Cours d'anatomie pathologique

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Ce cours explore l'anatomie pathologique générale, incluant les lésions cellulaires, tissulaires, vasculaires et les troubles circulatoires, ainsi que l'inflammation, l'oncologie et les maladies métaboliques systémiques.

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Soru
Quelle est la définition de l'Anatomie Pathologique ?
Yanıt
L'étude des lésions macroscopiques, histologiques, ultrastructurales et biomoléculaires apportées par la maladie aux organes, tissus et cellules.
Soru
Quelles sont les trois grandes catégories de causes d'une maladie ?
Yanıt
Les causes immédiates (ex: bactérie), précipitantes ou favorisantes (ex: froid) et prédisposantes (ex: immunodéficience).
Soru
Qu'est-ce qu'un infarctus ?
Yanıt
Un foyer circonscrit de nécrose ischémique, consécutif à une oblitération artérielle. Il peut être blanc ou rouge (hémorragique).
Soru
Quels sont les 4 signes cardinaux de l'inflammation décrits par Celse ?
Yanıt
Rubor (rougeur), tumor (gonflement), cum calore (avec chaleur) et dolore (et douleur).
Soru
Quelle est la différence principale entre hypertrophie et hyperplasie ?
Yanıt
L'hypertrophie est l'augmentation de volume des cellules, tandis que l'hyperplasie est l'augmentation de leur nombre.
Soru
Définissez la thrombose.
Yanıt
La formation d'un caillot sanguin, appelé thrombus, dans la lumière de l'appareil circulatoire (cœur, vaisseau).
Soru
Qu'est-ce qu'une métastase ?
Yanıt
La formation secondaire d'un néoplasme malin (tumeur-fille) à distance, par migration de cellules cancéreuses.
Soru
Définissez ce qu'est une tumeur bénigne.
Yanıt
Une masse tissulaire qui croît lentement, refoule les tissus voisins sans les envahir, et ne produit pas de métastases.
Soru
Quelle est la différence entre un carcinome et un sarcome ?
Yanıt
Un carcinome est une tumeur maligne issue d'un tissu épithélial, un sarcome provient d'un tissu mésenchymateux (conjonctif).
Soru
Qu'est-ce que l'apoptose ?
Yanıt
Une forme de mort cellulaire programmée et coordonnée, destinée à éliminer des cellules indésirables ou endommagées sans inflammation.

CHAPITRE 1 : INTRODUCTION GÉNÉRALE

I.- ANATOMIE PATHOLOGIQUE, BIOLOGIE ET MÉDECINE

  • Définition: Étude des lésions macroscopiques, histologiques, ultrastructurales et biomoléculaires causées par la maladie aux organes, tissus et cellules.

  • La Maladie: Toute modification des états anatomiques ou fonctionnels normalement acceptés.

    • Les limites entre normal et pathologique ne sont pas nettement marquées (varient selon l'âge, le sexe, le climat).

  • La Santé:Non seulement l'absence de maladies, mais un état de bien-être complet physique, mental et social.

  • Indispensable pour le futur médecin: Connaissances en anatomie, histologie,embryologie, physiologie, biochimie, biophysique pour juger des troubles.

  • La maladie doit être identifiée et rattachée à sa cause pour une thérapeutique adaptée.

  • Lésions: Altérations tissulaires causées par l'agent étiologique, manifestées par signes physiques, symptômes fonctionnels, signes biologiques/biochimiques.

  • SÉMIOLOGIE: Née de la confrontation anatomoclinique, permet un diagnostic précis par examen du malade.

  • L'Anatomie Pathologique est la Cours Suprême de la Médecine.

Historique et Évolution

  • Longtemps: Clinique et Anatomie Pathologique étaient unies.

  • Après l'ouverture des cadavres: Comparaison manifestationsvivo et lésions post-mortem.

  • Laennec: Importance du pathologiste clinicien pour comprendre les lésions pulmonaires/pleurales.

  • Progrès optique (microscope): Individualisationde l'Anatomie Pathologique comme spécialité.

  • Aujourd'hui: Des méthodes complexes peuvent entraîner une spécialisation poussée, mais de nouveaux moyens de prélèvement (biopsie précoce) rapprochent cliniciens et pathologistes.

Objet de l'Anatomie Pathologique

  • Son objet est la maladie (trouble des états anatomiques ou fonctionnels).

  • Elle étudie l'étiologie (causes des maladies) et la pathogénie (mécanisme d'apparition et facteurs d'influence).

Classification des causes de maladies:

  • Causes immédiates: Déclenchent directement la maladie (ex: B.K. pour tuberculose, pneumocoque pour pneumonie). Découvertes en Microbiologie.

  • Causes précipitantes ou favorisantes: Permettent aux causes immédiates d'agir (ex: le froid pour le virus de la grippe). Liées à l'environnement.

  • Causesprédisposantes: Circonstances de terrain favorables au développement de la maladie (ex: immunodéficience, malnutrition, âge). Facteurs internes à l'organisme.

  • Ces causes interfèrent et sont souvent étudiées ensemble en étiopathogénie.

  • L'agent étiologique détermine des lésions morphologiques (microscopiques, macroscopiques, ultrastructurales, biomoléculaires).

  • Une maladie peut être asymptomatique (infra-clinique) même si avancée.

  • Les maladies sont classifiées selon leur étiologie et étiopathogénie:

    1. Maladies héréditaires: Gène porteur d'anomalie, transmission mendélienne (ex: Drépanocytose, Thalassémies).

    2. Maladies congénitales: Présentes à la naissance (ex: malformations de développement, syphilis, toxoplasmose).

    3. Maladies toxiques: Dues à des poisons ou substances toxiques (ex: Collapsus circulatoire toxique).

    4. Maladies infectieuses: Dues à des agents infectieux (bactéries, virus), contagieuses et transmissibles.

    5. Maladies traumatiques: Effets mécaniques directs (chaleur, froid, radiations, coups).

    6. Maladies dégénératives: Survenant avec le vieillissement. Difficiles à guérir, mais on sait les soulager.

    7. Maladies allergiques: Hypersensibilisation à un agent extérieur (allergène).

    8. Maladies auto-immunitaires: Hypersensibilisation de l'individu à ses propres constituants (ex: Lupus érythémateux disséminé, arthrite rhumatismale).

    9. Maladies nutritionnelles: Carence ou déficit alimentaire (ex: Kwashiorkor, marasme, avitaminoses).

    10. Maladies métaboliques: Perturbation d'un métabolisme (glucides, lipides).

    11. Maladies moléculaires.

    12. Maladies néoplasiques:les tumeurs.

    13. Maladies psychosomatiques: Origine émotionnelle (ex: Gastrite, HTA).

    14. Maladies iatrogènes: Causées par l'acte médical (bon ou mauvais) ou la parole du médecin.

    15. Maladies idiopathiques/cryptogénétiques/essentielles: Cause inconnue.

B.- Nomenclature des maladies

  • Tient compte du nom du chercheur (éponyme) (ex: Tumeur de Burkitt, Maladie de Hodgkin).

II.- ENSEIGNEMENT DE L'ANATOMIE PATHOLOGIQUE

  • Subdivisé en deux parties:

    • Anatomie Pathologique Générale: Étudie les processus pathologiques fondamentaux (lésions cellulaires, inflammation, oncologie générale).

    • Anatomie Pathologique Spéciale (Systémique): Étudie les maladies organe par organe et système par système.

  • L'Anatomie Pathologique Générale est un prérequis incontournable pour la Spéciale.

A.- Objectifs Généraux

  • Informer les étudiants sur les concepts et théories.

  • Apprendre à observer et analyser les changements pathologiques macroscopiques et microscopiques.

  • Intégrer les connaissances des sciences de base à la maladie.

  • Expliquer le rôle capital de l'Anatomie Pathologique (diagnostic, hôpital, justice, santé publique, recherche).

  • Développer l'esprit critique pourinterpréter les résultats.

B.- Objectifs Spécifiques

  1. Anatomie Pathologique Générale

    • Théorique: Informer, expliquer la genèse, le mécanisme et l'évolution des processus morbides.

    • Pratique: Observer et analyser les changements microscopiques, établir les corrélations anatomocliniques.

  2. Anatomie Pathologique Spéciale

    • Théorique: Informer sur l'existenceet l'importance des maladies par organe, leurs causes, pathogénie, complications, évolution.

    • Pratique: Observer et analyser les changements macroscopiques, établir les corrélations anatomocliniques.

III.- MÉTHODES ET TECHNIQUES DE L'ANATOMIE PATHOLOGIQUE

  • Nombre de maladies illimité. Classification exhaustive illusoire.

  • L'Anatomie Pathologique Générale se concentre sur les schémas fondamentaux de lésions.

Matériel soumis à l'anatomopathologiste :

  • Biopsie: Prélèvement partiel (ou total si lésion petite = biopsie exérèse). Peut être chirurgicale, transcutanée (ponction-biopsie à l'aveugle).

  • Cytodiagnostic par frottis: Examen de cellules détachées dans les liquides organiques (sécrétions, exsudats). Interprétation subtile.

  • Biopsie extemporanée: Examen peropératoire (résultats rapides).

  • Nécropsie/Autopsie: Étude des tissus après la mort pour vérification.

Techniques d'étude :

  • Colorations simples (souvent suffisantes).

  • Histochimie, histoenzymologie, immunopathologie.

  • Microscopie électronique: Pour les altérations ultrastructurales.

  • Examens en lumière polarisée, contraste de phase.

CYTOLOGIE EXFOLIATIVE - ORGANES ET DIAGNOSTICS:

ORGANES

RENSEIGNEMENTS ET DIAGNOSTICS

Col utérin

Qualité des cellules: normales, cancéreuses, dysplasiques, inflammatoires?

Paroi Vaginale

État hormonal du cycle, qualité des cellules: normales, cancéreuses, inflammatoires?

Cavité endo-utérine

Endomètre: cancer, inflammation?

Glande Mammaire

Aspect: clair, sanguinolent, purulent. Qualité des cellules.

Cavité buccale (muqueuse linguale ou jugale)

Inflammation, chromatine sexuelle de Barr (information génétique).

Cavité péritonéale (liquide d'ascite)

Aspect, qualité des cellules.

Expectorations (crachat)

Information oncologique ou inflammatoire.

Bronche (lavage)

Oncologie, inflammation.

Épanchement pleural

Inflammation.

Sang

Anémie, Leucémie.

Moelle osseuse

État de l'hématopoïèse, cancer du sang, métastases.

Liquide amniotique

Sexe de l'enfant, inflammation (amnionite).

LCR

Cellules cancéreuses ou inflammatoires, cellules de Mot (Trypanosomiase).

Liquide d'épanchement articulaire

Cellules cancéreuses ou inflammatoires.

Urines

Cellules cancéreuses ou inflammatoires.

Lavage Vésical

Cellules cancéreuses, inflammatoires.

Empreintes diverses

Recherche de cellules cancéreuses ou inflammatoires.

Ponction d'une tumeur

Déterminer sa nature.

A. Prélèvement et manipulation des tissus

  1. Prélèvement

    • Doit intéresser les zones saines et malades pour comparaison.

    • Doit être suffisamment représentatif de la lésion.

    • Éviter le pinçage, l'écrasement des tissus (altère les noyaux).

    • Prélever les tissus avec leur capsule (important pour certains diagnostics comme cancer thyroïdien).

    • Gros spécimens: Faire des entailles pour faciliter la pénétration du fixateur.

    • Frottis: Liquide biologique (centrifugation) ou cellules desquamées (étalement sur lame).

  2. Fixation

    1. Buts

      • Empêcher les altérations post-mortem (putréfaction, autolyse).

      • Maintenir les constituants cellulaires dans un état proche du vivant.

      • Empêcher le durcissement tissulaire par dessiccation.

      • Changer la consistance semi-fluide en semi-solideirréversible.

      • Permettre une bonne analyse des structures après coloration.

  3. Moment de fixation: Immédiatement après le prélèvement.

  4. Choix du fixateur: Dépend des techniques de coloration prévues.

  5. Technique de fixation: Récipient à goulot large, 1 volume de spécimen pour 9 volumes de fixateur.

  6. Types de fixateurs:

    • Formol à 10%: Le plus utilisé, compatible avec la majorité des colorants (durée: 12h-24h). Existe en comprimés ou liquide.

    • Formol tamponné:Pour respecter le pH sanguin.

    • Liquide de Bouin: Pour les petites pièces, coloration jaunâtre (durée: 6h-12h).

    • A.F.A (alcool formol acétique): Utilisé en occident, facile deconservation (durée: 12h-24h).

    • Pour frottis: Méthanol, alcool-éther, fixateur en aérosol (cytospray). Durée: 15 minutes.

  7. NB: Chaque biopsie doit être identifiée avec une étiquette.

  • Transport des échantillons

    • Internes: Directement au laboratoire.

    • Externes: Emballage adéquat et hermétique (éviter extravasation, indiquer sens). Utiliser la voie la plus rapide.

B.- Au laboratoire d'Anatomie Pathologique

  • 4 étapes: Réception, examen macroscopique etprélèvement, traitement des tissus, examen microscopique.

  • 1. Réception des échantillons

    • Vérifier la présence et la quantité de fixateur.

    • Comptabilité (tarification), Enregistrement (numérotationunique).

  • 2. Examen macroscopique: Réalisé par un médecin sur une planche.

    • Matériel: Lame de bistouri, couteau, cassettes, ruban métrique, bocal de fixateur.

    • But: Relever, décrire les lésions macroscopiques, faire les prélèvements (à cheval entre zones saines et altérées).

    • Comprend l'examen externe et interne.

1).- L'examen macroscopique externe

  • Vérifier: coloration, consistance, taille, surface, poids, capsule.

    • Coloration: Préciser couleur actuelle si altérée (ex: hémorragie noirâtre, caséum blanc nacré).

    • Consistance: Ferme, molle, dure, élastique, rénitente, ligneuse, pierreuse.

    • Taille: Mesurer 3 dimensions (augmentation, diminution, normale).

    • Surface: Lisse, rugueuse, nodulaire (diamètre nodules).

    • Poids: Mesuré avec balance spéciale.

    • Capsule: Présente (intacte, effractée, épaissie) ou absente.

2) L'examen macroscopique interne ou examen de latranche de section

  • Organes pleins: Capsule (épaisseur), lésions nodulaires (taille, couleur, consistance), lésions kystiques (taille, contenu, surface interne), autres lésions (hémorragies, nécrose, calcification, ossification). Lecrissement du couteau peut indiquer une ossification.

  • Organes creux: Examen lumière et paroi (plis, épaisseur, ulcère, perforation, excroissance). Palpation (induration). Présence sténose, dilatation, calcul, embole, thrombus, plaque d'athérome.

Conclusion de l'examen macroscopique:

  • Aboutit à un diagnostic ou diagnostic différentiel.

  • Le diagnostic de certitude est microscopique.

Prélèvement pour examen microscopique:

  • Doit intéresser toutes les zones malades identifiées macroscopiquement.

  • Tranches: 1-2 mm d'épaisseur (pénétration paraffine), surface régulière, taillecompatible avec cassettes.

  • Orientation (pour la peau par exemple).

Traitement des tissus:

  1. Objectifs: Obtenir des préparations histologiques examinables au microscope.

    • Tissusenrobés dans paraffine (ou autres) pour coupes de 3-5µm.

  2. Étapes: Déshydratation, éclaircissement, imprégnation -> Inclusion -> Coupe -> Coloration -> Montage.

a). Première étape:

  • Déshydratation:

    • But: Extraire l'eau.

    • Moyens: Bains d'alcool (éthanol), schémas variés (ex: 3 bains alcool 95°, 2 bains alcool 100°, 1h/bain).

  • Éclaircissement:

    • But: Éliminer l'alcool.

    • Moyens: Bains de xylol(ex: 2 bains de xylol, 30 min/bain).

  • Imprégnation:

    • But: Remplacer le xylol par de la paraffine liquide (56-60°C).

    • Moyens: Séjour dans 2 bains de paraffine liquide (12h-24h).

b) Deuxième étape: Enrobage

  • But: Enrober les tissus dans un bloc de paraffine.

  • Technique: Paraffine liquide dans moule, placer échantillon (surface à couper contre le fond), placer cassette, refroidir sur glace pour solidification.

c) Troisième étape: Coupe au microtome

  • Réaliser coupes de 3-5µm d'épaisseur.

  • Placer les rubans sur lame avec albumine et eau (albumine fixe, eau étale).

  • Sécher sur plaque chauffante. Inscrire numérosur lame au crayon diamant.

  • Sécher en étuve 24h avant coloration.

d).- Quatrième étape: Coloration

  • Hématoxyline-éosine (H.E.) est la coloration de routine.

  • 1ère phase: Déparaffinage et réhydratation

    • But: Éliminer paraffine et réhydrater.

    • Moyens: Xylol (2 bains), alcool absolu (1 bain), alcool 95° (1 bain), rinçage eau courante.

  • 2ème phase: Coloration proprement dite

    • Bain d'hématoxyline de Harris (2 min).

