Imagerie et examens complémentaires pour pathologies abdominales
20 cartesCe cours aborde les différentes techniques d'imagerie médicale utilisées pour le diagnostic des pathologies abdominales, y compris la radiographie, le scanner, l'IRM, l'échographie et les examens endoscopiques. Il détaille les indications, contre-indications, déroulements et spécificités de chaque méthode, ainsi que les produits de contraste utilisés et leurs effets secondaires. Il couvre également les examens biologiques comme l'analyse d'urine et sanguine, et l'analyse des selles pour compléter le diagnostic.
20 cartes
Imagerie Médicale et Examens Complémentaires Abdominaux
L'objectif de cette section est de présenter les différents examens complémentaires disponibles pour les pathologies abdominales, en détaillant leur déroulement, indications, contre-indications et effets secondaires.
HAUTE ÉCOLE ROBERT SCHUAN
Département Santé
Section Infirmier responsable de soins généraux
IDPA 0005-1 Soin à la personne souffrant d'une pathologie abdominale
Partie 2 : Physiopathologie médicale et chirurgicale, imagerie médicale – pharmacologie
Examens Irradiants
Radiographie Standard (Rayons X)
La radiographie est une technique d'imagerie ancienne utilisant les rayons X pour produire des images du corps. Les tissus absorbent les rayons X différemment selon leur densité, permettant de visualiser les structures internes. Une plaque capte les rayons X non absorbés derrière la zone à imager.
Os: Tissu très dense, arrête les rayons X, apparaît blanc (radio-opaque).
Air: Très peu dense, laisse passer les rayons X, apparaît noir (radio-transparent).
Graisse, muscle, liquide: Apparaissent en nuances de gris.
Des produits de contraste (radio-opaques) peuvent être utilisés pour mieux distinguer les organes ou anomalies, injectés ou avalés selon le contexte.
Contre-indication absolue : Grossesse.
Radiographie de l'abdomen à blanc (AAB)
Examen radiographique sans préparation ni produit de contraste, réalisé de face et de profil, idéalement debout ou en décubitus latéral. Elle est peu performante pour l'étude des organes pleins et a été largement remplacée par le CT scanner.
Indications: Suspicion d'occlusion intestinale, constipation (notamment chez l'enfant), lithiase urinaire.
Contre-indications: Grossesse.
Cystographie Rétrograde
Radiographie de la vessie après injection d'un produit de contraste (iode) radio-opaque dans la vessie, par voie sus-pubienne ou par sonde urinaire. Des clichés sont pris pendant et hors miction.
Indications: Tumeur de la vessie, polypes vésicaux, calculs, reflux vésico-urétéral.
Contre-indications: Grossesse, allergies aux produits de contraste.
Un reflux vésico-urétéral (RVU) est le passage rétrograde de l'urine vésicale vers l'uretère et le rein, pouvant causer des lésions rénales irréversibles si non traité (ex: pyélonéphrite répétée).
Transit Œso-Gastro-Duodénal (TOGD)
Examen radiographique utilisant un produit de contraste à base de baryum pour visualiser le tube digestif supérieur (pharynx, œsophage, estomac, duodénum).
Déroulement: Clichés pris pendant que le patient avale le baryum, en position debout ou couchée.
Préparation: Jeûne de 6h.
Indications: Diverticule de Zenker, sténose, rétrécissement œsophagien, tumeur, bilan préopératoire d'un Nissen.
Contre-indications: Grossesse, allaitement, allergie au produit de contraste.
Le TOGD est de moins en moins fréquent, souvent remplacé par l'endoscopie digestive haute (gastroscopie).
Urographie IntraVeineuse (UIV)
Permet d'étudier la morphologie des voies urinaires suite à l'injection intraveineuse d'un produit de contraste iodé, éliminé par les reins pour opacifier les voies urinaires et la vessie.
Précautions:
La veille: Lavement pour libérer le côlon et améliorer la visibilité rénale.
Le jour même: À jeun pour le produit de contraste, bonne hydratation après l'examen.
Indications: Lithiase urinaire, infections urinaires récurrentes (en dehors de la phase aiguë).
Contre-indications: Allergies aux produits de contraste, insuffisance rénale, grossesse.
L'UIV est rare de nos jours en raison de sa lenteur et est largement remplacée par l'uroscanner.
Lavement Baryté
Examen radiographique du gros intestin utilisant un produit de contraste à base de baryum, introduit par l'anus. Il permet d'opacifier la paroi intestinale.
