Cours théorique
50 kartLe comportement animal est un domaine complexe qui étudie les interactions entre les individus et leur environnement. Il englobe l'éthologie, l'étude des comportements innés et acquis, ainsi que les différentes étapes de développement de ces comportements. Les animaux domestiques, en particulier, ont développé des comportements spécifiques en réponse à leur domestication et à leur relation avec l'homme. Les progrès scientifiques ont permis une meilleure compréhension de ces comportements, menant à des améliorations dans le bien-être animal et à une relation plus harmonieuse entre l'homme et l'animal.
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Introduction l'Éthologie Animale
L'éthologiIe est la science qui étudie le comportement animal. Elle s'intéresse aux mœurs, coutumes et habitudes des espèces, cherchant à comprendre pourquoi et comment elles agissent dans leur environnement.
Définition et Étymologie
L'éthologie, terme introduit par Isidore Geoffroy Saint-Hilaire en 1859, vient du grec:
`ηθος` (ethos) : *mœurs, coutume, habitude*
`λογος` (logos) : *science, étude*
Elle se distingue par l'observation (décrire) et l'expérimentation (interpréter), souvent en comparant des espèces différentes et en se plaçant dans la perspective de l'évolution.
Le Comportement
Le comportement est défini comme le mouvement ou l'attitude du corps résultant de l'interaction entre l'individu et son environnement (interne ou externe).
Les Quatre Questions Fondamentales de Tinbergen
Selon Nikolaus Tinbergen, l'étude du comportement repose sur quatre questions fondamentales :
Cause immédiate: Pourquoi et par quel mécanisme le comportement se produit-il *hic et nunc* (ici et maintenant)?
Finalité: À quoi sert ce comportement ? Quelle est sa fonction pour la survie et la reproduction de l'individu ?
Phylogenèse: Pourquoi ce comportement est-il présent compte tenu de l'évolution de l'espèce ? Quelle est son histoire évolutive ?
Ontogenèse: Comment ce comportement se développe-t-il chez l'individu au cours de sa vie ?
Ces questions orientent l'analyse des comportements, qu'ils soient phylogéniques (liés à l'évolution de l'espèce) ou ontogéniques (liés au développement individuel).
Les Stimuli
Un stimulus est une modification réversible du milieu (externe ou interne) qui, au-delà d'un certain seuil, engendre des excitations sensitives capables de déclencher, favoriser ou orienter un comportement.
Types de Stimuli
Stimulations exogènes: Provenant de l'environnement externe.
De l'environnement inanimé (ex: température, nourriture, heure).
De l'environnement animé (ex: congénère, humain, prédateur).
Ces stimuli sont perçus par les organes des sens, transformés en influx nerveux et transmis au système nerveux central. Chaque espèce possède des aptitudes sensorielles spécifiques.
Stimulations endogènes: Provenant du milieu interne de l'individu.
Perception par des récepteurs sensitifs internes (ex: vacuité stomacale, réplétion vésicale).
Stimulations chimiques (ex: diminution du pH sanguin, augmentation du glucose ou du CO2 sanguin).
Stimulations hormonales (ex: œstrogènes, prolactine, catécholamines).
Rythmes biologiques (ex: rythme circadien, rythme annuel).
Umwelt et Stimulus Social
Umwelt (`monde propre`): L'ensemble des stimulations qu'une espèce animale est capable de percevoir physiologiquement dans son environnement. Chaque individu filtre et sélectionne les informations de son Umwelt.
Stimulus social: Un stimulus exogène provenant des animaux eux-mêmes, servant de moyen de communication (ex: partie du corps, odeur, son, mouvement, posture).
La Motivation
La motivation est le processus mental qui déclenche un comportement donné à un moment donné. Elle est influencée par l'interprétation des stimuli exogènes et endogènes, les émotions et les expériences antérieures. Elle correspond à l'ensemble des stimulations endogènes.
Mesure de la Motivation
L'évaluation de l'intensité de la motivation est difficile. On peut mesurer :
Le nombre de réponses produites.
L'intensité du stimulus aversif supporté.
La présence de comportements anormaux (ex: stéréotypies).
Le seuil est l'intensité minimale qu'un stimulus doit avoir pour déclencher une réponse.
L'Adaptation
Le comportement vise à donner la plus grande chance de survie aux gènes de l'individu. L'adaptation est le maintien de l'équilibre entre un organisme et son environnement grâce à des interactions réciproques, possibles via :
Différentes structures (organes, tissus, cellules).
Différents mécanismes (physiologiques, biochimiques, immunologiques, comportementaux).
Comportement Phylogénique
Un comportement phylogénique est un comportement développé au cours de l'évolution de l'espèce et présent chez tous ses individus.
Caractéristiques
Le comportement phylogénique est :
Héréditaire (transmis génétiquement et soumis aux lois de la génétique).
