Structure et Modèles Atomiques
98 kartLes atomes sont expliqués comme étant les éléments constitutifs de la matière, composés de protons, de neutrons et d'électrons. Le document détaille leur structure, y compris les rôles du numéro atomique et du nombre de masse. Il aborde également des concepts tels que les isotopes, les ions, la masse atomique, la mole et l'énergie de liaison nucléaire. De plus, il traite des modèles atomiques, des spectres d'émission, des nombres quantiques, des orbitales atomiques (s, p, d, f), des configurations électroniques et des principes qui régissent le comportement des électrons dans les atomes.
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Atomistique : Structure et Propriétés des Atomes
L'atomistique est la branche de la chimie qui étudie la structure et les propriétés des atomes et des entités qui en dérivent. Elle permet de comprendre le comportement de la matière à l'échelle microscopique.
1. Caractéristiques Fondamentales de l'Atome
Un atome est constitué d'un noyau central et d'électrons gravitant autour de ce noyau.
1.1. Représentation Symbolique et Nombres Fondamentaux
Chaque élément chimique est désigné par un symbole, toujours écrit avec une majuscule, éventuellement suivie d'une minuscule (ex: H pour l'hydrogène, He pour l'hélium).
Le numéro atomique (), également appelé nombre de charge, représente le nombre de protons contenus dans le noyau d'un atome. Pour un atome neutre, c'est aussi le nombre d'électrons.
La charge du noyau est , où est la charge élémentaire positive ( C).
La charge totale des électrons est .
Un atome est électriquement neutre car la somme des charges est nulle ().
Le nombre de masse () désigne le nombre total de nucléons, c'est-à-dire le nombre de protons et de neutrons combinés.
Si représente le nombre de neutrons, la relation est .
Ainsi, le nombre de neutrons peut être calculé par .
Exemple : Un atome de Carbone () avec et contient 6 protons, 6 électrons (si neutre) et neutrons.
1.2. Isotopes
Les isotopes sont des atomes d'un même élément chimique, c'est-à-dire ayant le même numéro atomique (le même nombre de protons), mais différant par leur nombre de masse . Cela signifie qu'ils ont un nombre différent de neutrons.
Exemples :
Le Carbone 12 () a 6 protons et 6 neutrons.
Le Carbone 14 () a 6 protons et 8 neutrons.
L'existence d'isotopes explique pourquoi la masse atomique relative d'un élément n'est pas toujours un nombre entier ; c'est une moyenne pondérée des masses de ses isotopes naturels.
1.3. Ions Monoatomiques
Un ion monoatomique est une entité chargée électriquement, formée à partir d'un atome qui a perdu ou gagné un ou plusieurs électrons. Lorsqu'un atome se transforme en ion, seuls les électrons sont affectés ; le nombre de protons () et de neutrons () reste inchangé, donc le noyau n'est pas modifié.
Un atome qui perd des électrons se transforme en entité chargée positivement, appelée cation. Le nombre de protons est alors supérieur au nombre d'électrons.
Exemple : Le sodium () perdant un électron forme l'ion sodium .
Un atome qui gagne des électrons se transforme en entité chargée négativement, appelée anion. Le nombre d'électrons est alors supérieur au nombre de protons.
Exemple : L'oxygène () gagnant deux électrons forme l'ion oxyde .
2. Modèles Atomiques Historiques et Évolution
L'étude de la structure atomique a évolué au fil du temps grâce à diverses expériences et théories.
2.1. Le Modèle de Rutherford
Historiquement, le modèle de Rutherford (également appelé modèle planétaire) a été une étape clé dans la compréhension de la structure atomique. Basé sur l'expérience de diffusion de particules alpha à travers une feuille d'or, ce modèle a révélé la nature "lacunaire" de l'atome.
2.1.1. L'Expérience de Rutherford
Rutherford a bombardé une fine feuille d'or avec des particules alpha (, noyaux d'hélium chargés positivement) provenant de la désintégration du polonium. Les observations clés étaient les suivantes :
La quasi-totalité (99,9%) des noyaux traversent la feuille d'or sans être déviés.
Environ 1/100 des particules alpha sont déviées de leur trajectoire initiale.
Une très faible proportion (environ 1/20000) des noyaux sont repoussés en arrière par la feuille d'or.
2.1.2. Interprétation des Résultats
Ces observations ont conduit à la conclusion que :
La feuille d'or est principalement constituée de vide.
La masse de l'atome est concentrée en un point très petit et dense appelé noyau atomique.
Les particules alpha qui traversent sans déviation passent entre les noyaux.
Les particules alpha déviées ont approché un noyau chargé positivement, subissant une répulsion électrostatique.
