Morale cartésienne et union âme-corps
52 kartExploration de la morale provisoire et de la relation entre l'âme et le corps dans la philosophie de Descartes.
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<h2>0. Introduction : Commencement et Forme en Philosophie</h2>
<p>Bien commencer en philosophie, c'est adopter une approche structurée, en s'appuyant particulièrement sur la notion de <b>forme</b>.</p>
<ul>
<li>Une <b>forme</b> est un mixte d'absences et de présences, de visible et d'invisible. Par exemple, une empreinte de pied dans le sable est une présence par une double absence (l'obscurité du soleil et l'absence du pied).</li>
<li>La forme conduit à l'idée d'<b>information</b> (le poids, le sexe, la taille de la personne).</li>
<li>Les formes établissent une relation entre ce qui est présent/réel et ce qui est absent mais tout de même réel.</li>
<li>Une forme se distingue par sa relation à une <b>matière</b>, permettant de cerner et d'établir des rapports entre les choses.</li>
</ul>
<p>Pour être efficace en philosophie, il faut renoncer à nos croyances et à l'idée préconçue de la "vraie vérité". Il s'agit d'adopter une attitude de frustration et de renoncer à ce qui est populaire. Une vie de pure subjectivité est un excès qui conduit à un conflit pour le monde, empêchant un véritable savoir. Le sens commun ne s'étonne pas, car il pense savoir.</p>
<blockquote>Dans la balance de notre pensée, la croyance est plus facile à penser que le savoir.</blockquote>
<h3>Méthode de la Dissertation Philosophique</h3>
<p>La dissertation est définie par soustraction, en éliminant ce qu'elle n'est absolument pas :</p>
<ul>
<li>Ce n'est pas un examen d'opinions ou une tribune politique. Il ne s'agit pas de convaincre de nos opinions, mais d'examiner la validité d'une idée.</li>
<li>Ce n'est pas une récitation de dictionnaire. Définir un mot ne consiste pas à copier une définition figée, mais à voir comment le sens d'un mot varie dans le contexte du sujet.</li>
<li>Ce n'est pas une récitation de citations. Les citations ne doivent pas servir d'arguments d'autorité. Il faut interroger pourquoi l'auteur a dit cela, dans quel contexte, et quelles sont les limites de cette pensée.</li>
<li>Ce n'est pas une histoire de la philosophie. Le correcteur demande la logique des idées, pas leur chronologie. L'ordre chronologique est souvent l'ennemi de l'ordre logique.</li>
<li>Ce n'est pas une question rhétorique vide. Questionner sert à problématiser. Il ne faut pas poser de fausses questions.</li>
<li>Ce n'est pas le traitement d'un sujet voisin. C'est le hors-sujet le plus "vertueux": reformuler le sujet que l'on aurait aimé avoir.</li>
</ul>
<p>Il est crucial de réfléchir aux <b>présupposés</b> de la question, c'est-à-dire ce que l'on acquiert sans preuve comme une évidence et qui permet de poser la question.</p>
<p><b>Objectif d'une dissertation</b> : un mouvement progressif de pensée, une progression dialectique (thèse, objections, ajustements).</p>
<p><b>Concepts clés</b> :</p>
<ul>
<li><b>Docere</b> : instruire, fournir les informations.</li>
<li><b>Dicere</b> : énoncer de façon pertinente.</li>
<li><b>Ducere</b> : prendre une décision, amener à un jugement.</li>
</ul>
<h2>1. La Justice</h2>
<p>La justice, loin d'être un concept simple, est intrinsèquement liée à la structure sociale et à la question de l'État.</p>
<h3>L'État et le Monopole de la Violence Légitime</h3>
<p>Toutes les sociétés humaines ont des règles, mais toutes n'ont pas un État.</p>
<blockquote>Max Weber : « L'État revendique pour lui-même le monopole de la violence légitime. »</blockquote>
<ul>
<li>L'État cadre la violence au sein de la société et à l'extérieur (guerre).</li>
<li>La violence légitime est une condition de la justice revendiquée par l'État.</li>
</ul>
<p>La question se pose alors : <b>que devient la justice si l'État concentre la violence ?</b> L'État concentre également certaines catégories de personnes (lycées, prisons, casernes).</p>
<p>L'anarchie défend l'idée d'une <i>justice naturelle</i> (A-arké : sans commandement). Elle refuse l'idée d'avoir un maître, une autorité supérieure. Elle s'oppose à l'idée d'une « violence de l'État » et prône une violence au service des droits humains, une violence juste au nom d'un principe égalitaire.</p>
<blockquote>Montesquieu : « Toute personne qui a du pouvoir est portée à en abuser. »</blockquote>
<h3>La Justice peut-elle exister en dehors de l'État ?</h3>
<p>Si l'État est le seul garant de la justice, pourquoi ? Sinon, qui ou quoi peut prétendre à cette fonction ?</p>
<p>Le philosophe <i>Hobbes</i> soutient que la violence de l'État est légitime car elle permet aux hommes de sortir de leur <i>état de nature</i>, où ils ne sont que des êtres exprimant leur puissance pour soumettre autrui. Cette violence est nécessaire, à condition que tout le monde se plie à elle. Elle permet d'instaurer et de maintenir l'ordre, empêchant chacun de se faire justice soi-même et obligeant à passer par un médiateur (la loi).</p>
<blockquote>La violence de l'État n'est légitime que lorsqu'elle libère les humains de l'état de nature.</blockquote>
<h3>Justice, Droit Naturel et Droit Positif</h3>
<p>Il est crucial de distinguer la <i>Justice</i> du <i>droit naturel</i> (physis) et du <i>droit positif</i> (nomos).</p>
<h4>1.1 Calliclès et le droit du plus fort</h4>
<p>Pour <i>Calliclès</i>, le <i>physis</i> (loi de la nature) et le <i>nomos</i> (loi matérielle) s'opposent. Du point de vue de la nature, le plus grave est de subir, et la loi des faibles est une ruse pour neutraliser le fort. La nature exige d'être capable de violence sans être condamné. Pour Calliclès, c'est une erreur de se distancier de la nature en érigeant des lois humaines, car ces lois sont le fait des faibles qui se réunissent contre les forts. La nature est une force d'élimination des faibles, et la vraie justice devrait encourager cette force. L'État, dans cette perspective, garantirait un rapport de force en faveur des plus forts et non pas la Justice.</p>
<p>Cependant, si les forts se neutralisent mutuellement, la société tout entière s'affaiblit. La justice devrait donc garantir un certain équilibre.</p>
<blockquote>Rousseau, en réponse à cette défense du plus fort, affirme que « le plus fort n'est jamais assez fort pour rester toujours le maître, s'il ne transforme sa force en droit et l'obéissance en devoir ». La justice, pour lui, doit être contre les lois de la violence et soutenir les faibles.</blockquote>
<h4>1.2 La question de la propriété et du travail</h4>
<p>L'État naît de l'expérience humaine fondamentale de la guerre. Les deux points essentiels pour définir un État sont la <b>propriété</b> et l'<b>héritage</b>, ainsi qu'une administration hiérarchique sur un territoire. Ces concepts ont souvent été conquis par la guerre.</p>
<p>L'esclavage, par exemple, était considéré comme un droit de guerre, démontrant que le travail humain est lié à la violence.</p>
<p>D'après Sahlins dans « L'âge de pierre, l'âge d'abondance », les sociétés pré-étatiques travaillaient beaucoup moins. Il semblerait que l'État cristallise une violence initiale plutôt qu'il ne l'efface. Si le travail découle de l'homme et non de la nature, ce n'est pas une fatalité naturelle. Si le travail devient une nécessité, cela justifie et amplifie la violence initiale.</p>
