Découverte de la structure de l'ADN
52 kartCe document retrace les étapes clés de la découverte de la structure de l'ADN, incluant les contributions majeures de scientifiques comme Griffith, Avery, Chargaff, Franklin, Watson et Crick, ainsi que les expériences et observations qui ont conduit à la compréhension de la double hélice de l'ADN.
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L'Hérédité à l'échelle moléculaire
La génétique moléculaire est l'étude du gène au niveau de sa structure et de sa fonction moléculaire. Les gènes sont portés par les chromosomes, mais leur nature (protéine ou ADN) a longtemps été débattue.
Découvertes Fondamentales en Génétique Moléculaire
- 1928 – Frederick Griffith:
F. Griffith décrit la présence d'un principe transformant responsable d'un changement de phénotype des pneumocoques R (non pathogènes) en S (pathogènes).
Les souches S (smooth) possèdent une capsule protectrice que n'ont pas les souches R (rough). L'absence de capsule dans la souche R est due à une mutation enzymatique. - 1929 – Phoebus Levene:
Identification du 2-désoxyribose, le sucre de l'acide thymonucléique.
À cette époque, les protéines restaient les meilleurs candidats pour véhiculer l'information génétique.
- 1941 – Beadle & Tatum:
Utilisant le champignon Neurospora crassa, ils ont démontré que les gènes contrôlent la synthèse des enzymes, formulant l'hypothèse "un gène → une enzyme".
Leurs analyses génétiques des mutants de Neurospora crassa ont montré que chaque déficience ségrégeait de manière mendélienne.
Expériences de Beadle et Tatum sur Neurospora crassa
Le Neurospora crassa de type sauvage peut croître sur un milieu minimum. Les mutants auxotrophes, incapables de synthétiser certains nutriments (comme l'arginine), ne peuvent pas croître sur ce milieu sans supplémentation.
L'étude des mutants incapables de synthétiser l'arginine a révélé que différentes mutations bloquaient différentes étapes de la voie de synthèse de l'arginine (à partir d'un précurseur → ornithine → citrulline → arginine).
Type de souche Milieu minimum MM + ornithine MM + citrulline MM + arginine sauvage + + + + I (gène A) – – – + II (gène B) – – + + III (gène C) – + + + - Les mutants de classe I (mutation dans le gène A) requièrent l'arginine pour croître, ce qui signifie que le gène A est impliqué dans une étape précoce de la synthèse.
- Les mutants de classe II (mutation dans le gène B) peuvent croître avec la citrulline ou l'arginine, mais pas l'ornithine. Cela indique que le gène B est nécessaire pour la conversion de l'ornithine en citrulline.
- Les mutants de classe III (mutation dans le gène C) peuvent croître avec l'ornithine, la citrulline ou l'arginine, suggérant que le gène C est responsable de la transformation du précurseur en ornithine.
Cette approche a mené à l'hypothèse: un gène, une enzyme.
- 1944 – Avery, McLeod & McCarthy:
Purification du principe transformant découvert par Griffith. Leurs expériences ont démontré que le principe transformant n'est pas une protéine, mais un acide nucléique de type désoxyribonucléique (ADN).
Le facteur transformant a résisté aux températures qui dénaturent les protéines. Les tests colorimétriques et enzymatiques ont confirmé que l'ADN, et non les protéines ni l'ARN, était le matériel héréditaire.
Procédure Expérimentale
- Retirer les lipides et hydrates de carbone d'une solution de cellules S tuées par la chaleur. Les protéines, l'ARN et l'ADN restent.
- Soumettre la solution à des traitements enzymatiques pour détruire spécifiquement les protéines, l'ARN ou l'ADN.
- Ajouter une petite portion de chaque échantillon à une culture contenant des cellules R. Observer si la transformation en cellules S virulentes a eu lieu.
Conclusion: La transformation ne peut pas avoir lieu si l'ADN est absent. Par conséquent, l'ADN doit être le matériel héréditaire.
- 1949 – Erwin Chargaff:
Erwin Chargaff a montré que le rapport A+T/C+G varie selon les espèces, mais est constant chez tous les membres d'une espèce donnée.
En revanche, le rapport C/G et A/T est constant et presque égal à un dans toutes les espèces étudiées.
- 1951-1952 – Rosalind Franklin:
Chercheuse au King's College de 1950 à 1953, Rosalind Franklin, avec Maurice Wilkins et Raymond Gosling, a produit des clichés de diffraction aux rayons X de l'ADN, notamment la fameuse "Photo 51".
Ces clichés ont fourni des informations cruciales sur la structure des formes A et B de l'ADN, indiquant une structure hélicoïdale.
Forme A Forme B 2.56 Å 3.4 Å par pas d'hélice 28.2 Å par tour d'hélice 34 Å par tour d'hélice (10 paires de bases) - 1952 – Hershey et Chase:
En utilisant le bactériophage T2, Hershey et Chase ont démontré l'importance de l'ADN dans la reproduction virale.
Le phage injecte son matériel génétique dans la bactérie hôte.
Expérience de Hershey-Chase
- Les phages ont été marqués avec des isotopes radioactifs: le phosphore-32 (P) pour l'ADN et le soufre-35 (S) pour les protéines.
- Les phages marqués ont infecté des bactéries.
- Un mélangeur a séparé les phages restés à l'extérieur des cellules.
- Les cellules et les phages ont été séparés par centrifugation.
Conclusion: Le P (ADN) a été retrouvé à l'intérieur des bactéries, tandis que le S (protéines) est resté à l'extérieur. Cela a prouvé que l'ADN est le matériel infectieux et donc le support de l'hérédité.
- 1953 – Watson et Crick:
James Watson et Francis Crick, travaillant au Cavendish Laboratory de Cambridge, ont proposé le modèle de la double hélice de l'ADN.
Ils ont utilisé les données disponibles à l'époque:
- La composition chimique de l'ADN (désoxyribose, bases azotées, groupements phosphate).
- Les clichés de diffraction aux rayons X de Franklin et Wilkins.
- Les règles de Chargaff (£A = £T, £C = £G).
- Les analyses en microscopie électronique indiquant un diamètre de 20 Å pour la molécule d'ADN.
Caractéristiques du modèle de Watson et Crick (£Nature$, 1953)
- L'ADN est une hélice à double brin.
- Les deux chaînes sont formées de groupes phosphodiesters joignant des résidus β-D-désoxyribofuranose par des liaisons .
- Les deux chaînes suivent des hélices droites, mais leurs séquences sont antiparallèles.
- Les bases azotées sont à l'intérieur de l'hélice et les phosphates à l'extérieur.
- Les bases sont unies par des liaisons hydrogènes spécifiques: adénine avec thymine (A-T) et guanine avec cytosine (G-C).
- Le diamètre de l'hélice est de 20 Å.
- La structure se répète tous les 34 Å, comprenant 10 paires de bases par tour d'hélice.
- La distance entre deux paires de bases est de 0,34 nm.
« Il n'a pas échappé à notre attention que l'appariement spécifique des bases que nous avons postulé suggère immédiatement un mécanisme possible de réplication du matériel génétique. » (Watson et Crick, 1953)
En 1962, Watson, Crick et Wilkins ont reçu le prix Nobel "pour leurs découvertes concernant la structure moléculaire des acides nucléiques et sa signification pour le transfert d'information dans la matière vivante." Rosalind Franklin était décédée en 1958 et n'a pas pu recevoir le prix.
- 1958 – Francis Crick:
Francis Crick a formulé le "Dogme Central de la Biologie Moléculaire", décrivant le flux d'information génétique: ADN → ARN → Protéine.
- 1958 – Meselson et Stahl:
Ces chercheurs ont démontré que la réplication de l'ADN était semi-conservative.
Expérience de Meselson et Stahl
- Des bactéries ont été cultivées dans un milieu contenant un isotope lourd de l'azote (N), marquant ainsi l'ADN parental.
- Les bactéries ont ensuite été transférées dans un milieu contenant un isotope léger de l'azote (N).
- À différents moments, l'ADN des cellules bactériennes a été extrait et mis en suspension dans une solution de chlorure de césium.
- L'ultracentrifugation a créé un gradient de densité.
Résultats:
- Après une génération dans le milieu N, tout l'ADN avait une densité intermédiaire (hybride N/N), prouvant la nature semi-conservative de la réplication.
- Après deux générations, la moitié de l'ADN était hybride et l'autre moitié était légère (N/N), confirmant le modèle.
- 1960 – Jacob et Monod:
Leurs travaux ont démontré l'existence d'un intermédiaire stable entre l'ADN et les protéines: l'ARN messager (ARNm). Ils ont reçu le prix Nobel en 1965 avec André Lwoff pour leurs découvertes sur le contrôle génétique des processus enzymatiques et viraux.
- 1961 – Nirenberg et Matthaei:
Marshall Nirenberg (Prix Nobel en 1968) et Heinrich Matthaei ont décrypté le code génétique, montrant que des séquences spécifiques de nucléotides codent pour des acides aminés.
Le code génétique est:
- Spécifique: un codon ne code que pour un seul acide aminé.
- Dégénéré: plusieurs codons peuvent coder pour le même acide aminé ( codons pour 20 acides aminés).
- Ponctué: les codons sont lus de manière séquentielle, sans chevauchement.
- Universel: le code est le même pour presque tous les êtres vivants.
Tableau du Code Génétique Deuxième lettre U C A G U UUU (Phe) UCU (Ser) UAU (Tyr) UGU (Cys) U UUC (Phe) UCC (Ser) UAC (Tyr) UGC (Cys) C UUA (Leu) UCA (Ser) UAA (Stop) UGA (Stop) A UUG (Leu) UCG (Ser) UAG (Stop) UGG (Trp) G C CUU (Leu) CCU (Pro) CAU (His) CGU (Arg) U CUC (Leu) CCC (Pro) CAC (His) CGC (Arg) C CUA (Leu) CCA (Pro) CAA (Gln) CGA (Arg) A CUG (Leu) CCG (Pro) CAG (Gln) CGG (Arg) G A AUU (Ile) ACU (Thr) AAU (Asn) AGU (Ser) U AUC (Ile) ACC (Thr) AAC (Asn) AGC (Ser) C AUA (Ile) ACA (Thr) AAA (Lys) AGA (Arg) A AUG (Met) ACG (Thr) AAG (Lys) AGG (Arg) G G GUU (Val) GCU (Ala) GAU (Asp) GGU (Gly) U GUC (Val) GCC (Ala) GAC (Asp) GGC (Gly) C GUA (Val) GCA (Ala) GAA (Glu) GGA (Gly) A GUG (Val) GCG (Ala) GAG (Glu) GGG (Gly) G - Le codon AUG code pour la méthionine (Met) et est le codon d'initiation.
- Les codons UAA, UAG, UGA sont les codons STOP.
Génie Génétique: Manipuler l'ADN
Le génie génétique utilise la manipulation de l'ADN pour diverses applications, notamment:
- Produire de grandes quantités de protéines rares (hormones, enzymes, interférons).
- Créer des organismes génétiquement modifiés (OGM) avec de nouvelles caractéristiques (résistance aux herbicides, croissance améliorée, résistance au gel ou à la salinité).
En 2023, la surface totale cultivée en OGM est estimée à 208,2 millions d'hectares dans le monde.
Outils Fondamentaux en Génie Génétique
Pour manipuler les gènes, il faut:
- Des "ciseaux" pour découper l'ADN: les enzymes de restriction.
- Ces enzymes bactériennes coupent l'ADN à des sites spécifiques (palindromes de 4 à 10 paires de bases).
- Les coupes peuvent être symétriques (extrémités franches) ou asymétriques (extrémités cohésives ou "bouts collants").
- Les "bouts collants" sont essentiels pour l'assemblage de fragments d'ADN provenant de sources différentes, permettant la création d'ADN recombinant.
- Un moyen de séparer les fragments d'ADN: l'électrophorèse.
- Séparation des molécules chargées en fonction de leur mobilité dans un champ électrique.
- La vitesse de migration est inversement proportionnelle à la taille des fragments.
- La taille est déterminée par comparaison avec des marqueurs d'ADN de taille connue.
- Un outil pour "pêcher" les morceaux d'ADN recherchés: les sondes.
- Séquences d'ADN simple brin, complémentaires du fragment recherché et généralement marquées (par radioactivité).
- L'ADN doit être dénaturé (séparé en brins simples) pour permettre l'hybridation avec la sonde.
- La révélation de la sonde se fait par autoradiographie.
- De la "colle" pour recoller les morceaux d'ADN: les ligases.
- Enzymes qui catalysent la formation de liaisons phosphodiester pour joindre des fragments d'ADN.
- Synthèse d'ADN à partir d'ARN: la transcriptase inverse.
- Enzyme présente dans les rétrovirus, elle synthétise une molécule d'ADN complémentaire à partir d'un ARNm.
- Cette méthode est utile pour le transfert de gènes chez les bactéries, car l'ADN synthétisé ne contient que les exons.
Clonage de Gènes
Pour étudier les gènes, il est souvent nécessaire de les multiplier (clonage) en utilisant des plasmides (molécules d'ADN circulaire bactérien).
- L'ADN contenant le gène d'intérêt et les plasmides (portant souvent un gène de résistance à un antibiotique) sont coupés avec la même enzyme de restriction.
- Les fragments d'ADN et les plasmides sont mélangés et ligaturés pour former des plasmides recombinants.
- Ces plasmides recombinants sont introduits dans des bactéries (transformation).
- Les bactéries sont mises en culture sur un milieu contenant l'antibiotique, ce qui permet de sélectionner uniquement celles qui ont intégré le plasmide.
- Les colonies bactériennes contenant le gène d'intérêt sont identifiées à l'aide de sondes marquées.
Séquençage de l'ADN (Méthode Sanger)
Basé sur l'activité de l'ADN polymérase et l'utilisation de didésoxynucléotides (ddNTP) qui bloquent l'élongation du brin d'ADN.
- Préparation de l'ADN simple brin.
- Hybridation d'une amorce sur l'ADN simple brin.
- Réaction de polymérisation dans quatre tubes séparés, chacun contenant d'autres désoxynucléotides (dNTP) et un type spécifique de ddNTP (ddATP, ddTTP, ddCTP, ddGTP) en faible quantité.
- L'incorporation aléatoire d'un ddNTP met fin à l'élongation, produisant des fragments de longueurs variées se terminant par le didésoxynucléotide spécifique du tube.
- Les fragments sont ensuite séparés par électrophorèse sur gel, permettant de lire la séquence de l'ADN (par exemple, en observant l'ordre des bandes fluorescentes).
Réaction en Chaîne par Polymérase (PCR)
Permet d'obtenir rapidement une grande quantité d'un fragment d'ADN spécifique par amplification exponentielle.
Chaque cycle comprend trois étapes:
- Dénaturation: L'ADN double brin est chauffé pour séparer les deux brins.
- Hybridation: Des amorces spécifiques s'attachent à chaque brin d'ADN simple.
- Élongation: Une ADN polymérase thermostable (ex: Taq polymérase) synthétise de nouveaux brins d'ADN à partir des amorces.
Ces cycles sont répétés de nombreuses fois, aboutissant à une amplification exponentielle du fragment d'ADN cible (amplicons).
Transgenèse
La transgenèse consiste à introduire un gène provenant d'une autre cellule dans le génome d'une cellule hôte.
- Permet de produire des protéines d'intérêt (ex: insuline humaine par des bactéries).
- Permet de créer des OGM avec des caractères nouveaux (ex: fraises résistantes au froid).
Le processus général implique:
- Isolation du "gène d'intérêt" à l'aide d'enzymes de restriction.
- Insertion du gène dans un plasmide (vecteur) contenant un marqueur de sélection et un promoteur (pour l'expression du gène).
- Introuction du plasmide modifié dans une bactérie (ex: E. coli).
- Culture des bactéries transformées.
- Pour les plantes, le plasmide modifié peut être transféré via des microbilles de tungstène propulsées par un canon à particules, ou via Agrobacterium tumefaciens qui intègre le gène d'intérêt dans le génome de la plante.
Empreinte Génétique (DNA Fingerprinting)
En 1985, Alec Jeffreys a découvert des séquences répétitives non codantes dans l'ADN dont le nombre varie entre les individus. Il a développé une technique pour comparer ces répétitions et réalisé le premier test d'identification génétique.
La méthode utilisée est le Southern blotting:
- L'ADN est découpé par des enzymes de restriction.
- Les fragments sont séparés par électrophorèse.
- Les fragments sont transférés sur une membrane.
- Une sonde radiomarquée est utilisée pour identifier les séquences répétitives.
- L'observation des fragments marqués révèle un profil unique (similaire à un code-barres).
Le concept d'empreinte génétique est né en 1986 et a été utilisé pour la première fois dans l'affaire Colin Pitchfork.
- Un profil ADN ne représente qu'une petite partie de la molécule d'ADN.
- Les résultats sont interprétés statistiquement: la probabilité d'une correspondance fortuite est calculée.
- Avec un plus grand nombre de marqueurs analysés (ex: 10 marqueurs), la probabilité fortuite devient extrêmement faible (1 sur plusieurs centaines de milliards), permettant une identification "quasi formelle".
Exemple de Calcul de Probabilité:
Pour 3 marqueurs (TPOX, TH01, VWA) et leurs allèles observés:
- TPOX allèles 8 et 8: probabilité 0,28
- TH01 allèles 6 et 7: probabilité 0,07
- VWA allèles 5 et 8: probabilité 0,05
La probabilité d'obtenir ces allèles simultanément est , soit environ 1/1020.
Synthèse des Protéines
La synthèse des protéines est le processus par lequel l'information génétique contenue dans l'ADN est convertie en protéines fonctionnelles. Ce processus se déroule en deux étapes principales: la transcription et la traduction.
Acide Ribonucléique (ARN)
L'ARN est l'intermédiaire entre l'ADN (dans le noyau) et la synthèse protéique (dans le cytoplasme). Ses caractéristiques principales sont:
- Le sucre des nucléotides est le ribose (contrairement au désoxyribose de l'ADN).
- La base azotée Thymine (T) est remplacée par l'Uracile (U), qui s'apparie aussi à l'Adénine (A).
- Il est généralement à simple chaîne de nucléotides.
- Les molécules d'ARN sont plus courtes et plus instables que l'ADN.
- Certains segments de l'ARN peuvent s'apparier sur eux-mêmes, formant des structures secondaires et tertiaires.
La Transcription: ADN en ARN messager (ARNm)
La transcription est la première étape où la copie du gène (ADN) est faite sous forme d'ARNm.
- L'enzyme ARN polymérase se fixe à l'ADN au niveau d'une séquence spécifique appelée promoteur, située juste avant le début du gène.
- Le promoteur indique le début du gène à transcrire et le brin d'ADN à utiliser comme matrice.
- L'ARN polymérase assemble des ribonucléotides libres pour former un brin d'ARNm dans la direction 5' – 3', complémentaire au brin d'ADN matrice.
- La vitesse de synthèse est d'environ 60 nucléotides par seconde.
- Plusieurs ARN polymérases peuvent travailler simultanément sur le même brin d'ADN, produisant de multiples copies d'ARNm.
- L'ARNm se détache, et la molécule d'ADN se referme.
La Traduction: ARNm en Protéine
La traduction est l'assemblage des acides aminés pour former une protéine, et se déroule au niveau des ribosomes.
Les Ribosomes
- Petites structures cellulaires, visibles uniquement au microscope électronique.
- Composés de deux sous-unités (grande et petite), formées d'un mélange d'ARN ribosomique (ARNr) et de protéines (environ 60% ARNr, 40% protéines).
- Les sous-unités sont synthétisées dans le ou les nucléole(s) du noyau.
- L'ARNr est synthétisé à partir de gènes spéciaux (ADN) qui existent en centaines de copies dans le génome. Ces gènes ne codent pas pour des protéines.
Les ARN de transfert (ARNt)
- Molécules d'ARN qui se replient sur elles-mêmes pour former une structure 3D.
- Transportent un acide aminé spécifique du cytoplasme vers le ribosome.
- Comportent une extrémité 3' (se terminant par CCA) où l'acide aminé se lie.
- Possèdent un anticodon, une séquence de trois nucléotides complémentaire à un codon de l'ARNm.
- Chaque ARNt est attaché à son acide aminé spécifique par une enzyme appelée aminoacyl-ARNt synthétase.
- Ces enzymes reconnaissent un acide aminé particulier et l'anticodon correspondant sur l'ARNt.
- Les ARNt sont également synthétisés à partir de gènes spéciaux de l'ADN qui ne codent pas pour des protéines.
Mécanisme de Traduction
- L'ARNm s'attache à la petite sous-unité du ribosome, puis la grande sous-unité s'y fixe.
- Deux ARNt peuvent se fixer simultanément sur l'ARNm au niveau du ribosome, sur le site P (peptidyl) et le site A (aminoacyl).
- La liaison entre l'anticodon de l'ARNt et le codon de l'ARNm est spécifique. Par exemple, l'ARNt avec l'anticodon UAC se fixe sur le codon AUG.
- Un polypeptide commence à se former par la liaison des acides aminés portés par les ARNt. C'est le site P qui porte le polypeptide en croissance, et le site A qui reçoit le nouvel ARNt chargé.
- Les acides aminés sont reliés entre eux par une liaison peptidique (catalysée par l'ARNr).
- Le premier ARNt est retiré, et le ribosome avance de trois nucléotides sur l'ARNm.
- Ce processus se poursuit jusqu'à ce que le ribosome atteigne un codon STOP (UAA, UAG, UGA).
- Un facteur de terminaison se fixe au codon STOP, détachant l'ARNm du ribosome.
- Le ribosome se dissocie en ses deux sous-unités, et le polypeptide est libéré.
- La protéine synthétisée pénètre dans le réticulum endoplasmique pour acquérir sa forme finale.
La vitesse de synthèse varie: environ 5 acides aminés/seconde chez E. coli et 16 acides aminés/seconde chez les eucaryotes.
En résumé: Chaque triplet de nucléotides sur l'ADN correspond à un codon de l'ARNm. Chaque codon de l'ARNm correspond à un anticodon spécifique de l'ARNt, qui transporte un acide aminé spécifique. Donc, chaque triplet de nucléotides sur l'ADN dicte un acide aminé dans la protéine.
Les Mutations
Une mutation est une modification de l'information génétique (ADN).
Types de Mutations
- Mutations chromosomiques: Altérations d'un chromosome complet ou d'une grande partie.
- Changement du nombre de copies de chromosomes:
- Polyploïdie: surplus de lots complets de chromosomes.
- Aneuploïdie: modification d'une seule partie du lot de chromosomes (ex: trisomie 21).
- Altérations de la structure des chromosomes:
- Délétion: suppression d'un fragment de chromosome.
- Duplication: copie et insertion d'un fragment ailleurs.
- Inversion: un fragment de chromosome est retourné.
- Translocation: rattachement d'un fragment de chromosome à un autre chromosome non homologue.
- Changement du nombre de copies de chromosomes:
- Mutations ponctuelles: Anomalies dans la séquence des nucléotides.
- Peuvent entraîner une erreur dans la protéine codée.
- Causes: erreurs de réplication, substances mutagènes (chimiques), radiations (UV, rayons X).
- Conséquences:
- Peu ou pas d'effet.
- Diminution ou suppression de l'efficacité de la protéine.
- Rarement, confère une nouvelle propriété.
- Types de mutations ponctuelles:
- Substitution d'un nucléotide par un autre:
- Mutation faux-sens: remplacement d'un acide aminé par un autre.
Séquence ADN (brin non transcrit) CCA TAT AGA AGT GGA TAC AAT Séquence protéique Pro Tyr Arg Ser Gly Tyr Asn Modification: AGA → GGA (dans l'ADN) Séquence ADN (brin non transcrit) CCA TAT GGA AGT GGA TAC AAT Séquence protéique Pro Tyr Gly Ser Gly Tyr Asn - Mutation non-sens: remplacement d'un acide aminé par un codon STOP (ex: AAG → UAG), entraînant un arrêt prématuré de la synthèse.
Séquence ADN (brin non transcrit) CCA TAT AGA AGT GGA TAC AAT Séquence protéique Pro Tyr Arg Ser Gly Tyr Asn Modification: AGA → TGA (dans l'ADN) Séquence ADN (brin non transcrit) CCA TAT TGA AGT GGA TAC AAT Séquence protéique Pro Tyr STOP
- Mutation faux-sens: remplacement d'un acide aminé par un autre.
- Délétion ou insertion d'un nucléotide (mutations par décalage du cadre de lecture ou "frameshift"): entraînent des modifications majeures dans la séquence des protéines.
Séquence ADN (brin non transcrit) CCA TAT AGA AGT GGA TAC AAT Séquence protéique Pro Tyr Arg Ser Gly Tyr Asn Modification: + A après TAT Séquence ADN (brin non transcrit) CCA TAT AAG AAG TGG ATA CAA T Séquence protéique Pro Tyr Lys Lys Trp Ile Gln Modification: - A après TAT Séquence ADN (brin non transcrit) CCA TAT GAA GTG GAT ACA AT Séquence protéique Pro Tyr Glu Val Asp Thr
- Substitution d'un nucléotide par un autre:
Une mutation ne devient héréditaire que si elle survient dans un gamète ou une cellule formant des gamètes.
Les mutations peuvent provoquer un dérèglement mortel de la cellule ou un dérèglement de sa reproduction, conduisant au cancer.
Séquences Non Codantes: Introns et Épissage
La totalité de l'ADN d'une cellule n'est pas codante. Il existe des séquences d'ADN non codantes:
- Entre les gènes codants.
- À l'intérieur des gènes: les introns.
Les introns (INTragenic RegiON) ont été découverts par P. A. Sharp et R. Roberts (Prix Nobel 1993). Certains gènes peuvent contenir jusqu'à 90% d'introns (ex: gène du collagène, gène DMD).
Lors de la transcription, le gène entier (introns + exons, qui sont les parties codantes) est copié en pré-ARNm. L'ARNm doit ensuite subir des modifications:
- Épissage de l'ARN: Les introns sont excisés et les exons sont ligaturés.
- Ajout d'une coiffe 5': Une guanosine modifiée est ajoutée à l'extrémité 5', protégeant l'ARNm de la dégradation et servant de point d'attache au ribosome.
- Ajout d'une queue poly-A: Une chaîne de 150 à 200 nucléotides adénosine est ajoutée à l'extrémité 3', protégeant également l'ARNm.
20% des maladies génétiques sont dues à des erreurs d'épissage. Un même gène peut être épissé de différentes manières (épissage alternatif) pour produire différentes protéines. De même, une protéine peut être découpée après sa synthèse pour donner différentes protéines. Cela explique pourquoi l'humain, avec 30 000 à 40 000 gènes, peut produire plus de 100 000 protéines différentes.
Remarque: Les mécanismes d'épissage n'existent que chez les eucaryotes. Les bactéries (procaryotes) ne peuvent pas éliminer les introns d'un ARNm.
Régulation de l'Expression Génique
Tous les gènes ne sont pas exprimés dans toutes les cellules de l'organisme. Chez l'Homme, seulement 3 à 5 % des gènes sont exprimés à un instant donné.
- Gènes de maintenance: Sont exprimés en permanence car ils codent pour des produits essentiels au fonctionnement cellulaire (ARNr, ARNt, ARN/ADN polymérases).
- Gènes régulés: Sont exprimés uniquement sous certaines conditions.
Mécanismes de Régulation chez les Procaryotes (Opéron)
L'expression des gènes régulés est souvent contrôlée par des opérons.
- Contrôle négatif (par répresseur):
- Un répresseur est une protéine qui se lie à une séquence appelée opérateur, près du promoteur, et bloque la transcription de l'ADN.
- Protéines répressibles: Le répresseur est actif seulement s'il est lié à un corépresseur (souvent le produit de la voie métabolique). La présence du corépresseur active le répresseur, bloquant ainsi la transcription. (Ex: opéron tryptophane)
- Protéines inductibles: Le répresseur est normalement actif et bloque la transcription. Un inducteur (ex: lactose) se lie au répresseur et l'inactive, permettant la transcription. (Ex: opéron lactose chez E. coli).
En présence de l'inducteur (lactose), le répresseur est inactivé et l'opéron peut alors être transcrit en protéine (enzymes dégradant le lactose).
- Contrôle positif (par activateur):
- Un activateur est une protéine qui se lie à une séquence appelée initiateur, près du promoteur, et facilite la fixation de l'ARN polymérase, activant ainsi la transcription.
- Protéines répressibles: L'activateur est actif normalement. Un corépresseur se lie à l'activateur et l'inactive, empêchant la transcription.
- Protéines inductibles: L'activateur est actif seulement s'il est lié à un inducteur (ex: AMPc). En présence de l'inducteur, l'activateur devient actif et stimule la transcription.
Taille des Génomes et Gènes
- Le génome humain contient entre 30 000 et 40 000 gènes.
- Arabidopsis thaliana (une petite plante): 25 000 gènes.
- C. elegans (un nématode): 19 000 gènes.
- La drosophile: 13 600 gènes.
Points Clés
- La compréhension de la nature de l'ADN comme support de l'hérédité a été progressive, étayée par des expériences clés (Griffith, Avery, Hershey-Chase).
- Le modèle de la double hélice de Watson et Crick, basé sur les données de Chargaff et Franklin, a révolutionné la biologie.
- La réplication semi-conservative de l'ADN (Meselson et Stahl) et le dogme central (Crick) sont des piliers de la biologie moléculaire.
- Le code génétique (Nirenberg et Matthaei) est universel et dégénéré, permettant la synthèse de protéines.
- Le génie génétique utilise des outils moléculaires sophistiqués (enzymes de restriction, ligases, PCR, séquençage) pour manipuler et analyser l'ADN.
- La transgenèse et l'empreinte génétique sont des applications majeures.
- La synthèse des protéines implique la transcription de l'ADN en ARNm et la traduction de l'ARNm en protéine par les ribosomes et les ARNt.
- Les mutations (ponctuelles ou chromosomiques) peuvent modifier la protéine et avoir diverses conséquences biologiques.
- Les séquences non codantes (introns) sont supprimées par l'épissage chez les eucaryotes, augmentant la diversité protéique par épissage alternatif.
- L'expression des gènes est finement régulée, notamment par des opérons chez les procaryotes, permettant l'adaptation aux conditions environnementales.
Hérédité à l'Échelle Moléculaire : La Nouvelle Façon d'Étudier le Gène
L'étude de l'hérédité au niveau moléculaire a révolutionné notre compréhension du gène, passant de sa localisation sur les chromosomes à la détermination de sa nature (ADN ou protéine) et à la compréhension de ses mécanismes de fonctionnement, notamment la synthèse des protéines, la régulation de l'expression génique et les manipulations génétiques.
