Relations Internationales
40 kartExploring the historical and theoretical foundations of International Relations as a field of study, from ancient thinkers to modern paradigms and modern paradigms, including realism, liberalism, and constructivism. Examining the role of states, non-state actors, and globalization in shaping contemporary global dynamics.
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Les Relations Internationales : Concepts Fondamentaux et Théories
Les Relations Internationales (RI) désignent l'étude des interactions entre acteurs sur la scène mondiale. Si les échanges et conflits ont toujours existé entre communautés, les RI en tant que discipline autonome sont un phénomène plus récent, structuré autour de questionnements spécifiques.
I. L'Origine des Relations Internationales : De l'Empirique à la Théorie
A. Les Précurseurs de la Réflexion sur les RI
Thucydide (Grèce ~ -400 av. J-C) : Considéré comme le père fondateur des RI occidentales.
Auteur de l'Histoire de la guerre du Péloponnèse (Athènes vs Sparte).
Introduit une perspective positive (s'intéresse à ce qui est) et non normative.
Théorise l'impérialisme comme une "stratégie de conquête visant la domination".
Confucius (Monde asiatique) : Théorise les relations entre royaumes chinois, visant une réunification vertueuse.
Kautilya (Inde ~ -300) : Surnommé le "Machiavel indien", il rédige un traité sur l'art de gouverner incluant les relations entre royaumes.
B. L'Émergence du Terme et de la Discipline
Fin du XVIIIe siècle : Jeremy Bentham utilise pour la première fois le terme "international" (1789) pour désigner les relations inter-étatiques.
XIXe siècle : Les RI sont étudiées principalement par l'histoire diplomatique (centrée sur documents officiels et acteurs étatiques) et le droit international (centré sur les engagements juridiques et le principe Pacta sunt servanda).
Critiques des disciplines mères :
L'histoire diplomatique est critiquée par l'École des Annales (dès 1930) pour son approche événementielle et son focus sur le "haut" des acteurs, négligeant les mouvements sociaux-économiques de longue durée.
Le droit international surévalue le poids des obligations juridiques, sous-estimant les rapports de force réels.
XXe siècle : Les RI se construisent en tant que science sociale du politique, s'intéressant à "ce qui est" plutôt qu'à "ce qui devrait être".
Après la Première Guerre mondiale : Création des premiers cours de RI dans les universités anglo-saxonnes (années 1920) pour "comprendre et empêcher une nouvelle catastrophe".
C. Défis et Évolutions de l'Étude des RI
Prédictibilité insuffisante : Les spécialistes n'ont pas toujours anticipé les grands changements (décolonisation, fin de la Guerre Froide).
Exemple : Emmanuel Todd (démographe), en 1976 dans La Chute finale, a prédit la désintégration interne du bloc soviétique sur la base de données démographiques, contredisant les spécialistes des RI de l'époque.
Importance croissante de l'ordre interne : Les dynamiques internes aux États influencent fortement leurs relations internationales.
Mondialisation et Acteurs non-étatiques :
La mondialisation et la globalisation ont révélé la diversification des acteurs des RI (ONG, FTN, organisations internationales, individus, mafias, groupes terroristes).
Ces acteurs ont une action transnationale, parfois autonome vis-à-vis des États.
Les RI sont caractérisées par des interdépendances asymétriques entre États et entre autres acteurs.
II. Les Grands Paradigmes des Relations Internationales
A. Nature de la Théorie en RI
Une théorie vise à simplifier le réel pour l'expliquer, mais elle est intrinsèquement réductrice.
Risque d'idéologisation : une théorie ne doit pas devenir un dogme, mais rester un modèle évolutif face à la réalité.
B. Présentation des Paradigmes
On distingue 3/4 grands paradigmes au XXe siècle :
Le Paradigme Libéral (ou Idéaliste) : met l'individualisme éthique au cœur.
Le Paradigme Marxiste (ou de la Dépendance) : met la lutte des classes au cœur.
Le Paradigme Classique/Réaliste : met l'État (acteur dominant) au cœur.
Le Paradigme Constructiviste : une critique transversale des trois premiers.
C. Le Paradigme Libéral
Inspiré par Locke et Kant, il croit en la possibilité d'une paix internationale durable.
John Locke (contractualiste) :
Le pouvoir est limité par les droits naturels (famille, propriété, liberté).
