Génétique des Procaryotes : Concepts Fondamentaux
60 cartesLes bases de la génétique des procaryotes, y compris la réplication de l'ADN, la croissance bactérienne, l'analyse génétique, la complémentation génétique et la régulation de l'expression des gènes.
60 cartes
Génétique des Procaryotes
La génétique des Procaryotes traite de la manière dont les bactéries gèrent, dupliquent et expriment leur information génétique, ainsi que des mécanismes d'adaptation et d'échange génétique. Ces processus sont essentiels pour leur survie et leur évolution rapide dans divers environnements.
6.1. La réplication ou duplication de l'ADN
La réplication est le processus de dédoublement de l'ADN avant la division cellulaire. À partir d'une molécule d'ADN parental, deux nouvelles molécules se forment par incorporation de désoxyribonucléotides.
a. L'expérience de Meselson-Stahl : le caractère semi-conservateur de la réplication
Cette expérience a démontré que la réplication de l'ADN est semi-conservative: chaque nouveau duplex d'ADN est constitué d'un brin parental et d'un nouveau brin.
Méthode :
Des bactéries sont cultivées dans un milieu contenant de l' (azote lourd), qui s'incorpore dans l'ADN.
Ces bactéries sont ensuite transférées dans un milieu contenant de l' (azote léger) pour deux cycles de réplication.
Des échantillons d'ADN sont extraits à différents temps (0, 20 min, 40 min) et ultracentrifugés dans du CsCl (chlorure de césium) pour séparer les molécules d'ADN selon leur densité.
Résultats :
Après un cycle (20 min), toutes les molécules d'ADN sont de densité intermédiaire (hybrides: un brin et un brin ).
Après deux cycles (40 min), on observe deux bandes : une de densité intermédiaire (hybride) et une autre de densité plus faible (deux brins ).
b. Le mécanisme de la réplication : description
La réplication procède par étapes, impliquant une série d'enzymes et de protéines.
Stades de la réplication :
Initiation : Début au niveau d'une séquence spécifique.
Élongation : Synthèse des nouveaux brins d'ADN.
Terminaison : Fin de la réplication lorsque les fourches se rencontrent.
Notion d'origine de réplication ou stade d'initiation :
Site spécifique : Ori C (Origin Chromosome) chez les Procaryotes.
Caractérisé par des répétitions de séquences A-T, plus faciles à ouvrir en raison des deux liaisons hydrogène (contre trois pour G-C).
La réplication est bidirectionnelle, progressant à partir de deux fourches de réplication dans les deux sens.
Les fourches se rejoignent au site de terminaison (TER) de l'autre côté du chromosome circulaire.
L'ensemble du chromosome et son point d'origine forment un réplicon.
Étapes principales et formation des fragments d'Okazaki :
Ouverture de l'ADN parental : Les liaisons hydrogène entre les bases complémentaires sont rompues, formant une fourche de réplication (comme une fermeture éclair).
Ajout de nouveaux désoxyribonucléotides : L'ADN polymérase lit l'ADN parental dans le sens 3'-5' et synthétise le nouveau brin dans le sens 5'-3'.
Formation de deux brins néoformés :
Le brin précoce (ou avancé) est synthétisé de manière continue car la lecture du brin parental 3'-5' se fait depuis l'extérieur de la fourche.
Le brin tardif (ou retardé) est synthétisé de manière discontinue en petits segments, appelés fragments d'Okazaki, car la lecture du brin parental 3'-5' se fait depuis l'intérieur de la fourche au fur et à mesure de son ouverture.
Le réplisome : complexe enzymatique de réplication :
Le processus de réplication de l'ADN est orchestré par un complexe macromoléculaire. Il comprend :
Deux sous-unités d'ADN polymérase III.
Le primosome:
ADN primase (ou ARN Polymérase α) : synthétise de courtes amorces d'ARN (primers) sur l'ADN pour initier la synthèse. (Une amorce sur le brin continu, plusieurs sur le brin discontinu).
ADN hélicase (protéine dna B) : ouvre les deux brins de l'ADN en rompant les liaisons hydrogène.
Protéines SSP/SSB (Single Strand Stabilising Protein) : protègent et stabilisent les brins d'ADN simple brin séparés.
Autres enzymes :
ADN gyrase (Topoisomérase) : déspiralise et respiralise l'ADN, relâchant les contraintes torsionnelles.
ADN polymérase III (Pol III) : principale enzyme de réplication, synthétise les nouveaux brins d'ADN. Travaille différemment sur les deux brins (continu et discontinu) grâce à la formation d'une boucle qui permet aux deux sous-unités de l'enzyme de se déplacer dans le même sens.