Découvertes Fondamentales
Le Principe Transformant de Griffith (1928)
- Observation : Frederick Griffith a démontré qu'une substance mystérieuse pouvait transformer des pneumocoques de souche R (non pathogènes) en souche S (pathogènes).
- Souches :
- Souche S (smooth) : Possède une capsule de polysaccharides, la rendant pathogène car elle la protège contre le système immunitaire.
- Souche R (rough) : Dépourvue de capsule, non pathogène. Son absence est due à une mutation affectant la synthèse de la capsule.
- Conclusion : Il existe un "principe transformant" qui peut transférer les caractéristiques héréditaires (ici, la pathogénicité).
Identification du Désoxyribose par Levene (1929)
- Phoebus Levene identifie le 2-désoxyribose dans l'acide thymonucléique (ADN).
- À cette époque, les protéines étaient encore considérées comme les principaux candidats pour véhiculer l'information génétique en raison de leur complexité structurelle.
L'Hypothèse "Un Gène, Une Enzyme" de Beadle et Tatum (1941)
- Modèle d'étude : Le champignon Neurospora crassa.
- Observation : L'analyse génétique des mutants de Neurospora crassa, présentant des déficiences (ex: nécessité d'arginine pour la croissance), montre que ces déficiences ségrègent de manière mendélienne.
- Conclusion : Chaque gène contrôle la synthèse d'une enzyme spécifique. Ce concept a évolué vers "un gène, un polypeptide" car certaines protéines sont composées de plusieurs chaînes polypeptidiques.
- Exemple : Mutants exigeant l'arginine :
Type de souche Milieu minimum MM + ornithine MM + citrulline MM + arginine sauvage + + + + I – – – + II – – + + III – + + + - Ce tableau illustre la capacité de croissance de différentes souches (sauvage et mutantes de classe I, II, III) en présence de précurseurs de l'arginine. Il démontre que chaque classe de mutant est défectueuse à une étape différente de la voie de biosynthèse de l'arginine.
L'ADN, Matériel Héréditaire : Avery, MacLeod et McCarty (1944)
- Purification du principe transformant : À partir de 1935, ces chercheurs ont purifié la substance responsable de la transformation bactérienne.
- Expériences :
- Des lipides et glucides sont retirés d'une solution de cellules S tuées par la chaleur.
- La solution est traitée avec des enzymes pour détruire sélectivement les protéines, l'ARN ou l'ADN.
- Chaque échantillon est ajouté à des cellules R pour vérifier la transformation en cellules S virulentes.
- Résultats : La transformation ne se produit pas si l'ADN est détruit. Le principe transformant resiste à la chaleur et aux enzymes dégradant les protéines et l'ARN.
- Conclusion : Le principe transformant est l'ADN. L'ADN est le matériel héréditaire.
Règles de Chargaff (1949)
- Observation : Erwin Chargaff a analysé la composition en bases azotées de l'ADN de différentes espèces.
- Règles :
- Le ratio (A+T)/(C+G) est variable entre les espèces mais constant au sein d'une même espèce.
- Le ratio A/T et C/G est toujours très proche de 1 pour toutes les espèces étudiées. Ainsi, la quantité d'adénine (A) est égale à celle de thymine (T), et la quantité de guanine (G) est égale à celle de cytosine (C).
Les Travaux de Rosalind Franklin (1951-1952)
- Technique : La diffraction des rayons X de l'ADN cristallisé.
- Découvertes (Photo 51) :
- L'ADN existe sous deux formes principales : la forme A (plus sèche) et la forme B (plus hydratée, celle de l'ADN in vivo).
- Les clichés de diffraction montraient une structure hélicoïdale (figure en croix).
- Elle a aussi déterminé des dimensions clés : une répétition tous les 3,4 Å et un pas d'hélice de 34 Å (pour 10 paires de bases).
Expérience de Hershey et Chase (1952)
- Modèle expérimental : Le bactériophage T2 (virus qui infecte les bactéries).
- Objectif : Déterminer si l'ADN ou les protéines sont injectées dans la bactérie hôte et portent l'information génétique virale.
- Méthode :
- Marquage radioactif des protéines avec du soufre-35 (S) et de l'ADN avec du phosphore-32 (P).
- Les phages marqués infectent des bactéries.
- Séparation des phages des cellules bactériennes par agitation (blender) et centrifugation.
- Résultats : C'est le P (ADN) qui est retrouvé majoritairement à l'intérieur des cellules bactériennes, conduisant à la production de nouveaux phages.
- Conclusion : L'ADN est le matériel génétique essentiel à la reproduction du bactériophage.
La Structure en Double Hélice de l'ADN : Watson et Crick (1953)
- Collaboration : James Watson et Francis Crick, au laboratoire Cavendish de Cambridge.
- Éléments clés utilisés :
- La composition chimique de l'ADN (désoxyribose, bases azotées, groupements phosphate).
- Les clichés de diffraction aux rayons X de Rosalind Franklin et Maurice Wilkins.
- Les règles de Chargaff (A=T, G=C).
- Les analyses en microscopie électronique montrant un diamètre de 20 Å (suggérant deux chaînes).
- Modèle proposé :
- L'ADN est une double hélice, constituée de deux chaînes de désoxyribose-phosphate enroulées autour d'un même axe.
- Les deux chaînes sont antiparallèles (les séquences d'atomes courent dans des directions opposées).
- Les bases azotées sont à l'intérieur de l'hélice et les phosphates à l'extérieur.
- Les chaînes sont maintenues ensemble par des liaisons hydrogènes spécifiques entre les bases : adénine (purine) avec thymine (pyrimidine) et guanine (purine) avec cytosine (pyrimidine).
- Cette spécificité de l'appariement des bases (A-T et G-C) implique que la séquence d'une chaîne détermine celle de l'autre.
- La structure suggère un mécanisme possible de réplication du matériel génétique.
- Dimensions : 10 paires de bases par tour d'hélice, avec 0,34 nm entre deux paires de bases.
- Reconnaissance : Watson, Crick et Wilkins ont reçu le Prix Nobel de Physiologie ou Médecine en 1962 pour ces découvertes.
Le Dogme Central de la Biologie Moléculaire : Crick (1958)
- Francis Crick établit le concept de flux d'information génétique : ADN → ARN → Protéine.
Réplication Semiconservative de l'ADN : Meselson et Stahl (1958)
- Méthode : Utilisation d'isotopes lourds de l'azote (N) et d'isotopes légers (N) pour marquer l'ADN bactérien. Séparation de l'ADN par ultracentrifugation dans un gradient de chlorure de césium.
- Expérience :
- Les bactéries sont cultivées dans un milieu contenant N (ADN lourd).
- Elles sont ensuite transférées dans un milieu contenant N (ADN léger) pour plusieurs générations.
- L'ADN est extrait à différents moments de la croissance.
- Résultats :
- Génération F1 : Un seul type d'ADN (hybride N/N), démontrant que chaque nouvelle molécule d'ADN est composée d'un brin parental et d'un brin nouvellement synthétisé.
- Génération F2 : Deux types d'ADN : 50% hybride et 50% léger (N/N).
- Conclusion : La réplication de l'ADN est un processus semi-conservatif, chaque brin de la double hélice parentale servant de matrice à la synthèse d'un nouveau brin.
Mise en Évidence de l'ARNm : Jacob et Monod (1960)
- Jacob et Monod ont démontré l'existence d'un intermédiaire entre l'ADN (information génétique) et les protéines (produits fonctionnels). Cet intermédiaire est l'ARN messager (ARNm).
- Ils ont reçu le prix Nobel en 1965 avec André Lwoff.
Décryptage du Code Génétique : Nirenberg (1961)
- Expérimentation : Marshall Nirenberg (avec Heinrich Matthaei) a découvert que des enchaînements spécifiques de ARN (codons) correspondaient à des acides aminés spécifiques. Par exemple, UUU code pour la Phénylalanine.
- Caractéristiques du code génétique :
- Spécifique : Un codon code seulement pour un acide aminé.
- Dégénéré : Plusieurs codons peuvent coder pour le même acide aminé (il y a 64 codons possibles pour 20 acides aminés).
- Universel : Le code est le même chez presque tous les êtres vivants (à quelques exceptions près comme les mitochondries).
- Ponctué : La lecture commence à un codon d'initiation (AUG, qui code pour la méthionine) et se termine à un codon stop (UAA, UAG, UGA).
- Il a reçu le prix Nobel en 1968.
De l'ADN à la Protéine : Les Mécanismes Clés
L'information génétique stockée dans l'ADN est convertie en protéines par deux processus majeurs : la transcription et la traduction.
L'ARN (Acide RiboNucléique)
- Différences avec l'ADN :
- Sucre : Contient du ribose au lieu du désoxyribose.
- Base azotée : La thymine (T) est remplacée par l'uracile (U), qui s'apparie aussi avec l'adénine (A).
- Structure : Généralement une seule chaîne de nucléotides.
- Stabilité : Molécules plus courtes et moins stables que l'ADN.
- Types d'ARN impliqués dans la synthèse des protéines :
- ARNm (ARN messager) : Copie du gène (ADN) portant l'information pour la synthèse d'une protéine.
- ARNr (ARN ribosomal) : Constituant principal des ribosomes.
- ARNt (ARN de transfert) : Molécules adaptatrices qui transportent les acides aminés vers le ribosome.
La Transcription : ADN → ARNm
- Définition : Le processus de copie d'un segment d'ADN en une molécule d'ARNm.
- Enzyme clé : L'ARN polymérase, qui assemble le brin d'ARN dans la direction 5' → 3'.
- Mécanisme :
- L'ARN polymérase se fixe à l'ADN au niveau d'une séquence spécifique appelée promoteur, située juste avant le début du gène.
- Le promoteur indique où commencer la transcription et quel brin d'ADN doit être transcrit.
- L'ARN polymérase déroule l'ADN et synthétise une molécule d'ARNm complémentaire à l'un des brins d'ADN.
- Plusieurs ARN polymérases peuvent travailler simultanément sur le même gène.
- L'ARNm se détache et l'ADN parental se referme.
La Traduction : ARNm → Protéine
La synthèse des protéines a lieu dans le cytoplasme, au niveau des ribosomes.
Les Ribosomes
- Structure : Composés de deux sous-unités (petite et grande).
- Composition : Mélange d'ARNr (~60%) et de protéines (~40%).
- Fonction : Machine à assembler les acides aminés.
Les ARNt (ARN de Transfert)
- Structure : Brin d'ARN qui se replie sur lui-même pour former une structure en 3D caractéristique (en forme de trèfle).
- Régions clés :
- Extrémité 3' (CCA) : Site de fixation d'un acide aminé spécifique.
- Anticodon : Triplet de nucléotides qui s'apparie spécifiquement avec un codon de l'ARNm.
- Enzyme de fixation : L'aminoacyl-ARNt synthétase lie l'acide aminé au bon ARNt. Cette enzyme reconnaît à la fois l'acide aminé et l'anticodon spécifique de l'ARNt.
Étapes de la Traduction
- L'ARNm s'attache à la petite sous-unité ribosomale, puis la grande sous-unité se fixe.
- Les ARNt chargés d'acides aminés se lient à l'ARNm par appariement codon-anticodon au niveau du ribosome (sites A et P).
- Les acides aminés sont liés entre eux par des liaisons peptidiques, catalysées principalement par l'ARNr.
- Le ribosome avance le long de l'ARNm par triplets de nucléotides (codons), libérant les ARNt déchargés.
- La synthèse se poursuit jusqu'à ce que le ribosome rencontre un codon STOP (UAA, UAG, UGA).
- Un facteur de terminaison se fixe sur le codon STOP, entraînant la libération de la protéine synthétisée et la dissociation du ribosome et de l'ARNm.
- La protéine entre dans le réticulum endoplasmique, où elle prend sa forme finale.
Correspondance du Code Génétique
- Chaque triplet de nucléotides sur l'ADN correspond à un codon de l'ARNm.
- Chaque codon de l'ARNm correspond à un anticodon spécifique de l'ARNt.
- Chaque anticodon correspond à un acide aminé spécifique.
- Conclusion : Chaque triplet de nucléotides sur l'ADN correspond à un acide aminé.
Mutations Génétiques
Les mutations sont des modifications de l'information génétique (ADN).
Causes des Mutations
- Erreurs lors de la reproduction cellulaire.
- Substances chimiques toxiques (mutagènes).
- Radiations nocives (rayons X, UV).
Types de Mutations
Mutations Ponctuelles (Anomalies dans la séquence des nucléotides)
- Substitution : Un nucléotide est remplacé par un autre.
- Mutation faux-sens : Remplace un acide aminé par un autre.
- Mutation non-sens : Remplace un acide aminé par un codon STOP, ce qui entraîne une terminaison prématurée de la protéine.
- Délétion : Suppression d'un nucléotide.
- Insertion : Ajout d'un nucléotide.
- Les insertions et délétions (aussi appelées mutations par décalage du cadre de lecture, ou *frameshift mutations*) entraînent des modifications majeures de la séquence protéique, car elles altèrent la lecture de tous les codons en aval de la mutation.
Mutations Chromosomiques (Altération d'un chromosome complet ou de sa structure)
- Changement du nombre de copies de chromosomes :
- Polyploïdie : Surplus de lots complets de chromosomes (par exemple, 3n, 4n).
- Aneuploïdie : Modification du nombre de chromosomes individuels (par exemple, trisomie 21).
- Altérations de la structure des chromosomes :
- Délétion : Suppression d'un fragment de chromosome.
- Duplication : Recopie et insertion d'un fragment de chromosome.
- Inversion : Retournement d'un fragment de chromosome.
- Translocation : Rattachement d'un fragment de chromosome sur un autre chromosome non homologue.
Conséquences des Mutations
- Peuvent être sans effet, diminuer ou supprimer l'efficacité d'une protéine.
- Rarement, elles peuvent conférer une nouvelle propriété bénéfique (par exemple, une enzyme plus efficace).
- Une mutation n'est héréditaire que si elle survient dans un gamète ou une cellule formant des gamètes.
- Des mutations peuvent entraîner un dérèglement de la reproduction cellulaire, conduisant au cancer.
ADN Non Codant et Épissage de l'ARN
Introns et Exons
- La totalité de l'ADN d'une cellule n'est pas codante. Il existe une grande quantité d'ADN non codant.
- Introns : Séquences non codantes situées à l'intérieur des gènes.
- Exons : Séquences codantes des gènes.
- Les introns ont été découverts par P. A. Sharp et R. Roberts (Prix Nobel 1993).
- Certains gènes peuvent contenir un grand nombre d'introns et représenter un pourcentage élevé de leur taille (par exemple, le gène de la dystrophine contient 99,3% d'introns).
L'Épissage de l'ARN
- Lors de la transcription, le gène entier (introns + exons) est copié en un ARN pré-messager.
- L'épissage de l'ARN est le processus par lequel les introns sont retirés de l'ARN pré-messager et les exons sont ligaturés pour former l'ARNm mature.
- L'ARNm subit également d'autres modifications :
- Ajout d'une coiffe 5' (guanosine modifiée) : protection contre les enzymes hydrolytiques et point d'attache pour le ribosome.
- Ajout d'une chaîne poly-A à l'extrémité 3' (150 à 200 adénines) : protection et rôle dans la stabilité et le transport de l'ARNm.
- 20% des maladies génétiques sont dues à des erreurs d'épissage.
- Un même gène peut être épissé de différentes façons (épissage alternatif) pour donner différentes protéines, expliquant qu'un génome avec relativement peu de gènes peut produire un grand nombre de protéines.
- Les mécanismes d'épissage n'existent que chez les eucaryotes. Les bactéries (procaryotes) ne peuvent pas éliminer les introns, ce qui a des implications pour le génie génétique.
Régulation de l'Expression Génique
L'expression des gènes est finement contrôlée afin de n'activer que les gènes nécessaires aux besoins spécifiques de la cellule ou de l'organisme.
Types de Gènes
- Gènes de maintenance : Exprimés en permanence, codant pour des produits essentiels au fonctionnement cellulaire (ARNr, ARNt, polymérases).
- Gènes régulés : Exprimés uniquement sous certaines conditions, en fonction des besoins du milieu.
Mécanismes de Régulation (Exemple chez les Procaryotes)
- Opérons : Groupes de gènes transcrits ensemble sous forme d'un seul ARNm, souvent pour des enzymes d'une même voie métabolique.
- Contrôle négatif (par répresseur) :
- Un répresseur se lie à une séquence d'ADN appelée opérateur (près du promoteur) et empêche la transcription.
- Protéines répressibles : Le répresseur est activé par un corépresseur (par exemple, le produit final d'une voie métabolique), stoppant la transcription.
- Protéines inductibles : Un inducteur (par exemple, le lactose) inactive le répresseur, permettant la transcription (opéron lac).
- Contrôle positif (par activateur) :
- Un activateur se lie à une séquence d'ADN appelée initiateur (près du promoteur) et active la transcription en aidant l'ARN polymérase à se fixer.
- Protéines répressibles : L'activateur est inactivé par un corépresseur, stoppant la transcription.
- Protéines inductibles : L'activateur est activé par un inducteur, permettant la transcription.
Le Génie Génétique
Le génie génétique regroupe les techniques de manipulation de l'ADN pour modifier les caractéristiques des organismes.
Applications
- Produire des protéines rares (hormones, enzymes, interférons).
- Créer des Organismes Génétiquement Modifiés (OGM) avec de nouvelles caractéristiques (résistance aux herbicides, croissance améliorée, résistance au froid ou à la salinité).
Outils du Génie Génétique
- "Ciseaux" : Les enzymes de restriction.
- Découpent l'ADN à des sites spécifiques (palindromes de 4 à 10 paires de bases).
- Produisent des extrémités franches (coupe symétrique) ou des bouts collants (coupe asymétrique et extrémités saillantes qui peuvent se lier entre elles).
- Permettent de découper l'ADN en fragments plus petits et de les greffer ensemble.
- Transcriptase inverse : Enzyme des rétrovirus qui synthétise de l'ADN à partir d'ARN messager (ADNc). Utile pour insérer des gènes eucaryotes (sans introns) dans des bactéries.
- Séparation des fragments d'ADN : L'électrophorèse.
- Sépare les molécules chargées en fonction de leur taille dans un champ électrique (les fragments plus petits migrent plus vite).
- La taille est déterminée par comparaison avec des étalons d'ADN.
- "Pêcher" les morceaux d'ADN recherchés : Les sondes.
- Séquences d'ADN simple brin, souvent marquées radioactivement, complémentaires du fragment recherché.
- Utilisées après dénaturation de l'ADN (séparation des brins) pour l'hybridation.
- La révélation se fait par autoradiographie.
- "Colle" : Les ligases.
- Recollent les fragments d'ADN, notamment aux bouts collants, pour former de l'ADN recombinant.
Techniques Clés
Clonage de Gènes
- Objectif : Multiplier un gène pour obtenir une quantité suffisante pour l'étude.
- Vector : Les plasmides, molécules d'ADN circulaire bactérien.
- Processus :
- L'ADN contenant le gène d'intérêt et les plasmides (contenant un gène de résistance à un antibiotique) sont découpés avec la même enzyme de restriction.
- Le gène d'intérêt est inséré dans le plasmide pour créer un ADN recombinant.
- Les plasmides recombinants sont introduits dans des bactéries (transformation).
- Les bactéries sont cultivées sur un milieu contenant l'antibiotique pour sélectionner celles ayant intégré le plasmide.
- Les bactéries se multiplient, formant des colonies contenant de nombreuses copies du gène d'intérêt.
- Les colonies d'intérêt sont identifiées à l'aide de sondes marquées.
Séquençage de l'ADN (Méthode Sanger)
- Méthode enzymatique basée sur l'activité de l'ADN polymérase et l'utilisation de didésoxynucléotides (ddNTP) qui bloquent l'élongation de la chaîne d'ADN.
- Processus :
- Préparation de l'ADN simple brin à séquencer et d'une amorce.
- Quatre réactions de synthèse d'ADN sont réalisées, chacune contenant l'ADN polymérase, les 4 désoxynucléotides (dATP, dTTP, dCTP, dGTP) et un faible pourcentage d'un ddNTP spécifique (ddATP, ddTTP, ddCTP, ou ddGTP).
- Lorsque l'ADN polymérase incorpore un ddNTP, l'élongation du brin s'arrête.
- Cela génère une série de fragments d'ADN de longueurs différentes, dont le dernier nucléotide correspond au ddNTP de la réaction.
- Les fragments sont séparés par électrophorèse sur un gel, révélant la séquence.
PCR (Réaction en Chaîne par Polymérase)
- Objectif : Obtenir rapidement une grande quantité d'un fragment d'ADN spécifique.
- Cycles répétés : Chaque cycle comprend 3 étapes :
- Dénaturation : L'ADN double brin est chauffé pour séparer les deux brins.
- Hybridation : Des amorces spécifiques s'attachent aux extrémités du fragment d'ADN à amplifier.
- Élongation : Une ADN polymérase thermostable (ex: Taq polymérase) synthétise de nouveaux brins d'ADN en partant des amorces.
- Amplification exponentielle du fragment d'ADN désiré (amplicon).
Transgenèse
- Définition : Introduction d'un gène provenant d'une autre cellule dans le génome d'une cellule cible.
- Exemples :
- Production d'insuline humaine par des bactéries.
- Création de plantes résistantes au froid (ex: transfert de gènes de résistance au froid).
- Méthodes :
- Utilisation de bactéries modifiées (par exemple, Agrobacterium tumefaciens pour les plantes) pour insérer le gène d'intérêt dans le génome hôte.
- Utilisation de canon à particules (microbilles de tungstène enrobées d'ADN) pour projeter l'ADN dans les cellules.
Empreinte Génétique (DNA Fingerprinting)
- Découverte par Alec Jeffreys (1985) : Des séquences répétitives de nucléotides (zones non codantes) varient en nombre entre les individus.
- Technique (Southern blotting) :
- L'ADN est découpé par des enzymes de restriction.
- Les fragments sont séparés par électrophorèse.
- Les fragments sont transférés sur une membrane.
- Une sonde radiomarquée spécifique se lie aux séquences répétitives.
- L'autoradiographie révèle un motif de bandes unique (similaire à un code-barres) pour chaque individu.
- Applications : Identification individuelle (scène de crime, tests de paternité).
- Interprétation : Un profil ADN est une probabilité. Plus le nombre de marqueurs analysés est élevé, plus la probabilité de correspondance fortuite est faible, permettant une identification "quasi formelle".
Ce document aborde l'histoire et les fondements de la génétique moléculaire, de la nature du gène aux mécanismes complexes de la synthèse protéique, en mettant en lumière les découvertes scientifiques majeures et les applications actuelles comme le génie génétique.
La Nature Moléculaire du Gène : Une Quête Historique
Dès 1866, la question de la nature moléculaire du gène se posait : était-ce une protéine ou l'ADN ?
L'Expérience de Frederick Griffith (1928)
F. Griffith décrivit la présence d'un principe transformant, responsable d'un changement de phénotype des pneumocoques R (non pathogènes) en S (pathogènes).
- La souche S (smooth) possède une capsule de polysaccharides protectrice, absente chez la souche R (rough) à cause d'une mutation.
L'Identification du Sucre par Phoebus Levene (1929)
Phoebus Levene identifia le 2-désoxyribose dans l'acide thymonucléique (ADN).
À cette époque, les protéines restaient les meilleurs candidats pour véhiculer l'information génétique.
L'Hypothèse "Un Gène → Une Enzyme" de Beadle & Tatum (1941)
En utilisant le champignon Neurospora crassa comme modèle d'étude, Beadle et Tatum démontrèrent que les gènes contrôlent la synthèse des enzymes.
- Leurs analyses génétiques de mutants de Neurospora crassa montrèrent que chaque déficience ségrégeait de façon mendélienne.
- Ils proposèrent que chaque gène est responsable de la production d'une protéine différente, majoritairement des enzymes.
Exemple : Mutants d'Arginine
Type de souche Milieu minimum MM + ornithine MM + citrulline MM + arginine sauvage + + + + I – – – + II – – + + III – + + + Ce tableau illustre comment différents mutants arginés (I, II, III) ont des besoins spécifiques en précurseurs (ornithine, citrulline) pour leur croissance, suggérant une chaîne biosynthétique contrôlée par différents gènes.
La Preuve de l'ADN comme Matériel Héréditaire : Avery, MacLeod & McCarty (1944)
Ces chercheurs purifièrent le principe transformant et démontrèrent qu'il n'était pas une protéine mais un acide nucléique de type désoxyribonucléique (ADN).
- Le facteur transformant résistait à la dénaturation des protéines et était insensible aux enzymes dégradant les protéines et les ARN.
- La transformation ne pouvait avoir lieu que si l'ADN était présent.
Les Règles de Chargaff (1949)
Erwin Chargaff montra que le rapport A+T/C+G est variable selon les espèces mais constant au sein d'une même espèce. De plus, il établit que les rapports C/G et A/T sont proches de un dans toutes les espèces étudiées.
Ces observations furent cruciales pour la future découverte de la structure de l'ADN.
La Diffraction des Rayons X par Rosalind Franklin (1951-1952)
Rosalind Franklin, Maurice Wilkins et Raymond Gosling au King's College produisirent des clichés de diffraction X de l'ADN, notamment une image célèbre (Photo 51) révélant la nature hélicoïdale de l'ADN.
- Ils identifièrent deux formes d'ADN : la forme A (plus sèche) et la forme B (plus hydratée), cette dernière étant celle présente dans les systèmes biologiques.
- Les données indiquaient une structure hélicoïdale avec des répétitions de 3,4 Å et un pas d'hélice de 34 Å.
L'Expérience de Hershey et Chase (1952)
En utilisant le bactériophage T2, Alfred Hershey et Martha Chase confirmèrent l'importance de l'ADN dans la reproduction virale.
- Ils marquèrent l'ADN avec du phosphore radioactif () et les protéines avec du soufre radioactif ().
- Les résultats montrèrent que l'ADN, et non les protéines, était injecté dans la bactérie hôte, confirmant qu'il était le matériel génétique.
La Double Hélice de Watson et Crick (1953)
Francis Crick et James Watson, en s'appuyant sur les travaux de Chargaff, Franklin et Wilkins, proposèrent le modèle de la double hélice de l'ADN.
- Ils disposaient de la composition chimique de l'ADN, des clichés de diffraction X (Franklin/Wilkins), des règles de Chargaff (A=T, C=G) et des analyses de microscopie électronique (diamètre de 20 Å).
- Leur modèle décrivait deux chaînes de désoxyribose-phosphate enroulées autour d'un même axe, formant une hélice main droite.
- Les bases azotées (adénine, thymine, guanine, cytosine) sont à l'intérieur, appariées spécifiquement : adénine avec thymine (A-T) et guanine avec cytosine (G-C) via des liaisons hydrogène. Ce sont des paires purine-pyrimidine.
- Les deux chaînes sont antiparallèles, ce qui signifie que la séquence des atomes dans les deux chaînes est dans des directions opposées.
- La structure suggérait un mécanisme de réplication du matériel génétique (mentionné dans leur publication de 1953).
- L'ADN est une hélice à double brin avec 10 paires de bases par tour d'hélice et une distance de 0,34 nm entre deux paires de bases.
Watson, Crick et Wilkins reçurent le prix Nobel de Physiologie ou Médecine en 1962 pour leurs découvertes.
Synthèse des Protéines : Du Gène à la Fonction
La synthèse des protéines est un processus fondamental qui implique le transfert de l'information génétique de l'ADN vers les protéines.
Le Dogme Central de la Biologie Moléculaire (Crick, 1958)
Francis Crick proposa le concept du "Dogme central de la biologie moléculaire", décrivant le flux d'information génétique de l'ADN vers l'ARN, puis vers les protéines.
- L'information est stockée dans le noyau (ADN).
- La synthèse des protéines a lieu dans le cytoplasme (ribosomes du réticulum endoplasmique).
- L'ADN ne quitte pas le noyau ; l'information est copiée sous forme d'ARN messager (ARNm).
La Réplication Semi-Conservative de l'ADN : Meselson et Stahl (1958)
Matthew Meselson et Franklin Stahl démontrèrent que la réplication de l'ADN est semi-conservative.
- Ils utilisèrent des cultures bactériennes dans des milieux isotopiques d'azote ( lourd puis léger).
- Après centrifugation dans un gradient de chlorure de césium, l'ADN des générations et montra que chaque nouvelle molécule d'ADN est composée d'un brin parental (lourd) et d'un brin nouvellement synthétisé (léger).
L'ARN : Messager et Acteur
L'ARN (Acide RiboNucléique) joue un rôle central dans l'expression des gènes.
Caractéristiques de l'ARN
- Le sucre des nucléotides est le ribose (contrairement au désoxyribose de l'ADN).
- La base azotée Thymine (T) est remplacée par l'Uracile (U), qui s'apparie aussi avec l'Adénine (A).
- Il est généralement monocaténaire (une seule chaîne de nucléotides).
- Les molécules d'ARN sont plus courtes et moins stables que l'ADN.
- Certains segments de l'ARN peuvent s'apparier avec eux-mêmes si complémentaires, formant des structures secondaires complexes.
La Transcription : ADN → ARNm
La première étape de la synthèse protéique est la transcription, copie du gène (ADN) en une molécule d'ARNm.
- L'enzyme ARN polymérase se fixe à l'ADN au niveau d'une séquence spécifique appelée promoteur.
- Le promoteur indique le début du gène à transcrire et le brin d'ADN à utiliser comme matrice.
- L'ARN polymérase assemble le brin d'ARN dans la direction 5' → 3'.
- Plusieurs ARN polymérases peuvent travailler simultanément sur le même brin d'ADN, permettant la production de multiples copies d'ARN.
- Une fois transcrit, l'ARNm se détache et la molécule d'ADN se referme.
Les Ribosomes : Usines à Protéines
Les ribosomes sont les sites de la synthèse protéique (traduction).
- Ce sont les plus petites structures cellulaires, visibles uniquement au microscope électronique.
- Ils sont composés de deux sous-unités (grande et petite), formées d'un mélange d'ARN ribosomal (ARNr) et de protéines.
- Les sous-unités sont synthétisées dans les nucléoles du noyau.
- Les gènes d'ARNr sont présents en centaines de copies dans le génome, et ne codent pas pour des protéines.
L'ARN de Transfert (ARNt) : Transporteur d'Acides Aminés
Les ARNt sont des molécules qui transportent les acides aminés du cytoplasme vers le ribosome, où ils sont assemblés en protéines.
