Les Diabètes: Types, Causes et Traitements
30 kartExplication des différents types de diabète (type I, type II, gestationnel, insipide), leurs causes, symptômes, complications et traitements, y compris les médicaments comme l'insuline et les antidiabétiques oraux, ainsi que l'autosurveillance glycémique.
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Le Diabète
Le diabète est une maladie chronique caractérisée par une hyperglycémie, c'est-à-dire un taux de sucre (glucose) élevé dans le sang. Cette élévation est due soit à une production insuffisante d'insuline par le pancréas, soit à une mauvaise utilisation de l'insuline par les cellules de l'organisme, soit les deux.
I. Rappels
Le dépistage et le suivi du diabète reposent sur plusieurs marqueurs biologiques :
Glycémie à jeun : Le taux de glucose dans le sang après une période de jeûne (généralement 8 heures).
Hémoglobine glyquée (HbA1c) : Reflète la glycémie moyenne sur les 2 à 3 mois précédents, exprimée en pourcentage.
Glycosurie : Présence de glucose dans les urines.
On considère qu'une personne est diabétique si sa glycémie à jeun est supérieure à 1,26 g/L, mesurée à deux reprises.
II. Diabète Non Insulino-Dépendant (DNID) / Diabète de Type II
1. Définition
Également appelé diabète de type II, il apparaît généralement chez le sujet mature. Son évolution est lente et insidieuse. Il représente environ 90% des cas de diabète et est souvent associé à certains facteurs de risque :
Sédentarité
Surpoids ou obésité
Tabagisme
Hypertension artérielle
Dyslipidémies multiples (anomalies des lipides sanguins)
Autres comorbidités.
2. Physiopathologie
L'évolution du DNID se déroule généralement en trois étapes principales, sur une période de 10 à 15 ans :
Insulino-résistance : Les cellules (adipeuses, hépatiques, musculaires) deviennent moins sensibles à l'insuline, empêchant le glucose de pénétrer et entraînant son accumulation dans le sang.
Hyperinsulinisme : En réponse à cette résistance, le pancréas tente de compenser en augmentant sa production d'insuline.
Insulino-déficience : À long terme, le pancréas s'épuise et sa capacité à produire de l'insuline diminue, conduisant à une carence relative en insuline.
3. Symptômes & Complications
Les symptômes du DNID n'apparaissent pas immédiatement, mais les complications peuvent se développer rapidement en raison des dépôts de sucre et de graisses dans les vaisseaux sanguins :
Microangiopathies : Atteinte des petits vaisseaux sanguins.
Rétinopathie : Atteinte des vaisseaux de l'œil, pouvant mener à la cécité.
Néphropathie : Atteinte des vaisseaux du rein, pouvant évoluer vers l'insuffisance rénale.
Macroangiopathies : Atteinte des gros vaisseaux sanguins.
Coronaires : Risque accru d'insuffisance cardiaque (IC), d'infarctus du myocarde (IDM) et d'angor.
Carotides : Risque d'accident vasculaire cérébral (AVC).
Artères fémorales : Artériopathie Oblitérente des Membres Inférieurs (AOMI).
Risque infectieux augmenté : Les personnes diabétiques sont plus sensibles aux infections.
Pied diabétique : Nécessite une vigilance quotidienne des membres inférieurs pour prévenir le mal perforant plantaire (ulcération sous le pied).
III. Diabète Insulino-Dépendant (DID) / Diabète de Type I
1. Définition
Aussi appelé diabète de type I, il affecte principalement les sujets jeunes, avec un pic diagnostique aux alentours de 10 ans. Les enfants atteints mangent souvent de grandes quantités de nourriture mais restent très minces. Il représente environ 10% des cas de diabète.
2. Physiopathologie
Le DID est une maladie auto-immune où le système immunitaire détruit les cellules bêta des îlots de Langerhans du pancréas, responsables de la production d'insuline. Le diagnostic est souvent posé en urgence suite à l'apparition des symptômes d'hyperglycémie :
Hyperglycémie entraînant une glycosurie (saturation de la réabsorption rénale du glucose) → Polyurie (urines fréquentes et abondantes) → Polydipsie (soif intense et constante).
Protéolyse (dégradation des protéines pour produire de l'énergie) → Perte de masse musculaire et amaigrissement → Polyphagie (faim excessive).
Lipolyse (dégradation des lipides) → Production de corps cétoniques → Baisse du pH sanguin → Risque de coma acidocétosique (urgence médicale).
3. Symptômes & Complications
Le diabète de type I se manifeste par une triade symptomatique classique :
Polyurie
Polydipsie
Polyphagie
D'autres symptômes comme les hypoglycémies (taux de sucre trop bas) sont également possibles, notamment lors du traitement.