ADN polymérase I (Pol I) :
Activité exonucléasique 5'-3' : dégrade les amorces d'ARN.
Activité de réparation : ajoute des désoxyribonucléotides pour combler les lacunes laissées par les amorces.
ADN ligase : forme des liaisons phosphodiesters pour relier les fragments d'Okazaki entre eux.
6.2. La multiplication et culture des bactéries
La multiplication bactérienne se réalise principalement par division binaire, conduisant à une croissance rapide en conditions favorables.
1. La division cellulaire chez les Procaryotes : division binaire
Mode général de reproduction :
Croissance de la bactérie.
Réplication de l'ADN.
Division du contenu cellulaire en deux cellules-filles.
C'est une reproduction clonale, produisant des individus génétiquement identiques.
Le temps de génération (temps pour une division) peut être très court (20-30 min à 37°C).
Processus :
Début de la multiplication du nucléïde, des plasmides et des ribosomes.
Allongement de la membrane plasmique et de la paroi.
Allongement de la cellule jusqu'au doublement du volume, suivi du partage de l'ADN.
Fission : formation d'un septum (cloison) vers l'intérieur, par un anneau de protéines FtsZ.
Coupure de la cellule mère en deux cellules filles (partage des constituants).
2. La croissance des populations bactériennes
La croissance des populations bactériennes en milieu fermé suit une courbe sigmoïde caractéristique en 4 phases.
Les 4 étapes de la courbe de croissance :
Phase de latence : Période d'adaptation au milieu (synthèse d'enzymes), pas de division cellulaire.
Phase exponentielle de croissance : Dédoublement des bactéries à chaque temps de génération ; la vitesse de croissance est maximale et constante. Le nombre de bactéries augmente de façon exponentielle selon la formule : où est le nombre de bactéries au temps t, le nombre initial, r le nombre de générations par unité de temps, et t le temps total.
Phase stationnaire ou de stagnation : Épuisement des nutriments et accumulation des déchets. Autant de bactéries apparaissent que disparaissent ; le nombre de bactéries est constant.
Phase de déclin : Épuisement total des nutriments et toxicité des déchets. Le nombre de bactéries diminue (mort cellulaire).
3. L'(endo)sporulation
Mécanisme de survie chez certaines bactéries en cas de conditions défavorables.
Formation d'une endospore : petite sphère déshydratée, contenant de l'ADN et peu de hyaloplasme, extrêmement résistante (sécheresse, température, agents lytiques).
Composée d'une coque (deux bicouches membranaires avec peptidoglycanes = cortex), une couverture de protéines et une exospore.
En conditions défavorables, lyse bactérienne et libération de l'endospore.
En conditions favorables, l'endospore germe et forme une nouvelle bactérie (ex: Clostridium botulinum, Clostridium tetani).
4. La culture des bactéries
Permet d'étudier les fonctions chimiques des bactéries.
a. Composition chimique des milieux de culture :
Milieu minimum (Mm) :
Comporte des éléments essentiels (H₂O, cations, anions, oligo-éléments) et une source de carbone (ex: glucose).
Une bactérie poussant sur ce milieu est dite de type sauvage.
Milieu complet (Mc) :
Milieu minimum + acides aminés, bases azotées.
Milieux spéciaux (Mm + ...) :
Milieu test de sensibilité (ex: ajout d'antibiotiques).
Milieu test de capacité à synthétiser un élément (ex: absence d'un acide aminé pour tester la synthèse).
Milieu test de capacité à utiliser un élément (ex: remplacement du glucose par un autre sucre).
b. Consistance des milieux de culture :
Milieux liquides : pour cultures en masse et rapides (chémostat).
Milieux consolidés/solides : milieux liquides additionnés d'un gel (ex: gélose ou agar-agar, polymère de galactose non dégradable par les bactéries) servant de support pour faire pousser les bactéries en colonies isolées.
c. Isolement/identification et comptage des bactéries :
Technique des dilutions :
Dilution progressive d'un échantillon bactérien pour en réduire la concentration.
Ensemencement sur milieu solide pour compter les colonies et estimer le nombre de bactéries.
Technique des répliques :
Utilisation d'un tampon de velours pour transférer des colonies d'une boîte de Pétri originale vers de nouvelles boîtes.
Permet d'analyser le génome des bactéries en les cultivant sur différents milieux tout en préservant la culture originale.
6.3. L'analyse génétique
1. Définitions de termes en analyse génétique
Fonction : Ensemble de réactions chimiques, catalysées par des enzymes, conduisant à la synthèse (anabolisme, ex: acides aminés) ou à la dégradation/utilisation (catabolisme, ex: un sucre) d'une molécule.