    • Rinçage eau.

    • Bain alcool acide (1min, décoloration).

    • Bain carbonate de lithium (1 min, mordançage).

    • Rinçage eau.

    • Bain d'éosine à 0,1% (2 min).

    • Rinçage eau.

  • 3ème phase: Déshydratation

    • Alcool 95°, alcool absolu (2 bains), xylol (2 bains) - rapidement.

e) Cinquième étape: Montage ou luttage

  • Colle (baume de Canada ou Eukit) sur lame.

  • Recouvrir avec lamelle couvre-objet.

  • Placer étiquette lisible. La lame est prête pour l'observation microscopique.

N.B.:

  • Étapes automatisables ou manuelles.

  • Pour biopsies extemporanées: Tissus non fixés congelés à -20°C (azote liquide), coupés au cryostat, colorés (HE ou HES). Résultats rendus pendant l'opération.

  • Colorations spéciales (Trichrome, PAS, Giemsa...), immunohistochimie, biologie moléculaire pour substances spécifiques.

IV.- NOMENCLATURE EN ANATOMIE PATHOLOGIQUE

  • Anatomie Pathologique (français) = Pathology (anglais).

  • Pathologie (français, terme canadien francophonisé) = Clinical Medicine (anglais).

  • Pathological Anatomy: Anatomie Pathologique autopsie comprise.

  • Anatomic Pathology: Anatomie Pathologique précise.

V.- INTÉRÊT DE L'ANATOMIE PATHOLOGIQUE EN MÉDECINE

  • Médecine Clinique: Rôle triple/quadruple.

    • Établissement du diagnostic précis et traitement.

    • Confirme ou infirme le diagnostic clinique, ou pose un diagnostic non soupçonné.

    • Guideet évalue le traitement par biopsies/frottis de contrôle.

    • Vérification des diagnostics par nécropsies/autopsies.

  • Recherche Biomédicale: Rôle important.

  • Santé Publique: Rôle important en Épidémiologie/Pathologie Géographique (distribution des maladies).

  • Pathologie de l'environnement: Précision du diagnostic, étude morbidité/mortalité.

  • Justice: Rôle en Médecine Légale (causes de morts subites, intoxications).

VI.- Rapports entre Pathologiste et Clinicien

  • Collaboration inévitable et dans l'intérêt du malade.

  • Renseignements du clinicien: Identité du patient, âge, sexe, site/nature prélèvement, symptômes, diagnostic de présomption, date, signature.

  • Rendu du pathologiste: Protocole clair, conclusion intégrant clinique et analyse.

  • Une bonne analyse commence déjàau lit du malade.

CHAPITRE 2 : STRUCTURES ET FONCTIONS CELLULAIRES - LÉSIONS ÉLÉMENTAIRES DES CELLULES ET DES TISSUS

I.- STRUCTURES ET FONCTIONS CELLULAIRES

A.- Lacellule

  1. Définition: La plus petite masse de matière vivante capable d'une vie indépendante.

    • Cellule procaryote: Noyau primitif, petite taille, sans membrane nucléaire, ADN sans histone, pas de nucléole/mitose/organites. (Ex: Bactéries, algues cyanophycées).

    • Cellule eucaryote: Noyau bien formé, membrane nucléaire, multiples chromosomes (ADN+histones), nucléole, activité mitotique.

  2. Structures et fonctions cellulaires de base: Réf. cours d'histologie et cytologie.

  3. Structures et fonctions cellulaires particulières

    1. Leucocytes

      1. Polynucléaires neutrophiles: Très mobiles, granules neutres (lysosomes: lysozyme, phagocytine).

        • Rôle: Cellules d'attaque, première cellule à apparaître dans un foyer inflammatoire.

      2. Polynucléaires éosinophiles: Moins mobiles, granules colorés en rouge par éosine (lysosomes, sans lysozyme/phagocytine), contiennent substances antihistaminiques (sérotonine, bradykinine).

        • Rôle: Phagocytose corpsétrangers non ingérés par macrophages, interviennent dans réactions allergiques et parasitoses, transport complexes Ag-Ac.

        • Localisation normale: Tissus en contact avec l'extérieur (peau, muqueuses buccales, vaginales, respiratoires).

    2. Phagocytes mononucléaires (Système des Phagocytes Mononucléaires - SPM)

      • Monoblastes (moelle osseuse) -> Monocytes (sang) -> Histiocytes (tissus)

      • Histiocytes: Après phagocytose intense -> Macrophages (grandes cellules phagocytaires). Peuvent former granulomes épithélioïdes, ou se transformer en cellules géantes multinucléées ou fibroblastes.

      • Rôle: Assurent la phagocytose des corps étrangers ou débris cellulaires.

      • Localisation: Monocytes (sang), Cellules de Kupffer (foie), Macrophages alvéolaires/cellules à poussière (poumons), Cellules microgliales (cerveau), Cellules de Langerhans (peau), Macrophages (rate, moelle osseuse, ganglions lymphatiques), Ostéoclastes (os), Macrophages (cavités séreuses).

    3. Fibroblastes: Cellules allongées, sécrètentfibres de collagène et élastiques. Participent à la formation du tissu cicatriciel. Se transforment en fibrocytes.

    4. Cellules endothéliales: Tapissent la lumière des vaisseaux. Prolifèrent pour former néovaisseaux en inflammation.

    5. Péricytes: Cellules aplaties autour de certains vaisseaux.

      • Rôles: Phagocytose, synthèse/sécrétion de substances, cellules contractiles.

4.- Fonctions cellulaires liées à certains processus pathologiques

  1. Phénomène d'endocytose

    1. Pinocytose ("boire"):Ingestion de particules liquides par invagination de la membrane, formation de vacuoles. Synonyme: cytopempsis.

    2. Micropinocytose: Pinocytose sur surface limitée.

    3. Phagocytose: Ingestion de particules solides. Étapes: formation pseudopodes, phagosome, fusion avec lysosome primaire, digestion enzymatique.

      • Matériel endogène digéré: autophagocytose.

      • Phagosome: Vacuole avecmatériel exogène + lysosome primaire.

      • Autophagosome: Vacuole avec organites altérés + lysosome primaire.

      • Corpuscule résiduel (télélysosome): Vacuole avec résidus non digestibles.

    4. Facteurs influençant la phagocytose: Température, pH (optimal 6.5-6.7), Ca++, O2, état du milieu.

      • Opsonines: Substances sériques qui favorisent la phagocytose (nécessite complément).

        • Spécifiques: Complexes Ag-Ac.

        • Non spécifiques: et globulines.

      • Toxines bactériennes peuvent agir positivement ou négativement.

    5. Vacuolisation: Formation de vacuoles (à contenu liquide, délimité par membrane) dans le cytoplasme ou noyau.

      • Stéatose: Présence de vacuoles de lipides.

    6. Athrocytose: Accumulation intracytoplasmique de substances, condensation en granules denses.

  2. Phénomène d'exocytose ou clasmatose

    1. Exocytose:Ouverture des vacuoles vers l'extérieur, élimination de substances.

    2. Clasmatose: Amputation d'un bourgeon de cytoplasme, libération d'un fragment cellulaire.

  3. Altérations liées au Réticulum Endoplasmique (R.E.): Accumulation excessive de produits d'excrétion, distension du R.E.

    • Ex: Plasmocytes avec noyau excentré, accumulation de globulines dans R.E. dilated, formation de corps de Russel (observés dans inflammations chroniques, plasmocytome).

    • Ex: Cellule de Mot: Macrophage rempli de vacuoles (morula), caractéristique de la trypanosomiase (observée dans LCR).

II.- LÉSIONS ÉLÉMENTAIRES DES CELLULES ET DES TISSUS

A.- Réponses cellulaires à l'agression - Dynamique de l'agression cellulaire

  • Lésions élémentaires: Modalités réactionnelles des cellules à toute agression modifiant leur homéostasie.

  • Réponse dépend de: nature, intensité, durée de l'agent; point d'impact; phase du cycle cellulaire.

Cycle cellulaire:

  • G0: Cellule au repos.

  • G1: Croissance, synthèse progressive ADN (durée variable, allonge le rythme des mitoses).

  • S: Synthèse active etduplication ADN (6-8h, assez comparable).

  • G2: Fin synthèse ADN.

  • M: Mitose (2-3h pour G2 et M, assez comparable).

1.- Cycle de la cellule : Cyclineset Kinases dépendantes des cyclines (CDK)

  • Progression orchestrée par cyclines, CDK et leurs inhibiteurs.

  • CDK contrôlent le cycle par phosphorylation de protéines. Elles sont exprimées en permanence mais activéespar les cyclines.

  • Cyclines (synthétisées à des phases précises) activent les CDK.

  • Inhibiteurs des CDK (CDKI, ex: P21, P27 (inhibent toutes CDK); P15, P16 (inhibent cyclines D/CDK4/6)) bloquent les CDK.

  • Transition G1 à S: Point de contrôle important. Les cellules sont obligées de poursuivre le cycle.

    • Cyclines D + CDK4/6 -> phosphorylent protéine du rétinoblastome (pRb).

    • Cyclines E + CDK2 -> phosphorylent pRb.

    • pRb déphosphorylée se lie à facteurs de transcription E2F.

    • Phosphorylation de pRb libère E2F, qui activent la transcription de gènes essentiels pour la phase S.

  • Passage S à G2: Cyclines A + CDK1/2.

  • Passage G2 à M: CyclineB + CDK1.

  • Mutations des cyclines ou CDK peuvent favoriser la prolifération (surexpression cyclines D dans beaucoup de cancers).

Sensibilité à l'agression:

  • Cellule moins sensible en début G1 et G2; plus sensible en fin G1, début S et en mitose M.

  • Agression faible: Lésions réversibles et restitutio ad integrum (mécanismes régulateurs).

  • Agression forte: Rupture d'équilibre.

    • Adaptation cellulaire: Nouvel état homéostatique (lésions sublétales, réversibles ou non, compatibles avec la vie).

    • Mort cellulaire: Lésions létales irréversibles.

2.- Les causes des lésions cellulaires:

  • Insuffisance d'apport en oxygène (Hypoxie): Cause fréquente de lésions/mort cellulaire, affecte métabolisme oxydatif.

    • Différencier de l'ischémie: L'ischémie (perte apport sanguin) compromet les substrats métaboliques (glucose), donc lèse plus vite les tissus que l'hypoxie seule.

    • Hypoxie: Insuffisance cardio-respiratoire, ou diminution capacité de transport O2 (anémie, intoxication CO).

  • Agents physiques: Traumatismes, températures extrêmes, changements de pression, radiations, choc électrique.

  • Agents chimiques et médicamenteux: Nombreux (glucoses hypertoniques, O2 à forte concentration, arsenic, cyanure).

  • Agents infectieux.

  • Réactions immunologiques.

  • Anomalies génétiques.

  • Déséquilibres nutritionnels.

B.- Aperçu analytiquedes lésions élémentaires de la cellule

1.- Noyau

  1. Altérations subléthales, réversibles

    1. Condensation et margination de la chromatine: Accumulation de chromatine sous lamembrane nucléaire, noyau diminue de volume.

      • Cause: Diminution du pH cellulaire par augmentation de la glycolyse.

    2. Remaniements de la membrane nucléaire: Dilatation de la citerne périnucléaire, formation de bulles.

      • Vacuoles vraies: Invagination intranucléaire du feuillet interne (optiquement vides).

      • Pseudovacuoles: Invagination intranucléaire du cytoplasme repoussant lesdeux feuillets. Contiennent ribosomes, organites. Visibles au MO (corps acidophiles intranucléaires). Fréquentes dans cellules méningées, de Schwann, næviques, tumorales, hépatocytes métaboliques.

    3. Inclusionsintranucléaires

      • Inclusions vraies: Denses, arrondies (corps d'inclusion acidophiles). Valeur diagnostique pour certaines viroses.

      • Pseudo-inclusions: Remaniements de structures nucléaires normales.

    4. Remaniements du nucléole

      • Hypertrophie nucléolaire: Augmentation du volume, parfois vacuolisation (nucléole hydropique). Cellules cancéreuses souvent plurinucléolées.

      • Ségrégation nucléolaire: Séparation des composants (ARN granulaire/fibrillaire, chromatine associée). Due à agents (actinomycine, aflatoxine, radiations ionisantes).

  2. Altérations létales,irréversibles (Mort nucléaire)

    • Mort rapide sans désintégration: Noyau d'aspect normal.

    • Mort lente: Changements morphologiques/biochimiques, puis autolyse par hydrolases lysosomales.

    • Pycnose: Intensification de la condensation et margination de la chromatine. Noyau devient hyperchromatique.

    • Caryorrhexie: Éclatement de la chromatine condensée en fragments.

    • Caryolyse: Chromatines désintégrées, ne prend plus les colorants, noyau absorbé par cytoplasme.

    • Pycnose, caryorrhexie, caryolyse: Stades successifs de la mort nucléaire,mais pas toujours constants.

  3. Altération de la mitose

    1. Anomalies de rythme

      • Ralentissement: Tissus sénescents ou mal vascularisés.

      • Accélération: Tissus soumis à incitations (hormonales, chimiques, inflammatoires); provoque hyperplasie.

    2. Anomalies du déroulement

      • Agents (radiations ionisantes, antimétabolites) agissent en phase S: Diminue/empêche synthèse ADN (vide mitotique en chimiothérapie).

      • Agents (poisons du fuseau: colchicine) agissent en phase M: Empêchent formation fuseau achromatique, entraînent stathmocinèse (arrêt en métaphase) puis mitonécrose (mort brutale, fréquente en cancers/inflammations).

    3. Anomalies de morphologie

      • Mitoses tri, quadri ou multipolaires, à chromosomes polaires (inflammations, radiations, chimie, surtout tumeurs malignes).

    4. Plurinucléation: Présence de plusieurs noyaux.

      • Physiologique: Ostéoclastes, mégacaryocytes, syncytium trophoblastique.

      • Pathologique: Cellule géante deLanghans, à corps étranger, tumorales.

      • Origine: Fusion de cellules mononucléées (plasmode) ou caryodiérèses sans cytodiérèse (syncytium). Termes souvent synonymes en AP.

      • CARYOMERIE: Résulte d'une mitose anormale non suivie de cytodiérèse.

2.- Membrane cellulaire (plasmique)

  • Lieu d'échange par excellence.

  1. Altération de la surface cellulaire

    1. Exagération des structures normales

      • Endocytose: Invagination de membrane, vacuolisation, introduction matériel soluble (pinocytose, rhophéocytose submicroscopique). Évagination de membrane, encerclement particule (phagocytose).

      • Exocytose.

      • Clasmatose.

    2. Apparition de structures pathologiques spéciales: Ondulations de surface, pseudopodes, ondulations cytoplasmiques complexes (ME).

    3. Altérations des jonctions cellulaires.

    4. Altérations de forme et de volume.

3.- Mitochondries

  1. Vacuolisation mitochondriale.

  2. Altération de forme.

    1. Gonflementmitochondrial (introduction d'eau): Jeûne, hypoxie, viroses, intoxications, myopathies.

      • Faible amplitude: Passage d'eau vers chambre externe, matrice dense.

      • Grande amplitude: Augmentation perméabilité membrane interne, expansion, déplissement/fragmentation crêtes. Peut devenir irréversible.

    2. Inclusions: Divers types dans la chambre interne (lamellaires, paracristallines, tubules, figures pseudomyéliniques, précipitations de phosphate decalcium/silice/fer/magnésium, protéines anormales, acides nucléiques).

    3. Polymorphisme fréquent dans le tissu cancéreux.

  1. Altérationsde nombre et de réplication

    1. Diminution: Jeûne, diabète expérimental (hépatocytes), irradiation.

    2. Accroissement: Aspect oxyphile granuleux au MO. Cellules oncocytaires/oncocytes (cellules de Hurthle, Askanazy).

    3. Mégamitochondrie: Auto-réplication.

4.- Système membranaire intracavitaire et ribosomes

  • Ensemble complexe de membranes (cytomembranes): Appareil de Golgi, RE lisse/granuleux. Divise cellule en compartiments.

  • Fluidité: Caryoplasme, espace intracavitaire, hyaloplasme.

  1. Ribosomes: Lieu de synthèse protéines. Composés d'ARN ribosomal + protéines. Granules denses.

    • Fixés au RE granuleux (ergastoplasme basophile), ou isolés/groupés en polysomes.

  2. Principales altérations des cytomembranes et des ribosomes:

CYTOMEMBRANES ET RIBOSOMES

ALTÉRATIONS

Appareil de Golgi

Hypertrophie, Vacuolisation, Fragmentation

Réticulum Endoplasmique Lisse

Prolifération, enroulement avec accumulation de glycogène

Réticulum Endoplasmique Rugueux

Contraction, épaississement avec ribosomes sur face externe

Ribosomes

Chromolyse/chromatolyse (diminution, disparition, dispersion), dissociation polysomes en monomères, condensation/agglomération de la basophilie ducytoplasme.