Techniques:
Simple contraste: Remplissage du côlon avec le baryum pour visualiser les grandes anomalies.
Double contraste: Fine couche de baryum sur la paroi, suivie d'insufflation d'air pour une image plus précise de la surface interne.
Préparation: Alimentation liquide 24h avant, lavement pour libérer le côlon.
Indications: Suspicion de cancer colorectal (en cas de refus d'endoscopie), suivi de MICI (si fistule suspectée), bilan préopératoire.
Contre-indications: Grossesse, allergies au produit de contraste, suspicion de perforation intestinale.
Le lavement baryté est peu fréquent, remplacé par la coloscopie ou le coloscanner. Effet secondaire: constipation (hydratation post-examen recommandée).
Tomodensitométrie (CT Scanner)
Utilise une machine à rayons X rotative pour produire des images en coupes transversales, ensuite reconstruites en images anatomiques 3D. Permet de visualiser en détail les tissus mous, les os et les vaisseaux sanguins. Le CT scanner abdominal peut être réalisé avec ou sans injection d'un produit de contraste (iode).
Produit de contraste: L'iode rehausse les parenchymes des organes pleins, les vaisseaux et les parois digestives, donnant une idée de la vascularisation.
Durée: Environ 5 à 10 minutes.
Préparation: Jeûne de 4h en cas d'injection de contraste pour éviter nausées.
Indications: Occlusion intestinale, MICI en phase aiguë, bilan d'extension de cancer colorectal (métastases, adénopathies), appendicite, diverticulite, anomalies parenchymateuses hépatiques/pancréatiques.
Contre-indications: Grossesse, allergie au produit de contraste (si injection), insuffisance rénale (si injection).
Coloscanner
Variante du CT scanner, où l'air est insufflé dans le côlon pour le distendre avant les coupes. Permet une reconstruction de la lumière colique et l'analyse de la paroi digestive. Ne permet pas les biopsies ni les exérèses.
Préparation: Régime sans fibres alimentaires les jours précédents, lavement pour nettoyer le côlon.
Indications: Cancer colorectal, polypose colique.
Contre-indications: Grossesse.
Uroscanner
CT scanner du système urinaire, souvent utilisé avec un produit de contraste iodé. Examen complet, il étudie les reins, les uretères, la vessie, la prostate et l'urètre.
Déroulement: Images sans contraste (pour les calculs), puis injection de contraste avec diurétique, suivie de phases artérielle, mixte et excrétoire.
Temps artériel: Analyse des artères rénales.
Temps mixte: Analyse du parenchyme rénal et des masses rénales.
Temps excrétoire: Analyse des voies excrétrices (uroscanner).
Options:
Sans injection de contraste: Détection de calculs rénaux et anomalies structurelles.
Avec injection de contraste: Visualisation des tissus mous des reins, vessie et glandes surrénales.
Préparation: Jeûne de 4h si injection de contraste.
Indications: Lithiase urinaire, hématurie macroscopique, tumeur rénale, bilan d'extension, pathologies infectieuses rénales.
Contre-indications: Grossesse, allergie au produit de contraste (si injection), insuffisance rénale (si injection).
Note: L'uroscanner met l'accent sur les voies excrétrices, tandis que l'angioscanner (axé sur le temps artériel) étudie la vascularisation (artères rénales, aorte).
Scintigraphie
Ces examens utilisent un médicament radiopharmaceutique, composé d'un principe actif marqué par un radionucléide artificiel. L'accumulation locale du marqueur est une hyperfixation, un défaut d'accumulation une hypofixation.
Scintigraphie Gastrique
Évalue le temps de vidange gastrique en administrant au patient un repas contenant une substance radioactive, puis en prenant des images à différents intervalles.
Préparation: Patient à jeun.
Indication: Gastroparésie.
Contre-indication: Grossesse.
Scintigraphie Rénale
Évalue la perfusion et le fonctionnement des reins après injection d'un contraste radioactif. Le rayonnement est capté par une machine.
Préparation: Nécessite une bonne hydratation pendant et après l'examen. Pas de jeûne requis.
Indications: Évaluation de la fonction et perfusion rénales, cicatrices rénales post-infection.
Contre-indication: Grossesse.
PET scanner (Tomographie par Émission de Positrons)
Utilise un traceur semblable au glucose pour détecter les tissus à forte activité métabolique (cancéreux ou inflammatoires). Une caméra PET CT combine l'image fonctionnelle (activité métabolique) et une image anatomique (CT scanner avec ou sans contraste).