Présent chez tous les individus de l'espèce (mâles, femelles, adultes, etc.).
Généralement présent à la naissance (`congénital`, mais pas toujours).
Stéréotypé: reproduit de la même manière (suite rigide de gestes élémentaires).
Constant dans son expression, facile à reconnaître.
Ne doit pas être appris ; il constitue la «mémoire de l'espèce».
Ces comportements sont prépondérants chez les espèces animales peu évoluées. Ils peuvent être modifiés par l'apprentissage chez les espèces plus évoluées.
Exemples
Le chienne qui rapporte ses chiots au nid.
L'écureuil qui enterre ses noisettes.
La pie-grièche qui arrache le dard des abeilles.
La peur innée du vide chez le chaton (expériences de déprivation).
La fonction principale est d'assurer la multiplication des gènes de l'individu, garantissant sa survie.
Stimuli-Clés
Un stimulus-clé (ou stimulus déclencheur inné, SDI, stimulus-signal) est un stimulus capable de déclencher un comportement inné.
Exemples de Stimuli-Clés
Le mouvement brusque d'un objet déclenche le comportement de prédation chez le chat.
Le cri des poussins déclenche le comportement maternel chez la dinde.
La stimulation de la main d'un bébé humain provoque la fermeture de la main.
Comportements Complexes
Des comportements complexes peuvent être des enchaînements de patrons-moteurs innés, où l'exécution de l'un fait apparaître le stimulus-clé du suivant (ex: prédation chez le chat, construction du nid des oiseaux).
Détermination des Caractéristiques d'un Stimulus-Clé : Méthode des Leurres
Cette méthode consiste à présenter des objets qui miment le stimulus-clé pour voir s'ils déclenchent le comportement inné. En modifiant les caractéristiques du leurre (couleur, forme, taille), on identifie les propriétés minimales et leur efficacité.
La tique pique à `` et à l'odeur d'acide butyrique.
La poule protège son poussin en fonction de ses cris, pas de sa vue.
Les mouettes et goélands se nourrissent en fonction de la couleur du bec et du contraste d'une *tache sur le bec*, plus que de sa forme.
Le rouge-gorge mâle attaque tout autre mâle de son espèce au printemps, mais aussi une boule de laine rouge de taille équivalente.
Chez l'humain, les caractéristiques du jeune (grande tête, front bombé, grands yeux, etc.) sont des stimuli-clés pour les soins.
Stimulus Supra-Normal
Un stimulus supra-normal est un leurre plus apte à déclencher un comportement inné que le stimulus-clé naturel.
L'huîtrier-pie préfère un œuf de goéland argenté au sien.
Le rossignol préfère nourrir un jeune coucou (plus grand, aspect, couleur du bec).
Les cuillères de pêche déclenchent mieux la prédation chez les poissons carnivores.
Chez l'homme, les épaules larges des uniformes ou le rouge à lèvres chez la femme peuvent être des stimuli supra-normaux.
Déclencheur Social
Un déclencheur social est un stimulus social qui agit comme un stimulus-clé, capable de déclencher un comportement inné (ex: comportements de cour avant l'accouplement).
Phases du Comportement Phylogénique
Le comportement phylogénique se déroule en trois phases :
Phase d'Appétence: Sous l'influence de stimuli endogènes, l'animal recherche les stimuli-clés correspondants dans son environnement (ex: chat cherchant une souris).
Phase de Consommation: En présence des stimuli-clés, l'animal exprime le comportement
(ex: volaille ingérant des graines).
Phase d'Apaisement/Relâchement: Les réactions disparaissent si les stimuli exogènes sont retirés. L'animal reprend le comportement lorsque le niveau de stimulation endogène est suffisant (ex: chien grattant le sol après défécation).
Mécanisme Déclencheur Inné (MDI)
Le Mécanisme Déclencheur Inné (MDI), aussi appelé *Innate Releasing Mechanism (IRM)*, est un filtre neurologique qui identifie et quantifie les stimuli exogènes (stimuli-clés) et endogènes (motivation). Il déclenche un comportement spécifique si la combinaison des stimuli atteint un niveau suffisant.
Modèle Hydromécanique de Lorenz
Ce modèle illustre le fonctionnement du MDI:
Un réservoir représente la motivation (stimuli endogènes).
Un poids représente les stimuli-clés.
Si le niveau du réservoir est élevé, un faible poids suffit pour ouvrir la soupape (déclencher le comportement).
Si le niveau est bas, un poids plus lourd est nécessaire.
En d'autres termes, une forte motivation réduit le seuil d'action des stimuli-clés, et vice versa. Cela offre plusieurs combinaisons déclenchantes.
Réponses du MDI
Si le comportement est soumis à la loi du «tout ou rien»:
La réponse est toujours la même qualitativement.
Elle varie en nombre ou en fréquence d'apparition.