- Chaque ARNt possède une structure tridimensionnelle repliée et une extrémité 3' (terminée par CCA) capable de se lier à un acide aminé.
- Chaque ARNt est caractérisé par un anticodon, une séquence de trois nucléotides, qui se lie spécifiquement à un codon de l'ARNm.
- L'enzyme aminoacyl-ARNt synthétase est responsable de la fixation du bon acide aminé au bon ARNt.
- Ces enzymes reconnaissent un acide aminé particulier et un anticodon particulier.
- Les gènes des ARNt ne codent pas pour des protéines et existent en milliers de copies dans le génome.
La Traduction : ARNm → Protéine
Le processus de traduction a lieu sur les ribosomes :
- L'ARNm s'attache d'abord à la petite sous-unité du ribosome, puis la grande sous-unité vient se fixer.
- Deux ARNt peuvent se fixer simultanément sur l'ARNm au niveau du ribosome : un au site P et un au site A.
- La liaison codon-anticodon est spécifique. Par exemple, l'anticodon UAC se fixe sur le codon AUG.
- Après fixation, les acides aminés transportés par les ARNt sont liés entre eux pour former la chaîne polypeptidique.
- Le ribosome avance de trois unités (un codon) à la fois, et l'ARNt libéré est retiré.
- La synthèse se poursuit jusqu'à l'atteinte d'un codon STOP (UAA, UAG, UGA).
- Un facteur de terminaison se fixe au codon STOP, détachant l'ARNm du ribosome et provoquant la séparation des sous-unités ribosomales.
- La chaîne polypeptidique synthétisée pénètre dans le réticulum endoplasmique, où elle prendra sa forme finale.
Le Code Génétique (Nirenberg, 1961)
Marshall Nirenberg et Heinrich Matthaei ont décrypté le code génétique, montrant la correspondance entre les triplets de nucléotides (codons) et les acides aminés.
Caractéristiques du Code
- Il existe combinaisons possibles de codons pour 20 acides aminés.
- Le code est :
- Spécifique : Un codon ne code qu'un seul acide aminé.
- Dégénéré : Plusieurs codons peuvent coder le même acide aminé.
- Non chevauchant / Ponctué : Les codons sont lus séquentiellement sans chevauchement.
- Universel : Le même code est utilisé par presque tous les organismes vivants (avec quelques rares exceptions, comme dans certaines mitochondries et protistes).
- Le codon AUG code la méthionine (Met) et est le codon d'initiation.
- Les codons UAA, UAG, UGA sont des codons STOP.
Tableau du Code Génétique
Deuxième lettre U C A G Première lettre U UUU (Phe) UCU (Ser) UAU (Tyr) UGU (Cys) U Troisième lettre UUC (Phe) UCC (Ser) UAC (Tyr) UGC (Cys) C UUA (Leu) UCA (Ser) UAA (Stop) UGA (Stop) A UUG (Leu) UCG (Ser) UAG (Stop) UGG (Trp) G C CUU (Leu) CCU (Pro) CAU (His) CGU (Arg) U CUC (Leu) CCC (Pro) CAC (His) CGC (Arg) C CUA (Leu) CCA (Pro) CAA (Gln) CGA (Arg) A CUG (Leu) CCG (Pro) CAG (Gln) CGG (Arg) G Première lettre A AUU (Ile) ACU (Thr) AAU (Asn) AGU (Ser) U AUC (Ile) ACC (Thr) AAC (Asn) AGC (Ser) C AUA (Ile) ACA (Thr) AAA (Lys) AGA (Arg) A AUG (Met) ACG (Thr) AAG (Lys) AGG (Arg) G G GUU (Val) GCU (Ala) GAU (Asp) GGU (Gly) U GUC (Val) GCC (Ala) GAC (Asp) GGC (Gly) C GUA (Val) GCA (Ala) GAA (Glu) GGA (Gly) A GUG (Val) GCG (Ala) GAG (Glu) GGG (Gly) G
Mutations : Altérations du Matériel Génétique
Une mutation est une modification de l'information génétique (ADN) et peut avoir des conséquences variées sur la protéine codée.
Types de Mutations
- Chromosomique : Altération d'un chromosome entier ou d'une partie significative.
- Ponctuelle : Anomalie dans la séquence des nucléotides (génique).
Causes des Mutations
- Erreurs lors de la reproduction cellulaire.
- Substances chimiques toxiques (mutagènes).
- Radiations nocives (rayons X, UV).
Conséquences d'une Mutation Ponctuelle
- Peut changer un ou plusieurs acides aminés, rendant la protéine non fonctionnelle, ou au contraire, lui conférer une nouvelle propriété (rare).
- Peut être sans effet (mutation silencieuse).
Types de Mutations Ponctuelles
- Substitution : Remplacement d'un nucléotide par un autre.
- Mutation faux-sens : Remplace un acide aminé par un autre.
- Mutation non-sens : Remplace un codon d'acide aminé par un codon STOP, entraînant un arrêt prématuré de la synthèse protéique.
- Délétion : Suppression d'un nucléotide.
- Provoque un décalage du cadre de lecture (frameshift mutation), altérant toute la séquence d'acides aminés en aval.
- Insertion : Ajout d'un nucléotide.
- Également un décalage du cadre de lecture avec des conséquences majeures sur la protéine.
- Substitution : Remplacement d'un nucléotide par un autre.
Types de Mutations Chromosomiques
- Changement du nombre de copies de chromosomes :
- Polyploïdie : Surplus de lots complets de chromosomes.
- Aneuploïdie : Modification d'une seule partie du lot de chromosomes (par exemple, trisomie).
- Altérations de la structure des chromosomes :
- Délétion : Suppression d'un fragment.
- Duplication : Recopie et insertion d'un fragment.
- Inversion : Retournement d'un fragment.
- Translocation : Rattachement d'un fragment à un chromosome non homologue.
- Changement du nombre de copies de chromosomes :
Hérédité des Mutations
Une mutation n'est héréditaire que si elle survient dans un gamète ou une cellule formant des gamètes.
Généralement, les mutations peuvent entraîner un dérèglement mortel de la cellule, ou dans certains cas, un cancer.
Introns, Exons et Épissage de l'ARN
L'ADN des eucaryotes contient des séquences non codantes, les introns, qui sont éliminées avant la traduction.
Découverte des Introns
Les introns ont été découverts par P. A. Sharp et R. Roberts (Prix Nobel 1993). Le terme "intron" signifie INTragenic RegiON.
Composition du Génome
- La totalité de l'ADN d'une cellule n'est pas codante. Il existe une grande quantité d'ADN non codant :
- Entre les gènes codants.
- À l'intérieur des gènes eux-mêmes (introns).
- Les introns peuvent représenter 90% de certains gènes. Par exemple, le gène de la dystrophine (DMD) chez l'homme s'étend sur 2,5 Mb, dont 99,3% d'introns.
- La totalité de l'ADN d'une cellule n'est pas codante. Il existe une grande quantité d'ADN non codant :
Processus d'Épissage
- Lors de la transcription, l'ensemble du gène (introns + exons) est copié en ARN pré-messager.
- L'ARN pré-messager doit ensuite être modifié pour enlever les introns. Ce processus s'appelle l'épissage de l'ARN.
- Après épissage, les exons sont assemblés pour former l'ARNm mature.
- L'ARNm subit d'autres modifications :
- Ajout d'une coiffe 5' (guanosine modifiée) : protège contre la dégradation enzymatique et sert de point d'attache au ribosome.
- Ajout d'une chaîne poly-A à l'extrémité 3' : protège aussi contre les enzymes hydrolytiques.
- 20% des maladies génétiques sont dues à des erreurs d'épissage.
- Un même gène peut être épissé de différentes manières (épissage alternatif), produisant différentes protéines.
Différences Procaryotes/Eucaryotes
Les mécanismes d'épissage n'existent que chez les eucaryotes. Les procaryotes ne possèdent généralement pas d'introns.
Conséquence : Si un gène d'eucaryote est introduit entier dans une bactérie, cette dernière sera incapable de produire la protéine car elle ne pourra pas éliminer les introns de l'ARNm.
Régulation de l'Expression des Gènes
Tous les gènes ne sont pas exprimés dans toutes les cellules ou en permanence. L'expression génique est finement régulée.
Gènes de Maintenance et Gènes Régulés
- Gènes de maintenance : Exprimés en permanence, ils codent pour des produits essentiels au fonctionnement cellulaire (ARNr, ARNt, polymérases).
- Gènes régulés : Exprimés uniquement sous certaines conditions, en fonction du milieu.
Mécanismes de Régulation chez les Procaryotes (Opéron)
L'expression de gènes regroupés (opéron) peut être contrôlée par des protéines régulatrices.
- Régulation par induction (opéron lac) :
- En l'absence d'inducteur (ex: lactose), un répresseur est actif et se fixe sur l'opérateur, empêchant la transcription des gènes métabolisant le lactose.
- En présence de l'inducteur, celui-ci se lie au répresseur et l'inactive, permettant la transcription.
- Régulation par répression (opéron trp) :
- En présence d'un corépresseur (ex: acide aminé), celui-ci se lie à un répresseur initialement inactif, l'activant, ce qui empêche la synthèse de l'acide aminé.
- En l'absence du corépresseur, le répresseur est inactif et la transcription a lieu.
- Régulation par activation :
- Un activateur se lie à un initiateur près du promoteur et active la transcription.
- Cet activateur peut être activé par un inducteur ou inactivé par un corépresseur.
- Régulation par induction (opéron lac) :
Résumé des modes de régulation
- Contrôle négatif : Un répresseur se lie à l'opérateur, empêchant la transcription.
- Protéines répressibles : Le répresseur est activé par un corépresseur (pas de transcription).
- Protéines inductibles : Le répresseur est inactivé par un inducteur (transcription).
- Contrôle positif : Un activateur se lie à l'initiateur, activant la transcription.
- Protéines répressibles : L'activateur est inactivé par un corépresseur (pas de transcription).
- Protéines inductibles : L'activateur est activé par un inducteur (transcription).
- Contrôle négatif : Un répresseur se lie à l'opérateur, empêchant la transcription.
Génie Génétique et Applications
Le génie génétique utilise les connaissances sur l'ADN pour manipuler les gènes, offrant des applications variées et révolutionnaires.
Applications du Génie Génétique
- Production de grandes quantités de protéines rares (hormones, enzymes, interférons).
- Création d'organismes génétiquement modifiés (OGM) avec de nouvelles caractéristiques (résistance aux herbicides, croissance améliorée, résistance au froid ou à la salinité).
Outils de Manipulation Génétique
- Ciseaux moléculaires (enzymes de restriction) :
- Découpent l'ADN à des sites spécifiques, souvent palindromiques (4 à 10 paires de bases).
- Peuvent générer des extrémités franches (symétriques) ou des "bouts collants" (asymétriques). Ces derniers sont essentiels pour insérer de nouveaux fragments d'ADN.
- Pêcheurs d'ADN (sondes) :
- Séquences d'ADN simple brin, marquées (radioactives généralement), complémentaires du fragment recherché.
- Utilisées après dénaturation de l'ADN (séparation des brins) pour l'hybridation.
- Colle moléculaire (ligases) :
- Enzymes qui raboutent les fragments d'ADN, créant de l'ADN recombinant.
- Copie de gènes (transcriptase inverse) :
- Enzyme des rétrovirus qui transcrit l'ARN messager en ADN (ADNc).
- Particulièrement utile pour transférer des gènes eucaryotes dans des bactéries, car l'ADNc ne contient que les exons (l'épissage n'étant pas disponible chez les bactéries).
- Séparation des fragments (électrophorèse) :
- Technique qui sépare les molécules chargées (ADN, protéines) en fonction de leur taille et de leur charge dans un champ électrique.
- La vitesse de migration est inversement proportionnelle à la taille des fragments.
- Ciseaux moléculaires (enzymes de restriction) :
Clonage de l'ADN
Le clonage permet de multiplier des fragments d'ADN pour étude.
- Utilisation de plasmides : molécules d'ADN circulaire bactérien.
- Insertion du gène à cloner et d'un gène de résistance à un antibiotique dans le plasmide (après découpe par la même enzyme de restriction).
- Introduction des plasmides recombinants dans des bactéries.
- Sélection des bactéries transformées sur milieu avec antibiotique.
- Les colonies contenant le gène sont repérées par sonde marquée.
Séquençage de l'ADN (Méthode Sanger)
Permet de déterminer l'ordre précis des nucléotides dans un brin d'ADN.
- Basé sur l'activité de l'ADN polymérase et l'utilisation de didésoxynucléotides (ddNTP) qui bloquent l'élongation de la chaîne d'ADN.
- Quatre réactions distinctes (une par base) contenant des ddATP, ddTTP, ddCTP, ddGTP en faible quantité.
- Production de fragments d'ADN de toutes tailles, terminés par un ddNTP spécifique.
- Séparation des fragments par électrophorèse sur gel et lecture de la séquence.
Réaction en Chaîne par Polymérase (PCR)
La PCR permet d'amplifier rapidement des quantités importantes d'un fragment d'ADN donné.
- Chaque cycle comprend 3 étapes :
- Dénaturation : Séparation de l'ADN double brin en deux brins simples par chauffage.
- Hybridation : Fixation des amorces (séquences courtes d'ADN) sur les brins simples.
- Élongation : Synthèse de nouveaux brins par l'ADN polymérase.
- L'amplification est exponentielle, générant des millions de copies en peu de cycles.
- Chaque cycle comprend 3 étapes :
La Transgenèse
Introduction d'un gène d'une cellule dans le génome d'une autre.
- Exemples : Production d'insuline humaine par des bactéries, création de plantes résistantes au froid.
- Le gène d'intérêt est inséré dans un plasmide avec un marqueur et un promoteur.
- Le plasmide modifié est introduit dans des bactéries, qui peuvent ensuite transférer le gène à des cellules végétales (via Agrobacterium tumefaciens) ou par des méthodes comme le canon à particules.
L'Empreinte Génétique (Alec Jeffreys, 1985)
Technique d'identification basée sur la variabilité des séquences répétitives d'ADN non codant.
- Alec Jeffreys a découvert que le nombre de ces répétitions varie d'un individu à l'autre.
- La méthode "Southern blotting" est utilisée pour découper, séparer (par électrophorèse) et visualiser ces fragments d'ADN marqués.
- L'observation des fragments marqués donne un motif unique, semblable à un code-barres.
- Utilisée pour la première fois dans l'affaire Colin Pitchfork en 1986.
- Une correspondance entre une trace et un individu nécessite une interprétation statistique, car un profil ADN partiel peut être partagé par une partie de la population.
- L'augmentation du nombre de marqueurs analysés (par exemple 10) permet d'obtenir une probabilité fortuite extrêmement faible, menant à une identification "quasi formelle".
Points Clés à Retenir
- Le gène est la base de l'information héréditaire.
- L'ADN, grâce à sa structure en double hélice, est le support de cette information.
- Le flux d'information génétique suit le dogme central : ADN → ARN → Protéines.
- La synthèse des protéines se déroule en deux étapes : transcription (ADN → ARN) et traduction (ARN → Protéines).
- Les mutations sont des altérations de l'ADN qui peuvent avoir des conséquences significatives.
- Le génie génétique permet de manipuler l'ADN à des fins pratiques, allant de la production de protéines à l'amélioration des espèces.
- Les introns sont des régions non codantes des gènes qui sont éliminées lors de l'épissage de l'ARN chez les eucaryotes.
- L'expression des gènes est régulée pour s'adapter aux besoins cellulaires et environnementaux.
L'Hérédité à l'Échelle Moléculaire : La Découverte du Gène et du Code Génétique
La génétique moléculaire est l'étude du gène à l'échelle moléculaire, en se concentrant sur la nature et la fonction de l'ADN et son rôle dans l'hérédité. Cette discipline clé a été façonnée par une série de découvertes scientifiques majeures au cours du 20ème siècle.
Découvertes Fondamentales
1. Le "Principe Transformant" de Griffith (1928)
Frederick Griffith a décrit l'existence d'un "principe transformant" capable de modifier le phénotype des pneumocoques. Son expérience a transformé des bactéries R (rough, non pathogènes) en bactéries S (smooth, pathogènes), suggérant le transfert d'une substance héréditaire. La souche S possède une capsule de polysaccharides qui la protège, absente chez la souche R en raison d'une mutation. Le principe transformant, bien que non identifié à l'époque, était responsable de ce changement.
2. L'Identification du Désoxyribose par Levene (1929)
Phoebus Levene a identifié le 2-désoxyribose dans l'acide thymonucléique. À cette époque, les protéines étaient encore considérées comme les principaux candidats pour véhiculer l'information génétique en raison de leur complexité structurelle.
3. L'Hypothèse "Un gène, une enzyme" de Beadle et Tatum (1941)
Grâce à des études sur le champignon Neurospora crassa, George Beadle et Edward Tatum ont démontré que les gènes contrôlent la synthèse des enzymes. Leur travail a établi qu'une déficience génétique (mutation) entraînait une anomalie dans une enzyme spécifique, conduisant à l'hypothèse qu'un gène est responsable de la production d'une enzyme spécifique.
- Modèle d'étude : Neurospora crassa (un champignon).
- Expérience : L'analyse génétique des mutants a montré que chaque déficience ségrégeait de manière mendélienne. Des mutants exigeant de l'arginine ont été étudiés en cultivant des souches sauvages et mutantes sur différents milieux (minimum, minimum + ornithine, minimum + citrulline, minimum + arginine).
| Type de souche | Milieu minimum | MM + ornithine | MM + citrulline | MM + arginine |
|---|---|---|---|---|
| sauvage | + | + | + | + |
| I | – | – | – | + |
| II | – | – | + | + |
| III | – | + | + | + |
- Conclusion : Ces résultats ont mené à l'hypothèse selon laquelle chaque gène est responsable de la fabrication d'une protéine différente, dont la plupart fonctionnent comme des enzymes.
4. L'ADN est le Matériel Héréditaire : Avery, MacLeod et McCarty (1944)
Oswald Avery, Colin MacLeod et Maclyn McCarty ont purifié le principe transformant identifié par Griffith et ont démontré qu'il s'agissait de l'ADN. Leurs expériences, initiées en 1935, ont prouvé que l'ADN, et non les protéines, était le support de l'information génétique.
- Expérience : Des cellules S tuées par la chaleur ont été traitées avec des enzymes spécifiques pour détruire les protéines, l'ARN ou l'ADN. Chaque échantillon a ensuite été ajouté à une culture de cellules R.
- Résultats : La transformation des cellules R en cellules S n'a eu lieu que lorsque l'ADN était présent et non détruit. Le principe transformant a résisté aux températures qui dénaturent les protéines et aux enzymes dégradant les protéines et l'ARN, mais a été inactivé par les enzymes dégradant l'ADN.
- Conclusion : L'ADN est le matériel héréditaire.
5. Les Règles de Chargaff (1949)
Erwin Chargaff a analysé la composition des bases azotées de l'ADN. Il a montré que la proportion d'adénine (A) est toujours égale à celle de thymine (T), et la proportion de guanine (G) est égale à celle de cytosine (C) (A=T et G=C). Le rapport (A+T)/(C+G) varie entre les espèces, mais le rapport A/T et C/G est toujours proche de 1. Ces règles ont été cruciales pour élucider la structure de l'ADN.
| Source | Adénine/Guanine | Thymine/Cytosine | Adénine/Thymine | Guanine/Cytosine | Purines/Pyrimidines |
|---|---|---|---|---|---|
| Bovin | 1.29 | 1.43 | 1.04 | 1.00 | 1.1 |
| Humain | 1.56 | 1.75 | 1.00 | 1.00 | 1.0 |
Sa conclusion, que la composition en bases peut varier entre les espèces mais que A=T et C=G au sein d'une même espèce, fut un indice majeur pour la structure hélicoïdale de l'ADN.
6. Les Clichés de Diffraction Rayons X de Franklin et Wilkins (1951-1952)
Rosalind Franklin et Maurice Wilkins ont obtenu des clichés de diffraction des rayons X de l'ADN, notamment la fameuse "Photo 51". Ces images ont révélé la structure hélicoïdale de l'ADN, ses dimensions (20 Å de diamètre), et la répétition des unités (3.4 Å) le long de l'hélice, ainsi que la forme B prédominante dans les conditions hydratées.
- Formes de l'ADN : L'ADN existe sous différentes formes, notamment les formes A et B.
- Photo 51 (1952) : La photographie de diffraction aux rayons X prise par Franklin et Gosling fut une preuve essentielle de la structure en double hélice.
7. L'Expérience de Hershey et Chase (1952)
Alfred Hershey et Martha Chase ont utilisé des bactériophages T2 (virus infectant des bactéries) pour confirmer définitivement que l'ADN est le matériel génétique.
- Expérience : Ils ont marqué les protéines des phages avec du soufre radioactif (S) et l'ADN avec du phosphore radioactif (P). Les phages ont infecté des bactéries. Après l'infection, un agitateur a séparé les phages de la surface des bactéries. Les cellules bactériennes ont ensuite été centrifugées.
- Résultats : La majeure partie du P (ADN) a été retrouvée à l'intérieur des cellules bactériennes, tandis que le S (protéines) est resté à l'extérieur.
- Conclusion : L'ADN, et non les protéines, est injecté dans la cellule hôte et porte l'information nécessaire à la reproduction virale, faisant de l'ADN le matériel génétique.
8. La Structure en Double Hélice de l'ADN : Watson et Crick (1953)
James Watson et Francis Crick ont proposé le modèle de la double hélice de l'ADN, en s'appuyant sur les travaux de Levene, Chargaff, Franklin et Wilkins. Leur modèle a révolutionné la biologie moléculaire.
- Éléments clés utilisés :
- La composition chimique de l'ADN (désoxyribose, bases azotées, groupes phosphate).
- Les clichés de diffraction aux rayons X de Franklin et Wilkins (figure en croix caractéristique d'une hélice).
- Les règles de Chargaff (A=T et G=C).
- Les analyses en microscopie électronique montrant un diamètre de l'ADN de 20 Å (suggérant deux chaînes).
- Caractéristiques du modèle :
- ADN en double hélice : Deux brins sont enroulés l'un autour de l'autre.
- Positions des bases et des sucres : Les bases sont à l'intérieur de l'hélice et les groupements phosphate-sucre à l'extérieur.
- Dimensions de la double hélice : ~20 Å de diamètre.
- Assemblage des chaînes : Les deux chaînes sont maintenues par des liaisons hydrogènes spécifiques entre les bases (A avec T, G avec C).
- Non-restriction de la séquence : Les bases peuvent être agencées dans n'importe quel ordre le long d'un brin.
- Complémentarité : La séquence d'un brin détermine automatiquement celle de l'autre.
- Pas de l'hélice : 10 paires de bases par tour, soit 3.4 Å entre deux paires de bases et 34 Å par tour complet.
- Implication majeure : Le modèle a suggéré un mécanisme possible de réplication du matériel génétique (mentionné dans leur article : "It has not escaped our notice that the specific pairing we have postulated immediately suggests a possible copying mechanism for the genetic material.").
- Prix Nobel (1962) : Watson, Crick et Wilkins ont reçu le prix Nobel pour leurs découvertes concernant la structure moléculaire des acides nucléiques et sa signification pour le transfert d'informations dans la matière vivante.
Le Dogme Central et la Réplication de l'ADN
1. Dogme Central de la Biologie Moléculaire : Crick (1958)
Francis Crick a proposé le "Dogme Central de la Biologie Moléculaire", décrivant le flux d'information génétique : ADN → ARN → Protéine. L'information est stockée dans l'ADN, transcrite en ARN, et traduite en protéines.
2. Réplication Semi-Conservative : Meselson et Stahl (1958)
Matthew Meselson et Franklin Stahl ont démontré que la réplication de l'ADN est semi-conservative.
- Expérience : Des bactéries ont été cultivées dans un milieu contenant de l'azote lourd (N), puis transférées dans un milieu avec de l'azote léger (N). L'ADN a été extrait après différentes générations et ultracentrifugé dans une solution de chlorure de césium pour séparer l'ADN en fonction de sa densité.
- Résultats :
- Génération F : Une seule bande d'ADN de densité intermédiaire (hybride N/N), prouvant que chaque nouvelle molécule d'ADN contient un brin parental et un brin nouvellement synthétisé.
- Génération F : Deux bandes d'ADN, une de densité légère (N/N) et une de densité intermédiaire (hybride), confirmant la nature semi-conservative de la réplication.
De l'ADN aux Protéines : Transcription et Traduction
1. Existence de l'ARN Messager : Jacob et Monod (1960)
François Jacob et Jacques Monod ont démontré l'existence d'un intermédiaire entre l'ADN et les protéines, l'ARN messager (ARNm). Cet ARNm transporte l'information génétique du noyau (où se trouve l'ADN) vers le cytoplasme (où les protéines sont synthétisées par les ribosomes). Ils ont reçu le Prix Nobel en 1965 avec André Lwoff.
2. Décryptage du Code Génétique : Nirenberg (1961)
Marshall Nirenberg et Heinrich Matthaei ont décrypté le code génétique, déterminant la séquence des bases de l'ARNm qui codent pour chaque acide aminé. Nirenberg a reçu le Prix Nobel en 1968.
- Le code génétique : Ensemble des règles qui permettent de traduire la séquence des nucléotides de l'ARNm en acides aminés pour former une protéine.
- Caractéristiques du code :
- Spécifique : Un codon (triplet de nucléotides) code généralement pour un seul acide aminé.
- Dégénéré (redondant) : Plusieurs codons peuvent coder pour le même acide aminé (64 codons pour 20 acides aminés).
- Ponctué (sans chevauchement) : La lecture se fait codon par codon, sans chevauchement.
- Universel : Le code est quasiment le même pour tous les êtres vivants (à quelques exceptions près, comme certaines mitochondries et protistes), permettant le transfert de gènes entre espèces (génie génétique).
- Codon d'initiation : AUG (code pour la méthionine, Met).
- Codons STOP : UAA, UAG, UGA (signalent la fin de la synthèse protéique).
| Deuxième lettre | ||||||||||
| U | C | A | G | |||||||
| U | UUU | Phe | UCU | Ser | UAU | Tyr | UGU | Cys | U | |
| UUC | Phe | UCC | Ser | UAC | Tyr | UGC | Cys | C | ||
| UUA | Leu | UCA | Ser | UAA | Stop | UGA | Stop | A | ||
| UUG | Leu | UCG | Ser | UAG | Stop | UGG | Trp | G | ||
Synthèse des Protéines (Traduction)
La synthèse des protéines, ou traduction, est le processus par lequel l'information génétique contenue dans l'ARNm est utilisée pour fabriquer une séquence spécifique d'acides aminés (polypeptide). Ce processus se déroule dans le cytoplasme, au niveau des ribosomes.
1. Les Ribosomes
- Structure : Composés de deux sous-unités (grande et petite), formées d'un mélange d'ARN ribosomique (ARNr) et de protéines.
- Rôle : Servent de "machine" à assembler les acides aminés. Deux sites principaux pour les ARNt : le site P (peptidyl) et le site A (aminoacyl).
- Synthèse : Les sous-unités sont synthétisées dans les nucléoles du noyau. Les gènes d'ARNr existent en des centaines de copies dans le génome.
2. Les ARN de Transfert (ARNt)
- Structure : Brins d'ARN qui se replient sur eux-mêmes pour former une structure 3D caractéristique.
- Rôle : Transportent les acides aminés spécifiques du cytoplasme vers le ribosome.
- Anticodon : Chaque ARNt possède une séquence de trois nucléotides (l'anticodon) qui se lie de manière complémentaire à un codon spécifique de l'ARNm.
- Fixation de l'acide aminé : L'enzyme aminoacyl-ARNt synthétase lie l'acide aminé correct à son ARNt correspondant. Il existe plusieurs sortes de ces enzymes, chacune reconnaissant un acide aminé et un anticodon particulier.
- Gènes d'ARNt : Les ARNt sont synthétisés à partir de gènes spéciaux de l'ADN, qui ne codent pas pour des protéines et existent en milliers de copies.
3. Étapes de la Traduction
- Initiation : L'ARNm se fixe à la petite sous-unité ribosomique. La grande sous-unité se fixe ensuite. Le premier ARNt, portant la méthionine (correspondant au codon AUG), se fixe au site P.
- Élongation :
- Un nouvel ARNt, portant l'acide aminé correspondant au codon suivant de l'ARNm, se fixe au site A.
- Une liaison peptidique se forme entre les deux acides aminés (l'ARNr du ribosome agit comme un catalyseur).
- Le ribosome avance de trois nucléotides (un codon) le long de l'ARNm. L'ARNt du site P est libéré, l'ARNt du site A passe au site P.
- Ce processus se répète, ajoutant des acides aminés les uns après les autres.
- Terminaison :
- La traduction s'arrête lorsqu'un codon STOP (UAA, UAG ou UGA) est rencontré sur l'ARNm.
- Un facteur de terminaison se fixe au codon STOP, entraînant la libération du polypeptide nouvellement synthétisé.
- Le ribosome se dissocie en ses deux sous-unités.
- Devenir de la protéine : Le polypeptide fraîchement synthétisé entre souvent dans le réticulum endoplasmique, où il subit un repliement pour acquérir sa forme finale et fonctionnelle.
- Vitesses de synthèse : ~5 acides aminés/seconde chez les procaryotes, ~16 acides aminés/seconde chez les eucaryotes.
- Finalement: chaque triplet de nucléotides sur l'ADN correspond à un acide aminé spécifique.
Mutations Génétiques
Une mutation est une modification de l'information génétique (ADN). Elles peuvent être causées par des erreurs de réplication, des substances mutagènes ou des radiations.
1. Types de Mutations
- Chromosomiques : Altération d'un chromosome complet.
- Polyploïdie : Surplus de lots complets de chromosomes.
- Aneuploïdie : Modification d'une seule partie du lot de chromosome.
- Altérations structurales :
- Délétion : Suppression d'un fragment.
- Duplication : Copie et insertion d'un fragment.
- Inversion : Retournement d'un fragment.
- Translocation : Rattachement d'un fragment à un chromosome non homologue.
- Ponctuelles : Anomalie dans la séquence des nucléotides.
- Substitution : Un nucléotide est remplacé par un autre.
- Mutation faux-sens : Remplace un acide aminé par un autre.
- Mutation non-sens : Remplace un acide aminé par un codon STOP, arrêtant prématurément la synthèse protéique.
- Insertion : Ajout d'un ou plusieurs nucléotides.
- Délétion : Suppression d'un ou plusieurs nucléotides.
