rouges due à des auto-anticorps.

I. Introduction

1. Définition

  • Anémie secondaire à la destruction deshématies par auto-anticorps dirigés contre des antigènes érythrocytaires.

  • C'est une anémie hémolytique extra-corpusculaire acquise.

2. Classification

Cette classification est essentielle pour comprendre les AHAI.

  1. Classificationévolutive:

    • Forme aiguë

    • Forme chronique

  2. Classification étiologique:

    • Formes idiopathiques (sans causeconnue)

    • Formes associées à une maladie immunologique

    • Formes associées à une maladie sans lien établi

  3. Classification immunologique:

  4. C'est la classification la plus clinique.

    • AHAI à auto-Ac «chauds» (IgG):

      • Actifs à .

      • Les plus fréquentes.

      • Hémolyse intratissulaire (principalement splénique).

    • AHAI à auto-Ac «froids» (IgM):

      • Actifs à .

      • Exemple: maladie chronique des agglutinines froides (MACF).

      • Hémolyse intravasculaire ou intratissulaire (principalement hépatique).

    • Hémoglobinurie paroxystique à frigore: Hémolysine biphasique (principalement chez l'enfant).

II. Épidémiologie

  • 2ème cytopénie auto-immune après la thrombopénieimmunologique.

  • Incidence: 1-3 cas/100 000 habitants/an.

  • Légère prédominance féminine (sex-ratio 1.5-2).

  • Deux pics de fréquence:

    • Enfant:5 ans (prédominance masculine).

    • Adulte: 55 ans (prédominance féminine).

  • Les formes idiopathiques touchent plus les sujets jeunes, les formes secondaires les sujets âgés.

III. Physiopathologie

1. Rappel: l'hémolyse physiologique

  • Destruction des GR vieillis et libération de leur contenu.

  • Durée de vie moyenne du GR = 120 jours.

  • Vieillissement GR: diminution enzymatique, modification membranaire, perte de plasticité.

  • Phagocytose par macrophages du système réticulo-endothélial (SRE) (moelle osseuse, foie, rate).

  • Hémolyse intratissulaire: 90%.

  • Hémolyse intravasculaire: 10%.

2. Physiopathologie de l'AHAI

a) Production des auto-Ac contre les Ag érythrocytaires

La réponse auto-immune conduit à la reconnaissance des antigènes du globule rouge comme étrangers, déclenchant la destruction.

b) Conséquences de l'hémolyse

L'hémolyse pathologique a des conséquences spécifiques en fonction de son site.

  • Surl'hémolyse intratissulaire (la plus fréquente dans les AHAI à Ac chauds):

    • Anémie régénérative.

    • Globine: acides aminés récupérés.

    • Hème: porphyrine transformée en biliverdine, puis bilirubine non conjuguée (libre), transportée vers le foie.

    • Accumulation de la bilirubine non conjuguée peut causer un ictère.

    • Fer (Fe): stocké par les macrophages.

    • Splénomégalie due à l'hyperfonctionnement splénique.

  • Sur l'hémolyse intravasculaire (plus fréquente dans les AHAI à Ac froids):

    • Hémoglobinémie: libération d'hémoglobine dans le plasma.

    • Fixation de l'hémoglobine à l'haptoglobine effondrement de l'haptoglobine (marqueur diagnostic).

    • L'hémoglobine librepeut endommager le rein insuffisance rénale aiguë.

    • Hémoglobinurie (urines rouge porto) et hémosidérinurie.

IV. Diagnostic Positif (Focus sur l'AHAI à Ac chauds)

1. Circonstances de découverte

  • Tableau d'anémie hémolytique chronique +++ ou aiguë.

  • Suivi d'une pathologiepourvoyeuse d'AHAI (Lupus, LLC).

  • Découverte fortuite lors d'un hémogramme systématique.

2. Tableaux cliniques

a. Tableau d'anémie hémolytique chronique +++

  • Début insidieux.