Ex: Nombre de saillies chez le lion varie avec l'intensité des stimuli.
Si le comportement n'est pas soumis à la loi du «tout ou rien»:
Il y a toujours une seule réponse.
Elle varie en intensité.
Ex: Quantité de nourriture ingérée chez le chien en fonction de la motivation.
Mouvement d'Intention
Un mouvement d'intention est un comportement instinctif seulement esquissé ou amorcé, indiquant la disponibilité à une action particulière ou une stimulation endogène brève (ex: attitude de menace avant l'agression).
Influence sur le MDI
Fatigue du MDI: Après de nombreuses réponses, les stimuli-clés deviennent moins efficaces (ex: période réfractaire post-coïtale chez le chien, qui diminue si une autre femelle réceptive est présente).
Décharge à vide: Un excès de stimulation endogène peut provoquer une réponse sans stimulus-clé (son seuil d'action descend à zéro) (ex: couvaison avant le premier œuf).
Taxies et Maturation
Taxies
Les taxies sont des mouvements d'orientation (déplacements) qui modifient des comportements innés rigides. Ce sont des comportements innés, déclenchés et entretenus par des agents physiques ou chimiques (stimuli conducteurs), pouvant être positifs (rapprochement) ou négatifs (éloignement).
Ex: Géotaxie, anémotaxie, chimiotaxie, phototaxie, rhéotaxie (truite nageant face au courant).
Ex: L'oie ramenant un œuf au nid effectue des cinèses (déplacements) et des taxies (corrections de trajectoire).
Elles sont surtout présentes chez les espèces peu évoluées.
Maturation
La maturation est l'amélioration de l'efficacité des comportements innés au cours du temps, grâce au développement du système neuro-musculaire, et non à l'apprentissage.
Ex: L'«apprentissage» du vol chez les oiseaux. Un oiseau empêché de voler maladroitement au début volera quand même d'emblée à la fin de la période de maturation.
La maturation peut aussi induire des modifications des comportements innés. Plus une espèce est évoluée, plus l'apprentissage interagit avec ces processus (ex: discrimination entre un leurre de rapace ou de canard selon son sens de déplacement).
Conflits de Motivation
Les conflits de motivation surviennent lorsque deux systèmes comportementaux innés incompatibles (A et B) sont activés simultanément, produisant des réponses X et Y. Ces conflits concernent surtout le comportement social.
Types de Conflits
Conflit Hiérarchique: Si A et B ont des niveaux hiérarchiques différents, le système de niveau plus élevé est activé, et le plus bas est inhibé (ex: fuir un prédateur, même si la faim pousse à manger).
Ambivalence:
Simultanée: Compromis entre X et Y (ex: mimiques faciales de soumission-menace chez le chien).
Successive: Alternance rapide entre X et Y (ex: tilapia alternant assauts et fuites pour défendre son territoire).
Activité de Déplacement (ou de substitution): Ni X, ni Y, mais une troisième réponse Z sans rapport direct avec les conflits (ex: deux coqs picorant le sol au lieu de se battre, ou le toilettage en situation de stress).
Activité Redirigée (ou réorientée): X ou Y est dirigée vers un autre individu ou objet (ex: agresser un tiers après avoir été agressé, mordre le propriétaire pour le chien après une piqûre du vétérinaire).
Comportement Ontogénique (Apprentissage)
Le comportement ontogénique est un comportement appris au cours de la vie de l'individu, suite à l'expérience.
Définition de l'Apprentissage
L'apprentissage n'est pas directement observable, mais son existence permet d'expliquer l'apparition d'une relation nouvelle entre un élément de l'environnement et un comportement. Il se définit comme :
Un processus entraînant une modification, parfois importante, d'un comportement suite à la pratique ou à l'expérience.
Toute modification de la probabilité d'apparition d'un comportement en réponse à des stimulus spécifiques (non liée à la maturation ou la fatigue).
Une modification stable de l'organisme résultant de l'expérience, se manifestant par des changements comportementaux durables.
L'apprentissage est un processus cognitif permettant à l'animal d'assimiler l'organisation de son environnement et les conséquences de ses comportements, pour gérer ses actions futures. C'est la capacité du SNC à stocker des informations.
Stades de la Mémoire
Mémoire sensorielle (qqs secondes).
Mémoire à court terme (qqs minutes).
Mémoire à long terme (durée infinie, si répétitions ou forte valeur affective).
L'acquisition d'informations implique l'encodage et la consolidation (stabilisation de l'information en mémoire à long terme), suivie par la récupération ou le rappel (restitution de l'information pour utilisation). L'engramme est la trace neurologique de l'information en mémoire à long terme.
Classification des Apprentissages
Les apprentissages peuvent être classés selon le rôle de l'animal :
Animal Passif: L'animal subit l'influence de son environnement.
Conditionnement classique.
Habituation (ou sensibilisation).
Imprégnation.