Gène de fonction : Segments d'ADN impliqués (codant pour) la réalisation d'une fonction.
Ex: gène LAC (Lac+) : bactérie capable de synthétiser des enzymes pour utiliser le lactose.
Ex: gène lac (Lac-) : bactérie déficiente pour cette fonction.
Un gène peut être considéré comme une variation ou une mutation (allèles mutés) permettant de caractériser un organisme par un phénotype déterminé.
2. La cartographie génétique et les recombinaisons génétiques
La cartographie génétique est un outil permettant de localiser et de positionner les gènes sur l'ADN.
2.1. Définition de la cartographie génétique :
Outil pour localiser et mesurer la distance entre les gènes, basé sur des croisements génétiques (recombinaisons, échanges d'ADN).
2.2. Principe important :
La probabilité que deux gènes ou marqueurs soient transmis ensemble est d'autant plus grande que les gènes sont proches l'un de l'autre.
2.3. Techniques de transfert horizontal de gènes (d'une bactérie à une autre) :
Ces mécanismes sont distincts de la division binaire (transfert vertical) et permettent des échanges d'ADN entre cellules différentes.
La transformation bactérienne :
Prélèvement direct d'ADN "nu" purifié (provenant de l'environnement ou d'une bactérie morte) par une bactérie réceptrice.
Exemple historique : l'expérience de Griffith (1928) avec Streptococcus pneumoniae.
Expérience de Griffith :
Souris infectées par souche S (virulente) → mort.
Souris infectées par souche R (non virulente) → survie.
Souris infectées par souche S tuée par la chaleur → survie.
Souris infectées par souche S tuée par la chaleur + souche R vivante → mort.
Conclusion : Un "agent transformant" des bactéries S mortes a transformé les bactéries R non virulentes en virulentes.
Expérience de Avery, McLeod, McCarty (1944) :
Ils ont démontré que l'agent transformant était l'ADN en dégradant sélectivement les protéines, l'ARN ou l'ADN des extraits de souche S. Seule la dégradation de l'ADN empêchait la transformation.
L'ADN (nu et de bactérie S virulente) est transféré via des enzymes (perméases) dans une bactérie R non virulente, aboutissant à la synthèse de la capsule S chez la bactérie R.
Cependant, la transformation est peu utilisée pour la cartographie génétique car elle est inexistante chez beaucoup de bactéries et ne permet pas de déterminer la longueur du fragment inséré.
La conjugaison :
Transfert d'ADN (généralement un plasmide) d'une bactérie donneuse à une bactérie receveuse par contact direct, via un pilus.
Découverte par Lederberg et Tatum (1946) avec des souches de E. coli déficientes en acides aminés.
Mécanisme de conjugaison F+ (donneuse) et F- (receveuse) :
Formation d'un pilus de conjugaison entre la bactérie F+ (possédant le plasmide F) et la bactérie F-.
Réplication du plasmide F : le plasmide s'ouvre au niveau d'un point d'origine T.
Un brin monocaténaire du plasmide F passe dans la bactérie F-.
Réplication du brin monocaténaire dans la bactérie receveuse et du brin restant dans la donneuse, formant un plasmide F double brin complet dans chaque bactérie.
La bactérie F- devient F+.
Bactéries Hfr (Haute fréquence de recombinaison) :
Plasmide F intégré (épisome) au génome bactérien.
La conjugaison Hfr permet le transfert du chromosome bactérien, mais la conversion en Hfr est rare car la conjugaison est souvent interrompue avant le transfert complet.
Cartographie génétique par interruption de conjugaison : En interrompant la conjugaison à des temps précis, on peut déterminer l'ordre et la distance des gènes transférés du chromosome Hfr vers la bactérie F-. Plus un gène est éloigné du point d'origine du transfert, plus il est transféré tardivement.
La transduction :
Transfert d'ADN d'une bactérie à une autre via un virus bactérien (bactériophage).
Le bactériophage, dit transducteur, parasite successivement deux bactéries en emmenant un fragment d'ADN de la bactérie A vers la bactérie B.
Deux types de transduction :
Transduction généralisée :
Associée au cycle lytique du bactériophage (phage virulent).
L'ADN bactérien est détruit et des fragments d'ADN bactérien peuvent être accidentellement encapsidés dans de nouvelles têtes virales.
Ces phages anormaux injectent l'ADN bactérien dans une autre bactérie lors d'une nouvelle infection.
Transduction spécialisée :
Associée au cycle lysogène (ou lysogénie : intégration de l'ADN viral au génome bactérien, formant un prophage).
