Administration de la Société Anonyme
136 cartesVue d'ensemble des règles de constitution, des organes de direction (conseil d'administration, directoire, conseil de surveillance), de leurs pouvoirs, de la rémunération et du contrôle interne et externe applicables aux SA.
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Quels sont les trois ordres de pouvoirs spécifiques du conseil d'administration ?
Le conseil d'administration possède trois ordres de pouvoirs spécifiques : la nomination, la révocation et la fixation de la rémunération du président du conseil, du directeur général et des directeurs généraux délégués ; la convocation des assemblées d'actionnaires et la fixation de leur ordre du jour ; et l'autorisation préalable de certains actes tels que les cautions, avals, garanties, et les conventions avec les dirigeants ou actionnaires significatifs.
Qu'est-ce qui se passe si un projet de statuts n'est pas signé dans les 6 mois du dépôt des fonds ?
Si les statuts ne sont pas signés dans les 6 mois suivant le dépôt des fonds, les apporteurs peuvent récupérer leur mise.
Selon quelle modalité le nombre minimal d'actionnaires d'une SA non cotée a-t-il été réduit ?
La loi du 10 septembre 2015 a réduit le nombre minimal d'actionnaires de 7 à 2 pour les Sociétés Anonymes (SA) non cotées afin de les rendre plus attractives.
Comment s'opère le changement de modalité entre une SA classique et une SA dualiste ?
Le passage d'une SA classique à une SA dualiste, ou inversement, s'opère par modification des statuts, votée en Assemblée Générale Extraordinaire (AGE).
En quoi consiste l'anonymat des actionnaires dans une SA ?
L'anonymat des actionnaires dans une SA signifie que leurs titres sont librement négociables, protégeant ainsi leur identité. Le nom de la société, Société Anonyme, découle de cet anonymat.
Quelle loi a réduit le nombre minimal d'actionnaires dans les SA non cotées de 7 à 2 ?
L'ordonnance du 10 septembre 2015 a réduit le nombre minimal d'actionnaires dans les SA non cotées de 7 à 2.
Depuis quelle loi est-il possible de dissocier les fonctions de président du conseil d'administration et de directeur général ?
Il est possible de dissocier les fonctions de président du conseil d'administration et de directeur général depuis la loi NRE du 15 mai 2001. Ce choix relève de la compétence du conseil d'administration.
Qu'est-ce qui distingue la SA classique de la SA à directoire ?
La SA classique a un conseil d'administration qui gère la société, tandis que la SA à directoire sépare direction (directoire) et contrôle (conseil de surveillance).
Quelles sont les quatre étapes de publication et d'immatriculation de la SA ?
- Publication d'une annonce légale dans un journal d'annonces légales (SHAL). 2. Immatriculation au RNE via le guichet unique de l'INPI. 3. Immatriculation au RCS par le greffe. 4. Publication d'un avis au BODACC par le greffe.
Quel est le délai pour que les apports en numéraire soient complètement libérés après l'immatriculation ?
La libération totale des apports en numéraire doit intervenir dans les 5 ans suivant l'immatriculation, sur appel du dirigeant.
Quel est le rôle principal du commissaire aux apports lors de la constitution d'une SA ?
Le commissaire aux apports est chargé d'évaluer les apports en nature lors de la constitution d'une SA afin de prévenir toute surévaluation. Son rapport est ensuite soumis aux actionnaires.
Quel est le délai maximal prévu pour reconstituer le nombre minimum d'actionnaires si cette condition n'est plus respectée en cours de vie sociale ?
En cas de non-respect du nombre minimum d'actionnaires, la société dispose d'un délai de 6 mois pour se transformer ou pour reconstituer ce nombre.
Quelle est la durée maximale du mandat d'un administrateur depuis la loi de mars 2012 ?
La durée maximale du mandat d'un administrateur est de 6 ans, depuis la loi de simplification du droit de mars 2012.
Quelle condition les administrateurs devaient-ils remplir jusqu'à la loi LME de 2008 ?
Jusqu'à la loi LME de 2008, les administrateurs devaient impérativement être actionnaires. Cette condition a été assouplie, permettant désormais aux statuts d'exiger la détention d'actions, avec un délai de 6 mois pour se conformer.
Comment s'appelle la procédure de nomination d'un administrateur par les membres du conseil lors d'une vacance ?
La procédure de nomination d'un administrateur par les membres du conseil, en cas de vacance, est appelée cooptation. Elle est possible si le nombre d'administrateurs restants est au moins égal au minimum légal.
La loi MACRON a réduit le plafond de mandats à combien pour les mandats sociaux dans les sociétés cotées ?
La loi MACRON a réduit le plafond de mandats sociaux dans les sociétés cotées à 3 pour les personnes exerçant un mandat exécutif dans une société cotée de plus de 5000 salariés.
Après quel délai les fonds des apports en numéraire doivent-ils être versés à un dépositaire ?
Les fonds des apports en numéraire doivent être versés à un dépositaire sous 8 jours. Ils demeurent indisponibles jusqu'à l'immatriculation.
Quelles sont les deux conditions essentielles pour qu'un apport en numéraire soit valide lors de la constitution d'une SA ?
Pour un apport en numéraire, il faut qu'au moins la moitié de sa valeur soit libérée lors de la souscription. Les fonds sont versés à un dépositaire sous 8 jours et restent indisponibles jusqu'à l'immatriculation.
Quel est le nombre maximum d'administrateurs dans un conseil d'administration depuis la loi NRE ?
Depuis la loi NRE, le conseil d'administration ne peut dépasser 18 administrateurs. Le nombre minimum est de 3.
Quel type de parité est exigé dans les conseils d'administration des sociétés cotées ?
Dans les sociétés cotées, il faut une parité hommes-femmes, signifiant autant de femmes que d'hommes au conseil d'administration. La loi impose un objectif minimal de 40% d'un des deux sexes dans les conseils des entreprises cotées.
Quels sont les trois types de rémunération possibles pour un administrateur ?
Les administrateurs peuvent recevoir des "jetons de présence", le remboursement de leurs frais, ou des rémunérations pour des missions particulières. Les grandes sociétés peuvent aussi offrir des stock-options.
Quels types d'apports sont exclusivement autorisés dans une SA ?
Dans une SA, seuls les apports en nature et les apports en numéraire sont exclusivement autorisés. Les apports en industrie sont interdits.
Quel est le nombre maximal de mandats d'administrateur qu'une personne physique peut détenir simultanément ?
Une personne physique ne peut être membre que de 5 conseils d'administration ou de surveillance en même temps. Cette limite s'applique également aux représentants permanents d'une personne morale. Une dérogation existe pour les groupes de sociétés.