Animal Actif: L'animal expérimente activement sur son environnement.
Conditionnement opérant.
Imitation (et tradition).
Apprentissage vicariant.
Animal Raisonneur: L'animal évalue la situation en fonction d'expériences antérieures et du raisonnement.
Apprentissage latent.
Intuition.
Apprentissages complexes.
Conditionnement Classique (Pavlovien)
Le conditionnement classique est une forme d'apprentissage associatif où l'animal associe un stimulus neutre (SN) à un stimulus inconditionnel (SI) et y réagit de la même manière. Le SN devient un stimulus conditionnel (SC), et la réponse inconditionnelle (RI) devient une réponse conditionnelle (RC).
Mécanisme
Avant conditionnement | Pendant conditionnement | Après conditionnement |
SI (nourriture) → RI (salivation) | SN (sonnerie) + SI (nourriture) → RI (salivation) | SC (sonnerie) → RC (salivation) |
Les réponses apprises sont de type involontaire et physiologique (sécrétion de glandes, contraction musculaire lisse).
Applications
Anes du Poitou: Une chanson (SC) déclenche l'érection des baudets (RC) en l'absence des juments en chaleur (SI).
Vache laitière: Le nettoyage du pis (SC) déclenche l'éjection du lait (RC).
Chien: Apprendre à déféquer sur ordre en associant l'ordre (SC) au début de la séquence d'élimination (RI).
Publicité: Utilisation de stimuli inconditionnels (beauté, bébés, animaux) pour associer une émotion positive (RC) à un produit.
Conditions d'Installation et Propriétés
Le SN doit précéder ou être simultané au SI dans un délai de quelques secondes (appariement).
Le SN doit régulièrement annoncer le SI (corrélation).
Une mémorisation prolongée de la RC est obtenue par des associations SC-SI nombreuses.
Extinction: L'animal apprend que le SC n'est plus suivi du SI, et la RC disparaît progressivement. Une récupération spontanée peut survenir après une période de repos.
Généralisation: La RC apparaît avec un SC similaire mais non identique. Elle a une valeur adaptative.
Discrimination: La RC n'apparaît pas avec un SC similaire mais non identique. Ceci permet d'étudier les capacités sensorielles des animaux.
Conditionnement excitateur (SC+): Le SC+ annonce un SI.
Conditionnement inhibiteur (SC-): Le SC- annonce l'absence d'un SI.
Conditionnement Opérant (Skinnerien)
Le conditionnement opérant est un apprentissage associatif où une réponse comportementale est modifiée par ses conséquences (renforcement ou punition). L'animal sélectionne les réponses qui lui sont favorables. C'est la base de l'apprentissage par essais et erreurs.
Mécanisme
``
`` (stimulus discriminatif): Présent dans l'environnement. `` augmente la probabilité de R; `` (ou ``) la diminue.
R (réponse): Type moteur, volontaire (muscles striés).
Conséquence de R:
Favorable: Renforcement (Rf+ ou Rf-), augmente la probabilité de R.
Défavorable: Punition (Pun+ ou Pun-), diminue la probabilité de R.
Facteurs influençant l
'efficacité
Le renforcement doit suivre *immédiatement* la réponse correcte. Sinon, risque de renforcer des comportements superstitieux.
Pour maintenir une réponse, un renforcement différé ou intermittent est plus résistant à l'extinction.
Renforcements
Un renforcement est un événement favorable qui augmente la probabilité de réapparition de la réponse.
Renforcement positif (Rf+): Apparition d'un stimulus appétitif (agréable).
Ex: Nourriture, caresse après une bonne action.
Renforcement négatif (Rf-): Disparition ou non-apparition d'un stimulus aversif (désagréable).
R d'échappement: Le stimulus aversif disparaît (ex: s'abriter quand il pleut).
R d'évitement: Le stimulus aversif n'apparaît pas (ex: s'abriter avant la pluie car il tonne).
Punitions
Une punition est un événement défavorable qui diminue la probabilité de réapparition de la réponse.
Punition positive (Pun+): Apparition d'un stimulus aversif.
Ex: Coup, choc électrique après une mauvaise action.
Punition négative (Pun-): Disparition ou non-apparition d'un stimulus appétitif (privation).
Ex: Retirer le jouet pour un enfant, ou la nourriture au chien qui mendie.
Comparaison des Conditionnements
Conditionnement Classique | Conditionnement Opérant | |
Éléments associés | SC → SI | `` |
Réponses | Involontaires/réflexes, lien obligatoire RI-SI, contrôlées par le SN neuro-végétatif. | Volontaires, motrices, complexes, adaptables, pas de lien obligatoire R-conséquence, contrôlées par le SN somatique. |
Lois | Répétition, extinction, généralisation, discrimination. | Idem + Loi de l'Effet (spécifique). |
Habituation et Sensibilisation
Ces apprentissages sont non-associatifs.