IV. Diabète Gestationnel
1. Définition
Ce type de diabète apparaît et disparaît avec la grossesse. Cependant, une femme ayant eu un diabète gestationnel a un risque élevé de le développer à nouveau lors d'une grossesse ultérieure et un risque accru de développer un diabète de type II plus tard dans la vie.
2. Physiopathologie
Le diabète gestationnel est principalement lié à une insulino-résistance due aux hormones de grossesse. La "mémoire" du corps explique le risque accru de développer un diabète de type II par la suite.
3. Symptômes & Complications
Le diabète gestationnel peut entraîner des complications pour la mère et le bébé :
Chez la mère :
Risque d'hypertension artérielle (HTA) et d'éclampsie.
Décollement du placenta, pouvant entraîner une mort in utero.
Chez le bébé :
Macrosomie : Le bébé est trop gros (plus de 4 kg), augmentant les risques lors de l'accouchement.
Hypoglycémie néonatale : Chute du taux de sucre après la naissance, pouvant entraîner de l'hypothermie.
Le dépistage se fait par un test d'hyperglycémie provoquée par voie orale (HGPO) : prise de sang à jeun, puis après l'ingestion d'une boisson très sucrée, avec des prélèvements répétés dans le temps.
Le seul traitement possible, si les conseils diététiques ne suffisent pas, est l'insulinothérapie.
V. Diabète Insipide (à ne pas confondre avec le diabète sucré)
1. Définition
Le terme "insipide" signifie "sans goût", en référence à l'urine non sucrée. Ce diabète, bien que provoquant polyurie et polydipsie, n'entraîne pas de glycosurie. Il est caractérisé par un déficit en ADH (hormone antidiurétique) ou vasopressine, souvent causé par une tumeur au niveau de l'hypophyse.
2. Physiopathologie
Le déficit en ADH empêche les reins de concentrer l'urine, d'où une polyurie importante.
3. Symptômes & Complications
La principale complication du diabète insipide est la déshydratation due à la perte excessive d'eau.
La prise en charge dépend de la cause :
Chirurgie si une tumeur est présente.
Administration d'analogues de la desmopressine (par exemple, MINIRIN).
Le diagnostic repose sur les symptômes et une restriction hydrique (réalisée en milieu hospitalier pour évaluer la capacité de concentration des urines).
VI. Les Médicaments Antidiabétiques
Les traitements du diabète sont multiples et adaptés à chaque type :
Les diabètes de type I et gestationnels ne peuvent être traités que par insulinothérapie.
Pour le diabète de type II, les antidiabétiques oraux ou injectables sont utilisés en première intention, l'insuline étant un recours en cas d'échec.
Les règles hygiéno-diététiques (alimentation équilibrée, activité physique) sont une part essentielle du traitement de tous les types de diabète.
1. Insulinothérapie
L'insuline a pour objectifs de :
Reproduire la sécrétion basale d'insuline.
Éviter les pics de glycémie post-prandiaux (après les repas).
Stabiliser la glycémie à long terme (HbA1c aux alentours de 7%).
Différents types d'insuline sont disponibles, selon leur délai et durée d'action :
Type d'insuline | Délai d'action | Durée d'action | Exemples | Moment d'injection |
Analogues rapides | Immédiat | 3-5 heures | Fiasp, Novorapid, Humalog | 15-20 min avant les repas |
Action intermédiaire | 1 heure | 18-20 heures | ||
Analogues lents | 24-42 heures | Toujeo, Tresiba, Levemir, Lantus | Le soir |
Dosage : Toutes les insulines injectables sont dosées à 100 UI/mL, à l'exception du Toujeo/Tresiba qui sont à 200/300 UI/mL.
Lieu d'injection : L'insuline est administrée par voie sous-cutanée. Le site d'injection influe sur l'absorption :
Ventre/abdomen : Pour les insulines rapides (absorption la plus rapide).
Bras : Pour les insulines intermédiaires.
Cuisses/fesses : Pour les insulines lentes.
Technique d'injection :
Désinfection du site avant injection.
Former un pli de peau, injecter à 90°.
Compter jusqu'à 10 avant de retirer l'aiguille.
Jeter le matériel dans un DASRI (Déchets d'Activités de Soins à Risques Infectieux).
Varier les sites d'injection pour prévenir les lipodystrophies (troubles cutanés).
Conservation de l'insuline :
L'insuline non ouverte se conserve au réfrigérateur.
Une fois ouverte, elle peut être conservée à température ambiante (à l'abri de la chaleur et du soleil) pendant 1 mois maximum.
Gestion de l'hypoglycémie :
Une hypoglycémie peut être causée par une erreur de dosage, une modification de l'alimentation ou du rythme d'activité physique. Les symptômes peuvent inclure nausées, pâleur, fringale.
Hypoglycémie non sévère : Ingérer 15g de sucre (par exemple, 3 morceaux de sucre).