  1. Lysosomes: Organites cytoplasmiques, système lytique/digestif intracellulaire. Fonction catabolique.

    • Granulations/vésicules polymorphes, membrane lipoprotéinique, contiennent hydrolases (plus de 40). Phosphatase acide comme marqueur.

1) Maladies lysosomiales:

  1. Altération de la membrane lysosomiale

    • Fragilisation et rupture: Radiations ionisantes, anoxie, choc, silice, CCl4, hypo/hypervitaminose A, endotoxines bactériennes. Entraîne nécrose brutale ou autodigestion.

    • Stabilité: Augmentée par cholestérol, corticoïdes, vitamine E (petites doses), antihistaminiques.

    • Lysosomes produisent inactivation des agresseurs. Si débordés, deviennent anormaux et dilatés.

  2. Déficiences enzymatiques lysosomiales

    • Carence héréditaire autosomique récessive (enzymopathie congénitale).

    • Porte sur métabolisme du glycogène (glycogénose), lipoïdes (dyslipoidose), mucopolysaccharides (mucopolysaccharidose).

  3. Stockage lysosomial (diffère des déficiences): Hémosidérose (accumulation fer), maladie de Wilson (accumulation cuivre), athrocytose.

5.- Cytoplasme fondamental (hyaloplasme/matrice cytoplasmique)

  1. Variations de densité

    1. Accroissement de densité: Anoxie, hypoxie, intoxication, viroses, carcinogènes, radiations, changements de température. Cytoplasme devient acidophile (déplétion eau, dénaturation protéines).

    2. Diminution de densité: Diminution/arrêt synthèses protéiques, passage d'eau. Diminution basophilie, chromolyse.

  2. Modification des particules

    • Glycogène et lipoïdes: Insuffisance, excès, localisation anormale.

    • Microtubules: Labiles, participent aux mouvements intracellulaires. Altérations peuvent entraîner leur disparition.

    • Microfilaments: Rencontrés dans denombreuses affections.

C.- Aperçu synthétique des lésions élémentaires de la cellule

  • Lésions: Modification de la structure normale d'une particule d'être vivant.

  • S'exprime par:

    1. Hypertrophie: Augmentation du volume de la cellule sans modification de forme/aspects cytologiques. Réversible ou non. Augmentation harmonieuse de tous les constituants, cytoplasme plus affecté. Augmentation des mitochondries et ribosomes. Augmentation des échanges.

    2. Atrophie: Diminution du volume de la cellule avec rétraction. En principe irréversible. Plus complexe que hypertrophie, tous les constituants n'y participentpas. Cytoplasme le plus réduit. Abondance de cytolysosomes et télélysosomes. Ralentissement des échanges.

    3. Métamorphose: Transformation morphologique et fonctionnelle d'une cellule en une autre (milieu francophone).Terme anglophone: métaplasie.

    4. Indifférenciation et immaturité cellulaire:

      • Déviation de la différenciation normale de cellules souches.

      • Peut aboutir à cellulesbien, moyennement, peu ou pas différenciées (indifférenciées/anaplasiques).

      • Différenciation précede maturation.

      • Cellule immature: Arrondie, sans projections ectoplasmiques, rapport nucléo-cytoplasmique augmenté, noyau volumineux (souvent polyploïde, mitotique, grand nucléole), cytoplasme basophile (polysomes libres), peu d'organites.

    5. Dégénérescence cellulaire: Altérations polymorphes de la cellule (MO: lésions organites intracellulaires, cytoplasme). Rarissime pour le noyau. En principe réversible et sublétale. La cellule dégénérée peut conserver son volume, être hypertrophiée ou atrophiée.

Dégénérescence cellulaire: Corrélations photoniques/électroniques

DÉGÉNÉRESCENCE

EN MICROSCOPIE ÉLECTRONIQUE

Dégénérescence acidophile

Gonflement mitochondrial, accroissement du nombre des mitochondries, contraction du RE, dégradation des protéines cytophiles.

Dégénérescence graisseuse

Gouttelettes delipides démasquées par dégradation du cytoplasme, enclaves lipidiques intracytoplasmiques et intramitochondriales, figures pseudomyéliniques.

Dégénérescence glycogénique

Granules de glycogène, dégradation des protéinescytoplasmiques.

Dégénérescence hyaline

Contraction du RE rugueux et accumulation de matériel à la face externe des membranes, dépôt intracytoplasmique des filaments de 8 à 10 nm.

  • Un même aspect photonique peut correspondre à des atteintes diverses en ME.

  • Termes prêtant à confusion: Ex: "Vacuolisation" (dégénérescence vacuolaire, pinocytose intense, enclaves intracytoplasmiques). "Dégénérescence hydropique" (clarification cellulaire, vacuolisation, athrocytose).

  • Dégénérescence Walérienne: Atteint un filet nerveux séparé de son centre.

  • Dégénérescence cireuse de Zenker: Musclesstriés squelettiques transformés en masses homogènes oxyphiles (disparition myofibrilles) suite à frictions.

6.- Surcharge et Infiltration

  1. Surcharge: Présence en excès d'une substancenormalement présente dans la cellule.

  2. Infiltration: Présence dans la cellule d'une substance qui ne s'y trouve pas normalement.

  • Substances multiples, s'accumulent dans cytoplasme/noyau/deux.

  • Exogènes uniquement pour infiltration (poussière, produits chimiques).

  • Endogènes pour surcharge et infiltration (lipoïdes, glycogène, mucopolysaccharides, pigments).

  • Ex: Surcharge glycogénique hépatocytes, infiltration glycogénique néphrocytes (diabète), dégénérescence glycogénique autour foyers de nécrose.

7.- Nécrose cellulaire

  • Altération profonde de l'ensemble de la cellule: noyau, organites, cytoplasme. Phénomène irréversible etlétal.

  • Aspects du noyau: pycnose, caryorrhexie, caryolyse.

  • Organites: Atteinte élective de certains (gonflement mitochondrial de grande amplitude) ne mène pas toujours à nécrose totale (organite éliminé par cytolysosome = nécrose cytoplasmique focale).

  • 2 types essentiels de nécrose:

    1. Nécrose de liquéfaction: Gonflement cellule, limites imprécises,cytoplasme trouble, caryorrhexie.

    2. Nécrose de coagulation: Condensation homogène acidophile cytoplasme, pycnose ou caryorrhexie.

  • Peut être réponse immédiate ou phase de dégénérescence.

8.- Mort cellulaire

  • Suppression de toute activité métabolique. Souvent aspect d'une cellule nécrosée.

  • La mort cellulaire n'a pas toujours de substratum anatomique visible (cellule fixée peut paraître normale mais morte).

  • Devenir de la cellule morte (schématiquement):

    • Autolyse: Éventualité la plus fréquente. Rupture équilibre enzymes cataboliques/anaboliques, avec prédominance cataboliques. Hydrolase lysosomales autodigèrent la cellule. Dispersion débris (corps tingibles).

    • Persistance sous forme de squelette: Équilibre physicochimique.

      • Momification (déshydratation/dessiccation).

      • Calcification (infiltration Ca carbonate et phosphate) (ex: épithéliome momifié et calcifié de Malherbe).

9.- Apoptose

  • Définition: Forme de mort cellulaire programmée ("destinée à éliminer des cellules indésirables") par activation de gènes spécifiques.

  • S'observe: Développement embryonnaire, homéostasie tissulaire, défense immunologique, agression cellulaire, vieillissement.

  • Responsable de phénomènes physiologiques/pathologiques:

    • Destruction programmée de cellules embryonnaires.

    • Involution hormono-dépendante adulte (endomètre, follicules ovariens, glandes mammaires, prostate).

    • Perte cellulaire dans populations proliférantes (épithéliums, cryptes intestinales).

    • Mort cellulaire dans tumeurs (régression, croissance rapide).

    • Mort des polynucléaires neutrophilesen inflammation aiguë.

    • Mort des cellules immunitaires (lymphocytes B/T) après chute cytokines.

    • Mort cellulaire induite par cellules cytotoxiques T (rejet greffon).

    • Atrophie physiologique des parenchymes (obstruction canalaire).

    • Lésions cellulaires en viroses (hépatites virales: cellules de Councilman = cellules apoptotiques).

    • Mort de cellules suite à divers stimuli agressifs.

Aspects morphologiques de l'apoptose (certains visibles uniquement en ME):

  1. Rétraction cellulaire: Cellule plus petite, cytoplasme dense, organites agglomérés.

  2. Condensation de la chromatine: Caractère le plus remarquable.Chromatines agrégées en périphérie sous membrane nucléaire, masses denses. Noyau peut se fragmenter.

  3. Formation des bulles cytoplasmiques et des corps d'apoptose: Cellules fragmentent en corps d'apoptose (limités par membrane, contiennent cytoplasme, organites agglomérés, fragments nucléaires).

  4. Phagocytose des corps apoptotiques par cellules adjacentes ou macrophages.

  • Au microscope (HE): Touche cellules isolées ou petits amas. Cellule apoptotique: Masse ronde/ovale de cytoplasme extrêmement éosinophile, fragments de chromatine nucléaire dense.

  • Différence avec nécrose: L'apoptose n'entraîne pas d'inflammation.

Caractères biochimiques:

  1. Hydrolyse des protéines: Activation des caspases (cystéine protéases). Caspases sous-tendent anomalies structurales (noyau, cytoplasme), activent endonucléases.

  2. Pontage protéique: Activation de la transglutaminase -> protéines cytoplasmiques en amas liés de façon covalente -> corps d'apoptose.

  3. Fracture de l'ADN: Enpetites parties (50-300 kb).

  4. Dissociation internucléosomale de l'ADN en oligonucléosomes (180-200 base) par endonucléases dépendantes de Ca++/Mg++.

  5. Reconnaissancepar le système phagocytaire: Les cellules apoptotiques expriment de la phosphatidylsérine (phospholipide) sur leur couche externe, et de la transpondine (glycoprotéine d'adhésion) surles corps d'apoptose. Permet reconnaissance précoce sans libération de pro-inflammatoires.

D.- Conséquences des lésions élémentaires des cellules sur les tissus et organes

  • Lésions peu nombreuses/isolées: Peu de modification tissulaire/macroscopique.

  • Lésions étendues: Remaniements tissulaires (procèdent des lésions cellulaires).

    1. Hypertrophie et Hyperplasie tissulaires

      1. Aspects morphologiques:

        • Augmentation du volume du tissu par: accroissement de volume de cellules ou de leur nombre, ou les deux.

        • Hyperplasie: Accroissement de volume par multiplication cellulaire.

        • Ex: Hypertrophie cardiaque, hyperplasie glandulaire de la prostate.

        • Distinction importante: Ne pas confondre avec tuméfactions par infiltration de liquides ou éléments anormaux(œdème, sang).

      2. Aspects étiopathogéniques et retentissements: Augmentation physiologique ou pathologique des échanges et activités.

        • Hypertrophie physiologique: Sujets sains (ex: muscles squelettiques enhyperactivité, utérus gravide, gonflement mammaire).

        • Hypertrophie adaptative: Organe creux dont musculature se contracte exagérément contre un obstacle (ex: hypertrophie cardiaque (sténose aortique), estomac (sténose pylore)). Myocytes s'allongent et s'épaississent.

        • Hypertrophie compensatrice: Concerne un organe pair (ex: rein hypertrophié si l'autre est absent/inactif) ou impair (ex: foie après ablation partielle).

        • Hypertrophiehormonale: Utérus gravide, gynécomastie (thérapie œstrogénique), Hyperplasie Glandulo-Kystique (HGK) de l'endomètre (thécome).

    2. Atrophie tissulaire

      1. Aspects morphologiques:

        • Diminution du volume du tissu ou organe par: diminution de volume de cellules ou de leur nombre.

        • Accompagné d'aplatissement des plis (organes creux) et plissement de la capsule (viscères).

        • Atrophie simple: Harmonieuse. Nécessite connaissance des poids/dimensions normaux.

        • Atrophie brune: Due à accumulation de lipofuscine.

      2. Aspects étiologiques:

        • Atrophie physiologique: Involution progressive (ex: thymus, atrophie sénile).

        • Atrophie vasculaire: Hypoxie par réduction de la vascularisation artérielle (≠ nécrose ischémique par arrêt brutal).

        • Atrophie d'inanition: Insuffisance d'apport nutritionnel (ex: cachexie des cancers).

        • Atrophie hormonale: Insuffisance de sécrétion hormonale (ex: atrophie de l'endomètre chez ménopausées).

        • Atrophie d'inactivité: Organes mis au repos (ex: muscles squelettiques).

    3. Métaplasie tissulaire: Transformation d'un tissu en un autre.

      • Ex: Épithélium cylindrique/transitionnel -> épithélium malpighien (col utérin, vessie). Métaplasie intestinale dela muqueuse gastrique.

    4. Dystrophie et dysplasie

      1. Dystrophie: Déformation de l'architecture normale suite à un trouble de la nutrition. Variations d'aspects, taille, agencements des cellules, avec phénomènes d'hyperplasie, métaplasie, dégénérescence. Souvent appelée métaplasie atypique. Pour certains, dystrophie cellulaire = dégénérescence.

        • Ex: Dystrophieépithéliale respiratoire chez fumeurs (hyperplasie, métaplasie malpighienne désorganisée, mitoses).

      2. Dysplasie: Au sens strict: Anomalie de structure/difformité par viciationde l'embryogenèse/organogenèse (trouble du développement). Au sens large: synonyme de dystrophie.

    5. Nécrose tissulaire: Aspects similaires à la nécrose cellulaire.

      1. Aspects morphologiques: Deux types.

        • Nécrose de liquéfaction (malacie): Zone tissulaire gris terne, pâteuse puis liquide, structures préexistantes disparues.

          • Ex: Nécrose ischémique du SNC, autolyse cadavérique.

        • Nécrose de coagulation (homogénéisation): Les fantômes des structures préexistantes sont reconnaissables.

      2. Aspects étiopathogéniques:

        • Cytostéatonécrose: Nécrose de liquéfaction du tissu adipeux.

        • Nécrose caséeuse (caséification): Nécrose de coagulation liée à infection tuberculeuse.

        • Nécrosehémorragique: Association nécrose de liquéfaction/coagulation + infiltration massive de sang.

        • Nécrose calcifiée: Calcification d'une vieille zone de nécrose (granules basophiles).

        • Nécrose gangreneuse: Combinaison nécroseischémique + infection germes divers.

CHAPITRE 3: LESIONS ÉLÉMENTAIRES DES ESPACES ET DES SUBSTANCES INTERCELLULAIRES

I.- DÉFINITION

A.- Limites

  • Tracées par un ensemble de membranes (ex: vitrée/membrane basale dans le derme, membranes capillaires).

B.- Mailles

  • Constituées par fibroblastes et fibrocytes entre lesquels circulent les substances intercellulaires.

C.- Connexions

  • Se font avec les autres systèmes intercellulaires.

D.- Contenu

  • Eau et électrolytes, puis la matrice intercellulaire proprement dite.

  • Matrice intercellulaire:

    • Protéoglycanes et glycoprotéines (mucoprotéines comme acide hyaluronique): gels, nappes plus ou moins colorées (substances fondamentales ou non figurées).

    • Polypeptides sous forme de fibres (élastine): protéines fibreuses ou matérielfiguré.

E. Les Activités physiologiques et physiopathologiques des systèmes intercellulaires

  • Classiquement commandées par deux ensembles de cellules:

    • Endothélium des capillaires sanguins: Contrôle quantité et qualité des liquides/substances.

    • Fibroblastes: Contrôle quantité des mucoprotéines.

  • Étude: Procédés biochimiques (dosage substances), microscopie photonique et électronique (identification morphologique - histochimie).

II.- PATHOLOGIE DES LIQUIDES INTERCELLULAIRES

A.- Hyaline et Fibrinoïde

  • N'ont pas de traduction macroscopique.

1.- Données morphologiques et biochimiques

  1. Substance hyaline: Substances vitreuses, anhistes, homogènes, colorées en rouge-rosé par éosine/phloxine. Dite hyalinose ou hyalinisation.

    • Recouvre des phénomènes de nature différente (ex: dépôts compacts vieilles cicatrices, vieux foyers TBC, épaississement plèvre sur pleurésie chronique).

  2. Substance fibrinoïde: Ressemble à la fibrine (structure filamenteuse, homogène ou granuleuse), coloration rouge vif par éosine/phloxine.

    • Recouvre des phénomènes différents: dépôts dans paroi petits vaisseaux/espaces intercellulaires (néphropathie aiguë, R.A.A., radiodermites).

    • Normal dans le placenta dès le début de la grossesse.

  3. Hyalinose etfibrinoïde vasculaire: (Ex: néphropathie diabétique de Kimmelstiel et Wilson, néphroangiosclérose maligne).

  4. Hyalinose et fibrinoïde des membranes basales épithéliales: (Ex: asthme).

  5. Hyalinose et fibrinoïde des espaces intercellulaires: (Ex: Nodule d'Aschoff du rhumatisme, polyarthrite rhumatismale, pseudopolype du larynx).

2.- Signification

  1. Origine sanguine: Produits traversent cellule endothéliale (pinocytose) ou passent entre elles (esp. intercellulaire).