Les particules alpha repoussées en arrière ont frappé un noyau de plein fouet, démontrant que le noyau est massif et chargé positivement.
Le rayon du noyau () est de l'ordre de mètres, tandis que le rayon de l'atome () est d'environ mètres. Le rapport indique que l'atome est 10 000 fois plus grand que son noyau.
La structure atomique est dite « lacunaire » car les électrons sont très éloignés du noyau.
2.1.3. Limites du Modèle de Rutherford
Bien qu'il ait été révolutionnaire, le modèle de Rutherford présentait des inconvénients majeurs :
Selon la théorie de l'électromagnétisme classique, un électron en orbite circulaire (donc en accélération) devrait émettre un rayonnement électromagnétique, perdant ainsi de l'énergie. Cela impliquerait que l'électron spirale vers le noyau et s'y écrase, rendant l'atome instable. Or, les atomes sont stables.
La théorie classique prédisait que l'énergie lumineuse émise devrait varier de façon continue, alors que les spectres d'émission atomiques sont des spectres de raies discrètes.
Ces contradictions avec l'expérience ont appelé à un nouveau modèle.
2.2. Le Modèle de Bohr et la Quantification de l'Énergie
Pour surmonter les insuffisances du modèle de Rutherford, Niels Bohr a proposé un modèle quantifié de l'atome d'hydrogène.
2.2.1. Postulats de Bohr
Le modèle de Bohr repose sur plusieurs postulats :
L'électron ne peut se déplacer que sur certaines orbites circulaires privilégiées, appelées orbites stationnaires, sans émettre ni absorber d'énergie.
Sur ces orbites stationnaires, l'électron est soumis à deux forces : la force d'attraction électrostatique () et la force centrifuge () due à son mouvement. Ces forces se compensent : , donc .
Force centrifuge : (où est la masse de l'électron, sa vitesse et le rayon de l'orbite).
Force d'attraction électrostatique (de Coulomb) : (pour l'hydrogène, pour le proton, pour l'électron).
L'égalité des forces donne : , d'où (Équation 1).
Le moment cinétique orbital de l'électron est quantifié : , où est un entier positif (nombre quantique principal, ) et est la constante de Planck.
2.2.2. Rayon des Orbites de Bohr
En combinant l'équation de l'équilibre des forces (Éq. 1) et la quantification du moment cinétique, on dérive l'expression du rayon des orbites permises : À partir de , on peut exprimer (Éq. 2). En égalisant (1) et (2) : Après simplification, on obtient le rayon quantifié : (Équation 3) Les constantes () permettent de définir le rayon de Bohr () pour le niveau fondamental () de l'atome d'hydrogène : m.
2.2.3. Énergie de l'Électron dans le Modèle de Bohr
L'énergie totale d'un électron () est la somme de son énergie cinétique () et de son énergie potentielle électrostatique () : (Équation 4).
Énergie cinétique : En utilisant l'Éq. 1 (), on obtient : (Équation 6).
Énergie potentielle électrostatique : (Équation 5). Le signe négatif indique une force attractive. L'énergie totale est : (Équation 7). En substituant par son expression quantifiée (Éq. 3) dans l'Éq. 7, on obtient l'énergie totale quantifiée : (Équation 8). Cette expression montre que l'énergie des électrons dans un atome est quantifiée et ne peut prendre que des valeurs discrètes. Pour (état fondamental de l'hydrogène), J, soit eV. Par conséquent, on peut écrire eV. Les différents niveaux d'énergie sont . L'état fondamental () a l'énergie la plus basse (la plus stable).
3. Principes Fondamentaux de la Mécanique Quantique
Le modèle de Bohr, bien que performant pour l'hydrogène, a ses limites et a été supplanté par la mécanique quantique, plus générale et précise.
3.1. Principe d'Incertitude d'Heisenberg
Le principe d'incertitude d'Heisenberg stipule qu'il est impossible de connaître avec une précision absolue et simultanément certaines paires de propriétés physiques d'une particule. Pour une particule comme l'électron, il est impossible de définir avec précision à la fois sa position et sa quantité de mouvement (associée à sa vitesse).
Cela se traduit par les relations d'incertitude :
Position-Quantité de mouvement : Où :
: incertitude sur la position.
: incertitude sur la quantité de mouvement.
: constante de Planck ( est la constante de Planck réduite).
Énergie-Temps : Où :
: incertitude sur la mesure de l'énergie.
: durée de la mesure de l'énergie.
Ce concept met en évidence la nature probabiliste de la mécanique quantique, contrastant avec la détermination précise des trajectoires de la mécanique classique.