<p>Sahlins soutient que dans certaines sociétés, les conditions de vie précaires n'empêchaient pas le désoeuvrement. Pourtant, dans nos sociétés productivistes, le travail est devenu une valeur essentielle, nous définissant par ce que nous gagnons et par notre travail.</p>
<p>La justice peut avoir plusieurs sens. Le premier, c'est ce qu'on appelle le <b>droit positif</b> (positif dans le sens qu'il a été posé par les codes de lois, le code pénal, le code civil, etc.), en d'autres termes c'est la justice au sens de la <b>légalité</b>, c'est-à-dire ce qui est conforme à la loi.</p>
<p>Les lois antisémites de Nuremberg étaient légales sous le régime nazi mais n'étaient pas légitimes d'un point de vue moral. <b>Légal</b> : ce qui est conforme à la loi, <b>Légitime</b> : ce qui est conforme à la liberté.</p>
<p>On voit donc bien que le droit positif n'est pas suffisant pour déterminer si une action est juste ou non, car en Allemagne nazie, le droit positif était profondément raciste.</p>
<p>Il y aurait alors une justice qui serait supérieure au droit positif, c'est ce que les philosophes appellent le <b>droit naturel</b> (le droit universel que tous les humains possèdent même si aucun code de loi n'est là pour le faire respecter).</p>
<p>C'est en fait une norme morale qui serait indépendante des textes de loi, comme le fait de ne pas tuer ou voler. Le droit positif n'est pas toujours légitime.</p>
<p>Et même d'après le philosophe Pascal, ce droit est même relatif à chaque pays ou à chaque époque.</p>
<blockquote>Pascal : « Plaisante justice qu'une rivière borne ! Vérité au-deçà des Pyrénées, erreur au-delà. »</blockquote>
<p>La justice au sens des lois humaines pour Pascal n'est pas quelque chose de sérieux, elle est plaisante, car elle change en fonction des frontières (en France, le cannabis est prohibé ; en Espagne, il est autorisé). Il ne suffit pas de regarder dans les textes de lois pour trouver la véritable justice non seulement parce que la loi peut être injuste ou illégitime, mais aussi parce que les lois de chaque pays et époques sont différentes. Mais alors :</p>
<p><b>QUELS SONT LES VÉRITABLES CRITÈRES DE LA JUSTICE ?</b></p>
<p>Pour Karl Marx, le véritable critère de la justice est : <b>L'égalité entre les hommes</b>.</p>
<p>Marx explique dans le Manifeste du Parti communiste que toute la violence de l'histoire est la conséquence des rapports de domination entre les classes sociales : <b>Bourgeoisie vs Prolétariat</b>.</p>
<p>Selon Marx, il faut faire une révolution pour mettre fin aux rapports de domination entre les hommes dans une société sans classes.</p>
<p>Mais au contraire, pour un philosophe libertarien comme Robert Nozick, ce qui compte le plus, c'est la <b>liberté individuelle</b> de chacun. Tant que l'ouvrier a signé librement un contrat même s'il est exploité par le capitaliste, on ne peut rien y changer. Selon lui, il est donc inconcevable de répartir les richesses parce que chacun est libre de s'enrichir autant qu'il le souhaite tant qu'il ne force personne à travailler pour lui.</p>
<h2>2. La Vérité</h2>
<p>La notion de <b>vérité</b> est fondamentale en philosophie, car le philosophe est avant tout un chercheur de vérité.</p>
<p>La vérité est une valeur capitale. La qualité d'une dissertation, par exemple, repose sur la capacité à montrer l'importance de la question posée, à évaluer sa pertinence. Une dissertation est un mélange de valeur et d'esprit critique.</p>
<p>La vérité est aussi quelque chose de fondamentalement négatif, dans le sens où elle est une <b>limite</b>.</p>
<p>Pour réussir une dissertation, il faut d'abord renoncer à tout ce qui ressemble à de la philosophie sans en être. Il ne faut pas rester bloqué sur une seule opinion, mais montrer un mouvement de pensée.</p>
<p>Comment la vérité peut-elle être à la fois universelle (partageable) et personnelle ? Cela nécessite une « mémoire philosophique partageable ».</p>
<p>Quand on cherche la vérité, on s'efforce de ne pas se contredire dans notre propos. Cependant, il faut aussi admettre que l'autre détient un savoir que nous n'avons pas. Si l'on pense que l'autre se contredit, c'est probablement que l'on n'a pas compris son propos.</p>
<h3>Les différentes définitions de la vérité</h3>
<p>La première définition de la vérité, c'est la <b>vérité cohérence</b> (ou formelle). Un discours est vrai s'il ne se contredit pas, s'il est cohérent. C'est le cas des vérités logiques et mathématiques. Mais cette définition ne suffit pas, car ce n'est pas parce qu'un discours est cohérent qu'il correspond à la réalité. Je peux parfaitement faire des raisonnements mathématiques sur l'infini ; mes raisonnements sont cohérents, mais est-ce que ça veut dire que l'infinité existe ? On n'en sait rien, car par définition on ne peut pas en faire l'expérience.</p>
<p>Donc, il faut une autre définition de la vérité, c'est la <b>vérité-adéquation</b> : un énoncé est vrai s'il correspond à la réalité. Mais il existe également une troisième définition que nous utilisons : c'est la <b>vérité évidence</b> (une vérité qui ne peut être démontrée mais qui est évidente). Exemple : pour démontrer un théorème en maths, on s'appuie sur un autre théorème qui s'appuie lui-même sur un autre, etc. Mais il faut bien s'arrêter un jour, et on s'arrête lorsqu'on remonte à des principes extrêmement simples qu'on appelle les <b>axiomes</b> (évidents sans démonstrations). Le premier à avoir formulé ces axiomes est EUCLIDE en Grèce antique (il existe toujours une droite qui passe par deux points du plan).</p>
<p>La science est une combinaison de ces trois formes de vérités. Si on ne garde que les vérités évidences ou cohérentes, on ne va pas aller très loin dans notre connaissance du monde. On se contentera de faire des maths, et avec les maths seuls, on ne peut pas découvrir des vérités sur la physique par exemple, ou la biologie.</p>
<p>Mais une question se pose : la science prétend découvrir des vérités sur le monde, mais il peut arriver qu'elle se trompe. Comment distinguer dès lors les sciences des pseudo-sciences (discipline qui prétend être scientifique alors que non, comme l'astrologie) ?</p>
<p>Karl Popper nous dit que le discours scientifique se remarque par son courage car il s'expose à une réfutation. Quand la science nous dit qu'il y aura une éclipse demain, c'est réfutable. Si jamais il n'y a pas d'éclipse, je peux affirmer qu'elle s'est trompée et il faudra revoir les calculs. En revanche, quand un astrologue vous dit que la semaine prochaine vous aurez une belle opportunité, il ne s'expose à aucun risque, aucune réfutation possible, car il pourra toujours dire que cette opportunité a eu lieu mais que vous n'avez pas pu la saisir. Pareil pour la religion : il est écrit dans la Bible qu'un déluge a eu lieu il y a plus de 4000 ans, pourtant, d'un point de vue scientifique, on n'a aucune trace. Un croyant aux textes bibliques n'acceptera jamais d'être réfuté ; il trouvera toujours des réponses en disant que Dieu peut faire un miracle de sorte que ça ne laisse aucune trace. Seule la science accepte d'être réfutée quand elle se trompe, et c'est pour ça qu'elle progresse vers la vérité contrairement aux pseudo-sciences ou à la religion. On appelle cette idée de Popper la <b>réfutabilité</b> ou la <b>falsifiabilité</b>.</p>