  • Triade hémolytique: pâleur, ictère, splénomégalie.

  • Syndrome anémique: Asthénie, dyspnée, palpitations, céphalées, acouphènes; pâleurcutanéo-muqueuse, tachycardie, souffle systolique.

  • Ictère: franc ou sub-ictère conjonctival, non-cholestatique (selles normales, urines foncées orangées).

  • Splénomégalie: modérée, indolore, inconstante.

b. Tableau d'anémie aiguë (plus rare)

  • Urgence ++++.

  • Présentation aiguë et brutale.

  • Signes généraux: fièvre, frissons.

  • Signes fonctionnels: douleurs lombaires aiguës, urines très foncées («rouge porto»), anurie.

  • Signes physiques: syndrome anémique marqué, état de choc.

3. Bilan biologique = diagnostic positif

Ce bilan a 3 objectifsclés: Confirmer le caractère hémolytique, auto-immun, et identifier les anticorps.

a. NFS, taux des Réticulocytes, Frottis

  • Anémie: Hb < 12 g/dl (femme),< 13 g/dl (homme).

  • Normocytaire (VGM 80-100fl) ou macrocytaire (> 100fl).

  • Fortement régénérative:Réticulocytes > 120 000 é/mm³.

  • Lignées plaquettaire et blanche normales.

  • Frottis: Poïkilocytose, Anisocytose (macrocytes = réticulocytes), pas de schizocytes +++, érythroblastes circulants.

b. Bilan d'hémolyse

  • Diminution de l'haptoglobine ++++: effondrée en cas d'hémolyse intravasculaire.

  • Hyperbilirubinémie libre (non conjuguée).

  • Augmentation des lactates déshydrogénases (LDH).

  • Spécifique à l'hémolyse intravasculaire: hémoglobinémie, hémoglobinurie.

c. Test direct à l'antiglobuline (TDA ou Test de Coombs direct)

Ce test est la pierre angulaire du diagnostic d'AHAI.

  • Confirme le caractère immunologique de l'anémie hémolytique.

  • TDA polyspécifique: met en évidence les Ac fixés et/ou le complément sur les GR.

  • TDA monospécifique: détermine l'isotype de l'Ac (IgG, IgM, IgA) et/ou la présence decomplément (C3d).

  • Définir l'optimum thermique (réalisation à et ).

d. Test d'élution

  • Peu utilisé en routine.

  • Permet de déterminer l'antigène cible de l'auto-Ac.

V. Diagnostic Différentiel

Il est crucial d'éliminer les autres causes d'anémie hémolytique.

CAUSES CORPUSCULAIRES

CAUSES EXTRA-CORPUSCULAIRES

Anomalie de l'hémoglobine:
- Thalassémie
- Drépanocytose

Immunologiques:
- Allergie médicamenteuse
-Allo-immunisation

Anomalie de la membrane:
- Constitutionnelle (sphérocytose héréditaire)
- Acquises (hémoglobinurie paroxystique nocturne)

Mécaniques:
- Prothèses valvulaires
- Micro-angiopathies thrombotiques (SHU, PTT)
- Cancer solide

Anomalie enzymatique:
- Déficit en pyruvate kinase
- Déficit en G6PD

Toxiques:
- Médicaments
- Saturnisme

Infectieuses:
- Bactériennes (B. perfringens)
- Parasitaires: PALUDISME +++

VI. Formes Cliniques

1. AHAI à anticorps froids

  • Tableau d'hémolyse intravasculaire et/ou tissulaire (foie).

  • Déclenché par le froid: acrosyndrome.

  • TDA: positif au complément et IgM.

2. AHAI à hémolysine bi-phasique

  • Crise hémolytique intravasculaire aiguë.

  • TDA: positif à IgG + complément ou complément isolé.

  • Spécificité: anti-P.

3. AHAI à test à l'antiglobuline directe négatif

  • Auto-anticorps non visés (ex: IgA).

