Questions contemporaines
50 kartExploration de l'évolution de la République française, de la Révolution aux régimes politiques successifs, incluant des concepts clés et des figures majeures.
50 kart
Cet ensemble de notes explore l'évolution de la notion de République et de l'État en France, depuis l'Ancien Régime jusqu'au Second Empire, en passant par les bouleversements de la Révolution française. Il met en lumière les transformations des idées politiques, les ruptures et les continuités.
Les Périodes Historiques et l'Entrée dans la Période Contemporaine
Antiquité → Moyen Âge → fin XVIIIe siècle = période contemporaine.
La Révolution française marque l'entrée dans la période contemporaine.
La guerre est un transformateur de confiance politique.
L'Ancien Régime : Absolutisme et Raison d'État
L'Absolutisme
Le pouvoir absolu était perçu comme un moyen de modérer les passions religieuses.
Appel à la tolérance afin de pacifier la société.
La Raison d'État
Notion ambivalente : elle autorise le Prince à agir en dehors de la morale commune.
Néanmoins, la raison d'État a pour mission première la concorde universelle.
Monarchie et sentiment national
Le sentiment national émerge des populations gallo-romaines et franques.
La monarchie, passant de féodale à absolue (Ancien Régime), produit l'idée de nation.
L'État et la République avant la Révolution
L'État
L'État est le garant de la communauté de vie.
Il est un instrument de pacification.
La République
La République peut être comprise comme une éthologie de la vie publique.
Elle n'est pas immédiatement opposée à la monarchie.
Le terme devient parfois flou, voire décoratif.
Elle réapparaît fortement au XVIe siècle (guerres de Religion) comme instrument de pacification.
Elle est alors soutenue par l'absolutisme monarchique.
Jean Bodin et la Conception de la République
Œuvre : Les Six Livres de la République.
Objectif : restaurer l'unité politique menacée par les divisions religieuses.
Définition : « Droit gouvernement de plusieurs ménages et de ce qui leur est commun, avec puissance souveraine ».
La République est distincte de la tyrannie :
Le tyran méconnaît la chose publique.
La République est la défense publique, une communauté de vie.
Bodin fait l'apologie de la monarchie royale légitime.
Pour Bodin, République = État.
Notion de Souveraineté
Les pouvoirs régaliens sont des prérogatives exercées exclusivement par le souverain :
Légiférer
Battre monnaie
Rendre justice
Gracier
Déclarer la guerre
La souveraineté est un ensemble de prérogatives exorbitantes.
Évolution sémantique de la République
La République est omniprésente dans les discours, mais des transferts de souveraineté (UE) et la perte du pouvoir législatif réel affaiblissent sa portée.
Au XVIIIe siècle, il y a un glissement sémantique : la République n'est plus synonyme de puissance souveraine.
Montesquieu et la Théorie des Gouvernements
Méthode d'analyse
Il distingue :
La nature : l'organisation institutionnelle.
Le principe : la passion dominante.
Son œuvre, L'Esprit des lois (1748), considère l'influence des lois, du climat, des mœurs, de la psychologie et de l'histoire.
Les Formes de Gouvernement selon Montesquieu
Forme de Gouvernement | Description | Principe Dominant | Exemple |
Démocratie | Le peuple entier gouverne. | La vertu (amour de l'égalité et du bien commun) | Athènes antique |
Aristocratie | Une partie du peuple gouverne. | La vertu/ modération | Rome antique (république aristocratique) |
Monarchie | Gouvernement d'un seul sous des lois fixes. | L'honneur | La France sous l'AR |
Despotisme | Gouvernement d'un seul sans lois. | La crainte | Empire Ottoman |
Comparaison Bodin / Montesquieu
Bodin | Montesquieu | |
République | = État | = Mode de gouvernement (aristocratique ou démocratique) |
Monarchie | Apologie de la monarchie royale légitime | S'oppose à la monarchie héréditaire |
État | N'est pas une notion autonome des régimes | Notion d'État autonome des régimes |
La République, Démocratie et l'Opposition aux Anciens Régimes
Au XVIIIe siècle, République = Démocratie selon Rousseau.