  2. Origine cellulaire: Cellules (plasmocytes) migrent et déversent protéines;fibroblastes accumulent glycoprotéines.

  3. Origine pariétovasculaire: Dégradation des composants des parois vasculaires.

  4. Rôles des fibres de collagène: Aspect morphologique traduit dépôt de matériel pathologique,non pas tuméfaction/dégénérescence/nécrose des fibres.

B.- Amyloïde

  • Voir chapitre 7: Maladies Métaboliques.

III.- PATHOLOGIE DES SUBSTANCES FONDAMENTALES INTERCELLULAIRES

  • Deux exemples sur les tendons:

    1. Rupture tendineuse ("rupture spontanée"): Survenue brutale, sans prodromes (sportifs, utilisateurs marteau-piqueur).

      • Lésions: Dilacération des fibres, dépolymérisation des substances intercellulaires (passent d'état compact à sol). Formation de lacunes et fragments de fibres nécrosées.

    2. Dégénérescence mucoïde: Tissu tendineux, parois gaines tendineuses, aponévroses, derme peuvent subir dégénérescence de substances intercellulaires.

      • Matériel mucoïde (blanchâtre, visqueux) s'accumule dans unecavité mal limitée.

      • Possède propriétés histochimiques des mucopolysaccharides acides et neutres.

      • Dégénérescence mucoïde kystique: Pseudokyste synovial, kyste mucoïde de la peau.

      • Autres: Myxœdème (grande insuffisance thyroïdienne), mucinose focale cutanée.

IV.- PATHOLOGIE DES FIBRES INTERCELLULAIRES

  • Fibres: précollagènes/réticuline, collagènes (périodicité), élastiques.

    1. Fibre de Réticuline et de Collagène: Réticuline (préalable au collagène),se différencie par son argentaffinité au MO et isolement chaînes polypeptidiques.

      1. Lésions dégénératives: Collagène devient hypocolorable.

      2. Lésions productives

        1. Fibrose et Sclérose

          • Fibrose: Hyperplasie conjonctive, prolifération fibroblastes/fibrocytes, synthèse fibres decollagène.

          • Sclérose: Induration pathologique d'un tissu atteint de fibrose (souvent synonymes).

          • Microscopiquement: Tissus fibreux pauvres en vaisseaux/cellules, riches en fibrescollagènes/élastiques (fibrose collagène).

          • Variantes: fibrose fibroblastocollagénique (fibroblastes/histiocytes nombreux), fibrose vasculaire (vaisseaux nombreux).

          • Topographie:

            • Systématisée: Cantonnée dans la trame conjonctive.

            • Encapsulante: Renforce capsule organe ou entoure foyer lésionnel ("reflet glacé": foie glacé, périsplénite).

            • Disséquante ou mutilante: Remplace tissus détruits.

    2. Fibres Élastiques

      1. Lésions dégénératives

        1. Elastopathie dégénérative familiale

          1. Syndrome de Marfan: Héréditaire (autosomique dominant/récessif). Caractérisé par: membres longs/étroits (dolichosténomélie), doigts grêles (arachnodactylie), hypotonie musculaire, hyperlaxité ligamentaire, subluxation cristallin. Redoutable par atteinte de laparoi aortique ascendante.

            • Lésions: Tuméfaction, dégénérescence, rupture des lames élastiques de la média (dissociée, infiltrée de sang). Entraîne dilatation vasculaire, anévrisme disséquant.

          2. Syndrome d'Ehlers et Danlos: Dominant. Dystrophie élastique (fibres gonflées/rompues), dégénérescence/atrophie collagène, télangiectasies. Tableauclinique: hyperlaxité cutanée, hyperextensibilité articulaire, fragilité téguments.

          3. Pseudoxanthome élastique: Récessif. Petites élévations cutanées jaunâtres, peau épaissie/striée (côtés du cou). Fibres élastiques gonflées, fragmentées, parfois calcifiées. Désintégration de l'armature élastique (élastorrhéxis).

        2. Elastopathies dégénératives acquises

          1. Vergetures: Perte armature élastique téguments, dégénérescence/atrophie fibres de collagène derme. Stries violacées puis blanchâtres, parallèles.

            • Sites: abdomen ou ailleurs. Circonstances: dérèglement endocrinien (Cushing), corticoïdes, distension cutanée.

          2. Elastose sénile: Peau des régions découvertes (élastose solaire/actinique). Épiderme atrophié, téguments flétris, accumulation d'épaisses fibres (matériel élastique dégradé, transformation élacéinique du collagène).

          3. Elastose postradiothérapique.

      2. Lésions productives

      3. Elastose pulmonaire: Augmente avec l'âge.

      4. Fibro-élastose de l'endocarde: Hyper-élastigenèse sous-endocardique (nouveau-né, nourrisson, adultes avec maladies).

      5. Elastose des parois vasculaires.

CHAPITRE 4: LESIONS VASCULOSANGUINES ET TROUBLES CIRCULATOIRES

I.- ŒDÈME

  • Constituants liquides: 70% du poids corporel (liquides intracellulaires et extracellulaires).

  • Œdème: Accumulation anormale de liquides dans les espaces intercellulaires (infiltration œdémateuse).

A.- Aperçu morphologique

1.- Aspects microscopiques

  • Liquide d'œdème: Nappes/coulées de substance homogène (parfois granuleuse), moins acidophile si pauvre en protéines.

  • Dans les tissus: Se situe entre cellules et fibres, les éloigne (aspect dissocié/lâche).

  • Poumon: S'accumule dans la lumière des alvéoles.

  • Cerveau: Dans les fibres gliales et gaines périvasculaires.

2.- Aspects biochimiques

  1. Exsudat: Liquides d'œdème riches en protéines et colloïdes. Densité: 1018-1020.

  2. Transudat: Liquides d'œdème pauvres en protéines et colloïdes. Densité: inf. à 1015.

3.- Aspects macroscopiques

  • Organes œdématiés: Tuméfiés, plus pâles, plus mous, augmentés de poids.

  • À la coupe: Tranches de section laissent sourdre un liquide jaunâtre.

  • Œdème des téguments: Gonflement (mal limité, parfois douloureux), "gardant le godet" (dépression persistante après pression digitale).

  • Anasarque: Œdème généralisé.

  • Transudat accumulé dans cavités:

    • Péricarde: Hydropéricarde.

    • Abdomen: Ascite.

    • Pleurale: Hydrothorax.

    • Vaginale testiculaire: Hydrocèle.

    • Articulaire: Hydrarthrose.

B.- Aspects évolutifs

  • Œdèmes labiles (ex: Quincke, allergique).

  • Œdèmes durables (prédominent en régions déclives).

  • Généralement: Œdème disparaît avecsa cause, sans séquelles.

  • Œdème chronique: Peut entraîner fibrose des tissus (induration, épaississement définitif, ex: derme/hypoderme).

  • Œdème grave: Perturbations fonctionnelles sérieuses (hypoxie, troubles des échanges, troubles hématose en OAP).

II.- DÉSHYDRATATION

  • Diminution pathologique des liquides de l'organisme, avec perturbations électrolytiques.

  • Aspects morphologiques non caractéristiques au microscope (cellules épithéliales atrophiées/dégénératives, glandulaires non fonctionnelles).

  • Macroscopie: Sécheresse des muqueuses/séreuses, consistance parcheminée de la peau, persistance du pli cutané.

III.- CONGESTION

  • Congestion (hyperhémie): Excès de sang dans les vaisseaux dilatés d'un tissu/organe.

  • Zone: Coloration rouge, s'efface sous pression.

  • Lésion a priori réversible.

A.- Congestion active

  • Apport exagéré de sang artériel (artères, artérioles, capillaires, parfois système veineux par anastomose).

  • Œil nu: Tissus altérés rouge vif, parfois tuméfiés (œdème), élévation T° locale.

B.- Congestion passive

  • Accumulation de sang par insuffisance de drainage veineux (capillaires, veinules, veines). Aussi appelée stagnation ou stase sanguine.

  • Dilatation vasculaire passive: Facile à déceler au microscope.

  • Accompagnée d'œdème et d'hémorragies interstitielles.

  • Macroscopie: Coloration sombre, cyanotique, abaissement T° locale. Tuméfaction œdémateuse, suffusions hémorragiques. Liquide violacé/noirâtre s'écoule des tranches.

C.- Conséquences

  • Élévation de la pression hydrostatique veinulaire et capillaire.

  • Anoxie avec retentissement sur la nutrition des cellules.

D.- Exemples de congestion

  1. Foie cardiaque: Viscère de congestion passive par insuffisance cardiaque droite/totale ou obstruction des veines sus-hépatiques(Bud-Chiari).

    • Stade début: Dégénérescence/nécrose centrolobulaires hépatocytes, dilatation sinusoïdes, hémorragies.

    • Stade avancé: Dégénérescence graisseuse zone médiolobulaire.

    • Stade encoreplus avancé: Nécrose/hémorragies majeure partie lobule; hépatocytes périportaux normaux ("foie interverti").

    • Anatomie: Hépatomégalie énorme, volume variable ("foieaccordéon").

    • Macroscopie: Tranches bigarrées rouge sombre, ocre, jaunâtres/grisâtres ("foie muscade").

    • Évolution: Peut rétrocéder; sinon, sclérose centrolobulaire extensive("cirrhose cardiaque" – pas une vraie cirrhose car pas de nodules).

  2. Poumon cardiaque: Défaillance cardiaque gauche (rétrécissement/insuffisance mitrale) ou globale.

    • Poussée aiguë: Œdème aigu du poumon (inondation alvéoles par liquide séro-albumineux, parfois sanguinolent, expectoration rosée mousseuse).

    • Phase chronique: Stase sanguine diffuse,capillaires alvéolaires tortueux/turgescents. Hémorragies fréquentes. Liquide alvéolaire contient éléments lymphohistiocytaires et sidérophages ("cellules cardiaques").

    • Sclérose des cloisons alvéolaires, atrophie (emphysème), infarctus.

    • Macroscopie: Rouge sombre, lourd, plein, ressemble au foie.

IV.- OBSTRUCTION VASCULAIRE

  • Répercussions variables, du maintien normal à la nécrose.

  • Lésion oblitérante: Obstrue totalité de la lumière.

  • Lésion sténosante: Rétrécit seulement la lumière.

  • Obstacle anatomique peut être accompagné de spasme (sténosant -> oblitérant). Spasme prolongé = effet oblitérant.

A.- Caractères généraux

1.- Obstruction artérielle :Ischémie

  • Ischémie: Arrêt complet de l'apport sanguin dans un territoire artériel. Ischémie relative: Diminution considérable mais non totale.

  • Causes:

    • Altération primitive paroi artérielle (athérosclérose, artérite).

    • Atteinte lumière (thrombose, embolie).

    • Compression extrinsèque (tumeur).

    • Rarement fonctionnel: Dérivation sang artériel vers veineux (anastomose/anévrisme artérioveineux).

  • Association de plusieurs lésions (athérosclérose + thrombose) n'est pas rare.

2.- Obstruction veineuse

  • Oblitérante ou sténosante, gêne la circulation de retour.

  • Causes: Thrombose (habituellement), puis compression (tumeur), inflammation (phlébite hypertrophique), malformation congénitale.

B.- Physiopathologie

1.- Disposition anatomique

  1. Territoire vasculaire anastomotique: Sang contourne obstacle par anastomoses (ex: tube digestif).

  2. Système vasculaire type terminal: Ischémie totale d'emblée, pas d'anastomoses (ex: Rein, cerveau).

  3. Obstacle d'installation progressive: Anastomoses préexistantes s'agrandissent (circulation collatérale fonctionnelle) ou nouvelles se forment (circulation de suppléance).

    • 2 phases: Temporaire d'anoxie; Adaptation avec rétablissement débit.

2.- Métabolisme des cellules intéressées

  • Besoins en O2 variables (tissu, repos/activité). Temps de résistance à l'anoxie:

    • SNC: 3 min (adulte), 5 min (enfant) -> nécrose immédiate, irréparable.

    • Myocarde: 20 min.

    • Foie:35 à 50 min (lésions réversibles).

    • Rein: 90 min (lésions irréversibles tubes proximaux).

    • Muqueuses gastro-intestinales: 6 heures.

    • Muscles striés: 6 à 12 heures.

    • Téguments: > 24 heures.

3.- Conditions de formation de l'obstruction

  • Conséquences de l'obstruction vasculaire varient selon: totale/partielle, artérielle/veineuse, subite/progressive.

4.- Conséquences de l'ischémie

  • C'est l'infarctus ou l'infarcissement.

V.- Hémorragie

  • Écoulement de sang hors de l'appareil circulatoire. Peut être unique, localisée ou multiple, disséminée.

A.- Origine

  • Artérielle: Jets de sang rouge, rythmé par lepouls.

  • Veineuse: Régulière, sang foncé.

  • Capillaire: Punctiforme ou en nappe.

B.- Hémostase ou Arrêt de l'hémorragie

  • Succession de phénomènes:

    1. Réactions pariétales vasculaires:

      • Rétraction élastique (plus efficace pour artère).

      • Vasoconstriction par sécrétion locale d'adrénaline.

    2. Adhésion plaquettes à la paroi, suivie d'agrégation et désintégration dans filaments de fibrine -> clou hémostatique (plaquettaire ou thrombus blanc).

C.-Topographie de l'hémorragie

1.- Terminologie

  • Hémorragie externe: Sang éliminé à l'extérieur.

  • Hémorragie interne: Sang accumulé dans l'organisme. Hémorragie interstitielle: Sang infiltre les tissus.

  1. Hémorragie extériorisée ou externe:

    • Epistaxis: Hémorragie des muqueuses nasales.

    • Hémoptysie: Expectoration de sang.

    • Hématurie: Émission d'urines sanguinolantes.

    • Hématémèse: Vomissement sanglant.

    • Melæna: Émissionde matières fécales noires (sang digéré).

    • Ménorragie: Écoulement menstruel de durée et abondance exagérées.

    • Métrorragie: Hémorragie génitale en dehors des règles.

  2. Hémorragies internes: Superficielles ou profondes, peuvent passer inaperçues.

    • Ecchymose: Infiltration sanguine diffuse et superficielle (peau, muqueuses, séreuses).

    • Hématome: Collection sanguine circonscrite (tissu compact, région clivable) (ex: intracérébral).

    • Hémopéricarde, hémopéritoine, hémothorax: Épanchement sanguin dans la cavité séreuse correspondante.

    • Hémarthrose: Épanchement sanguin dans une articulation.

    • Hématocèle: Épanchement sanguin dans la vaginale testiculaire.

    • Purpura: Hémorragies dermiquesmultiples, disséminées.

    • Pétéchies: Petites taches de purpura (taille piqûre de puce à lentille).

    • Vibices: Taches hémorragiques allongées ("coup de fouet").

D.- Aperçu morphologique

  • Toute hémorragie implique lésion pariétale de l'appareil circulatoire. Si interne, foyer hémorragique.

1.- Lésion pariétale

  1. Rupture:

    • Traumatique (le plus souvent).

    • Spontanée (exceptionnelle,ex: poussée hypertensive, hémorragies conjonctives enfants coqueluche).

    • Favorisée par lésion préexistante (athérome, anévrisme, envahissements cancéreux, varices, inflammation nécrosante, ulcération biochimique, TBC,anévrisme disséquant).

  2. Érythrodiapédèse: Passage direct des GR à travers une paroi vasculaire non rompue (réseau capillaire).

    • Perturbations perméabilité endothéliale: Congestion passive, hypoxie, avitaminoses (C, P), substances toxiques, toxines microbiennes (méningocoque, streptocoque), troubles immunologiques.

    • Peut être brutale, étendue variable. Explique le purpura.

2.- Foyer hémorragique

  • Sang conserve structure uniquement dans l'appareil circulatoire et à l'abri d'un endothélium normal.

  1. Aspects microscopiques:

    • Début: Infiltration extravasculaire de GR, dépôt inconstant de filaments de fibrine.

    • Tissus: Normaux, détruits ou dissociés par pression sanguine/agent causal.

    • Lyse des GR (précoce): Tuméfaction, perte coloration, phagocytose (3-5 jours).

    • Libération d'hémoglobine (HB) -> dégradation en hémosidérine (pigment brunâtre).

    • Après 15e jour: Grains d'hémosidérine imprègnent interstices conjonctifs, persiste longtemps.

    • Pigment repris par macrophages ("sidérophages" ou "hémosidérophages").

    • Normalement, foyer disparaît sans trace. S'il y a dégâts tissulaires: granulome inflammatoire de résorption puis fibrose. Tissu fibreux teinté d'hémosidérine/calcifié = stigmate indélébile.

  2. Aspects macroscopiques:

    • Forme/volume varient, limites souvent imprécises.

    • Sang extravasé chemine dans tissu conjonctif lâche, le long des gaines vasculo-nerveuses, selon la déclivité.

    • Couleur foyer superficiel change avec le temps (phases de dégradation HB): rouge-bleuâtre -> violacé -> verdâtre -> jaune-grisâtre.

