HSO
20 kartLe christianisme émerge au Ier siècle et se diffuse progressivement en Occident. Malgré les persécutions, comme celles de Dioclétien en 303, il gagne en influence. En 313, l'édit de Milan, promulgué par Constantin, accorde la liberté de culte aux chrétiens et marque un tournant. Cependant, des tensions persistent, notamment avec l'empereur Julien l'Apostat. En 380, l'édit de Thessalonique impose le christianisme comme religion d'État, et en 391-392, les cultes païens sont interdits. L'Église se structure progressivement, avec des diocèses calqués sur les anciennes circonscriptions romaines, et des évangélisateurs jouent un rôle clé dans sa diffusion. Malgré des résistances, le christianisme s'impose comme la religion dominante en Occident.
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Ce document propose une exploration détaillée de l'histoire et des civilisations occidentales, depuis l'Antiquité classique jusqu'au début du XXe siècle, en se basant sur des cours d'Estragat et la 6e édition de l'Histoire de la Civilisation Occidentale.
Contexte général et chronologie
L'étude se concentre principalement sur l'Antiquité classique, englobant les civilisations gréco-romaines. L'Antiquité, au sens large, s'étend de l'apparition de l'écriture (environ 3400/3500 av. J.-C.) à la chute de l'Empire romain d'Occident (476 ap. J.-C.).
Influences
- L'époque est notamment influencée par la Mésopotamie et le Proche-Orient.
- Elle a marqué le Moyen Âge, les Temps Modernes et l'époque contemporaine.
Périodes clés de la Grèce antique
| Nom de la période | Chronologie |
| Âge du Bronze Récent | Env. 1550 – 1150 av. J.-C. |
| Haut Archaïsme (Âge du Fer) | Env. 1150 – 800 av. J.-C. |
| Période archaïque | 800 – 508 av. J.-C. |
| Période classique | 508 – 323 av. J.-C. |
| Période hellénistique | 323 – 30 av. J.-C. |
| Période romaine | 30 av. J.-C. – VIe siècle ap. J.-C. (civilisation Byzantine en Grèce) |
Les sources de la civilisation occidentale
La société mycénienne de l'âge du Bronze Récent (protohistoire : XVe-XIIe s. av. J.-C.)
- Le terme protohistoire est issu du grec proto (« premier ») et du mot « histoire », désignant une période où l'écriture est présente mais ne relève pas encore de la littérature.
- L'âge du Bronze en Grèce débute avec la culture des Cyclades (milieu du IIIe millénaire av. J.-C.) et se diffuse ensuite en Grèce continentale.
- Il existe trois types d'Âge du Bronze : l'Ancien, le Moyen et le Récent.
Société palatiale
- La société mycénienne était une société palatiale, centrée autour de grandes citadelles fortifiées, telles que Mycènes.
- Le Mégaron, un bâtiment au sein de ces citadelles, servait de centre de pouvoir pour le chef ou roi local.
- Le palais jouait un rôle central dans la vie sociale, couvrant les aspects religieux, politique, militaire, administratif et économique.
- Les découvertes archéologiques, comme certains vases, attestent du caractère guerrier des Mycéniens.
- La civilisation mycénienne consignait des informations sur des tablettes d'argile, écrites en notes syllabiques (Linéaire B).
- Ces tablettes ont révélé que les Mycéniens parlaient le grec archaïque, l'ancêtre du grec ancien, démontrant leur lien avec les Grecs classiques. Ces écrits servaient notamment à des comptes de denrées et des registres administratifs.
Hiérarchie sociale et politique mycénienne
- Wa-na-ke-ta (wanax) : roi suprême (chef politique et/ou divinité).
- Qa-si-reu (basileus) : chef local à la tête d'une "province" du royaume.
- Ra-wa-ke-ta (lawagetas) : assistant du roi (chef militaire).
- Te-re-ta (télestai) : autres personnages importants.
- Division du peuple libre en deux classes :
- Da-mos (demos) : entité civile, communauté locale de gens libres, ou parcelle de terre agricole.
- Ra-wos : entité militaire (idée abstraite du "rôle militaire" dans la société).
La société mycénienne était donc une société parlant grec, connaissant l'écriture, hiérarchisée et guerrière.
Destruction des civilisations du Bronze Récent et avènement des cités-états : le Haut Archaïsme (XIe – VIIIe s. av. J.-C.)
Contexte
- Vers 1150 av. J.-C., des civilisations comme celle de Mycènes ont été détruites, potentiellement par les Peuples de la mer (peut-être originaires de Sardaigne).
- Cette période est marquée par un flottement (1150-900 av. J.-C.), avec un creux démographique et la disparition de l'écriture jusqu'au VIIIe siècle av. J.-C.
- Le peuple grec a survécu, mais les institutions politiques ont été désorganisées.
- L'écriture réapparaît vers 750 av. J.-C. avec l'alphabet phénicien (voir la coupe de Nestor), évoluant vers l'alphabet grec.
Avènement d'une société guerrière et aristocratique
- Les récits d'Homère et d'Hésiode décrivent une société grecque structurée autour d'un basileus et d'une aristocratie guerrière.
- La participation au combat (duels, razzias) était essentielle pour l'existence sociale.
- La hiérarchie comprenait le basileus, les Gerontes, les Hegemones, et la masse indistincte du peuple.
Du village à la cité-état : les synoecismes au VIIIe s. av. J.-C.
- Les synoecismes désignent le regroupement de villages, conduisant à la formation de cités-états.
- Ces cités comportaient un centre urbain (astu) et un territoire agricole dépendant de la ville (chôra).
- Les cités devaient être autonomes, nécessitant l'exploitation de leur territoire.
- L'identité commune était forgée par la création de mythes (cultes) et d'institutions, favorisant un sentiment d'appartenance.
- Athènes, par exemple, est devenue le centre de décision de l'Attique.
- Chaque cité avait souvent une acropole, un culte protecteur, et parfois un culte à un héros fondateur (ex. Thésée pour Athènes).
De la royauté à l'oligarchie dans les jeunes cités grecques du Haut-Archaïsme (VIIIe s. av. J.-C.)
Royautés locales
- Des royautés mythiques (ex. Cécrops à Athènes, dynasties à Corinthe comme les Bacchiades) ont existé.
- La réalité historique de ces récits est parfois incertaine.
Régimes oligarchiques : gouvernement par un petit nombre
- De nombreuses cités-états étaient des oligarchies, parfois combinées à l'aristocratie.
- Les Genos étaient des groupes (clans) se réclamant d'un ancêtre mythique ou divin, souvent royal.
- Les eupatrides (« les bien nés »), comme les Alcméonides à Athènes ou les Bacchiades à Corinthe, détenaient le pouvoir par hérédité.
- Les droits du reste de la population sont moins connus.
Structures politiques des premières cités grecques archaïques (trilogie institutionnelle)
- Basileus : intermédiaire entre les hommes et les dieux, mais son rôle pouvait être évincé par les Genos.
- Magistratures (archontes, polémarque) : fonctions publiques exercées par des aristocrates (chefs de la cité, militaires, juges suprêmes). Souvent accaparées par quelques familles.
- Conseil (Boulé) : à base aristocratique, comprenant les chefs des grandes familles, il assistait les magistrats, contrôlait, conseillait et rendait la justice.
- Assemblée (Ekklèsia) : détenait la souveraineté (magistrats, urbanisme, guerre et paix, colonies, cultes). La question de qui était inclus dans le vote (tous les habitants ou seulement les citoyens héréditaires) reste débattue.
À Corinthe, les Bacchiades (d'origine dorienne et très soudés par endogamie) ont renversé le pouvoir royal (vers 750 av. J.-C.) et développé le commerce et la colonisation.
Un cas unique : Sparte (double royauté et oligarchie forte)
- Sparte était un système oligarchique avec deux rois, issus de deux familles distinctes, sans compétition pour le pouvoir.
- Lycurgue (IXe s. av. J.-C.) est le législateur légendaire de Sparte, auteur de la Grande Rhétra (constitution politique dès le VIIe s.).
- Les institutions spartiates comprenaient :
- Deux Basileus.
- Cinq éphores (magistrats).
- Le Conseil des Anciens (gérousia) : 28 membres plus les 2 rois.
- Le Demos : l'ensemble des soldats et citoyens.
La réforme hoplitique (VIIe s. av. J.-C.) : l'élargissement de l'accès à la vie institutionnelle
- Contexte : instabilité, pression des paysans-soldats qui réclamaient des droits civiques et une participation à la défense de la cité, exigeant le même équipement que les aristocrates.
- Définition : changement tactique militaire où les hommes libres combattaient côte à côte, avec le même armement, dans la phalange.
- Cette réforme a eu pour conséquence l'élargissement de l'accès aux institutions archaïques, marquant une sortie du système oligarchique.
- La phalange a favorisé la cohésion sociale et la reconnaissance du rôle des citoyens-soldats.
Solutions au retour des oligarchies : tyrans et législateurs (VIIe – VIe s. av. J.-C.)
Contexte historique et politique
- Les VIIe et VIe siècles furent marqués par des affrontements (stasis) entre le peuple et les aristocrates, mais aussi entre aristocrates.
- Deux solutions principales émergèrent : l'action législative et l'émergence des tyrannies.
L'instauration des tyrannies
- Un tyran (monarque autocrate) renversait l'oligarchie, maintenait les institutions mais y plaçait ses partisans, faisant pression sur l'aristocratie (même s'il en était issu).
- Le tyran s'appuyait sur le soutien du peuple.
- Initialement, le terme tyran n'était pas péjoratif ; les tyrans développaient l'économie, amélioraient les conditions de vie du peuple (mesures économiques et sociales), et menaient une politique de prestige (relations extérieures, grandes constructions comme des temples).
- Exemple à Corinthe : mise en place de voies pour le transport maritime (Diolkos) enrichissant la cité.
