Mers, océans et mondialisation

Kart yok

Les mers et océans, vecteurs essentiels de la mondialisation, des espaces disputés et menacés qu'il faut protéger.

CHAPITRE 1: Mers et océans, au cœur de la mondialisation

LaTerre est à recouverte d'eau. Les mers et océans sont essentiels à la mondialisation, favorisant les échanges et concentrant d'importantes richesses. Ils constituent les principaux vecteurs de transport (jusqu'à des marchandises).

Problématique

Pourquoi les mers et les océans sont-ils des espaces stratégiques de la mondialisation ?

I. VECTEURS ESSENTIELS DE LA MONDIALISATION

A. Des espaces qui concentrent les échanges

1. La maritimisation de l'économie mondiale

  • Maritimisation : Accroissement des échanges par voie maritime depuis les années 70.

  • Trafic maritime : Passé de milliards de tonnes en 1970 à milliards de tonnes en 2023. Croissance plus rapide que l'économie mondiale.

  • Télécommunications : des flux internet passent par 400400 câbles sous-marins.

2. Conteneurisation et concentration du transport

  • Spécialisation des navires (méthaniers, pétroliers, vraquiers).

  • Conteneurisation (années 50) : Baisse des coûts et augmentation des capacités. Les porte-conteneurs actuels transportent jusqu'à $21000m.

  • Concentration entre 10 armateurs (CMA CGM, Maersk), investissant dans des infrastructures portuaires modernes.

B. Les mers et océans, nouvel Eldorado

1. Les ressources halieutiques

  • Pêche : 8080 millions de tonnes/an.

  • Principaux pays : Chine, Indonésie, Pérou, Russie, États-Unis.

  • Principales zones : Pacifique ( de la pêche), Atlantique ().

  • Menace : Surexploitation et surpêche (un tiers des stocks sont surexploités).

  • Aquaculture : Forte croissance ( par an, 3030 millions de tonnes), mais pose des questions environnementales.

  • Algues : Également exploitées pour l'alimentation et l'énergie.

2. Les ressources énergétiques et minérales

  • Hydrocarbures : Gisements offshore représentent de la production mondiale et 20<spandatalatex="20<span data-latex="-25\%" data-type="inline-math"> des réserves.

  • Énergies renouvelables marines (éolien, hydroliennes).

  • Minéraux des fonds océaniques (nickel, cuivre, cobalt, terres rares) : Exploitation très limitée (difficultés techniques, enjeux écologiques et juridiques).

  • Sable marin : Ressource très convoitée (construction, remblaiement, développement côtier – ex. Dubaï).

  • Nodules polymétalliques : Nouvel eldorado minier, exploitation expérimentale, nécessitant coopération internationale (sous l'autorité de l'ISA en haute mer).

II. UNE MARITIMISATION INÉGALE DES ÉCONOMIESMONDIALES

A. La concentration des activités maritimes

1. Les routes maritimes

  • des échanges mondiaux de marchandises par voie maritime.

  • Épine dorsale de la mondialisation : Granderoute circumterrestre Est-Ouest.

  • Relie : Asie orientale, Europe du Nord-Ouest et Amérique du Nord.

  • Articulée autour des océans Pacifique, Indien et Atlantique Nord.

  • Deux axes majeurs :

    • Principal : via Méditerranée et Canal de Suez.

    • Secondaire : par le cap de Bonne-Espérance (plus actif dû aux tensions en mer Rouge).

  • Flux :

    • Conteneurs : Chine, Europe, États-Unis.

    • Énergétiques : Moyen-Orient (Golfe Arabo-Persique, Détroit d'Ormuz, Canal de Suez).

  • Routes secondaires : Afrique et Amérique latine, mais en croissance.

2. Les façadesmaritimes

  • Concentration inégale :

    • Asie : Façades chinoises (Mer Jaune, Yangzi Jiang), malaise, japonaise.

    • Europe :Northern Range.

    • Amérique : Golfe du Mexique, Mégalopolis.

  • Ces façades s'appuient sur un puissant arrière-pays.

  • Hubs : Portsprincipaux (ex. Rotterdam) qui redistribuent le trafic vers des ports secondaires.

  • Les principaux hubs mondiaux sont en Asie (Ningbo, Shanghai, Singapour). Rotterdam est le 9e mondial.

B. Des points de passage de plus en plusstratégiques

1. Canaux et détroits concentrent la navigation

  • Passages obligés : « goulets d'étranglement » ou choke points.

  • Détroits :

    • Malacca (Malaisie/Indonésie) : Le plus fréquenté ( du commerce mondial, du pétrole).

    • Ormuz : Exportationde du pétrole mondial.

    • Bab el-Mandeb (Yémen/Djibouti) : Vital entre Asie et Europe. Tensions (Houthis) déroutent les navires vers le Cap de Bonne-Espérance.

    • Gibraltar : Intense circulation (échanges intra-européens).

  • Canaux :

    • Suez (Égypte, 1869): Relie Méditerranée et mer Rouge. Gagne 1515 jours. Doublement partiel en 2015. Tensions en mer Rouge réduisent le trafic.

    • Panama : Atlantique-Pacifique. Agrandissement en 2016. Sécheresse actuelle limite le trafic.

  • Vulnérabilité : Bloccages accidentels (Ever Given) ou ciblés géopolitiquement.

2. Des espaces toujours plus militarisés

  • Grandes puissances déploient des forces navales pour sécuriser les passages.

  • Exemple : Force internationale à Bab el-Mandeb contre la piraterie (2012).

  • Ormuz : Enjeu majeur entre l'Iran et les États-Unis.