Préparation: Jeûne de 6h (pour éviter interférence), glycémie < 1,5 à 2 mg/dl.
Indications: Bilan d'extension en suivi de cancer.
Contre-indication: Grossesse.
Examens Non Irradiants
Échographie
Examen non invasif, non irradiant et peu coûteux qui utilise les ultrasons pour visualiser les organes. Une sonde envoie et reçoit des ultrasons.
Échogénicité:
Liquides purs (anéchogènes): Apparaissent noirs (bile, urine, kystes simples).
Os (hyperechogènes): Apparaissent blancs avec un cône d'ombre.
Tissus: Échogénicité variable.
Collections pures: Anéchogènes avec renforcement postérieur.
Collections purulentes: Échogénicité variable.
Organes: Efficace pour les organes pleins. Moins pour les organes creux contenant de l'air.
Durée: 5 à 30 minutes, selon la facilité. Difficile en cas de surpoids.
Préparation: Jeûne de 6h (pour éviter les gaz digestifs et permettre l'étude de la vésicule biliaire). Le patient ne doit ni manger, ni boire, ni fumer, ni prendre de chewing-gum.
L'échographie Doppler étudie les flux sanguins et l'élastographie mesure la souplesse des organes (notamment le foie pour la fibrose hépatique).
Indications: Fibrose hépatique, cirrhose hépatique, appendicite, lithiase vésiculaire.
Contre-indication: Aucune.
Échographie Rénale
Souvent le premier examen biliaire pour le système urinaire. Sa qualité dépend de l'opérateur, de l'obésité du patient et des gaz digestifs.
Anatomie: Parenchyme rénal régulier et moins échogène que le foie ou la rate. Sinus rénal plus hyperéchogène. Cavités visibles si dilatées.
Limitation: Mauvaise analyse de l'uretère (zone grise).
Exploration: Vessie en sus-pubien (hypoéchogène si remplie). Prostate par voie endorectale (mauvaise pour les cancers prostatiques). Vésicules séminales et canaux éjaculateurs.
Préparation: Vessie remplie pour mieux visualiser les organes. Pas de jeûne.
Échodoppler: Évalue la vascularisation rénale (veines et artères) pour l'insuffisance rénale et l'HTA.
Signes directs: Flux et turbulences au niveau de la sténose (athéromatose ou fibro-dysplasie).
Signes indirects: Flux artériels dans le parenchyme rénal en aval d'une sténose, indiquant la sévérité.
Ponctions: Permet des ponctions diagnostiques (ex: néphropathies).
Indications: Kyste rénal, HTA nouvellement diagnostiquée, bilan d'insuffisance rénale, lésion des artères rénales.
Contre-indication: Aucune.
Échographie Transoesophagienne
Réalisée à l'intérieur de l'œsophage pour des lésions oesophagiennes, évaluant leur envahissement, la présence d'adénopathies et la localisation par rapport aux structures adjacentes (trachée, plèvre, péricarde, aorte, veine cave). Permet aussi des ponctions d'adénopathies.
Préparation: Jeûne de 4h.
Déroulement: Sous narco-sédation et anesthésie pharyngée (lidocaïne). Sonde introduite par la bouche dans l'œsophage et l'estomac.
Imagerie par Résonance Magnétique (IRM)
Examen non irradiant, basé sur un champ magnétique, explorant les tissus mous avec plus de précision que le scanner ou l'échographie. Examen de seconde ligne car moins accessible.
Déroulement: Patient allongé sans bouger dans un tunnel magnétique pendant 15 à 45 minutes. Retirer les objets métalliques, protection auditive. Antenne de surface pour la zone spécifique.
Produit de contraste: Gadolinium (non iodé), utilisé pour visualiser les vaisseaux. Moins toxique pour les reins aux doses habituelles.
Séquences: T1 et T2. En IRM abdominale, les séquences T2 sont privilégiées, montrant les liquides non circulants en hypersignal (blanc) et le reste en hyposignal (noir).
Spécificité: L'IRM est centrée sur une région spécifique, n'explorant pas toute la cavité abdominale.
Cholangio-IRM
IRM des voies bilio-pancréatiques, où ces voies apparaissent en hypersignal. Détecte dilatations, sténoses, masses ou calculs dans ces voies. L'injection de contraste peut être utilisée pour l'étude du parenchyme pancréatique.