    • Exception: Hémorragie conjonctive oculaire reste rouge vif.

    • Accumulation hémosidérine -> teinte jaune-brunâtre persistante ("xanthochromique").

  3. Aspects évolutifs:

    • Hématome enkysté: Granulome inflammatoire sclérosé, sang non résorbé, entouré couche fibreuse. Contenu peut rester liquide, virer au brun-noirâtre, jaunâtre ou devenir incolore.

    • Nodule sclérocalcaire: Évolution originale petitfoyer hémorragique. Pigment ferreux + sels calcaires imprègnent fibres (aspect filaments mycéliens). Nodule jaune chamois, dans rates congestives (exemple).

E.- Corrélations anatomocliniques

1.- Répercussions générales et locales

  • Gravité dépend de: quantité de sang perdue, rapidité, répétition.

    1. Anémie normochrome: Par perte de masse globulaire.

    2. Compression: Hémorragie volumineuse comprime organes voisins (ex: hématome intracérébral, hémorragies méningées).

    3. Valeur diagnostique: Purpura (maladie coagulation, plaquettes, endothélium capillaire, infectieuse, allergique). Hémopéritoine (rupture rate, grossesse extra-utérine).

2.- Hémorragie et affections générales

  • Diverses affections générales -> hémorragies spontanées ou provoquées par agression minime.

  • Classées en: coagulopathies, thrombopathies, vasculopathies.

  • Coagulopathies: Carences congénitales ou acquises de facteurs de coagulation (empêche formation caillot).

    1. Hémophilie: Déficit facteurs VIII (A) ou IX (B). Maladie récessive liée au sexe (chromosome X), transmet par femmes saines, touche hommes.

      • Début: Âge des premiers pas à adulte.

      • Signes: Hémorragies partout avec traumatisme minime (hématomes, hémarthrose).

      • Autres: Hypoprothrombinémie, afibrinogénémie/hypofibrinogénémie (foie synthétise fibrinogène; insuffisance hépatique -> hémorragies graves).

    2. Fibrinolyse aiguë primitive: Activation anormale plasmine/fibrinolysine (dégrade fibrine/fibrinogène, facteurs V et VIII).

VI.- Thrombose

  • Thrombose: Formation d'un caillot (thrombus) dans la lumière de l'appareil circulatoire.

A.- Caractères généraux

  • Normalement, sang liquide. Coagulation participe à l'arrêt de l'hémorragie, mais coagulation anormale (thrombose) est dangereuse.

  • Thrombose peut se produire partout: artériel, veineux, capillaire, cardiaque.

  • Thrombus oblitérant/occlusif: Obstrue totalement la lumière.

  • Thrombus pariétal/mural: Rétrécit la lumière, se voit en zones de circulation rapide.

1.- Aperçu morphologique

  • Variétés structurales du thrombus: Récemment formé: feutrage de filaments de fibrine + éléments figurés. Variétés dépendent abondance/répartition éléments.

    1. Thrombus rouge: Peu courant. Caillot de coagulation massive (fibrine, GR, GB, plaquettes). Ressemble à sang coagulé in vitro.

      • Circonstances: Thromboses hémorroïdaires, veineuses.

  • Thrombus blanc: Structure de clou hémostatique (agrégat plaquettes + filaments fibrine + leucocytes). Plaques se désagrègent rapidement. Petite taille, translucide, visqueux, très adhérent.

  • Thrombus mixte: Le plus fréquent. Consistance ferme, friable. 3 zones:

    • Tête: Agrégat blanchâtre de plaquettes, adhère intimement à paroi.

    • Corps: Bandes blanches et rouges alternées (lignes oucrêtes de Zahn). Blanches = agrégation plaquettes (perpendiculaires à paroi dans oblitérant, parallèles dans pariétal). Rouges = coagulum fibrinocruorique.

    • Queue: Caillot de coagulation massive (rougeâtre, homogène). Friable, peu adhérente, flotte, se détache facilement.

  • Coagulation agonique et post-mortem: À distinguer d'un thrombus in vivo.

    • Caillot agonique: Rouge, strié de blanc (sans lignes de Zahn). Ressemble à coagulation massive.

    • Caillot post-mortem: Comparable à agonique, parfois bicolore (couche profonde rouge GR, couche superficielle blanc-jaunâtre plasma "graisse de poulet"). Dueà sédimentation GR.

    • Différence thrombus/caillot agonique/post-mortem: Thrombus est friable, adhérent, souvent oblitérant; caillot agonique/post-mortem est élastique, non adhérent, diamètre < auvaisseau.

2 Evolution

  1. Organisation: Thrombus subit une organisation fibreuse (comme inflammation). Envahi par histiocytes/fibroblastes. Sang résorbé (histiocytes -> sidérophages). Fibres réticulaires et capillaires sanguins apparaissent (parallèles axe vaisseau).

    • Si oblitérant: Masse conjonctivo-vasculaire remplit lumière, oblitération définitive.

    • Si partiel: Masse bombe sous forme de placard, réendothélialisé.

    • Thrombosthénine (protéine plaquettaire): Thrombus oblitérant peut se rétracter et devenir pariétal.

    • Néovaisseaux peuvent s'anastomoser, permettant passage sang (rare).

    • Thrombus organisé peut s'imprégner de sels calcaires, s'ossifier -> Phlébolithe (veines thrombosées).

  2. Ramollissement puriforme: Leucocytes se désintègrent, libèrent enzymes qui liquéfient fibrine. Liquéfaction s'étend. Thrombus ramolli devient très fragile, se désintègre ou sedétache.

  3. Ramollissement purulent: Secondaire à infection du thrombus.

  4. Mobilisation: Thrombus peut se détacher (tout ou partie) et se fixer ailleurs = embolie thrombotique. Thrombus mobilisé = embole.

  5. Thrombolyse: Lyse de la fibrine par la plasmine. Peut être suscitée par thérapeutique (activateurs plasminogène).

B.- Aperçu physiopathologique

1.- Facteurs de thrombose

  • 3 facteurs thrombogènes principaux:

  • Altération de l'endothélium: Mécanique, anoxie, radiations, toxines, produits chimiques. Conséquence: Adhésion des plaquettes.

  • Hypercoagulabilité sanguine: Hyperactivation procoagulants, carence anticoagulants, non-destruction de procoagulants activés.

    • Foyers de nécrose, tissus néoplasiques produisent substances thrombogènes.

  • Perturbation de la dynamique circulatoire

    • Stase sanguine.

    • Turbulences (bifurcations, abouchementvaisseau, obstacles pariétaux non occlusifs comme plaque athéromateuse, thrombus pariétal, végétation valvulaire).

  • Modes de développement du thrombus

    • Peut être: Stase sanguine + manque élimination facteurs actifs coagulation (rare).

    • Règle générale: Acte 1er = adhésion immédiate et réversible des plaquettes sur altération endothéliale.

      • Altération superficielle: Nécessite facteur de Willebrand (déficit -> syndrome hémorragique, surtout muqueuses).

      • Altération profonde (tissu conjonctif): Adhésion liée àperturbations mouillabilité/charges électriques.

    • Agrégation plaquettaire: D'abord réversible (ébauche clou), puis irréversible sous thrombine.

      • Plaquettes subissent "métamorphose visqueuse" (gonflent, perdent contour, se désagrègent), libèrent phospholipide plaquettaire (3FP) (indispensable voie endogène coagulation).

      • Thrombine accélère lyse plaquettaire. Fibrine assure étanchéité/stabilisation.

      • Ainsi se forment clou hémostatique (thrombus blanc) et tête du thrombus mixte.

      • Sur face libre thrombus blanc: Modifications courant sanguin -> dépôt de sangcoagulé en bande rouge fibrinocruorique.

      • Nouvelles plaquettes s'accolent -> bande blanche fibrinoplaquettaire. Succession -> extension thrombose, corps zébré du thrombus mixte.

C.- Corrélations anatomocliniques

1.- Affections et périodes thrombogènes

  1. Périodes post-opératoires et post-partum: Associent facteurs thrombogènes veineux (geste chirurgical, traumatisme, hémorragie, choc, immobilisation, stase, libération produits désintégration tissulaire).

  2. Athéromatose: Lèse l'intima artérielle, plaques, rétrécissements. Deux conditions favorables: altération endothéliale et turbulences du sang.

  3. Cardiopathies: Thromboses fréquentes (insuffisance cardiaque: alitement, ralentissement circulatoire, stase veineuse, hémoconcentration, polyglobulie).

    • Valvulopathies: Thromboses des auricules/oreillettes.

    • Endocardites: Thromboses sur valvules lésées.

  4. Maladie cancéreuse: Thromboses veineuses fréquentes (surtout tumeur viscérale: gastrique, pancréatique).

  5. Varices des membres inférieurs: Causes/conséquences de stase sanguine, donc thrombogènes (immunisation, opération, accouchement).

2.- Coagulation intravasculaire disséminée (CIVD)

  • Caractérisée par:

    • Formation de caillots sanguins disséminés (microthrombose) dans petits vaisseaux.

    • Épuisement des facteurs de la coagulation.

    • Fibrinolyse secondaire avec hémorragies.

  • Aspects microscopiques:

    • Thrombi: Dans artérioles, veinules, capillaires. Difficiles à trouver à cause fibrinolyse.

    • Aspect varie de microthrombus mixte à microthrombus hyalin.

    • Sites: Rein (artérioles afférentes, anses capillaires glomérulaires), peau, poumons, surrénale, rate, foie, tube digestif.

    • Associé à infiltration hémorragique des tissus.

  • Aspects macroscopiques:

    • Thrombi non visibles à l'œil nu. Signés par hémorragies et nécroses.

    • Hémorragies: Superficielles/profondes, purpura cutanéo-muqueux (parfois nécrotique), atteinte viscérale.

  • Aspects étiopathogéniques etretentissement clinique:

    • Mécanismes complexes. Nécessite: Stase sanguine et activation système coagulation (non-élimination facteurs activés par SPM).

    • Formation multiples microthrombi -> consommation plaquettes/facteurs coagulation -> effondrement taux sanguin (coagulopathie de consommation).

    • Rupture équilibre procoagulants/anticoagulants -> hémorragies.

    • 3 phases successives:

      • Hypercoagulabilité cliniquement muette (formation thrombi).

      • Hypercoagulabilité avec hémorragies.

      • Fibrinolyse avec accentuation lésions hémorragiques.

    • Corresp. biologique:

      • Phase transitoire: Hyperfibrinogénémie, hyperactivité facteurs V et VIII.

      • Phase de diminution: Hypoplaquettose, hypofibrinogénémie, hypoactivité facteurs II, V, VIII, XIII.

      • Phase caractéristique: Présence de "complexes solubles de la fibrinolyse" (produits dégradation fibrinogène, monomères fibrine).

VII.- EMBOLIE

  • Embolie: Transport d'un corps étranger dans le torrent circulatoire et son arrêt dans un vaisseau (oblitération).

  • Corps étranger = "embole ou embolus".

A.- Caractères généraux

  • Tout corps étranger non dissous/soluble dans le sang peut être un embole (massif, granuleux, gazeux, liquide en suspension).

  • Peut être unique ou multiple.

  • Majorité des emboles sont endogènes(thrombus (90%), athéromateux, bulles de gaz, lipides).

  • Emboles exogènes rares (pathogènes, matériels funiques, contenus kystes hydatiques).

  • Accidentels: air (blessure grosse veine), fragment cathéter.

  • Vagabondage cellulaire: Passage cellules normales/pathologiques dans le sang (cellules trophoblatiques, fragments endomètre -> endométriose).

1.- Voies de cheminement

  • Règle générale: Embolie directe (embole suit cours normal du sang).

    • Ex: Thrombus de veine surale -> VCI -> OD -> VD -> Artère Pulmonaire.

    • Embole Gde circulation -> artères petite circulation. Embole syst. cardio-artériel Gde circulation -> artères Gde circulation.

  • Embolie paradoxale (rare): Embole quitte veine Gde circulation pour oblitérer artère Gde circulation. Possible s'il existe court-circuit (malformation cardiaque: CIA, CIV; ou fistule veino-artérielle).

  • Embolie rétrograde (rare, contestée): Renversement momentané flux Gde circulation (effort intense), embole pelvien remonte VCI.

2.- Conséquences

  1. Mécaniques: Les mêmes que toute obstruction artérielle ou veineuse (de l'absence de lésion à la nécrose ischémique).

  2. Physiopathologiques: Redoutables par la brutalité du phénomène.

    • Spasme intense renforce occlusion. Peut causer mort subite.

    • Manifestations cliniques: Angoisse, énervement, lipothymie.

  3. Thrombogènes: Tout embole qui ne tue pas met en branle mécanisme de thrombose secondaire là où ilest bloqué.

    • Embole originel reste reconnaissable si matériel ≠ sanguin ou non résorbable.

  4. Évolutives locales: Tiennent à la nature de l'embole.

    1. Embole septique: Thrombus fibrinocruorique hébergeant germes pathogènes. Cause abcès métastatiques.

    2. Embole cancéreux: Cellules cancéreuses en amas. Cause métastase.

B.- Corrélations anatomocliniques

1.- Thrombo-embolie (embolie tout court)

  1. Origine veineuse(la plus courante): Thrombus mobilisé, obstrue tronc commun AP -> mort subite.

    • Nécropsie: Agglomérat de longs cylindres thrombotiques recroquevillés dans AP.

  2. Origine cardiaque ou artérielle: Plus rare.

2.- Embolie athéromateuse

  1. Par détachement d'un thrombus formé sur une plaque d'athérome.

  2. Par détachement de bouillie athéromateuse d'une plaque ulcérée.

3.- Embolie gazeuse

  • Introduction massive d'air/gaz dans vaisseau sanguin, ou apparition bulles gazeuses capillaires.

  • Petite quantité d'air IV inoffensive.

  • Aspect microscopique: Embole gazeux difficilement identifiable (espacevide de sang).

  • Aspect macroscopique: F.O. (petits emboles dans vaisseaux rétiniens). Bulles gazeuses s'accumulent dans cavités cardiaques (droite) -> sang spumeux. Nécropsie:ouverture sous l'eau.

  • Aspects étiopathogéniques et retentissement clinique:

    • 1er groupe: Entrée d'air massive accidentelle (traumatisme, acte médicochirurgical: thoracique, intracrânien).Press. négative inspiration favorise asp. air IV.

      • Embolies artérielles: Air dans veines pulmonaires -> cœur gauche -> aorte et branches.

      • Clinique: Choc inopiné, mort subite. Décès rapide formeveineuse (décompensation cardiaque), ischémie SNC forme artérielle.

    • 2e groupe: Accidents de décompression. Gaz dissous dans sang/tissus se libèrent en bulles d'air (descente pression ambiante rapide).

      • CO2, O2 se redissolvent vite. Bulles d'azote (N2) persistent, oblitèrent petits vaisseaux (ex: os spongieux épiphyses, SNC -> nécrose ischémique, démyélinisation).

      • Au contact air, sang coagule -> CIVD peut compliquer.

4.- Embolie graisseuse

  • Sujets traumatisés,polyfracturés. Rencontre groupes cellules adipeuses, lambeaux moelle osseuse, gouttelettes lipides libres dans artères pulmonaires ou gde circulation (cerveau, rein, téguments, œil).

  • Deux ordres de phénomènes:

    • Emboles graisseux latents (cellulaires/libres) sans remaniement circulatoire.

    • Syndrome d'embolie graisseuse avec lésions tissulaires disséminées, troubles biologiques, perturbations métabolisme lipidique.

  • Aspects microscopiques:

    • Identification adipocytes/moelle hématopoïétique (parfois spicule osseux) dans lumière vaisseau.

    • Emboles graisseux: espaces vides, sphériques/allongés, dilatent légèrement vaisseau, tassement GR sur endothélium.

    • Diagnostic: Colorations spécifiques des lipides (Soudan III, rouge écarlate, acide osmique).

    • Syndrome: Cellules endothéliales dégénératives (proximité emboles), exsudats œdémateux, hémorragies, microthromboses fibrineuses, infiltrats histiocytaires.

  • Aspects macroscopiques:

    • Rien de spécifique à l'œil nu. Hémorragies punctiformes ou en nappes.

    • Localisations évocatrices: pétéchies sous-conjonctives (signe d'alarme), exsudats hémorragiques/blanchâtres au F.O. (démyélinisation rétine), purpura thoraco-cervical sup. (tardif).

  • Aspectsétiopathogéniques et retentissement clinique:

    • Intervalle libre: Plusieurs heures à 2-3 jours entre agression et syndrome.

    • Syndrome clinique: Fièvre brutale, grande détresse cardiorespiratoire, éruptionpurpurique, atteinte neuropsychique (céphalée, agitation, torpeur, hallucination).

    • Agent causal (>80%): Polyfractures (surtout diaphyse os longs, fémur).

    • Autres causes: IntroductionIV substances huileuses (avortement, lymphographie, injection IM, perfusion émulsion lipidique), brûlures étendues, infection panicule adipeux, stéatose hépatique (alcoolique, toxique).