- Substitution : Un nucléotide est remplacé par un autre.
2. Conséquences des Mutations
- Une erreur dans l'ADN peut entraîner une erreur dans la protéine codée.
- Effets fréquents : Peu ou pas d'effet, diminution ou suppression de l'efficacité de la protéine, dérèglement mortel de la cellule (cancer).
- Effets rares mais bénéfiques : Nouvelle propriété (enzyme plus efficace, par exemple).
- Les insertions ou délétions (mutations par décalage du cadre de lecture) entraînent des modifications majeures dans la séquence des protéines.
- Une mutation ne devient héréditaire que si elle survient dans un gamète ou une cellule formant des gamètes.
Gènes, Introns et Épissage
La totalité de l'ADN d'une cellule n'est pas codante. Il existe des séquences non codantes, appelées introns, qui sont éliminées après la transcription.
1. Introns et Exons
- Introns : Séquences non codantes à l'intérieur des gènes (INTRAgenic RegiON). Découverts par P. A. Sharp et R. Roberts (Prix Nobel 1993).
- Exons : Séquences codantes du gène.
- Taille : Les introns peuvent représenter jusqu'à 99,3% de la taille d'un gène (ex: gène de la dystrophine). Leur taille varie de 31 à 210 000 bases.
2. L'Épissage de l'ARN
- Lors de la transcription, le gène entier (introns + exons) est copié en pré-ARNm.
- Le pré-ARNm subit un processus appelé épissage, qui élimine les introns et relie les exons pour former l'ARNm mature.
- Modifications supplémentaires de l'ARNm :
- Ajout d'une coiffe 5' (guanosine modifiée) : Protège l'ARNm de la dégradation enzymatique et sert de site de fixation pour le ribosome.
- Ajout d'une chaîne poly-A (150-200 adénines) à l'extrémité 3' : Protège également l'ARNm et aide à son transport hors du noyau.
- Impact médical : 20% des maladies génétiques sont dues à des erreurs d'épissage.
- Épissage alternatif : Un même gène peut être épissé de différentes manières, donnant lieu à plusieurs protéines distinctes, expliquant pourquoi le nombre de protéines est supérieur au nombre de gènes chez l'Homme.
- Spécificité eucaryote : L'épissage est un mécanisme propre aux eucaryotes. Si un gène eucaryote est introduit dans une bactérie (procaryote), cette dernière ne pourra pas éliminer les introns et ne synthétisera pas la protéine fonctionnelle.
Régulation de l'Expression des Gènes
Tous les gènes ne sont pas exprimés en permanence ou dans toutes les cellules. L'expression génique est finement régulée en fonction des besoins de la cellule et des conditions environnementales.
1. Types de Gènes selon leur Expression
- Gènes de maintenance (gènes domestiques) : Exprimés en permanence car ils codent pour des produits essentiels au fonctionnement cellulaire (ex: ARNr, ARNt, polymérases).
- Gènes régulés : Exprimés uniquement sous certaines conditions, souvent regroupés en opérons (séquences transcrites en un seul ARNm).
2. Modes de Régulation
- Contrôle négatif (par répresseur) :
- Un répresseur se lie à l'opérateur (près du promoteur) et empêche la transcription.
- Protéines répressibles : Le répresseur est activé par un corépresseur (ex: produit final d'une voie métabolique), stoppant la transcription.
- Protéines inductibles : Un inducteur (ex: lactose) inactive le répresseur, permettant la transcription (ex: opérons du lactose chez E. coli).
- Contrôle positif (par activateur) :
- Un activateur se lie à l'initiateur (près du promoteur) et active la transcription.
- Protéines répressibles : L'activateur est inactivé par un corépresseur, stoppant la transcription.
- Protéines inductibles : L'activateur est activé par un inducteur, permettant la transcription.
3. Le Génie Génétique et la Transgenèse
La compréhension du code génétique universel et des mécanismes d'expression a ouvert la voie au génie génétique.
- Objectifs :
- Produire des protéines rares (hormones, enzymes, interférons).
- Créer des Organismes Génétiquement Modifiés (OGM) avec de nouvelles caractéristiques (résistance aux herbicides, croissance améliorée, résistance au froid ou à la salinité).
- Outils du génie génétique :
- Enzymes de restriction : "Ciseaux moléculaires" qui coupent l'ADN à des sites spécifiques (palindromes). Elles peuvent créer des bouts francs (difficiles à lier) ou des bouts collants (facilitant l'insertion de fragments).
- Transcriptase inverse : Enzyme viral qui permet de synthétiser de l'ADN à partir d'ARN messager, utile pour cloner des gènes sans introns dans des bactéries.
- Électrophorèse : Sépare les fragments d'ADN en fonction de leur taille dans un champ électrique.
- Sondes : Séquences d'ADN simple brin radiomarquées, complémentaires au fragment recherché, utilisées pour repérer des séquences spécifiques après dénaturation de l'ADN.
- Ligases : "Colle moléculaire" qui soude les fragments d'ADN.
- Plasmides : Molécules d'ADN circulaire utilisées comme vecteurs pour le clonage de gènes (multiplication d'ADN en grande quantité).
- Étapes du clonage d'un gène :
- Découpage de l'ADN cible et des plasmides avec la même enzyme de restriction.
- Insertion du gène d'intérêt dans le plasmide (ADN recombinant).
- Introduction des plasmides modifiés dans des bactéries (ex: E. coli).
- Sélection des bactéries transformées (ex: grâce à un gène de résistance à un antibiotique sur le plasmide).
- Multiplication des bactéries pour obtenir des colonies contenant le gène cloné.
- Repérage des colonies d'intérêt par hybridation avec des sondes.
Techniques d'Analyse et d'Identification de l'ADN
1. Séquençage de l'ADN (Méthode Sanger)
Basé sur l'activité de l'ADN polymérase et l'utilisation de didésoxynucléotides (ddNTP), qui bloquent l'élongation du brin d'ADN.
- Principe : La réaction est réalisée en présence des quatre désoxynucléotides (dNTP) et d'un faible pourcentage de l'un des quatre ddNTP. L'incorporation d'un ddNTP arrête la synthèse du brin.
- Résultats : Des fragments d'ADN de longueurs différentes sont générés, chacun se terminant par un ddNTP spécifique. Ces fragments sont séparés par électrophorèse sur gel, et la séquence est lue directement de bas en haut (du plus petit au plus grand fragment).
2. PCR (Réaction en Chaîne par Polymérase)
Permet d'obtenir rapidement une grande quantité d'un fragment d'ADN spécifique.
- Cycles répétés : Chaque cycle comprend trois étapes :
- Dénaturation : Chauffage de l'ADN double brin pour séparer les deux brins.
- Hybridation (Annélation) : Refroidissement pour permettre aux amorces (petites séquences d'ADN complémentaires) de se fixer aux extrémités de la séquence cible.
- Élongation : L'ADN polymérase (souvent une Taq polymérase thermostable) synthétise de nouveaux brins à partir des amorces.
- Amplification exponentielle : Le nombre d'amplicons (fragments cibles) double à chaque cycle, permettant une amplification massive.
3. Empreintes Génétiques (Alec Jeffreys, 1985)
Utilise les séquences répétitives non codantes de l'ADN, dont le nombre varie entre individus, pour l'identification.
- Principe :
- Découpage de l'ADN avec des enzymes de restriction.
- Séparation des fragments par électrophorèse (les fragments plus longs migration moins vite). Plus le nombre de répétitions est important, plus le fragment est grand.
- Transfert des fragments sur une membrane (Southern blotting).
- Hybridation avec des sondes radiomarquées qui se lient aux séquences répétitives.
- Révélation par autoradiographie, montrant un profil de bandes unique appelé "code-barre" ou empreinte génétique.
- Applications : Identification judiciaire (première utilisation dans l'affaire Colin Pitchfork en 1986), tests de paternité.
- Interprétation statistique : Un profil ADN ne représente qu'une petite partie du génome. La conclusion d'une identification formelle repose sur la probabilité d'une correspondance fortuite, calculée en utilisant des fréquences alléliques dans la population. L'augmentation du nombre de marqueurs analysés (ex: 10 marqueurs) réduit cette probabilité à 1 sur plusieurs centaines de milliards, permettant une identification "quasi formelle".
Bilan
- Le génome humain contient entre 30 000 et 40 000 gènes.
- Malgré ce nombre, l'épissage alternatif et d'autres modifications post-transcriptionnelles permettent la production de plus de 100 000 protéines différentes.
- La régulation de l'expression génique est complexe et essentielle à la différenciation cellulaire et à l'adaptation aux conditions environnementales.
L'Hérédité à l'Échelle Moléculaire : La Génétique Moléculaire et le Génie Génétique
La génétique moléculaire étudie la nature, la structure et la fonction des gènes au niveau moléculaire, ainsi que les mécanismes par lesquels l'information génétique est transmise et exprimée. Elle explore comment l'ADN, l'ARN et les protéines interagissent pour contrôler les processus biologiques. Le génie génétique, ou modification génétique, est une application pratique de la génétique moléculaire qui implique la manipulation directe du génome d'un organisme en utilisant la biotechnologie pour modifier l'ADN d'un organisme.
Découvertes Fondamentales en Génétique Moléculaire
Pionniers et leurs Contributions
-
1928 – Frederick Griffith
- Décrit le existence d'un principe transformant responsable de la conversion de pneumocoques non pathogènes (souche R, sans capsule) en pathogènes (souche S, avec capsule).
- L'absence de capsule dans la souche R est due à une mutation affectant la synthèse de l'enveloppe de polysaccharides.
-
1929 – Phoebus Levene
- Identifie le 2-désoxyribose comme le sucre dans l'acide thymonucléique. À cette époque, les protéines étaient encore considérées comme les meilleurs candidats pour véhiculer l'information génétique.
-
1941 – Beadle & Tatum
- Utilisant le champignon Neurospora crassa, ils démontrent que chaque déficience génétique (mutant) ségrège de manière mendélienne.
- Proposent l'hypothèse "un gène → une enzyme", signifiant que les gènes contrôlent la synthèse des enzymes.
- Leurs travaux (Prix Nobel 1958) ont notamment porté sur la voie de synthèse de l'arginine.
- Exemple : Croissance de mutants de Neurospora crassa selon les précurseurs de l'arginine.
Type de souche Milieu minimum MM + ornithine MM + citrulline MM + arginine Sauvage + + + + I (mutation dans le gène A) – – – + II (mutation dans le gène B) – – + + III (mutation dans le gène C) – + + +
-
1944 – Avery, McLeod & McCarty
- Décèlent que le principe transformant est l'ADN et non une protéine.
- Le facteur transformant résiste à la dénaturation des protéines et est insensible aux enzymes dégradant les protéines et l'ARN.
- Expérience :
- Extraction de lipides et glucides de cellules S tuées par la chaleur, laissant protéines, ARN et ADN.
- Traitement de la solution avec des enzymes destructrices de protéines, ARN ou ADN.
- Ajout de chaque échantillon à une culture de cellules R et observation de la transformation.
- Conclusion : La transformation ne se produit pas en l'absence d'ADN, confirmant qu'il est le matériel héréditaire.
-
1949 – Erwin Chargaff
- Observe que les rapports (A+T)/(C+G) sont variables selon l'espèce, mais constants pour une espèce donnée.
- Découvre que les rapports A/T et C/G sont constants et proches de 1 pour toutes les espèces. Ce sont les règles de Chargaff.
- Présente des données sur les pourcentages de bases dans différentes espèces.
-
1951-1952 – Rosalind Franklin, Maurice Wilkins, Raymond Gosling
- Utilisent la diffraction des rayons X pour étudier la structure de l'ADN.
- La Photo 51 de Rosalind Franklin est cruciale pour élucider la structure hélicoïdale, montrant la forme B de l'ADN.
- Identifient les formes A (déshydratée) et B (hydratée) de l'ADN, caractérisées par des dimensions spécifiques révélées par les clichés de diffraction.
-
1952 – Hershey et Chase
- Confirment l'importance de l'ADN dans la reproduction du bactériophage T2.
- Expérience : Marquent l'ADN avec du phosphore-32 (P) et les protéines avec du soufre-35 (S). Les phages radioactifs infectent des bactéries; seul l'ADN (P) est retrouvé dans les cellules infectées, transmettant l'information génétique.
-
1953 – Watson et Crick
- Proposent la structure en double hélice de l'ADN en s'appuyant sur les travaux de :
- La composition chimique de l'ADN (désoxyribose, bases azotées, groupements phosphate).
- Les clichés de diffraction aux rayons X de Franklin et Wilkins (figure en croix, diamètre de 20 Å).
- Les règles de Chargaff (A=T, C=G).
- Leur modèle décrit deux chaînes de désoxyribose-phosphate enroulées autour du même axe, les bases étant à l'intérieur et les phosphates à l'extérieur.
- L'appariement spécifique des bases (Adénine avec Thymine, Guanine avec Cytosine) est un élément clé de la structure.
- Citation célèbre : « Il n'a pas échappé à notre attention que l'appariement spécifique des bases que nous avons postulé suggère immédiatement un mécanisme possible de réplication du matériel génétique. »
- Caractéristiques de la double hélice :
- Double brin hélicoïdal.
- 10 paires de bases par pas d'hélice.
- 0,34 nm entre deux paires de bases.
- Chaînes reliées par des liaisons hydrogène entre les bases.
- Séquence des bases non restreinte sur un brin, mais complémentaire sur l'autre.
- Reçoivent le Prix Nobel (avec Wilkins) en 1962 pour la découverte de la structure de l'ADN.
- Proposent la structure en double hélice de l'ADN en s'appuyant sur les travaux de :
-
1958 – Francis Crick
- Formule le Dogme Central de la Biologie Moléculaire, décrivant le flux d'information : ADN → ARN → protéines.
-
1958 – Meselson et Stahl
- Démontrent la réplication semi-conservative de l'ADN.
- Expérience :
- Culture de bactéries dans un milieu avec de l'azote lourd (N), marquant l'ADN parental.
- Transfert dans un milieu avec de l'azote léger (N) pour les générations suivantes.
- Extraction de l'ADN à différents moments et ultracentrifugation dans une solution de chlorure de césium pour estimer la densité.
- Résultats :
- Génération F1 : une seule bande d'ADN hybride (N/N).
- Génération F2 : deux bandes, une hybride et une légère (N/N).
- Conclusion : Chaque molécule d'ADN fille contient un brin parental (lourd) et un brin nouvellement synthétisé (léger).
-
1960 – Jacob et Monod
- Démontrent l'existence d'un intermédiaire entre l'ADN et les protéines, qui sera identifié comme l'ARN messager (ARNm). (Prix Nobel 1965 avec Lwoff)
-
1961 – Nirenberg et Matthaei
- Décryptent le code génétique. (Nirenberg reçoit le Prix Nobel en 1968)
- Le code génétique est un ensemble de règles qui définissent la traduction d'une séquence nucléotidique en une séquence d'acides aminés.
Le Code Génétique
- Chaque codon (triplet de nucléotides) sur l'ARNm spécifie un acide aminé.
- Nombre de triplets possibles : .
- Nombre d'acides aminés : 20.
- Caractéristiques du code :
- Spécifique : Un codon ne code que pour un seul acide aminé.
- Dégénéré (ou redondant) : Plusieurs codons peuvent spécifier le même acide aminé.
- Ponctué : La lecture est séquentielle, sans chevauchement.
- Universel : Le même code est utilisé par la quasi-totalité des êtres vivants (avec quelques exceptions mineures).
- Le codon AUG code pour la Méthionine (Met) et est le codon d'initiation.
- Les codons UAA, UAG, UGA sont des codons STOP, signalant la fin de la traduction.
- L'universalité du code rend possible le génie génétique, permettant le transfert de gènes entre espèces.
Génie Génétique
Le génie génétique est l'ensemble des techniques permettant de manipuler, isoler, modifier et introduire de nouveaux gènes dans un organisme. Les applications sont vastes, depuis la production de protéines thérapeutiques jusqu'à la création d'organismes génétiquement modifiés (OGM).
Applications du Génie Génétique
- Production de grandes quantités de protéines rares (hormones, enzymes, interférons, etc.).
- Création de variétés de plantes ou d'animaux avec de nouvelles caractéristiques (résistance aux herbicides, amélioration de la croissance, résistance au gel ou à la salinité, etc.), appelés OGM.
Outils et Techniques du Génie Génétique
Pour manipuler les gènes, plusieurs outils sont nécessaires :
-
Enzymes de restriction (les "ciseaux")
- Découpent l'ADN à des séquences spécifiques (sites de restriction), généralement des palindromes de 4 à 10 paires de bases.
- D'origine bactérienne, elles protègent les bactéries contre les virus.
- Peuvent générer :
- Des extrémités franches (clivage symétrique) : les fragments ne s'adhèrent pas facilement.
- Des extrémités cohésives ou "bouts collants" (clivage asymétrique) : des brins d'ADN peuvent être greffés ensemble.
-
Ligases (la "colle")
- Enzymes qui lient les fragments d'ADN, notamment aux "bouts collants", pour former de l'ADN recombinant.
-
Transcriptase inverse
- Enzyme présente dans les rétrovirus, capable de synthétiser de l'ADN à partir d'un ARN messager (ARNm).
- Permet de créer des copies d'ADN (ADNc) ne contenant que les séquences codantes (exons), facilitant le transfert de gènes dans des bactéries.
-
Électrophorèse
- Technique de séparation de molécules chargées en fonction de leur taille dans un champ électrique.
- Les petits fragments migrent plus rapidement.
- Permet de déterminer la taille des fragments d'ADN en les comparant à des étalons.
-
Sondes
- Séquences d'ADN simple brin, marquées (souvent radioactivement), complémentaires du fragment d'ADN recherché.
- Utilisées pour "pêcher" des séquences spécifiques après dénaturation de l'ADN (séparation des brins) et visualisation par autoradiographie.
Clonage de Gènes
Technique de multiplication de fragments d'ADN spécifiques pour en obtenir une quantité suffisante.
- Utilisation de plasmides (molécules d'ADN circulaire) comme vecteurs.
- Processus :
- L'ADN cible et les plasmides sont découpés avec la même enzyme de restriction.
- Ligation des fragments d'ADN et des plasmides pour créer des plasmides recombinants.
- Introduction des plasmides recombinants dans des bactéries (ex: E. coli).
- Sélection des bactéries transformées (ayant intégré le plasmide, souvent via un gène de résistance à un antibiotique).
- Culture des bactéries transformées pour produire des colonies contenant le gène cloné.
- Identification des colonies d'intérêt par des sondes marquées.
Séquençage de l'ADN (Méthode Sanger)
Détermination de l'ordre des nucléotides dans une molécule d'ADN. La méthode enzymatique utilise l'ADN polymérase et des didésoxynucléotides (ddNTP).
- Principe : Les ddNTP, incorporés aléatoirement, bloquent l'élongation de la chaîne d'ADN.
- Processus :
- Préparation d'ADN monocaténaire.
- Hybridation d'une amorce.
- Réaction dans 4 tubes séparés, chacun contenant :
- ADN polymérase.
- Les 4 désoxynucléotides classiques (dATP, dTTP, dCTP, dGTP).
- Un ddNTP spécifique (ddA, ddT, ddC, ddG) en faible quantité.
- Les ddNTP entraînent l'arrêt de l'élongation, produisant des fragments de tailles différentes.
- Dénaturation de l'ADN et séparation des fragments par électrophorèse sur gel.
- La lecture de la séquence se fait en remontant le gel, du fragment le plus court au plus long.
Réaction en Chaîne par Polymérase (PCR)
Amplification rapide d'un fragment d'ADN donné.
- Consiste en une répétition de cycles, chacun avec 3 étapes :
- Dénaturation : Séparation de l'ADN double brin en deux brins simples par chauffage.
- Hybridation (ou "annelage") : Les amorces se fixent aux extrémités de la séquence cible.
- Élongation : L'ADN polymérase (Taq polymérase, thermostable) synthétise de nouveaux brins à partir des amorces.
- Après plusieurs cycles, on obtient une amplification exponentielle des amplicons (séquences cibles).
Transgenèse
Introduction d'un gène d'une cellule dans le génome d'une autre cellule, parfois d'une autre espèce.
- Permet de faire produire des protéines d'intérêt (comme l'insuline par des bactéries) ou de créer des OGM (ex: fraises résistantes au froid).
- Processus pour les plantes :
- Extraction de l'ADN et découpage du "gène d'intérêt" avec des enzymes de restriction.
- Insertion du gène d'intérêt dans un plasmide, avec un marqueur et un promoteur pour l'expression.
- Introduction du plasmide modifié dans une bactérie (souvent E. coli ou Agrobacterium tumefaciens).
- Transfert du gène aux cellules végétales (via Agrobacterium ou microbilles de tungstène).
- Culture du tissu végétal modifié pour générer des plantes transgéniques.
Empreinte Génétique (DNA Fingerprinting)
Technique d'identification basée sur la variabilité des séquences répétitives non codantes de l'ADN (mini- ou micro-satellites).
- Découverte par Alec Jeffreys en 1985.
- La technique "Southern blotting" est utilisée :
- Découpage de l'ADN par des enzymes de restriction produisant des fragments de tailles variables selon le nombre de répétitions.
- Séparation des fragments par électrophorèse sur gel.
- Transfert sur une membrane.
- Hybridation avec une sonde radiomarquée spécifique des régions répétitives.
- Visualisation d'un motif unique (bandes ressemblant à un code-barres).
- Utilisation en criminalistique :
- Permet d'exclure formellement un individu si les profils ne concordent pas.
- En cas de compatibilité parfaite, la conclusion est statistique (probabilité de correspondance fortuite), non une identification formelle, car même un profil partiel peut exister chez d'autres individus.
- L'augmentation du nombre de marqueurs analysés (ex: 10 marqueurs) réduit considérablement la probabilité de correspondance fortuite à 1 sur plusieurs centaines de milliards, permettant une identification "quasi formelle".
Synthèse des Protéines
La synthèse des protéines est le processus par lequel les cellules construisent des protéines à partir d'informations génétiques codées dans l'ADN. Ce processus comprend deux étapes principales : la transcription et la traduction.
Concept de base
- L'information génétique est stockée dans l'ADN, situé dans le noyau chez les eucaryotes.
- La synthèse des protéines a lieu dans le cytoplasme, au niveau des ribosomes.
- L'ADN ne quitte pas le noyau ; l'information est copiée sous forme d'ARN messager (ARNm) pour être transportée.
L'Acide Ribonucléique (ARN)
- Constitué de ribose (sucre) au lieu de désoxyribose (ADN).
- Contient la base azotée Uracile (U) à la place de la Thymine (T) ; U s'apparie toujours avec A.
- Généralement monocaténaire, plus court et moins stable que l'ADN.
- Certains segments peuvent se replier et s'apparier sur eux-mêmes.
Transcription (ADN → ARNm)
Copie du gène (ADN) en une molécule d'ARN, catalysée par l'ARN polymérase.
- L'ARN polymérase se fixe sur l'ADN au niveau d'une séquence spécifique appelée promoteur, juste avant le début du gène.
- Le promoteur indique :
- Le début du gène à transcrire.
- Le brin d'ADN à utiliser comme matrice.
- L'ARN polymérase assemble le brin d'ARN dans la direction 5' → 3'.
- Plusieurs ARN polymérases peuvent transcrire le même gène simultanément, produisant plusieurs copies d'ARNm.
- Une fois la transcription terminée, l'ARNm se détache et l'ADN se referme.
Les Gènes ne Codent Pas Tous pour des Protéines
Un gène est défini comme un brin d'ADN copié en ARN. Il existe différents types d'ARN :
- ARNm (ARN messager) : Code pour la synthèse des protéines.
- ARNr (ARN ribosomal) : Constituant des ribosomes, synthétisé à partir de gènes spéciaux (souvent en plusieurs copies).
- ARNt (ARN de transfert) : Molécules qui transportent les acides aminés vers les ribosomes. Synthétisé à partir de gènes spécifiques.
Ainsi, certains gènes codent pour des ARNr ou ARNt et ne sont pas traduits en protéines.
Ribosomes (la "machine à assembler")
- Plus petites structures cellulaires, visibles uniquement au microscope électronique.
- Composés de deux sous-unités (grande et petite), chacune d'un mélange d'ARNr (~60%) et de protéines (~40%).
- Les sous-unités sont synthétisées dans le ou les nucléoles (chez les eucaryotes).
ARNt (molécules de transfert)
- Brin d'ARN qui se replie sur lui-même en structure 3D (ressemblant à un trèfle).
- Possède une extrémité 3' (CCA) capable de se lier à un acide aminé.
- Contient un anticodon (trois nucléotides spécifiques) qui s'apparie avec un codon de l'ARNm.
- Chaque ARNt transporte un acide aminé spécifique, défini par son anticodon.
- L'enzyme aminoacyl-ARNt synthétase est responsable de l'attachement correct de l'acide aminé à son ARNt correspondant. Son site actif reconnaît un acide aminé particulier et un anticodon particulier.
Traduction (ARNm → Protéine)
Assemblage des acides aminés en une protéine, guidé par l'ARNm et réalisé par les ribosomes, les ARNt et les acides aminés.
- Processus :
- L'ARNm se fixe à la petite sous-unité ribosomale, puis la grande sous-unité s'y fixe.
- Deux sites de fixation sur le ribosome (site P et site A) peuvent accueillir des ARNt.
- Un ARNt initiateur (portant la méthionine, avec l'anticodon UAC) se fixe au codon d'initiation AUG de l'ARNm (site P).
- Un second ARNt se fixe au codon suivant (site A).
- Le ribosome catalyse la formation d'une liaison peptidique entre les deux acides aminés.
- Le premier ARNt est libéré.
- Le ribosome se déplace de trois nucléotides (un codon), déplaçant le polypeptide en croissance vers le site P, et libérant le site A pour un nouvel ARNt.
- Ce processus se répète jusqu'à ce que le ribosome rencontre un codon STOP (UAA, UAG, UGA).
- Un facteur de terminaison se fixe au codon STOP, entraînant la libération du polypeptide, la séparation de l'ARNm et la dissociation du ribosome en ses deux sous-unités.
- Vitesse de synthèse : ~5 acides aminés/seconde chez E. coli, ~16 acides aminés/seconde chez les eucaryotes.
- Le polypeptide synthétisé entre dans le réticulum endoplasmique, où il prend sa conformation finale.
Chaque triplet de nucléotides sur l'ADN correspond à un codon de l'ARNm, qui correspond à un anticodon spécifique de l'ARNt, qui lui-même correspond à un acide aminé spécifique. Ainsi, chaque triplet de nucléotides sur l'ADN correspond à un acide aminé.
Mutations
Les mutations sont des modifications de l'information génétique (ADN) et peuvent avoir des conséquences diverses sur l'organisme.
Types de Mutations
-
Mutations chromosomiques : Altérations à grande échelle affectant des chromosomes entiers ou de larges segments.
- Changement du nombre de copies de chromosomes :
- Polyploïdie : Surplus de lots complets de chromosomes (ex: 3n, 4n).
- Aneuploïdie : Modification d'une partie seulement du lot chromosomique (ex: trisomie 21).
- Altérations de la structure des chromosomes :
- Délétion : Suppression d'un fragment chromosomique.
- Duplication : Recopie et insertion d'un fragment de chromosome.
- Inversion : Inversion de l'orientation d'un fragment chromosomique.
- Translocation : Rattachement d'un fragment de chromosome à un chromosome non homologue.
- Changement du nombre de copies de chromosomes :
-
Mutations ponctuelles : Anomalies dans la séquence des nucléotides, affectant un ou quelques paires de bases.
- Substitution : Remplacement d'un nucléotide par un autre.
- Mutation faux-sens : Entraîne le remplacement d'un acide aminé par un autre. L'impact varie de minime à sévère.
- Mutation non-sens : Convertit un codon d'acide aminé en un codon STOP, entraînant un arrêt prématuré de la synthèse protéique et souvent une protéine tronquée et non fonctionnelle.
- Mutation silencieuse : La substitution ne change pas l'acide aminé codé en raison de la dégénérescence du code génétique. (pas d'effet sur la protéine)
- Insertion : Ajout d'un ou plusieurs nucléotides.
- Délétion : Retrait d'un ou plusieurs nucléotides.
- Les insertions et les délétions (autres que des multiples de 3 nucléotides) entraînent un décalage du cadre de lecture (mutation frameshift), modifiant toute la séquence d'acides aminés en aval et produisant généralement une protéine non fonctionnelle.
- Substitution : Remplacement d'un nucléotide par un autre.
Causes des Mutations
- Erreurs lors de la réplication de l'ADN ou de la reproduction cellulaire.
- Substances chimiques toxiques (substances mutagènes).
- Radiations nocives (rayons X, UV).
Conséquences des Mutations
- Peu ou pas d'effet si la modification n'altère pas la fonction protéique (ex: mutation silencieuse) ou si la protéine mutée conserve une fonction suffisante.
- Diminution ou suppression de l'efficacité de la protéine, pouvant entraîner des maladies génétiques.
- Rarement, confère une nouvelle propriété bénéfique (ex: enzyme plus efficace ou nouvelle fonction catalytique).
- Une mutation n'est héréditaire que si elle survient dans un gamète ou dans une cellule qui forme des gamètes.
- Des mutations provoquant un dérèglement de la reproduction cellulaire peuvent entraîner le cancer.
Introns et Exons
Toute la séquence d'ADN d'une cellule n'est pas codante. Il existe des régions non codantes à l'intérieur des gènes (introns) ou entre les gènes.
- Exons : Séquences codantes du gène.
- Introns : Séquences non codantes à l'intérieur des gènes, découvertes par P. A. Sharp et R. Roberts (Prix Nobel 1993).
- La taille des introns est très variable (de 31 à 210 000 bases), représentant parfois une très grande partie d'un gène (ex: jusqu'à 99,3% pour le gène DMD).
Processus d'Épissage (chez les Eucaryotes)
- Lors de la transcription, l'intégralité du gène (introns + exons) est copiée en un pré-ARNm.
- Ce pré-ARNm subit ensuite des modifications post-transcriptionnelles, notamment l'épissage de l'ARN, qui consiste à exciser les introns et à lier les exons ensemble pour former l'ARNm mature.
- Importance : Environ 20% des maladies génétiques sont dues à des erreurs d'épissage.
- L'épissage alternatif permet à un même gène, par épissages différents, de produire plusieurs protéines distinctes. Ceci explique pourquoi l'homme a moins de gènes qu'il n'y a de protéines différentes.