3.2. La Dualité Onde-Corpuscule et la Fonction d'Onde
En mécanique quantique, on ne parle plus de trajectoires précises pour les électrons (comme dans le modèle de Bohr), mais plutôt de la probabilité de trouver l'électron dans une certaine région de l'espace. Cette description est fournie par une entité mathématique appelée fonction d'onde (), qui dépend des coordonnées de l'électron et du temps.
La fonction d'onde n'a pas de signification physique directe, mais son carré de module, , représente la densité de probabilité de présence de l'électron.
La probabilité de trouver l'électron dans un petit volume est donnée par .
La fonction d'onde doit satisfaire une condition de normalisation : l'intégrale de sur tout l'espace doit être égale à 1 (la probabilité de trouver l'électron quelque part dans l'espace est de 100%).
3.3. L'Équation de Schrödinger et les Nombres Quantiques
En 1926, Erwin Schrödinger a formulé une équation aux dérivées partielles dont les solutions décrivent le comportement dedans un atome. Cette équation est fondamentale en mécanique quantique.
3.3.1. Formulation de l'Équation de Schrödinger
L'équation de Schrödinger pour un état stationnaire s'écrit : (Note: au lieu de dans la source pour la partie cinétique, où ) Soit, sous une forme plus compacte : . Où :
: l'opérateur Hamiltonien, représentant l'énergie totale du système (énergie cinétique + énergie potentielle). Pour un atome d'hydrogène, .
: l'opérateur Laplacien (), lié à l'énergie cinétique de l'électron.
: l'opérateur énergie potentielle (pour l'hydrogène, l'énergie potentielle électrostatique due l'attraction entre le noyau et l'électron).
: la fonction d'onde ou fonction propre, qui décrit l'état de l'électron.
: l'énergie totale de l'électron, appelée valeur propre.
3.3.2. Solutions de l'Équation de Schrödinger et Quantification
La résolution de l'équation de Schrödinger pour l'atome d'hydrogène conduit aux mêmes expressions d'énergie quantifiées que celles du modèle de Bohr : Ceci confirme la quantification de l'énergie de l'électron.
3.3.3. Orbitales Atomiques et Nombres Quantiques
Les solutions de l'équation de Schrödinger sont appelées orbitales atomiques. Une orbitale atomique est une fonction d'onde qui décrit l'état d'un électron et caractérise la région de l'espace où la probabilité de trouver cet électron est la plus élevée. Chaque orbitale est caractérisée par un ensemble de trois nombres quantiques :
Nombre quantique principal () :
Valeurs possibles : (entiers positifs).
Il définit la couche électronique et principalement l'énergie de l'électron. Plus est grand, plus l'électron est éloigné du noyau et plus son énergie est élevée.
Les électrons ayant la même valeur de appartiennent à la même couche.
Nombre quantique secondaire ou azimutal () :
Valeurs possibles : (entiers).
Il définit la sous-couche électronique et détermine la géométrie de l'orbitale atomique.
Notation spectroscopique pour :
: orbitale s (sphérique)
: orbitale p (haltère)
: orbitale d (plus complexe)
: orbitale f (encore plus complexe)
Nombre quantique magnétique ( ou ) :
Valeurs possibles : (entiers).
Il définit l'orientation spatiale de l'orbitale atomique (la case quantique).
Pour une valeur donnée de , il existe valeurs possibles de , correspondant à orbitales de même énergie (dégénérées) et de même forme mais d'orientation différente.
Si (s), : 1 orbitale s.
Si (p), : 3 orbitales p ().
Si (d), : 5 orbitales d.
Un quatrième nombre quantique, le nombre quantique de spin (), est nécessaire pour décrire complètement l'état d'un électron, car il ne peut prendre que deux valeurs : ou , représentant les deux états de spin possibles de l'électron.
4. Configuration Électronique des Atomes
La configuration électronique d'un atome décrit la répartition de ses électrons ( électrons pour un atome neutre) dans les différentes orbitales atomiques dans son état fondamental (état de plus basse énergie). Cette répartition obéit à plusieurs règles générales.
4.1. Règles de Remplissage
Les quatre règles principales guidant le remplissage des orbitales sont :
Principe de stabilité (ou de l'Aufbau) : Les électrons occupent d'abord les orbitales de plus basse énergie disponible. L'ordre de remplissage est généralement donné par la règle de Klechkowski, qui tient compte de l'énergie .
Exemple d'ordre :
Principe d'exclusion de Pauli : Deux électrons dans un même atome ne peuvent avoir les quatre mêmes nombres quantiques () identiques. Cela signifie qu'une orbitale atomique ne peut contenir au maximum que deux électrons, et que ces deux électrons doivent avoir des spins opposés (appariés).