Le contrat social est un "contrat de dépôt" : le peuple peut reprendre le pouvoir s'il devient tyrannique.
Emmanuel Kant (Vers la paix perpétuelle, XVIIIe siècle) :
La paix durable est possible, la guerre étant un état temporaire.
Conditions de paix perpétuelle :
Régimes républicains : moins enclins à faire la guerre (consentement des citoyens).
Droit international : possibilité d'une "ligue des nations" produisant du droit.
Cosmopolitisme : échanges pacifiques et interdépendance entre peuples ("hospitalité").
Discours des 14 points de Wilson (après 1GM) :
Inspiré par le libéralisme, il prône une diplomatie transparente, la création d'une association de nations (SDN), le droit des peuples à disposer d'eux-mêmes, et l'ouverture commerciale.
D. Le Paradigme Marxiste
Fonde son analyse sur les classes sociales et la lutte des classes, dans une perspective matérialiste.
Matérialisme : Les idées sont contingentes de la matière ; l'existence est déterminée par les conditions matérielles.
Infrastructure et Superstructure :
L'infrastructure (rapports de production, lutte des classes) est le moteur de l'histoire.
La superstructure (État, religion, institutions) est un reflet de l'infrastructure, au service des dominants.
RI et économie : Les RI, y compris inter-étatiques, sont déterminées par des enjeux économiques et les intérêts des classes dominantes dans l'infrastructure.
Exemple : La lutte coloniale expliquée par l'appropriation des ressources.
E. Le Paradigme Réaliste
Se construit dans les années 1930 en réaction à l'idéalisme libéral, mettant l'État souverain au centre des RI.
Contexte de formation : Échec de la SDN, crise de 1929, montée des fascismes.
Penseurs clés :
E.H. Carr (The 20 Years' Crisis, 1939) : Critique l'internationalisme libéral qu'il juge utopique.
Machiavel (Le Prince, XVe siècle) : Le réalisme politique prône l'amoralité et l'efficacité de l'action politique.
"Il n'existe pas de principe moral absolu qui puisse s'imposer aux États", qui sont souverains.
La morale est toujours celle des dominants (Carr).
Hans Morgenthau (Politics among Nations, 1948) :
S'appuie sur Hobbes et sa conception pessimiste de l'état de nature (guerre de tous contre tous).
Analogie État de nature et scène des RI : Les États agissent égoïstement, la scène internationale est anarchique, l'état naturel des RI est la guerre (la paix est une suspension).
L'anarchie persiste car les États sont souverains et ne peuvent avoir de "supérieur commun" (pas de Léviathan mondial).
La balance of power (équilibre des puissances) est le seul moyen d'empêcher la guerre.
"La politique internationale, comme toute politique, est une lutte pour la puissance".
F. La Puissance et la Souveraineté selon le Réalisme
La Souveraineté de l'État Moderne :
Souveraineté interne : Autorité exclusive sur son territoire et sa population (principe d'exclusivité de la compétence territoriale, intangibilité des frontières, mais qui sont socio-historiquement déterminées). Issue du conflit temporel/spirituel (Philippe le Bel vs Boniface VIII, 1302 : "le roi de France n'a pas de souverain dans son royaume").
Souveraineté externe : Reconnaissance réciproque des États comme égaux (Traité de Westphalie, 1648). C'est un principe d'égalité juridique formelle.
Distinction Souveraineté vs Indépendance : La souveraineté est un principe juridique égal, l'indépendance est une situation politique concrète et asymétrique. Les "quasi-États" (Jackson) ont une souveraineté négative (manque de ressources pour fonctions régaliennes).
La Puissance (Morgenthau) :
Principe agrégatif, somme de critères matériels (capacité militaire et industrielle, territoire, démographie) et humains (savoir scientifique, qualité de formation, diplomatie, caractère national).
Hard Power (Nye) : Puissance militaire et économique coercitive.
Soft Power (Nye) : Capacité d'attraction et de persuasion (culture, valeurs politiques, politique étrangère).
La puissance est toujours relative et interactionniste.
L'Anarchie et le "Self-Help" : En l'absence de supérieur commun, les États privilégient l'intérêt national et la survie (principe du "self-help").