Habituation
L'habituation est la disparition d'une réponse non apprise à un stimulus donné après des présentations répétées de ce stimulus sans conséquences défavorables ou favorables.
C'est un apprentissage négatif (ne plus répondre), un relèvement du seuil de déclenchement.
Plus facile chez les jeunes, avec augmentation progressive de l'intensité du stimulus.
Spécifique à un stimulus, mais généralisation possible à des stimuli proches.
Concerne des réponses innées (alerte, peur).
Peut être annulée par la récupération spontanée (si le stimulus n'est pas présenté un temps) ou la désensibilisation (introduction d'un stimulus parasite).
Sensibilisation
La sensibilisation est l'augmentation de la réponse d'alerte provoquée par l'exposition répétée à une situation stimulante sans conséquences défavorables.
Un stimulus très intense induit généralement la sensibilisation plutôt que l'habituation.
Ex: Agneau fuyant un chien de plus en plus tôt.
Homéostasie Perceptive
C'est un état d'équilibre entre l'animal et les stimuli de son environnement. Les nouveaux stimuli sont évalués par comparaison avec des seuils de référence établis pendant le jeune âge (période sensible), puis ajustés par l'habituation.
Apprentissage Latent
L'apprentissage latent est l'association de plusieurs stimuli indifférents sans avantage
ou désavantage immédiat. Ces stimuli sont mémorisés et peuvent être utilisés plus tard.
Ex: Un enfant apprenant un mot (latemment) et l'utilisant plus tard dans le bon contexte. Des souris explorent un labyrinthe sans renforcement, mais apprennent plus vite le chemin si un renforcement est introduit par la suite.
Apprentissage par Intuition
L'apprentissage par intuition est une combinaison mentale spontanée d'expériences permettant de résoudre un problème jamais rencontré, sans essais et erreurs préalables.
Nécessite une compréhension des relations entre les éléments.
Très développé chez les vertébrés supérieurs (primates), mais non prouvé chez les animaux domestiques.
Apprentissage par Imitation
L'apprentissage par imitation est le phénomène par lequel le comportement d'un individu modèle (`M`) induit un comportement identique chez un autre individu observateur (`O`).
O apprend la réponse, mais pas les stimuli qui la provoquent.
Ex: Chiots apprenant des gestes d'Agility; chaton apprenant à pousser un levier.
La tradition est la transmission d'informations apprises à la génération suivante par imitation (ex: macaques lavant les patates douces).
Apprentissage Vicariant (par Observation)
L'apprentissage vicariant, ou *conditionnement opérant vicariant*, est la modification de l'acquisition d'un comportement par un observateur (`O`) suite à l'observation de la séquence d'apprentissage d'un modèle (`M`).
O observe M apprendre, sans répondre lui-même ni être renforcé. S'il est mis dans la même situation, O apprend plus vite et fait moins d'erreurs.
Prouvé chez de nombreuses espèces (singes, chiens, chats, rats), mais pas chez le cheval.
Imprégnation (ou Empreinte)
L'imprégnation est l'apprentissage d'un stimulus dont la réponse est innée. C'est un processus persistant, généralement irréversible, se produisant pendant une période critique précoce. La simple exposition au stimulus suffit.
Caractéristiques
Période Critique / Sensible:
Spécifique à chaque comportement (ex: reconnaissance de l'espèce, partenaire sexuel).
Limitée dans le temps, souvent de courte durée et liée aux capacités physiques.
Objet imprimé:
L'apprentissage est définitif.
Persiste toute la vie, quasi irréversible.
Importance de l'imprégnation: Certains comportements peuvent être perdus si le stimulus-clé n'est pas rencontré pendant la période critique (ex: veau et tétée, apprentissage des langues chez l'enfant).
Apprentissages Complexes
Il s'agit d'apprentissages non catégorisés par les précédents.
Influence de l'Expérience Précoce
La confrontation du jeune animal à un environnement physique et social varié et spacieux (enrichissement environnemental) améliore l'aptitude à l'apprentissage.
Une expérience précoce riche conduit à des animaux plus aptes à apprendre.
L'exposition à des situations aversives légères pendant la période néo-natale peut rendre les animaux moins émotifs.
Les manipulations humaines précoces réduisent les réponses de peur.
Comportement Ludique (Jeu)
Le comportement ludique est l'accomplissement de jeux, principalement chez les jeunes vertébrés supérieurs. Il se manifeste quand tous les autres besoins sont satisfaits, indiquant une bonne santé.
Comporte des patrons-moteurs de divers comportements, mais sans suite logique et en l'absence de leur motivation respective.
Fonctions: développement du système locomoteur, apprentissage social, communication, développement d'aptitudes à l'apprentissage (y compris latent).
Le jeu est auto-renforcé et une source d'informations sur l'environnement.