En réponse à un stimulus (stress, UV), le prophage peut s'exciser de l'ADN bactérien et entrer en cycle lytique.
Lors de l'excision, un morceau précis d'ADN bactérien adjacent au prophage peut être emporté et intégré à l'ADN phagique, puis transféré à une autre bactérie.
Ce mécanisme permet également d'établir des cartes de gènes, la distance étant inversement proportionnelle à la fréquence d'insertion.
6.4. La notion de complémentation génétique
La complémentation génétique étudie comment des gènes peuvent interagir pour rétablir une fonction perdue suite à une mutation.
Situation logique : Introduction d'ADN bactérien sain (non déficient) dans une bactérie mutée et déficiente → rétablissement de la fonction.
Situation inattendue : Introduction d'ADN bactérien muté (déficient) mais différent dans une autre bactérie mutée pour la même fonction → rétablissement de la fonction. C'est le test de complémentation (ou test de Benzer cis-trans).
Cette notion introduit le cistron : unité génétique de fonction où deux mutations ne peuvent se complémenter qu'en cis-trans.
Exemple : Étude de l'activité lytique du bactériophage T4.
Si deux mutations sont dans le même segment d'ADN (position CIS), la fonction n'est pas rétablie.
Si deux mutations sont dans des segments différents (position TRANS), la fonction peut être rétablie par complémentation.
6.5. Régulation de l'expression des gènes chez les Procaryotes : adaptations enzymatiques
La régulation de l'expression génique est cruciale pour l'adaptation rapide des bactéries à leur environnement, surtout pour la production d'enzymes nécessaires à l'utilisation des nutriments.
1. Introduction
L'organisation des gènes chez les Procaryotes se fait en opérons.
Un opéron est une unité fonctionnelle d'ADN regroupant des gènes sous le contrôle d'un même promoteur. Ces gènes sont transcrits ensemble en ARNs messagers et participent à une même fonction physiologique.
La régulation permet à la bactérie de se diviser vite, de produire des protéines rapidement et de s'adapter aux modifications de l'environnement.
Adaptations enzymatiques (Karström, 1930) :
Enzymes constitutives : Toujours synthétisées, quelle que soit la composition du milieu (ex: ADN et ARN Polymérases).
Enzymes inductibles ou adaptatives : Synthétisées en fonction de la présence ou absence de leur substrat dans le milieu (ex: enzymes pour l'utilisation de sucres ou la synthèse d'acides aminés).
2. Induction enzymatique : la régulation de l'opéron LAC
L'opéron lactose () est un exemple clé de régulation génique chez les Procaryotes.
a. Composition de l'opéron LAC :
Gène inhibiteur (régulateur négatif) ou cistron : synthétise une protéine répresseur.
Site promoteur () : séquence d'ADN de fixation de l'ARN polymérase pour l'initiation de la transcription.
Site opérateur () : séquence d'ADN contrôlant l'expression des gènes de structure ; liaison à une molécule régulatrice.
3 gènes de structure () : constituent la région codante de l'opéron (ADN polycistronique) et codent pour des enzymes impliquées dans le métabolisme du lactose :
: -galactosidase (hydrolyse du lactose en galactose et glucose).
: -galactoside perméase (permet l'entrée du lactose dans la cellule).
: Lactose transacétylase.
b. L'induction enzymatique proprement dite : fonctionnement du répresseur LAC (contrôle négatif) :
En présence de glucose (et absence de lactose) :
Le répresseur (codé par le gène ) est naturellement actif et se fixe au site opérateur .
Cette fixation bloque l'accès de l'ARN polymérase au promoteur , empêchant la transcription des gènes .
Pas de synthèse des enzymes de métabolisme du lactose (inutiles en présence de glucose).
En présence de lactose (et absence de glucose) :
Une petite quantité d'allolactose (isomère du lactose) entre dans la cellule via une perméase non spécifique.
L'allolactose se fixe au répresseur (effet allostérique), le rendant inactif.
Le répresseur se détache de l'opérateur , qui devient libre.
L'ARN polymérase peut se fixer au promoteur et transcrire les gènes .
Il y a induction de la synthèse des enzymes nécessaires pour cataboliser le lactose. L'allolactose agit comme un inducteur.
c. Mécanisme de contrôle positif : la répression catabolique carbonée :
L'opéron est également sous le contrôle positif de la protéine activatrice CAP (Catabolic activator protein) ou CRP (cAMP Receptor Protein).
La protéine CAP est active lorsqu'elle est liée à l'AMP cyclique (AMPc).
En présence de glucose :
La concentration intracellulaire d'AMPc est très basse.
L'AMPc n'est pas lié à CAP, donc CAP est inactive.