Quel est l'âge limite auquel un administrateur peut exercer sans clause contraire ?
Sans clause contraire, les administrateurs ne doivent pas être âgés de plus de 70 ans, car le nombre d'administrateurs de plus de 70 ans ne peut excéder un tiers des administrateurs en fonction.
Pour quelle raison la loi exige-t-elle une vérification des apports en nature ?
La loi exige une vérification des apports en nature par un commissaire aux apports pour prévenir tout risque de surévaluation.
Quel arrêt de principe a établi l'interdiction du cumul entre mandat d'administrateur et contrat de travail ?
L'arrêt de principe est celui de la Cour de cassation du 7 juin 1974, qui a établi l'interdiction du cumul entre un mandat d'administrateur et un contrat de travail.
Quel seuil d'effectif de personnel la loi Pacte a-t-elle relevé pour les rémunérations communiquées ?
La loi Pacte a relevé le seuil de communication du montant global des rémunérations versées aux 10 personnes les mieux rémunérées à 250 salariés.
Depuis la loi LME de 2008, qui peut être administrateur ?
Depuis la loi LME de 2008, la qualité d'actionnaire n'est plus une exigence pour être administrateur, sauf si les statuts le prévoient. Ainsi, les administrateurs peuvent être des personnes physiques ou morales, étant soumis à des conditions d'âge et ne pas être frappés d'une mesure d'interdiction.
Quel organe de direction du CSE dispose de voix consultatives au conseil d'administration ?
Ce sont les deux membres du CSE auxquels l'article L. 432-5 du Code de commerce attribue des voix consultatives.
Comment appelle-t-on les rémunérations versées aux administrateurs pour leur présence aux réunions ?
Ces rémunérations sont appelées jetons de présence. Leur montant annuel est fixé par l'assemblée générale.
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Selon l'article L. 225-1, quel type de personne devait obligatoirement être présent parmi les premiers actionnaires d'une SA ?
Avant l'ordonnance du 10 septembre 2015, l'article L. 225-1 ccom exigeait un minimum de 7 actionnaires, dont au moins une personne physique.
Quel est le pouvoir d'orientation du conseil d'administration ?
Le conseil d'administration définit les orientations de l'activité de la société et veille à leur mise en œuvre, pouvant demander des comptes au directeur général.
Quel est le nombre minimum d'administrateurs dans un conseil d'administration ?
Le conseil d'administration doit être composé d'un minimum de 3 administrateurs.
Selon quel principe le conseil d'administration ne peut pas empiéter sur les pouvoirs reconnus au directeur général ?
Le principe de séparation et de hiérarchisation des pouvoirs, affirmé par la Cour de cassation, empêche le conseil d'administration d'empiéter sur les prérogatives du directeur général.
Quel est le pourcentage maximal d'administrateurs titulaires d'un contrat de travail ?
Le cumul d'un mandat d'administrateur avec un contrat de travail est autorisé pour les PME, mais les administrateurs titulaires d'un tel contrat ne doivent pas dépasser un tiers des administrateurs.
Dans quel cas un salarié peut-il être administrateur selon la loi du 22 mars 2012 ?
Un salarié peut être administrateur si la société a moins de 250 salariés, un total bilan inférieur à 43 millions d'euros, et un chiffre d'affaires HT maximal de 50 millions d'euros. Les administrateurs salariés ne doivent pas dépasser un tiers des administrateurs en fonction.
Quel est le pouvoir d'évocation du conseil d'administration ?
Le pouvoir d'évocation autorise le conseil d'administration à se saisir de toute question intéressant la bonne marche de la société et à régler les affaires qui la concernent, afin d'assurer l'équilibre des pouvoirs par un contrôle du Directeur Général.
Qui peut révoquer un administrateur et sous quelles conditions ?
La révocation d'un administrateur est généralement décidée par l'Assemblée Générale Ordinaire (AGO). Les administrateurs sont révocables ad nutum, c'est-à-dire de manière discrétionnaire et sans motif spécifique, bien que des clauses statutaires ou des accords puissent prévoir des conditions.
Combien de voix dispose chaque administrateur lors des délibérations du conseil ?
Chaque administrateur dispose d'une voix lors des délibérations du conseil d'administration.
Qui désigne le président du conseil d'administration et sa rémunération ?
Le conseil d'administration désigne le président de son conseil et fixe sa rémunération. Sa rémunération peut inclure des jetons de présence, une rémunération fixe/proportionnelle, des stock-options, ou d'autres avantages.
Quel quorum est requis pour que le conseil d'administration soit valablement réuni ?
La moitié des membres du conseil d'administration doit être présente pour qu'il soit valablement réuni.
Quelle est la durée maximale du mandat du président du conseil d'administration ?
Le mandat du président du conseil d'administration est d'une durée maximale de 6 ans, renouvelable. Sa fin intervient aussi en cas de dépassement de la limite d'âge, de démission, ou de révocation.
Dans les SA cotées, où doivent être indiquées les rémunérations de chaque administrateur ?
Dans les sociétés cotées, la rémunération de chaque administrateur doit être indiquée dans le rapport du Conseil d'administration sur le gouvernement d'entreprise. Ce rapport est soumis aux actionnaires lors de l'AGO annuelle et joint au rapport de gestion.
La rémunération du président du conseil d'administration est-elle soumise à la procédure des conventions réglementées ?
En principe, la rémunération du président du conseil d'administration n'est pas soumise à la procédure des conventions réglementées. Toutefois, les éléments de rémunération liés à la cessation ou au changement de fonctions (indemnités, avantages) le sont pour les sociétés cotées depuis la loi TEPA.
Qu'entend-on par parachute doré ?
Indemnisation conventionnelle versée à un dirigeant révoqué ou lors de la cessation de ses fonctions. Elle ne doit pas être dissuasive pour ne pas entraver la révocabilité "ad nutum".
Est-il possible pour un administrateur de cumuler son mandat avec un contrat de travail ?
Le cumul est interdit sauf si la société a moins de 250 salariés et respecte certains seuils de bilan et de chiffre d'affaires (PME). Dans ce cas, le contrat doit être réel, effectif et subordonné, et les administrateurs salariés ne doivent pas dépasser un tiers des membres.
Combien de sociétés un directeur général peut-il diriger simultanément sur le territoire français ?
Une personne ne peut être Directeur Général de plus d'une société française, sauf si la seconde est une filiale contrôlée ou non cotée.
Quels organes de direction le directeur général représente-t-il ?
Le directeur général représente la société à l'égard des tiers et assume la direction générale de l'entreprise, détenant les pouvoirs les plus étendus pour agir en toutes circonstances.