  • Taux d'anticorps fixés faible.

  • Rare, nécessite d'éliminer toute autre cause d'anémie hémolytique.

4. Syndrome d'Evans

  • AHAI + syndrome hémorragique.

  • Association d'une AHAI à une thrombopénie immunologique.

VII. Diagnostic Étiologique

La recherche de la cause sous-jacente est cruciale pour le traitement.

1. Enquête étiologique

  1. Interrogatoire: Âge, sexe, antécédents personnels (médicaments, maladies auto-immunes, thrombose, fausses couches), antécédents familiaux (hémopathie, maladies auto-immunes), infections récentes, signes fonctionnels associés (polyarthralgies, photosensibilité), signes généraux (fièvre, amaigrissement).

  2. Examen clinique: Recherche de syndrome tumoral (adénopathies, splénomégalie), signes cutanés (masque lupique, livedo).

  3. Bilan paraclinique: Toujours orienté selon le type d'auto-anticorps.

    • Si AHAI à auto-anticorps chauds:

      • Première intention: Bilan d'auto-immunité (AAN, ANCA), scanner thoraco-abdomino-pelvien (hémopathie, néoplasie), électrophorèse (Igmonoclonale, déficit immunitaire), sérologies virales (VIH, VHC, VHB).

      • Deuxième intention ou selon contexte: Bilan d'auto-immunité (anti-phospholipides), TEP scanner, BOM, biopsie ganglionnaire, phénotypagelymphocytaire, recherche infection CMV/EBV.

    • Si AHAI à auto-anticorps froids:

      • Première intention: Scanner thoraco-abdomino-pelvien, électrophorèse, immunophénotypagelymphocytaire.

      • Selon contexte ou deuxième intention: Sérologie mycoplasme, sérologie/PCR (VIH, VHC, EBV, CMV), BOM, biopsie ganglionnaire, phénotypage lymphocytaire.

2. Étiologies

Parmi les AHAI, les anticorps chauds sont les plus courants.

  • AHAI à anticorps chauds: 60-80%

    • Idiopathiques: 50-60%.

    • Secondaires:
      - Maladie hématologique (LLC, Lymphome non-Hodgkinien, Myélome multiple)
      - Maladies auto-immunes (Lupus, polyarthrite rhumatoïde,thyroïdite de Hashimoto)
      - Médicaments (alpha-méthyldopa, AINS, pénicillines)
      - Infections (VIH, hépatites virales)
      - Grossesse

  • AHAI à anticorps froids:

    • Formes aiguës post-infectieuses: fréquentes chez l'enfant, post-pneumopathie atypique à Mycoplasma pneumoniae, post-infection virale (EBV, CMV).

    • Maladie des agglutinines froides:

      • Patients > 55 ans.

      • Crises hémolytiques déclenchées par le froid.

      • IgM monoclonale anti-I.

      • Secondaire: maladie de Waldenström ++.

      • "Idiopathique": nouvelle entité OMS 2022.

VIII. Complications

1. Complications liées à l'hémolyse

  • Hémolyse aiguë: état de choc, CIVD, insuffisance rénale aiguë.

  • Hémolyse chronique: lithiase vésiculaire, risque élevé de thrombose veineuse profonde.

2. Complications liées au traitement

  • Infections.

  • Thrombose.

IX. Évolution et Pronostic

1. AHAI à Acchauds

  • Secondaire: dépend de l'étiologie.

  • Primitive:

    • Facteurs de risque: âges extrêmes (< 1 an, > 75 ans), cardiopathie, anémie profonde/brutale.

    • Mortalité: 8% (sévérité de l'AHAI, complications infectieuses).

2. AHAI à Ac froids

  • Formes secondaires à infection: transitoires, guérison spontanée, risque complications HIV.

  • Maladie des agglutinines froides: poussées d'hémolyse avec rémissions, pronostic vital rarement engagé, altération qualité de vie.