IRM du système urinaire
Utilisée pour la caractérisation de tumeurs tissulaires/kystiques, la surveillance de lésions rénales excisées, le bilan d'extension de tumeurs rénales, et les bilans de maladies rénales artérielles ou de tumeurs prostatiques (pour cibler les biopsies). Les biopsies sont ensuite réalisées sous échographie avec fusion des images IRM.
Indications: Masse rénale/pancréatique/prostatique suspecte, MICI du tube digestif, analyse des voies biliaires et pancréatiques.
Contre-indications: Pacemakers ou stimulateurs neurologiques non compatibles IRM, prothèses métalliques (auditives), clips chirurgicaux, claustrophobie, intervention chirurgicale récente.
Endoscopie Digestive
Endoscopie Digestive Haute (Œso-Gastro-Duodénoscopie)
Examen utilisant un endoscope souple pour visualiser l'œsophage, l'estomac et le duodénum. Permet biopsies et gestes thérapeutiques (hémostase).
Déroulement: Ambulatoire ou urgence. Anesthésie générale courte ou narco-sédation avec anesthésie locale pharyngo-laryngée. Durée moyenne 10 minutes. Patient en décubitus latéral gauche. Endoscope introduit par la bouche. L'observation des segments digestifs se fait lors du retrait de l'endoscope.
Préparation: Jeûne à partir de minuit la veille. Arrêt de certains médicaments (anticoagulants, antiagrégants selon situation, IPP 15 jours avant si besoin).
Indications: Sténose œsophagienne, varices œsophagiennes, suspicion d'ulcère, reflux gastro-œsophagien, épigastralgie, dysphagie, pyrosis, œsophagite.
Contre-indication: Aucune.
Complications: Très rares (décès, perforation œsophagienne), gêne pharyngée, ballonnements, éructations.
Endoscopie Digestive Basse (Coloscopie)
Examen utilisant un endoscope souple pour visualiser le rectum et le côlon. Permet biopsies et gestes thérapeutiques (hémostase, polypectomie).
Préparation: Essentielle. Régime sans résidus 3 jours avant, puis purge colique (2L de PEG la veille après-midi et soir). Jeûne à partir de minuit la veille. Bilan hématologique pour la coagulation. Arrêt de médicaments à risque de saignement.
Déroulement: Sous anesthésie générale. Patient en décubitus dorsal. Endoscope introduit par l'anus jusqu'au cæcum. L'observation se fait lors du retrait.
Indications: Tumeur, colite inflammatoire, diverticule.
Contre-indication: Aucune.
Complications: Hémorragie, perforation.
Endoscopie des Voies Urinaires
Cystoscopie
Examen de l'urètre et de la vessie par un endoscope souple (caméra miniature) via le méat urinaire. Permet de retirer une sonde.
Déroulement: Ambulatoire, environ 5 minutes. Gel anesthésiant pour limiter la douleur. Patient en décubitus dorsal, vessie vidée. Désinfection du méat urinaire. La vessie est remplie d'eau pour déplisser ses parois.
Préparation: Analyse d'urine préalable pour écarter une infection.
Indications: Troubles urinaires, suspicion de tumeur vésicale, retrait de sonde JJ.
Contre-indications: Infection urinaire symptomatique non soignée.
Complications: Pollakiurie, mictalgie, hématurie transitoire, infection urinaire.
Urétéroscopie
Examen des voies urinaires jusqu'au bassinet des reins par endoscope (souple, semi-rigide ou rigide), par voie rétrograde. Peut être diagnostique et thérapeutique.
Outils: Les endoscopes semi-rigides/rigides ont un canal opérateur pour des gestes interventionnels (traitement de calculs). Les endoscopes souples atteignent le bassinet et permettent l'introduction d'instruments (panier pour calculs, laser pour lithotritie, pinces pour biopsies).
Préparation: Analyse d'urine préalable. Arrêt des anticoagulants.
Indications: Lithiases urinaires, recherche de tumeurs, lithotritie.
Contre-indications: Infection urinaire symptomatique non soignée.
Complications: Pollakiurie, mictalgie, hématurie transitoire, infection urinaire.
Examens Fonctionnels Digestifs
pH-métrie Œsophagienne
Mesure continue du pH de l'œsophage sur 24h via une sonde introduite par la narine et placée 5cm au-dessus du sphincter inférieur de l'œsophage.