L'indemnisation en fin de mandat du président peut-elle être dissuasive ?
Oui, mais l'indemnisation ne doit pas être dissuasive. Les indemnités conventionnelles de départ et les parachutes dorés sont possibles, mais doivent respecter le principe de révocabilité ad nutum et les conventions réglementées.
Pour combien de temps l'autorisation du conseil pour cautionnement, aval ou garantie est-elle valable ?
L'autorisation du conseil pour tout cautionnement, aval ou garantie accordés par la société est valable pour une année.
Quel type de rémunération le président du conseil d'administration reçoit-il selon l'article L. 225-47 ?
La rémunération du président du conseil d'administration est fixée par le conseil d'administration, qui ne peut déléguer cette compétence. Elle peut inclure des jetons de présence, une rémunération fixe ou proportionnelle, et des avantages comme des stock-options.
Quel est l'âge limite du directeur général à défaut de clause statutaire ?
À défaut de clause statutaire, la limite d'âge du directeur général est de 65 ans.
Quels actes dangereux le conseil d'administration doit-il préalablement autoriser selon l'article L. 225-35 al. 4 ?
Le conseil d'administration doit préalablement autoriser tout cautionnement, aval et garantie accordés par la société, compte tenu de leur dangerosité. Cette autorisation est valable pour une année.
Quel est le délai prévu pour qu'un administrateur nommé par cooptation se mette en règle s'il ne remplit pas les conditions requises ?
L'administrateur nommé par cooptation dispose de 6 mois pour se mettre en conformité, sous peine d'être considéré comme démissionnaire.
Qu'est-ce qu'une retraite chapeau ?
Une retraite chapeau est un complément de rémunération versé aux dirigeants. Pour ne pas être soumis à la procédure des conventions réglementées dans les sociétés non cotées, elle doit être justifiée par des services particuliers rendus, proportionnée à ces services et ne pas constituer une charge excessive pour la société.
Quel critère supplémentaire les pensions de retraite doivent-elles respecter dans les SA cotées selon la loi TEPA ?
Pour les sociétés cotées, la loi TEPA soumet les pensions de retraites et indemnités conventionnelles de départ à un critère de performance, dont le non-respect entraîne la nullité.
Sous quelles conditions le président du conseil peut-il être révoqué ?
Le président du conseil d'administration est révocable ad nutum. Toutefois, la révocation ne doit pas être abusive ; dans le cas contraire, le dirigeant peut demander une indemnisation.
Quel modèle a inspiré la création de la SA dualiste en droit français ?
La SA dualiste en droit français s'inspire du modèle allemand, introduit par la loi du 24 juillet 1966.
Quels éléments peuvent composer la rémunération particulière du président du conseil ?
La rémunération particulière du président du conseil peut inclure des jetons de présence, une somme fixe, une somme proportionnelle au chiffre d'affaires ou aux bénéfices, des stock-options, des actions gratuites, ou des avantages en nature.
Qui nomme les directeurs généraux délégués ?
Le conseil d'administration nomme, révoque et fixe la rémunération des directeurs généraux délégués (DGD).
Dans l'ordre externe, quel pouvoir les directeurs généraux délégués possèdent-ils ?
Dans l'ordre externe, les directeurs généraux délégués (DGD) détiennent les mêmes pouvoirs que le directeur général. Ils assistent le DG dans sa mission et leurs pouvoirs sont définis par le conseil d'administration.
Quel nombre maximal de directeurs généraux délégués peut être nommé ?
Le nombre maximal de directeurs généraux délégués (DGD) est de 5. Ils assistent le Directeur Général dans ses missions et leurs pouvoirs sont définis par le Conseil d'Administration.
Quels sont les deux organes principaux de la SA dualiste ?
La SA dualiste est composée d'un directoire, organe de gestion, et d'un conseil de surveillance, organe de contrôle.
En quelle année la SA dualiste a-t-elle été introduite en droit français ?
La SA dualiste a été introduite en droit français par la loi du 24 juillet 1966.
Quels sont les pouvoirs du directeur général en matière de gestion quotidienne ?
Le directeur général assure la gestion quotidienne de l'entreprise et agit au nom de la société. Il est investi des pouvoirs les plus étendus pour agir en toutes circonstances.
Combien de membres maximum peut compter un directoire dans les SA cotées ?
Dans les SA cotées, le directoire peut compter au maximum 7 membres.
Dans l'ordre interne, quel pouvoir les directeurs généraux délégués possèdent-ils ?
Dans l'ordre interne, les directeurs généraux délégués (DGD) possèdent des pouvoirs définis par le conseil d'administration (CA). Dans l'ordre externe, ils ont les mêmes pouvoirs que le directeur général (DG).
Quel organe assure la fonction de contrôle dans une SA dualiste ?
Dans une SA dualiste, la fonction de contrôle est assurée par le conseil de surveillance, qui supervise la gestion du directoire.
Qui nomme le président du directoire ?
C'est le conseil de surveillance qui nomme le président du directoire.
Comment est le directeur général révocable s'il n'est que directeur général ?
Si le directeur général (DG) n'est que DG, il est révocable uniquement pour de justes motifs. L'absence de justes motifs peut entraîner des dommages et intérêts.
Quel organe assure la fonction de direction dans une SA dualiste ?
Dans une SA dualiste, la fonction de direction, c'est-à-dire la gestion de l'entreprise, est assurée par le directoire. Le conseil de surveillance exerce quant à lui le contrôle de cette gestion.
Quel est le nombre minimum de membres du directoire en cas de capital inférieur à 150 000 euros ?
En cas de capital social inférieur à 150 000 euros, la loi autorise un directoire composé d'un seul membre.
Qui fixe la rémunération des membres du directoire ?
C'est le conseil de surveillance qui fixe la rémunération de chaque membre du directoire, en vertu de l'article L. 225-63 du Code de commerce.
Combien de membres maximum peut compter un directoire ?
Le directoire ne peut pas compter plus de 5 membres, ou 7 pour les sociétés cotées. Les sociétés dont le capital social est inférieur à 150 000 euros peuvent n'avoir qu'un seul membre.
Qui dispose du pouvoir de licencier un salarié dans une SA ?
Dans une SA classique, le Conseil d'Administration nomme, révoque et fixe la rémunération du Directeur Général. Dans une SA à directoire, le Conseil de Surveillance fixe la rémunération des membres du directoire et peut, si les statuts le prévoient, révoquer ses membres.
Quel est le pouvoir majeur du directeur général vis-à-vis des tiers ?