Équilibre des puissances ("Balance of Power") : Stratégie pour éviter l'hégémonie et la guerre en constituant des blocs équilibrés (Ex: Guerre Froide et "Pax Atomica" d'Aron).
III. Les Instruments des Relations Internationales : Diplomatie et Guerre
A. La Diplomatie
Définition : Moyen privilégié de dialogue et de négociation entre États, visant à faire avancer les intérêts nationaux. C'est à la fois un principe d'égalité juridique et un révélateur des rapports de force.
Historique :
Antiquité : Missions ponctuelles.
XVe siècle (Italie du Nord) : Premières ambassades permanentes.
1589 : Création du ministère des Affaires étrangères en France.
XVIIe-XVIIe siècles : Développement du "corps diplomatique" et de ses privilèges (Traité de Westphalie).
Fonctions :
Pacificatrice : Résolution des tensions en amont ou des conflits en aval.
Négociation : Échange d'informations et recherche de compromis.
Diplomatie coercitive (Schelling, 1966) : Utilisation de la pression (sanctions, menaces militaires, isolement) pour modifier le comportement d'un État. Existe une grande porosité avec la guerre.
B. La Guerre
Clausewitz (De la guerre) : La guerre est la "poursuite de la politique étrangère par d'autres moyens que la diplomatie". C'est un instrument politique au service d'objectifs politiques (ex: soumission, paix stable).
Guerre "nécessaire" (Machiavel) :
La guerre est inévitable et fait partie du quotidien de la politique ("un prince ne doit avoir comme objet que de penser à la guerre").
"La guerre est juste pour ceux à qui elle est nécessaire".
Deux types : pour la survie (défense) et de nature politique (ressouder une nation).
Jugée par son efficacité, non par la morale.
Guerre "juste" (Saint Thomas d'Aquin à Michael Walzer) : Perspective idéaliste.
Saint Thomas d'Aquin (Moyen Âge) : Conditions pour une guerre moralement acceptable.
Auctoritas Principis : Menée par une autorité légitime.
Causa justa : Réponse à une faute de l'adversaire.
Lucentio recta : Intention pure, respect des règles.
Michael Walzer (Just and Unjust Wars, 1977) : Distingue 3 temps de la guerre.
Jus ad bellum (droit de faire la guerre) : Raisons légitimes, dernier recours.
Jus in bello (droit dans la guerre) : Comportement pendant le conflit, encadré par le droit international (violence proportionnée).
Jus post bellum (droit après la guerre) : Conditions de fin de guerre (traités équitables).
Walzer : "La guerre est toujours jugée deux fois" (sur les raisons et les moyens), ces jugements sont indépendants.
Intègre un calcul de probabilité : La probabilité de succès doit être raisonnablement supérieure à celle de défaite.
La "guerre juste" est aussi une lutte de légitimation médiatique.
La décision d'entrée en guerre (F. Pouponneau, Entrée en guerre au Mali, 2022) :
Pas la décision d'un seul homme, mais un enchaînement de micro-décisions bureaucratiques (Allison, L'essence de la décision sur la crise de Cuba).
Négociations entre ministères, complexe militaro-industriel. Le PR a un "droit de veto" plutôt qu'un pouvoir de décision solitaire.
La guerre peut avoir des "causes bureaucratiques" (ex: l'opération Serval/Barkhane au Mali a permis à l'armée de montrer son utilité, tester du matériel...).
La guerre comme "politique publique".
IV. Le Monde Post-Westphalien et les Nouveaux Acteurs
A. La Remise en Cause du Réalisme et de la Centralité de l'État
Après la 2GM et pendant la GF : Dominance du réalisme.
Fin XXe siècle : Remise en cause du monde westphalien (centralité et souveraineté de l'État) par le "haut" (globalisation) et le "bas" (revendications infranationales).
B. Mondialisation et Globalisation
Mondialisation : Transformations économiques tendant à un marché mondial unique (biens, services, capital, travail). Liée au libéralisme économique et à l'incapacité croissante des États à contrôler les flux. Réaffirmation des idées marxistes (l'économie domine le politique).
Globalisation (années 60-70) : Phénomènes plus larges, incluant le socio-culturel :
"Transnationalisation des relations sociales et culturelles".
Révolution des transports et des technologies de l'information.
Changement d'échelle des enjeux (globaux).