Règle de Hund : Lorsque des orbitales de même énergie (orbitales dégénérées, comme les trois orbitales p ou les cinq orbitales d) sont disponibles, les électrons remplissent ces orbitales de manière à maximiser le nombre d'électrons non appariés (ayant des spins parallèles). Cela minimise la répulsion entre électrons.
Principe d'indiscernabilité des électrons : Tous les électrons sont identiques et ne peuvent être distingués.
4.2. Exceptions à la Règle de Klechkowski
Certains atomes présentent des exceptions à la règle de Klechkowski. Ces exceptions s'expliquent par une stabilité accrue lorsque les sous-couches sont soit à moitié remplies, soit complètement remplies. L'écart énergétique entre les sous-couches est parfois si faible qu'une promotion d'électron peut se produire pour atteindre cette stabilité.
Groupe du Chrome () :
Configuration attendue par Klechkowski :
Configuration réelle (plus stable) :
Explication : La sous-couche à moitié remplie (5 électrons, chaque orbitale d contient un électron non apparié) est plus stable que la configuration . Un électron du est promu vers le .
Groupe du Cuivre () :
Configuration attendue par Klechkowski :
Configuration réelle (plus stable) :
Explication : La sous-couche complètement remplie (10 électrons) est hautement stable. Un électron du est promu vers le .
Ces exceptions sont fréquentes pour les éléments de transition où les énergies des sous-couches et sont très proches.
5. Charge Nucléaire Effective et Effet d'Écran
Dans les atomes polyélectroniques, les électrons interagissent entre eux, ce qui complique la détermination exacte de l'énergie des orbitales.
5.1. L'Effet d'Écran
Dans un atome ayant plusieurs électrons, un électron externe n'est pas soumis à la force d'attraction totale du noyau ( protons) car les électrons internes (plus proches du noyau) font écran (ou écranent) une partie de cette charge nucléaire. Cela réduit la force attractive ressentie par l'électron externe. Cet effet est appelé effet d'écran.
5.2. Charge Nucléaire Effective ()
Pour tenir compte de cet effet, John Slater a introduit la notion de charge nucléaire effective ( ou ). Il s'agit de la charge positive "réelle" du noyau ressentie par un électron donné. Par définition, . La formule de calcul est : Où :
est la constante d'écran, un coefficient empirique qui quantifie l'efficacité avec laquelle un électron situé entre le noyau et l'électron diminue l'attraction nucléaire ressentie par l'électron .
5.2.1. Règles de Slater pour le calcul des constantes d'écran
Pour calculer les , les orbitales atomiques sont regroupées selon l'ordre : Puis, des règles empiriques sont utilisées :
Les électrons situés dans des groupes plus éloignés du noyau que l'électron considéré () ne contribuent généralement pas à l'écran ().
Les électrons du même groupe que ont des valeurs de (souvent 0,35).
Les électrons des groupes plus proches du noyau ont des valeurs de plus importantes (par exemple, 0,85 ou 1,00).
Tableau des constantes de Slater (extrait) :
ej | 1s | 2s, 2p | 3s, 3p | 3d | 4s, 4p | 4d | 4f | 5s, 5p | |
|---|---|---|---|---|---|---|---|---|---|
ei | 1s | 0,31 | 0 | 0 | 0 | 0 | 0 | 0 | 0 |
2s, 2p | 0,85 | 0,35 | 0 | 0 | 0 | 0 | 0 | 0 | |
3s, 3p | 1 | 0,85 | 0,35 | 0 | 0 | 0 | 0 | 0 | |
3d | 1 | 1 | 1 | 0,35 | 0 | 0 | 0 | 0 | |
4s, 4p | 1 | 1 | 0,85 | 0,85 | 0,35 | 0 | 0 | 0 | |
4d | 1 | 1 | 1 | 1 | 1 | 0,35 | 0 | 0 | |
4f | 1 | 1 | 1 | 1 | 1 | 1 | 0,35 | 0 | |
5s, 5p | 1 | 1 | 1 | 1 | 0,85 | 0,85 | 0,85 | 0,35 |
5.2.2. Applications de
La charge nucléaire effective est cruciale pour comprendre et prédire plusieurs propriétés atomiques et chimiques :
Elle permet d'estimer des propriétés comme le rayon atomique () : plus est élevée, plus les électrons sont fortement attirés et plus le rayon est petit.
L'énergie des électrons () : l'énergie d'ionisation est directement liée à via la relation : Où est le nombre quantique principal du groupe auquel appartient l'électron externe ( pour ou , pour , etc.).
Le potentiel de première ionisation () : l'énergie nécessaire pour arracher le premier électron d'un atome. Un élevé indique un potentiel d'ionisation élevé.
Le concept de charge nucléaire effective et les règles de Slater sont des outils précieux pour rationaliser les tendances observées dans le tableau périodique et expliquer le comportement c
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