Le pouvoir majeur du directeur général (DG) est de représenter la société à l'égard des tiers. Il est investi des pouvoirs les plus étendus pour agir en toutes circonstances au nom de la société, assurant la gestion quotidienne et agissant au nom et pour le compte de celle-ci.
Quel est le nombre maximum de membres du conseil de surveillance ?
Le conseil de surveillance est composé de 3 à 18 membres. Le nombre exact est déterminé par les statuts de la société.
Quel cumul de mandats est strictement interdit pour les membres du directoire ?
Il est strictement interdit aux membres du directoire d'exercer un mandat de membre du conseil de surveillance. De plus, un membre ne peut avoir qu'un seul mandat de membre du directoire en France, sauf dans une société contrôlée ou une autre société non cotée.
Quels sont les trois critères posés par la jurisprudence pour qu'un complément de retraite soit une rémunération justifiée ?
Pour être une rémunération justifiée, un complément de retraite doit être la contrepartie de services particuliers rendus, être proportionné à ces services, et ne pas constituer une charge excessive pour la société.
Quel est le nombre maximal de mandats de membre du directoire qu'une personne peut exercer sur le territoire français ?
En France, une personne ne peut être membre de plus d'un directoire. Il existe une exception pour les sociétés contrôlées ou les sociétés non cotées.
Qui désigne les premiers membres du conseil de surveillance ?
Les premiers administrateurs sont nommés par les statuts.
Qu'est-ce qui distingue les directeurs généraux délégués des directeurs techniques ?
Les directeurs généraux délégués (DGD) sont des mandataires sociaux nommés par le conseil d'administration (CA) pour assister le directeur général (DG) dans ses missions. Leurs pouvoirs sont définis par le CA, mais dans l'organisation interne, ils peuvent détenir les mêmes pouvoirs que le DG. En revanche, les directeurs techniques sont de simples salariés sans fonction de représentation de la société.
Quelle est la durée du mandat des membres du conseil de surveillance ?
La durée du mandat des membres du conseil de surveillance est de 6 ans, comme pour le conseil d'administration.
Quel est l'intervalle de durée du mandat des membres du directoire ?
La durée du mandat des membres du directoire est comprise entre 2 et 6 ans, fixée par les statuts. À défaut de précision statutaire, elle est de 4 ans. Leur réélection est possible.
Comment les membres du conseil de surveillance sont-ils révoqués ?
Les membres du conseil de surveillance sont révoqués par l'AGO, sauf si les statuts attribuent cette compétence au conseil de surveillance. La révocation requiert un juste motif.
Quel quorum est nécessaire pour que le conseil de surveillance délibère valablement ?
La moitié des membres doivent être présents pour que le conseil de surveillance délibère valablement, sauf si les statuts exigent une majorité plus forte.
Quel est le pouvoir de contrôle du conseil de surveillance selon l'article L. 225-68 ?
Le conseil de surveillance exerce le contrôle permanent de la gestion de la société par le directoire, vérifiant l'opportunité et la régularité de celle-ci. Il peut demander tous documents et reçoit un rapport trimestriel.
Quel est le nombre minimum de membres du conseil de surveillance ?
Le conseil de surveillance doit être composé d'au moins 3 membres et au maximum 18.
À quel type de conventions s'applique la procédure de contrôle réglementé ?
La procédure des conventions réglementées s'applique aux conventions conclues entre la société et ses dirigeants, actionnaires détenant plus de 10 % des droits de vote, ou entités contrôlées par ces derniers.
Quel lien juridique lie le directeur général à la société selon la jurisprudence en matière de lien de subordination ?
Le lien juridique entre le directeur général et la société est celui d'un contrat de travail, à condition qu'il soit réel, effectif et subordonné, et que le DG ne soit pas actionnaire majoritaire. La jurisprudence exclut le lien de subordination si le dirigeant est actionnaire majoritaire.
Quel est le pourcentage de SA pratiquant le modèle dualiste en France ?
En pratique, la SA dualiste n'a rencontré qu'un succès limité, représentant seulement 4% des SA, principalement auprès des grandes sociétés cotées.
Quel est l'âge limite des membres du conseil de surveillance à défaut de clause statutaire ?
Le nombre d'administrateurs de plus de 70 ans ne peut excéder le tiers des administrateurs en fonction, sauf clause statutaire contraire.
Quelle est la durée par défaut du mandat d'un membre du directoire ?
La durée du mandat des membres du directoire est précisée par les statuts, entre 2 et 6 ans. À défaut de précision statutaire, la durée est de 4 ans.
Quel est l'âge limite du président du conseil d'administration à défaut de clause statutaire ?
À défaut de clause statutaire, la limite d'âge est de 65 ans pour le président du conseil d'administration.
Comment est le directeur général révocable si c'est aussi le président du conseil ?
Le directeur général (DG) est révocable ad nutum s'il est également président du conseil d'administration. Si le DG n'est que DG, il n'est révocable que pour justes motifs.
Selon la loi du 26 juillet 2005, quels actionnaires peuvent obtenir communication du montant des rémunérations versées ?
Selon l'article L. 225-115 du Code de commerce, tout actionnaire peut demander la communication du montant global des rémunérations versées aux 10 personnes les mieux rémunérées si l'effectif dépasse 200 salariés, ou aux 5 personnes les mieux rémunérées si l'effectif est inférieur. La loi Pacte a relevé ce seuil à 250 salariés pour les 10 personnes.
Quel cumul est interdit entre le directoire et le conseil de surveillance ?
Il est interdit pour les membres du directoire d'être également membres du conseil de surveillance.
Quel pourcentage d'administrateurs-salariés le conseil de surveillance peut-il compter ?
Le conseil de surveillance peut compter un tiers d'administrateurs-salariés, à condition que leur emploi soit réel, effectif et subordonné.
Qui nomme les membres du directoire dans une SA dualiste ?
Dans une SA dualiste, ledirectoire est nommé par le conseil de surveillance. Le nombre de membres est fixé par les statuts, avec des limites de 5 membres (7 pour les sociétés cotées). Le président du directoire est également nommé par le conseil de surveillance.
Quel est le montant minimal du capital social requis pour constituer une SA ?
Le montant minimal du capital social requis pour constituer une SA est de <span data-latex=
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Fiche de révision
La Société Anonyme : Administration et Fonctionnement
La Société Anonyme (SA) est une forme de société capitaliste régie par les articles L. 224-1 à L. 225-257 du Code de commerce. Elle se caractérise par l'anonymat de ses actionnaires dont les titres sont librement négociables. Depuis 1867, elle bénéficie d'une grande liberté de constitution, tout en étant encadrée par un formalisme légal visant à protéger les tiers et les actionnaires.