La République s'oppose à la monarchie, l'aristocratie et la dépendance personnelle.
Robespierre affirme que la République est une démocratie et que son essence est l'égalité.
La Révolution Française : Rupture et Construction
Rupture avec l'Ancien Régime (AR)
L'AR est caractérisé par la féodalitéet la monarchie absolue.
Il y a une volonté d'unification négative du passé et de construction d'une identité nouvelle.
Continuités Révolutionnaires
La centralisation administrative est un héritage de l'AR.
La Révolution est à la fois politique et administrative (d'où l'idée « Comment la Révolution est sortie de ce qui la précède »).
Nature de la Révolution
C'est une force d'imagination et une dynamique inachevée.
Saint-Just : « On ne fait pas la révolution à moitié ».
La Révolution est perçue comme un avenir, une catégorie de l'entendement.
Symboles de Rupture et Centralisation
Des compromis sont nécessaires entre l'ancienne et la nouvelle France.
Symboles de rupture : calendrier révolutionnaire, création des départements, destruction des symboles royaux.
L'exécution de Louis XVI (1793) est une attaque symbolique (nécropole royale, vandalisme).
Cela marque la naissance d'une conscience patrimoniale (Abbé Grégoire).
Conséquences de la Destruction de l'AR
La Révolution mène à la création d'un pouvoir central immense.
Elle engendre une précarité permanente de l'ordre politique.
L'Individu face à l'État
Centralisation et Individu
La centralisation monarchique entraîne la disparition des pouvoirs intermédiaires.
L'individu se retrouve isolé face à l'État, entraînant la crainte de l'arbitraire.
La dénonciation des abus développe la conscience individuelle.
Droits et Libertés
Le pouvoir est perçu comme une menace.
Les droits et libertés sont issus de la nature humaine.
Montesquieu : la crainte est le signe du despotisme.
Fin du Secret Politique
L'héritage cartésien (doute) mène à la critique des matières d'État et à la remise en cause de la raison d'État.
Les « arcana imperii » (mystères du pouvoir) sont dénoncés, marquant la fin du secret politique.
Philosophie des Lumières et Idées Révolutionnaires
Découverte de l'Historicité
Opposition entre rite et méthode.
L'Encyclopédie est une œuvre collective, symbole du progrès scientifique et moral.
Condorcet explore le Tableau historique des progrès de l'esprit humain.
Figures Majeures des Lumières
Montesquieu :
Libéralisme aristocratique.
Théorie de la séparation des pouvoirs.
Voltaire :
Partisan du despotisme éclairé.
Défense de la tolérance et du pouvoir de l'opinion publique (Affaire Calas, condamné à mort en 1762).
Voltaire ne croit pas au pouvoir du peuple
Rousseau :
Théorie de la souveraineté populaire.
Conception de la volonté générale et rejet de la représentation.
La Déclaration des Droits de l'Homme et du Citoyen (DDHC) d'août 1789
Elle est considérée comme un catéchisme moderne, un texte polémique anti-AR.
Elle est préalable et supérieure à la Constitution.
Principes Clés de la DDHC
a) Liberté
Les droits naturels et imprescriptibles incluent la liberté individuelle.
Rupture avec :
Les libertés concrètes.
Les privilèges.
L'appartenance aux corps.
Elle instaure l'individualisme juridique et la propriété individuelle.
b) Loi (article 6)
La loi est l'expression de la volonté générale.
Elle est caractérisée par sa généralité et l'égalité devant la loi.
Elle s'oppose aux privilèges et est un instrument d'émancipation.
c) Constitution (article 16)
La Constitution garantit les droits et contient la séparation des pouvoirs.
Elle promeut les droits individuels.
Principe de Contestation
La DDHC inclut le droit de résistance à l'oppression.