<h2>3. La Religion</h2>
<h3>I) Religion, Nécessité et Sacré</h3>
<p>La religion est un phénomène universel, présent dans toutes les sociétés humaines. La question se pose : doit-on parler de "la religion" ou des "religions" ? (cf. Kant, p.108).</p>
<p>Le terme "re-ligare" suggère un lien, une manière de relier les hommes entre eux, créant une fraternité universelle. Cependant, la pluralité des religions conduit souvent à des oppositions et des conflits.</p>
<p>R. Debray propose d'envisager le problème sous l'angle de la <b>nécessité</b>. L'expérience et la conscience de la mort chez les hommes mènent inéluctablement à un sentiment d'inquiétude. Cette expérience de la nécessité entraîne l'expérience du sacré, où il y a un lien intime entre le sacré, la religion et la mort. La religion est à la fois une reconnaissance de l'inéluctable et une façon d'y échapper.</p>
<p>Platon tente de répondre à cette dualité en distinguant le « monde intelligible » et le « monde sensible », introduisant ainsi la séparation entre le sacré et le profane. L'humanité se construit toujours sur l'idée de séparation (ex : le temple, du grec "temno" - découper). Durkheim affirme que les humains ont ce sens de la division. Être humain, c'est distinguer le sacré du profane.</p>
<p>L'expérience du sacré est une réponse au besoin de récit et aux flux de choses. Rien ne résiste au temps, mais en même temps, nous avons l'idée d'un lien transcendant, d'un point d'appui. La religion est comme un pansement sur la blessure de la mort.</p>
<h3>II) L'Expérience du Sacré et ses Divisions</h3>
<p>L'expérience du sacré peut se diviser :</p>
<ul>
<li>Excentricité (l'expérience du "Evermarchion") : syndrome de Stockholm. Un arrangement psychique.</li>
<li>Face à la mort, tous les humains se comportent de la même manière, ils peuvent exiger de se venger de la mort.</li>
<li>Le dieu Éros (le souffle divin au cœur, la capacité de comprendre les désirs) est sympathique (pothos). Il souhaite l'envie de limiter dans un but commun de grandir, c'est le dieu frère.</li>
</ul>
<h3>III) Affronter la Difficile Réalité : Hume et la Religion</h3>
<p>Il faut affronter les difficultés en cherchant à déjouer les dieux grâce à des points d'appui dans le monde humain.</p>
<p>Hume, dans son dialogue entre Cléanthe et Philon, interroge la religion.</p>
<ul>
<li>Cléanthe (théiste) affirme « je pense, je crois, et naturellement à la nécessité de la religion ». L'idée d'une horloge divine, d'une nature complexe, conduit naturellement à l'organisation pour les théistes.</li>
<li>Philon (philosophe sceptique) objecte que ces arguments ne tiennent pas. Cléanthe fait preuve d'anthropomorphisme : il extrapole le monde humain et projette les pensées humaines sur Dieu.</li>
</ul>
<p>L'<b>anthropomorphisme</b> est le fait de projeter une forme humaine sur ce qui ne l'est pas.</p>
<p>La question se pose : est-ce Dieu qui invente les hommes, ou sont-ce les hommes qui inventent les dieux par projection de leur monde, en lisant le monde en fonction de ce qu'ils sont ? En conclusion, nous ne pouvons pas savoir, le monde reste définitivement mystérieux.</p>
<p>Après Hume, Kant essaie de réconcilier la foi et la raison. La raison est un chemin qui nous aide dans notre pensée.</p>
<h4>Quatre lois de la Nécessité</h4>
<p>Le concept de nécessité se décline sous quatre formes :</p>
<table>
<tr>
<td></td>
<td><b>Négatif (Trémendum)</b></td>
<td><b>Positif (Augustum)</b></td>
</tr>
<tr>
<td><b>Universelle</b></td>
<td>Deus Imperium (Dieu = maître/lumière) : Il nous fait l'expérience de la nécessité comme une contrainte inexorable. C'est le dieu tyran, le Fatum.</td>
<td>Deus Logos (Dieu = vérité) : avec la nécessité comme ordre logique et instinctif de la nécessité. Dieu Architecte, logicien.</td>
</tr>
<tr>
<td><b>Partielle</b></td>
<td>Dieu énergie morale : exerce une morale sur la nécessité comme obligation rude, comme devoir mais implique la possibilité de désobéissance.</td>
<td>Dieu Éros : nécessite paradoxale qui mène à la désobéissance pour un amour, enthousiasme et tendresse.</td>
</tr>
</table>
<p>Toutes les religions sont un mélange de ces propriétés. Certaines religions, comme le Deus Imperium, donnent une idée de soumission et de terreur. D'autres, comme le Deus Logos, considèrent la nécessité comme une loi qui suscite admiration et compréhension, relevant d'un intellectualisme serein ("tout est nombre").</p>
<p>Le rôle du prophète est de nous transmettre cette loi, de tenir la voie intérieure qui nous incite à le faire si on "valide l'indubitable".</p>
<p>La religion vient du mot <i>religare</i> (qui désigne le lien), ce lien est à la fois <b>transcendant et immanent</b>.</p>
<ul>
<li><b>Transcendant</b> : ce qui est extérieur et supérieur à moi, c'est le lien avec Dieu, c'est un lien vertical.</li>
<li><b>Immanent</b> : lien horizontal qui relie les hommes entre eux à travers une pratique et des croyances communes.</li>
</ul>
<p>Dans la religion, il ne s'agit pas simplement de se relier à Dieu de manière individuelle mais aussi de se relier aux autres hommes à travers des rites (par exemple quand on fête Noël en famille, il existe un lien qui nous unit à travers cette pratique). Maintenant, le problème qui se pose dans la plupart des sujets est : <b>LA RELIGION EST-ELLE NÉCESSAIRE, QUELLE EST LA FONCTION DE LA RELIGION DANS LA SOCIÉTÉ ?</b></p>
<p>Il existe donc deux aspects de la religion : d'un côté la religion répond à un besoin social, mais de l'autre elle répond aussi à un besoin individuel sur le plan existentiel.</p>
<p>Sur le plan social, la religion permet de produire une loi que le sujet va intérioriser et qui va renforcer sa morale. Pour Kant, nous n'avons pas besoin de la religion pour fonder une morale car la morale est rationnelle, il suffit de suivre sa raison plutôt que de succomber à nos pulsions, et il essaye aussi de démontrer qu'il est impossible de démontrer l'existence de Dieu. Alors à quoi la religion peut-elle servir pour lui ? La religion pourrait renforcer notre morale en admettant l'existence de Dieu, l'immortalité de l'âme et la liberté humaine, mais du coup elle donne aussi un sens à notre vie, elle nous donne l'espoir qu'en obéissant à cette morale nous puissions un jour accéder au bonheur véritable, c'est le <b>souverain bien</b> (dans l'au-delà).</p>
<p>Mais cet espoir que propose Kant ne serait-il pas une illusion ? C'est exactement la question que Freud va se poser et qui va le diriger vers une critique radicale de la religion.</p>
<p>Pour lui, la religion a eu pour fonction d'intérioriser une certaine forme de censure dans notre esprit, et nous conduire à respecter des interdits sociaux (à l'ancienne, il n'y avait pas de police etc., du coup comment faisaient-ils pour vivre en harmonie ? Il a fallu intérioriser les lois, les flics, etc. et ça, on l'a vu sur le chapitre de l'inconscience, le flic c'est le Surmoi et qui est né en grande partie à partir des religions). Si vous ne respectez pas la loi du groupe, Dieu va vous punir. Si on arrive à vous faire croire à cette idée, on se plie aux lois du groupe et vous ressentiriez un sentiment de culpabilité à chaque fois que vous déviez du troupeau. Le but pour Freud n'est pas de supprimer le Surmoi car il est trop utile à la société et nous n'éprouverions aucune culpabilité en commettant des crimes ; ce serait terrible pour l'ensemble de la collectivité.</p>