Conséquences : Interrogation sur la fin de la puissance des États et l'uniformisation des cultures.
C. Thèses sur l'Évolution du Monde Globalisé
Francis Fukuyama (La fin de l'histoire et le dernier homme, 1992) :
Prophétise la "victoire idéologique du libéralisme" (économique, politique, culturel) après la fin du bloc de l'Est.
Monde "unipolaire" dominé par le modèle occidental.
Samuel Huntington (Le Choc des civilisations, 1996) :
Réfute Fukuyama : le monde post-Guerre Froide est "multipolaire", structuré par des "blocs culturels/civilisationnels" en tension (ex: Occident vs monde musulman).
Les identités culturelles (souvent religieuses) déterminent les rapports sociaux et politiques.
Thèse critiquée pour son caractère "chosifiant et essentialisant".
Arjun Appadurai (Modernity at Large, 1993) :
Anthropologue de la globalisation : les circulations (humaines, technologiques, financières, médiatiques, idéologiques) produisent de "nouveaux paysages imaginaires" ("ethnoscapes"...).
Inspiration de Benedict Anderson (capitalisme de l'imprimé identités nationales) pour le "capitalisme de l'électronique" transnationalisation des communautés de sentiments.
La globalisation multiplie les "réinventions identitaires" (pas d'uniformisation).
Glocalisation : Réinterprétation locale du global.
Vers un "monde post-national" où les identités dépassent les cadres étatiques.
D. Impact sur l'État et le Néo-régionalisme
Marie-Claude Smouts : L'action politique se déploie de moins en moins dans le cadre de l'État-nation car les problèmes publics sont devenus "globaux/transnationaux".
Néo-régionalisme : Coopération et stratégies régionales (ONU, UE, OTAN, COP) sont des réponses plus adaptées aux défis globaux.
Revendications identitaires infranationales (Deloye) : Mouvements "ethnonationalistes" contestent le cadre de l'État-nation (ex: Pays Basque, guerres de Bosnie).
L'État contemporain ne peut plus revendiquer la loyauté exclusive de ses citoyens, qui est devenue "plurielle". Entrée dans un "ordre post-étatique" ou "post-westphalien".
V. Les Nouveaux Acteurs des RI (1) : Les Organisations Internationales (OI)
A. Définition et Origines
Définition : Structures de coopération inter-étatique, poursuivant un but commun via un organe autonome. La question est de savoir si elles sont des acteurs autonomes ou de simples scènes.
Premières idées : Projets de "paix perpétuelle" (Charles-Irénée Castel de St Pierre, Kant) au XVIIIe siècle, visant une fédération d'États.
Premières OI concrètes (XIXe siècle) : Initialement techniques.
1815 : Commission Centrale pour la Navigation du Rhin.
1874 : Union Postale Universelle.
1883 : Union pour la Protection de la Propriété Industrielle.
Premières OI politiques :
1919 : Société des Nations (SDN) et Organisation Internationale du Travail (OIT).
1945 : Organisation des Nations Unies (ONU).
B. L'Organisation des Nations Unies (ONU)
Création : Charte signée le 25 juin 1945, entrée en vigueur en octobre 1945.
Principes fondateurs : Maintenir la paix et la sécurité, développer les relations, soutenir la coopération internationale, surveiller l'intangibilité des frontières, produire du droit international.
Organes principaux :
Assemblée Générale (AG) :
Plénière : Tous les États membres représentés.
Fonctionnement : "Un État = une voix" (égalité formelle).
Rôle : Consultatif (résolutions avec portée de recommandation). Pouvoir de nomination du Secrétaire Général (sur recommandation du Conseil de Sécurité) et sur le budget.
Secrétaire Général : Chef de l'administration et président de l'ONU, mandat de 5 ans.
Conseil de Sécurité (CS) :
"Véritable pouvoir de décision" et de contrainte.
Composition : 15 membres.
5 membres permanents : USA, Russie, Chine, France, Royaume-Uni.
10 membres non-permanents : élus pour 2 ans, répartis géographiquement.
Règles de vote (Article 27) : 9/15 votes affirmatifs, dont ceux des 5 permanents pour les questions de fond ("droit de veto"). L'abstention d'un membre permanent vaut approbation.
Conseil Économique et Social (ECOSOC).
Conseil de Tutelle (intervient ponctuellement).
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