- Exemple à Athènes : Pisistrate (561-528 av. J.-C.) et ses fils Hipparque et Hippias formèrent une dynastie tyrannique. Pisistrate fit rédiger les poèmes d'Homère et instaura les fêtes de Dionysos, contribuant à l'identité collective.
- Toutes les tentatives de tyrannie n'ont pas abouti (ex. Cylon à Athènes).
Le tyran, bien que monarque autocrate, pouvait être un aristocrate cherchant la popularité et le soutien du peuple, traitant toutes les classes sociales de manière égale, et développant la cité.
Les législateurs : la mise par écrit des lois
- Action législative intense pour clarifier les lois et éviter qu'elles ne soient contournées.
- Nomothète : législateur.
- Aisymnète : arbitre élu qui consigne la coutume par écrit.
- Exemple d'Athènes : Solon (640-558 av. J.-C.), membre des Alcméonides :
- Abolition des dettes et de l'esclavage pour dettes.
- Instauration d'une Eunomie : les "meilleurs" (basé sur la richesse, non la naissance) font la loi.
- Réformes sociales : organisation des hommes libres en 4 classes censitaires (par richesse).
- Réformes politiques : la fortune régulait l'accès aux charges, tirage au sort des magistrats (avec élection préalable par tribu).
- Création du tribunal de l'Héliée.
- Avant Solon, les groupes étaient basés sur la naissance (Eupatrides, Géomoroi, Démiurges). Après Solon, ils sont basés sur la richesse (Pentacosiomédimnes, Hippeis, Zeugites, Thètes).
- Son œuvre visait à éloigner Athènes de l'oligarchie, mais le pouvoir restait lié à la richesse.
508 av. J.-C. : les réformes de Clisthène et la démocratie athénienne
- Mise en place de l'isonomie : tous égaux par la loi et devant la loi.
- Réorganisation des tribus :
- Le territoire athénien est divisé en 3 régions (mer, ville, intérieur des terres) et en 30 trittyes (10 par région).
- Les trittyes sont divisées en dèmes (unités administratives, environ 139 en Attique), centres de démocratie locale avec des registres de citoyens.
- Création de 10 nouvelles tribus, chacune composée d'une trittye de la côte, une de la ville et une de la terre du milieu. Ces tribus, nommées d'après des héros, mélangeaient la population pour éviter que les grandes familles ou les plus riches ne monopolisent le pouvoir.
Institutions démocratiques de Clisthène
| Assemblée | Conseil des 500 (Boulè) | Magistratures |
| L'ensemble des citoyens (hommes libres ayant les conditions requises). | 500 bouleutes (50 par tribu), citoyens de plus de 30 ans, tirés au sort. | Archontat (éponyme, roi, polémarque, thesmothètes), stratèges. |
| Réunions sur la Pnyx, propose et vote les lois et décrets, élit certains magistrats, rend des jugements, décide de la guerre et de la paix, pratique l'ostracisme. | Pas plus de 2 fois dans la vie, prépare les réunions de l'Assemblée, élabore le probouleuma, gère les affaires courantes, contrôle les magistrats. Les prytanies (un groupe de 50 bouleutes) officiaient par dixième d'année. | Archonte éponyme (fonctions religieuses et judiciaires), archonte-roi (fonctions religieuses), archonte polémarque (chef militaire), 6 archontes thesmothètes (législation). Nouvelle fonction au Ve siècle : les stratèges (chefs militaires élus, 10 stratèges sous l'archonte polémarque). |
- Les femmes, esclaves et non-libres n'avaient pas part à la vie politique.
- Les magistrats détenaient le pouvoir exécutif (juge, religieux, stratège).
Les alliances entre cités aux périodes archaïque, classique et hellénistique
- Confédération : association permanente de cités pour former un État collectif, gardant leurs propres institutions (ex. confédération béotienne dominée par Thèbes, frappant des monnaies communes).
- Amphictyonie : alliance religieuse pour administrer les sanctuaires panhelléniques (ex. amphictyonie pyléo-delphique pour Delphes et les Thermopyles). Les hiéromnemon (représentants des cités) géraient les affaires sacrées et générales, pouvant déclarer des guerres sacrées en cas de profanation.
- Symmachie : alliance militaire entre cités, dirigée par un hégémon (chef), formant une armée commune.
- Synédrion : conseil international avec des représentants de chaque cité membre.
Les royaumes hellénistiques
- Ils succèdent à la division de l'empire d'Alexandre le Grand après sa mort en 323 av. J.-C.
La royauté macédonienne
- Dirigée par un Basileus.
- Dynasties des Téménides ou des Argéades (Philippe II, Alexandre le Grand).
- Les Macédoniens parlaient grec et étaient considérés comme des "cousins" par les Grecs, mais leur système politique était distinct (culte du monarque, conseil avec familles aristocratiques et chefs de guerre).
Les volontés d'expansion de Philippe II et Alexandre le Grand
- Philippe II : conquête de la Grèce par force et diplomatie (archonte de Thessalie, amphictyon de Delphes, hégémon de la Ligue de Corinthe), occupant des postes institutionnels grecs au-delà du cadre local.
- Alexandre le Grand : reprend les responsabilités de son père, conquiert la Perse, l'Égypte (proclamé Pharaon, "Fils d'Amon"), et l'Asie (couronné roi d'Asie).
- Après la mort d'Alexandre, son empire est divisé entre ses 5 généraux (diadoques), fondant les royaumes hellénistiques, qui ont hérité des traditions macédoniennes et culturelles.
Rome antique, de la Royauté au Bas-Empire (VIIIe s. av. J.-C. – IVe s. ap. J.-C.)
Les antécédents de la République romaine : royauté, tyrannie et oligarchie
La période royale (753 – 509 av. J.-C.)
- Légende : fondation par Romulus et Rémus.
- Historiquement : formation par la convergence de 3 tribus latines (Tites, Ramnes, Luceres).
- La cité était subdivisée en 30 curies (10 par tribu).
- Le Sénat, créé par Romulus (?), était composé des patres (pères des familles les plus importantes) et conseillait le roi.
Les 4 premiers rois de Rome (Romulus, Numa Pompilius, Tullus Hostilius, Ancus Marcius) sont considérés comme mythologiques, tandis que les 3 derniers, les "rois étrusques" ou "lucumons" (Tarquin l'Ancien, Servius Tullius, Tarquin le Superbe), sont historiquement avérés. Cela témoigne de la diversité ethnique du peuple romain.
Système oligarchique plutôt que monarchique
- Le roi gouvernait, assisté du Sénat (pères des familles puissantes).
- Le système n'était pas héréditaire (ex. Servius Tullius était le gendre du roi).
- Une période d'inter-roi existait entre deux monarques.
Les réformes « serviennes » de Servius Tullius (VIe s. av. J.-C.)
- Rome s'est élevée à son rang de Cité-État.
- Mise en place d'un système censitaire : 5 classes censitaires, plus les capite sensi et les prolétaires.
- Le système de vote et la participation à la guerre dépendaient de la centurie (groupe de cent hommes, avec une voix par centurie, inégale en fonction de la richesse).
- Réorganisation géographique des tribus en 4 tribus urbaines et des tribus rustiques.
- Ces réformes sont contemporaines de celles de Solon à Athènes.
- Les plus riches, formant plus de centuries (notamment les cavaliers), avaient plus d'influence.
La fin de la royauté romaine : la tyrannie de Tarquin le Superbe
- Servius Tullius fut assassiné par son gendre, Tarquin le Superbe.
- Tarquin se comporta comme un tyran au sens moderne, avec des crimes commis par sa famille (ex. viol de Lucrèce).
- Lucius Iunius Brutus mena une révolte, mettant fin à la royauté à Rome vers 509 av. J.-C.
De la tyrannie à la République (vers 509 av. J.-C.)
Mise en place de nouvelles institutions
- Objectif : prévenir la tyrannie future.
- Ces institutions ont initialement avantagé les descendants des patres (le patriciat).
- Un roi sacré (rex sacrum) : prêtre aux fonctions religieuses.
- Deux consuls : des fonctions militaires, collégiales, assistés de 12 licteurs (lictores).
- Un dictateur (max. 6 mois), assisté d'un maître de la cavalerie, en cas de crise majeure.
- Le Sénat n'a pas fondamentalement changé.
Un État à deux composantes inégales
- Le patriciat : oligarchie très fermée, descendants des patres de l'époque royale, accédant aux fonctions publiques (sénateurs, consuls, dictateurs) et au commandement de l'armée.
- La plèbe : reste des citoyens (classes moyennes, riches familles nouvellement installées, masse de gens de richesse et mixité sociale diverses).
Sécessions de la plèbe (494 et 449 av. J.-C.)
- La plèbe réclama l'accès au consulat.
- Création de nouvelles magistratures pour la plèbe : édiles (fonctions civiques), tribuns militaires à pouvoir consulaire (imperium), et surtout les tribuns de la plèbe (qui protégeaient les plébéiens).
- Le compromis licino-sextien (367 av. J.-C.) ouvrit toutes les magistratures à la plèbe :
- La censure (recenser les citoyens).
- La préture (fonctions juridiques).
- La dictature et le consulat (un des deux consuls devait être plébéien).
- La fonction religieuse de grand pontife.
L'État patricio-plébéien visait une égalité de représentation, complexifiant les institutions.
La République romaine, une trilogie institutionnelle fragile
Le système républicain romain fonctionnait autour de trois piliers : le Sénat, les Magistrats et le Peuple.
Le Sénat
- Pilier de la République, incarnant les valeurs traditionnelles.
- Son auctoritas (autorité morale supérieure) rendait ses décisions (senatus-consulte) de fait contraignantes.
- Conditions d'entrée strictes : les sénateurs étaient d'anciens magistrats (consuls, préteurs), avec une liste contrôlée tous les 5 ans (lectio senatus).
- Vaste champ de compétences : politique étrangère, militaire, institutionnelle, judiciaire, financière (trésor public).