<p>Par contre, Freud remarque que la religion renforce parfois de manière excessive ce sentiment de culpabilité à chaque fois que l'individu va éprouver un désir (notamment sexuel). En effet, dans toutes les religions, il existe des lois particulièrement excessives à l'égard d'une sexualité libre, parce que du point de vue de la société, il faut que la reproduction soit au service de la reproduction et de la famille et non pas au service du plaisir de l'individu.</p>
<p>Pour lui, la religion est une illusion réconfortante mais qui finit par produire de la névrose.</p>
<h2>Repères et Méthodologie pour le Baccalauréat</h2>
<h3>1. Qu'est-ce que les "Repères" ?</h3>
<p>Contrairement aux notions (comme la Liberté, la Technique, l'Art) qui sont les thèmes d'étude, les repères sont des distinctions binaires (ou ternaires) qui servent à préciser votre pensée.</p>
<blockquote>Exemple : Si vous dites "Je suis obligé d'aller en cours", le repère Obligation / Contrainte permet de corriger : en réalité, vous êtes contraint (par la loi/les parents), mais l'obligation est morale (intérieur).</blockquote>
<h3>2. Liste des Repères (Programme Officiel)</h3>
<p>Bien que la liste soit la même pour toutes les séries, voici les couples les plus souvent mobilisés dans les sujets de baccalauréat technologique, classés pour faciliter les révisions.</p>
<h4>A. Pour structurer la connaissance et le raisonnement</h4>
<p>Ces repères sont très utiles pour les sujets sur La Vérité ou La Raison.</p>
<ul>
<li><b>Abstrait / Concret</b> : L'abstrait est une idée séparée de la réalité sensible (ex : le concept de "Chien"). Le concret est l'objet réel perceptible (ex : le chien Médor qui aboie devant moi).</li>
<li><b>Analyse / Synthèse</b> : L'analyse décompose un tout en parties (ex : analyser l'eau en H₂O). La synthèse rassemble les parties pour former un tout.</li>
<li><b>Concept / Image / Métaphore</b> : Le concept est l'idée abstraite et précise. L'image est une représentation sensible. La métaphore est une image rhétorique pour expliquer une idée.</li>
<li><b>Croire / Savoir</b> : Croire, c'est tenir pour vrai sans preuve suffisante (opinion, foi). Savoir, c'est tenir pour vrai avec des preuves objectives et vérifiables.</li>
<li><b>Expliquer / Comprendre</b> : On explique les causes d'un phénomène naturel (ex : la pluie). On comprend le sens ou les motivations d'une action humaine.</li>
<li><b>Intuitif / Discursif</b> : L'intuition est une saisie immédiate de la vérité. Le discursif passe par les étapes du raisonnement et du langage.</li>
<li><b>Persuader / Convaincre</b> : Persuader joue sur les sentiments et l'imagination. Convaincre fait appel à la raison et aux preuves logiques.</li>
</ul>
<h4>B. Pour analyser la morale, la politique et l'action</h4>
<p>Essentiels pour les sujets sur La Liberté, La Justice ou La Technique.</p>
<ul>
<li><b>En fait / En droit</b> : Ce qui est "en fait" est ce qui existe réellement (constat). Ce qui est "en droit" est ce qui devrait être selon la loi ou la morale (norme).</li>
<li><b>Légal / Légitime</b> : Légal est conforme à la loi écrite (Code pénal). Légitime est conforme à la justice morale ou à des valeurs supérieures.</li>
<li><b>Obligation / Contrainte</b> : L'obligation est un devoir moral que l'on s'impose librement (ex : être honnête). La contrainte est une pression extérieure qui force l'action (ex : donner son argent sous la menace).</li>
<li><b>Public / Privé</b> : Ce qui concerne la collectivité et l'État (sphère publique) vs ce qui concerne l'individu et son intimité (sphère privée).</li>
<li><b>Théorie / Pratique</b> : La théorie est l'ordre de la connaissance pure (contemplation). La pratique concerne l'action et l'application concrète.</li>
</ul>
<h4>C. Pour définir la réalité et l'existence</h4>
<p>Utiles pour La Nature, L'Art ou La Religion.</p>
<ul>
<li><b>Absolu / Relatif</b> : L'absolu ne dépend de rien pour exister (indépendant, total). Le relatif dépend d'autres choses (lié à un contexte, un point de vue).</li>
<li><b>Contingent / Nécessaire / Possible</b> :
<ul>
<li><b>Nécessaire</b> : Ce qui ne peut pas ne pas être ().</li>
<li><b>Contingent</b> : Ce qui est, mais qui aurait pu être autrement ou ne pas être (ex : il pleut aujourd'hui).</li>
<li><b>Possible</b> : Ce qui peut être (non contradictoire logiquement), même si ce n'est pas réel.</li>
</ul>
</li>
<li><b>Essentiel / Accidentel</b> : L'essentiel appartient à la définition même de la chose (l'homme est un animal doué de raison). L'accidentel peut changer sans modifier la nature de la chose (l'homme est blond ou brun).</li>
<li><b>Idéal / Réel</b> : L'idéal est un modèle de perfection qui n'existe que dans la pensée. Le réel est ce qui existe effectivement.</li>
<li><b>Objectif / Subjectif / Intersubjectif</b> :
<ul>
<li><b>Objectif</b> : Ce qui concerne l'objet, indépendant de nos goûts (ex: il fait ).</li>
<li><b>Subjectif</b> : Ce qui dépend du sujet, de ses sentiments (ex: j'ai froid).</li>
<li><b>Intersubjectif</b> : Ce qui est partagé par plusieurs sujets (ex: les valeurs culturelles).</li>
</ul>
</li>
<li><b>Universel / Général / Particulier / Singulier</b> :
<ul>
<li><b>Universel</b> : Vaut pour tous, sans exception (ex: tous les hommes sont mortels).</li>
<li><b>Général</b> : Vaut pour la majorité (ex: les Français aiment le fromage).</li>
<li><b>Particulier</b> : Vaut pour quelques-uns.</li>
<li><b>Singulier</b> : Vaut pour un seul individu unique.</li>
</ul>
</li>
</ul>
<h4>D. Autres repères importants</h4>
<ul>
<li><b>Cause / Fin</b> : La cause est ce qui produit l'effet (le "pourquoi" passé). La fin est le but visé (le "pourquoi" futur).</li>
<li><b>Genre / Espèce / Individu</b> : Classification logique (Animal > Mammifère > Ce chat).</li>
<li><b>Médiat / Immédiat</b> : Immédiat signifie sans intermédiaire. Médiat signifie avec un intermédiaire (un outil, un raisonnement, un moyen).</li>
<li><b>Origine / Fondement</b> : L'origine est le commencement chronologique. Le fondement est la justification logique ou morale (la raison d'être).</li>
<li><b>Principe / Conséquence</b> : Le point de départ logique vs le résultat.</li>
<li><b>Ressemblance / Analogie</b> : La ressemblance est une similitude visuelle ou directe. L'analogie est une ressemblance de rapports (ex: L'aile est à l'oiseau ce que la nageoire est au poisson).</li>
<li><b>Transcendant / Immanent</b> : Transcendant signifie "au-delà" ou supérieur à la réalité perceptible (ex: Dieu). Immanent signifie "au-dedans", qui reste à l'intérieur de la réalité ou du sujet.</li>
</ul>
<h3>Conseil pour l'examen</h3>
<p>N'essayez pas de placer ces mots artificiellement. Utilisez-les pour débloquer une analyse.</p>
<blockquote>Exemple en dissertation : Si le sujet est "La technique nous libère-t-elle ?", utilisez le repère Moyen/Fin. La technique est-elle un simple moyen ou devient-elle une fin en soi ?</blockquote>(par la loi/les parents), mais l'obligation est morale (intérieur).
