Mémoire
Kart yokCe document explore la psychologie cognitive du langage, couvrant l'acquisition, le développement, la compréhension, les troubles du langage, l'organisation du lexique mental, et les modèles de réseaux sémantiques.
Introduction à la Mémoire
La mémoire n'est pas une boîte ou un entrepôt, mais un phénomène psychologique actif et complexe.
Définition Intuitive: Ensemble des informations stockées dans le cerveau, nos souvenirs.
La Réalité: La mémoire ne restitue pas les souvenirs à l'identique et sa capacité est variable. Les souvenirs ne sont pas stockés de manière exacte.
Définition Psychologique: Expérience psychologique attribuant un contenu au passé.
Les 3 Processus Clés:
Encodage: Traitement de l'information sensorielle au moment de l'identification et de la mémorisation (Source 9). Plus le temps est disponible, plus l'encodage est profond.
Stockage: Conservation d'une information en attente d'utilisation (Source 10).
Récupération: Action de retrouver une information en mémoire (Source 11).
Capacité de la Mémoire et Tests
Capacité Limitée: Notre capacité de rappel est limitée, mais variable selon les individus et les facteurs (Source 11).
Empan de Mémoire Immédiate: Test psychologique qui estime la capacité de mémoire (Source 11).
Permet d'objectiver les capacités d'une personne par rapport à des normes (âge, sexe, niveau d'étude).
Il mesure le nombre maximal d'items (chiffres, lettres) que le sujet peut restituer dans l'ordre immédiatement après présentation (rappel ordonné) (Source 11).
Tâche de l'Empan Endroit (Source 12):
Principe: Répéter une série d'éléments dans le même ordre.
Mesure: La mémoire à court terme pure (capacité de stockage immédiat).
Empan Moyen: Environ éléments (classique de Miller).
Tâche de l'Empan Envers (Source 13):
Principe: Répéter une série d'éléments dans l'ordre inverse.
Mesure: La mémoire de travail, car elle implique de manipuler mentalement les informations.
Empan Moyen: Souvent plus faible, environ 4 à 5 éléments, due à l'effort cognitif supplémentaire.
Hypermnésie / Déficit: Identifiés par comparaison des performances individuelles aux normes établies (Source 13).
Les Différents Types de Mémoires
Distinctions Temporelles et Capacitaires
William James (1890): Propose une distinction entre Mémoire Primaire et Mémoire Secondaire (Source 16).
Mémoire Primaire: Retient un petit nombre d'informations immédiatement présentes à l'esprit (Source 17).
Mémoire Secondaire: Contient un nombre presque illimité de connaissances nécessitant un effort pour être rappelées (Source 17).
Processus: Stimuli Mémoire primaire Répétition (pour éviter l'oubli) Mémoire secondaire (Source 18).
Le traitement attentionnel et l'organisation du codage en mémoire secondaire sont lents, nécessitant un stockage temporaire (Source 19).
Limites du Modèle de James: Influence unilatérale de la mémoire primaire sur la secondaire remise en cause (Source 21).
Atkinson & Shiffrin (1968, 1971): Modèle des registres sensoriels, à court terme (MCT) et à long terme (MLT) (Source 23).
Flux d'information: Mémoire sensorielle MCT MLT.
Différence avec James: MCT et MLT sont interdépendantes (double flèches dans le modèle) (Source 23).
Les connaissances antérieures (MLT) peuvent étendre la capacité de la MCT (Source 23).
La répétition, l'organisation et la sémantisation sont cruciales pour le transfert en MLT (Source 24).
Arguments en Faveur de Mémoires Distinctes
Arguments Expérimentaux : Les Effets Sériels
But: Mémoriser une liste de mots et la restituer (Source 25).
Constat: La probabilité de rappel dépend de la position du mot dans la liste (Source 25).
Courbe de Position Sérielle: Toujours en « U » pour le rappel libre immédiat (Source 26).
Effet de Primauté: Meilleur rappel des items de début de liste (MLT) (Source 26, 29).
Effet de Récence: Meilleur rappel des items de fin de liste (MCT) (Source 26, 29).
Interprétations et Vérifications (Source 29):
Explication de l'Effet de Primauté: Les premiers items sont organisés et répétés mentalement, transférés en MLT.
Explication de l'Effet de Récence: Les derniers items sont encore en MCT au moment du rappel.
Manipulation Expérimentale:
Rappel Différé: Disparition de l'effet de récence (les items ne sont plus en MCT) (Source 30, 31, 32).
Augmentation du Temps de Présentation: Augmentation de l'effet de primauté (plus de temps pour le transfert en MLT) (Source 31, 32).
Arguments Neuropsychologiques : Double Dissociation
Cas HM: Opéré en 1953 (résection bilatérale de l'hippocampe) (Source 34).
Conséquences: Amnésie antérograde sévère (incapacité à former de nouveaux souvenirs) et amnésie rétrograde (5-10 ans avant l'opération).
Capacités Préservées: Empan mnésique normal (MCT).
Résultat: Effet de primauté déficitaire (problème d'encodage en MLT).
Cas KF: Lésion cérébrale l'empêchant de mémoriser plus de deux ou trois chiffres; capacités d'apprentissage à long terme intactes (Source 35).
Résultat: Effet de récence perturbé (problème de maintien en MCT).
Dissociation / Double Dissociation (Source 36):
Dissociation Simple: Une pathologie affecte un type de mémoire mais pas l'autre.
Double Dissociation: Deux pathologies démontrent des effets opposés sur deux types de mémoires (ex: HM vs KF), confortant l'idée de mémoires distinctes.
C'est un pilier de la psychologie cognitive pour distinguer les systèmes de mémoire.