Préparation: Arrêt des médicaments anti-acides 15 jours avant. Jeûne de 4 heures.
Déroulement: Indolore mais gênant. Le patient rentre chez lui avec la sonde et note ses activités pour corréler les symptômes avec les variations de pH.
Indications: Diagnostic de reflux gastro-œsophagien, contrôle de l'efficacité thérapeutique.
Manométrie Œsophagienne
Mesure la contractilité de l'œsophage pour identifier les troubles fonctionnels.
Préparation: Jeûne de 4 heures.
Déroulement: Sonde introduite par la narine jusqu'à l'estomac. Enregistrement des pressions à différents niveaux (repos et déglutition). Durée environ 30 minutes. Patient en décubitus dorsal.
Effets secondaires: Gêne/irritation, légers saignements de nez.
Utilité: Bilan préopératoire pour cure de hernie hiatale ou RGO (mauvaises contractions peuvent contre-indiquer l'opération).
pH-impédancemétrie
Similaire à la pH-métrie, mais détecte tous types de reflux (acides, alimentaires, gazeux).
Produits de Contraste et Risques
Produits de Contraste Iodés
L'iode est le produit de contraste le plus fréquent. Il est potentiellement toxique car il peut interagir avec la thyroïde. Une enveloppe moléculaire l'empêche d'être métabolisé prématurément. Nécessite une prescription médicale.
Effets secondaires non allergiques immédiats:
Bouffée de chaleur (normale due à l'augmentation de l'osmolalité plasmatique, entraînant un appel d'eau et une vasodilatation).
Fausse envie d'uriner.
Goût métallique en bouche.
Réactions non allergiques (pseudo-allergiques): Liées à la dégranulation des basophiles libérant de l'histamine (non IgE médiée). Dépend de la vitesse d'injection et de la concentration. Patients atopiques ou asthmatiques sont plus à risque. Ne contre-indique pas une future injection. Traitement: antihistaminiques, cortisone. Symptômes: urticaire, prurit, nausées, vomissements.
Réactions allergiques (IgE médiées): Contre-indiquent toute injection future de PCC iodé. Nécessitent un avis allergologique et des prick tests. L'allergie à l'iode en soi n'existe pas. Symptômes: érythème, urticaire, angio-œdème, atteinte multiviscérale (cardiaque, pulmonaire, digestive), choc anaphylactique (hypotension, choc, troubles du rythme, bronchospasme, arrêt cardio-respiratoire).
Néphrotoxicité et insuffisance rénale: Le PCC est éliminé par les reins. L'injection peut aggraver une fonction rénale déjà fragile.
Populations à risque: > 65 ans, diabétiques, insuffisance rénale (DFG < 60 ml/min), prise de médicaments néphrotoxiques (AINS).
Contre-indication absolue: IRC sévère (DFG < 30 ml/min), greffe rénale.
Gestion chez les diabétiques: Arrêt de la metformine 48h avant et après, avec contrôle de la créatinine, pour éviter l'acidose lactique.
Hydratation: Recommandée après l'examen.
Perturbation du métabolisme thyroïdien: L'iode libre peut être capté par la thyroïde, induisant hypo ou hyperthyroïdie, surtout si pathologie thyroïdienne préexistante non contrôlée.
Contre-indication: Hyperthyroïdie non contrôlée (avec terrain cardiaque).
Précaution: Si traitement/scintigraphie thyroïdienne à l'iode radioactif sont prévus, les réaliser avant l'injection de PCC iodé.
Sulfate de Baryum
Forme de microparticules non digérées ni absorbées, qui opacifie le tube digestif en tapissant sa muqueuse. Ne doit pas passer dans la circulation sanguine (risque d'embolie).
Produits de Contraste au Gadolinium (IRM)
Utilisé pour l'IRM afin de mettre en évidence des tissus spécifiques, il crée une différence d'image entre tissu sain et pathologique. Éliminé par les reins, avec un bon profil de tolérance.
Allaitement: Non contre-indiqué, passe très peu dans le lait maternel.
Grossesse: Pas d'effet tératogène, mais principe de précaution: dose minimale et contraste le plus stable si nécessaire.
Réactions immédiates (IgE médiées): Peuvent survenir et contre-indiquent les injections futures.
Insuffisance rénale: L'élimination rénale nécessite de contrôler la fonction rénale. Peuvent être injectés chez des patients avec insuffisance rénale sévère.
Examens Complémentaires Biologiques
Ils sont cruciaux pour évaluer la fonction des organes et détecter des anomalies.