- Note : Les mécanismes d'épissage n'existent pas chez tous les procaryotes. L'introduction d'un gène d'eucaryote contenant des introns dans une bactérie peut empêcher la synthèse correcte de la protéine, car la bactérie ne pourra pas les éliminer.
Autres Modifications de l'ARNm
- Coiffe 5' : Ajout d'une guanosine modifiée à l'extrémité 5' de l'ARNm, protégeant contre la dégradation enzymatique et servant de point d'attache au ribosome.
- Queue poly-A : Ajout de 150 à 200 nucléotides adénosine à l'extrémité 3', protégeant également l'ARNm.
Régulation de l'Expression des Gènes
Tous les gènes ne sont pas exprimés dans chaque cellule ou à tout moment. L'expression génique est finement régulée.
Types de Gènes selon leur Expression
- Gènes de maintenance (ou constitutifs) : Exprimés en permanence, ils codent pour des produits essentiels au fonctionnement cellulaire (ARNr, ARNt, ARN polymérases, etc.).
- Gènes régulés : Exprimés uniquement sous certaines conditions, en réponse à des signaux environnementaux ou internes.
Mécanismes de Régulation (Exemple chez les Procaryotes)
L'expression des gènes régulés est souvent contrôlée par des systèmes d'opérons et des protéines régulatrices.
- Opéron : Groupe de gènes dont l'expression est contrôlée de manière coordonnée par un promoteur et un ou plusieurs opérateurs. Ces gènes sont transcrits en un seul ARNm.
-
Contrôle négatif (par répresseur) :
- Un répresseur est une protéine qui se lie à l'opérateur (une séquence d'ADN près du promoteur) et empêche l'ARN polymérase de transcrire les gènes.
- Protéines répressibles : Le répresseur est inactif tant qu'il n'est pas activé par un corépresseur (molécule souvent le produit final de la voie métabolique que l'opéron contrôle). L'activation du répresseur bloque la transcription. Ex: Opéron tryptophane.
- Protéines inductibles : Le répresseur est actif et bloque la transcription. Un inducteur se lie au répresseur, l'inactive et permet la transcription. Ex: Opéron lactose.
-
Contrôle positif (par activateur) :
- Un activateur est une protéine qui se lie à l'initiateur (une séquence d'ADN près du promoteur) et facilite la fixation de l'ARN polymérase, augmentant la transcription.
- Protéines répressibles : L'activateur est actif et stimule la transcription. Un corépresseur se lie à l'activateur, l'inactive et réduit la transcription.
- Protéines inductibles : L'activateur est inactif initialement. Un inducteur se lie à l'activateur, l'active et stimule la transcription.
Nombre de Gènes dans Différents Organismes
- Humain : entre 30 000 et 40 000 gènes.
- Arabidopsis thaliana (petite plante) : 25 000 gènes.
- C. elegans (nématode) : 19 000 gènes.
- Drosophile : 13 600 gènes.
Points Clés
- Le gène est l'unité fondamentale de l'hérédité, dont la nature et la fonction ont été élucidées au fil de découvertes majeures.
- L'ADN est le support de l'information génétique, caractérisée par sa structure en double hélice.
- Le flux de l'information génétique suit le dogme central : ADN → ARN → Protéine.
- Les techniques de génie génétique permettent de manipuler l'ADN pour des applications scientifiques, médicales et agricoles.
- Les mutations sont des changements dans l'ADN pouvant affecter les protéines et avoir diverses conséquences.
- L'expression génique est un processus complexe régulé à différents niveaux, notamment par l'épissage des ARN et des boucles de rétrocontrôle.
Hérédité Moléculaire et Synthèse des Protéines
Ce document explore l'hérédité au niveau moléculaire, couvrant les découvertes clés qui ont jalonné la compréhension du gène, la structure de l'ADN, la synthèse des protéines et la régulation de l'expression génique.
La Nature du Matériel Génétique : ADN ou Protéine ?
Historiquement, la nature de l'information génétique a été un sujet de débat, avec l'ADN et les protéines comme principaux candidats.
Expérience de Griffith (1928)
- Frederick Griffith a décrit le "principe transformant".
- Il a observé la transformation de pneumocoques de la souche R (rough, non pathogène) en souche S (smooth, pathogène) in vivo.
- La souche S possède une capsule de polysaccharides, absente chez la souche R à cause d'une mutation enzymatique.
- Cette transformation a prouvé qu'une substance transférable pouvait altérer le phénotype des bactéries.
Identification du Désoxyribose (1929)
- Phoebus Levene : a identifié le 2-désoxyribose dans l'acide thymonucléique.
- À cette époque, les protéines étaient encore considérées comme les meilleurs candidats pour stocker l'information génétique.
Hypothèse "Un gène, une enzyme" de Beadle et Tatum (1941)
- Modèle d'étude : le champignon Neurospora crassa.
- Beadle et Tatum ont montré que chaque déficience analysée dans leurs mutants ségrégeait de manière mendélienne.
- Ils ont émis l'hypothèse qu'un gène est responsable de la synthèse d'une enzyme spécifique.
Leur expérience reposait sur l'étude de mutants incapables de synthétiser l'arginine :
Type de souche Milieu minimum MM + ornithine MM + citrulline MM + arginine sauvage + + + + I (mutation dans le gène A) – – – + II (mutation dans le gène B) – – + + III (mutation dans le gène C) – + + + Cette table montre que différentes mutations bloquent la synthèse de l'arginine à différentes étapes de la voie métabolique, suggérant l'existence d'un gène pour chaque enzyme impliquée.
Expérience d'Avery, McLeod et McCarty (1944)
- Purification du facteur transformant des années 1935.
- Ils ont démontré que le principe transformant n'était pas une protéine mais de l'ADN.
- Tests :
- Le facteur transformant résistait aux températures de dénaturation des protéines.
- Les tests colorimétriques n'ont révélé ni protéines ni ARN, mais seulement de l'ADN purifié.
- Les tests enzymatiques ont montré que le principe transformant était insensible aux enzymes dégradant les protéines et l'ARN, mais sensible aux DNase.
- Conclusion : la transformation ne peut avoir lieu que si l'ADN est présent ; l'ADN est donc le matériel héréditaire.
Règles de Chargaff (1949)
- Erwin Chargaff a montré que le rapport A+T/C+G varie selon les espèces, mais est constant chez les membres d'une même espèce.
- Il a également observé que le rapport A/T et C/G est quasiment égal à 1 chez toutes les espèces étudiées.
Contributions de Rosalind Franklin (1951-1952)
- Rosalind Franklin et son équipe (Maurice Wilkins, Raymond Gosling) ont réalisé des clichés de diffraction aux rayons X de l'ADN.
- Ces clichés ont révélé la nature hélicoïdale de l'ADN, en distinguant les formes A et B.
- La célèbre "Photo 51" (1952) a fourni des indices cruciaux sur les dimensions et la structure hélicoïdale de l'ADN (forme B).
Expérience de Hershey et Chase (1952)
- Modèle expérimental : bactériophage T2.
- Ils ont utilisé des bactériophages marqués spécifiquement soit avec du soufre radioactif (S) pour les protéines, soit avec du phosphore radioactif (P) pour l'ADN.
- L'infection bactérienne par des phages marqués a montré que seul le P (ADN) entrait dans les bactéries et était transmis à la progéniture.
- Conclusion : l'ADN est le matériel génétique du bactériophage.
La Structure de l'ADN : Double Hélice
Watson et Crick (1953)
- James Watson et Francis Crick, travaillant au Cavendish Laboratory, ont proposé un modèle de la double hélice de l'ADN.
- Leur modèle s'est basé sur :
- La composition chimique de l'ADN (désoxyribose, bases azotées, phosphate).
- Les clichés de diffraction aux rayons X de Rosalind Franklin et Maurice Wilkins.
- Les analyses de microscopie électronique (diamètre de 20 Å suggérant deux chaînes).
- Les règles d'appariement de Chargaff (A=T, C=G).
- Caractéristiques du modèle de la double hélice :
- L'ADN est une hélice à double brin.
- Les liaisons hydrogènes entre les bases maintiennent les deux chaînes ensemble (A avec T, C avec G).
- Les phosphates et les sucres sont à l'extérieur, les bases à l'intérieur.
- Les deux chaînes sont anti-parallèles et suivent des hélices droites.
- Il y a 10 paires de bases par tour d'hélice ( nm nm par paire de bases).
- L'ordre des bases sur une chaîne n'est pas restreint, mais détermine l'ordre sur l'autre chaîne.
- « Il n'a pas échappé à notre attention que l'appariement spécifique des bases que nous avons postulé suggère immédiatement un mécanisme possible de réplication du matériel génétique ».
- Watson, Crick et Wilkins ont reçu le prix Nobel en 1962 pour cette découverte.
De l'ADN aux Protéines : Le Dogme Central et le Code Génétique
Le Dogme Central de la Biologie Moléculaire (1958)
- Francis Crick a baptisé l'idée d'un flux d'information de l'ADN vers l'ARN puis vers les protéines comme le "Dogme Central".
Expérience de Meselson et Stahl (1958)
- Ils ont démontré que la réplication de l'ADN est semi-conservative.
- Utilisation d'un milieu au chlorure de césium pour créer un gradient de densité par ultracentrifugation.
- Bactéries cultivées dans un milieu contenant de l'azote lourd (N), puis transférées dans un milieu à l'azote léger (N).
- L'analyse de l'ADN à différentes générations a montré une bande hybride (lourd/léger) en F1, puis une bande hybride et une bande légère en F2.
Découverte de l'ARN messager (1960)
- Jacob, Monod et Lwoff ont démontré l'existence d'un intermédiaire entre l'ADN et les protéines, l'ARN messager (ARNm).
- Ils ont reçu le prix Nobel de Médecine et de Physiologie en 1965.
Décryptage du Code Génétique (1961)
- Nirenberg et Matthaei ont décrypté le code génétique.
- Ils ont montré que combinaisons de codons étaient possibles pour les 20 acides aminés.
- Le code génétique est :
- Spécifique : chaque codon code un acide aminé ou un signal.
- Dégénéré : plusieurs codons peuvent coder le même acide aminé.
- Non chevauchant et ponctué.
- Universel : c'est le même pour presque tous les êtres vivants (avec quelques exceptions mineures).
- Le codon AUG (méthionine) est le codon d'initiation.
- Les codons UAA, UAG, UGA sont des codons STOP.
- Nirenberg a reçu le prix Nobel en 1968.
Les Outils du Génie Génétique et leurs Applications
Le génie génétique permet de manipuler les gènes pour diverses applications.
Applications du Génie Génétique
- Production à grande échelle de protéines rares (hormones, enzymes, interférons).
- Création d'organismes génétiquement modifiés (OGM) avec de nouvelles caractéristiques (résistance aux herbicides, croissance améliorée, résistance au gel ou à la salinité).
Outils Clés
- Enzymes de restriction (les "ciseaux") :
- Découpent l'ADN à des sites spécifiques (palindromes de 4 à 10 paires de bases).
- Peuvent générer des extrémités franches ou des "bouts collants" (asymétriques) facilitant le ligaturage.
- Constituent un moyen de défense des bactéries contre les virus.
- Transcriptase inverse :
- Enzyme virale qui transcrit l'ARN en ADN (ADNc), utilisée pour cloner des gènes sans introns dans les bactéries.
- Électrophorèse :
- Permet de séparer les fragments d'ADN en fonction de leur taille et de leur charge dans un champ électrique.
- La vitesse de migration est inversement proportionnelle à la taille.
- Sondes :
- Séquences d'ADN simple brin, marquées (radioactivement ou avec fluorochrome), utilisées pour détecter des fragments d'ADN spécifiques après électrophorèse (principe du Southern blotting).
- Ligases (la "colle") :
- Enzymes qui lient les fragments d'ADN ensemble, notamment via les "bouts collants".
Techniques de Manipulation de l'ADN
- Clonage de gènes :
- Utilisation de plasmides (molécules d'ADN circulaire bactérien) comme vecteurs.
- Un gène d'intérêt est inséré dans un plasmide (avec un gène de résistance à un antibiotique pour la sélection).
- Les plasmides recombinés sont introduits dans des bactéries qui les répliquent.
- Les bactéries transformées sont sélectionnées sur milieu antibiotique.
- Séquençage de l'ADN (méthode de Sanger) :
- Basé sur l'activité de l'ADN polymérase et l'utilisation de didésoxynucléotides qui bloquent l'élongation de la chaîne d'ADN.
- Génère des fragments de tailles variées, séparés par électrophorèse, permettant de déterminer la séquence.
- PCR (Réaction en Chaîne par Polymérase) :
- Permet d'amplifier rapidement des quantités importantes d'un fragment d'ADN spécifique.
- Comprend trois étapes répétées : dénaturation de l'ADN, hybridation des amorces, élongation par l'ADN polymérase.
- Transgenèse :
- Introduction d'un gène d'une cellule dans le génome d'une autre.
- Permet de créer des organismes transgéniques, comme des bactéries productrices d'insuline ou des plantes résistantes au froid.
- Les gènes peuvent être introduits via des plasmides (Agrobacterium tumefaciens pour les plantes) ou des microbilles de tungstène.
Empreintes Génétiques
- Alec Jeffreys (1985) a découvert des séquences nucléotidiques répétitives dans les régions non codantes de l'ADN qui varient entre individus.
- Technique du "Southern blotting" couplée à des sondes radiomarquées pour comparer le nombre de répétitions.
- Un profil ADN est un "code-barres" génétique unique.
- Utilisation pour l'identification forensique (affaire Colin Pitchfork, 1986).
- L'interprétation repose sur des probabilités statistiques : la probabilité de correspondance fortuite.
- Ex: 3 marqueurs (TPOX, TH01, VWA) avec des probabilités indépendantes de 0.28, 0.07, 0.05, donnent une probabilité conjointe de (environ 1 chance sur 1020).
- Augmenter le nombre de marqueurs (par exemple, 10 marqueurs) réduit cette probabilité à 1 sur plusieurs centaines de milliards, permettant une identification "quasi formelle".
Synthèse des Protéines : Transcription et Traduction
La synthèse des protéines implique la transcription de l'ADN en ARN et la traduction de l'ARN en protéines.
L'Acide Ribonucléique (ARN)
- L'ARN est l'intermédiaire informationnel entre l'ADN et les protéines.
- Différences avec l'ADN :
- Sucre : ribose (non désoxyribose).
- Base : Uracil (U) remplace la thymine (T) et s'apparie avec l'adénine (A).
- Structure : généralement monocaténaire (une seule chaîne), molécules plus courtes et instables.
- Certains segments peuvent s'apparier s'ils sont complémentaires, formant des structures secondaires en 3D.
Transcription : De l'ADN à l'ARNm
- Processus de copie d'un gène (ADN) en une molécule d'ARN messager (ARNm).
- Catalysée par l'ARN polymérase.
- L'ARN polymérase se fixe sur une séquence d'ADN appelée promoteur, qui indique :
- Le début du gène à transcrire.
- Quel brin d'ADN doit être transcrit.
- La synthèse de l'ARN se fait dans la direction 5' - 3'.
- Plusieurs ARN polymérases peuvent transcrire simultanément un même gène.
Ribosomes : Les Usines à Protéines
- Petites structures cellulaires composées de deux sous-unités (petite et grande).
- Forment un mélange d'ARN ribosomique (ARNr) et de protéines (environ 60% ARNr, 40% protéines).
- Les sous-unités sont synthétisées dans les nucléoles.
- Des gènes spéciaux codent pour l'ARNr (ne codant pas pour des protéines).
ARN de Transfert (ARNt)
- Molécules d'ARN qui transportent les acides aminés vers les ribosomes.
- Chaque ARNt possède :
- Une extrémité 3' (CCA) qui se lie à un acide aminé spécifique.
- Un anticodon : une séquence de trois nucléotides complémentaire à un codon de l'ARNm.
- L'enzyme aminoacyl-ARNt synthétase est responsable de l'ajout du bon acide aminé à l'ARNt correspondant.
- Certains nucléotides de l'ARNt peuvent être "exotiques" (ex: inosine).
Traduction : De l'ARNm aux Protéines
- Processus d'assemblage des acides aminés en une protéine selon la séquence de l'ARNm.
- L'ARNm se fixe à la petite sous-unité du ribosome, puis la grande sous-unité s'assemble.
- Deux sites de liaison pour les ARNt sur le ribosome :
- Site P (peptidyl) : porte l'ARNt avec la chaîne polypeptidique en croissance.
- Site A (aminoacyl) : accueille le nouvel ARNt portant l'acide aminé suivant.
- Liaisons peptidiques entre acides aminés sont catalysées par l'ARNr.
- Le ribosome avance le long de l'ARNm par triplets de nucléotides (codons).
- La synthèse prend fin lorsqu'un codon STOP (UAA, UAG, UGA) est atteint.
- Un facteur de terminaison se fixe au codon STOP, ce qui libère l'ARNm et les sous-unités ribosomiques se dissocient.
- Le polypeptide synthétisé entre souvent dans le réticulum endoplasmique pour maturation.
Mutations et Variations
Les mutations sont des modifications de l'information génétique qui peuvent avoir des conséquences variées.
Types de Mutations
- Mutations chromosomiques : Altération d'un chromosome entier.
- Polyploïdie : Surplus de lots complets de chromosomes.
- Aneuploïdie : Modification d'une partie seulement du lot de chromosomes (ex: trisomie).
- Altérations structurelles :
- Délétion : Suppression d'un fragment de chromosome.
- Duplication : Recopie et insertion d'un fragment.
- Inversion : Retournement d'un fragment.
- Translocation : Rattachement d'un fragment à un autre chromosome non homologue.
- Mutations ponctuelles : Anomalies dans la séquence des nucléotides.
- Substitution : Un nucléotide est remplacé par un autre.
- Peut entraîner une mutation faux-sens (remplacement d'un acide aminé par un autre).
- Peut entraîner une mutation non-sens (un codon devient un codon STOP, arrêtant prématurément la synthèse).
- Délétion : Suppression d'un nucléotide.
- Insertion : Ajout d'un nucléotide.
- Les insertions et délétions entraînent des mutations par décalage de cadre de lecture (mutations de phases), modifiant toutes les séquences d'acides aminés en aval.
- Substitution : Un nucléotide est remplacé par un autre.
Causes et Conséquences des Mutations
- Causes : Erreurs de réplication, agents mutagènes chimiques, radiations (rayons X, UV).
- Effets :
- Peu ou pas d'effet.
- Diminution ou suppression de l'efficacité protéique.
- Rarement, acquisition de nouvelles propriétés (ex: enzyme plus efficace).
- La plupart des mutations sont létales ou dérèglent la cellule, pouvant mener au cancer.
- Une mutation n'est héréditaire que si elle survient dans un gamète ou une cellule germinale.
Structure des Gènes et Épissage
Le génome d'une cellule contient des régions codantes et non-codantes, nécessitant une maturation de l'ARNm.
ADN Non Codant : Introns et Exons
- La majorité de l'ADN n'est pas codante.
- On trouve de l'ADN non codant :
- Entre les gènes codants.
- À l'intérieur des gènes : les introns (INTragenic RegiON, découverts par P. Sharp et R. Roberts en 1993).
- Les introns peuvent représenter une grande partie d'un gène (ex: 99.3% du gène de la dystrophine).
Maturation de l'ARNm (Épissage)
- Lors de la transcription, le gène entier (exons + introns) est copié en pré-ARNm.
- L'épissage est le processus qui élimine les introns du pré-ARNm.
- Autres modifications de l'ARNm :
- Ajout d'une coiffe 5' (guanosine modifiée) : protège contre la dégradation et sert de point d'attache au ribosome.
- Ajout d'une queue poly-A (150-200 adénines) à l'extrémité 3' : protège également contre la dégradation.
- L'épissage peut être alternatif, permettant à un même gène de produire différentes protéines (plus de 100 000 protéines différentes pour 30 000 à 60 000 gènes humains).
- 20% des maladies génétiques sont dues à des erreurs d'épissage.
- Remarque : Les mécanismes d'épissage sont principalement présents chez les eucaryotes. Les bactéries (procaryotes) ne peuvent pas éliminer les introns.
Régulation de l'Expression des Gènes
L'expression des gènes est finement contrôlée, permettant aux cellules de s'adapter et de se spécialiser.
Types de Gènes
- Gènes de maintenance (gènes domestiques) : exprimés en permanence, codent pour des produits essentiels au fonctionnement cellulaire (ARNr, ARNt, polymérases).
- Gènes régulés : exprimés seulement sous certaines conditions, leur expression dépend de l'environnement.
Mécanismes de Régulation (Opérons)
- Chez les procaryotes, les gènes codant pour des enzymes d'une même voie métabolique sont souvent regroupés en opérons.
- Contrôle par un répresseur (Interrupteur "OFF") :
- En l'absence d'inducteur (ex: lactose), une protéine répresseur se lie à l'opérateur et empêche la transcription.
- En présence d'inducteur, ce dernier inactive le répresseur, permettant la transcription.
- Contrôle par un activateur (Interrupteur "ON") :
- Certaines substances agissent comme des activateurs, se liant à une séquence initiatrice près du promoteur et permettant à l'ARN polymérase de transcrire le gène.
- Un corépresseur peut inactiver l'activateur si la molécule à synthétiser est présente en quantité suffisante.
Taille des Génomes
- Le génome humain contient environ 30 000 à 40 000 gènes.
- D'autres organismes ont un nombre de gènes variable :
- Arabidopsis thaliana (une petite plante) : 25 000 gènes.
- C. elegans (nématode) : 19 000 gènes.
- Drosophile : 13 600 gènes.
Hérédité à l'Échelle Moléculaire : Le Gène et ses Fonctions
L'étude des gènes et de la transmission des caractères héréditaires a considérablement évolué, passant d'observations phénotypiques à une compréhension moléculaire approfondie. Cette section retrace les découvertes clés qui ont jalonné cette progression.
1. Le Matériel Héréditaire : ADN ou Protéine ?
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L'Hérédité à l'échelle moléculaire : De la découverte de l'ADN à l'ingénierie génétique
Ce document explore l'évolution de notre compréhension de l'hérédité au niveau moléculaire, depuis les premières observations sur les gènes jusqu'aux techniques modernes d'ingénierie génétique.
1. Le gène : nature et fonction
Dès 1866, l'idée que les gènes se trouvent sur les chromosomes est établie, mais leur nature (protéine ou ADN) reste incertaine.
1.1 Frederick Griffith (1928) : Le principe transformant
Frederick Griffith a décrit la présence d'un "principe transformant" responsable d'un changement de phénotype des pneumocoques R (non pathogènes) en S (pathogènes).
- Les souches S (smooth) possèdent une capsule de polysaccharides protectrice contre le système immunitaire.
- Les souches R (rough), dépourvues de capsule en raison d'une mutation, sont non pathogènes.
L'expérience de Griffith a montré que des bactéries R vivantes, mélangées à des bactéries S tuées par la chaleur, transformaient les bactéries R en S pathogènes, suggérant un transfert d'information génétique.
1.2 Phoebus Levene (1929) : Identification du désoxyribose
- Phoebus Levene a identifié le 2-désoxyribose dans l'acide thymonucléique.
- À cette époque, les protéines étaient encore considérées comme les candidats les plus probables pour véhiculer l'information génétique en raison de leur complexité structurelle.
1.3 Beadle & Tatum (1941) : Un gène → une enzyme
- Utilisant le champignon Neurospora crassa comme modèle d'étude, Beadle et Tatum ont analysé des mutants présentant des déficiences métaboliques.
- Leurs travaux ont montré que chaque déficience ségrégeait de manière mendélienne, indiquant que les gènes contrôlent la synthèse des enzymes.
- Ils ont formulé l'hypothèse d'"un gène → une enzyme", suggérant que chaque gène est responsable de la production d'une protéine spécifique (souvent une enzyme).
| Type de souche | Milieu minimum | MM + ornithine | MM + citrulline | MM + arginine | ||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||
| Sauvage | + | + | + | + | ||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||
| I | – | – |
| Type de souche | Milieu minimum | MM + ornithine | MM + citrulline | MM + arginine |
| sauvage | + | + | + | + |
| I (mutation dans le gène A) | – | – | – | + |
| II (mutation dans le gène B) | – | – | + | + |
| III (mutation dans le gène C) | – | + | + | + |
Les mutants de Classe I ne peuvent pas synthétiser l'ornithine (produit du gène A). Les mutants de Classe II ne peuvent pas synthétiser la citrulline (produit du gène B). Les mutants de Classe III ne peuvent pas synthétiser l'arginine (produit du gène C). Cela démontre une chaîne de biosynthèse et l'implication de gènes spécifiques dans chaque étape.
D. Avery, MacLeod & McCarty (1944) : L'ADN est le Matériel Héréditaire
- Oès le début du 20ème siècle, la question de la nature du support de l'information génétique — protéine ou ADN — était centrale.
- 1928 – Frederick Griffith : Le principe transformant
- Frederick Griffith réalisa des expériences sur les pneumocoques (Streptococcus pneumoniae), démontrant l'existence d'un "principe transformant".
- Il observa que des bactéries non pathogènes de souche R (rough) pouvaient se transformer en bactéries pathogènes de souche S (smooth) en présence d'extraits de souche S tuées par la chaleur.
- La souche S possède une capsule de polysaccharides, absente chez la souche R due à une mutation enzymatique, qui la protège du système immunitaire.
- Cette transformation entraînait un changement de phénotype, mais la nature moléculaire de ce principe restait inconnue.
- 1929 – Phoebus Levene : Identification du désoxyribose dans l'ADN
- Phoebus Levene identifia le 2-désoxyribose comme étant le sucre présent dans l'acide thymonucléique.
- À cette époque, les protéines étaient encore considérées comme les candidats les plus probables pour véhiculer l'information génétique en raison de leur complexité structurelle.
- 1944 – Avery, MacLeod & McCarty : L'ADN est le principe transformant
- Leurs travaux ont consisté à purifier le principe transformant à partir de cellules S tuées.
- Ils ont montré que ce principe résistait aux températures élevées (dénaturation des protéines) et aux enzymes dégradant les protéines et l'ARN.
- Les tests chimiques ont prouvé l'absence de protéines et d'ARN dans le matériel purifié, ne laissant que l'ADN.
- Conclusion : La transformation ne peut avoir lieu qu'en présence d'ADN. L'ADN est donc le matériel héréditaire.
2. Le Rôle des Gènes dans la Synthèse des Enzymes
- 1941 – Beadle & Tatum : "Un gène, une enzyme"
- Ils ont utilisé le champignon Neurospora crassa comme modèle d'étude.
- En analysant des mutants incapables de synthétiser certains acides aminés (comme l'arginine), ils ont montré que chaque déficience suivait une ségrégation mendélienne, suggérant un contrôle génétique.
- Leurs expériences ont démontré que chaque gène contrôlait la synthèse d'une enzyme spécifique. Ce concept est résumé par l'hypothèse "un gène, une enzyme".
-
Croissance de souches de Neurospora crassa sur différents milieux (Source 6) Type de souche Milieu minimum MM + ornithine MM + citrulline MM + arginine sauvage + + + + I – – – + II – – + + III – + + + Ce tableau montre que différents mutants (I, II, III) ont des blocages métaboliques à des étapes distinctes de la voie de synthèse de l'arginine, chaque étape étant contrôlée par une enzyme (et donc un gène).
3. La
– +
Ce tableau illustre comment les différentes classes de mutants ne peuvent croître qu'en présence de certains précurseurs de l'arginine, confirmant l'idée que des mutations dans des gènes spécifiques bloquent des étapes distinctes de la voie de synthèse.
1.4 Avery, McLeod & McCarthy (1944) : L'ADN est le matériel héréditaire
- Ces chercheurs ont purifié le facteur transformant identifié par Griffith.
- Leurs expériences ont démontré que le principe transformant n'était pas une protéine, mais un acide nucléique de type désoxyribonucléique (ADN).
- Preuves :
- Le facteur transformant résistait à la dénaturation protéique par la chaleur.
- Les tests chimiques ne détectaient ni protéines ni ARN, mais seulement de l'ADN purifié.
- Le principe transformant était insensible aux enzymes dégradant les protéines et les ARN, mais était inactivé par la désoxyribonucléase (DNase), qui dégrade l'ADN.
- Conclusion : La transformation ne peut avoir lieu qu'en présence d'ADN ; par conséquent, l'ADN est le matériel héréditaire.
1.5 Erwin Chargaff (1949) : Les règles de Chargaff
- Erwin Chargaff a montré que le rapport A+T/C+G est variable selon les espèces, mais constant pour tous les membres d'une espèce donnée.
- Il a également observé que le rapport A/T et C/G est quasi égal à un chez toutes les espèces étudiées. Ces observations sont devenues les règles de Chargaff.
| Source | Adénine/Guanine | Thymine/Cytosine | Adénine/Thymine | Guanine/Cytosine | Purines/Pyrimidines |
| Bœuf | 1.29 | 1.43 | 1.04 | 1.00 | 1.1 |
| Humain | 1.56 | 1.75 | 1.00 | 1.00 | 1.0 |
| Poulet | 1.45 | 1.29 | 1.06 | 0.91 | 0.99 |
| Sardine | 1.43 | 1.43 | 1.02 | 1.02 | 1.02 |
| Blé | 1.22 | 1.18 | 1.00 | 0.97 | 0.99 |
| Levure | 1.67 | 1.92 | 1.03 | 1.20 | 1.0 |
| Hemophilus influenzae | 1.74 | 1.54 | 1.07 | 0.91 | 1.0 |
| E-coli K2 | 1.05 | 0.95 | 1.09 | 0.99 | 1.0 |
| Avian tubercle bacillus | 0.4 | 0.4 | 1.09 | 1.08 | 1.1 |
| Serratia marcescens | 0.7 | 0.7 | 0.95 | 0.86 | 0.9 |
| Bacillus schatz | 0.7 | 0.6 | 1.12 | 0.89 | 1.0 |
1.6 Rosalind Franklin (1951-1952) : La forme de l'ADN
- En tant que chercheuse au King's College, Rosalind Franklin, avec Maurice Wilkins et Raymond Gosling, a utiliséswald Avery, Colin MacLeod et Maclyn McCarty ont purifié le principe transformant identifié par Griffith.
- Leurs expériences ont prouvé que le principe transformant était l'ADN et non une protéine ou l'ARN.
-
Méthodologie :
- Extraction des lipides et glucides des cellules S tuées par la chaleur.
- Traitement de la solution restante (protéines, ARN, ADN) avec des enzymes spécifiques pour détruire l'une des trois composantes (protéase, RNase, DNase).
- Ajout de chaque échantillon traité à des cultures de cellules R.
- Observation de la transformation en cellules S virulentes.