- Les séances étaient organisées dans un lieu consacré par les augures, débattues jusqu'au coucher du soleil, avec un ordre de parole établi (princeps senatus parlant le premier).
Les magistrats
- Citoyens romains, non rémunérés, devant avoir une fortune suffisante et avoir effectué leur service militaire.
- Accès via le cursus honorum (séquence de magistratures) :
- Questeur (fonctions financières et juridiques).
- Édiles (fonctions civiques, gestion de la cité).
- Préteur (fonctions juridiques, juges).
- Consul (fonctions militaires, chefs de légions, nécessitant 40 ans minimum et service militaire de cavalier).
- Magistratures hors cursus honorum :
- Dix tribuns de la plèbe (défendaient la plèbe, pouvaient s'opposer aux consuls).
- Dictature (imperium maximum, droit de lever des armées partout).
- Censure (recensement des citoyens).
Les magistratures étaient annuelles, électives, hiérarchisées (intervalles, âges minimaux), collégiales et bénévoles.
Le peuple
- Seuls les citoyens votaient, au travers d'assemblées électorales :
- Comices curiates (vote pour l'imperium).
- Comices centuriates (élisaient les magistrats supérieurs et votaient les lois).
- Comices tributes (élisaient les magistrats inférieurs et votaient les lois).
- Concile de la plèbe (se confondait avec les comices tributes).
- Les problèmes de l'égalité géométrique (les riches ayant plus de voix), des déplacements pour le vote et de l'espace réduisaient l'efficacité de ces assemblées.
L'évolution du système républicain
Les ambitions personnelles des consuls de la fin de la République (133 – 30 av. J.-C.)
- Des pouvoirs exceptionnels (imperium étendu, faisant d'eux des imperatores) furent conférés aux consuls par le Sénat, menant à des déviances et des guerres civiles.
- Caius Marius : 7 fois consul, général illustre des guerres civiles entre les populares et les optimates.
- Lucius Cornelius Sylla : rival de Marius, instaura la Lex Valeria (dictature sans limite de temps), remodela le Sénat et mena des proscriptions sanglantes.
- Pompée : grand général romain avec l'imperium maius (pouvoir de lever des armées partout), partisan des optimates.
- Ces périodes de tension virent l'expansion de Rome et l'émergence des triumvirats (alliances entre 3 hommes pour monopoliser le pouvoir).
Les triumvirats de la fin de la République
- Il s'agissait d'alliances entre trois hommes politiques pour faire triompher un intérêt commun.
- Le premier triumvirat (officieux) : Crassus, Pompée, César (60 – 56 av. J.-C.).
- Le second triumvirat (officiel par la Lex Titia) : Octave, Marc Antoine, Lépide (44/43 – 31 av. J.-C.).
- Ces alliances ont marqué une sortie du modèle républicain traditionnel.
César, Auguste : tentatives de restaurer une monarchie ?
César
- Dominant seul après la mort de Crassus et Pompée, César s'imposa comme maître de Rome (48 – 44 av. J.-C.).
- Il cumula les pouvoirs par le Sénat : consul, consul unique, dictateur à vie, tribun de la plèbe (avec sacro-sainteté), nomma la moitié des candidats aux magistratures et exigea un serment des magistrats.
- Son ambition de fonder une monarchie mena à son assassinat.
Octave – Auguste
- Dominant seul après le second triumvirat, il mena une stratégie politique de "restauration de la République" tout en instaurant une monarchie de fait.
- Il refusa initialement les honneurs du Sénat, mais accepta des titres cruciaux : Princeps Senatus, Imperator, Augustus (terme religieux).
- Il obtint la puissance tribunicienne (droit de veto) et l'imperium proconsulaire (lever des armées dans les provinces sénatoriales), et l'imperium maius (chef militaire de tout l'empire).
- Il mit en place le Principat : les institutions furent "vidées de leur substance", le Sénat fut contrôlé (Auguste était Princeps Senatus, contrôlant sa liste et la fréquence des séances).
- Les magistratures furent affaiblies : le cursus honorum fut conservé mais l'accès fut plus strict, l'empereur cooptant les candidats, et le consulat devint un titre honorifique. Auguste devint le véritable dirigeant de Rome.
Le Haut-Empire romain (14 – 235 ap. J.-C.) : aboutissement de l'œuvre d'Auguste
Les Julio-Claudiens
- Descendants de César (sauf Tibère), ils continuèrent l'œuvre institutionnelle d'Auguste.
- Les relations avec le Sénat furent binaires, alternant bonne entente et méfiance.
Les Flaviens
- Leur avènement (Vespasien) fut dû à la victoire lors de l'Année des quatre empereurs (68-69 ap. J.-C.).
- Titus et Domitien succédèrent à Vespasien.
Les Antonins : l'Âge d'Or de l'Empire
- Période de consolidation du pouvoir impérial et de succession par adoptions (sans liens de sang directs).
- Exemples : Trajan, Hadrien, Antonin le Pieux, Marc Aurèle, Commode.
Les Sévères : début des difficultés
- Restauration de l'idée dynastique et mise en place d'une monarchie militaire par Septime Sévère.
- Exemples : Septime Sévère, Caracalla, Sévère Alexandre.
Le Haut-Empire fut marqué par une succession dynastique ou par adoption pour maintenir la stabilité.
Le Bas-Empire romain (235 – 476 ap. J.-C.) : l'anarchie militaire et les tentatives de stabilisation
Contexte
- Période d'anarchie militaire : usurpations fréquentes, règnes courts et instables, empereurs méfiants envers les préfets du prétoire.
Les réformes de Dioclétien (fin du IIIe siècle) : garantir la stabilité
- Dyarchie : deux dirigeants (Augustes) partageant l'empire de manière hiérarchisée (Dioclétien pour l'Orient, Maximien pour l'Occident).
- Tétrarchie : quatre dirigeants hiérarchisés. Deux Augustes (Dioclétien, Maximien) et deux Césars (Galère, Constance Chlore). L'objectif était d'éviter les usurpations, les insurrections provinciales, et de renforcer la défense des frontières. Après 20 ans, les Augustes devaient abdiquer et être remplacés par les Césars.
- Dioclétien créa des diocèses (7 à 8 provinces sous l'autorité d'un vicaire).
Le rôle des lois et des réformes dans l'Antiquité
Le refus de contribuer au fonctionnement de la société
- La stasis (sédition, conflit interne) en Grèce archaïque (absence de pouvoir décisionnel, esclavage pour dettes) et les sécessions de la plèbe à Rome (494 et 449 av. J.-C.) furent des formes de grève pour revendiquer l'accès aux magistratures ou l'amélioration des lois.
- Ces mouvements ont conduit à des réformes et la mise par écrit des lois.
La mise par écrit des lois, des constitutions
- En Grèce archaïque :
- Lycurgue à Sparte : la Grande Rhétra (VIIe s. av. J.-C.).
- Solon à Athènes : tribunal populaire de l'Héliée, régime censitaire (Eunomie) (début VIe s. av. J.-C.).
- À Rome : les Lois des Douze Tables (449 av. J.-C.), rédigées par le collège des Décemvirs, limitant le pouvoir de l'aristocratie (fin de l'arbitraire).
Monopole et légitimation du pouvoir en cercle restreint : les dynasties régnantes
Principe dynastique
- Exercice du pouvoir en cercle restreint par une lignée issue de la même famille, par hérédité de sang ou non.
- Moyens de construction d'une dynastie : liens de sang (descendance, pouvoir matrimonial des femmes, polygamie, mariages incestueux), adoption (en cas d'absence de descendance apte), assassinats des rivaux, revendication d'une origine divine.
- La primogéniture (transmission au fils aîné) et la progéniture (le premier né comme successeur) étaient des enjeux clés.
Le lien des dirigeants aux divinités
Époque hellénistique : Alexandre le Grand
- Monarchie absolue avec une qualité divine du souverain.
- Alexandre revendiquait un lien avec Héraclès et se proclama "fils des dieux" (après sa visite à l'oracle d'Amon à Siwa).
- Il adopta et imposa des pratiques orientales comme la proskynèse (s'incliner pour un supérieur divin ou royal) à ses généraux.
- La monnaie attestait de sa divinisation (représenté en Héraclès, ou avec les cornes d'Amon).
République romaine tardive
- Les magistrats et consuls (comme César) cherchaient à prendre du pouvoir et se réclamaient d'ancêtres divins (César revendiquait une ascendance de Vénus).
- Construction de temples dédiés à des divinités associées à leur famille (ex. Vénus Génitrix pour César).
- Rapprochement aux divinités et divinisation posthume.
Empire romain : le culte impérial
- Des rites en l'honneur de l'empereur vivant et de sa famille, reconnaissant sa proximité avec le monde divin, surtout dans les nouvelles provinces.
- Association de l'empereur régnant aux divinités (attributs divins dans les portraits officiels).
- Excentricités de certains empereurs (Caligula cherchant l'immortalité avec l'or).
- L'Apothéose : rite de divinisation de l'empereur défunt, si le peuple l'a apprécié. Symbole de son âme montant au royaume divin (aigle durant la cérémonie).
- L'absence d'apothéose (damnation mémoriae) pouvait signifier la damnation du souvenir.
L'évergétisme dans le monde gréco-romain
Principes de l'évergétisme ou de la « politique édilitaire »
- Consistait à faire profiter sa richesse à ses concitoyens, distribuer des privilèges.
- Déjà présent à Athènes au Ve siècle.
- Vertu royale fondamentale dans les royaumes hellénistiques, reprise par les Romains.
- Créait une image de monarque justicier et bienfaiteur, assurant la paix.
- Les cités érigeaient des statues en l'honneur du roi, diffusant une image idéalisée du souverain.
Réalités antiques : le monde romain
- Devoirdes magistrats durant la République, repris par les imperatores (butins de guerre).
- Monopolisation progressive par l'Empereur dès Auguste.