Caractéristiques Générales de la SA
La SA demeure le modèle privilégié des grandes structures en raison de son capacité à réunir des capitaux importants. Elle offre plusieurs avantages : nombre illimité d'actionnaires, titres négociables, et possibilité de faire une offre au public de titres financiers et d'admission aux négociations sur un marché réglementé. Toutefois, elle fait désormais face à la concurrence de formes sociales plus souples comme la SAS, qui offrent davantage de flexibilité mais avec des possibilités de financement limitées.
Deux grandes catégories coexistent : la SA traditionnelle et la SA cotée en bourse, cette dernière étant assujettie à un véritable droit spécial. Parallèlement, deux modalités de répartition des pouvoirs sont possibles : la SA classique (avec conseil d'administration) et la SA dualiste (avec directoire et conseil de surveillance).
Constitution de la SA
Conditions de Fond
Actionnaires : Ils peuvent être des personnes physiques ou morales. L'ordonnance du 10 septembre 2015 a réduit le nombre minimal d'actionnaires pour les SA non cotées, passant de 7 à 2 actionnaires. Les SA cotées doivent avoir au moins 7 actionnaires. Si ce nombre n'est plus respecté en cours de vie sociale, la société a 6 mois pour se transformer ou reconstituer ce nombre minimum, faute de quoi elle est dissoute.
Capital social : Le montant minimum du capital social est fixé à 37 000 euros. Il est divisé en actions dont la valeur nominale est librement déterminée par les statuts. Le capital est exclusivement composé d'apports en numéraire et d'apports en nature ; les apports en industrie sont interdits.
Apports en Numéraire
Les apports en numéraire doivent être libérés pour au moins la moitié de leur valeur nominale au moment de la souscription. Les fonds sont versés aux fondateurs qui doivent les remettre à un dépositaire sous 8 jours et demeurent indisponibles jusqu'à l'immatriculation. La libération totale doit intervenir dans les 5 ans à compter de l'immatriculation, sur appel du dirigeant ou du conseil d'administration (SA classique) ou sur décision du directoire (SA dualiste).
Apports en Nature
Tout apport en nature doit être soumis à une procédure de vérification pour éviter la surévaluation. Un rapport doit être réalisé par un commissaire aux apports, désigné par les fondateurs à l'unanimité (avant la loi de mars 2012, c'était le président du tribunal de commerce qui le nommait). Cette intervention n'est pas nécessaire lorsque les apports portent sur des valeurs mobilières cotées ou des biens ayant fait l'objet d'une évaluation par un commissaire aux apports dans les 6 mois précédents. Le commissaire est seul responsable civilement et pénalement de son évaluation.
Conditions de Forme
La constitution suppose la rédaction de statuts contenant les clauses essentielles du pacte social. Ces statuts, signés par tous les fondateurs, peuvent être établis par acte sous seing privé ou acte authentique. La signature ne peut intervenir qu'après la réalisation complète des apports et l'évaluation des apports en nature.
Suit l'immatriculation de la société, procédure en plusieurs étapes :
- Publication d'une annonce légale dans un Support Habilité d'Annonces Légales (SHAL)
- Immatriculation au Répertoire National des Entreprises via le guichet unique des formalités des entreprises tenu par l'INPI
- Immatriculation au Registre du Commerce et des Sociétés par le greffier
- Publication d'un avis au BODACC par le greffier
L'immatriculation confère la personnalité morale à la société. En cas d'absence de signature dans les 6 mois du dépôt des fonds, les apporteurs peuvent récupérer leur mise.
Direction Classique : Conseil d'Administration
Composition du Conseil d'Administration
Le conseil d'administration est un organe collégial composé d'un minimum de 3 administrateurs et d'un maximum de 18, le nombre précis étant déterminé par les statuts pour chaque société. Les administrateurs sont nommés pour une durée maximale de 6 ans (les premiers administrateurs pour 3 ans maximum).
Conditions de nomination des administrateurs :
- Jusqu'à la Loi Macroéconomique et Environnementale (LME) de 2008, la qualité d'actionnaire était exigée. Désormais, les statuts peuvent simplement prévoir la détention d'un nombre d'actions spécifique, et l'administrateur dispose de 6 mois pour se mettre en règle.
- Peut être une personne physique ou morale
- Si personne physique, ne peut pas être mineur ; le nombre d'administrateurs de plus de 70 ans ne peut dépasser le tiers des administrateurs en fonction (sauf clause contraire)
- Ne doit pas être frappé d'une mesure d'interdiction d'exercer le commerce ou de gérer, ou d'une mesure d'incompatibilité
- Pour les sociétés cotées, parité hommes-femmes requise
Cumul des mandats : Une personne physique à titre personnel ou représentant permanent d'une personne morale ne peut pas être membre de plus de 5 conseils d'administration ou de surveillance simultanément. Une dérogation existe pour les groupes de sociétés (mandats illimités au sein du groupe, un seul mandat compté pour les filiales non cotées). La loi MACRON de 2015 a réduit ce plafond à 3 mandats pour les mandats sociaux exercés au sein des sociétés cotées par les personnes exerçant un mandat exécutif dans une société cotée dépassant 5 000 salariés permanents sur le territoire français.
Rémunération des Administrateurs
Les administrateurs peuvent exercer gratuitement, mais sont généralement rémunérés sous les formes suivantes :
- Jetons de présence : montant annuel fixé par l'assemblée générale
- Remboursements de frais et dépenses engagées dans l'intérêt social
- Rémunérations pour missions particulières (négociation d'un marché, restructuration)
- Stock-options dans les grandes sociétés
Depuis 2005 (loi Breton), une transparence est imposée en matière de rémunération. Tout actionnaire peut obtenir communication du montant global des rémunérations versées aux 10 personnes les mieux rémunérées (seuil relevé à 250 salariés par la loi Pacte) ou aux 5 personnes dans le cas contraire. Dans les sociétés cotées, chaque rémunération d'administrateur doit être indiquée dans le rapport du conseil d'administration sur le gouvernement d'entreprise.
Cumul d'un Contrat de Travail et du Mandat d'Administrateur
La Cour de cassation a établi que le cumul d'un contrat de travail avec un mandat d'administrateur est généralement interdit. La jurisprudence a confirmé cette position rigoureusement : si le contrat de travail est antérieur au mandat, la nomination crée une situation nulle ; si le mandat précède le contrat, ce dernier est nul.