Prise de Sang (Évaluation de la Fonction Rénale)
Créatininémie: Mesure de la créatinine (produit du catabolisme musculaire) qui augmente si la filtration glomérulaire diminue. Son taux est stable pour un individu donné et peu dépendant de l'alimentation.
Urée: Déchet métabolique provenant de la détoxification hépatique de l'ammoniac, excrété par le rein. Son taux dépend de la filtration glomérulaire, du débit urinaire, du catabolisme des protéines et de l'état d'hydratation.
Ionogramme:
Natrémie (sodium): Reflète l'état d'hydratation intracellulaire et l'osmolalité plasmatique.
Kaliémie (potassium): Influencée par l'équilibre acido-basique et l'aldostérone. Sensible au prélèvement (hémolyse, contracture musculaire, garrot prolongé).
Bicarbonatémie: Renvoie à l'équilibre acido-basique, doit être interprétée avec le pH sanguin.
Calcium et Phosphore: Rapidement modifiés dans les IRC en raison du métabolisme osseux et de la parathormone.
CRP (protéine C-réactive): Marqueur d'inflammation ou d'infection.
Formule sanguine: Aide au diagnostic d'infection et au suivi d'anémie en IRC.
Hématocrite et protidémie: Reflètent l'hydratation du secteur extracellulaire (hémoconcentration/hémodilution).
PSA (antigène spécifique de la prostate): Oriente pour les pathologies prostatiques (infection, adénome, cancer). Interprétable si dosage antérieur connu en cas de suspicion d'infection.
Sécurité du patient et traçabilité pour les prises de sang
Sécurité: Consentement, explication, s'assurer de l'état du patient (malaise vagal), vérifier le jeune.
Déroulement: Placer un garrot près du site, désinfecter, piquer. Desserrer le garrot une fois dans la veine (pas plus d'une minute pour éviter l'altération du potassium et l'hémolyse).
Ordre des tubes: Rouge, bleu, rouge, vert, violet, gris. Les hémocultures peuvent purger l'aiguille.
Types de tubes:
Bleu (citraté): Coagulation.
Rouge-jaune (sans anticoagulant): Sérologies, fonction rénale/hépatique, ionogramme, hormones, protéines, vitamines.
Vert (hépariné): Ionogramme stable.
Violet (EDTA): Formule sanguine, hémoglobine glyquée.
Gris (fluorure): Dosage du sucre.
Hémoculture: Milieu de culture pour bactéries.
Identification: Nom du patient sur tous les tubes.
Hémoculture
Culture de sang dans un milieu favorable à la croissance des bactéries. Deux milieux: anaérobie et aérobie. Réalisée en hospitalisation pour frissons solennels et fièvre.
Procédure aseptique: Désinfection des mains, site de ponction (povidone/chlorhexidine), opercules des tubes.
Transport: Envoyer rapidement au laboratoire, ne pas mettre au frigo.
Analyse d'Urine
Fournit des informations précieuses sur les pathologies urinaires. Les voies urinaires ne sont pas stériles.
Bandelette Urinaire (BU)
Analyse rapide qui détecte: leucocyturie, nitriturie (présence de bactéries productrices de nitrate réductase), pH, sucre, corps cétoniques, hématurie.
Fiabilité: Limitée, doit être interprétée dans un contexte clinique.
Patient symptomatique: BU + confirme, BU - n'écarte pas.
Patient asymptomatique: BU + n'a pas de valeur diagnostique (indique une colonisation non à traiter), BU - écarte l'hypothèse.
Analyse qualitative des urines
Récupération des urines dans un pot stérile pour analyser:
Cellules sanguines:
Globules rouges (hématurie): Toujours anormale, origine de la fuite (reins, uretères, vessie, urètre). GR déformés indiquent une atteinte glomérulaire.
Globules blancs: Suspecte une infection urinaire (haute ou basse).
Germes: Levures, bactéries.
Protéines: Normalement rares. Urines riches en protéines sont mousseuses.
Pré-rénale: Maladies sanguines (myélome, leucémie).
Rénale: Troubles hémodynamiques (HTA, insuffisance cardiaque), glomérulonéphrites, lésions tubulaires. Albuminurie marque un mauvais pronostic cardiovasculaire.
Post-rénale: Augmentation des GB/GR dans les urines (hémorragies, infections).
Ions, cristaux.