- L'évergétisme était présent dans les provinces romaines.
- Gout pour le gigantisme dans l'Antiquité tardive.
La Via Appia et l'Acqua Appia, construites par le consul Appius Claudius Caecus (fin IVe s. av. J.-C.), sont considérées comme l'une des premières manifestations de l'évergétisme.
Évergétisme des imperatores : Pompée et César
- Les butins de guerre et fortunes personnelles finançaient les grands travaux publics.
- Pompée construisit un "théâtre" (en réalité un temple à Vénus avec un théâtre) sur le Champ de Mars.
- César offrit des jeux, banquets, reconstruisit des villes et le Forum de César.
- Ils mobilisaient le divin (ex. Vénus pour César).
Évergétisme de l'eau (fin République, puis Empire)
- Nécessité d'eau pour la population grandissante de Rome, donc construction d'aqueducs (coûteux).
- Les aqueducs et réseaux de distribution d'eau servaient à l'hygiène (thermes) et l'alimentation.
- Des bâtiments publics de plus en plus grands (ex. thermes de Caracalla, Dioclétien) furent construits pour montrer la prospérité.
L'Annihilation de la menace interne à la société comme moyen de renforcement du pouvoir
La démocratie athénienne : le pouvoir du peuple sur la communauté
Contexte institutionnel
- L'Assemblée, impliquant tous les citoyens, détenait le pouvoir par le vote (politique extérieure, lois, décrets, magistrats).
- Le peuple exerçait la justice via deux tribunaux :
- L'Aréopage : tribunal traditionnel oligarchique (anciens archontes jugeant les crimes graves).
- L'Héliée : tribunal populaire créé par Solon, 6000 citoyens tirés au sort (jugeant les crimes mineurs).
L'annihilation de l'ennemi par le jugement à Athènes
- Vengeance privée sous l'oligarchie, puis les lois de Dracon (VIIe s. av. J.-C.) qui encadraient les règles de vengeance.
- L'Atimie : suppression des droits civiques pour un citoyen (conservant sa citoyenneté mais avec des droits restreints).
- L'Ostracisme (vraisemblablement inventé par Solon ou Clisthène) : bannissement d'un citoyen pour 10 ans hors de l'Attique, sans peine juridique ni financière, pour diminuer une autorité jugée trop pesante.
- Le jugement de Socrate (399 av. J.-C.) : exécuté pour avoir prétendument corrompu la jeunesse, dans un contexte d'affaiblissement de la démocratie.
Le pouvoir du Sénat romain sur les institutions et les citoyens
Sénatus-consulte ultime
- Les consuls obtenaient des pouvoirs exceptionnels, souvent en temps de crise (ex. Pompée contre César en 52 av. J.-C., donnant à Pompée l'imperium élargi).
Hostis publicus (« ennemi public »)
- Désigner un citoyen comme l'ennemi public de Rome, s'appliquant à un citoyen vivant (ex. Néron en 68 ap. J.-C.).
Damnatio memoriae
- Décision du Sénat de plonger dans l'oubli le souvenir d'une personne décédée ayant "mal agi".
- Pratique présente dans d'autres civilisations (ex. Hatchepsout en Égypte).
- Comportait divers degrés de dureté : effacement du nom des inscriptions, destruction des images/archives, interdiction de porter le deuil, etc.
- Le refus de l'apothéose (privant l'empereur du titre de diuus) était une forme de damnation (ex. Caligula).
Les imperatores dans la République romaine tardive : les proscriptions de citoyens
- Dans un contexte de montée des imperatores et des triumvirats (alliance militaire), des proscriptions furent utilisées pour consolider le pouvoir.
- La proscription de Sylla (82 av. J.-C.) : liste de noms d'opposants politiques à assassiner sans jugement, avec récompense.
- La proscription d'Octave, Antoine et Lépide (43 av. J.-C.) : pour renforcer leurs positions et éliminer des rivaux (ex. Cicéron).
Royaumes et empires : les assassinats en toute impunité
- Macédoine : assassinats orchestrés par Olympias (rivaux d'Alexandre) ou Cassandre (derniers Téménides).
- Empire romain :
- Tibère (14-37 ap. J.-C.) : exécution de rivaux (Germanicus, Séjan).
- Caligula (37-41 ap. J.-C.) : condamnations à mort sans procès, assassiné par la garde prétorienne.
- Néron (54-68 ap. J.-C.) : exécution de sa mère Agrippine et de sénateurs, se suicida en tant qu'hostis publicus.
La manifestation de la puissance : trophées, triomphes et parades
Tropaison en Grèce antique
- Le tropaison était un mannequin élevé sur le champ de bataille, orné des armes de l'ennemi vaincu, en signe de victoire et offrande aux dieux.
Parades et triomphes
- Origines dans les fêtes religieuses grecques (processions à Déméter, Panathénées à Athènes, Soteria de Delphes).
- Entrées royales du monde gréco-macédonien (inspirées de la Perse achéménide), avec un protocole pour l'arrivée du roi.
- Processions hellénistiques (ex. Ptolémaïa des Lagides) : démonstration de richesse et puissance (défilé de bijoux, produits de luxe, captifs).
- Le triomphe romain : cérémonie majeure célébrant une victoire militaire. Le général victorieux défilait dans Rome avec ses troupes, le butin, les prisonniers, et s'achevait par un sacrifice à Jupiter.
Sociétés et structures sociales
Les diverses dimensions de l'appartenance sociale
Une appartenance au monde grec : ethnè, tribus et oikos
- Les ethnè : unités d'organisation basées sur un dialecte (ionien, éolien, dorien, achéen) et des cultes communs. Celles qui ne parlaient pas grec étaient des barbaros (étrangers, puis péjoratif).
- Les tribus : personnes se revendiquant du même ancêtre divin.
- L'oikos : famille nucléaire, plus petite cellule d'organisation sociale, incluant le patrimoine et les esclaves.
- Le kurios (chef de famille) était le seul citoyen.
- L'épouse n'avait pas la citoyenneté, dépendait de son mari.
- Les enfants (peu nombreux) et les esclaves (coûteux mais faisant partie de la famille) étaient intégrés.
- Groupes sociaux gravitant autour des familles : Philoi (amis), Suggeneis (parents consanguins), Prosékontes (proches parents), Kédestai (parents par alliance).
- Collectivités au sein de la cité-état : Tribut, Phratrie, Genos.
Une société tournée vers la génération
- Peu d'enfants (risques d'accouchement, coûts).
- Évènements et rituels marquaient la croissance des enfants et la maturité sexuelle (hebé) :
- Filles : éducation à la vie d'épouse (ex. sanctuaire d'Artémis à Brauron), courses pour femmes (Héraia à Olympie).
- Garçons : éducation culturelle et militaire (éphèbie, service militaire à 18 ans à Athènes, 6 ans à Sparte).
- La dokimasie (examen) déterminait l'aptitude à la citoyenneté.
- Pédérastie était parfois présente.
- Le mariage visait à donner des héritiers et la femme était donnée avec une dot.
- Les répudiations (divorces) étaient fréquentes.
- Monogamie pour les épouses citoyennes, mais concubinage accepté (esclaves, étrangères).
Sparte : une société militaire, isolationniste et oligarchique (cité dorienne)
- Homoloi (les Égaux) : citoyens de plein droit (au moins 30 ans, service militaire terminé), soumis à des obligations strictes (kleros, syssiton, interdiction du luxe, mariage).
- Hypoméliones (inférieurs) : citoyens déchus.
- Périèques : habitants des cités libres environnantes, payant un impôt et servant dans l'armée mais sans citoyenneté spartiate.
- Hilotes : esclaves de la cité, cultivant la terre des Spartiates, vivant dans la terreur due à leur nombre important.
- Eugénisme à la naissance (abandon des bébés faibles).
- Agogé : éducation militaire obligatoire de 7 à 30 ans, organisée par la cité (entraînement dur, cryptie pour les jeunes, flagellation).
- La femme spartiate : son rôle était orienté vers la maternité et une progéniture robuste (pratique de la boxe).
Athènes : une cité ionienne
- L'évolution de la notion de tribu : 4 tribus ioniennes avant Clisthène, puis 10 tribus post-réforme (brassage de populations).
- Être ou devenir citoyen athénien :
- Présentation à la phratrie à la naissance.
- Père citoyen athénien (et mère citoyenne après les réformes de Périclès).
- Inscription au registre du dème à 18 ans après la dokimasie.
- Éphèbie (service militaire et religieux).
- L'atimie (déchéance des droits civiques) était une menace.
- Les inférieurs libres de l'Attique : hommes libres étrangers ou citoyens privés d'atimie.
- Citoyens d'autres cités en passage : devaient se comporter impeccablement, assistés par un xenos (citoyen athénien) ou un proxène (fonction officielle pour une cité). Les symbola étaient des conventions judiciaires entre cités.
- Métèques : étrangers résidant à Athènes plus d'un mois, payant un impôt (Métoikoin) et des droits de marché, sans droit de propriété immobilière. Représentés par un prostatès.
- Les non-libres (esclaves) : coûtaient cher, étaient utilisés pour des tâches spécialisées, et bien traités. L'affranchissement était possible (ex. vente fictive à une divinité).
- Le statut des femmes à Athènes : pas de citoyenneté, mais filiation décisive, prêtresses d'Athéna.
La Macédoine
- Considérés comme "cousins des Grecs", ils étaient des descendants d'Héraclès.
- Monarchie avec une dynastie héréditaire (mais polygamie et succession parfois moins stable).
- Les femmes avaient une influence importante.
- La cour royale macédonienne incluait la famille royale, des compagnons (chefs de guerre élevés avec le roi), une armée (paysans = fantassins, élite = cavaliers).
Rome : la famille comme unité de base
- L'oikos (famille nucléaire et patrimoine) était l'unité économique réglementée par ses propres lois.
- Paterfamilias et materfamilias.