Hypoglycémie sévère : Nécessite un kit de glucagon en intraveineux ou Baqsimi par voie nasale.
Il est crucial pour le patient diabétique d'avoir toujours du sucre sur lui.
2. Antidiabétiques Oraux (ADO)
Il existe plusieurs familles d'ADO, toutes contre-indiquées chez la femme enceinte. Il est important de faire attention aux interactions médicamenteuses : certains médicaments (ex: corticoïdes) peuvent être hyperglycémiants, et d'autres (ex: bêtabloquants) peuvent masquer les symptômes de l'hypoglycémie.
Deux familles d'ADO agissent sur les incrétines, des hormones intestinales sécrétées après un repas qui stimulent la sécrétion d'insuline par le pancréas, augmentent la satiété et ralentissent la vidange gastrique :
Les GLP-1 (Glucagon-Like Peptide-1) sont dégradées par l'enzyme DPP4 (Di-Peptidyl-Peptidase-4).
Deux leviers pharmacologiques possibles :
Mimer l'action de la GLP-1 (Analogues GLP-1)
Inhiber l'action de la DPP4 (Gliptines)
a. Biguanides : Metformine
Médicament de première intention.
Augmente la sensibilité des tissus (foie, muscles, tissu adipeux) à l'insuline.
Diminue la néoglucogenèse (production de glucose par le foie).
Pas de risque d'hypoglycémie.
Peut provoquer des troubles digestifs (diarrhée, douleurs abdominales) proportionnels à la dose et mieux tolérés après les premières semaines.
À prendre pendant les repas (demi-vie très courte).
Formellement contre-indiquée avec les produits de contraste iodés (arrêt 48h avant et après l'examen).
b. Sulfamides (Daonil, Gliclazide, Glimépiride)
Famille de deuxième intention si Metformine insuffisante ou mal tolérée.
Stimulent la sécrétion d'insuline par le pancréas → Risque d'hypoglycémie.
Ne doivent pas être pris en cas de jeûne.
Effet antabuse en cas de consommation d'alcool (réaction désagréable).
Peuvent entraîner une prise de poids (2-3 kg).
c. Inhibiteurs Alpha-Glucosidases (Acarbose)
Ralentissent l'absorption des glucides en bloquant l'enzyme alpha-glucosidase (responsable de la découpe des glucides).
Réduisent l'absorption intestinale du glucose post-prandial.
Rarement utilisés en monothérapie.
Provoquent des troubles digestifs importants (douleurs, gaz, ballonnements).
d. Gliptines ("-gliptine")
Inhibent l'action de l'enzyme DPP4, augmentant ainsi la concentration d'incrétines et stimulant la sécrétion d'insuline par le pancréas.
e. Analogues GLP-1 ("-glutide")
Molécules administrées par voie injectable.
Exemple : OZEMPIC (Sémaglutide), parfois détourné pour la perte de poids.
Effets indésirables : Augmentation du risque d'infections des voies respiratoires.
f. Gliflozines (SGLT2) (Forxiga)
Agissent sur le co-transporteur du glucose SGLT2 au niveau rénal.
Augmentent l'élimination urinaire du glucose, diminuant ainsi la glycémie.
Peuvent provoquer une augmentation du risque d'infections urinaires et génitales, parfois nécessitant des antibiotiques (ex: Fosfomycine).
Augmentent la diurèse, entraînant une diminution de la volémie.
VII. Autosurveillance Glycémique
Le patient est un acteur clé de sa maladie et participe activement à son suivi en collaboration avec l'équipe médicale (médecin, pharmacien, etc.).
La fréquence de la glycémie capillaire dépend du type de diabète :
Diabète de type I et gestationnel : 4 fois par jour.
À jeun
Avant les repas
2 heures après les repas
Le soir, au coucher
Diabète de type II : 2 fois par semaine.
À jeun
En cas de malaise
En cas de malaise, il est toujours recommandé de refaire une glycémie.
Comment réaliser une glycémie capillaire :
Laver les mains à l'eau chaude/tiède et au savon.
Ne jamais piquer sur le pouce ou l'index.
Masser le doigt avant le prélèvement pour favoriser la vasodilatation.
Prélever une goutte de sang avec une lancette.
Déposer la goutte sur une bandelette insérée dans le lecteur de glycémie.
Le matériel (lancette, bandelette) est à usage unique et doit être jeté dans un DASRI.
Certains diabétiques utilisent des capteurs de glycémie continue pour un suivi plus régulier.
VIII. Synthèse et Précautions
La gestion du diabète est une collaboration constante entre le patient et l'équipe soignante. L'observance du traitement, le respect des règles hygiéno-diététiques et une autosurveillance rigoureuse sont essentiels pour prévenir les complications et maintenir une bonne qualité de vie.
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