<h3>2. Liste des Repères (Programme Officiel)</h3>
<p>Bien que la liste soit la même pour toutes les séries, voici les couples les plus souvent mobilisés dans les sujets de baccalauréat technologique, classés pour faciliter les révisions.</p>
<h4>A. Pour structurer la connaissance et le raisonnement</h4>
<p>Ces repères sont très utiles pour les sujets sur La Vérité ou La Raison.</p>
<ul>
<li><b>Abstrait / Concret</b> : L'abstrait est une idée séparée de la réalité sensible (ex : le concept de "Chien"). Le concret est l'objet réel perceptible (ex : le chien Médor qui aboie devant moi).</li>
<li><b>Analyse / Synthèse</b> : L'analyse décompose un tout en parties (ex : analyser l'eau en H₂O). La synthèse rassemble les parties pour former un tout.</li>
<li><b>Concept / Image / Métaphore</b> : Le concept est l'idée abstraite et précise. L'image est une représentation sensible. La métaphore est une image rhétorique pour expliquer une idée.</li>
<li><b>Croire / Savoir</b> : Croire, c'est tenir pour vrai sans preuve suffisante (opinion, foi). Savoir, c'est tenir pour vrai avec des preuves objectives et vérifiables.</li>
<li><b>Expliquer / Comprendre</b> : On explique les causes d'un phénomène naturel (ex : la pluie). On comprend le sens ou les motivations d'une action humaine.</li>
<li><b>Intuitif / Discursif</b> : L'intuition est une saisie immédiate de la vérité. Le discursif passe par les étapes du raisonnement et du langage.</li>
<li><b>Persuader / Convaincre</b> : Persuader joue sur les sentiments et l'imagination. Convaincre fait appel à la raison et aux preuves logiques.</li>
</ul>
<h4>B. Pour analyser la morale, la politique et l'action</h4>
<p>Essentiels pour les sujets sur La Liberté, La Justice ou La Technique.</p>
<ul>
<li><b>En fait / En droit</b> : Ce qui est "en fait" est ce qui existe réellement (constat). Ce qui est "en droit" est ce qui devrait être selon la loi ou la morale (norme).</li>
<li><b>Légal / Légitime</b> : Légal est conforme à la loi écrite (Code pénal). Légitime est conforme à la justice morale ou à des valeurs supérieures.</li>
<li><b>Obligation / Contrainte</b> : L'obligation est un devoir moral que l'on s'impose librement (ex : être honnête). La contrainte est une pression extérieure qui force l'action (ex : donner son argent sous la menace).</li>
<li><b>Public / Privé</b> : Ce qui concerne la collectivité et l'État (sphère publique) vs ce qui concerne l'individu et son intimité (sphère privée).</li>
<li><b>Théorie / Pratique</b> : La théorie est l'ordre de la connaissance pure (contemplation). La pratique concerne l'action et l'application concrète.</li>
</ul>
<h4>C. Pour définir la réalité et l'existence</h4>
<p>Utiles pour La Nature, L'Art ou La Religion.</p>
<ul>
<li><b>Absolu / Relatif</b> : L'absolu ne dépend de rien pour exister (indépendant, total). Le relatif dépend d'autres choses (lié à un contexte, un point de vue).</li>
<li><b>Contingent / Nécessaire / Possible</b> :
<ul>
<li><b>Nécessaire</b> : Ce qui ne peut pas ne pas être ().</li>
<li><b>Contingent</b> : Ce qui est, mais qui aurait pu être autrement ou ne pas être (ex : il pleut aujourd'hui).</li>
<li><b>Possible</b> : Ce qui peut être (non contradictoire logiquement), même si ce n'est pas réel.</li>
</ul>
</li>
<li><b>Essentiel / Accidentel</b> : L'essentiel appartient à la définition même de la chose (l'homme est un animal doué de raison). L'accidentel peut changer sans modifier la nature de la chose (l'homme est blond ou brun).</li>
<li><b>Idéal / Réel</b> : L'idéal est un modèle de perfection qui n'existe que dans la pensée. Le réel est ce qui existe effectivement.</li>
<li><b>Objectif / Subjectif / Intersubjectif</b> :
<ul>
<li><b>Objectif</b> : Ce qui concerne l'objet, indépendant de nos goûts (ex: il fait ).</li>
<li><b>Subjectif</b> : Ce qui dépend du sujet, de ses sentiments (ex: j'ai froid).</li>
<li><b>Intersubjectif</b> : Ce qui est partagé par plusieurs sujets (ex: les valeurs culturelles).</li>
</ul>
</li>
<li><b>Universel / Général / Particulier / Singulier</b> :
<ul>
<li><b>Universel</b> : Vaut pour tous, sans exception (ex: tous les hommes sont mortels).</li>
<li><b>Général</b> : Vaut pour la majorité (ex: les Français aiment le fromage).</li>
<li><b>Particulier</b> : Vaut pour quelques-uns.</li>
<li><b>Singulier</b> : Vaut pour un seul individu unique.</li>
</ul>
</li>
</ul>
<h4>D. Autres repères importants</h4>
<ul>
<li><b>Cause / Fin</b> : La cause est ce qui produit l'effet (le "pourquoi" passé). La fin est le but visé (le "pourquoi" futur).</li>
<li><b>Genre / Espèce / Individu</b> : Classification logique (Animal > Mammifère > Ce chat).</li>
<li><b>Médiat / Immédiat</b> : Immédiat signifie sans intermédiaire. Médiat signifie avec un intermédiaire (un outil, un raisonnement, un moyen).</li>
<li><b>Origine / Fondement</b> : L'origine est le commencement chronologique. Le fondement est la justification logique ou morale (la raison d'être).</li>
<li><b>Principe / Conséquence</b> : Le point de départ logique vs le résultat.</li>
<li><b>Ressemblance / Analogie</b> : La ressemblance est une similitude visuelle ou directe. L'analogie est une ressemblance de rapports (ex: L'aile est à l'oiseau ce que la nageoire est au poisson).</li>
<li><b>Transcendant / Immanent</b> : Transcendant signifie "au-delà" ou supérieur à la réalité perceptible (ex: Dieu). Immanent signifie "au-dedans", qui reste à l'intérieur de la réalité ou du sujet.</li>
</ul>
<h3>Conseil pour l'examen</h3>
<p>N'essayez pas de placer ces mots artificiellement. Utilisez-les pour débloquer une analyse.</p>
<blockquote>Exemple en dissertation : Si le sujet est "La technique nous libère-t-elle ?", utilisez le repère Moyen/Fin. La technique est-elle un simple moyen ou devient-elle une fin en soi ?</blockquote>0. Introduction : Commencement et Forme en Philosophie
Bien commencer en philosophie, c'est adopter une approche structurée, en s'appuyant particulièrement sur la notion de forme.
Une forme est un mixte d'absences et de présences, de visible et d'invisible. Par exemple, une empreinte de pied dans le sable est une présence par une double absence (l'obscurité du soleil et l'absence du pied).
La forme conduit à l'idée d'information (le poids, le sexe, la taille de la personne).
Les formes établissent une relation entre ce qui est présent/réel et ce qui est absent mais tout de même réel.
Une forme se distingue par sa relation à une matière, permettant de cerner et d'établir des rapports entre les choses.
Pour être efficace en philosophie, il faut renoncer à nos croyances et à l'idée préconçue de la "vraie vérité". Il s'agit d'adopter une attitude de frustration et de renoncer à ce qui est populaire. Une vie de pure subjectivité est un excès qui conduit à un conflit pour le monde, empêchant un véritable savoir. Le sens commun ne s'étonne pas, car il pense savoir.
Dans la balance de notre pensée, la croyance est plus facile à penser que le savoir.
Méthode de la Dissertation Philosophique
La dissertation est définie par soustraction, en éliminant ce qu'elle n'est absolument pas :
Ce n'est pas un examen d'opinions ou une tribune politique. Il ne s'agit pas de convaincre de nos opinions, mais d'examiner la validité d'une idée.
Ce n'est pas une récitation de dictionnaire. Définir un mot ne consiste pas à copier une définition figée, mais à voir comment le sens d'un mot varie dans le contexte du sujet.
Ce n'est pas une récitation de citations. Les citations ne doivent pas servir d'arguments d'autorité. Il faut interroger pourquoi l'auteur a dit cela, dans quel contexte, et quelles sont les limites de cette pensée.
Ce n'est pas une histoire de la philosophie. Le correcteur demande la logique des idées, pas leur chronologie. L'ordre chronologique est souvent l'ennemi de l'ordre logique.
Ce n'est pas une question rhétorique vide. Questionner sert à problématiser. Il ne faut pas poser de fausses questions.
Ce n'est pas le traitement d'un sujet voisin. C'est le hors-sujet le plus "vertueux": reformuler le sujet que l'on aurait aimé avoir.
Il est crucial de réfléchir aux présupposés de la question, c'est-à-dire ce que l'on acquiert sans preuve comme une évidence et qui permet de poser la question.
Objectif d'une dissertation : un mouvement progressif de pensée, une progression dialectique (thèse, objections, ajustements).
Concepts clés :
Docere : instruire, fournir les informations.
Dicere : énoncer de façon pertinente.
Ducere : prendre une décision, amener à un jugement.
1. La Justice
La justice, loin d'être un concept simple, est intrinsèquement liée à la structure sociale et à la question de l'État.
L'État et le Monopole de la Violence Légitime
Toutes les sociétés humaines ont des règles, mais toutes n'ont pas un État.
Max Weber : « L'État revendique pour lui-même le monopole de la violence légitime. »
L'État cadre la violence au sein de la société et à l'extérieur (guerre).
La violence légitime est une condition de la justice revendiquée par l'État.
La question se pose alors : que devient la justice si l'État concentre la violence ? L'État concentre également certaines catégories de personnes (lycées, prisons, casernes).
L'anarchie, défend l'idée d'une justice naturelle (A-arké : sans commandement). Elle refuse l'idée d'avoir un maître, une autorité supérieure. Elle s'oppose à l'idée d'une « violence de l'État » et prône une violence au service des droits humains, une violence juste au nom d'un principe égalitaire.
Montesquieu : « Toute personne qui a du pouvoir est portée à en abuser. »
La Justice peut-elle exister en dehors de l'État ?
Si l'État est le seul garant de la justice, pourquoi ? Sinon, qui ou quoi peut prétendre à cette fonction ?
Le philosophe Hobbes soutient que la violence de l'État est légitime car elle permet aux hommes de sortir de leur état de nature, où ils ne sont que des êtres exprimant leur puissance pour soumettre autrui. Cette violence est nécessaire, à condition que tout le monde se plie à elle. Elle permet d'instaurer et de maintenir l'ordre, empêchant chacun de se faire justice soi-même et obligeant à passer par un médiateur (la loi).