- Agnates : liés par le sang ou l'adoption au père.
- Cognates : liés par le sang à la famille maternelle.
- Affines : liés par le mariage.
- Le père décidait de reconnaître ou non les enfants à la naissance (exposition).
- La libération des fils (émancipation) impliquait de le "vendre" trois fois à un allié.
- Le père détenait l'autorité suprême.
- Le statut de la femme romaine : pas citoyenne, mais plus élevé qu'en Grèce, elle pouvait devenir indépendante (sui iuris) en l'absence d'homme, héritait, mais avait toujours un tuteur. Pas de droit de vote, mais pouvait gérer les affaires familiales et l'économie.
- Les Vestales (prêtresses de Rome) avaient une responsabilité énorme.
Citoyenneté romaine
- Réservée aux hommes, basée sur la naissance (père et grand-père maternel citoyens).
- Étapes : Toga Virilis, fête des Liberalia, service militaire obligatoire.
- Droits et devoirs (civitas optimo iure) : vote, élection, inscription au cens, enrôlement dans l'armée, mariage, justice, propriété, commerce, hérédité, impôts.
- Le tria nomina (prénom, nom gentilice, nom de famille) marquait l'identité du citoyen.
Les femmes n'étaient pas citoyennes, mais l'étaient d'origine romaine. Un homme libre non citoyen ne pouvait pas épouser une Romaine.
Déclinaisons de la citoyenneté lors de la conquête de la péninsule italienne
- Civitas optimo iure : citoyenneté romaine pleine et entière.
- Ager publicus : territoire public (terres louées).
- Municipes : cités soumises à Rome, avec autonomie politique.
- Colonies romaines : implantation de colons romains avec citoyenneté romaine.
- Colonies latines : citoyens réduits, sans les pleins droits romains.
- Alliés du peuple romain : cités avec des "contrats" (foedus), conservant autonomie mais avec obligation militaire.
La Guerre Sociale (91-88 av. J.-C.) conduisit à la Lex Iulia (90 av. J.-C.), accordant la citoyenneté romaine à tous les alliés de la péninsule. L'Édit de Caracalla (212 ap. J.-C.) l'étendit à tout homme libre de l'Empire (pour des raisons financières et administratives).
Les peuples fédérés (Foedus) étaient des peuples barbares installés aux frontières en échange d'une assistance militaire.
La République romaine, un monde de clivages sociaux
- Patriciat : descendants des fondateurs (patres patriae).
- Plèbe : reste des citoyens romains, familles récemment installées.
- Clientélisme : relation de confiance entre un patron et un client (protection juridique, aide financière, publicité politique).
- Nobilitas (dès IVe s. av. J.-C.) : fusion des riches familles plébéiennes et du patriciat.
- Homo novus : premier de sa famille à devenir consul.
- L'élite romaine comprenait les chevaliers et les sénateurs (issus de la première classe censitaire).
Religion et société
La religion en Grèce antique
Traits principaux
- Religion civique, insérée par naissance, omniprésence du sacré (idion vs demosion, hierón).
- Pas de révélation ni de livre sacré, non dogmatique.
Origines du monde et divinités
- Cosmogonie : Chaos -> Nyx, Érèbe, Tartare, Abyssos, Éros, Gaïa -> Ouranos.
- Titans (12 enfants de Gaïa et Ouranos).
- Cyclopes (frères des Titans).
- Gigantomachie (guerre entre Zeus et les Titans).
- Douze divinités olympiennes (Zeus, Hestia, Déméter, Héra, Hadès, Poséidon, Aphrodite, Héphaïstos, Arès, Dionysos, Apollon, Athéna, Artémis, Hermès).
- Divinités chtoniennes (monde souterrain : Hadès, Déméter, Perséphone).
- Divinités poliades (protectrices de cités : Athéna pour Athènes, Arès pour Sparte, etc.).
- Présence de héros, nymphes, satyres.
Le panthéon grec s'est formé avant la période classique (présence de noms de divinités sur des tablettes mycéniennes).
Orphisme
- Mouvement religieux et intellectuel (dès le VIe s. av. J.-C.) visant à se mettre en marge de la société.
- Choix personnel, pas de "communauté orphique".
- Croyance en la réincarnation de l'âme et nécessité de l'initiation pour le salut.
- Pratiques : rites de purification, règles alimentaires (végétarisme), interdiction de porter de la laine, respect pour toute forme de vie.
- Considéré comme du charlatanisme par certains contemporains.
Le temple et l'espace sacré
- But du temple : abriter la divinité et son trésor (accès restreint aux administrateurs du culte).
- Autres éléments : voie sacrée, autel (pour les sacrifices), téménos (limites sacrées), alsos (bois sacré).
- Pureté requise pour entrer dans l'espace sacré (ablutions).
- Le sanctuaire d'Épidaure est un complexe avec plusieurs temples (Apollon, Artémis, Aphrodite, Asclépios).
- Acteurs : magistrats (prêtres), trésoriers, néocores.
Rites et festivités
- Libations (purification), offrandes, sacrifices (différents pour les divinités chtoniennes et olympiennes, ex. hécatombe).
- Sacrifices rythmaient la vie collective (gratitude, demande de faveurs).
- Sacrifices humains considérés comme barbares.
- Festivités :
- Basées sur le calendrier agraire (fêtes pour la prospérité).
- Panathénées (pour Athéna) : compétitions sportives et artistiques, processions, sacrifices.
- Thesmophories (pour Déméter) : fêtes réservées aux femmes.
- Sanctuaires panhelléniques : lieux de fêtes religieuses ouverts à tous les hommes libres de Grèce (ex. Olympie, Delphes, Épidaure).
- Jeux (ex. olympiques, pythiques, d'Asclépios) : périodes de trêve (asylium).
- Sanctuaires oraculaires (ex. Delphes pour Apollon, Dodone pour Zeus) où les fidèles consultaient des oracles via des intermédiaires (pythie).
- Cultes à mystères : rites initiatiques secrets (telesterion) pour un groupe restreint.
La religion romaine
Traits principaux
- Polythéiste, non dogmatique, ritualiste.
- Origines diverses (local, étrusque, indirectement grecque et orientale).
- Absorption continue de cultes étrangers (Égypte, Phénicie, Gaules) à mesure de l'expansion : plus de dieux pour plus de protection.
Influences étrusques
- Consultation des augures (comportements animaux) et des haruspices (entrailles).
- Livres sibyllins (recueil de remèdes et conduites en cas de prodiges).
- Panthéon calqué sur les panthéons étrusque et grec (ex. Tinia/Zeus/Jupiter, Uni/Héra/Junon).
- Le temple de Jupiter capitolin abritait la Triade Capitoline (Jupiter, Junon, Minerve).
Religion dans la sphère privée
- Présence des Lares, Pénates, Mânes.
- Le paterfamilias agissait comme prêtre familial.
- Importance de la prière, des offrandes et de l'entretien du foyer.
Religion dans la sphère publique
- Les magistrats étaient aussi des prêtres.
- Collèges sacerdotaux :
- Pontifes (calendriers liturgiques, lieux sacrés, introduction de cultes).
- Augures (interprétaient les signes divins).
- Décemvirs (conservaient les Livres Sibyllins).
- Septemvirs (contrôlaient jeux et banquets).
- Rôle des femmes : les Vestales (prêtresses de Vesta, gardiennes du feu sacré).
Rites
- Libations, sacrifices et offrandes pour s'attirer les faveurs divines.
- Pax deorum : reconnaître la supériorité des dieux pour éviter les catastrophes.
Calendrier liturgique romain
- Fêtes fixes ou mobiles (Saturnales, Lupercales, Equirria, Quirinalia).
Cultes orientaux (dans le monde romain)
- Intégration du culte d'Isis, Sérapis et Osiris (Égypte).
- Culte de Mithra (phrygien/indo-iranien), divinité solaire, célébré le 25 décembre (Sol invictis).
- Culte d'Attis (phrygien), interdit à Rome.
- Culte de Bona Dea (local), réservé aux femmes.
Culte impérial
- Rituels centrés sur l'empereur, de son vivant (hommage à son autorité) et après sa mort (apothéose).
- Très répandu dans les provinces.
L'avènement des religions monothéistes
- Judaïsme : religion monothéiste, dogmatique (Torah). Tolérance romaine, mais tensions (ex. Guerres de Judée en 66-73 ap. J.-C., destruction du Temple de Jérusalem). Divisions internes (Sadducéens, Pharisiens, Esséniens, Zélotes).
- Christianisme :
- Existence historique de Jésus (né entre 7 et 4 av. J.-C. à Bethléem).
- Expansion au Haut-Empire (2-3% de la population), rôle de Paul de Tarse.
- Persécutions sous Néron, Domitien, Dioclétien (édit contre les chrétiens en 235 ap. J.-C., puis persécutions du IIIe s.).
- Constantin Ier : bataille du Pont Milvius (312), Édit de Milan (313) : fin des persécutions, liberté de culte, restitution des biens.
- Théodose : Édit de Thessalonique (380) : Christianisme religion unique et obligatoire d'état. Interdiction des cultes païens (391-392).
Christianisation et paganisme
- L'évangélisation a progressé des villes (centres romains) vers les campagnes (paganisme).
- L'Église s'est structurée sur les circonscriptions romaines (diocèses).
- Affrontement avec la résistance païenne (martyrs), remplacement des sanctuaires païens par des églises.
- Intégration de symboles et fêtes païennes (ex. Noël remplace le Sol Invictus, la Chandeleur).
Relations Église/État : césaropapisme et théocratie
- Césaropapisme : l'État exerce un contrôle sur l'Église (Orient).
- Théocratie : le pouvoir religieux affirme sa supériorité sur le pouvoir civil (Occident).
Deux penseurs fondamentaux : Gélase et Saint Augustin
- Saint Augustin (IVe-Ve s.) : évêque africain, auteur de La Cité de Dieu (413), distinguant la Cité terrestre (Rome, vouée à disparaître) et la Cité céleste (perpétuelle). L'Église est une réalité terrestre avec une mission de guider les fidèles.