Sucre (glucosurie): Indique un diabète ou certains médicaments.
Urine de 24h
Vérifie la diurèse et aide à évaluer:
Créatinine: Évalue la fiabilité du recueil urinaire (dépend de la masse musculaire).
Ionogramme: Renseigne sur les apports alimentaires et les facteurs de risque de lithiase.
Protéinurie: Quantité de protéines excrétées. Microalbuminurie (marqueur précoce d'atteinte rénale) vs macroalbuminurie (> 300mg/24h).
Prélèvement: Uriner le matin au lever (jeter), collecter toutes les urines pendant 24h, uriner une dernière fois le lendemain à la même heure.
Examen Cytobactériologique des Urines (ECBU)
Met en culture les urines pour détecter une infection bactérienne (cystite, prostatite, pyélonéphrite). Doit être réalisé avant tout traitement antibiotique.
Pathogènes: Majoritairement bacilles Gram négatif (origine digestive), voie ascendante (urètre).
Conditions de prélèvement (pour limiter la contamination):
Toilette périnéale soigneuse (lavage des mains, toilette intime avec compresses stériles, savon, antiseptique).
Ne pas contaminer le pot stérile ni son capuchon.
Culture le jour même (max 24h au frigo).
Récupération:
Mi-jet: Pour bactéries classiques (limiter flore vulvaire/urétrale).
Début de jet: Pour IST (gonocoque, chlamydia), si possible premières urines du matin (plus concentrées), analysées par PCR.
Femme | Homme | |
Cystite | BU (ECBU en plus si récidives fréquentes) | ECBU |
Pyélonéphrite | ECBU + biologie | ECBU + biologie |
Pyélonéphrite en milieu hospitalier | ECBU + hémoculture + Biologie | ECBU + hémoculture + Biologie |
Prostatite | / | ECBU (+ biologie) |
Prostatite en milieu hospitalier | / | ECBU + hémoculture + Biologie |
IST (gonocoque ou chlamydia) | PCR sur 1er jet + dépistage IST | PCR sur 1er jet + dépistage IST |
Analyse de Selles
Examen macroscopique: Recherche de sang, mucus.
Dosage des graisses: Des selles grasses (stéatorrhée) indiquent un trouble de la digestion/absorption des lipides.
Coproculture: Mise en culture des selles pour rechercher des pathogènes en cas de diarrhée. Collecte dans un pot stérile. Garder au frigo si transport long. Recherche d'antigènes (ex: Campylobacter) possible avant culture.
Recherche de parasites: Pour diagnostiquer des entérites parasitaires. Pot stérile, peut rester à l'air ambiant si transport long. Recherche d'antigènes (ex: Giardia) possible.
Résumé des Examens Complémentaires
Type d'examen | Méthode | Indication | Contre-indication | Précaution | |
Examen irradiant | AAB | Rx, image en projection, peu onéreuse et rapide. Accès facile. Pas de contraste. | Constipation, occlusion intestinale, lithiase urinaire | Grossesse | |
TOGD | Rx, image en projection, peu onéreuse et rapide. Accès facile. Contraste à base de sulfate de Baryum. | Dysphagie, diverticule de Zenker, sténose, cancer de l'œsophage, bilan pré-opératoire du Nissen | Grossesse | À jeun de 6h, pouvoir être en position debout. | |
Cystographie rétrograde | Rx, image en projection, avec injection de produit de contraste (iode) dans la vessie par sonde urinaire. Clichés pendant et après miction. | Polypes vésicaux, tumeur de la vessie, calculs, reflux vésico-urétéral | Grossesse, allergie aux produits de contraste | ||
CT scanner abdominal | Rx rotatif donnant une image en coupe anatomique. Avec ou sans injection de contraste (iode). | Occlusion intestinale, MICI en phase aiguë, dépistage métastases, appendicite, diverticulite, anomalie parenchyme pancréatique, anomalie parenchyme hépatique | Grossesse, allergie produit de contraste, insuffisance rénale sévère. | À jeun de 4h, stopper metformine, insuffisance rénale modérée. | |
Coloscanner | Rx rotatif donnant une image en coupe après insufflation d'air dans le côlon pour le distendre. | Cancer colorectal, polypose colique | Grossesse | Régime alimentaire adapté les jours avant (limiter les fibres) et lavement pour libérer le cadre colique. | |