Cependant, la loi du 22 mars 2012 relative à la simplification du droit a assoupli cette mesure. L'article L. 225-21-1 du Code de commerce dispose qu'un administrateur peut être salarié si la société remplit les critères d'une PME (moins de 250 salariés, total bilan maximal de 43 millions d'euros, chiffre d'affaires hors taxes maximal de 50 millions d'euros). Lorsque le cumul est licite, le contrat de travail doit être réel, effectif et subordonné. De plus, les administrateurs titulaires d'un contrat de travail ne peuvent dépasser le tiers des administrateurs en fonction.
Pouvoirs du Conseil d'Administration
Pouvoirs généraux :
- Pouvoir d'orientation : déterminer les orientations de l'activité et veiller à leur mise en œuvre
- Pouvoir d'évocation : se saisir de toute question intéressant la bonne marche de la société et régler ses affaires
- Pouvoir de surveillance : procéder aux contrôles et vérifications jugés opportuns ; droit à l'information préalable des administrateurs
Ces pouvoirs généraux doivent respecter : le principe de séparation et hiérarchisation des pouvoirs, l'intérêt social, et les clauses statutaires limitatives (bien que celles-ci ne soient pas opposables aux tiers).
Pouvoirs spécifiques :
- Nomination, révocation et fixation de la rémunération du président du conseil d'administration, du directeur général et des directeurs généraux délégués
- Convocation des assemblées générales et fixation de l'ordre du jour ; établissement de la clôture des comptes
- Autorisation préalable des cautionnements, avals et garanties accordés par la société (autorisation valant 1 an)
- Autorisation des conventions conclues entre la société et un de ses dirigeants ou actionnaires disposant de plus de 10 % des droits de vote
Le fonctionnement du conseil d'administration requiert que la moitié de ses membres soit présente pour délibérer valablement. Chaque administrateur dispose d'une voix. Les délibérations sont constatées dans un procès-verbal établi dans un registre spécial. Pour les sociétés cotées, le président du conseil d'administration doit réaliser un rapport sur les conditions de tenue des réunions et les procédures de contrôle interne.
Président du Conseil d'Administration
Nomination et Mandat
Le président est une personne physique membre du conseil d'administration, nommée par le conseil. Il doit respecter les règles de cumul de mandat applicables aux administrateurs. Les statuts déterminent sa limite d'âge ; à défaut, elle est fixée à 65 ans. Le mandat dure tout le temps du mandat d'administrateur sans excéder 6 ans.
Le président est révocable ad nutum selon l'article L. 225-47 du Code de commerce (règle d'ordre public). Toutefois, la révocation ne doit pas être abusive, faute de quoi le dirigeant peut prétendre à une indemnisation judiciaire sur le fondement de l'article 1240 du Code civil. À la fin de son mandat, il peut recevoir une indemnisation conventionnelle (« parachutes dorés »), à condition que celle-ci ne soit pas dissuasive et ne porte pas atteinte au principe de libre révocabilité.
Rémunération du Président
La rémunération est fixée par le conseil d'administration, lequel a une compétence exclusive qu'il ne peut déléguer, même à un comité des rémunérations ayant un rôle purement consultatif. Elle prend les formes suivantes :
- Jetons de présence
- Rémunération particulière composée d'une somme fixe et/ou proportionnelle au chiffre d'affaires ou aux bénéfices
- Autres avantages (stock-options, actions gratuites, avantages en nature)
En principe, la rémunération du président n'est pas soumise au vote des actionnaires. Cependant, la loi Breton (2005) et la loi TEPA (2007) remettent ce principe en cause pour les sociétés cotées, en soumettant à la procédure des conventions réglementées les éléments de rémunération, indemnités ou avantages dus en raison de la cessation ou du changement de fonctions (notamment les « parachutes dorés »), excluant toutefois les primes de bienvenue.
Compléments de retraite (« retraites chapeaux ») : Pour les sociétés non cotées, trois conditions doivent être remplies pour qu'un complément soit analysé comme une rémunération et non soumis aux conventions réglementées : (1) être la contrepartie de services particuliers rendus pendant l'exercice des fonctions ; (2) être proportionné à ces services ; (3) ne pas constituer une charge excessive. Pour les sociétés cotées, la loi TEPA a soumis les pensions de retraite et indemnités de départ à un critère de performance. La loi Macron (2015) a renforcé ces conditions, imposant une double consultation lors de l'assemblée générale annuelle sur la politique de rémunération et les rémunérations versées. La non-conformité entraîne la nullité de plein droit de tout versement.
Pouvoirs du Président
Le président organise et dirige les travaux du conseil d'administration et veille au bon fonctionnement des organes sociaux en assurant l'effectivité de l'information des administrateurs, du commissaire aux comptes et en présidant les assemblées générales. Sauf à ne pas être dissocié du directeur général, il n'exerce aucune fonction de direction générale ou de représentation de la société ; ses pouvoirs sont donc limités.
Directeur Général
Nomination et Statut
Le directeur général est une personne physique désignée par le conseil d'administration selon l'article L. 225-51-1 du Code de commerce. Il n'est pas nécessaire que ce soit un administrateur ou actionnaire ; il peut être un tiers, un simple manager. Les statuts précisent la limite d'âge ; à défaut, elle est fixée à 65 ans. Une même personne ne peut être directeur général de plus d'une société ayant son siège sur le territoire français, sauf s'il s'agit d'une filiale non cotée contrôlée par la société mère.
Durée du Mandat et Révocation
Le conseil d'administration fixe la durée du mandat. Contrairement au président du conseil, la durée du mandat de directeur général demeure indépendante de celle de son mandat d'administrateur éventuel. Le mandat prend fin à l'expiration du terme, au dépassement de la limite d'âge, par démission ou révocation.
La révocation obéit à deux régimes distincts :
- Si le directeur général est aussi président du conseil d'administration : il est révocable ad nutum
- Si le directeur général n'est que directeur général : il n'est révocable que pour justes motifs (à tout moment), et l'absence de justes motifs donne lieu à des dommages-intérêts. Le directeur peut également être indemnisé en cas de révocation dans des circonstances injurieuses ou vexatoires ou en cas de non-respect du principe du contradictoire
Rémunération et Cumul avec un Contrat de Travail
La rémunération est fixée par le conseil d'administration, selon l'article L. 225-53 du Code de commerce, avec une compétence exclusive. Les mêmes principes applicables au président du conseil s'appliquent globalement au directeur général.