La violence de l'État n'est légitime que lorsqu'elle libère les humains de l'état de nature.
Justice, Droit Naturel et Droit Positif
Il est crucial de distinguer la Justice du droit naturel (physis) et du droit positif (nomos).
1.1 Calliclès et le droit du plus fort
Pour Calliclès, le physis (loi de la nature) et le nomos (loi matérielle) s'opposent. Du point de vue de la nature, le plus grave est de subir, et la loi des faibles est une ruse pour neutraliser le fort. La nature exige d'être capable de violence sans être condamné. Pour Calliclès, c'est une erreur de se distancier de la nature en érigeant des lois humaines, car ces lois sont le fait des faibles qui se réunissent contre les forts. La nature est une force d'élimination des faibles, et la vraie justice devrait encourager cette force. L'État, dans cette perspective, garantirait un rapport de force en faveur des plus forts et non pas la Justice.
Cependant, si les forts se neutralisent mutuellement, la société tout entière s'affaiblit. La justice devrait donc garantir un certain équilibre.
Rousseau, en réponse à cette défense du plus fort, affirme que « le plus fort n'est jamais assez fort pour rester toujours le maître, s'il ne transforme sa force en droit et l'obéissance en devoir ». La justice, pour lui, doit être contre les lois de la violence et soutenir les faibles.
1.2 La question de la propriété et du travail
L'État naît de l'expérience humaine fondamentale de la guerre. Les deux points essentiels pour définir un État sont la propriété et l'héritage, ainsi qu'une administration hiérarchique sur un territoire. Ces concepts ont souvent été conquis par la guerre.
L'esclavage, par exemple, était considéré comme un droit de guerre, démontrant que le travail humain est lié à la violence.
D'après Sahlins dans « L'âge de pierre, l'âge d'abondance », les sociétés pré-étatiques travaillaient beaucoup moins. Il semblerait que l'État cristallise une violence initiale plutôt qu'il ne l'efface. Si le travail découle de l'homme et non de la nature, ce n'est pas une fatalité naturelle. Si le travail devient une nécessité, cela justifie et amplifie la violence initiale.
Sahlins soutient que dans certaines sociétés, les conditions de vie précaires n'empêchaient pas le désoeuvrement. Pourtant, dans nos sociétés productivistes, le travail est devenu une valeur essentielle, nous définissant par ce que nous gagnons et par notre travail.
Quelles sont les véritables critères de la justice ?
La justice peut avoir plusieurs sens. Le premier, c'est ce qu'on appelle le droit positif (positif dans le sens de "posé" par les codes de lois, le code pénal, le code civil, etc.), en d'autres termes c'est la justice au sens de la légalité, c'est-à-dire ce qui est conforme à la loi.
Il est important de distinguer légal et légitime.
Légal : ce qui est conforme à la loi établie (ex: les lois antisémites de Nuremberg étaient légales sous le régime Nazi mais non légitimes).
Légitime : ce qui est conforme à la justice morale ou à des principes supérieurs de droit.
On voit donc que le droit positif n'est pas suffisant pour déterminer si une action est juste ou pas, car une loi peut être profondément injuste ou illégitime.
Il existerait alors une justice supérieure au droit positif, c'est ce que les philosophes appellent le droit naturel (le droit universel que tous les humains possèdent même si aucun code de loi n'est là pour le faire respecter).
C'est en fait une norme morale, indépendante des textes de loi, comme le fait de ne pas tuer ou voler. Le droit positif n'est pas toujours légitime.
Et même, d'après le philosophe Pascal, ce droit est relatif à chaque pays ou à chaque époque :
« Plaisante justice qu'une rivière borne ! Vérité au-deçà des Pyrénées, erreur au-delà. »
La justice au sens des lois humaines pour Pascal n'est pas quelque chose de sérieuse, elle est plaisante, car elle change en fonction des frontières (Ex: en France le cannabis est prohibé, en Espagne on peut en trouver). Il ne suffit pas de regarder dans les textes de lois pour trouver la véritable justice non seulement parce que la loi peut être injuste ou illégitime, mais aussi parce que les lois de chaque pays et époque sont différentes. Mais alors :
Quels sont les véritables critères de la justice ?
Pour Karl Marx, le véritable critère de la justice est l'égalité entre les hommes.
Marx explique dans le Manifeste du Parti communiste que toute la violence de l'histoire est la conséquence des rapports de domination entre les classes sociales : Bourgeoisie vs Prolétariat.
Selon Marx, il faut faire une révolution pour mettre fin aux rapports de domination entre les hommes et instaurer une société sans classes.
Mais au contraire, pour un philosophe libertarien comme Robert Nozick, ce qui compte le plus, c'est la liberté individuelle de chacun. Tant que l'ouvrier a signé librement un contrat, même s'il est exploité par le capitalisme, on ne peut rien y changer. Selon lui, il est donc inconcevable de répartir les richesses parce que chacun est libre de s'enrichir autant qu'il le souhaite tant qu'il ne force personne à travailler pour lui.
2. La Vérité
La notion de vérité est fondamentale en philosophie, car le philosophe est avant tout un chercheur de vérité.
La vérité est une valeur capitale. La qualité d'une dissertation, par exemple, repose sur la capacité à montrer l'importance de la question posée, à évaluer sa pertinence. Une dissertation est un mélange de valeur et d'esprit critique.
La vérité est aussi quelque chose de fondamentalement négatif, dans le sens où elle est une limite.
Pour réussir une dissertation, il faut d'abord renoncer à tout ce qui ressemble à de la philosophie sans en être. Il ne faut pas rester bloqué sur une seule opinion, mais montrer un mouvement de pensée.
Comment la vérité peut-elle être à la fois universelle (partageable) et personnelle ? Cela nécessite une « mémoire philosophique partageable ».
Quand on cherche la vérité, on s'efforce de ne pas se contredire dans notre propos. Cependant, il faut aussi admettre que l'autre détient un savoir que nous n'avons pas. Si l'on pense que l'autre se contredit, c'est probablement que l'on n'a pas compris son propos.
Définitions et Critères de la Vérité
Il existe trois définitions principales de la vérité :
La vérité cohérence (ou formelle) : Un discours est vrai s'il ne se contredit pas, s'il est cohérent. C'est le cas des vérités logiques et mathématiques. Cependant, cette définition ne suffit pas, car ce n'est pas parce qu'un discours est cohérent qu'il correspond à la réalité. Par exemple, je peux faire des raisonnements mathématiques cohérents sur l'infini, mais cela ne signifie pas que l'infini existe réellement dans le monde physique.
La vérité-adéquation : Un énoncé est vrai s'il correspond à la réalité. Cette définition permet de lier la pensée au monde sensible.
La vérité évidence : Une vérité qui ne peut être démontrée mais qui est immédiatement intelligible, "évidente". Par exemple, en mathématiques, les axiomes sont des vérités évidentes qui servent de point de départ à toute démonstration (Ex : Euclide, "Il existe toujours une droite qui passe par deux points du plan").
La science est une combinaison de ces trois formes de vérités. Si on ne garde que les vérités évidentes ou cohérentes, on ne va pas aller très loin dans notre connaissance du monde ; on se contentera de faire des maths, et avec les maths seuls, on ne peut pas découvrir des vérités sur la physique ou la biologie par exemple.
Science et Pseudo-sciences : La Question de la Falsifiabilité
Une question se pose : La science, en prétendant découvrir des vérités sur le monde, peut-elle se tromper ? Comment distinguer les sciences des pseudo-sciences (disciplines qui prétendent être scientifiques alors qu'elles ne le sont pas, comme l'astrologie) ?
Karl Popper nous dit que le discours scientifique se remarque par son courage, car il s'expose à une réfutation. Quand la science nous dit qu'il y aura une éclipse demain, c'est réfutable : si jamais il n'y a pas d'éclipse, on peut affirmer qu'elle s'est trompée et il faudra revoir les calculs. En revanche, quand un astrologue vous dit que la semaine prochaine vous aurez une belle opportunité, il ne s'expose à aucun risque, aucune réfutation possible, car il pourra toujours dire que cette opportunité a eu lieu mais que vous n'avez pas pu la saisir.