- Gélase (pape, 492-496) : dans une lettre à l'Empereur Anastase, il a distingué l'auctoritas (pouvoir spirituel des pontifes, supérieur car responsable devant Dieu) et la potestas (pouvoir temporel des dirigeants, devant obéir aux pontifes).
Mondes mérovingiens et carolingien : une phase d'équilibre
- Mérovingiens :
- Clovis (V-VIe s.) : conversion pragmatique au christianisme (vers 496) pour des raisons politiques (soutien des évêques, conquête de territoires ariens).
- Le "siècle des saints" (625-739) marqua une effervescence religieuse.
- Carolingiens :
- Le christianisme est la religion implantée.
- Pépin le Bref : Rex Dei Gratia (roi par la grâce de Dieu), sacre (onction conférant un statut particulier et une mission divine).
- Charlemagne : couronné empereur en 800 (Noël), renforce la proximité Église-Carolingiens. Affirme son autorité sur l'Occident.
- Sa théorie du pouvoir (ministerium) : serviteur de Dieu et de son peuple.
- Spoliations de biens ecclésiastiques compensées par l'impôt de la dîme (qui sera perçu jusqu'au XVIIIe s.).
- S'entoure d'ecclésiastiques (Alcuin) pour l'administration et le contrôle des territoires (Missi Dominici).
Ces époques ont marqué une collaboration étroite entre la potestas et l'auctoritas.
L'avancée musulmane et la Reconquista
- 622 : apparition de l'islam, expansion rapide (Arabie, Syrie, Jérusalem, Maghreb, Espagne et Portugal en 711).
- 732 : Charles Martel arrête les troupes musulmanes à Poitiers, mettant fin aux pillages au-delà des Pyrénées.
- La présence musulmane en Espagne n'imposait pas la conversion, mais la Reconquista (entreprise de reconquête chrétienne) débuta.
- 1270 : grande partie de la péninsule ibérique reprise.
- 1492 : prise de Grenade, fin de la Reconquista.
- Apports culturels de l'islam : architecture, chiffres arabes, papier.
Le schisme de 1054
- L'Empire romain divisé en 395 (Théodose), Rome (papauté) en Occident, Constantinople en Orient.
- Distinction entre césaropapisme (Orient) et la primauté revendiquée par Rome (basée sur Saint Pierre).
- Le fossé culturel et linguistique s'est creusé (latin vs grec).
- Restauration impériale en Occident (800) a accentué la séparation.
- La querelle des iconoclastes (VIIIe s.) fut un autre facteur de division.
- Innovations religieuses de Rome (jeûne le samedi, célibat des prêtres) rejetées par l'Orient.
- 1043 : tensions accrues. Le pape excommunie le patriarche de Constantinople (1054), menant au Grand Schisme (rupture entre l'Église orthodoxe et catholique).
Théocratie et déclin de la papauté
- À partir d'Otton Ier (962), la politique de l'Église impériale (confier des charges temporelles à des ecclésiastiques) a mené à la Querelle des Investitures (1075-1122), réglée par le Concordat de Worms (1122) en faveur de Rome.
- L'Église de Rome a progressivement affirmé sa suprématie théocratique (exagérant les idées de Saint Augustin), prétendant destituer les empereurs (Innocent III, Boniface VIII).
- Début XIVe s. : le roi de France Philippe le Bel entre en conflit avec Boniface VIII sur les taxes au clergé. L'épisode de l'outrage d'Anagni (gifle de Guillaume de Nogaret) mena à la mort de Boniface VIII.
- Clément V, pape français, déménagea le siège de l'Église à Avignon (1309-1377) (papauté d'Avignon).
- Un Grand Schisme (1378-1417) opposa deux papes (Rome et Avignon), affaiblissant gravement l'image de l'Église, résolu par le Concile de Constance (1417).
La Réforme protestante (XVIe s.) et la Contre-Réforme catholique
- Critiques internes de l'Église (mœurs, richesse, formation des ecclésiastiques).
- 1517 : Martin Luther publie ses 95 thèses, critiquant les indulgences. Excommunié en 1521.
- Le luthéranisme se répand dans l'Empire, en France, aux Pays-Bas, puis le calvinisme (Jean Calvin).
- Cette crise religieuse devint politique, menant à des guerres civiles :
- Pays-Bas : répression violente de Charles Quint et Philippe II contre les protestants. Les provinces du Nord (majoritairement protestantes) se séparèrent, formant les Provinces-Unies, reconnues en 1648 (Traité de Munster).
- France : guerres de religion. Henri IV (Henri de Navarre, protestant converti au catholicisme) publie l'Édit de Nantes (1598), offrant une tolérance religieuse (le catholicisme reste religion d'État, mais droits accordés aux protestants).
- Allemagne : division confessionnelle. La Paix d'Augsbourg (1555) établit que chaque prince choisit la religion de sa principauté.
- Les luttes religieuses s'apaisent fin XVIe, menant à une coexistence entre protestantisme et catholicisme.
Le recul de la religion et l'avènement de la laïcité
- XVIIe s. : Louis XIV révoque l'Édit de Nantes (1685), entraînant l'exil des Protestants.
- Contraintes morales (sexe, divertissements) et économiques (travail le dimanche) de l'Église catholique.
- Voix s'élevant pour la tolérance religieuse : Pierre Bayle militait pour la liberté de conscience, y compris pour l'athéisme.
- XVIIIe s. : les Lumières mettent en avant la raison, la rationalité, la liberté individuelle, contestant l'absolutisme et l'emprise religieuse (Voltaire, Rousseau, Montesquieu).
- Contradictions entre les progrès scientifiques et les dogmes religieux (Linné, Buffon).
- La Révolution française (1789) :
- Anticléricale et anti-religieuse : nationalisation des biens du clergé, religion catholique n'est plus officielle (1790), constitution civile du clergé.
- Période de Terreur (1792-1794) : fermeture des églises.
- 1801 : Napoléon Bonaparte signe un concordat avec Rome : la religion retrouve sa place, mais soumise aux lois de l'État. L'État rémunère le clergé, et le Premier Consul nomme les évêques.
- XIXe s. : le développement des connaissances scientifiques (transformisme de Lamarck, sélection naturelle de Darwin) et des idéologies (positivisme d'Auguste Comte, scientisme d'Ernest Renan) accentuent le recul de la religion face à la science.
Les Croisades (XIe-XIIIe s.)
- Jérusalem : pèlerinages dès le IIe s. (lieu saint pour les chrétiens).
- IVe s. : "découverte" de la Sainte Croix, accroissant l'importance des pèlerinages.
- 636-637 : prise de Jérusalem par les Musulmans, respect des lieux saints, les pèlerinages restent possibles.
- 1070 et 1078 : prise par les Turcs Seldjoukides, hostilité accrue.
- Demande d'aide de Byzance au pape (Urbain II) face à la menace turque, dans un contexte de rapprochement souhaité avec l'Orthodoxie.
- 1095 : Urbain II prêche la première croisade (indulgence de la croisade = salut de l'âme).
Motivations des croisades
- Religieuses : libérer le tombeau du Christ, sauver son âme, soutenir le christianisme orthodoxe.
- Politiques : renforcement de la papauté (réforme grégorienne).
- Économiques et sociales : croissance occidentale (démographique, économique), soif de découvertes, d'enrichissement.
- Militaires : la Paix de Dieu et la Trêve de Dieu ("interdiction" de combattre en Occident) poussaient les chevaliers à chercher des exploits ailleurs.
Déroulement des Croisades
- Première croisade (1095) : populaire (massacrée) puis militaire (1099 : prise de Jérusalem, Godefroid de Bouillon avoué du Saint-Sépulcre).
- Quatrième croisade (1203-1204) : détournée de son objectif, elle aboutit au sac de Constantinople et à la création de l'Empire latin d'Orient (jusqu'en 1261).
- 1291 : chute de Saint-Jean d'Acre, fin de la domination chrétienne en Orient.
Conséquences des Croisades
- Politiques : fragilisation de Byzance, tension avec l'Islam, affaiblissement de la papauté.
- Économiques : enrichissement de villes (Venise, Gênes), développement du capitalisme (instruments financiers, commerciaux), arrivée de nouveaux produits.
- Sociales : pacification relative de l'Occident.
- Culturelles : échanges (architecture, arts), mais aussi rupture avec l'Islam.
Les Grandes Découvertes (XVe-XVIe s.)
Contexte
- Curiosité géographique (redécouverte d'ouvrages antiques, manuscrits arabes).
- Volonté de développer la religion chrétienne.
- Fin des croisades, regard tourné vers l'Ouest et le Sud (côte africaine, route vers l'Inde).
Principaux acteurs
- Portugal (dès 1249, fin de la Reconquista) :
- Expéditions le long de la côte africaine, prise de Ceuta (1415).
- Franchissement de l'équateur (1470), du Cap de Bonne-Espérance par Barthélemy Diaz (1489).
- Vasco de Gama atteint l'Inde (1498).
- Cabral découvre le Brésil (1501). Conflit avec l'Espagne (Traité de Tordesillas).
- Espagne (1492, fin de la Reconquista) :
- Christophe Colomb (1492) atteint les Antilles en cherchant la route des Indes.
- Conquête de l'Amérique centrale et du Sud.
- France et Angleterre (XVIe-XVIIe s.) : exploration et colonisation de l'Amérique du Nord.
Avancées technologiques et conceptuelles
- Connaissances des navigateurs italiens, développement du capitalisme (armateurs, assurances).
- Maîtrise des vents (Volta pour les Portugais).
- Outils de navigation : boussole, portulans (cartes).
- Navires : caravelle (polyvalente, rapide, grande capacité).
Conséquences
- Pour l'Occident :
- Révolution géographique et culturelle (élargissement du monde connu).