Applications de l'Apprentissage
L'étude de l'apprentissage a de nombreuses applications :
Dressage d'animaux de travail (chiens guides, chevaux, etc.) et facilitation des manipulations.
Étude des aptitudes sensorielles et de l'intelligence animale.
Prévention des comportements gênants et mise en œuvre de thérapies comportementales.
Domestication
La domestication est un processus évolutif à long terme par lequel des espèces sauvages développent une relation de dépendance avec l'homme, impliquant des modifications morphologiques, physiologiques et comportementales.
Définition et Idées Maîtresses
Processus évolutif continu (depuis des milliers d'années).
Vie au contact de l'homme, diminution ou disparition de la peur.
Prise en charge par l'homme (nourriture, logement, santé, reproduction).
Utilité pour l'homme (productions, compagnie, travail).
Avantages pour les animaux (gîte et couvert).
Disparition de la soumission à la sélection naturelle.
Augmentation de la variabilité entre les individus.
Modifications morphologiques, physiologiques et comportementales.
Néoténie: Persistance chez l'adulte de caractères juvéniles (ex: chien adulte communique avec postures de chiot, chat ronronne).
Historique de la Domestication
Révolution cynégétique (Paléolithique): Passage d'un régime végétarien à carné, développement de la chasse. Domestication du chien (de -30 000 à -12 000 ans).
Révolution néolithique (Néolithique, à partir de -10 000 ans): Passage à une économie de production alimentaire (végétale et animale). Sédentarisation. Domestication des petits ruminants, porcs, chevaux, volailles.
Le processus de domestication à partir de l'apprivoisement et de la reproduction en captivité, jusqu'à la création de races spécialisées, prend 20 à 60 générations.
Espèces Férales (Marrons)
Animaux domestiques retournés à l'état sauvage s'adaptent et se reproduisent.
Si la souche sauvage est présente, des recroisements rapides peuvent faire disparaître les traits de domestication.
Si la souche sauvage est absente, les traits domestiques se perdent progressivement mais pas complètement.
Ex: Porcs échappés en Australie, moutons en Corse, lapins en Belgique.
Espèces Domestiques Actuelles et Passées
Plus de 200 espèces ont été ou sont domestiquées. Les plus connues étant le chien, chèvre, mouton, porc, bovin, cheval, chat, lapin, poule.
Caractéristiques Comportementales Favorables à la Domestication
Peu de besoins spécifiques, espèces omnivores ou nourries par les sous-produits.
Aptitude à être familiarisé à l'homme et facile à manipuler.
Pas de territorialité forte (sauf exceptions).
Structure sociale en groupe mixte, avec hiérarchie de dominance stable.
Comportement sexuel tolérant, précocité reproductive et jeunes nidifuges.
Comportement maternel tolérant, liens mère-jeune développés.
Effets de la Domestication sur le Comportement
Sur les patrons-moteurs innés: Stabilité générale.
Exceptions: Le chien aboie plus que le loup.
Complexification: Vol ritualisé chez les pigeons domestiques.
Simplification: Parade nuptiale simplifiée chez l'oie domestique.
Sur la séquence comportementale: Des phases peuvent être raccourcies, allongées ou supprimées (ex: arrêt chez les chiens de chasse, suppression du nid chez les poules. Comportement alimentaire simplifié chez le porc. Disparition de la placentophagie chez la jument).
Sur les seuils de déclenchement: Abaissement ou relèvement (ex: poule qui couve tout jeune oiseau, augmentation de l'agressivité).
Relation Homme-Animal (RHA)
La relation entre l'homme et l'animal a évolué quantitativement et qualitativement, entraînant de nouveaux enjeux et thérapies.
RHA de Compagnie
Évolution Quantitative
Augmentation considérable du nombre d'animaux de compagnie depuis la Seconde Guerre Mondiale.
Évolution Qualitative
Les motivations pour posséder un animal de compagnie ont changé:
Réponse à la solitude, rupture du contact avec la nature.
Valorisation sociale, image flatteuse.
Confiance, sécurité morale et physique, plaisir et détente.
Répond à un besoin d'affectivité et aide au développement de l'enfant.
Les animaux de compagnie améliorent la qualité de vie de l'homme, augmentant la longévité et diminuant la morbidité.
Évolution des Troubles Comportementaux
Comportement gênant: Non pathologique, mais non toléré par le propriétaire ou la société.
Trouble du comportement: Pathologique, anormal en fréquence ou intensité.
Ces troubles semblent avoir augmenté avec la population canine et l'évolution de la RHA, notamment en raison d'un manque d'informations sur le comportement animal et la tendance à l'anthropomorphisme.
Thérapies Facilitées par l'Animal (Zoothérapie)
L'utilisation de l'animal comme aide aux humains en difficulté (handicapés, âgés, malades).
L'animal facilite la communication, offre un support affectif, développe le sentiment de responsabilité.