C'est la même chose pour la religion : il est écrit dans la Bible qu'un déluge a eu lieu il y a plus de 4000 ans, pourtant, d'un point de vue scientifique, on n'en a aucune trace. Un croyant aux textes bibliques n'acceptera jamais d'être réfuté ; il trouvera toujours des réponses en disant que Dieu peut faire un miracle de sorte que cela ne laisse aucune trace.
Seule la science accepte d'être réfutée quand elle se trompe, et c'est pour ça qu'elle progresse vers la vérité, contrairement aux pseudo-sciences ou à la religion. On appelle cette idée de Popper la réfutabilité ou la falsifiabilité.
3. La Religion
I) Religion, Nécessité et Sacré
La religion est un phénomène universel, présent dans toutes les sociétés humaines. La question se pose : doit-on parler de "la religion" ou des "religions" ? (cf. Kant, Qu'est-ce que les Lumières, p.108).
Le terme "re-ligare" suggère un lien, une manière de relier les hommes entre eux, créant une fraternité universelle. Cependant, la pluralité des religions conduit souvent à des oppositions et des conflits.
R. Debray propose d'envisager le problème sous l'angle de la nécessité. L'expérience et la conscience de la mort chez les hommes mènent inéluctablement à un sentiment d'inquiétude. Cette expérience de la nécessité entraîne l'expérience du sacré, où il y a un lien intime entre le sacré, la religion et la mort. La religion est à la fois une reconnaissance de l'inéluctable et une façon d'y échapper.
Platon tente de répondre à cette dualité en distinguant le « monde intelligible » et le « monde sensible », introduisant ainsi la séparation entre le sacré et le profane. L'humanité se construit toujours sur l'idée de séparation (ex : le temple, du grec "temno" - découper).
Durkheim affirme que les humains ont ce sens de la division. Être humain, c'est distinguer le sacré du profane.
L'expérience du sacré est une réponse au besoin de récit et aux flux de choses. Rien ne résiste au temps, mais en même temps, nous avons l'idée d'un lien transcendant, d'un point d'appui. La religion est comme un pansement sur la blessure de la mort.
II) L'Expérience du Sacré et ses Divisions
L'expérience du sacré peut se diviser :
Excentricité (l'expérience du "Evermarchion") : syndrome de Stockholm. Un arrangement psychique.
Face à la mort, tous les humains se comportent de la même manière, ils peuvent exiger de se venger de la mort.
Le dieu Éros (le souffle divin au cœur, la capacité de comprendre les désirs) est sympathique (pothos). Il souhaite l'envie de limiter dans un but commun de grandir, c'est le dieu frère.
III) Affronter la Difficile Réalité : Hume et la Religion
Il faut affronter les difficultés en cherchant à déjouer les dieux grâce à des points d'appui dans le monde humain.
Hume, dans son dialogue entre Cléanthe et Philon, interroge la religion.
Cléanthe (théiste) affirme « je pense, je crois, et naturellement à la nécessité de la religion ». L'idée d'une horloge divine, d'une nature complexe, conduit naturellement à l'organisation pour les théistes.
Philon (philosophe sceptique) objecte que ces arguments ne tiennent pas. Cléanthe fait preuve d'anthropomorphisme : il extrapole le monde humain et projette les pensées humaines sur Dieu.
L'anthropomorphisme est le fait de projeter une forme humaine sur ce qui ne l'est pas.
La question se pose : est-ce Dieu qui invente les hommes, ou sont-ce les hommes qui inventent les dieux par projection de leur monde, en lisant le monde en fonction de ce qu'ils sont ? En conclusion, nous ne pouvons pas savoir, le monde reste définitivement mystérieux.
Après Hume, Kant essaie de réconcilier la foi et la raison. La raison est un chemin qui nous aide dans notre pensée.
Quatre lois de la Nécessité (Modèle de R. Debray)
Le concept de nécessité se décline sous quatre formes :
Négatif (Trémendum) | Positif (Augustum) | |
|---|---|---|
Universelle | Deus Imperium (Dieu = maître/lumière) : Il nous fait l'expérience de la nécessité comme une contrainte inexorable. C'est le dieu tyran, le Fatum. | Deus Logos (Dieu = vérité) : avec la nécessité comme ordre logique et instinctif. Dieu Architecte, logicien ("tout est nombre"). |
Partielle | Dieu énergie morale : exerce une morale sur la nécessité comme obligation rude, comme devoir mais implique la possibilité de désobéissance. | Dieu Éros : nécessité paradoxale qui mène à la désobéissance pour un amour, enthousiasme et tendresse. |
Toutes les religions sont un mélange de ces propriétés. Certaines religions, comme le Deus Imperium, donnent une idée de soumission et de terreur. D'autres, comme le Deus Logos, considèrent la nécessité comme une loi qui suscite admiration et compréhension, relevant d'un intellectualisme serein.
Le rôle du prophète est de nous transmettre cette loi, de tenir la voie intérieure qui nous incite à le faire si on "valide l'indubitable".
Fonction de la Religion dans la Société : Liens Transcendant et Immanent
La religion vient du mot religare (qui désigne le lien). Ce lien est à la fois transcendant et immanent.
TRANSCENDANT : Ce qui est extérieur et supérieur à moi ; c'est le lien avec Dieu, un lien vertical.
IMMANENT : Lien horizontal qui relie les hommes entre eux à travers une pratique et des croyances communes.
Dans la religion, il ne s'agit pas simplement de se relier à Dieu de manière individuelle, mais aussi de se relier aux autres hommes à travers des rites (par exemple, quand on fête Noël en famille, il existe un lien qui nous unit à travers cette pratique). Maintenant, le problème qui se pose dans la plupart des sujets est : La religion est-elle nécessaire ? Quelle est la fonction de la religion dans la société ?
Il existe donc deux aspects de la religion : d'un côté, la religion répond à un besoin social, mais de l'autre, elle répond aussi à un besoin individuel sur le plan existentiel.
Sur le plan social, la religion permet de produire une loi que le sujet va intérioriser et qui va renforcer sa morale. Pour Kant, nous n'avons pas besoin de la religion pour fonder une morale, car la morale est rationnelle. Il suffit de suivre sa raison plutôt que de succomber à nos pulsions. Kant essaie aussi de démontrer qu'il est impossible de prouver l'existence de Dieu. Alors, à quoi la religion peut-elle servir pour lui ? La religion pourrait renforcer notre morale en admettant l'existence de Dieu, l'immortalité de l'âme et la liberté humaine. Elle donne également un sens à notre vie, elle nous donne l'espoir qu'en obéissant à cette morale, nous puissions un jour accéder au bonheur véritable, c'est le Souverain Bien (dans l'au-delà).
Mais cet espoir que propose Kant ne serait-il pas une illusion ? C'est exactement la question que Freud va se poser et qui va le diriger vers une critique radicale de la religion.
Pour Freud, la religion a eu pour fonction d'intérioriser une certaine forme de censure dans notre esprit et de nous conduire à respecter des interdits sociaux. (Autrefois, il n'y avait pas de police, etc. Comment faisaient-ils pour vivre en harmonie ? Il a fallu intérioriser les lois, les "flics", etc., et cela a été vu dans le chapitre de l'inconscient, le "flic", c'est le Surmoi, qui est né en grande partie à partir des religions). Si vous ne respectez pas la loi du groupe, Dieu vous punira. Si on arrive à vous faire croire cette idée, vous vous pliez aux lois du groupe et vous ressentiriez un sentiment de culpabilité à chaque fois que vous vous écartez du troupeau. Le but pour Freud n'est pas de supprimer le Surmoi, car il est trop utile à la société ; s'il n'existait pas, nous n'éprouverions aucune culpabilité en commettant des crimes, ce serait terrible pour l'ensemble de la collectivité.
Par contre, Freud remarque que la religion renforce parfois de manière excessive ce sentiment de culpabilité à chaque fois que l'individu va éprouver un désir (notamment sexuel). En effet, dans toutes les religions, il existe des lois particulièrement excessives à l'égard d'une sexualité libre, parce que du point de vue de la société, il faut que la reproduction soit au service de la reproduction et de la famille et non pas au service du plaisir de l'individu.
Pour Freud, la religion est une illusion réconfortante mais qui finit par produire de la névrose.
Liste des Repères Expliqués (Programme Officiel de Philosophie)
Les repères sont des distinctions conceptuelles essentielles en philosophie, des outils pour analyser, définir et argumenter.