- Accès à de nouveaux produits (pomme de terre, maïs) qui réduisent les famines.
- Arrivée massive d'argent et d'or (pillages), provoquant une inflation.
- Expansion de la religion chrétienne.
- Pour le Nouveau Monde :
- Chute démographique importante (travail forcé dans les mines, maladies, violence des conquérants, baisse de la natalité).
- Pillages et acculturation (destruction des cultures indigènes).
- Développement de l'esclavage (trafic d'Africains pour compenser le manque de main-d'œuvre, dépeuplement de l'Afrique de l'Ouest).
- Tensions croissantes entre colons et métropoles (ex. Guerre d'indépendance des États-Unis à la fin du XVIIIe s., indépendances en Amérique du Sud au début du XIXe s.).
Temps forts culturels
L'enseignement et les universités
- XIe s. : besoin de meilleure instruction dû à la croissance économique et au développement des échanges.
- XIIe s. : redécouverte de textes antiques (Aristote), grecs, arabes, et du droit romain (Corpus Juris Civilis).
- Développement de nouvelles formes d'enseignement (regroupement de maîtres ou d'étudiants).
- 1200 : naissance des universités (soutien des États et de l'Église).
- Organisation en facultés :
- Faculté des arts : enseignement général (trivium : grammaire, rhétorique, dialectique ; quadrivium : arithmétique, musique, astronomie, géométrie).
- Puis facultés spécialisées : droit (romain et canon), théologie, médecine.
- La scolastique (XIe-fin Ancien Régime) : méthode basée sur l'étude de textes d'autorité (lecture, paraphrase, disputatio).
- Limitations : stagnation du savoir, peu d'innovation, ignorance de disciplines (littérature moderne, sciences modernes), primauté de la théologie.
La Renaissance (XIVe-XVIe s.)
Rupture avec le Moyen Âge
- Volonté de revenir à l'Antiquité, perçue comme un symbole de perfection.
Art et culture
- Imitation du style antique (bâtiments, sculptures), thèmes antiques (mythologie).
- Redécouverte de techniques (perspective, canons de proportions).
- Artistes polyvalents (Léonard de Vinci, Michel-Ange, Botticelli).
Retour aux textes antiques
- Recherche de manuscrits anciens dans les bibliothèques.
- Arrivée de manuscrits de l'Orient (Grecs fuyant Constantinople).
- Philologie : étude critique des textes pour restituer les leçons originales.
- 1449 : Imprimerie à caractères mobiles par Gutenberg : diffusion rapide et fiable des textes.
Humanisme
- Revalorisation de l'individu (l'homme est une créature privilégiée de Dieu, fait à son image).
- Accent sur le libre-arbitre de l'homme et l'individualisme (tension avec l'Église).
- Éclectisme des connaissances : culture classique, sciences (héliocentrisme de Copernic, anatomie de Vésale).
Les Lumières (XVIIIe s.)
Contexte européen
- Effervescence culturelle et philosophique.
- Progrès scientifiques (Newton, Galilée) grâce à l'expérimentation et la raison (Descartes).
- Prima de la science sur la métaphysique, idée d'un progrès illimité des connaissances.
- Tensions avec la religion (scientifiques contredisant la Bible), émergence du déisme (Dieu comme principe organisateur, non anthropomorphe), voire de l'athéisme (élites).
Idées politiques et économiques
- Défense de la liberté individuelle (face à l'Église et à l'absolutisme).
- Contestation de l'absolutisme : Montesquieu propose la séparation des pouvoirs.
- Libéralisation économique : Adam Smith défend l'autorégulation du marché.
- Le bonheur individuel doit primer.
- Ces idées influencèrent la Révolution française.
Ouvrages emblématiques
- L'Encyclopédie (1751-1772) de Diderot et d'Alembert : rassemblement des connaissances scientifiques et culturelles de l'époque.
Évolution du rapport science/religion (XIXe s.)
- Rupture accentuée, valeur absolue de la vérité scientifique.
- Transformisme (Lamarck) et sélection naturelle (Darwin) : scandale dans le monde religieux.
- Positivisme d'Auguste Comte : la connaissance doit se baser sur l'expérience et les lois scientifiques.
- Scientisme d'Ernest Renan : la science seule peut décrire et résoudre les problèmes du monde.
Cartographie et géographie
L'étude de la représentation du monde médiéval montre une conception influencée par la religion (cartes en T-O, terre plate, Jérusalem céleste). Puis l'influence arabe (Ali Idrisi, XIIe siècle) et la redécouverte des travaux de Ptolémée (XIVe siècle en Occident) apportent l'idée de la sphéricité de la Terre, et une ébauche des côtes. Les Grandes Découvertes (XV-XVIe s.) transforment radicalement la carte du monde.
Chronologie (Moyen Âge - XIXe siècle)
- Moyen Âge :
- Début : 476 (chute Empire romain d'Occident) ou 496 (baptême de Clovis).
- Haut Moyen Âge (Mérovingiens, Carolingiens) et Bas Moyen Âge.
- Fin : 1453 (chute Constantinople), 1455 (Gutenberg), 1492 (Colomb).
- Renaissance (XIII-XVIe s.) : renouveau culturel, passage du théocentrisme à l'anthropocentrisme.
- Ancien Régime (Moyen Âge et Temps Modernes) : fin en 1789 (Révolution française).
Les invasions barbares et la formation des royaumes
- Le limes (frontière fortifiée romaine) : interaction, puis tensions et effondrement (IIIe-IVe s.).
- Migrations germaniques : peuples (Francs, Burgondes, Wisigoths) s'installent durablement.
- Accords avec Rome : souverains maîtres de leur territoire, mais assistance militaire à Rome.
Les Mérovingiens (V-VIIIe s.)
- Childéric (V-VIe s.) : roi franc, capitale à Tournai.
- Clovis (fils de Childéric) : étend le royaume (France actuelle), capitale à Paris.
- Tradition du partage du royaume entre les fils à la mort du roi.
- Délégation du pouvoir aux Maires du Palais, qui finissent par les usurper.
Les Carolingiens (751-Xe s.)
- Pépin le Bref (Maire du Palais) : coup d'État en 751, dépose Childéric III.
- Charlemagne (fils de Pépin) : rétablit l'unité, étend le royaume (Saxe, Bavière, Italie).
- Politique d'imposition forcée du christianisme, déportation de populations.
- Unité législative (capitulaires), administration (Missi Dominici).
- 800 : couronné empereur, affirmation de l'autorité.
- Théorie du pouvoir (ministerium) : l'Empire est public, non propriété de l'empereur.
- Après sa mort, son fils Louis le Pieux, puis ses petits-fils se partagent l'Empire.
- Ordinatio Imperii (817) : tentative de maintenir l'unité.
- Traité de Verdun (843) : partage en trois (Francia occidentalis, orientalis, media) préfigurant la France, l'Allemagne et la Lotharingie.
Construction des États en Europe
- Féodalité : origines germaniques, développement carolien (serment général, serment de fidélité).
- Le roi/suzerain octroie des honores ou des fiefs en échange de fidélité.
- Contrat synallagmatique : obligations réciproques (auxilium : aide militaire ou financière ; consilium : conseil).
- Pyramide féodale : suzerain -> vassaux -> arrière-vassaux.
- L'hérédité des fiefs affaiblit le pouvoir royal central.
France
- 987 : Hugues Capet (Robertien) est élu roi (après l'éviction du dernier Carolingien).
- Dépendance initiale envers les féodaux, mais atouts (terres riches, sacre, Rex designatus, Rex coronatus).
- Hérédité de fait (élection du fils du vivant du roi), puis de droit (sous Philippe-Auguste, XIIe s.).
Angleterre
- 1066 : Guillaume le Conquérant (duc de Normandie) conquiert l'Angleterre.
- Féodalité sous contrôle : petits fiefs dispersés pour éviter la constitution de grandes principautés.
- 1215 : Magna Carta Libertatum imposée à Jean sans Terre par les barons, limitant le pouvoir royal.
- Création d'un Grand Conseil (25 barons), qui évolue vers le Parlement (vers 1265).
- XIVe s. : Parlement bicaméral (Chambre des Lords : temporels et ecclésiastiques ; Chambre des Communes : représentants des villes, élus au suffrage censitaire).
- Périodes d'ascendant du Parlement (roi faible) ou du roi (ex. Henri VIII et l'anglicanisme, XVIe s.).
- XVIIe s. : Dynastie des Stuarts (Charles II, Jacques II) et absolutisme (Thomas Hobbes, Léviathan).
- 1688 : Glorieuse Révolution, Guillaume d'Orange et Marie II acceptent le Bill of Rights (1689), instaurant une monarchie parlementaire.
Empire germanique
- 962 : Otton Ier (duc de Saxe) restaure le titre impérial.
- Politique de l'Église impériale : confier les charges à des ecclésiastiques (princes-évêques) pour éviter l'hérédité féodale.
- 1075 : Querelle des Investitures (Grégoire VII vs Henri IV) sur la nomination des ecclésiastiques.
- 1122 : Concordat de Worms, l'Église choisit les ecclésiastiques, l'empereur donne les fiefs.
- Affaiblissement du pouvoir impérial face aux féodaux.
"Belgique et Pays-Bas" (Lotharingie)
- Morcellement en principautés et duchés (Hainaut, Flandre, Liège).
- Milieu XVe s. : Philippe le Bon (duc de Bourgogne) unifie ces territoires sous son autorité (union personnelle).
- Fin XVIe s. : révolte politique et religieuse contre Philippe II d'Espagne, division entre Provinces-Unies (protestantes, indépendantes en 1648) et Pays-Bas (catholiques, Belgique actuelle).
Relations internationales et fin de l'Ancien Régime
La Guerre de Cent Ans (1337-1453)
- Conflit dynastique entre la France et l'Angleterre.