Il est un médiateur pour les enfants perturbés, et un soutien pour diverses pathologies.
L'animal est un facilitateur, pas un thérapeute. Le vétérinaire a un rôle clé dans le choix de l'animal et le suivi de son bien-être.
RHA de Rente
Un animal de rente est un animal qui procure un revenu à son propriétaire par ses productions ou son travail.
Évolution de l'Agriculture
Le passage d'un élevage artisanal à un élevage industriel (post-1950) a entraîné une évolution rapide du génotype et de l'environnement des animaux, avec concentration et spécialisation, visant la réduction des coûts de production.
Philosophies à l'égard de l'animal
Anthropocentrisme (Descartes, Église): L'homme au centre, l'animal est un objet sans âme.
Biocentrisme (Bentham, Schopenhauer, deep ecology): La valeur de tout être vivant est reconnue. Les animaux ont des droits.
Contrat domestique (Larrère & Larrère): Pacte implicite entre l'homme et l'animal, basé sur des échanges de services et des obligations mutuelles.
Opinion Publique
Depuis les années 1960, l'opinion publique est plus sensible au bien-être animal, influencée par l'éco-conscience et les médias. Les préoccupations sont passées de la négation de la cruauté à l'exigence positive de bien-être.
Réglementation et Signes de Qualité Différenciée (SQD)
La réglementation européenne et nationale intègre des normes de bien-être animal. Les SQD (labels de qualité) répondent aux exigences des consommateurs en garantissant des conditions de production respectueuses de l'animal et de l'environnement.
Ex: Labels de qualité wallons (Porc fermier, Blanc-Bleu fermier, Poulet de chair).
Le système HACCP (Hazard Analysis Critical Control Point) est un système préventif de contrôle qualité pour les aliments, appliqué du "champ à l'assiette", incluant les aspects de bien-être animal.
Bien-être et Stress
Bien-être: État mental et physique positif lié à la satisfaction des besoins physiologiques, comportementaux et des attentes de l'animal.
Stress: Réaction à des conditions défavorables. Il peut être efficace (avec ou sans coût), ou inefficace (inadaptation). L'inadaptation entraîne une diminution de la «fitness» biologique (chances de se reproduire).
Grands Systèmes Comportementaux
L'éthologie étudie divers systèmes comportementaux, qui peuvent être observés et mesurés (fréquence, intensité, durée).
Comportement Exploratoire
Prise de contact avec l'environnement en l'absence de motivation immédiate.
Phases: Alerte, examen à distance, examen direct.
Rôles: Perception du milieu, apprentissage, adaptation.
Altérations: Si inhibé (environnement pauvre), problèmes comportementaux (réactivité exagérée, stéréotypies).
Comportement Alimentaire
Recherche, reconnaissance et ingestion des aliments.
Spécificités: Herbivores, carnivores, omnivores, avec adaptations selon l'âge et la domestication.
Définitions: Faim (état physiologique), appétit (désir psychique), ingestion volontaire, satiété.
Déroulement: Faim → recherche → reconnaissance → ingestion.
Perturbations: Disponibilité des aliments, appétence, habitudes, facteurs environnementaux, sociaux (facilitation ou compétition).
Anomalies: Hyperphagie, cannibalisme, pica (ingestion de matières non alimentaires).
Comportement Dipsique
Recherche, reconnaissance et ingestion de l'eau de boisson.
Déroulement: Soif → recherche → reconnaissance → ingestion.
Facteurs: Composition des aliments, température ambiante, espèce, disponibilité de l'eau, apprentissage.
Comportement d'Élimination
Défécation et miction, avec postures spécifiques et souvent un lieu d'émission précis (chez certaines espèces). Rôle dans la communication olfactive (phéromones).
Comportement Social
Toute interaction entre individus (indépendante de la reproduction).
Socialisation
Apprentissage des modalités des relations au sein du groupe (intraspécifique) ou avec d'autres espèces (interspécifique, familiarisation). Importance de la période sensible pour l'apprentissage de l'espèce.
Moyens de Communication
Communication olfactive: Espèces macrosmatiques, utilisant des phéromones (substances chimiques déclenchant une réponse comportementale ou physiologique).
Communication auditive: Basée sur la fréquence, l'intensité et le timbre du son. Les audiogrammes montrent les perceptions propres à chaque espèce. Sons émis par phonation ou bruits de percussion.
Communication visuelle: Basée sur les attitudes corporelles, mimiques faciales, mouvements. Utilise le champ visuel, le champ binoculaire, l'acuité visuelle et la sensibilité chromatique. La ritualisation des comportements peut créer des signaux visuels précis (ex: posture d'invitation au jeu).
Communication tactile: Moins étudiée chez les mammifères, importante dans les relations mère-jeune ou rituels.