  • Physiopathologie:

    • Obstruction vasculaire (pulmonaire) responsable. Si massive/multifocale/répétée.

    • Ne peut expliquer l'intervalle libre et passageemboles lipidiques du syst. artériel pulmonaire vers Gde circulation, causant lésions multiples.

    • Hypothèse actuelle: Bouleversement brutal et profond du métabolisme des lipides.

5.- Embolie amniotique

  • 1/25000-30000 accouchements. Liquide amniotique passe dans circulation veineuse maternelle (rupture membranes, contractions utérines, obstacle écoulement vaginal).

  • Débris (lanugo, cellules malpighiennes, sébum, mucus) se logent dans vaisseaux pulmonaires.

  • Thromboplastine contenue dans liquide active facteurs coagulation (épuisement).

  • Plus redoutable par effets biochimiques quepar oblitération vasculaire. Mène à coagulation intravasculaire disséminée (CIVD).

VIII.- Infarctus, Infarcissement, Apoplexie

A.- Définitions

  • Infarctus: Foyer viscéral circonscrit de nécrose ischémique après oblitération artérielle.

    • Infarctus blancs (anémiques): Tissus démunis de sang.

    • Infarctusrouges (hémorragiques): Tissus gorgés de sang.

  • Infarcissement: Foyer viscéral de nécrose hémorragique après oblitération veineuse (artère correspondante non oblitérée).

  • Apoplexie: Perturbation (stupeur) réseau circulatoire (viscéral, périviscéral, pluriviscéral) -> hémorragie par érythrodiapédèse et nécrose secondaire, sans oblitération vasculaire. Par extension, zone de nécrose hémorragique.

B.- Aperçu morphologique et évolutif

1.- Infarctus blanc

  • Lieux d'élection: Rein, rate, cerveau, myocarde (organes à tissus denses, irrigués par système artériel terminal).

  • Occlusion artérielle (tronc principal ou branches). Plusieurs infarctus possibles. Retour veineux respecté.

  • Aspects microscopiques (forme typique, période d'état):

    • Région centrale de nécrose de coagulation: Architecture tissulaire conservée, cellules cytoplasme homogène oxyphile, noyau pycnotique.

    • Liséré périphérique: Tissus non nécrosés, œdémateux, congestifs, infiltrés (polynucléaires, histiocytes, macrophages).

    • Bande externe: Simplement congestive (vasodilatation s'atténue).

  • Aspects macroscopiques:

    • Région centrale de nécrose blanc-jaunâtre, consistante, saillant. Forme, volume, limites nettes correspondent au territoire vasculaire. Triangle à sommethilaire (rein), contours quadrangulaires/polycycliques (rate).

    • Mince liséré gris clair périphérique (tissus infiltrés).

    • Bande congestive externe (rouge violacé).

  • Aspects évolutifs et physiopathologiques:

    • Début: Ischémie (rien décelable MO/macro à 4-12h). ME révèle altérations cellulaires (gonflement mitochondrial, dilatation RE, etc.).

    • Évolution: S'apparente à inflammation (afflux liquide œdème, polynucléaires, histiocytes dans liséré, vasodilatation).

    • Leucocytes envahissent tissus nécrosés -> destruction/résorption parferments protéolytiques et phagocytose.

    • Lent. Portions désintégrées remplacées par tissu conjonctif (moins abondant).

    • Infarctus vieilli: Zone amincie/rétractée de sclérose cicatricielle blanchâtre, dure, desséchée.

    • Variante: Ischémie tissulaire cérébrale -> nécrose de liquéfaction (ramollissement cérébral).

    • Résorption peutlaisser cavité kystique résiduelle, cernée de fibrose.

    • Infection infarctus -> infarctus suppuré.

2.- Infarctus rouge

  • Lieux d'élection: Organes creux à tissus lâches (poumon, intestins).

  • Occlusion artérielle, s'accompagne de perturbations dans réseau veineux.

  • Microscopie (une fois constitué): 3 parties moins stéréotypées que le blanc.

    • Zone centrale de nécrose hémorragique (contours alvéoles pulmonaires reconnaissables).

    • Liséré périphérique: Parenchyme pulmonaire (alvéoles remplies liquide œdème, polynucléaires, histiocytes, sans être désintégrées - "alvéolite oedémateuse et fibrino-leucocytaire").

    • Bande externe: Simplement congestive.

  • Macroscopie:

    • Tissu gorgé de sang noirâtre, induré. Limites précises (quadrangulaires/triangulaires). Base vers plèvre,sommet hilaire (artère oblitérée).

    • Liséré périphérique souvent masqué par hémorragie.

  • Aspects évolutifs et physiopathologiques:

    • Début: Brève période d'ischémie totale, pâle, sec. Puis rapidement congestion intense et inondation hémorragique avec nécrose.

    • Par la suite: Réaction inflammatoire, désertion, cicatrisation (similaire à infarctus blanc), mais tissus de sclérose cicatricielle peuvent conserver pigments hémosidérine (bruns).

    • L'afflux de sang secondaire (dans territoire d'artère principale oblitérée) s'explique par:

      • Voie des artères collatérales (temporairement imperméables/insuffisantes).

      • Reflux veineux dans tissus ischémiques (occlusion artérielle -> aspiration sanguine rétrograde).

      • Gêne à l'écoulement veineux, blocus circulation de retour.

      • Nouvel accès sang artériel dans région proximale d'infarctus blanc (spasme levé, embole mobilisé).

      • Perturbations hémodynamiques complexes/successives.

      • Obstruction artérielle -> nécrose exsangue + vasoconstriction réflexe artériolaire-> vasodilatation réflexe par anoxie + reflux sang veineux + inondation sanguine à travers paroi nécrosée des capillaires.

    • Un infarctus peut passer par un stade exsangue très transitoire avant de devenir rouge. Peut être d'emblée rouge(poumon des sujets en stase cardiaque).

    • Infarctus rouge du poumon: Due à double système artériel. Inondation sanguine = combinaison phénomènes (perturbations hémorragiques, anastomoses artério-artérielles et artérioveineuses s'ouvrant, anastomoses artère bronchique-veine pulmonaire projetant sang sous pression).

3.- Infarcissement hémorragique

  • Affected: Poumons, rein, rate (par thrombose veineuse, surtout chez cardiaques). Intestin grêle (thrombose mésentérique), surrénale (thrombose veine surrénalienne).

  • Aspects microscopiques, macroscopiques et évolutifs: Similaires à infarctus rouge, mais contours moins tranchés, dominance œdème, hémorragie, congestion passive (teinte très violacée) signant l'obstruction veineuse.

  • Diagnostic difficile. Certains pays abandonnent le terme infarcissement au profit d'infarctus rouge.

4.- Apoplexie

  • Organes atteints: Viscères digestifs, sphère génitale, occasionnellement cerveau et glandes endocrines.

  • Caractérisée par hémorragie (érythrodiapédèse) et nécrose tissulaire sans oblitération vasculaire.

  • Suffusions hémorragiques, exsudation œdémateuse, lésions de nécrose diffusent sans limites nettes.

  • Évolution: Identique à foyer de nécrose hémorragique. Tendance à l'enkystement des foyers, surtout s'ils sont petits.

C.- Corrélations anatomocliniques

1.- Répercussion générale

  • Petits infarctus peuvent être inaperçus.

  • Autres infarctus: Douleur subite (irradiée ounon), avec/sans choc.

  • Mort subite/immédiate: Choc irréversible, insuffisance fonctionnelle aiguë (infarctus du myocarde).

  • Mort différée: Insuffisance fonctionnelle progressive (insuffisance rénale grave des infarctus du rein).

  • Topographie/étendue nécrose commandent clinique et risque vital.

  • Ex: Dyspnée/hémoptysie (infarctus pulmonaire), onde ECG anormale, chute tensionnelle, troubles rythme (infarctus du myocarde).

2.- Répercussions locales

  • Nécrose ischémique (étendue, récidives): Responsable de déformations, atrophie, destruction partielle/totale d'organes.

  • Peut conduire à rupture d'un organe (cœur (hémopéricarde), rate (hémopéritoine), intestin (perforation)).

  • Suscite altérations de voisinage utiles au diagnostic (péricardite/infarctus du myocarde, pleurite/infarctus pulmonaire).

IX.- Choc

  • Choc: État de défaillance circulatoire aiguë -> mauvaise irrigation sanguine tissus -> anoxie cellulaire.

A.- Aperçu physiopathologique

  • Perturbations hémodynamiques et métaboliques complexes.

1.- Facteurs étiologiques

  • Hémorragie rapide/abondante.

  • Traumatisme (souvent compliquéd'hémorragie).

  • Intervention chirurgicale/acte obstétrical.

  • Choc cardiaque (infarctus du myocarde, embolie pulmonaire grave).

  • Infection.

  • Déshydratation (grands brûlés, vomissements, diarrhée).

  • Toxine, insuffisance endocrinienne.

2.- Réduction du volume sanguin

  • Tous les facteurs réduisent le volume sanguin selon différentes modalités.

  • Diminution duretour veineux:

    • Choc hypovolémique: Diminution réelle/absolue du volume sanguin (hémorragie, perte liquidienne).

    • Diminution apparente/relative: Séquestration/croupissement du sang (vasoconstriction, vasodilatation intense avec stase).

  • Diminution du débit cardiaque gauche: Primitive ou secondaire.

    • Primitive: Choc cardiogénique (infarctus du myocarde, tamponnade).

    • Secondaire: Réduction marquée du retour veineux au cœur droit, altérations métaboliques/toxiques du choc.

  • Anoxie et cercle vicieux:

    • Aboutissement: Gêne à l'irrigation normale des tissus (perfusion tissulaire).

    • Conséquence: Anoxie/hypoxie rapide (le mot-clé du choc).

    • Anoxie ->bouleversements métaboliques: Production substances toxiques; passage oxydation -> glycolyse anaérobie (résidus lactiques/pyruviques); catabolisme protéines augmenté; acidose métabolique.

    • Anoxie peut induire réflexe: Vasoconstriction -> vasodilatation avec stase. Exagère stase, amplifie séquestration sanguine périphérique, aggrave difficultés retour veineux.

    • Produits anormaux: Lésent endothélium capillaires -> modification perméabilité, extravasation sanguine, déséquilibre liquidien/électrolytique, dérèglement échanges.

    • Produits anormaux ont effets à distance: Rein, cerveau, surtout myocarde (amplifient défaillance cardiaque gauche).

    • Anoxie accentue la double diminution (retour veineuxet débit cardiaque) -> cercles vicieux du choc.

B.- Aperçu morphologique et évolutif

  • Aspects de souffrance/dégénérescence cellulaire dans nombreux tissus (chocs cliniques/expérimentaux, MO/ME).

  • Lésions diffuses d'œdème, hémorragie, microthrombose. Amas d'hématies bloqués dans capillaires/veinules dilatées.

  • Foyers de nécrose parsèment les organes irrigués parsinusoïdes.

    • Dans le foie de choc: Centro-lobulaires, fines marbrures jaunâtres ("là où les possibilités de circulation collatérale sont limitées").

    • Dans le poumon de choc: Allure d'apoplexie.

    • Dans l'estomac et l'intestin de choc: Petits placards rouges, exulcérations hémorragiques de la muqueuse ("ulcérations du stress").

    • Dans le rein de choc: Nécrose tubulaire aiguë (rupture membrane basale tubes, œdème interstitiel).

      • Cellule épithéliale: Gonflement/éclatement mitochondries, vésiculation/désorganisation RE.Dégénère, se tuméfie, se charge de graisse, nécrose, desquame.

      • Lumière tubes: Cylindres grumeleux, pigmentés, brunâtres/oxyphiles (hémoglobine désintégrée, débris cellulaires).

      • Lésions: Segmentaires mais non systématisées. Focales, épargnent glomérules (sauf nécrose corticale).

  • Macroscopie: Cortex pâle/hypertrophié (œdème)vs pyramides brun-rouge (pigment).

  • Tubulopathie aiguë (insuffisance rénale aiguë, oligoanurie): Peut guérir (cellules épargnées mitose, régénération).

C.- Corrélations anatomocliniques

  • Clinique: Froideur/pâleur ou cyanose téguments; sudation excessive (excitation sympathique); pouls rapide et filant; hypotension artérielle; hyperventilation; lipothymie/perte de connaissance.

CHAPITRE 5: INFLAMMATION

I.- DÉFINITION

  • Inflammation: Ensemble des réactions de l'organisme (tissulaires, humorales, locales, générales) à toute agression perturbant son équilibre biologique. Suited'événements ordonnés.

  • 3 buts: Neutraliser, limiter, réparer.

  • Réaction locale au début, peut se généraliser.

  • Celse (1er siècle): Tétrade classique:rubor, tumor, calor, dolor.

  • Galien/Virchow: Ajout du 5ème signe: functio lesae (trouble fonctionnel ou impotence).

  • L'inflammation est une inflammation physiologique ou une inflammation-maladie.

II.- ÉTIOLOGIE: AGENTS PHLOGOGÈNES

  • Agents phlogogènes: Tous agents altérant l'intégrité de l'organisme et déclenchant inflammation. ("phlogos" = feu -> rougeur, chaleur).

A.- Agents phlogogènes exogènes

  1. Physiques (causes mécaniques):

    • Traumatisme (coupure, blessure, piqûre, morsure, contusion, vibrations, pressions, blast injury).

    • Chaleur, froid, énergie électrique, radiations (ionisantes, UV).

  2. Chimiques: Acides, bases, substances minérales/organiques,extraits de bactéries/tissus (toxines microbiennes, histamine), protéines étrangères, venins, toxines végétales, corps figurés (cristaux, poussière). Toute substance endogène hors de son milieu naturel (urines).

  3. Agentsbiologiques: Virus, bactéries, champignons, parasites.

B.- Agents phlogogènes endogènes

  1. Toute substance endogène hors de son milieu naturel (ex: urines en dehors voies urinaires).

  2. Tissu nécrosé persistant.

C.- Les causes immunologiques

  • Complexe Ag-Ac, réaction allergique.

  • Souvent association de plusieurs agents. Résultat: destruction et altération tissulaire.

  • Agents pénètrent par frontières naturelles (cutanée, digestive, respiratoire) ou sont endogènes.

  • Déséquilibre biologique déclenche processus de régulation(homéostasie).

  • Équilibre rétabli sans conscience (cas normaux). Si déficience, manifestations morbides.

  • Si violence réaction telle: processus régulation perturbés/épuisés -> deviennent agresseurs.

III.-APERÇU MORPHOLOGIQUE

A.- Étude analytique de l'inflammation

1.- La réaction vasculaire

  • Changements hémodynamiques

    1. Vasoconstriction brèveet transitoire.

    2. Vasodilatation longue -> conséquences:

      • Augmentation débit sanguin -> augmentation pression hydrostatique et sortie liquides -> viscosité sanguine, stase sanguine -> basede thrombose.

      • Augmentation perméabilité vasculaire -> sortie liquides et protéines -> diminution pression oncotique, amplification sortie liquides.

      • Margination et adhésion éléments figurés du sang (quittent colonne centrale,vont en périphérie, adhèrent à paroi).

  • Changements morphologiques: Cellules endothéliales s'écartent, laissant des pertuis.

2.- La réaction cellulaire

  • Globules blancs (leucocytes) sortent des vaisseaux par émigration (leucodiapédèse). À l'extérieur, se meuvent vers agent agressif (migration).

  • Mouvement vers agent agressif par chimiotactisme.

  • Sortie GB -> diminution GB -> réaction moelle osseuse (compensation) -> hyperleucocytose.

  • Polynucléaires neutrophiles: Lespremiers mobilisés (plus rapides).

  • Globules rouges (GR) sortent par/à travers pertuis (laissés par GB) = diapédèse ou érythrodiapédèse.

  • Résultat final: Exsudat inflammatoire (liquides + protéines) et Infiltrat inflammatoire (ensemble des éléments figurés sortis).

3.- La réaction lymphatique

  • Rôle: Drainer le foyer inflammatoire.

  • Vaisseaux lymphatiques conduisent éléments vers ganglions lymphatiques (barrière de protection).

  • Drainage: Germes peuvent provoquer lymphangite (infl. vaisseaux lymphatiques) et lymphadénite (infl. ganglion lymphatique).

4.- Les médiateurs chimiques de l'inflammation

  • Définition: Substances vasoactives capables de provoquer un ou plusieurs phénomènes vasculaires de l'inflammation, mais incapables isolément de les provoquer tous.

  • Différents types:

    1. Amines (Histamine, sérotonine): Agissent transitoirement en début d'inflammation,provoquent vasodilatation.

    2. Protéases (plasmine, kallicréine, facteur globulinique de perméabilité).

    3. Polypeptides (bradykinine, kallidine): Agissent plustard.

    4. Substances diverses: Complexes Ag-Ac, ARN, facteur ganglionnaire de perméabilité, facteurs lysosomiaux.

5.- Chimiotactisme

  • Définition: Choix par la cellule d'une direction déterminée en réponse à un stimulus chimique.