Conclusion : La transformation ne se produisait pas lorsque l'ADN était détruit, indiquant que l'ADN (et non les protéines ou l'ARN) était le matériel héréditaire.
- Le facteur transformant résistait à la chaleur et aux enzymes dégradant les protéines et l'ARN, mais pas aux DNases.
II. Structure et Propriétés de l'ADN
A. Erwin Chargaff (1949) : Les Règles de Chargaff
- Erwin Chargaff a analysé la composition en bases azotées de l'ADN de diverses espèces.
- Il a montré que le rapport variait entre les espèces, mais était constant au sein d'une même espèce.
- Plus important encore, le rapport et était toujours proche de 1 pour toutes les espèces étudiées ( et ).
-
Données menant aux règles de Chargaff (extrait) :
Source Adénine/Guanine Thymine/Cytosine Adénine/Thymine Guanine/Cytosine Purines/Pyrimidines Humain 1,56 1,75 1,00 1,00 1,0 Bœuf 1,29 1,43 1,04 1,00 1,1 E. coli 1,05 0,95 1,09 0,99 1,0
B. Rosalind Franklin (1951-1952) : Diffraction des Rayons X
- Rosalind Franklin, Maurice Wilkins et Raymond Gosling ont mené des études de diffraction des rayons X sur l'ADN au King's College de Londres.
- Les clichés de diffraction, notamment la célèbre "Photo 51" prise en 1952, ont fourni des informations cruciales sur la structure hélicoïdale de l'ADN.
- Ils ont identifié deux formes d'ADN: la forme A (déshydratée) et la forme B (hydratée).
- Leurs travaux ont révélé des mesures précises du pas de l'hélice (3,4 Å entre les bases, 34 Å par tour) et du diamètre (20 Å) de l'ADN.
C. Hershey et Chase (1952) : Confirmation avec les Bactériophages
- Alfred Hershey et Martha Chase ont utilisé des bactériophages T2 (virus infectant les bactéries) pour Structure de l'ADN
- 1949 – Erwin Chargaff : Les règles de Chargaff
- Erwin Chargaff, biochimiste autrichien émigré aux USA, a étudié la composition en bases azotées de l'ADN.
- Il a montré que le rapport A+T / C+G variait selon les espèces, mais était constant pour une même espèce.
- Plus important, il a découvert que le rapport A/T et C/G était quasiment égal à un ( et ) dans toutes les espèces étudiées. Ces observations furent cruciales pour la détermination de la structure en double hélice.
- 1951-1952 – Rosalind Franklin & Maurice Wilkins : Diffraction des rayons X
- Rosalind Franklin, avec Raymond Gosling et Maurice Wilkins au King's College, a produit des clichés de diffraction des rayons X de l'ADN cristallisé, les plus célèbres étant la "Photo 51".
- Ces clichés ont révélé la nature hélicoïdale de l'ADN et fourni des mesures précises sur ses dimensions (période de répétition de 3,4 Å et 34 Å, diamètre de 20 Å).
- Deux formes d'ADN ont été identifiées : la Forme A et la Forme B. La Forme B, observée en condition d'hydratation élevée, a été la base du modèle de Watson et Crick.
- 1952 – Hershey et Chase : Confirmation de l'ADN comme matériel génétique
- Utilisant le bactériophage T2 comme modèle expérimental, ils ont démontré l'importance de l'ADN dans la reproduction virale.
- Ils ont marqué l'ADN des phages avec du phosphore-32 (P-32) et les protéines avec du soufre-35 (S-35).
- Après l'infection des bactéries, ils ont constaté que c'est le P-32 (ADN) qui pénétrait dans les cellules bactériennes et était transmis à la descendance virale, tandis que la majorité du S-35 (protéines) restait à l'extérieur.
- Ceci a renforcé la preuve que l'ADN est le matériel génétique.
- 1953 – Watson et Crick : La double hélice d'ADN
- James Watson et Francis Crick, travaillant au Cavendish Laboratory de Cambridge, ont proposé un modèle de la structure de l'ADN.
- Leur modèle s'est appuyé sur :
- La composition chimique de l'ADN (désoxyribose, bases azotées, groupements phosphate).
- Les clichés de diffraction aux rayons X de Franklin et Wilkins, indiquant une structure hélicoïdale et un diamètre de 20 Å.
- Les règles de Chargaff ( et ).
- Caractéristiques du modèle de Watson et Crick :
- L'ADN est une double hélice composée de deux brins polynucléotidiques, s'enroulant autour d'un axe commun.
- Les squelettes sucre-phosphate sont à l'extérieur, tandis que les bases azotées sont à l'intérieur de la diffraction des rayons X pour étudier la structure de l'ADN.
- Ses clichés, notamment "Photo 51" (Mai 1952), ont révélé la nature hélicoïdale de l'ADN et des informations cruciales sur ses dimensions, comme la répétition tous les 3,4 Å et 10 bases par tour d'hélice.
- Elle a aussi distingué deux formes principales de l'ADN: la forme A (déshydratée) et la forme B (hydratée, la forme physiologique).
1.7 Hershey & Chase (1952) : Confirmation de l'ADN
- Utilisant des bactériophages T2, Hershey et Chase ont mené une expérience clé pour confirmer que l'ADN est le matériel génétique.
- Ils ont marqué l'ADN des phages avec du phosphore radioactif (P) et leurs protéines avec du soufre radioactif (S).
- En observant quel marqueur était injecté dans les bactéries lors de l'infection et transmis à la descendance virale, ils ont prouvé l'importance de l'ADN dans la reproduction des bactériophages.
- Des phages marqués infectent des bactéries.
- Un mélangeur sépare les phages non attachés des cellules infectées.
- Les cellules et les phages sont séparés par centrifugation.
- Le matériel génétique injecté (P) est retrouvé dans les bactéries et la progéniture virale, tandis que la majorité des protéines (S) reste à l'extérieur des cellules.
1.8 Watson & Crick (1953) : La double hélice
- S'appuyant sur les travaux de Rosalind Franklin, Maurice Wilkins, Erwin Chargaff, et d'autres, James Watson et Francis Crick ont proposé le modèle de la double hélice de l'ADN.
- Éléments clés utilisés :
- La composition chimique de l'ADN (désoxyribose, bases azotées, phosphate).
- Les clichés de diffraction aux rayons X de Franklin et Wilkins montrant une structure hélicoïdale.
- Les règles de Chargaff (A=T, C=G).
- Les analyses en microscopie électronique sur le diamètre de 20 Å de la molécule d'ADN.
- Caractéristiques du modèle :
- L'ADN est une hélice à double brin.
- Les deux chaînes sont antiparallèles.
- Les bases sont à l'intérieur, les phosphates et les sucres à l'extérieur.
- Les deux chaînes sont assemblées par des liaisons hydrogènes spécifiques entre les bases : A-T (2 liaisons) et C-G (3 liaisons).
- Chaque tour de l'hélice contient environ 10 paires de bases, avec une distance de 0,34 nm entre chaque paire de bases.
- La séquence des bases sur une chaîne n'est pas restreinte, mais elle détermine la séquence sur l'autre chaîne (complémentarité).
La publication de Watson et Crick dans Nature (25 avril 1953) suggérait un mécanisme de copie possible du matériel génétique, marquant une avancée majeure en biologie.
2. Le Dogme Central de la Biologie Moléculaire
Le dogme central représente le flux d'information génétique dans les systèmes biologiques.
confirmer que l'ADN est le matériel génétique.
- Ils ont marqué l'ADN des phages avec du phosphore radioactif () et les protéines avec du soufre radioactif ().
- Seul le (ADN) a pénétré les cellules bactériennes et a été retrouvé dans la descendance des phages, prouvant que l'ADN, et non la protéine, était injecté pour la reproduction virale.
- James Watson et Francis Crick, travaillant au laboratoire Cavendish de Cambridge, ont proposé le modèle de la double hélice de l'ADN.
- Leurs travaux ont intégré les données de Chargaff (appariement A-T, C-G), les clichés de diffraction de Franklin et Wilkins (structure hélicoïdale, dimensions), et la composition chimique connue de l'ADN.
-
Caractéristiques du modèle :
- L'ADN est une double hélice formée de deux brins polynucléotidiques.
- Le squelette sucre-phosphate est à l'extérieur, et les bases azotées sont à l'intérieur.
- Les deux chaînes sont liées par des liaisons hydrogène entre les bases complémentaires (A-T avec 2 liaisons H, C-G avec 3 liaisons H).
- Les brins sont antiparallèles (un va de 5' vers 3', l'autre de 3' vers 5').
- Le diamètre de la double hélice est de 20 Å.
- Il y a 10 paires de bases par tour, avec 0,34 nm (3,4 Å) entre deux paires de bases consécutives.
- Cette découverte a été publiée dans la revue Nature et a immédiatement suggéré un mécanisme de réplication possible pour le matériel génétique.
- Watson, Crick et Wilkins ont reçu le prix Nobel de physiologie ou médecine en 1962 pour ces découvertes. Rosalind Franklin, décédée en 1958, n'a pu être récompensée.
- Matthew Meselson et Franklin Stahl ont démontré que la réplication de l'ADN est semi-conservative.
- Ils ont cultivé des bactéries (E. coli) dans un milieu contenant un isotope lourd de l'azote (), puis les ont transférées dans un milieu contenant de l'azote léger ().
- Par ultracentrifugation en gradient de chlorure de césium, ils ont observé que chaque nouvelle molécule d'ADN était un hybride d'un brin parental () et d'un brin nouvellement synthétisé ().
- Cela signifiait que chaque brin de la double hélice servait de matrice pour la synthèse d'un nouveau brin complémentaire.
- François Jacob et Jacques Monod ont démontré l'existence d'un intermédiaire entre l'ADN et les protéines, qu'ils ont appelé ARN messager (ARNm).
- Cette découverte a solidifié le concept du Dogme Central de la Biologie Moléculaire (proposé par Crick en l'hélice.
- Les deux chaînes sont antiparallèles et suivent des hélices droitières.
- Elles sont unies par des liaisons hydrogène spécifiques entre les bases : l'adénine (A) s'apparie avec la thymine (T), et la guanine (G) avec la cytosine (C).
- Il y a 10 paires de bases par tour d'hélice, et la distance entre deux paires de bases est de 0,34 nm.
- La séquence des bases sur un brin détermine la séquence de l'autre brin (complémentarité).
D. Watson et Crick (1953) : La Double Hélice
E. Meselson et Stahl (1958) : Réplication Semi-Conservative
III. Le Code Génétique et l'Expression des Gènes
A. Jacob et Monod (1960) : L'ARNm
- Leur publication dans Nature en 1953 contient la phrase célèbre : "Il n'a pas échappé à notre attention que l'appariement spécifique des bases que nous avons postulé suggère immédiatement un mécanisme possible de réplication du matériel génétique".
- En 1962, Watson, Crick et Wilkins ont reçu le prix Nobel de physiologie et de médecine pour leurs découvertes sur la structure moléculaire des acides nucléiques. Rosalind Franklin, décédée en 1958, n'a pas pu être honorée.
4. Flux de l'Information Génétique et Synthèse Protéique
- 1958 – Francis Crick : Le Dogme Central de la Biologie Moléculaire
- Crick a postulé le "Dogme central de la biologie moléculaire", décrivant le flux d'information génétique : ADN ARN Protéine.
- L'information est stockée dans l'ADN, transcrite en ARN messager (ARNm) qui quitte le noyau, puis traduite en protéine dans le cytoplasme.
- 1958 – Meselson et Stahl : Réplication semi-conservative de l'ADN
- Ils ont prouvé la réplication semi-conservative de l'ADN en utilisant des isotopes lourds (azote-15, $^{15}N) et légers (azote-14, ^{15}N, puis transférées dans un milieu ^{15}N/^{14}N^{14}N/^{14}N). Cela a confirmé que chaque nouveau brin d'ADN est synthétisé à partir d'un brin parental.</li> </ul> <li><b>1960 – Jacob et Monod : Démonstration de l'ARNm</b></li> <ul> <li>Ils ont démontré l'existence d'un intermédiaire entre l'ADN et les protéines, l'<mark>ARN messager (ARNm)</mark>, responsable du transfert de l'information du noyau vers les sites de synthèse protéique dans le cytoplasme.</li> <li>Leurs travaux sur la régulation de l'expression génique (l'opéron lactose) leur ont valu le Prix Nobel avec André Lwoff en 1965.</li> </ul> <li><b>1961 – Nirenberg & Matthaei : Décryptage du code génétique</b></li> <ul> <li>Marshall Nirenberg et Heinrich Matthaei ont réussi à décoder les premiers <mark>codons</mark> (séquences de trois nucléotides) et à les associer à des acides aminés spécifiques.</li> <li>Le2.1 Francis Crick (1958) : Le Dogme Central</h4> <blockquote> <p>Francis Crick a baptisé l'idée d'un flux d'information dans la biosphère le <b>"Dogme Central de la Biologie Moléculaire"</b>.</p> </blockquote> <p>Il décrit le flux d'information de l'ADN → ARN → Protéine.</p> <h4>2.2 Meselson & Stahl (1958) : Réplication semi-conservative de l'ADN</h4> <ul> <li>Utilisant des isotopes lourds de l'azote (^{15}^{14}$N), Meselson et Stahl ont prouvé que la réplication de l'ADN est semi-conservative.
- Méthodologie :
- Culture de bactéries dans un milieu avec N (isotope lourd) pour marquer l'ADN parental.
- Transfert des bactéries dans un milieu avec N (isotope léger) pour les générations suivantes.
- Extraction de l'ADN à différents moments et ultracentrifugation dans une solution de chlorure de césium pour créer un gradient de densité.
- Résultats :
- Génération F1 : une seule bande d'ADN de densité intermédiaire (hybride lourd/léger), confirmant la réplication semi-conservative.
- Génération F2 : deux bandes d'ADN, une hybride et une légère, ce qui invalide les modèles conservatif et dispersif.
- Jacob, Monod et Lwoff ont démontré l'existence d'un intermédiaire entre l'ADN et les protéines, qui sera identifié comme l'ARN messager (ARNm).
- Leurs travaux ont ouvert la voie à la compréhension de la régulation de l'expression génique (opéron lac).
- Marshall Nirenberg et Heinrich Matthaei ont réussi à décrypter le code génétique en utilisant des ARN synthétiques.
- Ils ont découvert que l'ARN poly-U (une séquence d'uracile) produisait une protéine composée uniquement de phénylalanine, révélant ainsi le codon UUU.
- Spécifique : Chaque codon (triplet de nucléotides) code pour un acide aminé spécifique.
- Dégénéré : Plusieurs codons peuvent coder pour le même acide aminé (64 possibilités pour 20 acides aminés).
- Ponctué : La lecture commence à un point précis et se fait par triplets successifs, sans chevauchement.
- Universel : Les mêmes codons spécifient les mêmes acides aminés chez presque tous les organismes vivants (avec de rares exceptions comme les mitochondries).
- Jacob, Monod et André Lwoff ont reçu le prix Nobel en 1965 pour leurs travaux sur les mécanismes de régulation génétique chez les bactéries.
- Marshall Nirenberg et Heinrich Matthaei ont réalisé des expériences cruciales pour décrypter le code génétique.
- Ils ont utilisé des ARN synthétiques (par exemple, poly-U) pour déterminer quels acides aminés étaient codés par des séquences spécifiques de nucléotides.
-
Caractéristiques du code génétique :
- Spécifique : chaque codon code pour un seul acide aminé (ou signal STOP).
- Dégénéré : plusieurs codons peuvent coder pour le même acide aminé (il y a codons possibles pour 20 acides aminés).
- Non chevauchant : les codons sont lus de manière séquentielle, sans chevauchement.
- Ponctué : les codons sont lus sans interruption.
- Universel : le code est le même chez presque tous les organismes vivants (avec quelques exceptions mineures).
- Le codon AUG est le codon d'initiation et code pour la méthionine. Les codons UAA, UAG, UGA sont des codons STOP.
- Nirenberg a reçu le prix Nobel en 1968 pour cette avancée.
- L'ARN (Acide RiboNucléique) est une molécule simple brin, composée de ribose (sucre) au lieu de désoxyribose, et contient de l'uracile (U) à la place de la thymine (T).
- Il existe plusieurs types d'ARN impliqués dans la synthèse des protéines :
- ARNm (ARN messager) : porte l'information génétique de l'ADN aux ribosomes.
- ARNr (ARN ribosomal) : composant structurel et catalytique des ribosomes.
- ARNt (ARN de transfert) : transporte les acides aminés vers les ribosomes.
- La transcription est la copie d'un gène (ADN) en une molécule d'ARN.
- L'ARN polymérase se fixe à une séquence spécifique sur l'ADN appelée promoteur.
- Le promoteur indique le début du gène à transcrire et le brin d'ADN à utiliser comme matrice.
- L'ARN polymérase synthétise l'ARNm dans le sens 5' → 3'.
- Plusieurs ARN polymérases peuvent transcrire le même gène simultanément, produisant plusieurs copies d'ARNm.
- La traduction est la conversion de l'information de l'ARNm en une séquence d'acides aminés (protéine), elle se déroule dans le cytoplasme au niveau des ribosomes.
-
64 codons possibles (), encodant 20 acides aminés.
- Caractéristiques du code génétique :
- Spécifique : Chaque codon code pour un acide aminé unique.
- Dégénéré : Un acide aminé peut être spécifié par plusieurs codons différents.
- Non chevauchant et ponctué : Les codons sont lus séquentiellement sans chevauchement.
- Universel : Le même code est utilisé par la quasi-totalité des êtres vivants, avec de rares exceptions (ex: mitochondries, certains protistes).
- L'universalisme du code génétique est fondamental pour le génie génétique, permettant le transfert de gènes entre espèces.
- Applications :
- Production à grande échelle de protéines rares (hormones, enzymes, interférons).
- Création d'Organismes Génétiquement Modifiés (OGM) avec de nouvelles caractéristiques (résistance aux herbicides, croissance améliorée, résistance au froid, etc.).
- En 2023, la surface totale cultivée en OGM était de 208,2 millions d'hectares.
- Outils du Génie Génétique :
- "Ciseaux" moléculaires : Les enzymes de restriction (endonucléases) découpent l'ADN à des sites spécifiques, formant parfois des "bouts collants" facilitant la recombinaison.
- Copie d'ARN en ADN : La transcriptase inverse des rétrovirus permet de créer un brin d'ADN complémentaire à partir d'un ARNm, produisant ainsi des séquences d'ADN sans introns, idéales pour l'expression dans les bactéries.
- Séparation des fragments d'ADN : L'électrophorèse sépare les fragments d'ADN en fonction de leur taille et de leur charge électrique.
- "Pêche" de fragments spécifiques : Les sondes radioactives (séquences d'ADN simple brin complémentaires) s'hybrident aux fragments recherchés après dénaturation de l'ADN, permettant leur révélation par autoradiographie.
- "Colle" moléculaire : Les ligases lient les fragments d'ADN entre eux, formant de l'ADN recombinant.
- Clonage de gènes :
- Pour multiplier un gène, on l'insère dans un plasmide (ADN circulaire bactérien) à l'aide d'enzymes de restriction et de ligases.
- Les plasmides recombinés sont introduits dans des bactéries, qui sontbr/>CAC His
CAA Gln
CAG Gln
- Le sucre de ses nucléotides est le ribose (au lieu du désoxyribose dans l'ADN).
- La base azotée Thymine (T) est remplacée par l'Uracile (U), qui s'apparie avec l'Adénine (A).
- Il est généralement constitué d'une seule chaîne de nucléotides.
- Les molécules d'ARN sont plus courtes et plus instables que l'ADN.
- ARN messager (ARNm) : Copie du gène, transportant l'information du noyau au cytoplasme.
- ARN ribosomal (ARNr) : Constituant principal des ribosomes, machine à assembler les acides aminés.
- ARN de transfert (ARNt) : Molécules qui transportent les acides aminés spécifiques vers le ribosome.
- L'enzyme ARN polymérase se fixe à l'ADN au niveau d'une séquence spécifique appelée promoteur, située juste avant le début du gène.
- Le promoteur indique où commencer la transcription et quel brin d'ADN doit être transcrit.
- L'ARN polymérase assemble le brin d'ARN dans la direction 5' → 3'.
- Plusieurs ARN polymérases peuvent travailler simultanément sur le même brin d'ADN, produisant de multiples copies d'ARNm à la fois.
- Une fois l'ARNm formé, il se détache et la molécule d'ADN se referme.
- Ce sont les machines moléculaires responsables de la synthèse des protéines.
- Ils sont composés de deux sous-unités (grande et petite), chacune formée d'un mélange d'ARNr et de protéines.
- Les sous-unités s'assemblent uniquement lorsque l'ARNm se fixe à la petite sous-unité.
- Chaque ARNt est une molécule d'ARN en forme de trèfle (structure 3D) qui possède deux sites importants :
- Une extrémité 3' (terminaison CCA) qui se lie à un acide aminé spécifique.
- Un anticodon, une séquence de trois nucléotides complémentaire à un codon de l'ARNm.
- L'enzyme aminoacyl-ARNt synthétase lie l'acide aminé correct à l'ARNt correspondant. Il existe une synthétase spécifique pour chaque couple acide aminé/ARNt.
- L'ARNm s'attache à la petite sous-unité du ribosome.
- La grande sous-unité se fixe, formant un complexe fonctionnel avec deux sites principaux pour les ARNt : le site P (peptidyl) et le site A (aminoacyl).
- Le premier ARNt initiateur (portant la méthionine et l'anticodon UAC) se fixe au codon AUG de l'ARNm dans le site P.
- Un deuxième ARNt (portant un autre acide aminé et un anticodon complémentaire) se fixe au codon suivant de l'ARNm dans le site A.
- Une liaison peptidique se forme entre les deux acides aminés. Cette réaction est catalysée par une partie de l'ARNr du ribosome.
- Le premier ARNt est libéré.
- Le ribosome se déplace de trois nucléotides le long de l'ARNm (translocation), plaçant le deuxième ARNt (maintenant avec la chaîne peptidique naissante) dans le site P, et libérant le site A pour un nouvel ARNt.
- Ce processus se répète, allongeant la chaîne polypeptidique.
- La synthèse se termine lorsqu'un codon STOP (UAA, UAG, UGA) est rencontré sur l'ARNm. Une protéine de terminaison s'y fixe, provoquant la dissociation de l'ARNm et des sous-unités ribosomales.
- Erreurs lors de la reproduction des cellules (réplication).
- Substances chimiques toxiques (substances mutagènes).
- Radiations nocives (rayons X, UV).
- Substitution : Un nucléotide est remplacé par un autre.
- Mutation faux-sens : Remplace un acide aminé par un autre. Ex: CCA-TAT-AGA → Pro-Tyr-Arg devient CCA-TAT-GGA → Pro-Tyr-Gly.
- Mutation non-sens : Introduit un codon STOP, entraînant un arrêt prématuré de la synthèse protéique. Ex: CCA-TAT-AGA → Pro-Tyr-Arg devient>Acteurs de la traduction :
- ARNm : la "recette" pour la protéine.
- Ribosomes : machines bipartites (grande et petite sous-unités) composées d'ARNr et de protéines. Ils sont le site d'assemblage des acides aminés.
- ARNt : molécules en forme de trèfle qui possèdent un anticodon (séquence de 3 nucléotides complémentaire à un codon de l'ARNm) et transportent un acide aminé spécifique.
- Enzyme aminoacyl-ARNt synthétase : attache l'acide aminé correct à son ARNt correspondant.
- Le processus se déroule en plusieurs étapes :
- L'ARNm se fixe à la petite sous-unité ribosomique, puis la grande sous-unité s'assemble.
- Le premier ARNt (initiateur, portant la méthionine de départ) se fixe au codon AUG de l'ARNm sur le site P du ribosome.
- Un second ARNt se fixe au codon suivant de l'ARNm sur le site A.
- Une liaison peptidique est formée entre les deux acides aminés.
- Le ribosome avance, l'ARNt du site P est libéré, et l'ARNt du site A se déplace vers le site P. Un nouveau ARNt arrive sur le site A.
- Ce processus se répète jusqu'à ce qu'un codon STOP (UAA, UAG, UGA) soit atteint.
- Un facteur de terminaison se lie au codon STOP, libérant la chaîne polypeptidique et dissociant le ribosome.
- La protéine nouvellement synthétisée entre dans le réticulum endoplasmique, où elle prend sa forme finale.
D. Mutations Génétiques
- Une mutation est une altération de l'information génétique (ADN).
- Les mutations peuvent être :
- Ponctuelles : affectent un ou quelques nucléotides de la séquence d'ADN.
- Substitution : remplacement d'un nucléotide par un autre. Peut entraîner :
- Mutation faux-sens : changement d'un acide aminé.
- Mutation non-sens : transformation d'un codon en codon STOP, entraînant un raccourcissement de la protéine.
- Insertion ou Délétion (ou mutation par décalage du cadre de lecture) : ajout ou suppression d'un nucléotide. Entraîne des modifications majeures de la séquence d'acides aminés en aval, souvent avec des conséquences sévères.
- Substitution : remplacement d'un nucléotide par un autre. Peut entraîner :
- Chromosomiques : altérations à grande échelle des chromosomes.
- Changement du nombre de copies de chromosomes :
- Polyploïdie : surplus de lots complets de chromosomes.
- Aneuploïdie : modification d'une partie seulement du lot de chromosomes (ex: trisomie).
- Altérations de la structure des chromosomes :
- Délétion : perte d'un segment de chromosome.
- Duplication : copie d'un segment de chromosome.
- Inversion : un segment de chromosome est retourné.
- Translocation : échange de segments entre chromosomes non homologues.
- Changement du nombre de copies de chromosomes :
- Ponctuelles : affectent un ou quelques nucléotides de la séquence d'ADN.
- Les mutations sont généralement causées par des erreurs de réplication de l'ADN, des agents mutagènes chimiques, ou des radiations (UV, rayons X).
- Une mutation n'est héréditaire que si elle survient dans un ensuite cultivées sur un milieu sélectif (contenant un antibiotique, si le plasmide contient un gène de résistance). Les bactéries ayant intégré le plasmide se multiplient, formant des colonies contenant le gène cloné.
- Séquençage de l'ADN (Méthode de Sanger) :
- Basé sur l'utilisation d'ADN polymérase et de didésoxynucléotides (ddNTP) qui bloquent l'élongation de la chaîne d'ADN.
- Des réactions sont effectuées en parallèle avec les 4 ddNTP différents, produisant des fragments de tailles variées se terminant chacun par un type de base.
- L'électrophorèse sépare ces fragments par taille, permettant de reconstituer la séquence de l'ADN.
- Amplification de l'ADN (PCR - Polymerase Chain Reaction) :
- Permet d'obtenir rapidement de grandes quantités d'un fragment d'ADN spécifique.
- Consiste en des cycles répétés de trois étapes :
- Dénaturation : Séparation de l'ADN double brin en deux brins simples par la chaleur.
- Hybridation : Fixation d'amorces (courts brins d'ADN) sur les extrémités du fragment à amplifier.
- Élongation : Synthèse de nouveaux brins d'ADN par l'ADN polymérase à partir des amorces.
- Chaque cycle double la quantité d'ADN, menant à une amplification exponentielle des "amplicons".
- Transgenèse :
- Introduction d'un gène d'une cellule dans le génome d'une autre cellule.
- Exemples : Production d'insuline par des bactéries, création de plantes résistantes au froid (en intégrant des gènes d'autres espèces).
- Le processus implique l'extraction de l'ADN, la découpe du gène d'intérêt avec des enzymes de restriction, son insertion dans un plasmide (avec marqueur et promoteur), puis l'introduction du plasmide modifié dans des bactéries (ex: E. coli) ou directement dans des cellules végétales.
- Principe :
- L'ADN contient des séquences répétitives (microsatellites, minisatellites) dont le nombre varie d'une personne à l'autre.
- Jeffreys a utilisé la technique du "Southern blotting" pour découper l'ADN autour de ces séquences et les séparer par électrophorèse.
- Les fragments sont ensuite transférés sur une membrane et révélés par des sondes radiomarquées, créant un profil unique ressemblant à un code-barres.
- Fiabilité et Interprétation :
- Les empreintes génétiques sont utilisées en médecine légale pour l'identification.
- Une concordance parfaite entre un profil de trace et celui d'un suspect ne permet pas une identification formelle à 100%, car un profil ADN ne représente qu'une petite partie du génome.
- Une interprétation statistique est nécessaire pour estimer la probabilité d'une correspondance fortuite dans la population.
- En augmentant le nombre de marqueurs analysés, la probabilité d'une correspondance fortuite diminue drastiquement (ex: avec 10 marqueurs, une probabilité de 1 sur plusieurs centaines de milliards, permettant une identification "quasi formelle").
- Mutations ponctuelles : Anomalies dans la séquence des nucléotides.
- Substitution d'un nucléotide :
- Faux-sens : Un acide aminé est remplacé par un autre (ex: de Pro-Tyr-Arg-Ser à Pro-Tyr-Gly-Ser).
- Non-sens : Un codon est transformé en codon STOP, entraînant un gamète ou une cellule précurseur de gamètes.
- Bien que souvent délétères (pouvant mener au cancer si elles affectent la régulation cellulaire), les mutations peuvent rarement conférer de nouvelles propriétés bénéfiques et sont le moteur de l'évolution.
E. Introns et Exons : L'Épissage
- L'ADN eucaryote contient des séquences non codantes appelées introns (INTragenic RegiONs) et des séquences codantes appelées exons.
- Lors de la transcription, le gène entier (introns et exons) est copié en un ARNm précurseur (ou ARNnu pour ARN nucléaire).
- L'épissage est le processus par lequel les introns sont excisés de l'ARNm précurseur et les exons sont ligaturés pour former un ARNm mature.
- L'ARNm subit d'autres modifications :
- Ajout d'une coiffe 5' (guanosine modifiée) : protège de la dégradation et sert de signal de reconnaissance pour le ribosome.
- Ajout d'une queue poly-A à l'extrémité 3' : protège de la dégradation et participe à l'export de l'ARNm du noyau.
- L'épissage alternatif permet à un même gène de produire différentes protéines, augmentant la diversité protéique d'un organisme (un humain peut avoir 30 000-60 000 gènes mais plus de 100 000 protéines).
- Les mécanismes d'épissage n'existent que chez les eucaryotes. Les bactéries (procaryotes) ne peuvent donc pas épisser l'ARNm.
F. Régulation de l'Expression des Gènes
- Tous les gènes ne sont pas exprimés en permanence dans toutes les cellules.