C. Des espaces en recomposition

1. La Chine, nouvel acteur majeur

  • La Chine est « l'usine du monde », concentre production et flux maritimes.

  • $9 premiers ports mondiaux sont chinois (Shanghai est le premier).

  • « Nouvelles routes de la soie » (2013) : Financement d'infrastructures (canal de Kra, ports de Gwadar, Colombo,Djibouti, Le Pirée) pour sécuriser les flux et contourner Malacca.

2. De nouvelles routes et passages

  • Routes polaires (Océan Arctique) : Potentiel de réduction des distances, mais exploitation risquée (icebergs, complexité).

3. Des espaces marginalisés

  • Sud des océans Atlantique et Indien : Peu concernés par la maritimisation.

  • Afrique : du trafic mondial de conteneurs, manque d'infrastructures portuaires modernes (aucun port africain dans le top 100).

  • Amérique du Sud : Faiblesse des façades maritimes, malgré des investissements (Côte d'Ivoire, Djibouti, Pérou).

III. ENTRE APPROPRIATION, PROTECTION ET LIBERTÉ DE CIRCULATION

A. Définir le droit de la mer

1. La territorialisation des mers et océans

  • Convention de Montego Bay (1982) : Division des espaces maritimes.

  • Mer territoriale (jusqu'à 1212 milles marins) : Pleine souveraineté de l'État.

  • Zone contiguë (de $12 milles marins) : Compétences de surveillance.

  • Zone Économique Exclusive (ZEE) (jusqu'à 200200 milles) : Droit d'exploiter les ressources et de construire des îles artificielles.

  • Haute mer (ou eaux internationales) : Au-delà de la ZEE, librement accessible.

  • Possibilité d'extension de la ZEE si le plateau continental s'étend au-delà de 200200 milles.

  • USA : 1ère ZEE ( millions de km²). France : millions de km² (dont outre-mer).

2. La liberté de circulation

  • Interdiction d'entraver le passage dans les détroits.

  • Liberté en haute mer : Navigation, survol, pose de câbles, pêche, recherche scientifique.

B. Des espaces de plus en plus disputés et surveillés

1. Des archipels contestés

  • Mer de Chine méridionale : Centre des rivalités de puissance pour les ressources et l'extension des ZEE.

  • Archipels (Paracels, Spratleys, Scarborough) revendiqués par la Chine, Vietnam, Philippines, etc.

  • Militarisation chinoise : Création d'îles artificielles (ex. Spratleys) avec pistes aériennes et défenses (« Grande Muraille de sable »).

  • Contestation internationale : Cour permanente d'arbitrage a rejeté la « ligne en neuf traits » chinoise (2016).

  • Modernisation navale chinoise : Plus de $600 porte-avions (« Fujian »). Ambition d'être la 1ère puissance navale d'ici 2035.

  • Stratégie des États-Unis : « Pivot asiatique », 7e flotte, FONOP (Freedom of Navigation Operations) en mer de Chine.

  • Autres menaces : Piraterie et trafics.

2. Les activités illicites et la mer

  • Mers et océans :Zones privilégiées pour les activités illégales.

  • Trafic de drogue (cocaïne) : De plus en plus par voie maritime (Amérique latine vers Europe/USA). Golfe de Guinée : Nouveau corridor.

  • Flux migratoires : Méditerranée centrale (Libye, Tunisie) avec des réseaux de passeurs.

  • Blanchiment d'argent : Centres offshore (Caraïbes, Golfe Persique, Asie du Sud-Est).

3. La militarisation des mers

  • Chine : Affirme sa puissance navale mondiale (« collier de perles » – ex: bases de Gwadar, Jiwani).

  • Stratégie : « Route de la soie maritime » pour sécuriser les flux et contourner les détroits concurrents.

  • Canal de Kra (Thaïlande) : Projet chinois pour éviter Malacca, source de tensions géopolitiques.

  • Compétition navale :

    • Chine : Plus de $600 porte-avions.

    • États-Unis : 1111 porte-avions.

    • Inde et Australie : Renforcent leurs marines.

  • Piraterie : Golfe de Guinée, Somalie (ex-garde-côtes reconvertis).

C. Des espaces menacés à protéger

1. Les dangers de la surexploitation

  • des océans concernés par l'exploitation non durable des ressources.

  • Surexploitation halieutique : Thon rouge, saumon sauvage en danger.

  • Aquaculture : Réduit la pression sur certaines espèces, mais pose des problèmes (antibiotiques, pollution).

2. Des espaces fragiles touchés par les pollutions

  • 7e continent de plastique (Océan Pacifique) : à la taille de la France.

  • 1010 millions de tonnes de plastique/an dans les océans.

  • Pollutionschimiques (engrais, pesticides), marées noires, substances toxiques.

  • Patrimonialisation des milieux sensibles (mangroves, récifs coralliens).

  • Aires marines protégées (AMP) : 5000<spandatalatex="AMPen2018(5000<span data-latex=" AMP en 2018 (7,3\%" data-type="inline-math"> des océans), objectif de doubler d'ici 2030 pour la résilience des écosystèmes.

  • Énergies Marines Renouvelables (EMR) et labels depêche durable (MSC).

  • Objectif de l'ONU (2017) : Protéger des océans d'ici 2020 (ODD n°14). En 2024, seulement protégés.

  • ONG (Sea Shepherd, BLOOM, Greenpeace) : Sensibilisation et lutte contre la pêche illégale et destructrice.

  • Économie bleue (Nairobi, 2018) : Concilier développement économique et protection durable des milieux marins.

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