CAP ne se fixe pas sur son site de fixation en amont du promoteur, ce qui réduit l'efficacité de la fixation de l'ARN polymérase.
L'opéron est "OFF" ou faiblement exprimé, même en présence de lactose, car le glucose est le nutriment préféré.
En absence de glucose :
La concentration intracellulaire d'AMPc augmente.
L'AMPc se lie à CAP, rendant CAP active.
CAP active se fixe à son site de liaison, ce qui accentue la vitesse de l'activité de l'ARN polymérase et augmente l'efficacité de la transcription de l'opéron .
Si le lactose est présent, l'opéron est "ON" et fortement exprimé.
3. Contrôle et fonctionnement de l'opéron Tryptophane
L'opéron tryptophane (trp) est un opéron répressible, impliqué dans la voie anabolique de synthèse d'un acide aminé.
Il est composé d'un gène inhibiteur et de 5 gènes de structure.
Si pas de tryptophane dans le milieu :
Le répresseur (synthétisé par le gène inhibiteur) est naturellement inactif.
Il ne se fixe pas à l'opérateur.
L'ARN polymérase peut se fixer et transcrire les gènes de structure, aboutissant à la synthèse des enzymes nécessaires pour produire du tryptophane. L'opéron est dérépriimé.
Si tryptophane présent dans le milieu :
Le tryptophane agit comme un corépresseur et se couple au répresseur (effet allostérique), le rendant actif.
Le complexe répresseur-corépresseur se fixe à l'opérateur, bloquant la transcription par l'ARN polymérase.
Pas de synthèse des enzymes de production du tryptophane (inutile, car déjà présent). L'opéron est réprimé.
4. Régulation de l'opéron du système CRO (lysogénie des phages)
L'opéron CRO est un exemple de régulation complexe dans les bactériophages, contrôlant le choix entre le cycle lytique et le cycle lysogène.
Il s'agit d'un opéron interactif agissant sur les deux brins de l'ADN en raison de l'orientation des gènes et des opérateurs.
Composants : un gène répresseur CI, un gène de structure CRO, et 3 gènes opérateurs (OR1, OR2, OR3) situés entre eux.
OR1 et OR2 contrôlent CRO.
OR3 contrôle CI.
Établissement et maintien de la lysogénie :
Synthèse du répresseur par le gène CI.
Le répresseur se lie à OR1 et OR2, bloquant la transcription du gène CRO.
OR3 reste libre, ce qui active la lecture et la transcription continue du gène répresseur CI, assurant le maintien de la lysogénie.
Entrée dans un cycle lytique :
Le répresseur est peu ou non produit ; les opérateurs OR1 et OR2 sont libres.
Première étape : Le gène CRO est transcrit, produisant des protéines CRO précoces qui se fixent à OR3, bloquant la transcription du gène CI (et donc la production du répresseur ).
Deuxième étape : Production de protéines CRO tardives qui sont responsables de la lyse de la bactérie et de l'excision du prophage, initiant le cycle lytique (synthèse des composants viraux).
5. Autre type de régulation : Quorum sensing
Le quorum sensing est un système de mécanismes régulateurs qui contrôle l'expression coordonnée de certains gènes bactériens au sein d'une même population en fonction de sa densité.
Les bactéries communiquent via des signaux moléculaires (autoinducteurs) qui s'accumulent dans le milieu.
Lorsque la concentration de ces signaux atteint un seuil (quorums), elles activent ou répriment collectivement l'expression de certains gènes.
Cela permet des comportements collectifs (ex: formation de biofilms, production de toxines, virulence).
Points Clés à Retenir
La réplication de l'ADN chez les procaryotes est semi-conservative et bidirectionnelle, impliquant un complexe de nombreuses enzymes (réplisome).
ILa multiplication bactérienne se fait par division binaire et suit une courbe de croissance caractéristique en plusieurs phases.
L'endosporulation est un mécanisme de survie en conditions défavorables.
La culture bactérienne permet d'étudier les fonctions des bactéries à l'aide de milieux spécifiques.
Le transfert horizontal de gènes (transformation, conjugaison, transduction) permet l'échange d'ADN entre bactéries, offrant des avantages sélectifs et étant essentiel pour l'analyse génétique.
La régulation de l'expression génique chez les procaryotes est principalement organisée en opérons (lac, tryptophane, cro) qui réagissent rapidement aux changements environnementaux via des mécanismes de contrôle positif et négatif.
Le quorum sensing est un mécanisme de communication intercellulaire permettant aux bactéries de coordonner leur comportement en fonction de la densité de la population.
Lancer un quiz
Teste tes connaissances avec des questions interactives