- Les gènes de maintenance (ou domestiques) sont exprimés constamment car ils codent pour des fonctions cellulaires essentielles.
- Les gènes régulés sont exprimés en fonction de conditions spécifiques, souvent contrôlés par des protéines régulatrices.
-
Mécanismes de régulation chez les bactéries (ex: Opéron Lactose) :
- Inducteurs : substances qui activent l'expression d'un gène (ex: lactose pour les enzymes qui le métabolisent).
- Répresseurs : protéines qui se lient à la région promotrice (opérateur) et bloquent la transcription. L'inducteur peut inactiver le répresseur, permettant la transcription. (Contrôle négatif).
- Activateurs : protéines qui se lient près du promoteur et stimulent la transcription. Un corépresseur peut inactiver l'activateur. (Contrôle positif).
V. Ingénierie et Analyse Génétique
A. Applications du Génie Génétique
- Le génie génétique, ou transgenèse, consiste à introduire un gène d'une cellule dans le génome d'une autre.
-
- Délétion d'un nucléotide.
- Insertion d'un nucléotide.
- Les insertions et délétions (aussi appelées mutations par décalage du cadre de lecture ou frameshift mutations) ont des effets majeurs car elles modifient tous les codons en aval du site de la mutation.
- Substitution d'un nucléotide :
- Mutations chromosomiques : Altérations à l'échelle du chromosome.
- Changement du nombre de copies de chromosomes :
- Polyploïdie : Surplus de jeux complets de chromosomes.
- Aneuploïdie : Modification du nombre d'un ou plusieurs chromosomes (ex: trisomie 21).
- Altérations de la structure des chromosomes :
- Délétion : Suppression d'un fragment.
- Duplication : Copie et insertion d'un fragment.
- Inversion : Un fragment est retourné.
- Translocation : Rattachement d'un fragment à un chromosome non homologue.
- Changement du nombre de copies de chromosomes :
- Causes :
- Erreurs lors de la réplication de l'ADN ou de la division cellulaire.
- Exposition à des substances chimiques mutagènes.
- Exposition à des radiations nocives (rayons X, UV).
- Conséquences :
- Peuvent modifier un ou plusieurs acides aminés dans une protéine.
- Souvent peu ou pas d'effet.
- Peuvent diminuer ou supprimer l'efficacité de la protéine.
- Plus rarement, confèrent une nouvelle propriété (ex: enzyme plus efficace).
- Les mutations ne sont héréditaires que si elles surviennent dans les gamètes ou leurs cellules précurseurs.
- Dans certains cas, des mutations entraînent un dérèglement mortel pour la cellule ou un dérèglement de sa reproduction (cancer).
- Les introns sont des séquences non codantes situées à l'intérieur des gènes (INTragenic RegiON). Découverts par P. A. Sharp et R. Roberts (Prix Nobel 1993).
- Les exons sont les séquences codantes.
- Lors de la transcription, l'ensemble du gène (introns + exons) est copié en ARN pré-messager.
- Cet ARN pré-messager subit ensuite un épissage, où les introns sont excisés et les exons sont reliés, formant l'ARNm mature.
- L'ARNm subit d'autres modifications :
- Ajout d'une coiffe 5' (guanosine modifiée) : protège contre la dégradation et sert de point d'attache au ribosome.
- Ajout d'une queue poly-A (150 à 200 adénines) à l'extrémité 3' : protège également contre la dégradation.
- L'épissage existe principalement chez les eucaryotes. Les procaryotes ne possèdent pas les mécanismes d'épissage classiques CCA-TAT-TGA (STOP) → Pro-Tyr-STOP.
- Mutation silencieuse : La substitution ne modifie pas l'acide aminé en raison de la dégénérescence du code génétique.
- Délétion : Suppression d'un ou plusieurs nucléotides.
- Insertion : Ajout d'un ou plusieurs nucléotides.
2.3 Jacob & Monod (1960) : L'ARN messager
2.4 Nirenberg & Matthaei (1961) : Décryptage du code génétique
Le code génétique est :
| Deuxième lettre | ||||||
| U | C | A | G | |||
| U | UUU Phe UUC Phe UUA Leu UUG Leu |
UCU Ser UCC Ser UCA Ser UCG Ser |
UAU Tyr UAC Tyr UAA Stop UAG Stop |
UGU Cys UGC Cys UGA Stop UGG Trp |
U C A G |
|
| C | CUU Leu CUC Leu CUA Leu CUG Leu |
CCU Pro CCC Pro CCA Pro CCG Pro |
CAU His< 1958), décrivant le flux d'information génétique de l'ADN vers l'ARN, puis vers la protéine.
B. Nirenberg et Matthaei (1961) : Décryptage du Code GénétiqueIV. Synthèse des Protéines : Transcription et TraductionA. L'ARN : Structure et TypesB. La Transcription : De l'ADN à l'ARNmC. La Traduction : De l'ARNm à la Protéine5. La Génétique Moléculaire Appliquée : Génie Génétique et Empreintes Génétiques5.1. Le Génie GénétiqueLe génie génétique utilise la manipulation de l'ADN pour modifier des organismes ou produire des substances d'intérêt. |
CGU Arg CGC Arg CGA Arg CGG Arg |
U C A G |
|
| A | AUU Ile AUC Ile AUA Ile AUG Met |
ACU Thr ACC Thr ACA Thr ACG Thr |
AAU Asn AAC Asn AAA Lys AAG Lys |
AGU Ser AGC Ser AGA Arg AGG Arg |
U C A G |
|
| G | GUU Val GUC Val GUA Val GUG Val |
GCU Ala GCC Ala GCA Ala GCG Ala |
GAU Asp GAC Asp GAA Glu GAG Glu |
GGU Gly GGC Gly GGA Gly GGG Gly |
U C A G |
|
Le codon AUG (Méthionine) est le codon d'initiation. Les codons UAA, UAG, UGA sont les codons STOP.
3. Synthèse des Protéines
La synthèse des protéines est le processus par lequel l'information génétique contenue dans l'ADN est convertie en une séquence d'acides aminés formant une protéine.
3.1 Le rôle de l'ARN
L'ARN (Acide RiboNucléique) est une molécule essentielle à la synthèse protéique. Contrairement à l'ADN, l'ARN présente les caractéristiques suivantes :
L'information génétique (ADN) reste dans le noyau, tandis que la synthèse des protéines se déroule dans le cytoplasme, au niveau des ribosomes. L'information est transmise par l'ARNm.
Il existe plusieurs types d'ARN impliqués :
3.2 La transcription : De l'ADN à l'ARNm
La transcription est la première étape où l'information d'un gène (ADN) est copiée en une molécule d'ARNm.
3.3 La traduction : De l'ARNm à la protéine
La traduction est le processus d'assemblage des acides aminés en une protéine, guidé par l'ARNm.
3.3.1 Les Ribosomes
3.3.2 Les ARN de transfert (ARNt)
3.3.3 Étapes de la traduction
La protéine synthétisée pénètre ensuite dans le réticulum endoplasmique, où elle prendra sa forme tridimensionnelle finale.
En résumé : chaque triplet de nucléotides sur l'ADN → codon sur l'ARNm → anticodon sur l'ARNt → acide aminé spécifique.
4. Mutations
Les mutations sont des modifications de l'information génétique (ADN) et peuvent avoir des conséquences variées sur la protéine codée.
4.1 Causes des mutations
4.2 Types de mutations
4.2.1 Mutations ponctuelles
Anomalies dans la séquence des nucléotides, affectant un ou quelques nucléotides.
5.2. L'Empreinte Génétique
Découverte par Alec Jeffreys en 1985, cette technique repose sur la variabilité des séquences répétitives non codantes de l'ADN entre individus.
6. Mutations et Diversité Génétique
6.1. Types de Mutations
Les mutations sont des modifications de l'information génétique (ADN).
6.2. Causes et Conséquences des Mutations
7. Introns, Exons et Régulation de l'Expression Génique
7.1. Introns et Épissage
La totalité de l'ADN d'une cellule n'est pas codante.
Les insertions et délétions (aussi appelées mutations par décalage du cadre de lecture ou frameshift mutations) entraînent des modifications majeures de la séquence protéique, car elles décalent tous les codons en aval de la mutation.
Exemple d'insertion :
Séquence ADN (brin non transcrit): CCA TAT AGA AGT GGA TAC AAT → Pro Tyr Arg Ser Gly Tyr Asn Insertion d'un A: CCA TAT AAG AAG TGG ATA CAA T → Pro Tyr Lys Lys Trp Ile Gln
Exemple de délétion :
Séquence ADN (brin non transcrit): CCA TAT AGA AGT GGA TAC AAT → Pro Tyr Arg Ser Gly Tyr Asn Délétion d'un A: CCA TAT GAA GTG GAT ACA AT → Pro Tyr Glu Val Asp Thr
4.2.2 Mutations chromosomiques
Altérations de la structure ou du nombre de chromosomes entiers.
- Changement du nombre de copies de chromosomes :
- Polyploïdie : Surplus de lots complets de chromosomes (ex: triploïdie).
- Aneuploïdie : Modification du nombre d'un seul ou de quelques chromosomes (ex: trisomie 21).
- Altérations de la structure des chromosomes :
- Délétion : Suppression d'un fragment de chromosome.
- Duplication : Recopie et insertion d'un fragment de chromosome.
- Inversion : Retournement d'un fragment de chromosome.
- Translocation : Rattachement d'un fragment de chromosome à un autre chromosome non homologue.
Une mutation ne devient héréditaire que si elle survient dans un gamète ou une cellule formant des gamètes.
Les mutations peuvent entraîner un dérèglement mortel de la cellule, ou dans certains cas, une reproduction cellulaire anormale comme le cancer.
5. ADN non codant et épissage
La totalité de l'ADN d'une cellule n'est pas codante. Il existe des séquences non codantes à l'intérieur et entre les gènes.
5.1 Introns et exons
- Introns : Séquences non codantes situées à l'intérieur des gènes (Intragenic Regions).
- Exons : Séquences codantes qui seront exprimées en protéine.
- Les introns ont été découverts par P. A. Sharp et R. Roberts (Prix Nobel 1993).
- Certains gènes peuvent contenir un très grand nombre d'introns. Par exemple, le gène de la dystrophine (DMD) s'étend sur 2,5 Mb chez l'homme, avec 99,3% d'introns.
5.2 L'épissage de l'ARN
- Lors de la transcription, le gène entier (introns + exons) est copié en un ARN prémessager.
- Cet ARN doit ensuite subir des modifications, notamment l'épissage, pour enlever les introns.
- Les exons sont alors raccordés pour former l'ARNm mature.
- L'ARNm subit également d'autres modifications :
- Ajout d'une coiffe 5' (guanosine modifiée) : protège contre la dégradation enzymatique et sert de point d'attache au ribosome.
- Ajout d'une chaîne poly-A (150-200 adénines) à l'extrémité 3' : protège également contre les enzymes hydrolytiques.
- Les erreurs d'épissage sont responsables d'environ 20% des maladies génétiques.
- Un même gène peut être épissé de différentes manières (épissage alternatif) pour produire différentes protéines (ex : 30 000-60 000 gènes humains peuvent produire plus de 100 000 protéines différentes).
- Les mécanismes d'épissage n'existent que chez les euc, ce qui est crucial lors de transferts de gènes d'eucaryotes vers des bactéries.
- L'épissage alternatif permet à un même gène de produire différentes protéines en épissant différemment ses exons (d'où plus de protéines que de gènes chez l'homme).
7.2. Régulation de l'Expression Génique
Tous les gènes ne sont pas exprimés en permanence ou dans toutes les cellules.
- Gènes de maintenance : Exprimés en permanence car codent pour des produits essentiels (ARNr, ARNt, ADN polymérases, etc.).
- Gènes régulés : Exprimés sous certaines conditions.
- Régulation par inducteurs et répresseurs (système de l'opéron) :
- Les opérons sont des groupes de gènes régulés et transcrits ensemble en un seul ARNm.
- Un répresseur est une protéine qui se lie à l'ADN (opérateur) et empêche la transcription. Un inducteur (ex: lactose) peut inactiver le répresseur, permettant la transcription.
- Régulation par activateurs :
- Un activateur est une protéine qui se lie à l'ADN (initiateur) et facilite la transcription par l'ARN polymérase.
- Un corépresseur peut inactiver l'activateur, empêchant la transcription.
- Ces mécanismes permettent aux cellules de s'adapter aux conditions environnementales.
- Régulation par inducteurs et répresseurs (système de l'opéron) :
Le nombre de gènes est variable : l'homme posséderait entre 30 000 et 40 000 gènes, tandis que des organismes plus simples comme C. elegans en ont 19 000 et la drosophile 13 600.
aryotes. Les bactéries n'étant pas capables d'éliminer les introns, l'introduction d'un gène eucaryote entier nécessiterait l'utilisation d'ADN complémentaire (ADNc) sans introns.6. Régulation de l'expression des gènes
Tous les gènes ne sont pas exprimés en permanence dans chaque cellule de l'organisme. L'expression génique est finement régulée.
6.1 Types de gènes
- Gènes de maintenance : Exprimés en permanence car ils codent pour des produits essentiels au fonctionnement cellulaire (ARNr, ARNt, ARN/ADN polymérases, etc.).
- Gènes régulés : Exprimés uniquement sous certaines conditions, en fonction des besoins de la cellule ou de l'organisme.
6.2 Mécanismes de régulation chez les procaryotes (ex: opéron lac)
- Opérons : Gènes regroupés et transcrits sous forme d'un seul ARNm, codant pour des enzymes impliquées dans une même voie métabolique.
- Inducteurs : Substances qui activent la production d'enzymes qui les métabolisent.
- Répresseur : Protéine intracellulaire qui peut se lier à une séquence d'ADN (opérateur) et empêcher la transcription.
- En l'absence d'inducteur (ex: lactose), le répresseur est actif et bloque la transcription du gène.
- En présence d'inducteur, celui-ci se lie au répresseur, l'inactivant et permettant ainsi la transcription des gènes de l'opéron.
- Activateurs : Protéines qui se lient à l'ADN et facilitent la transcription.
- Corépresseur : Molécule qui se fixe à l'activateur pour l'inactiver.
6.2.1 Modes de contrôle
- Contrôle négatif : Un répresseur empêche la transcription.
- Protéines répressibles : Le répresseur est activé par un corépresseur → pas de transcription.
- Protéines inductibles : Le répresseur est inactivé par un inducteur → transcription.
- Contrôle positif : Un activateur active la transcription.
- Protéines répressibles : L'activateur est inactivé par un corépresseur → pas de transcription.
- Protéines inductibles : L'activateur est activé par un inducteur → transcription.
7. Génie Génétique et Biotechnologies
Le génie génétique utilise la découverte de l'universalité du code et la manipulation de l'ADN pour produire des protéines ou modifier les organismes.
7.1 Applications de l'ingénierie génétique
- Production de grandes quantités de protéines rares (hormones, enzymes, interférons, etc.).
- Création d'organismes génétiquement modifiés (OGM) avec de nouvelles caractéristiques (résistance aux herbicides/gel/salinité, croissance améliorée).
En 2023, la surface mondiale>Utilisations :
- Production de grandes quantités de protéines rares (hormones, enzymes, interférons) par des bactéries.
- Création d'Organismes Génétiquement Modifiés (OGM) :
- Plantes résistantes aux herbicides, au gel, à la salinité.
- Plantes à croissance améliorée.
- Exemple : fraises résistant au froid grâce à un gène d'une autre espèce.
B. Outils du Génie Génétique
- Enzymes de restriction : "ciseaux moléculaires" qui coupent l'ADN à des sites spécifiques (palindromes).
- Des coupures asymétriques créent des "bouts collants" qui facilitent l'insertion d'autres fragments d'ADN.
- Utilisées pour découper l'ADN en morceaux maniables et créer de l'ADN recombinant.
- Transcriptase inverse : enzyme qui synthétise de l'ADN à partir d'un ARNm (présente dans les rétrovirus), utile pour obtenir de l'ADNc (ADN complémentaire) sans introns.
- Ligases : "colle moléculaire" qui relie les fragments d'ADN.
- Électrophorèse : technique pour séparer les fragments d'ADN en fonction de leur taille et charge en les faisant migrer dans un champ électrique à travers un gel.
- Sondes : séquences d'ADN ou d'ARN simple brin marquées (radioactives ou fluorescentes) utilisées pour détecter des séquences complémentaires spécifiques.
C. Clonage de Gènes
- Le clonage permet de multiplier des gènes pour les étudier en quantité suffisante.
- On utilise des plasmides (molécules d'ADN circulaire bactérien) comme vecteurs.
-
Étapes du clonage :
- Découper l'ADN à cloner et le plasmide avec la même enzyme de restriction.
- Insérer le gène dans le plasmide pour créer un plasmide recombinant, puis le ligaturer.
- Introduire le plasmide recombinant dans des bactéries (transformation).
- Sélectionner les bactéries transformées (ex: résistance à un antibiotique conférée par le plasmide).
- Les bactéries se multiplient, créant des colonies contenant le gène cloné.
- Les colonies sont criblées avec des sondes pour identifier celles qui contiennent le gène d'intérêt.
D. Séquençage de l'ADN (Méthode Sanger)
- Le séquençage d'ADN (méthode enzymatique via didésoxynucléotides, souvent appelée "méthode Sanger") vise à déterminer l'ordre des nucléotides.
- Il utilise l'ADN polymérase, les quatre désoxynucléotides (dA, dT, dC, dG) et de faibles quantités de didésoxynucléotides (ddA, ddT, ddC, ddG) qui, une fois incorporés, bloquent l'élongation de la chaîne d'ADN.
- Des réactions sont effectuées en parallèle avec un ddNTP différent dans chaque tube.
- L'analyse des fragments d'ADN résultants par électrophorèse permet de reconstituer la séquence.
E. Réaction en Chaîne par Polymérase (PCR)
- La PCR est une technique rapide pour amplifier un fragment d'ADN spécifique en grande quantité.
- Elle se compose de cycles répétés de trois étapes :
- Dénaturation : l'ADN double brin est chauffé pour séparer les deux brins.
- Hybridation : des amorces spécifiques se lient aux extrémités du fragment d'ADN à amplifier.
- Élongation : une ADN polymérase thermostable synthétise de nouveaux brins d'ADN à partir des amorces.
- Chaque cycle double le nombre de copies d'ADN, permettant une amplification exponentielle.
F. Empreinte Génétique (DNA Fingerprinting)
- Découverte par Alec Jeffreys en 1985, elle repose sur l'observation de séquences répétitives non codantes dans l'ADN dont le nombre varie d'un individu à l'autre.
- La technique du "Southern blotting" est utilisée pour analyser ces séquences.
- L'ADN est découpé par des enzymes de restriction, les fragments sont séparés par électrophorèse, transférés sur une membrane, puis hybridés avec des sondes radiomarquées.
- Le pattern obtenu (aspect de "code-barres") est unique à chaque individu (sauf jumeaux monozygotes).
- Permet l'identification d'individus en comparant des profils ADN (par exemple, sur des scènes de crime).
- La force probante de l'identification augmente avec le nombre de marqueurs analysés, réduisant la probabilité de correspondance fortuite à des milliards (plus grande que la population mondiale).
VI. Réflexions sur le "Gène"
La définition du gène a évolué : d'une unité mendélienne abstraite à une séquence d'ADN codant une enzyme (Beadle & Tatum), puis une protéine. Avec la découverte des ARN non codants (ARNr, ARNt), la définition s'est élargie à "segment d'ADN qui est copié en ARN". La complexité de l'épissage et de la régulation génique continue d'affiner notre compréhension du gène, ce qui est une question fondamentale en biologie moléculaire.
cultivée en OGM était de 208,2 millions d'hectares.7.2 Outils de manipulation génétique
- Enzymes de restriction : Des "ciseaux moléculaires" qui découpe l'ADN à des sites spécifiques (palindromes de 4 à 10 paires de bases). Elles proviennent de bactéries et agissent comme un système de défense contre les virus.
- Les coupes peuvent être franches (extrémités émoussées) ou créer des "bouts collants" (extrémités à simples brins complémentaires) facilitant la ligation.
- Transcriptase inverse : Enzyme des rétrovirus qui transcrit l'ARN en ADN (utilisée pour créer de l'ADNc sans introns à partir d'ARNm).
- Électrophorèse : Permet de séparer les fragments d'ADN en fonction de leur taille et de leur charge électrique dans un champ électrique.
- Sondes d'ADN : Séquences d'ADN simple brin, souvent radioactives, utilisées pour "pêcher" et localiser des fragments d'ADN complémentaires spécifiques après dénaturation de l'ADN cible.
- Ligases : "Colle moléculaire" qui permet de recoller des fragments d'ADN (création d'ADN recombinant).
7.3 Techniques clés
7.3.1 Clonage de gènes
Permet de multiplier un gène en grande quantité.
- L'ADN d'intérêt et des plasmides (molécules d'ADN circulaire bactérien) sont coupés avec la même enzyme de restriction. Les plasmides contiennent souvent un gène de résistance à un antibiotique.
- Le gène d'intérêt est inséré dans le plasmide, créant un plasmide recombinant, grâce à une ligase.
- Les plasmides recombinants sont introduits dans des bactéries (ex: E. coli) par transformation.
- Les bactéries sont cultivées sur un milieu contenant l'antibiotique. Seules celles qui ont intégré le plasmide survivent et se multiplient, formant des colonies.
- Les colonies contenant le gène d'intérêt sont identifiées à l'aide de sondes marquées.
7.3.2 Séquençage de l'ADN (méthode de Sanger classique)
Détermine la séquence des nucléotides dans un fragment d'ADN.
- Préparation d'ADN monobrin.
- Hybridation d'une amorce à l'ADN monobrin.
- Réaction dans quatre tubes séparés, chacun contenant :
- ADN polymérase.
- Les 4 désoxynucléotides (A, T, C, G).
- Un des quatre didésoxynucléotides (ddA, ddT, ddC, ddG) en faible quantité. Les didésoxynucléotides bloquent l'élongation de la chaîne d'ADN lorsqu'ils sont incorporés.
- L'incorporation aléatoire des didésoxynucléotides crée des fragments d'ADN de longueurs différentes, chacun se terminant par un didésoxynucléotide spécifique.
- Les produits des quatre réactions sont séparés par électrophorèse sur gel, révélant la séquence de l'ADN.
7.3.3 PCR (Réaction en Chaîne par Polymérase)
Amplifie rapidement une section spécifique d'ADN.
La PCR consiste en la répétition de nombreux cycles, chacun comprenant trois étapes :
- Dénaturation : L'ADN double brin est chauffé pour séparer les deux brins.
- Hybridation (Annélation) : Des amorces spécifiques s'attachent aux extrémités de la séquence cible sur les brins simples.
- Élongation : L'ADN polymérase (thermostable) synthétise de nouveaux brins d'ADN en utilisant les amorces, allongeant la séquence.
Chaque cycle double la quantité d'ADN cible, permettant une amplification exponentielle (production d'amplicons).
7.3.4 Transgenèse
Introduction d'un gène provenant d'une autre cellule dans le génome d'une cellule cible.
- Permet de faire produire des protéines d'intérêt humain par des bactéries (ex: insuline).
- Permet de créer des OGM avec de nouvelles propriétés.
- Le gène d'intérêt peut provenir de n'importe quelle espèce (animale, végétale, virale, bactérienne).
- Exemple de création de plante transgénique : Le gène d'intérêt est inséré dans un plasmide avec un marqueur et un promoteur. Le plasmide modifié peut être introduit dans une bactérie (ex: Agrobacterium tumefaciens) qui va infecter des cellules végétales et transférer le gène dans leur génome, ou par biolistique (microbilles enrobées du plasmide projetées dans les cellules).
7.4 L'empreinte génétique (DNA Fingerprinting)
Technique utilisée pour l'identification individuelle et la comparaison d'échantillons d'ADN.
- Découverte par Alec Jeffreys en 1985 : des séquences répétitives de nucléotides (zones non codantes) varient en nombre selon les individus.
- Utilisation de la technique de Southern blotting :
- Découpage de l'ADN avec des enzymes de restriction.
- Séparation des fragments par électrophorèse.
- Transfert des fragments sur une membrane.
- Hybridation avec des sondes radiomarquées qui se lient aux séquences répétitives.
- Révélation par autoradiographie, produisant un motif de "code-barres" unique à chaque individu.
- Le concept d'"empreinte génétique" est né en 1986.
- Utilisation en investigation criminelle (affaire Colin Pitchfork).
- Les comparaisons d'empreintes génétiques sont probabilistes : un profil ADN ne représente qu'une partie de la molécule d'ADN.
- En cas de non-concordance, l'exclusion est quasi certaine.
- En cas de concordance, une probabilité de correspondance fortuite est calculée (plus le nombre de marqueurs analysés est élevé, plus cette probabilité diminue, permettant une identification "quasi formelle").
Conclusion
Les avancées de la génétique moléculaire ont transformé notre compréhension de l'hérédité, ouvrant la voie à des applications révolutionnaires en biotechnologie, médecine et sciences forensiques.
La génétique moléculaire est l'étude des gènes au niveau moléculaire, incluant leur structure, leur fonction, leur régulation et leur transmission. Elle a permis de comprendre la nature chimique de l'hérédité et de développer des applications en biotechnologie et en médecine.
I. Découverte de la nature du matériel génétique
Initialement, le débat portait sur la nature des gènes : étaient-ils des protéines ou de l'ADN ?
A. L'expérience de Griffith (1928)
- Frederick Griffith a travaillé sur la bactérie *Streptococcus pneumoniae* (pneumocoque), qui existe sous deux formes :
- Souche S (smooth) : pathogène, possède une capsule de polysaccharides.
- Souche R (rough) : non pathogène, dépourvue de capsule (due à une mutation).
- Il observa qu'une substance provenant de bactéries S tuées par la chaleur pouvait transformer des bactéries R vivantes non pathogènes en bactéries S pathogènes.
- Cette substance fut appelée le « principe transformant ».
B. L'expérience d'Avery, MacLeod et McCarty (1944)
- Ces chercheurs ont purifié le principe transformant.
- Ils ont démontré que le principe transformant résistait à la dénaturation des protéines et que les tests colorimétriques ne révélaient que de l'ADN, sans protéines ni ARN.
- Les tests enzymatiques ont confirmé que la transformation était inhibée uniquement par les enzymes dégradant l'ADN (DNases), prouvant que l'ADN était le matériel génétique héréditaire.
- Conclusion : L'ADN est la substance responsable de la transformation génétique.
C. L'expérience de Hershey et Chase (1952)
- Utilisant le bactériophage T2, ils ont marqué l'ADN avec du phosphore radioactif (P) et les protéines avec du soufre radioactif (S).
- Après infection des bactéries, ils ont séparé les phages des bactéries à l'aide d'un mélangeur (blender) et d'une centrifugation.
- Leurs résultats ont montré que l'ADN marqué (P) était injecté dans les bactéries et transmis à la descendance virale, tandis que la majorité des protéines marquées (S) restait à l'extérieur des bactéries.
- Conclusion : L'ADN, et non les protéines, est le matériel génétique responsable de l'information héréditaire.
II. La structure de l'ADN
A. Contributions majeures
- Phoebus Levene (1929) : Identifie le 2-désoxyribose comme le sucre constitutif de l'ADN.
- Erwin Chargaff (1949) : Démontre les « règles de Chargaff » :
- Le rapport (A+T)/(C+G) varie selon les espèces mais est constant au sein d'une même espèce.
- Les rapports A/T et C/G sont constants et proches de 1 dans toutes les espèces étudiées.
- Rosalind Franklin et Maurice Wilkins (1951-1952) : Grâce à la cristallographie par rayons X (notamment la « Photo 51 »), ils ont obtenu des clichés suggérant une structure hélicoïdale pour l'ADN, avec des dimensions spécifiques (par exemple, 3,4 Å entre bases successives, pas d'hélice de 34 Å). Ils ont aussi distingué les formes A et B de l'ADN.
B. Le modèle de Watson et Crick (1953)
- S'appuyant sur les données de Chargaff, Franklin et Wilkins, James Watson et Francis Crick ont proposé le modèle de la double hélice de l'ADN.
- Caractéristiques clés :
- L'ADN est une hélice à double brin.
- Les phosphates et les sucres (désoxyribose) forment le squelette externe, tandis que les bases azotées sont à l'intérieur.
- Les deux chaînes sont antiparallèles (liens phosphodiester ).
- Les bases sont appariées spécifiquement : Adénine (A) avec Thymine (T) par deux liaisons hydrogène, Guanine (G) avec Cytosine (C) par trois liaisons hydrogène. Ce sont les « règles de Chargaff ».
- Le diamètre de la double hélice est de 20 Å (2 nm).
- Chaque pas d'hélice contient 10 paires de bases, avec une distance de 0,34 nm entre deux paires de bases.
- Ils ont également suggéré que cet appariement spécifique des bases impliquait un possible mécanisme de réplication pour le matériel génétique.
- Watson, Crick et Wilkins ont reçu le prix Nobel de physiologie ou médecine en 1962 pour ces découvertes.
III. Le Dogme Central de la Biologie Moléculaire
Proposé par Francis Crick en 1958, il décrit le flux d'informations génétiques dans une cellule.
A. Réplication de l'ADN : expérience de Meselson et Stahl (1958)
- Ils ont démontré que la réplication de l'ADN est semi-conservative.
- Ils ont cultivé des bactéries dans un milieu contenant un isotope lourd de l'azote (N), puis transféré ces bactéries dans un milieu avec un isotope léger (N).
- Après une génération (F1), l'ADN était de densité intermédiaire (hybride lourd/léger), et après deux générations (F2), il y avait un mélange d'ADN léger et d'ADN hybride.
- Conclusion : Chaque nouvelle molécule d'ADN est composée d'un brin parental et d'un brin nouvellement synthétisé.
B. Transcription et Traduction
- Transcription : Copie d'une séquence d'ADN en une molécule d'ARN messager (ARNm).
- L'information génétique est dans le noyau (ADN). La synthèse des protéines se fait dans le cytoplasme.
- L'ARN est un acide ribonucléique : sucre ribose, base uracile (U) remplaçant la thymine (T), généralement simple brin, plus courte et moins stable que l'ADN.
- L'enzyme ARN polymérase se fixe sur le promoteur (séquence d'ADN juste avant le gène) et synthétise l'ARNm dans le sens .
- Traduction : Synthèse des protéines à partir de l'ARNm.
- Implique les ribosomes (composés d'ARNr et de protéines), les ARN de transfert (ARNt) qui transportent les acides aminés, et les acides aminés eux-mêmes.