  • Types:

    • Chimiotactisme positif: Cellule s'approche dustimulus.

    • Chimiotactisme négatif: Cellule s'éloigne du stimulus.

  • Substances chimiotactiques:

    • Cytotaxine: Actionchimiotactique directe.

    • Cytotaxigène: Action chimiotactique indirecte (induit formation cytotaxine).

B.- Aspect typique

1.- Plaie cutanée aseptique

  • Moyen d'étudier le processus réactionnel en phases successives.

  • Phase Altérative ou d'agression: Hémorragie (après bistouri), colmatée par caillot. Cellulesépidermiques/conjonctives détruites se mêlent au caillot. Foyer latent.

  • Phase réactionnelle

    1. Période vasculo-exsudative:Après qqs heures -> vasodilatation (derme, capillaires). Tissu conjonctif distendu par liquide séro-albumineux. Polynucléaires apparaissent (vaisseaux, puis tissus conjonctifs). Fibrine caillot et débris résorbés.

      • Œil nu: Lèvres plaie tuméfient ("tumor"), halo rouge congestif ("rubor") sur peau avoisinante ("calor" et "dolor"). Liquide trouble/jaunâtre s'écoule -> coagule en croûte fragile.

    2. Période productive: Plaie augmente volume. Néocapillaires sanguins apparaissent (cellules endothéliales turgescentes/mitotiques), croissent en éventail. Entourés de polynucléaires et histiocytes.

      • Ensemble remplit plaie. Croûte tombe. Plaie nette, fond occupé par tissu rougeâtre granuleux, bourgeonnant, saignant facilement = tissu inflammatoire de granulation ("bourgeons charnus").

      • Chaque bourgeon charnu: Néocapillaires drainés par capillaire préexistant. Comprend zone profonde (capillaire), zone moyenne (néocapillaires, polynucléaires, histiocytes, œdème), zone superficielle (crosse néocapillaires).

  • Phase de réparation: Tissu de granulation comble perte de substance, recouvert par cellules épithéliales (se multiplient sur bords, glissent vers centre). Tissu conjonctivo-vasculaire des bourgeons mature, élabore fibres de collagène.

    • Ré-épithélialisation: Voile gris, ténu, recouvre tissu de granulation rougeâtre.

    • Finalement: Plaie signée par ligne claire qui s'estompera.

    • Processus = cicatrisation. Marque = cicatrice.

C.- Aspects topographiques divers

  • Processus воспалительный se reproduit dans tous les tissus (séquence analogue).

  • L'inflammation nécessite un milieu conjonctif (modifications vasculaires, intervention cellules sanguines).

  • Tissu non vascularisé (épithélium) ne peut être le siège d'inflammation primitive (sauf inflammations virales).

D.- Déductions biologiques : De l'agression àla réparation

  • L'inflammation est le plus court chemin de l'altération à la réparation parfaite.

  • Non pathologique, mais processus de régulation (comme régulation hormonale).

  • Évidente surpeau, mais inaperçue en territoires profonds (infl. physiologique).

E.- Aperçu physiopathologique (Schéma simplifiant)

  • Agent agresseur -> Médiateurs chimiques -> Substances diverses ->

    • Vasodilatation -> Flux sanguin augmenté -> Congestion (Chaleur, Rougeur).

    • Perméabilité vasculaire augmentée -> Exsudation = Œdème.

  • Œdème + Excitation terminaisons nerveuses + Compression -> Douleur, Impotence fonctionnelle.

  • => Forme la tétrade de Celse et le 5ème signe.

F.- Inflammation septique et aseptique

  • Inflammation septique (infection): Due à germe pathogène (bactérie, virus, parasite).

    • Peut être: Localisée (appendicite, panaris)ou généralisée (septicémie).

    • Si septicémie avec réaction locale purulente: septicopyohémie ou pyohémie (foyers purulents disséminés).

  • Inflammation aseptique: Aucun germe pathogène dans son déterminisme/évolution. Habituellement localisée.

  • Inflammation aseptique peut se compliquer d'inflammation septique (ex: contamination plaie chirurgicale).

  • Retenir: L'infection est toujours un phénomène inflammatoire, mais l'inflammation n'est pas toujours un processus infectieux.

G.- Essai de synthèse dynamique de l'inflammation

  • Jamais un phénomène purement local. Implique mécanismes régionaux ou généraux.

1.- Facteurs régionaux

  • Réactions phlogistiques en chaîne: systèmes cellulaire/immunitaire de défense, intégrité vasculaire, régulation circulatoire locale.

  • Santé = efficacité mécanismesrégulation/défense.

  • Actions cellulaires et humorales intriquées.

  • Systèmes cellulaire et immunitaire de défense:

    • Non spécifique: Polynucléaires et macrophages (activité de capture/destruction facilitée par opsonines).

    • Spécifique: Lymphocytes et plasmocytes -> réactions immunitaires adaptées.

      • Immunité cellulaire: Lymphocytes T.

      • Immunité humorale: Lymphocytes B (stade final plasmocyte).

  • Système de défense de l'intégrité vasculaire: Deux lésions risquent d'altérer vaisseaux: obstruction et rupture.

    • Fibrinolyse et coagulation pallient respectivement.

    • Plasminogène/plasmine; vasomotricité, plaquettes, facteur Hageman et autres facteurs coagulation concourent.

  • Système de régulation circulatoire locale: Règle débit sanguin (calibre vaisseaux, sphincters, anastomoses).

    • Y participent: Formations neuromusculaires, mastocytes, facteurs humoraux (kinines).

  • KININES:

    • Caractères Généraux: Polypeptides, vasodilatateurs, stimulent musclelisse, augmentent perméabilité capillaires. Libération par mécanismes biochimiques complexes.

    • Kininogène (-2-globuline hépatique) activé par kallicréines (enzymes peptidasiques). Kallicréines sous forme inactive (kallicréinogène) dans plasma, granulocytes, rein, intestin, glandes exocrines.

    • 3 grandes variétés: Bradykinine (nonapeptide), Kallidine (lysyl-bradykinine, décapeptide), méthionyl-lysyl bradykinine (décipeptide).

    • Production minime à l'état normal (<2.5 µg/ml). Très brèves, inactivées par kininases.

  • Kinines:médiateurs chimiques de l'inflammation: Voie finale commune de la réaction inflammatoire. Interviennent puissamment.

    • Ex: Facteur Hageman (coagulation) active protéine plasmatique (Pf/dil) -> transformation Kallicréionogène en kallicréine.

    • Plasmine (protéase fibrinolyse) peut libérer kinines de kininogène.

    • Protéases acides (leucokininogénases) des leucocytes catalysent formation leucokinines.

    • Complexes Ag-Ac activent facteur Hageman.

    • Fractions du complément provoquent décharge histamine/sérotonine par mastocytes -> formation kinines.

    • En résumé: Agresseurs sollicitent systèmes homéostatiques, agissent en suscitant activation des kinines.

  • Kinines: déclenchement et entretien de l'inflammation

    • 1er temps: Histamine et sérotonine (libérées mastocytes) -> vasodilatation (prédom. veinulaire), exsudation, douleur (tétrade de Celse).

    • 2e temps: Action transitoire relayée par kinines (bradykinine) (plus prolongée). Ajoutent effet direct sur margination plaquetto-leucocytaire et diapédèse.

    • Exsudats: "médiateurs de seconde intention":

      • Exsudine: Accroît perméabilité vasculaire sanguine.

      • Leucotaxine: Accroît perméabilité, favorise migration leucocytaire.

      • Facteur de stimulation leucocytaire (LPF):Augmente leucocytose, granulopoïèse médullaire.

      • Nécropsie: Altère collagène, entraîne thrombose petits vaisseaux.

    • Ces médiateurs entretiennent/relancent l'inflammation.

    • Autocontrôle: Chute tension O2 et abaissement pH tissus enflammés -> diminution polynucléaires locaux, excitation kininases. Inactivation kinines -> extinction phénomène.

    • Si défenses insuffisantes/débordées: Inflammation persiste, secomplique -> "inflammation-maladie".

2.- Facteurs généraux: Réactions générales de l'inflammation-maladie

  • Fièvre: Jamais immédiate. Mécanisme obscur. Multiples pyrogènes extrinsèques (agents infectieux, endotoxines bactériennes) et intrinsèques (polynucléaires, glycopeptide pyrexine).

  • Réactions neuroendocrines: Rôle incomplet. Hormones et système nerveux participent.Inflammation-maladie = inadaptation organisme.

    • Hormones prophlogistiques et antinécrotiques: Minéralocorticoïdes, somatotrophine (STA), thyréostimuline (TSH).

    • Hormones antiphlogistiques et pronécrotiques: Corticoïdes, ACTH. Utilisées en thérapeutique. Bloquent phénomènes vasculaires/cellulaires, augmentent antiprotéases, inhibent mobilité leucocytes, provoquent lymphocytolyse, dépriment réactions immunitaires.

    • Couple hypothalamo-hypophysaire, axe hypothalamo-hypophyso-surrénalien, axe sympathomédullo-surrénalien (catécholamines) interviennent.

    • SNC contribue: Douleur.

IV.- LANOMENCLATURE DE L'INFLAMMATION

A.- Règle générale

  • Ajout du suffixe "-ite" au radical (français, latin, grec) désignant l'organe/tissu.

B.- Exemples (table simplifiée)

ORGANES

INFLAMMATION

Peau: derme

Dermite

Yeux: Conjonctive

Conjonctivite

Oreille interne

Otite

Bouche

Stomatite

Pharynx

Pharyngite

Vaisseau sanguin

Vasculite, angéite

Veine

Phlébite

Muscle

Myosite

Articulation

Arthrite

Cerveau

Encéphalite

Méninge

Méningite

Vagin

Vaginite ou colpite

Testicule

Orchite

Estomac

Gastrite

Intestin grêle

Entérite

Gros intestin

Colite

Rein

Néphrite

Vessie

Cystite

Os

Ostéite

Poumon

Pneumonie

Plèvre

Pleurésie, Pleurite

V. FORMES ANATOMOCLINIQUES DE L'INFLAMMATION

A. Variations mineures du processus inflammatoire

  • Facteurs accélérant/ralentissant cicatrisation:

    • Âge: Vitesse diminue avec l'âge.

    • localisation: Ex: cuir-chevelu plus vite que dos, paume main plus vite que dos de la main.

    • Équilibre nutritionnel: Favorise cicatrisation.

B. Formes anatomocliniques

  • Inflammation: Aiguë, subaiguë, chronique.

1. Principales formes

  • Inflammation vasculo-exsudative: Presque toujours aiguë. Exagération processus vasomoteurs.

    1. Inflammation congestive/hémorragique: Vasodilatation intense/brutale. Tissus rouge vif, battements douloureux. Rapide rétablissement.

      • Ex: Coup de soleil, exposition cheminée, exanthème maladies infectieuses.

      • Si vasodilatation violente, rupture capillaires/érythrodiapédèse -> hémorragies, plus sérieuse. Ex: Varicelle/variole hémorragique,septicémie à méningocoque.

  • Inflammation séreuse/catarrhale: Imbibition tissus par exsudat séro-albumineux.

    • Catarrhale:Combine exsudation albumineuse à hypersécrétion muqueuse des glandes (bronchite, cervicite, rhinite catarrhale).

  • Inflammation fibrineuse: Comparable à séreuse, avec extravasation de fibrinogène et formation de fibrine.

    • Sites: Surface des séreuses (sérite fibrineuse), revêtements épithéliaux (fausses membranes, inflammation pseudomembraneuse), profondeur tissus/cavités (alvéoles pulmonaires,alvéolite fibrineuse).

  • Inflammation thrombosante: Possible dans tout foyer inflammatoire. Thromboses multiples oblitérant petites artères/veines. Ampleur si agresseur touche cœur/vaisseaux importants.

  • Inflammation purulente/suppurée: Exsudation massive de polynucléaires. Libèrent enzymes lysosomales, sont détruits.

  1. Pus. Suppuration: Exsudat dans inflammation suppurée est le pus (liquide louche, multipl. polynucléaires nécrosés).

    • Odeur, couleur varient. Pyocytes (globules de pus): Cadavres de polynucléaires (vacuoles de graisse, débris cellulaires).

    • Agents responsables: Microbes pyogènes (streptocoques, staphylocoques).

    • Suppuration: Production de pus.

  2. Empyème. Phlegmon. Abcès:

    • Empyème: Accumulation de pus dans cavité naturelle close (plèvre, sinus).

    • Phlegmon: Inflammation suppurée diffuse.

    • Abcès: Inflammation suppurée localisée, bien délimitée par membrane pyogénique.

  3. Évolution du foyer purulent:

    • Laissé à lui-même: Désintégration/digestion tissus voisins -> fistulisation (vers peau, conduit naturel) avec évacuation pus.

    • Incision chirurgicale: Foyer subit détersion et cicatrisation.

  • Inflammation gangreneuse: Combinaison thrombose vasculaire brutale + nécrose ischémique + exsudation séreuse abondante + diapédèse modérée. Agents: germesClostridium.

  • Inflammation cellulaire: Presque toujours subaiguë ou chronique. Moins de manifestations cliniques inflammatoires. Prédominance des phénomènes cellulaires intra-tissulaires. Deux types.

    • Types d'inflammation cellulaire: lymphohistiocytaire simple, chronique simple, chronique granulomateuse non spécifique, chronique granulomateuse spécifique (tuberculoïde épithéliogigantocellulaire).

    1. Inflammation lymphohistiocytaire simple: Infiltrat diffus d'éléments lymphocytaires, plasmocytaires, histiocytaires. Sans remaniements majeurs des structures. Peut y avoir prolifération fibrovasculaire inconstante. Mécanisme de défense immunitaire (persistance agresseur antigénique, sensibilisation aux produits de dégradation).

    2. Inflammation chronique simple:

      1. Définition: Réaction des tissus vivants à diverses agressions, combinée à phénomènes de réparation et régénération.

      2. Facteurs étiologiques:

        • Agents biologiques:Persistants (bactéries, virus, parasites, champignons).

        • Agents inertes: Talc, poussière.

        • Agents physiques: Rayons X, UV.

        • Agents chimiques: Alcool.

        • Agents particulaires: Silice, fumée tabac.

        • Irritations mécaniques prolongées: Stérilet, appareils dentaires, callosités.

        • Facteur nutritionnel: Ulcèrevariqueux.

        • Facteurs immunologiques: Hypersensibilisation.

        • Facteurs mal connus.

      3. Caractères histopathologiques:

        • Phénomènes prolifératifs (fibroblastes, cellules endothéliales, histiocytes).

        • Phénomène exsudatif fortement atténué.

        • Infiltrat inflammatoire: Lymphocytes, plasmocytes (avec corps de Russel), macrophages.

        • Macrophages (phagocytose): Proviennent monocytes et histiocytes.

        • Cellules épithélioïdes/endothélioïdes: Histiocytes regroupés en amas syncytiaux (granulomes). Épithélioïdes (rondes/polyédriques), endothélioïdes (allongées/fusiformes).

        • Cellules géantes multinucléées:

          • Cellule géante de Langhans: Noyaux disposés en périphérie (anneau, demi-cercle). (TBC, syphilis, Crohn, lèpre, sarcoïdose, mycoses, granulome vénérien).

          • Cellule géante de Touton:Noyaux regroupés au centre. (Xanthogranulome).

          • Cellules géantes de Whartin-Finkeldey: Très nombreux noyaux au centre (morula). (Rougeole).

          • Cellule géante detype corps étranger: Noyaux disposés au hasard. (Sarcoïdose: contient corps astéroïdes/de Schauman).

        • Autres cellules: Lymphocytes, plasmocytes, fibroblastes, cellules endothéliales. Polynucléaires éosinophiles et neutrophiles rares. Mastocytes.

      4. Conséquences de l'inflammation:

        • Perte de substance.

        • Fibrose -> strictures (obstruction organes creux), contractures (articulations), adhérences, synéchies (utérus).

        • Régénération excessive -> cancer.

        • Conséquences systémiques: Fièvre, anémie, amaigrissement, stimulation anticorps.

    3. Inflammation granulomateuse non spécifique: Formation de granulomes.

      • Granulome inflammatoire: Amas de cellules libres (prédom. histiocytes), associées à éléments lymphoplasmocytaires/granulocytaires. Minime participation tissu conjonctif/capillaires.

      • Masse de tissu anormale (macro/microscopique) avec prolifération fibroblastes, cellules endothéliales, histiocytes, infiltrat inflammatoire.

      • Parallèle avec tissu de granulation (moins de capillaires). Dénomination: aspect masse/tumeur (granulations par anatomopathologistes).

      • Granulome polymorphe lymphohistiocytaire commun.

      • Peut être bien limité (nodulaire) ou diffus. Difficile distinction avec infiltrat simple.

      • Produit par agents très divers (microtraumatismes, piqûres). Ne permet pas déduire étiologie sur seule structure. Infiltrats inflammatoires anonymes.