Elle exprime la notion d'« éternité de l'inachèvement ».
La Chute de la Monarchie et la Naissance de la République
L'échec de la monarchie constitutionnelle est marqué par la fuite à Varennes (mort symbolique de la royauté).
Le veto royal entraîne une rupture définitive.
Le 10 août 1792 marque la chute de la monarchie.
La République naît entre 1792 et 1794 (Terreur).
La Bataille de Valmy (20 septembre 1792) symbolise la nation incarnée : « Vive la Nation ! ».
Le Procès de Louis XVI et ses Enjeux
Le procès est l'objet central des luttes partisanes au sein de la Convention.
Il révèle deux conceptions inconciliables de la Révolution et de la République.
La Position Girondine
Les Girondins sont un parti belliciste et légaliste -> opposé au partis de Robespierre et St Just.
Ils se réfèrent strictement à la Constitution de 1791 : le roi est inviolable et sacré, donc pénalement irresponsable.
Conséquences : la Convention ne peut être un tribunal ; seule la déchéance est possible.
Ils souhaitent rester dans la légalité constitutionnelle.
La Position Montagnarde (Robespierre et Saint-Just)
Les Montagnards refusent de juger le Roi comme un simple homme.
L'enjeu est la rupture politique: Louis XVI est jugé comme un ennemi de la République.
Saint-Just : « Nous avons moins à le juger qu'à le combattre », « On ne peut point régner innocemment ».
La condamnation est perçue comme un acte fondateur républicain et un message aux tyrans.
Conséquences de l'Exécution
Louis XVI est guillotiné en 1793.
Sa mort, perçue comme chrétienne, a une dimension symbolique forte.
La République est désormais indissociable de cet acte.
La condamnation du Roi est un acte proprement républicain.
La Constitution de 1793 (de l'an I)
Elle n'a jamais été appliquée, mais reste une référence idéalisée de la conscience républicaine.
Malgré son inapplication, la République s'y reconnaît.
Une partie de la gauche républicaine s'identifie fortement aux Montagnards.
Innovations Majeures de la Constitution de 1793
Elle complète la DDHC de 1789, confirmant les droits individuels.
Elle innove par la reconnaissance de droits économiques et sociaux.
Elle affirme la souveraineté populairepar des référendums et le droit et devoir d'insurrection.
Le droit et devoir d'insurrection correspond au fait que la souveraineté appartient au peuple et que le gouvernement
n'est qu'un mandataire. Donc s'il trahit la volonté populaire il devient illégitime et le peuple DOIT le renverser.
Organisation des Pouvoirs (théorique)
Elle institue un régime d'assemblée avec le suffrage universel direct.
L'assemblée doit être renouvelée chaque année.
Elle met fin à la distinction citoyens actifs/passifs.
C'est l'antithèse totale de la monarchie (associée à l'arbitraire).
L'association régime d'assemblée + suffrage universel est fondatrice dans la tradition républicaine.
Le Gouvernement Révolutionnaire et la Terreur
La Constitution de 1793 n'est pas appliquée : un gouvernement d'exception est mis en place pour sauver la Révolution.
Organisation du Gouvernement Révolutionnaire
Concentration des pouvoirs.
Le Comité de Salut Public :
Composé de 12 membres, élus pour un mois, rééligibles.
Dirigé par Robespierre.
Rapport du 25 décembre 1793 de Robespierre théorise ce gouvernement.
Distinction Gouvernement Constitutionnel / Révolutionnaire
Gouvernement Constitutionnel | Gouvernement Révolutionnaire | |
Objectif | Maintenir la République | Fonder la République |
Règles | Prédéfinie | Moins rigoureuses |
Principe Central | Egalité | Protection aux bons révolutionnaires, mort aux ennemis |
Mécanismes de la Terreur
La peur de la conspiration est permanente et les ennemis supposés se multiplient.