- Chaque ARNt possède un anticodon complémentaire à un codon de l'ARNm et transporte un acide aminé spécifique.
- Le ribosome se déplace le long de l'ARNm, lisant les codons et assemblant les acides aminés en une chaîne polypeptidique.
- La synthèse débute par un codon d'initiation (AUG, code pour la méthionine) et se termine par un codon stop (UAA, UAG, UGA).
- Le polypeptide synthétisé entre dans le réticulum endoplasmique pour prendre sa forme finale.
C. Le Code Génétique
- Décodé par Nirenberg et Matthaei (1961).
- Il s'agit d'un système de correspondance entre les codons de l'ARNm (triplets de nucléotides) et les 20 acides aminés.
- Caractéristiques :
- Spécifique : Un codon ne code que pour un seul acide aminé.
- Dégénéré : Un acide aminé peut être codé par plusieurs codons (4³ = 64 codons possibles pour 20 acides aminés).
- Non-chevauchant et ponctué : Les codons sont lus séquentiellement sans chevauchement.
- Universel : Le même code est utilisé par presque tous les organismes vivants, ce qui est fondamental pour le génie génétique.
IV. Les Mutations Génétiques
Une mutation est une modification de l'information génétique (ADN).
A. Types de mutations
- Ponctuelles : Anomalies dans la séquence des nucléotides.
- Substitution : Un nucléotide est remplacé par un autre.
- Faux-sens : Entraîne le remplacement d'un acide aminé par un autre.
- Non-sens : Crée un codon stop prématuré, interrompant la synthèse de la protéine.
- Silencieuse : Ne modifie pas l'acide aminé (grâce à la dégénérescence du code).
- Insertion : Ajout d'un ou plusieurs nucléotides.
- Délétion : Suppression d'un ou plusieurs nucléotides.
- Les insertions et délétions (mutations par décalage du cadre de lecture) entraînent souvent des modifications majeures de la protéine.
- Substitution : Un nucléotide est remplacé par un autre.
- Chromosomiques : Altérations des chromosomes (nombre ou structure).
- Changements du nombre :
- Polyploïdie : Surplus de lots complets de chromosomes.
- Aneuploïdie : Modification du nombre de chromosomes individuels.
- Altérations de la structure :
- Délétion : Suppression d'un segment de chromosome.
- Duplication : Recopie et insertion d'un segment.
- Inversion : Retournement d'un segment.
- Translocation : Rattachement d'un segment à un autre chromosome non homologue.
- Changements du nombre :
B. Causes et Conséquences
- Causes : Erreurs de réplication, substances mutagènes (chimiques), radiations (rayons X, UV).
- Conséquences : Peuvent rendre une protéine non fonctionnelle, mais très rarement conférer de nouvelles propriétés bénéfiques. Des mutations dans les cellules somatiques peuvent entraîner des cancers. Les mutations héréditaires doivent survenir dans les gamètes.
V. Gènes, Introns et Régulation
A. Les Introns et l'Épissage
- Une grande partie de l'ADN n'est pas codante. Les gènes eucaryotes contiennent des séquences non codantes appelées introns, découvertes par Sharp et Roberts (prix Nobel 1993). Les séquences codantes sont appelées exons.
- Au cours de la transcription, le gène entier (introns + exons) est copié en pré-ARNm.
- L'épissage est le processus qui excises les introns et lie les exons pour former l'ARNm mature. L'ARNm subit d'autres modifications comme l'ajout d'une coiffe 5’ et d'une queue poly-A.
- Les mécanismes d'épissage n'existent que chez les eucaryotes. Les bactéries (procaryotes) ne peuvent pas épisser les introns.
- L'épissage alternatif permet à un même gène de produire différentes protéines, expliquant qu'il y ait plus de protéines que de gènes.
B. Régulation de l'Expression Génique
- Tous les gènes ne sont pas exprimés en permanence.
- Gènes de maintenance : Exprimés constamment (ex: ARNr, ARNt, enzymes de synthèse).
- Gènes régulés : Exprimés selon les conditions environnementales ou les besoins cellulaires.
- Mécanismes de régulation chez E. coli (exemple de l'opéron lactose) :
- Inducteurs : Substances qui activent la production d'enzymes métabolisant ces substances. Les gènes correspondants sont regroupés en opérons.
- Répresseurs : Protéines qui se lient à l'ADN et empêchent la transcription. Un inducteur peut inactiver un répresseur.
- Activateurs : Protéines qui se lient à l'ADN et favorisent la transcription. Un corépresseur peut inactiver un activateur.
VI. Le Génie Génétique et les Applications
Le génie génétique utilise les connaissances sur l'ADN pour manipuler les gènes.
A. Outils de Manipulation des Gènes
- « Ciseaux » : Les enzymes de restriction découpent l'ADN à des sites spécifiques palindromiques (4 à 10 paires de bases). Elles peuvent générer des extrémités franches ou des « bouts collants » essentiels pour recombiner l'ADN.
- La transcriptase inverse (provenant des rétrovirus) permet de synthétiser de l'ADN à partir d'ARNm, obtenant ainsi des séquences sans introns.
- Séparation : L'électrophorèse sépare les fragments d'ADN selon leur taille et leur charge électrique.
- « Pêche » : Les sondes radioactives (séquences d'ADN simple brin complémentaires) permettent de localiser des fragments d'ADN spécifiques après dénaturation.
- « Colle » : Les ligases lient les fragments d'ADN.
B. Techniques Clés
- Clonage de gènes (multiplication) :
- Un gène d'intérêt est inséré dans un plasmide (ADN circulaire bactérien) à l'aide d'enzymes de restriction et de ligases, formant un ADN recombinant.
- Le plasmide recombinant est introduit dans des bactéries (transformation).
- Les bactéries transformées sont sélectionnées (par exemple, sur milieu antibiotique si le plasmide contient un gène de résistance).
- Les bactéries se multiplient, produisant de nombreuses copies du gène d'intérêt.
- Séquençage de l'ADN : Méthode enzymatique (Sanger) utilisant des didésoxynucléotides qui bloquent l'élongation de la chaîne d'ADN, permettant de déterminer l'ordre des bases.
- PCR (Réaction en chaîne par polymérase) : Permet d'amplifier rapidement une quantité donnée d'un fragment d'ADN par cycles répétés de dénaturation, hybridation d'amorces et élongation par l'ADN polymérase.
- Transgenèse : Introduction d'un gène d'une espèce à une autre pour conférer de nouvelles propriétés (ex: bactéries produisant de l'insuline, plantes résistantes aux herbicides ou au froid = OGM).
C. Empreinte Génétique (DNA Fingerprinting)
- Découverte par Alec Jeffreys (1985) : présence de séquences répétitives d'ADN variables entre individus dans les zones non codantes.
- Le « Southern blotting » permet de comparer ces séquences. Les fragments d'ADN découpés sont séparés par électrophorèse, transférés sur une membrane, puis révélés par des sondes radioactives, produisant un profil « code-barre ».
- Les profils ADN sont identifiés par des marqueurs spécifiques (ex: TPOX, TH01, VWA). La probabilité de correspondance fortuite pour plusieurs marqueurs est extrêmement faible (1 sur des centaines de milliards avec 10 marqueurs), permettant une identification « quasi formelle » dans les enquêtes criminelles.
La génétique moléculaire est un domaine de la biologie qui étudie la structure et la fonction des gènes au niveau moléculaire. Elle cherche à comprendre comment l'information génétique est stockée, exprimée et héritée.
I. Découverte du Matériel Héréditaire et de sa Structure
1. Le "Principe Transformant" de Griffith (1928)
- Frederick Griffith a démontré la présence d'un "principe transformant" chez les pneumocoques.
- Il a observé que des bactéries non pathogènes (souche R, rough) pouvaient être transformées en bactéries pathogènes (souche S, smooth) en présence d'extraits de souches S tuées par la chaleur.
- La souche S possède une capsule de polysaccharides qui la protège, absente chez la souche R due à une mutation.
- Cette expérience suggéra l'existence d'une substance capable de transférer des caractères héréditaires.
2. Identification du Désoxyribose par Levene (1929)
- Phoebus Levene a identifié le 2-désoxyribose comme le sucre présent dans l'acide thymonucléique.
- À cette époque, les protéines restaient les principaux candidats au rôle de support de l'information génétique.
3. L'Hypothèse "Un gène une enzyme" de Beadle et Tatum (1941)
- George Beadle et Edward Tatum ont utilisé la moisissure Neurospora crassa comme organisme modèle.
- Leurs analyses génétiques ont montré que des mutants de Neurospora crassa, déficients pour certaines voies métaboliques (ex: synthèse de l'arginine), ségrègent de manière mendélienne.
- Ils ont proposé que chaque gène contrôle la synthèse d'une enzyme spécifique (ou protéine), menant à l'hypothèse: un gène → une enzyme.
-
Croissance de souches de Neurospora crassa avec précurseurs d'arginine Type de souche Milieu minimum MM + ornithine MM + citrulline MM + arginine Sauvage + + + + I (gène A muté) – – – + II (gène B muté) – – + + III (gène C muté) – + + +
4. L'ADN est le Matériel Héréditaire: Avery, McLeod et McCarty (1944)
- Oswald Avery, Colin McLeod et Maclyn McCarty ont purifié le principe transformant identifié par Griffith.
- Leurs expériences ont montré que ce principe résiste à la dénaturation des protéines par la chaleur.
- Les tests colorimétriques ont prouvé l'absence de protéines ou d'ARN, mais la présence d'ADN purifié.
- Les tests enzymatiques ont confirmé que la substance transformante était insensible aux enzymes dégradant les protéines et l'ARN, mais était inactive après traitement par la désoxyribonucléase (DNase), une enzyme qui dégrade l'ADN.
- Conclusion: L'ADN est le matériel héréditaire.
5. Les Règles de Chargaff (1949)
- Erwin Chargaff a analysé la composition en bases azotées de l'ADN de différentes espèces.
- Il a montré que le rapport (A+T)/(C+G) varie selon les espèces mais est constant au sein d'une même espèce.
- Plus important, le rapport A/T et C/G est toujours proche de 1 pour toutes les espèces étudiées.
- Ces règles ont été cruciales pour la future élucidation de la structure de l'ADN.
6. Données de Diffraction des Rayons X: Franklin et Wilkins (1951-1952)
- Rosalind Franklin et Maurice Wilkins, avec l'aide de leur étudiant Raymond Gosling, ont produit des clichés de diffraction des rayons X de l'ADN.
- Leurs travaux ont révélé que l'ADN existe sous deux formes principales: la forme A (déshydratée) et la forme B (hydratée).
- La célèbre "Photo 51" (Mai 1952) de la forme B de l'ADN, obtenue par Franklin et Gosling, a fourni des indications clés sur la structure hélicoïdale de l'ADN, la distance entre les bases (3,4 Å) et la répétition structurale (34 Å).
7. L'Expérience de Hershey et Chase (1952)
- Alfred Hershey et Martha Chase ont utilisé des bactériophages T2 (virus infectant les bactéries) comme modèle expérimental.
- Ils ont marqué l'ADN des phages avec du phosphore radioactif (P) et leurs protéines avec du soufre radioactif (S).
- Après infection des bactéries, ils ont constaté que le P (ADN) entrait dans les cellules bactériennes et était transmis à la descendance virale, tandis que le S (protéines) restait majoritairement à l'extérieur.
- Cette expérience a confirmé de manière irréfutable que l'ADN est le support de l'information génétique.
8. Modèle de la Double Hélice de Watson et Crick (1953)
- James Watson et Francis Crick, au laboratoire Cavendish de Cambridge, ont proposé le modèle de la double hélice de l'ADN.
- Ils ont intégré les éléments suivants:
- La composition chimique de l'ADN (désoxyribose, bases azotées, groupes phosphate).
- Les clichés de diffraction aux rayons X de Franklin et Wilkins indiquant une structure hélicoïdale.
- Les règles de Chargaff sur l'appariement des bases (A=T, C=G).
- Les analyses en microscopie électronique montrant un diamètre de 20 Å pour la molécule d'ADN, suggérant deux chaînes.
- Leur modèle décrit l'ADN comme une double hélice dextrogyre composée de deux chaînes de désoxyribose-phosphate enroulées autour d'un même axe.
- Les bases azotées sont à l'intérieur, appariées de façon spécifique (A avec T par 2 liaisons hydrogène, C avec G par 3 liaisons hydrogène), et les groupes phosphate à l'extérieur.
- Les deux brins sont antiparallèles.
- Chaque pas de l'hélice contient 10 paires de bases et mesure 3,4 nm (34 Å), avec 0,34 nm (3,4 Å) entre deux paires de bases.
- Cette structure suggérait immédiatement un mécanisme possible de réplication du matériel génétique.
- Watson, Crick et Wilkins ont reçu le Prix Nobel de Physiologie et de Médecine en 1962 pour la découverte de la structure moléculaire des acides nucléiques et leur importance pour le transfert d'information dans le matériel vivant.
9. Dogme Central de la Biologie Moléculaire: Francis Crick (1958)
- Francis Crick a postulé le "Dogme central de la biologie moléculaire", décrivant le flux d'information génétique unidirectionnel: ADN → ARN → Protéine.
10. Réplication Semi-conservative de l'ADN: Meselson et Stahl (1958)
- Matthew Meselson et Franklin Stahl ont démontré que la réplication de l'ADN est semi-conservative.
- Ils ont cultivé des bactéries dans un milieu avec un isotope lourd de l'azote (N), puis transféré les bactéries dans un milieu avec un isotope léger (N).
- L'analyse de la densité de l'ADN par ultracentrifugation en gradient de chlorure de césium a montré que chaque nouvelle double hélice d'ADN est constituée d'un brin parental et d'un brin nouvellement synthétisé.
11. Existence de l'ARN Messager: Jacob et Monod (1960)
- François Jacob et Jacques Monod (avec André Lwoff) ont démontré l'existence d'un intermédiaire entre l'ADN et les protéines, l'ARN messager (ARNm).
- Ils ont reçu le Prix Nobel en 1965.
12. Décryptage du Code Génétique: Nirenberg et Matthaei (1961)
- Marshall Nirenberg et Heinrich Matthaei ont réussi à décrypter le code génétique.
- Ils ont montré qu'un codon (séquence de trois bases) spécifie un acide aminé.
- Le code génétique est:
- Spécifique: un codon ne code qu'un seul acide aminé.
- Dégénéré (ou redondant): plusieurs codons peuvent coder le même acide aminé (il y a codons possibles pour 20 acides aminés).
- Ponctué: il ne contient pas de virgules entre les codons et est lu de manière continue.
- Universel: pratiquement le même chez tous les êtres vivants (avec quelques rares exceptions, notamment dans les mitochondries et certains protistes).
- Le codon AUG est le codon d'initiation (code pour la méthionine).
- Les codons UAA, UAG, UGA sont les codons STOP.
- Nirenberg a reçu le Prix Nobel en 1968.
II. Synthèse des Protéines
La synthèse des protéines est le processus par lequel l'information génétique contenue dans l'ADN est convertie en protéines fonctionnelles. Il se déroule en deux étapes principales : la transcription et la traduction.
1. Transcription: Du gène à l'ARN messager (ARNm)
- Localisation: Dans le noyau (chez les eucaryotes).
- Principe: L'information génétique de l'ADN est copiée en une molécule d'ARN. L'ADN ne quitte pas le noyau; l'ARNm transporte l'information vers le cytoplasme.
- Différences entre ADN et ARN:
- Le sucre de l'ARN est le ribose (contre désoxyribose pour l'ADN).
- L'ARN contient l'uracile (U) à la place de la thymine (T). U s'apparie avec A.
- L'ARN est généralement une simple chaîne de nucléotides (bien que des segments puissent s'apparier).
- Les molécules d'ARN sont plus courtes et plus instables que l'ADN.
- Processus:
- L'enzyme ARN polymérase se fixe à une région spécifique de l'ADN appelée promoteur, juste avant le début du gène.
- Le promoteur indique le brin d'ADN à transcrire et le point de départ de la transcription.
- L'ARN polymérase déroule une partie de la double hélice d'ADN et synthétise un brin d'ARNm complémentaire au brin d'ADN matrice, dans la direction 5' → 3'.
- Plusieurs ARN polymérases peuvent transcrire un même gène simultanément.
- Une fois l'ARNm synthétisé, il se détache du brin d'ADN, et la double hélice d'ADN se referme.
2. Maturation de l'ARN (chez les eucaryotes)
- L'ARNm fraîchement transcrit (pré-ARNm) subit plusieurs modifications avant de quitter le noyau:
- Épissage: Les gènes eucaryotes contiennent des séquences non codantes appelées introns (INTragenic RegiON, découvertes par Sharp et Roberts en 1993) et des séquences codantes appelées exons. L'épissage élimine les introns et relie les exons entre eux pour former un ARNm mature.
- Coiffe 5': Ajout d'une guanosine modifiée à l'extrémité 5'. Elle protège l'ARNm de la dégradation enzymatique et sert de site de reconnaissance pour le ribosome.
- Queue poly-A: Ajout d'une longue séquence d'adénines (150-200 nucléotides A) à l'extrémité 3'. Elle protège également l'ARNm de la dégradation et aide à son transport hors du noyau.
- Remarque: les mécanismes d'épissage sont spécifiques aux eucaryotes. Les bactéries (procaryotes) ne possèdent pas d'introns dans leurs gènes codant pour les protéines et ne peuvent donc pas épisser l'ARNm eucaryote.
- Un même gène peut subir un épissage alternatif, produisant différentes protéines à partir d'un seul gène.
3. Traduction: De l'ARNm à la Protéine
- Localisation: Dans le cytoplasme, au niveau des ribosomes.
- Acteurs de la traduction:
- ARNm: Contient l'information génétique (la "recette") sous forme de codons.
- Ribosomes: Les "machines" d'assemblage des acides aminés.
- Composés de deux sous-unités (grande et petite), formées d'ARN ribosomal (ARNr) et de protéines.
- Ils possèdent deux sites de liaison principaux pour les ARNt: le site P (peptidyl) et le site A (aminoacyl).
- Les ARNr sont synthétisés à partir de gènes spéciaux (ADN) qui ne codent pas pour des protéines et existent en de nombreuses copies.
- Acides aminés: Les "pièces de construction" des protéines.
- ARN de transfert (ARNt): Molécules qui transportent les acides aminés spécifiques.
- Chaque ARNt possède un anticodon (séquence de trois nucléotides) qui s'apparie spécifiquement à un codon de l'ARNm.
- L'extrémité 3' de l'ARNt se lie à un acide aminé spécifique, grâce à l'enzyme aminoacyl-ARNt synthétase, qui reconnaît à la fois l'acide aminé et l'anticodon de l'ARNt.
- Il existe des gènes spéciaux pour la synthèse des ARNt.
- Processus:
- L'ARNm se fixe à la petite sous-unité du ribosome.
- Le premier ARNt (portant la méthionine et ayant l'anticodon UAC) se fixe au codon d'initiation AUG de l'ARNm.
- La grande sous-unité du ribosome se fixe, formant un ribosome fonctionnel.
- Un deuxième ARNt, dont l'anticodon est complémentaire au codon suivant de l'ARNm, se lie au site A du ribosome.
- Une liaison peptidique est formée entre l'acide aminé porté par le premier ARNt et celui porté par le deuxième ARNt (catalysée par l'ARNr).
- Le ribosome se déplace de trois nucléotides le long de l'ARNm (translocation). Le premier ARNt est libéré, et le deuxième ARNt (portant la chaîne d'acides aminés en croissance) passe du site A au site P.
- Le cycle se répète, les acides aminés s'ajoutant un par un à la chaîne polypeptidique.
- La traduction se termine lorsque le ribosome atteint un des codons STOP (UAA, UAG, UGA) sur l'ARNm. Une protéine appelée "facteur de terminaison" se fixe, provoquant la libération de la chaîne polypeptidique et la dissociation du ribosome.
- La protéine synthétisée entre ensuite dans le réticulum endoplasmique, où elle acquiert sa structure tridimensionnelle finale.
- En résumé: chaque triplet de nucléotides sur l'ADN correspond à un codon de l'ARNm, qui correspond lui-même à un anticodon spécifique de l'ARNt, lequel est lié à un acide aminé spécifique.
III. Mutations et Impact sur l'Information Génétique
Une mutation est une modification de l'information génétique (ADN) et peut avoir des conséquences diverses sur l'organisme.
1. Types de Mutations
- Mutations chromosomiques: Altérations affectant des chromosomes entiers.
- Changement du nombre de copies de chromosomes:
- Polyploïdie: Présence de lots complets de chromosomes en surplus.
- Aneuploïdie: Modification du nombre d'un ou plusieurs chromosomes (ex: trisomie 21).
- Altérations de la structure des chromosomes:
- Délétion: Suppression d'un fragment de chromosome.
- Duplication: Un fragment est recopié et inséré.
- Inversion: Un fragment est retourné.
- Translocation: Rattachement d'un fragment de chromosome à un autre chromosome non homologue.
- Changement du nombre de copies de chromosomes:
- Mutations ponctuelles: Anomalies dans la séquence des nucléotides (gènes).
- Substitutions: Un nucléotide est remplacé par un autre.
- Mutation faux-sens: Le remplacement d'un nucléotide entraîne le changement d'un acide aminé dans la protéine.
- Mutation non-sens: Le remplacement d'un nucléotide transforme un codon d'acide aminé en un codon STOP, conduisant à l'arrêt prématuré de la synthèse protéique.
- Insertions: Ajout d'un ou plusieurs nucléotides dans la séquence.
- Délétions: Suppression d'un ou plusieurs nucléotides dans la séquence.
- Substitutions: Un nucléotide est remplacé par un autre.
2. Conséquences des Mutations
- Les insertions et délétions (aussi appelées mutations par décalage du cadre de lecture ou frameshift mutations) peuvent entraîner des modifications majeures de la séquence des protéines car elles décalent la lecture des codons suivants.
- Une mutation peut rendre une protéine non fonctionnelle, diminuer son efficacité, ou très rarement lui conférer une nouvelle propriété bénéfique.
- Si une mutation survient dans un gamète (cellule sexuelle) ou une cellule formant des gamètes, elle peut devenir héréditaire.
- Dans de nombreux cas, les mutations provoquent un dérèglement cellulaire mortel, ou le cancer si la reproduction cellulaire est dérégulée.
3. Causes des Mutations
- Erreurs lors de la reproduction (réplication) des cellules.
- Substances chimiques toxiques (mutagènes).
- Radiations nocives (rayons X, UV).
IV. Génie Génétique et ses Applications
Le génie génétique regroupe l'ensemble des techniques permettant de manipuler l'ADN et les gènes pour modifier les caractéristiques des organismes vivants.
1. Objectifs
- Produire de grandes quantités de protéines rares ou spécifiques (ex: hormones, enzymes, interféron, insuline par des bactéries).
- Créer des Organismes Génétiquement Modifiés (OGM) (plantes, animaux) présentant de nouvelles caractéristiques (résistance aux herbicides, croissance améliorée, résistance au froid, à la salinité, etc.).
2. Outils du Génie Génétique
- "Ciseaux" pour découper l'ADN: les enzymes de restriction
- D'origine bactérienne (système de défense contre les virus).
- Reconnaissent des sites spécifiques de 4 à 10 paires de bases, souvent des palindromes.
- Peuvent créer des extrémités franches (coupure symétrique) ou des bouts collants (coupure asymétrique), ces derniers étant utiles pour l'insertion de gènes.
- Permettent de découper l'ADN en fragments plus courts et maniables.
- Copie de gène à partir de l'ARN messager: la transcriptase inverse
- Enzyme des rétrovirus, transcrit l'information de l'ARN en ADN (appelé ADNc pour ADN complémentaire).
- Utile pour le transfert de gènes dans des bactéries, car l'ADNc produit ne contient que les exons, ce qui est compatible avec le système procaryote.
- Moyen de séparer les fragments d'ADN: l'électrophorèse
- Sépare les molécules chargées (comme l'ADN) en fonction de leur taille dans un champ électrique.
- La vitesse de migration est inversement proportionnelle à la taille des fragments.
- Permet d'estimer la taille des fragments par comparaison avec des étalons.
- Outil pour "pêcher" les fragments d'ADN recherchés: les sondes
- Séquence d'ADN simple brin, complémentaire au fragment recherché, marquée (radioactivement ou fluorescentement).
- L'ADN doit être dénaturé (simple brin) pour permettre l'hybridation avec la sonde.
- La révélation se fait par autoradiographie pour les sondes radioactives.
- "Colle" pour recoller les morceaux d'ADN: les ligases
- Enzymes qui lient les fragments d'ADN, notamment aux "bouts collants" générés par les enzymes de restriction, pour créer de l'ADN recombinant.
3. Techniques Clés
- Clonage de gènes: Multiplier des gènes en quantité suffisante.
- Utilisation de plasmides (ADN circulaire bactérien contenant un gène de résistance à un antibiotique).
- L'ADN cible et les plasmides sont coupés avec la même enzyme de restriction.
- Le gène cible est inséré dans le plasmide grâce à une ligase, formant un plasmide recombinant.
- Les plasmides recombinants sont introduits dans des bactéries (transformation).
- Les bactéries sont cultivées sur un milieu contenant l'antibiotique, sélectionnant ainsi celles qui ont intégré le plasmide.
- Les colonies de bactéries contenant le gène d'intérêt sont repérées avec une sonde.
- Séquençage de l'ADN (méthode Sanger): Déterminer l'ordre des nucléotides.
- Basée sur l'activité de l'ADN polymérase et l'utilisation de didésoxynucléotides (ddNTP) qui bloquent l'allongement de la chaîne.
- Quatre réactions sont réalisées, chacune avec un ddNTP différent (ddA, ddT, ddC, ddG) en faible quantité.
- Cela produit des fragments d'ADN de longueurs différentes, se terminant par un ddNTP spécifique.
- Ces fragments sont ensuite séparés par électrophorèse sur gel, ce qui permet de lire la séquence.
- Réaction en chaîne par polymérase (PCR): Amplifier rapidement un fragment d'ADN.
- Comprend des cycles répétés de trois étapes :
- Dénaturation: L'ADN double brin est chauffé pour séparer les deux brins.
- Hybridation (ou annelage): Des amorces spécifiques se lient à chaque brin d'ADN.
- Élongation: Une ADN polymérase thermostable (ex: Taq polymérase) synthétise de nouveaux brins à partir des amorces.
- L'amplification est exponentielle, générant des millions de copies (amplicons) du fragment d'ADN désiré.
- Comprend des cycles répétés de trois étapes :
- Transgenèse: Introduction d'un gène d'une espèce à une autre.
- Permet de produire des protéines d'intérêt (comme l'insuline par des bactéries) ou de modifier des organismes (OGM, ex: fraises résistantes au froid).
- Le gène d'intérêt peut provenir d'un animal, d'une plante, d'un virus ou d'une bactérie.
- Méthodes chez les plantes:
- Utilisation d'Agrobacterium tumefaciens, une bactérie qui intègre naturellement ses gènes dans le génome des plantes.
- Bombardement par des microbilles de tungstène recouvertes d'ADN (canon à particules).
4. Empreinte Génétique / Profilage ADN (Alec Jeffreys, 1985)
- Découverte: Alec Jeffreys a observé des séquences répétitives non codantes dans l'ADN (appelées VNTR ou STR) dont le nombre de répétitions varie entre les individus.
- Méthode: Utilisation du "Southern blotting".
- L'ADN est découpé par des enzymes de restriction.
- Les fragments sont séparés par électrophorèse en fonction de leur taille.
- Les fragments sont transférés sur une membrane et hybridés avec des sondes radiomarquées spécifiques des séquences répétitives.
- L'autoradiographie révèle un motif unique de bandes (aspect de "code barre").
- Applications: Identification judiciaire (ex: affaire Colin Pitchfork en 1986), tests de paternité.
- Interprétation des résultats:
- Une non-concordance exclut formellement un individu.
- Une concordance n'est pas une identification formelle mais une probabilité statistique. La probabilité d'une correspondance fortuite diminue drastiquement avec l'augmentation du nombre de marqueurs analysés (ex: avec 10 marqueurs, la probabilité est de 1 sur des centaines de milliards).
V. Gènes, Introns et Régulation
1. Introns et Exons
- La totalité de l'ADN d'une cellule n'est pas codante. Il existe une grande quantité d'ADN non codant:
- Entre les gènes codants.
- À l'intérieur des gènes, ce sont les introns (séquences intercalaires non codantes).
- Les séquences codantes à l'intérieur des gènes sont appelées exons.
- Certains gènes peuvent avoir un très grand nombre d'introns (ex: gène du collagène avec 50 introns, ou le gène DMD avec près de 99,3% d'introns).
2. Régulation de l'Expression Génique
- Tous les gènes ne sont pas exprimés dans toutes les cellules ou à tout moment.
- Gènes de maintenance: Exprimés en permanence (ex: ARNr, ARNt, ARN/ADN polymérases, ARNt synthétases).
- Gènes régulés: Exprimés uniquement sous certaines conditions, en fonction des besoins de la cellule ou de l'organisme.
- Mécanismes de régulation chez les procaryotes (ex: opéron lactose chez E. coli):
- Inducteurs: Substances qui déclenchent l'expression d'enzymes qui les métabolisent. L'ensemble des gènes et leurs éléments régulateurs est appelé opéron.
- Régulation par un répresseur (contrôle négatif):
- En l'absence de l'inducteur (ex: lactose), une protéine répressive se fixe à une séquence d'ADN appelée opérateur, empêchant la transcription des gènes de l'opéron.
- En présence de l'inducteur, celui-ci se lie au répresseur, l'inactive, et la transcription peut avoir lieu.
- Régulation par un activateur (contrôle positif):
- Certaines substances agissent comme des activateurs, se liant à l'ADN et facilitant la fixation de l'ARN polymérase pour la transcription.
- Si une molécule (corépresseur) se fixe à l'activateur, elle peut l'inactiver et bloquer la transcription.
- Les modes de régulation peuvent être complexes, impliquant des interactions entre répresseurs, activateurs et diverses molécules signal.
3. Taille du Génome et Nombre de Gènes
- Le nombre de gènes ne corrèle pas toujours avec la complexité de l'organisme.
- Exemples:
- Humain: 30 000 à 40 000 gènes.
- Arabidopsis thaliana (plante): 25 000 gènes.
- C. elegans (nématode): 19 000 gènes.
- Drosophile: 13 600 gènes.
- Le concept de "gène" lui-même est devenu plus complexe avec la découverte de l'épissage alternatif et du fait que de l'ADN non codant a des fonctions régulatrices.
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