A. Pour structurer la connaissance et le raisonnement
Abstrait / Concret :
Abstrait : Idée séparée de la réalité sensible, conceptuel (ex : le concept de "Chien" en général).
Concret : Objet réel perceptible par les sens, spécifique (ex : le chien Médor qui aboie devant moi).
Analyse / Synthèse :
Analyse : Démarche qui consiste à décomposer un tout en ses parties constituantes (ex : analyser l'eau en H₂O).
Synthèse : Démarche qui consiste à rassembler les parties pour former un tout cohérent et significatif.
Concept / Image / Métaphore :
Concept : Idée abstraite et précise, universelle, permettant de penser une catégorie (ex : la Justice).
Image : Représentation sensible et particulière d'une chose, concrète.
Métaphore : Figure de style qui assimile deux réalités pour en éclairer une, souvent pour expliquer un concept de manière imagée.
Croire / Savoir :
Croire : Tenir quelque chose pour vrai sans preuve suffisante, relevant de l'opinion, de la foi ou de la conviction personnelle (ex : croire au Père Noël).
Savoir : Tenir quelque chose pour vrai avec des preuves objectives et vérifiables, fondé sur la raison et l'expérience.
Expliquer / Comprendre :
Expliquer : Chercher les causes mécaniques, les mécanismes d'un phénomène naturel (science physique, ex : expliquer la formation de la pluie).
Comprendre : Chercher le sens, les intentions, les motivations d'une action humaine ou d'une œuvre (sciences humaines, ex : comprendre la motivation d'un criminel).
Intuitif / Discursif :
Intuitif : Caractère d'une connaissance immédiate et directe, sans passer par un raisonnement ou des étapes intermédiaires (ex : l'intuition d'une solution).
Discursif : Caractère d'une connaissance qui procède par étapes, par raisonnement articulé et par le langage.
Persuader / Convaincre :
Persuader : Agir sur les sentiments, les émotions et l'imagination pour amener quelqu'un à une opinion (rhétorique affective).
Convaincre : Faire appel à la raison et aux preuves logiques pour obtenir l'adhésion intellectuelle d'une personne.
B. Pour analyser la morale, la politique et l'action
En fait / En droit :
En fait : Ce qui est, ce qui existe réellement, un constat objectif (ex : en fait, beaucoup de gens fraudent le fisc).
En droit : Ce qui devrait être selon la loi, la morale ou des principes idéaux, une norme (ex : en droit, personne ne devrait frauder le fisc).
Légal / Légitime :
Légal : Ce qui est conforme à la loi écrite, aux règles établies par un système juridique (ex : les lois ségrégationnistes étaient légales aux États-Unis).
Légitime : Ce qui est conforme à la justice, à la morale, à des valeurs universelles ou à un sens supérieur du droit (ex : les lois ségrégationnistes n'étaient pas légitimes).
Obligation / Contrainte :
Obligation : Devoir moral que l'on se donne à soi-même ou qu'on reconnaît librement, issu d'une volonté interne (ex : je me sens l'obligation d'être honnête).
Contrainte : Pression extérieure qui force à agir d'une certaine manière, souvent sous la menace ou la pression physique/psychologique (ex : la contrainte de la loi qui m'oblige à payer mes impôts).
Public / Privé :
Public : Ce qui concerne la collectivité, la communauté, l'État ; la sphère dont les actes affectent tous les citoyens.
Privé : Ce qui concerne l'individu et son intimité, sa sphère personnelle et familiale, soustraite à la vue de tous.
Théorie / Pratique :
Théorie : Ordre de la connaissance pure, de la spéculation intellectuelle, de la pensée désintéressée (ex : la théorie de la relativité).
Pratique : Ordre de l'action, de l'application concrète des idées, de l'expérience vécue.
C. Pour définir la réalité et l'existence
Absolu / Relatif :
Absolu : Ce qui ne dépend de rien d'autre pour exister, qui est total, inconditionné (ex : la vérité absolue, qui vaut en tout temps et tout lieu).
Relatif : Ce qui dépend d'autres choses pour exister, qui est lié à un contexte, à un point de vue (ex : la beauté est relative aux goûts de chacun).
Contingent / Nécessaire / Possible :
Nécessaire : Ce qui ne peut pas ne pas être, dont la non-existence est inconcevable logiquement (ex : 2 + 2 = 4).
Contingent : Ce qui est, mais qui aurait pu ne pas être ou être autrement ; ce dont l'existence n'est pas forcée (ex : il pleut aujourd'hui, mais il aurait pu faire beau).
Possible : Ce qui peut être, ce qui n'implique pas de contradiction logique, même si ce n'est pas encore réel.
Essentiel / Accidentel :
Essentiel : Ce qui appartient à la nature même d'une chose, à sa définition, sans quoi la chose perdrait son identité (ex : la pensée est essentielle à l'homme selon Descartes).
Accidentel : Ce qui peut changer sans modifier la nature fondamentale de la chose, une propriété non nécessaire (ex : le fait d'être blond ou brun est accidentel pour un homme).
Idéal / Réel :
Idéal : Ce qui existe dans la pensée comme modèle de perfection, d'excellence, de beauté (ex : l'État idéal de Platon).
Réel : Ce qui existe effectivement dans le monde, ce qui est concret et perceptible.
Objectif / Subjectif / Intersubjectif :
Objectif : Ce qui concerne l'objet lui-même, indépendant des consciences individuelles, constaté par tous (ex : il fait 20°C est une mesure objective).
Subjectif : Ce qui dépend du sujet qui perçoit, de ses sentiments, de son point de vue personnel (ex : j'ai froid est une sensation subjective).
Intersubjectif : Ce qui est partagé et construit collectivement par plusieurs sujets, sans être pour autant intrinsèquement objectif (ex : les valeurs culturelles d'une société).
Universel / Général / Particulier / Singulier :
Universel : Ce qui vaut pour tous les cas sans aucune exception, en tout temps et tout lieu (ex : tous les hommes sont mortels).
Général : Ce qui vaut pour la plupart des cas, pour une catégorie d'individus, avec des exceptions possibles (ex : les Français aiment le fromage).
Particulier : Ce qui ne vaut que pour quelques cas, pour une partie d'un ensemble.
Singulier : Ce qui vaut pour un seul individu unique, irréductible à d'autres (ex : moi, en tant qu'individu singulier).
D. Autres repères importants
Cause / Fin :
Cause : Ce qui produit un effet, ce qui est à l'origine d'un phénomène (le "pourquoi" au passé, ex : la cause de la chute d'un objet est la gravité).
Fin : Le but visé, l'objectif pour lequel une action est entreprise (le "pourquoi" au futur, ex : la fin de mes études est d'obtenir un diplôme).
Genre / Espèce / Individu : Classification logique qui permet de situer un être ou un concept (ex : Genre Animal > Espèce Chien > Individu Médor).
Médiat / Immédiat :
Immédiat : Sans intermédiaire, qui est saisi directement (ex : une douleur immédiate).
Médiat : Avec un intermédiaire, qui passe par un raisonnement, un outil ou un processus (ex : la connaissance scientifique est médiate par l'expérience et la théorie).
Origine / Fondement :
Origine : Le commencement chronologique, le point de départ dans le temps (ex : l'origine d'une rivière est sa source).
Fondement : La justification logique, la raison d'être, le principe qui soutient une idée ou une réalité (ex : le fondement d'une théorie est sa démonstration rationnelle).
Principe / Conséquence :
Principe : Le point de départ logique d'une déduction, la règle fondamentale ou la cause première (ex : le principe de non-contradiction).
Conséquence : Le résultat, l'effet d'une cause ou la déduction d'un principe.
Ressemblance / Analogie :
Ressemblance : Similitude directe entre deux choses, souvent visuelle ou superficielle.
Analogie : Ressemblance de rapports entre des éléments différents (ex : l'aile est à l'oiseau ce que la nageoire est au poisson, le rapport "moyen de déplacement dans son milieu" est analogue).
Transcendant / Immanent :
Transcendant : Ce qui est au-delà, extérieur et supérieur à la réalité sensible ou à la conscience (ex : Dieu est transcendant).
Immanent : Ce qui est au-dedans, qui reste à l'intérieur de la réalité, de l'expérience ou du sujet (ex : la conscience est immanente à l'individu).
Conseil pour l'examen
N'essayez pas de placer ces mots artificiellement. Utilisez-les pour dé
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