La question du cumul d'un mandat social avec un contrat de travail présente plusieurs hypothèses :
- Si le directeur général est administrateur (notamment PDG) : les règles étudiées pour les administrateurs s'appliquent (antériorité du contrat de travail exigée sous peine de nullité)
- Si le directeur général n'est pas administrateur : le cumul est possible à condition que l'emploi soit effectif et subordonné (pas de règle d'antériorité)
- En toute hypothèse : le lien de subordination est exclu si le directeur général est actionnaire majoritaire. En revanche, il existe si le directeur général n'est qu'actionnaire minoritaire
Pouvoirs du Directeur Général
Le directeur général est le chef d'entreprise : il embauche, licencie, reçoit les délégués du personnel et assure la gestion quotidienne de l'entreprise. Il est également le représentant légal de la société à l'égard des tiers. L'article L. 225-51-1 du Code de commerce l'investit des pouvoirs les plus étendus pour agir en toutes circonstances au nom de la société. En cas de dépassement des orientations sociales, la société reste engagée sauf mauvaise foi du tiers qui ne pouvait ignorer le dépassement. Les clauses limitatives de pouvoir sont inopposables aux tiers même de bonne foi, mais leur violation crée une responsabilité dans l'ordre interne. Le conseil d'administration peut contrôler l'action du directeur général et le révoquer.
Directeurs Généraux Délégués
Au nombre maximal de 5, les directeurs généraux délégués sont nommés par le conseil d'administration pour assister le directeur général. À ne pas confondre avec les directeurs techniques qui ne sont que des salariés. Leurs pouvoirs sont définis par le conseil dans l'ordre interne ; dans l'ordre externe, ils disposent des mêmes pouvoirs que le directeur général. La durée de leur mandat suit celui du directeur général. Ils sont révocables pour justes motifs.
Direction Dualiste : Directoire et Conseil de Surveillance
Introduite par la loi du 24 juillet 1966, la structure dualiste propose une séparation claire entre les fonctions de direction et de contrôle. Elle s'inspire du modèle allemand et répond aux idées de corporate governance visant à renforcer le contrôle des dirigeants. En pratique, cette structure ne concerne que 4 % des SA, sauf parmi les grandes sociétés cotées.
Le Directoire
Composition : Le directoire est composé de membres nommés par le conseil de surveillance. Leur nombre, fixé par les statuts, ne peut excéder 5 (7 pour les sociétés cotées). Il peut n'y avoir qu'un seul membre si le capital social est inférieur à 150 000 euros. L'un des membres est nommé président du directoire par le conseil de surveillance.
Conditions de nomination : Les membres du directoire doivent être des personnes physiques, actionnaires ou non. La limite d'âge est fixée par les statuts ou à défaut à 65 ans. Le cumul entre les fonctions de membre du directoire et de membre du conseil de surveillance est interdit. Une personne ne peut exercer plus d'un mandat de membre du directoire sur le territoire français, sauf en cas de contrôle ou dans une autre société non cotée.
Durée des fonctions : Les membres du directoire sont nommés pour une durée fixée par les statuts, entre 2 et 6 ans (4 ans par défaut). Ils sont rééligibles. Le mandat prend fin à l'expiration du terme, par décès, dépassement de la limite d'âge, abandon de la structure dualiste, démission ou révocation. La révocation est décidée par l'assemblée générale ou par le conseil de surveillance selon les statuts, et doit être justifiée. Le président du directoire nommé par le conseil de surveillance est révocable par ce même conseil ad nutum.
Rémunération : C'est le conseil de surveillance qui fixe la rémunération de chaque membre du directoire (article L. 225-63). Il n'a pas le droit de réduire rétroactivement cette rémunération sans accord. Dans les sociétés cotées, la rémunération doit être rapportée à la connaissance des actionnaires pour assurer la transparence. La rémunération peut prendre la forme d'un salaire en cas de cumul avec un contrat de travail, lequel doit être réel, effectif et subordonné (pas de condition d'antériorité ; attention à la procédure des conventions réglementées).
Fonctionnement et pouvoirs : Le directoire est un organe collégial qui dispose des pouvoirs les plus étendus pour agir au nom de la société (article L. 225-64). C'est lui le chef d'entreprise qui détermine les orientations stratégiques, convoque les assemblées générales, établit les comptes et élabore les rapports de gestion.
Le Conseil de Surveillance
Composition : Le conseil de surveillance est un organe collégial composé de 3 à 18 membres désignés par les statuts, l'assemblée constitutive (lors d'une offre au public) ou l'assemblée générale ordinaire en cours de vie sociale. L'un des membres est nommé président, assisté d'un vice-président.
Conditions de nomination : Les membres peuvent être des personnes physiques ou morales, actionnaires ou non (sauf clause contraire). Pour les personnes physiques, la limite d'âge est fixée par les statuts ou à défaut à 70 ans. Les conditions de cumul des mandats sont identiques à celles du conseil d'administration. Un membre du conseil de surveillance ne peut être membre du directoire.
Durée des fonctions : Comme pour le conseil d'administration, les mandats durent 6 ans et sont rééligibles. Le mandat prend fin à l'expiration du terme, en cas de retour à la forme classique, par décès, dépassement de la limite d'âge, démission ou révocation ad nutum par l'assemblée générale ordinaire.
Rémunération : On retrouve les mêmes formes de rémunération que pour le conseil d'administration (jetons de présence, rémunérations exceptionnelles, rémunération supplémentaire pour le président). Un membre du conseil de surveillance peut être salarié à condition que le nombre de membres salariés ne dépasse pas le tiers des membres en fonction (représentants des salariés non compris). L'emploi doit être réel, effectif et subordonné (pas de condition d'antériorité, mais attention à la procédure des conventions réglementées).
Fonctionnement et pouvoirs : Le conseil de surveillance fonctionne sur le même modèle que le conseil d'administration. Il délibère valablement si la moitié de ses membres sont présents (ou selon la majorité prévue par les statuts). Ses décisions sont prises à la majorité simple des présents ou représentés.
Selon l'article L. 225-68 du Code de commerce, le conseil de surveillance exerce le contrôle permanent de la gestion du directoire, portant sur l'opportunité et la régularité de la gestion. Il opère les vérifications jugées opportunes, se fait communiquer les documents souhaités par le directoire (qui lui remet un rapport trimestriel). Il présente à l'assemblée générale un rapport sur le gouvernement d'entreprise joint au rapport de gestion, ainsi que ses observations lors de l'approbation des comptes. Il fixe la rémunération des membres du directoire et en choisit le président. Enfin, il autorise les conventions réglementées, les cautions, avals et garanties, les ventes d'immeubles et les cessions de participation. Le président du conseil de surveillance convoque le conseil et surveille les débats ; il en rend compte aux actionnaires si la SA est cotée.
Contrôle de la Gestion
Conventions Réglementées avec les Dirigeants
Il faut distinguer les conventions interdites (sanctionnées par nullité absolue), les conventions libres et les conventions réglementées.