CT scanner urinaire | Rx rotatif donnant une image en coupe anatomique. Avec ou sans injection de contraste (iode) avec diurétique. Trois phases: artérielle, mixte, excrétoire. | Hématurie macroscopique, tumeur rénale, lithiase rénale (sans injection de contraste) | Grossesse, allergie produit de contraste, insuffisance rénale sévère. | À jeun de 4h, stopper metformine, insuffisance rénale modérée. | |
Scintigraphie Gastrique | Utilisation d'un médicament radiopharmaceutique (isotope radioactif). L'isotope s'accumule (hyperfixation) ou pas (hypofixation). Image projetée. | Gastroparésie (analyse le temps de vidange de l'estomac) | Grossesse | À jeun de 6h. Examen assez long. | |
Scintigraphie Rénale | Utilisation d'un médicament radiopharmaceutique (isotope radioactif). Image projetée. Analyse la perfusion rénale. | Fonctionnement des reins, perfusions des reins, cicatrices rénales post-infection chez les enfants | Grossesse | Bien s'hydrater durant l'examen. Examen assez long. | |
PET scanner | Injection d'un traceur semblable au glucose qui met en évidence les tissus cellulaires avec hypermétabolisme (cancéreux ou inflammatoire). Image anatomique et fonctionnelle. | Bilan d'extension dans le cadre de la découverte d'un cancer | Grossesse | À jeun de 6h, attention à la glycémie des diabétiques. | |
Examen non irradiant | Échographie abdominale | Utilisation d'ultrasons. Liquide anéchogène, os hyperéchogène, tissus échogénicité variable. Peut utiliser un Doppler et étudier l'élasticité (fibroscanner). | Appendicite chez le jeune, fibrose hépatique, cirrhose hépatique, lithiase vésiculaire. | Aucune | À jeun depuis 6h (air dans le tractus digestif altérant l'examen). Ni manger, ni boire, ni fumer, ni chiquer. |
Échographie rénale | Utilisation d’ultrasons. Peut réaliser un Doppler pour évaluer la vascularisation des reins. | Kyste rénal, HTA nouvellement diagnostiquée, bilan d’insuffisance rénale, lésions des artères rénales | Aucune | Avoir une vessie bien remplie. | |
IRM | Moins accessible que l’échographie ou le CT scanner. Utilisation d’un champ magnétique. Parfois injection de gadolinium. Pondération T1 ou T2 (liquides en hypersignal en T2). | Masse rénale, masse pancréatique, masse prostate, analyse voie biliaire. MICI. | Pacemaker incompatible, prothèse métallique, clips chirurgicaux, intervention récente, stimulateur neurologique. | Attention au patient claustrophobe, retirer les objets métalliques. | |
Gastroscopie | Caméra pour visualiser l'œsophage, l'estomac et le duodénum. Permet actes thérapeutiques ou biopsies. | Sténose œsophagienne, varices œsophagiennes, ulcère, œsophagite, cancer de l'œsophage ou de l'estomac. | Aucune | Stopper IPP 15jrs (sauf indication), stopper médicaments à risque de saignement (NOAC). | |
Coloscopie | Caméra pour visualiser le côlon et le rectum. Permet actes thérapeutiques ou biopsies. | Tumeur colique, polype, diverticulose, MICI. | Préparation nécessaire: régime sans résidus 3jrs, purge colique. À jeun de 6h. Stopper médicaments à risque de saignement. | ||
Cystoscopie | Caméra pour visualiser la vessie et l'urètre. Permet actes thérapeutiques ou biopsies. | Trouble urinaire, polype, cancer vésical, retrait sonde JJ. | Infection urinaire non soignée | Analyse d'urine. Vessie doit être vidée. Stopper médicaments à risque de saignement. | |
Uréteroscopie | Caméra pour visualiser le bassinet et l'uretère. | Lithiase urinaire, tumeur rénale. | Infection urinaire non soignée | Analyse d'urine. Stopper médicaments à risque de saignement. | |
pHmétrie | Enregistrement sur 24h de l'acidité de l'œsophage. Sonde introduite par le nez. | Reflux gastro-œsophagien | Aucune | Stopper IPP 15jrs avant. À jeun de 4h. | |
Manométrie | Enregistrement de la contractilité de l'œsophage. Sonde introduite via la narine jusqu'à l'estomac. | Recherche tonicité de l'œsophage. Bilan chirurgie d'hernie hiatale. | Aucune | À jeun de 4h. | |
pH-impédancemétrie | Permet de mettre en évidence les reflux de toutes sortes. |
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