Comportement Agonistique
Comportement qui résout un conflit avec un congénère (menace, agression, fuite, apaisement). Combat intraspécifique est ritualisé.
Structure Sociale
Système dynamique régulant les relations entre membres d'une espèce dans un espace donné.
Domaine vital: Ensemble des lieux fréquentés.
Territoire: Portion du domaine vital défendue.
Distances: Interindividuelle, sociale, de fuite.
Types de groupes: Individualisé, anonyme (ouvert, fermé), agrégation.
Variété des structures sociales: Espèces solitaires, en couples, en harems, en groupes mixtes (avec des exemples spécifiques pour chaque).
Vie en Groupe et Hiérarchie de Dominance
La vie en groupe réduit les conflits et assure la cohésion.
La facilitation sociale est l'effet par lequel un comportement d'un animal déclenche ou augmente la fréquence du même comportement chez les autres.
La hiérarchie de dominance établit des rapports dominant/dominé, limitant les conflits et optimisant l'accès aux ressources. Elle est influencée par l'âge, la taille, le sexe, la force. Elle peut être linéaire, triangulaire ou complexe, et est stable avec l'identification individuelle des membres.
Le guidage (par un guide ou leader) et le rassemblement du troupeau sont d'autres comportements de groupe.
Comportement Reproducteur
Assure la perpétuation de l'espèce, divisant les individus en mâles et femelles.
Déroulement de la Reproduction
Puberté: Entrée en activité du système reproducteur.
Maturité sexuelle: Pleine capacité reproductive.
Période de reproduction: Déterminée par la photopériode, le climat et la domestication.
Activité sexuelle: Continue chez le mâle, cyclique chez la femelle (cycle oestral, ovulation, gestation, parturition).
Comportement Sexuel
Libido: Impulsion sexuelle sous dépendance hormonale.
Séquence: Chaleurs, comportement précopulatoire (parade nuptiale, cour), posture copulatoire, monte, intromission, éjaculation.
Chez la femelle: Attractivité (capacité à provoquer réponse du mâle), réceptivité (volonté d'accepter le mâle), proceptivité (invitation au mâle).
Anomalies: Impuissance, monte inadéquate, nymphomanie, homosexualité, chaleurs silencieuses.
Parturition
Évacuation du nouveau-né de l'organisme maternel, déclenchée par des hormones.
Signes: Agitation, isolement, construction du nid.
Placentophagie: Ingestion du placenta (rôle alimentaire, hygiène, protection).
Comportement de Couple
Principalement limité à l'accouplement. Un comportement paternel peut exister chez certaines espèces (oiseaux, canidés).
Comportement Néonatal et Maternel
Comportement maternel: Motivé par les hormones et renforcé par la présence du nouveau-né et les liquides fœtaux, menant à l'adoption.
Comportement du jeune: Pour sa survie: léchage, allaitement, maintien de la température, protection.
Types de jeunes: Nidifuges (précoces, se lèvent et se déplacent tôt), nidicoles (dépendants de la mère).
Phénomènes: *Followers* (suivent la mère constamment) et *Lyers/Hiders* (se cachent, peuvent être séparés).
Particularités: Thigmotaxie (contact physique), jeu, sevrage.
Anomalies: Absence de comportement maternel, abandon, refus d'allaitement, agressivité envers les jeunes, cannibalisme, vol de jeune, absence de jeu, sevrage précoce.
Comportement de Toilette (Grooming)
Soins apportés à la surface du corps.
Auto-toilette (self-grooming): Par l'animal lui-même.
Allot-oilette (allo-grooming): Par un congénère.
Mutual grooming: Soins réciproques.
Rôles: Hygiène, diminution de la tension sociale, promotion de la solidarité.
Perturbations: Risques pour le pelage, signe de diminution de la santé ou d'altération du bien-être.
Comportement Veille-Sommeil
Constitue un rythme biologique circadien (sur 24h).
Vigilance (éveil): État de conscience, varie selon les espèces.
Sommeil: Perte de conscience, diminution de l'aptitude à analyser le milieu.
Sommeil lent: Diminution des activités, récupération.
Sommeil paradoxal (REM): Mouvements oculaires, rêves, consolidation de la mémoire.
Position et durée du sommeil: Varient selon l'espèce et l'âge (double cyclicité).
Comportement Thermorégulateur
Maintien de la température corporelle dans des limites étroites.
Types d'animaux: Homéothermes (chaleur interne), hétérothermes (homéothermie partielle), poïkilothermes (t° suit l'extérieure).
Bilan thermique: Équilibre entre déperditions (thermolyse) et production (thermogénèse).
Réactions: Comportementales (rassemblement, abri, posture, dispersion) et physiologiques (activité physique, transpiration).
Zones de température:
Zone thermoneutre: Adaptation facile, faible effort.
Zone de stress thermique: Adaptation avec effort important.
Zone létale: Inadaptation, état de stress, risque de mort.
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