Champ d'application : L'article L. 225-38 du Code de commerce énumère les personnes concernées : les dirigeants (administrateurs, directeur général, directeurs généraux délégués, représentants permanents de personnes morales administratrices), tout actionnaire disposant d'un droit de vote supérieur à 10 %, et les personnes morales contrôlant la société. Les conventions concernées visent tout contrat qui n'est ni libre ni interdit.
En ce qui concerne les rémunérations, certains compléments sont soumis à cette procédure : dans les sociétés non cotées, certains compléments de retraite ; dans les sociétés cotées, les éléments de rémunération, indemnités ou avantages dus en raison de la cessation ou du changement de fonctions. Ces rémunérations complémentaires sont soumises à une procédure de contrôle renforcée incluant le respect du critère de performance (fixé par le conseil à la prise de fonction), une transparence renforcée (information spécifique aux actionnaires) et un contrôle a posteriori (soumission au vote de l'assemblée générale annuelle).
Procédure des conventions réglementées : L'article L. 225-40 du Code de commerce définit plusieurs étapes :
- La personne intéressée informe le conseil d'administration ou de surveillance de toute convention tombant sous le coup de l'article L. 225-38
- Le conseil autorise la convention préalablement à sa conclusion (autorisation a priori) ; l'intéressé ne prend pas part au vote
- Le commissaire aux comptes est informé dans le mois suivant la conclusion
- Le commissaire aux comptes réalise un rapport et le communique à l'assemblée 21 jours avant l'assemblée générale annuelle
- La convention est soumise à l'approbation a posteriori de l'assemblée des actionnaires ; l'intéressé ne prend pas part au vote et ses actions ne sont pas comptabilisées pour le quorum
La nullité de la convention est encourue si elle n'a pas été autorisée a priori par le conseil (non soumise ou refusée). Cette nullité est toutefois facultative, encourue seulement si l'acte a des conséquences préjudiciables pour la société. C'est une nullité relative, invocable uniquement par la société et non par son cocontractant. Elle peut être couverte par une approbation ultérieure de l'assemblée des actionnaires. En cas d'approbation du conseil, le non-respect des autres étapes n'entraîne pas la nullité mais engage la responsabilité du dirigeant en cas de préjudice social.
Autres Contrôles Internes
Approbation des comptes : Les actionnaires contrôlent la gestion en se prononçant sur les comptes de l'exercice écoulé au vu de : rapport de gestion, rapport sur le gouvernement d'entreprise, rapports du commissaire aux comptes.
Questions : À compter de la convocation, tout actionnaire peut poser des questions écrites sur la gestion au conseil d'administration ou directoire, lequel doit y répondre lors de l'assemblée générale.
Contrôle par les organes sociaux : Dans la SA classique, le conseil d'administration surveille l'action du directeur général et peut le révoquer. Dans la SA dualiste, le conseil de surveillance contrôle en permanence l'action du directoire, en rend compte aux actionnaires et peut révoquer ses membres si les statuts le prévoient.
Contrôles Externes
Expertise de gestion : Un expert de gestion peut être nommé par le président du tribunal de commerce pour examiner une ou plusieurs opérations de gestion, à la demande d'un actionnaire ou groupe d'actionnaires détenant au minimum 5 % du capital, et après une question écrite au président du conseil d'administration ou au directoire restée sans réponse ou ayant reçu une réponse insatisfaisante.
Commissaire aux comptes : La nomination d'un commissaire aux comptes est obligatoire pour les SA qui dépassent certains seuils, celles qui contrôlent d'autres sociétés atteignant ensemble les seuils, ou à la demande d'un tiers du capital. Elle peut aussi être facultative (décision à la majorité ou ordonnance de justice). Le commissaire aux comptes établit des rapports destinés à l'assemblée générale (rapport sur les comptes annuels, rapport sur les conventions réglementées, observations sur le gouvernement d'entreprise). Il est tenu de déclencher l'alerte en quatre phases : (1) information du président avec réponse en 15 jours (ou information directe du tribunal en cas d'urgence) ; (2) demande de convocation du conseil et assistance à la réunion ; (3) demande de convocation de l'assemblée générale si nécessaire ; (4) information du président du tribunal de commerce en cas de risque pour la continuité de l'exploitation.
Synthèse Clé
- La SA est organisée autour de trois modèles principaux : la direction classique (conseil d'administration + président + directeur général), la direction dualiste (directoire + conseil de surveillance), et les statuts contractuels flexibles
- La constitution exige un capital minimum de 37 000 euros et le respect de conditions de fond et de forme strictes
- Le conseil d'administration dans le modèle classique combine orientation, évocation et surveillance, tandis que le directoire dans le modèle dualiste concentre les pouvoirs exécutifs
- Les conventions réglementées imposent une procédure stricte d'autorisation préalable et d'approbation postérieure pour protéger les actionnaires
- Le contrôle s'exerce par les actionnaires (via assemblée générale), les organes sociaux (conseil d'administration ou conseil de surveillance) et les organes externes (commissaire aux comptes)
Teste ta compréhension
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En droit des sociétés, pourquoi dit-on que la SA (Société Anonyme) est le modèle même de la société capitaliste, selon Ripert ?
Quel est le nombre minimal d'actionnaires requis pour une SA non cotée, suite à l'ordonnance du 10 septembre 2015 ?
Quelles sont les deux modalités de répartition des pouvoirs que peut adopter une SA, selon la loi du 24 juillet 1966, et quel modèle est inspiré du droit allemand ?
En cas d'apports en numéraire, quel pourcentage de la valeur nominale doit être libéré lors de la souscription, et dans quel délai la libération totale doit-elle intervenir ?
Quelles sont les étapes formelles principales pour la constitution d'une SA, de la rédaction des statuts à l'immatriculation ?
Dans une SA classique, quelle loi a permis de dissocier les fonctions de président du conseil d'administration et de directeur général, et à quelle compétence revient ce choix ?
Quelle est la procédure obligatoire pour les apports en nature dans une SA afin d'éviter la surévaluation, et qui en est le principal responsable civil et pénal ?
Quel est le montant minimal du capital social exigé pour une SA selon l'article L. 224-2 ccom, et quel type d'apport est interdit ?
Quelle est la composition minimale et maximale du conseil d'administration d'une SA, et quelle est la durée maximale du mandat des administrateurs depuis la loi de mars 2012 ?
Dans quelles conditions un administrateur de SA peut-il cumuler son mandat avec un contrat de travail, et quelle est la position de la jurisprudence en cas de cumul illicite ?
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