Distinctions Qualitative des Contenus
Endel Tulving (1985): Distingue la mémoire procédurale, épisodique et sémantique (Source 37).
Basée sur la nature des informations stockées et les niveaux de conscience à la récupération.
Mémoire Procédurale (Source 39):
Contenu: Actions, savoirs opératoires, liens stimulus-réponse (ex: faire du vélo).
Récupération: Inconsciente (pas besoin d'y penser pour effectuer l'action).
S'acquiert par la répétition.
Mémoire Sémantique (Source 40):
Contenu: Concepts, connaissances abstraites, amodales (indépendantes du format) et acontextualisées (sans lien temporel spécifique) (ex: la capitale de la France).
Récupération: Délibérée et consciente (conscience noétique).
Mémoire Épisodique (Source 41):
Contenu: Événements personnellement vécus, ancrés dans le temps, avec une charge affective (ex: votre dernier anniversaire).
Récupération: Consciente (conscience autonoétique).
Larry Squire (1987): Distingue mémoire déclarative et non-déclarative (Source 42).
La mémoire se divise en deux grands sous-systèmes.
Mémoire Déclarative (Source 44):
Contenu: Faits et événements qui peuvent être rappelés consciemment et verbalisés.
Récupération: Volontaire et consciente, nécessite un effort.
Elle est représentationnelle (stocke des représentations).
Mémoire Non-Déclarative (Source 44):
Contenu: Connaissances procédurales, habitudes, amorçage, conditionnement.
Récupération: Automatique, sans conscience ni effort (exprime par la performance).
N'est ni vraie ni fausse.
Illustration (Graf et al., 1985): L'amnésie est un trouble d'accès à la mémoire déclarative (Source 45).
Les patients amnésiques ont une mémoire non-déclarative préservée et une mémoire déclarative perturbée.
Utilisation de tâches:
Déclarative: Rappel indicé (ex: "le mot était associé au mot chien").
Non-déclarative: Tâche de complétion (ex: "compléter avec le premier mot venant à l'esprit").
Résultat: Performances comparables pour la tâche non-déclarative chez les amnésiques et les sujets sains (Source 46).
Confirme la double dissociation: une mémoire déficitaire (déclarative), une mémoire préservée (non-déclarative).
Facteurs Influencent la Récupération
Support Mnésique et Probabilité de Rappel
L'accessibilité d'une information dépend du type de support mnésique (Source 49).
Types de Rappel:
Rappel Libre: Sans support mnésique, nécessite des stratégies d'auto-initiation (difficile) (Source 49).
Rappel Indicé: Avec un support faible (indice catégoriel) (Source 49).
Reconnaissance: Avec un support fort (judgement mnésique) (Source 49).
Bahrich et al. (1975): Rappel Libre < Rappel Indicé < Reconnaissance (Source 50).
La reconnaissance des photos reste à 90% même après 48 ans.
Disponibilité vs. Accessibilité (Source 50):
Une information peut être disponible (présente en mémoire) mais non accessible à un moment donné (sans le bon indice).
L'oubli n'est pas toujours une disparition, mais souvent un problème d'accès.
Les Niveaux de Traitement (Craik & Lockhart, 1972)
Le traitement lors de l'encodage influence la récupération (Source 51).
L'encodage se situe sur un continuum de traitements, du superficiel au profond (Source 51).
Traitement Superficiel: Axé sur la structure du mot (ex: Y a-t-il la lettre O ? Est-il en vert ?) (Source 51, 52).
Traitement Phonétique: Axé sur la sonorité (Source 51).
Traitement Profond (Sémantique): Axé sur la signification et le sens (ex: Est-ce un animal sauvage ?) (Source 51, 52).
La probabilité de récupération est fonction du type de traitement effectué à l'encodage (Source 55).
Les traitements sémantiques mènent à une meilleure récupération (Source 55).
Concordance entre Encodage et Récupération
La récupération est conditionnée par la concordance entre les traitements à la mémorisation et à la récupération (Blaxton, 1989) (Source 59).
Plus de concordance = meilleure performance.
Si l'on sait qu'une tâche de rappel indicé est attendue, on optimise l'encodage pour les indices potentiels.
Expérience de Kolers (1975): Lecture de phrases en miroir (Source 60, 61, 62).
Tâche: Mesure du temps de lecture de phrases.
Observation: Le temps de lecture est réduit pour les phrases précédemment lues en miroir (I) par rapport à celles lues à l'endroit (N), entendues seulement (A) ou non exposées (O).
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Cela montre que le type spécifique de traitement à l'encodage (lecture en miroir) facilite la récupération du même type de traitement.
Rôle du Contexte
On récupère non seulement l'information-cible, mais aussi son contexte (Source 63).
Changement de contexte = difficulté de rappel (le contexte est un indice de récupération).
Types de Contexte (Source 63):
Contexte Intrinsèque: Éléments autour du mot dans la liste (ex: un mot comme indice pour l'autre).
Contexte Externe: L'environnement physique (ex: lieu d'apprentissage).
Contexte Interne: L'état physiologique ou émotionnel (ex: état d'ébriété).
Impact du Contexte:
La force du contexte (minimal ou très fort) joue un rôle déterminant sur le rappel (Source 64).
Tout changement de contexte diminue le rappel (Source 64).
Expérience des Plongeurs (Godden & Baddeley, 1975) (Source 65, 66):
Tâche: Mémoriser une liste sous l'eau ou sur la plage, puis la restituer dans le même ou un autre contexte.
Résultat: Une chute de près de 40% du rappel lorsque le contexte de récupération diffère de celui de l'encodage.
Expérience de l'Intoxication à l'Alcool (Source 67, 68):
Mémorisation et récupération en état sobre ou alcoolisé.
Résultat: Même principe, un changement d'état interne (contexte) diminue également le rappel.
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