- Les Français invoquent la Loi salique (les femmes ne peuvent transmettre le trône) pour écarter Édouard III (roi d'Angleterre, petit-fils de Philippe le Bel par sa mère Isabelle de France) au profit de Philippe VI de Valois.
La fin de l'Ancien Régime (1789)
- France : crise financière, sociale. Louis XVI convoque les États-Généraux (1789).
- Conflit sur le mode de scrutin (par ordre ou par tête). Le Tiers-État fait sécession, se proclame Assemblée Constituante (Serment du Jeu de Paume).
- 14 juillet 1789 : prise de la Bastille, Révolution.
- Nuit du 4 août : abolition du régime féodal.
- Déclaration des Droits de l'Homme et du Citoyen (août 1789) : fin de la société d'ordres.
- 1791 : monarchie constitutionnelle (roi soumis à la Constitution, pouvoir législatif à l'Assemblée élue au suffrage censitaire).
- 1793 : abolition de la monarchie, Première République (suffrage universel, mais Terreur).
- 1795 : Directoire (nouvelle Constitution, suffrage censitaire).
- 1799 : Consulat (Napoléon Bonaparte premier consul).
- 1804 : Napoléon se proclame empereur (retour à un système monarchique, réduit le pouvoir des institutions).
L'époque contemporaine (1815-1918)
Le Congrès de Vienne (1814-1815)
- Réorganisation de l'Europe après Napoléon (Russie, Angleterre, Prusse, Autriche, France).
- Principaux objectifs : rééquilibrer les puissances, restaurer les anciennes monarchies, créer des États-tampons contre la France (Royaume des Pays-Bas, Piémont-Sardaigne).
- Non-prise en compte de la volonté des peuples : conduit à des conflits futurs (union des Provinces-Unies et de la Belgique, division des religions et langues).
L'émergence des nations et États-nations
- Développement de l'idée que la nation doit coïncider avec l'État.
- Aspects constitutifs de la nation : tradition, langue, culture, religion.
- Vagues révolutionnaires (1830 : Belgique, Pologne ; 1848 : Italie, Autriche).
- Unifications de l'Italie (1870, Cavour, Garibaldi) et de l'Allemagne (1871, Bismarck).
Montée des nationalismes et prélude à la Première Guerre mondiale
- Fin XIXe s. : nationalisme exacerbé, tensions entre États européens (Allemagne vs Russie dans les Balkans, France vs Prusse, Angleterre vs Allemagne).
- Formation d'alliances militaires : Triple Alliance (Allemagne, Autriche-Hongrie, Italie) et Triple Entente (France, Angleterre, Russie).
- Course aux armements.
- Assassinat de François-Ferdinand à Sarajevo (1914) : déclenche la Première Guerre mondiale.
Fin de la Première Guerre mondiale (1918) et conséquences
- Traité de Versailles (1919) : écrase l'Allemagne (perte de colonies, territoires, Alsace-Lorraine, lourdes réparations), alimentant un fort nationalisme.
- Traités de Saint-Germain-en-Laye et de Trianon (1919) : division de l'Autriche-Hongrie, création de nouveaux États (Tchécoslovaquie) sans tenir compte des réalités ethniques et religieuses.
La société au XIXe siècle : une société de classes
Hiérarchisation sociale
- Disparition de la notion de citoyen (Moyen Âge), retour à une société trifonctionnelle (oratores, bellatores, laboratores) décrite par Adalbéron X.
- Trois ordres (Clergé, Noblesse, Tiers-État) avec des privilèges différents (justice, fiscalité, honorifiques).
- Évolution des rôles : la noblesse (bellatores) perd son rôle protecteur, la bourgeoisie (tiers-état) s'enrichit.
- La noblesse d'épée (ancienne) et de robe (nouvelle) coexistent, parfois avec des tensions.
- Le clergé (oratores) : séculier (curés, évêques), régulier (moines, abbés), avec le haut et le bas clergé.
Le régime seigneurial (avec des droits sur la terre - seigneurie foncière et sur les hommes - seigneurie banale) imposait des obligations (corvées, tailles, cens, banalités) aux habitants.
Vers la société de classes (XVIIIe-XIXe s.)
- Évolution : enrichissement de la bourgeoisie, appauvrissement d'une partie de la noblesse (partage des héritages, inflation).
- Fusion des élites : alliance économique et sociale entre noblesse et bourgeoisie.
- Contestations du Tiers-État face aux privilèges et à l'absence de rôle politique.
- Révolution française (1789) : fin du système d'ordres, instauration d'une égalité civile.
Structure de la société de classes (XIXe s.)
- Haute société : élite intellectuelle (avocats, notaires), élite capitaliste (industriels, financiers) et noblesse. Fusion des élites (nouvelle aristocratie) dirigeant la politique.
- Classe moyenne : intermédiaire, en expansion. Rurale (paysans propriétaires - censiers), urbaine (artisans, boutiquiers, instituteurs). Aisance financière sans être riche.
- Laborieux : survivant grâce à leur travail. Rurale (fermiers, métayers, journaliers). Urbaine (prolétariat de l'industrialisation, conditions de travail difficiles, livret d'ouvrier).
Le système politique (suffrage censitaire) reste inégalitaire, favorisant les aisés.
Les idéologies du XIXe siècle
Libéralisme
- Réaction au mercantilisme (XVII-XVIIIe s. : contrôle étatique, protectionnisme).
- Adam Smith (XVIIIe s.) : Recherches sur la nature et les causes de la richesse des nations (1776).
- Principes : le travail est source de richesse, l'individu fait la richesse de l'État, libre-échange, intervention minimale de l'État dans l'économie.
- Conséquences : réussite individuelle, mais inégalités croissantes (Loi Le Chapelier de 1791 met fin aux corporations).
- Libéralisme politique : défense des libertés fondamentales, monopole du pouvoir par les aisés (suffrage censitaire).
- Courant progressiste : demande une régulation minimale du marché et une protection des défavorisés.
Socialismes
- Communisme (Karl Marx, XIXe s.) :
- Manifeste du parti communiste (1848), Le Capital (1867).
- Matérialisme historique : l'évolution sociale dépend des forces matérielles et économiques.
- Dialectique entre dominants et dominés (bourgeoisie/prolétariat).
- Prône la révolution du prolétariat, destruction de l'État bourgeois pour une société sans classes où les moyens de production sont collectifs.
- Anticléricalisme : "La religion est l'opium du peuple".
- Social-démocratie : atténuation du marxisme.
- Transformation de l'État bourgeois par des réformes, non par la révolution.
- Revendication du suffrage universel pour avoir des représentants au Parlement, changer les lois.
- Ex. P.O.B. (Parti Ouvrier Belge) créé en 1885.
Catholicisme social
- Initialement un soutien au patronat, condamnant le comportement ouvrier et prônant la moralisation (paternalisme).
- Pie IX (1864) : encyclique Quanta Cura et Syllabus, condamnant le naturalisme, scientisme, socialisme.
- Cela conduit à un éloignement populaire de l'Église.
- Émergence de la démocratie chrétienne, cherchant à réduire les inégalités via des réformes.
- Léon XIII (1891) : encyclique Rerum Novarum, condamne la misère ouvrière et le socialisme athée, mais encourage le patronat à améliorer les conditions et ouvre la voie au syndicalisme chrétien.
La participation politique et les institutions
Haut Moyen Âge
- Pouvoir royal fort et personnel, pas d'institutions pour représenter la population.
- X-XIe s. : émergence de la Curia Regis (cour du roi), réunissant les vassaux laïcs et ecclésiastiques, première forme de représentation des élites.
- Spécialisation de la Curia Regis (finance, administration), créant des embryons d'institutions représentatives.
Angleterre
- 1215 : Magna Carta imposée à Jean sans Terre par les barons, limitant le pouvoir royal (impôts, arbitraire).
- Un Grand Conseil (25 barons) contrôle le roi.
- Vers 1265 : le Grand Conseil devient Parlement (Lords Temporels, Ecclésiastiques, représentants des villes).
- Début du XIVe s. : Parlement bicaméral (Chambre des Lords et Chambre des Communes élue au suffrage censitaire).
- Le pouvoir du Parlement varie selon la force du roi (ex. Henri VIII affaiblit le Parlement).
- XVIIe s. : absolutisme des Stuarts (Thomas Hobbes, Léviathan).
- 1688 : Glorieuse Révolution, acceptation du Bill of Rights (1689), instaurant une monarchie parlementaire.
France
- 1302 : États-Généraux créés par Philippe le Bel (Clergé, Noblesse, Bourgeoisie des villes) pour obtenir un soutien contre le pape.
- Réunis uniquement sur convocation royale, leur influence est variable.
- Ne sont plus convoqués après 1615 (absolutisme).
- Théorie de l'absolutisme par Jean Bodin (XVIe s.) dans La République.
- XVIIe s. : Richelieu sous Louis XIII (raison d'État), puis Louis XIV (Conseil d'en Haut).
- XVIIIe s. : critique de l'absolutisme par les Lumières (Voltaire, Rousseau, Montesquieu).
Période révolutionnaire (France)
- 1789 : États-Généraux => Assemblée Constituante (Constitution, monarchie constitutionnelle).
- 1793 : République (Terreur).
- 1795 : Directoire.
- 1799 : Consulat (Napoléon).
- 1804 : Empire (Napoléon).
XIXe siècle : régimes politiques
- Régimes autoritaires post-Napoléon (Autriche-Hongrie, Allemagne, Russie) : roi détient la majorité du pouvoir.
- Régimes libéraux (après les révolutions de 1830, 1848) : rôle mineur de l'État, séparation des pouvoirs, roi contrôlé.
- Suffrage censitaire masculin (ex. Belgique 1831).
- Évolution vers le suffrage universel masculin (Belgique 1892-93, avec vote plural).
- Suffrage universel masculin pur et simple (Belgique 1919).
- Suffrage universel pur et simple (y compris femmes, après 1948 en Belgique).
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