Une dialectique de surenchère répressive ↔ multiplication des ennemis s'installe.
Les lois emblématiques :
Loi des suspects (1793) : définition vague, vise ceux qui n'ont rien fait pour la liberté.
Loi de Prairial an II : aggrave la répression, supprime les garanties procédurales.
Absence de défenseur pour l'accusé : deux issues, acquittement ou mort.
Notion extensible d'« ennemi du peuple » qui vise :
Les antirévolutionnaires.
Les militaires, fonctionnaires.
La passivité est punie ; le citoyen activiste (sans-culotte) est inventé.
Chute de Robespierre et Fin de la Terreur
Les accusations générales créent une peur parmi les conventionnels.
Robespierre est blessé, puis guillotiné, marquant la fin de la Terreur.
Une légende noire se développe, l'accusant de tyrannie (gravure Robespierre guillotinant le bourreau).
La Révolution conserve une rhétorique de l'ennemi.
Conclusion de la Période Révolutionnaire
La Révolution révèle sa part sombre (guillotine, Terreur).
Il faut attendre Napoléon pour rétablir l'ordre.
La Restauration et la Monarchie de Juillet (1814-1848)
Retour des Bourbons
Louis XVIII accepte les acquis de 1789.
Charles X mène une politique réactionnaire :
Alliance du trône et de l'autel.
Sacre anachronique.
Chute en 1830, échec progressif à cause de l'autoritarisme de Charles X
La Monarchie de Juillet (Louis-Philippe Ier)
Révision de la Charte : un compromis entre la monarchie et la souveraineté nationale.
La monarchie est nationalisée.
L'idée de nation s'enrichit (histoire, sentiment, héritage) :
Michelet : « la nation est une personne ».
Renan : la nation comme volonté.
Naissance du roman national.
Le refus de la réforme électorale et la Campagne des Banquets (Banquets servent de prétexte pour contourner l'interdiction des réunions politiques) mènent à la Révolution de 1848.
Ceci entraîne un discrédit définitif de la monarchie.
La Deuxième République (1848-1852)
L'Esprit de 1848
Un enthousiasme général avec des arbres de la liberté.
Réconciliation des deux France : christianisme et République sont compatibles.
La symbolique de la vie s'oppose à la guillotine.
Réformes Majeures
Établissement du suffrage universel masculin (21 ans, 8 millions d'électeurs).
Instauration de l'indemnité parlementaire.
Affirmation des libertés publiques.
Abolition de l'esclavage (27 avril 1848) et de la peine de mort politique.
Devise : Liberté – Égalité – Fraternité.
Création des ateliers nationaux (Louis Blanc).
Victoire des républicains modérés.
Ruptures et Conflits
La fermeture des ateliers nationaux provoque lesJournées de juin 1848.
La répression menée par Cavaignac entraîne une rupture entre la République et la classe ouvrière.
Naissance du séparatisme ouvrier et influence du socialisme et du marxisme.
La Constitution de 1848
Pouvoir législatif : Assemblée unique (750 membres).
Pouvoir exécutif : Président élu au suffrage universel, mandat de 4 ans non renouvelable immédiatement.
Séparation stricte des pouvoirs.
Élection de Louis-Napoléon Bonaparte.
De la Deuxième République au Second Empire
La loi électorale du 31 mai 1850 est une restriction déguisée du suffrage universel.
Le conflit Grand entre le Président et l'Assemblée mène au Coup d'État (1851).
Rétablissement du suffrage universel et plébiscite : la légalité est sacrifiée à la volonté populaire. C'est le césarisme démocratique.
Le Second Empire
La Constitution de 1852 instaure un pouvoir personnel.
L'Empire est perçu comme un prolongement de la République.
Napoléon III devient Empereur des Français en 1852.
Conclusion Générale
La période montre une radicalisation révolutionnaire et l'échec des compromis.
La République est alors fragile.
Le bonapartisme apparaît comme une synthèse autoritaire et démocratique.
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