  • Transformation en Lymphome de haut grade: exceptionnelle.

X. Traitement

1. Buts

  • Améliorer la qualité de vie.

  • Corriger l'anémie.

  • Obtenir une rémission complète (Hb > 12 g/dl sans stigmatesd'hémolyse).

2. Moyens

a. Moyens symptomatiques

  • Supplémentation en acide folique: 5 mg/jour per os.

  • Mesures de réanimation (hydratation, remplissage,oxygénothérapie).

  • Mesures générales: éviction du froid, éducation thérapeutique, vaccination antigrippale annuelle.

  • Attention à la transfusion: inefficace et dangereuse, à réserver aux situations extrêmes.

b.Traitement de fond (essentiellement pour AHAI à Ac chauds)

  • Corticothérapie:

    • Prednisone: 1 à 2 mg/Kg/jour (4-6 semaines).

    • Dégression lente après correction de l'Hb.

    • Réponse chez 80% des AHAI à Ac chauds.

    • Prévention systématique des effets indésirables (régime, Ca/Vit D, surveillance HTA/diabète/ostéoporose).

    • Bolus de méthylprednisolone pour situations graves.

  • Splénectomie:

    • Vaccinations anti-pneumococcique, anti-méningococcique, anti-Haemophilus 15 jours avant.

    • Antibioprophylaxie (pénicilline V) pendant au moins 2 ans.

  • Rituximab:

    • Ac monoclonal anti-CD20.

    • Dose habituelle: 375 mg/m² enIV (4 perfusions à une semaine d'intervalle).

    • Principaux EI: réactions allergiques, immunodépression, réactivation VHB.

    • Mesures préventives: vaccinations, surveillance VHB.

    • Peut être associé à une chimiothérapie.

  • Danazol: Androgène stimulant l'érythropoïèse.

  • Immunosuppresseurs: Cyclophosphamide, Azathioprine, MMF, Ciclosporine (délai d'action lent).

  • Nouvelles molécules: Visantle clone B (Bortezomib), visant le complément (inhibiteurs du complément, ex: Sutimlimab anti-C1s).

c. Traitement de l'urgence

  • Immunoglobulines intraveineuses (0.4 g/Kg/j pendant 5 jours).

  • Échange plasmatique: en milieu de réanimation.

3. Indications

  • Mesures symptomatiques pour tous les patients.

  • Pour les formes secondaires: traitement de l'étiologie.

La prise en charge diffère selon le type d'AHAI et la sévérité.

1. AHAI à auto-anticorps chauds

  • Hémolyse intravasculaire aiguë = URGENCE THÉRAPEUTIQUE ++++ (Hb < 6g/dl et/ou signes de choc):

    • Hospitalisation en USI.

    • Bolus de corticoïdes IV puis relais oral.

    • Rituximab si pas de réponse précoce.

    • Immunoglobulines intraveineuses.

    • Échanges plasmatiques si pas de réponse en 7-10 jours.

  • Hémolyse chronique non sévère:

    • 1ère ligne: Corticothérapie.

    • 2ème ligne(si échec ou rechute): Rituximab ou Splénectomie.

    • 3ème ligne: Immunosuppresseurs, Danazol, nouvelles molécules.

2. AHAI à auto-anticorps froids

  • AHAI aiguës post-infectieuses: Régression souvent spontanée, antibiothérapie si pneumopathie bactérienne.

  • Maladie des agglutinines froides:

    • Corticoïdes et splénectomie = inefficaces +++.

    • Rituximab +/- bendamustine ou fludarabine.

    • Situations d'urgence: échanges plasmatiques, transfusion en CGR phénotypés pré-chauffés à .

XI. Conclusion

  • Le diagnostic d'AHAI est relativement facile.

  • Nécessite une démarche étiologique rigoureuse.

  • La prise en charge des patients réfractaires est difficile.

  • Espoir dans les nouvelles thérapeutiques ciblées.

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