    4. Inflammations granulomateuses spécifiques (tuberculoïdes épithélio-giganto-cellulaires):

      1. Définition: Formation de granulomes avec caractéristiques permettant d'identifier l'étiologie. Dits "épithélioïdes ou endothélioïdes".

        • Infiltrats personnalisés,spécifiques (mais spécificité de groupe, nombreux agents phlogogènes).

      2. Pathogénie du granulome inflammatoire:

        • Résistance aux enzymes cellules inflammatoires.

        • Agent agressif insoluble.

        • Insuffisance défense hôte.

        • Agent pathogène persiste longtemps.

      3. Types de granulomes:

        • Infectieux:BK, BH, spirochète, champignons.

        • Parasitaires: Schistosome, onchorcerca volvulus.

        • À corps étranger: Agents endogènes/exogènes.

        • De causesinconnues: Sarcoïdose.

    5. Quelques types d'inflammation granulomateuse spécifiques (tuberculoïdes):

      • Tuberculose:

        • Lésion élémentaire: Tubercule ou follicule tuberculoïde. Composé de: cellules épithélioïdes/endothélioïdes (amas), cellules géantes de Langhans, couronne lympho-plasmocytaire.

        • 5 types de tubercules: épithélioïde, caséo-nodulaire (nécrose caséeuse), fibro-caséeux (fibrose), fibroblastique, calcifié.

        • Organes atteints: Tous, plussouvent poumons, ganglions, foie, pancréas, vertèbres (Mal de Pott), articulations (tumeur blanche).

        • Reins: Peut évoluer vers destruction totale (rein mastic).

        • Peau: Lupus Vulgaris (après fistulisation lymphadénite tuberculeuse). Scrofulose = lymphadénite TBC + lupus vulgaris.

        • Organes génitaux (femme): Endométrite, salpingite, ovarite TBC (causede stérilité). Homme: orchi-épididymite TBC.

        • SNC: Syndrome nerveux. (Pseudotumorale (tuberculomes) ou méningite/méningo-encéphalite).

      • Lèpre:

        • 4 types histopathologiques: Lépromateuse, tuberculoïde, intermédiaire, indéterminée.

        CARACTÉRISTIQUES

        LÈPRE LÉPROMATEUSE

        LÈPRE TUBERCULOÏDE

        Contagion

        +++

        ++

        Nombre de bactéries

        +++

        ++

        Caractéristiques histopathologiques

        Cellule de Virchow (histiocytes spumeux), lymphocytes

        Granulomes épithélioïdes avec cellules géantes, infiltrat lymphoplasmocytaire

        Clinique

        Nodules (facies léonin)

        Macules hypochromiques

        Réaction de Mitsuda

        Négative

        Positive

        • Lèpre intermédiaire: Mélange aspects lépromateux et tuberculoïde (cellules de Virchow, granulomes épithélioïdes).

        • Lèpre indéterminée: Infiltrat inflammatoire banal périannexiel/périnerveux.

        • Identification bacille de Hansen (BH): Coloration de Ziehl, ou Fite-Farago (spécifique).

      • Syphilis:

        • Stades primaire/secondaire précoce: Chancresyphilitique, lymphadénopathie. Histopatho: vascularite, infiltrat lymphoplasmocytaire riche en corps de Russel.

        • Stades secondaire tardif/tertiaire: Nodules ulcérés, centre consistante gomateuse. Histopatho: granulomes épithélioïdes avec cellules géantes de Langhans, foyers de nécrose gomateuse.

      • Mycoses: Profondes (actinomycose, candidose, cryptococcose, aspergillose, histoplasmose).

      • Sarcoïdose: Inflammation granulomateuse origine inconnue. Granulomes avec cellules géantes type corps étranger (corps astéroïdes/de Schauman), sans nécrose caséeuse. Diagnostic: test de Kveim.

      • Granulome vénérien (inguinal, Donovanose): Présence de corps de Donovan.

      • Maladie de Crohn: Inflammation granulomateuse origine inconnue, affecte tube digestif (surtout iléon = iléite terminale).

        • Macroscopie: Nodules séparés par ulcérations profondes (aspect chaussée romaine).

        • Histologie: Infiltrat inflammatoire transmural (muqueuse à séreuse).

  • Évolution de l'inflammation dans le temps:

    • Aiguë: Quelques jours à 2-3 semaines. Phénomènes inflammatoires très marqués, dominée par vasculo-exsudatifs.

    • Sub-aiguë:3 semaines à 1-3 mois. Atténuation phénomènes inflammatoires, vasculo-exsudatifs modérés, apparition phénomènes prolifératifs.

    • Chronique: Plusieurs mois à plusieurs années/vie.

    • Récurrente:Agent pathogène intermittent -> mélange aigu, subaigu, chronique (ex: appendicite).

  • Temps de passage entre les diverses formes:

    • Peuvent se succéder (aiguë -> subaiguë -> chronique).

    • Inflammations chroniques d'emblée (ex: abcès froid).

    • Aiguë résolutive peut se terminer brutalement sans passage subaigu/chronique (ex: coryza aigu).

    • Granulome (cellulaire)peut être précédé/bousculé par poussée d'inflammation vasculo-exsudative majeure (congestive, séreuse, purulente). Granulome d'allure spécifique peut être masqué par inflammation exsudative non spécifique (TBC, mycoses).

    • Thérapeutiques diverses perturbent le déroulement (antibiotiques, antimitotiques, immunodépressives).

VI.- ANOMALIES DE L'INFLAMMATION

A.- Plaie atone

  • Plaie dont le tissu de granulation ne se forme pas ou à minima.

  • Tissu: Bourgeons charnus atrophiés, peu de capillaires, composante interstitielle densifiée, pauvre en éléments libres.

  • Plaie à fond sanieux, grisâtre, ne saignant pas au contact. Épithélium pâle, flétri, épaissi. Pas tendance à cicatriser.

  • Causes: Diabète, troubles trophiques vasculaires.

B.- Bourgeon charnu hyperplasique (angiome hyperplasique, granulome pyogénique, pseudobotryomycome)

  • Développement d'un bourgeon charnu sous influence facteurs irritatifsou infectieux.

  • Microscopie: Caricature d'un bourgeon charnu, production exagérée de capillaires sanguins (endothélium hyperplasique), éléments inflammatoires (polynucléaires, lymphoplasmocytaires). Couvert d'exsudat fibrinoleucocytaire.

  • Œil nu: Petite tuméfaction surélevée, polypoïde, rouge vif, framboisée, saignant facilement.

  • Peut se voir partout où il y a tissu de granulation (plaie cutanée, vaginaprès hystérectomie, ulcération laryngée).

C.- Chéloïde

  • Hyperplasie conjonctive très spéciale après inflammation. Atteint surtout le derme.

  • Microscopie: Tissu chéloïdien = tissu conjonctif fibreux des cicatrices, mais plus abondant, plus riche en fibroblastes et nappes de collagène (bandes matériel fibrino-hyalin). Prolifération fibreuse nodulaire ou diffuse.

  • Œil nu: Exubérante, blanchâtre ou rosée, ferme, irrégulière, dépasse cicatrice primitive. Épiderme lisse et luisant.

D.- Hyperplasie inflammatoire ou Hyperplasie pseudo-carcinomateuse

  • Intéresse l'épithélium entourant le foyer inflammatoire plus que le tissu conjonctif.

  • Microscope: Travées épithéliales désordonnées, entourées de polynucléaires/lymphoplasmocytes, infiltrant tissus voisins commeun cancer (difficile à distinguer).

  • Hyperplasie conjonctive polymorphe (peut simuler cancer, pseudosarcomateuse).

E.- Sclérose rétractile

  • Scléroseatrophique et extensive du tissu conjonctif développé dans profondeur bourgeons charnus, après épithélialisation.

F.- Cicatrice vicieuse et Pseudotumeur inflammatoire

  • Remaniements peuvent conduire à cicatrice vicieuse, gênante fonctionnellement, disgracieuse.

  • Pseudotumeurs inflammatoires: Masses irrégulières, volumineuses, allure de véritables tumeurs macroscopiquement (poumons, cæcum, sigmoïde).

H.- Pseudokystes nécrotiques et suppurés

  • Évolution anormale d'un foyer de suppuration. Pus collecté, abcès formé. Processus s'atténue, pas de fistulisation.

  • Membrane pyogénique s'organise en paroiconjonctive (s'épaissit par fibrose).

  • Pseudokyste reste sans changement, bien toléré. Guérison par ouverture chirurgicale.

I.- Neurome d'amputation

  • Anomalie de cicatrisation après section traumatique d'un nerf. Fréquent dans moignons d'amputation.

  • Œil nu: Masse sphérique, fibreuse, mal limitée, souvent douloureuse, nerf enfoui.

J.- Cancérisation

  • Possible mais exceptionnelle.

CHAPITRE 6: ONCOLOGIE GÉNÉRALE

I.- Définitions

  • Oncologie: Étude des tumeurs vraies ounéoplasmes.

  • Tumeur: Édification cellulaire persistante, résultant d'une croissance anormale de cellules nées sur place.

  • Ou: Massif tissulaire dû au développement d'une lignée cellulaire nouvelle, non soumise aux règles d'homéostasie.

  • Homéostasie: Maintien équilibre entre pertes cellulaires et renouvellement adéquat par cellules se différenciant normalement.

  • Tumeur = tissu nouveau dont lescellules prolifèrent avec autonomie biologique par rapport à l'hôte.

  • Termes synonymes: Néoplasme, néoplasie, néoformation ("neos" = nouveau, "plassein" = former).

  • Willis: Tumeur = masse anormale de tissu, croissance excessive/incoordonnée, persiste après suppression stimuli.

II.- NOMENCLATURE GÉNÉRALE. TERMINOLOGIE

  • Étiologie et pathogénie des tumeurs encoreobscures.

A.- Bases de la nomenclature

1.- Bases morphologiques ou histogénétiques

  • Structure d'une tumeur ressemble généralement au tissu d'origine (tissu matriciel, homologue, originel).

  • Tout tissu peut engendrer une tumeur bénigne ou maligne.

2.- Bases embryologiques ou composition histologique

  • Tumeurs structure comparable à tissus nés des 3 feuillets embryonnaires (ectoblaste, mésoblaste, endoblaste) ou d'un blastème.

3.- Bases anatomocliniques

  • Comportement biologique: 3 groupes essentiels.

  • Tumeurs bénignes:Refoulent tissus environnants (sans les envahir), restent localisées. Cellules peu proliférantes, généralement bien différenciées.

  • Tumeurs malignes ou cancers: Détruisent tissus environnants (envahissement), donnent tumeurs-filles (métastases) à distance. Cellules proliférantes (différenciées ou non).

    • Mot "Cancer" (latin): Crabe. Masse tumorale = corps, expansions/vaisseaux = pattes.

  • Tumeurs à malignité mitigée: Ne présentent pas caractères malignes, mais récidives locales mêmeaprès exérèse complète.

B.- Application pratique

  • Majorité des tumeurs unitissulaires.

  • Certains néoplasmes pluritissulaires et monodermiques (ex: lignée tumorale manifeste diverses potentialités de différenciation).

  • Tumeurs pluritissulaires et polydermiques: Assemblage complexe de tissus évoquant structures des 2 ou 3 feuillets primordiaux.

1.- Principalescatégories des tumeurs

  • Tumeurs épithéliales: Le plus souvent unitissulaires.

    1. Bénignes.

    2. Malignes ou carcinomes (grec "carcinos" = crabe). Abandon du terme "épithéliomas".

  • Tumeurs mésenchymateuses: Le plus souvent unitissulaires.

    1. Bénignes.

    2. Malignes ou sarcomes (grec "sarx" = chair).

  • Tumeurs embryonnaires (uni ou pluritissulaires).

    1. Bénignes ou malignes: Rappellent tissu embryonnaire/blastème (sarcome embryonnaire, tumeur blastème rénal/hépatique).

    2. Bénignes ou malignes: Rappellent aspects de développement des tissus (indifférenciation, différenciation, maturation) (Tératome, dysembryome).

  • Tumeurs de structures composites ou Tumeurs Mixtes (uni ou pluritissulaires).

    1. Bénignes: Structures associées, formes de transition.

      • Épithéliales: adénoacanthome bénin.

      • Mésenchymateuses: fibrolipome, angiomyolipome.

      • Épithéliomésenchymateuses: adénofibrome, fibroadénome, tumeur mixte bénigne (adénome pléomorphe).

    2. Malignes: Structures diverses associées, formes de transition.

      • Épithéliales: adénoacanthome malin, carcinome adénosquameux, carcinome muco-épidermoïde.

      • Mésenchymateuses: mésenchymome malin.

      • Épithéliomésenchymateuses: carcinosarcome, tumeur mixte mésodermique maligne.

2.- Terminologie

  • Nom tumeur bénigne: Se termine par suffixe "ome", précédé du radical du tissu normal originel.

  • Carcinome et sarcomepeuvent servir de suffixe (adénocarcinome, chondrosarcome).

  • Blastome: Tumeurs structure embryonnaire (néphroblastome, hépatoblastome).

  • Variantes:

    • Condylome: Excroissance indurée (tumeur bénigne épidermodermique muqueuses anogénitales).

    • Pour viscères: radical = organe affecté (hépatome, hépatocarcinome, corticosurrénalome malin).

    • Tumeurs à architecture/origine mal connue: Appellation provisoire par morphologie (sarcome alvéolaire parties molles).

Terminologie habituelle des principales tumeurs (table simplifiée):

TISSU NORMAL

TUMEUR BÉNIGNE

TUMEUR MALIGNE

Tissu épithélial pavimenteux

Papillome, Condylome

Carcinome épidermoïde (malpighien, spinocellulaire)

Tissu épithélial cubique ou cylindrique de revêtement

Polyadénome

Adénocarcinome ou Carcinome glandulaire

Parenchyme glandulaire

Adénome

Adénocarcinome ou Carcinome glandulaire

Trophoblastique

Môle hydatiforme

Choriocarcinome

Tissu conjonctif commun

Fibrome

Fibrosarcome

Adipeux

Lipome

Liposarcome

Cartilagineux

Chondrome

Chondrosarcome

Osseux

Ostéome, Ostéoblastome

Ostéosarcome

Muscle lisse

Léiomyome

Léiomyosarcome

Muscle strié

Rhabdomyome

Rhabdomyosarcome

Hémolymphatique

-

Hématosarcome, Leucémie

Vasculaire

Hémangiome, Lymphangiome

Angiosarcome, Endothéliosarcome

D.- Tumeur - Tuméfaction et Prolifération cellulaire

  • Nombreux gonflements pathologiques ne sont pas des tumeurs (abcès, cal de fracture, hématome, hémorroïde, hydrarthrose, hydrocèle).

1.- Tumeur et inflammation

  • Beaucoup de masses inflammatoires simulent une tumeur bénigne ou maligne (pneumonie virale -> carcinome bronchique, TBC iléo-cæcale -> cancer).

2.- Tumeur et hyperplasie

  • Nombreuseshyperplasies -> stimulation hormonale, régressent à la cessation de la stimulation. Rien en commun avec une tumeur.

3.- Tumeur, Dystrophie et Dysplasie

  • Ces vocables n'ont rien decommun avec les tumeurs. Synonymes. Lésions où prolifération cellulaire ne reproduit pas structures normalement agencées.

4.- Tumeur et pseudotumeur

  • Tumeurs inflammatoires, hyperplasiques, dysplasiques sont despseudotumeurs.

  • Ne se transforment pas en cancer, ne sont pas des lésions précancéreuses.

E.- Tumeurs bénignes

  • Extrêmement fréquentes et ubiquitaires. Tout humain a eu au moins une (nævus pigmentaire, petit lipome, fibrome cutané).

1.- Critère de bénignité d'une tumeur

  • Développement local.

  • Accroissement lent.

  • Refoule les tissus voisins sans les envahir.

  • Pas d'essaimage dans l'organisme.

  • Reproduit très près lastructure du tissu normal original.

2.- Aperçu morphologique et physiopathologique

  • Apparition/extension tumeur bénigne indépendantes des mécanismes de croissance normale (jusqu'à un certain point).

  • Développement non anarchique, ne s'écarte pas sensiblement des règles physiologiques.

  • Aspects microscopiques:

    • Cellules tumeurs bénignes facilement identifiables, ressemblent cellulesadultes du tissu matriciel.

    • À chaque tissu normal correspond variété de tumeur bénigne.

    • Cellules bien différenciées: rapport noyau/cytoplasme normal, caryotype normal. Mitoses peu nombreuses, régulières.

    • Organites(ME): Pas d'anomalies (sauf grande quantité mitochondries dans oncocytes).

    • Hyperplasie: Accroissement dimensions/nombre cellules, modification sécrétions.

    • Architecture générale imite tissu normal (papillome, adénome, léiomyome, lipome).

    • Tissu de soutien (stroma): Identifiable, avec vaisseaux/filets nerveux. Sert de charpente et système d'échanges.

    • Stroma parfois discret, parfois abondant (condylomes, fibroadénomes) => "tumeur mixte épithélio-conjonctive".

  • Aspects histologiques particuliers:

    • Papillome: Exagération architecture papillairepeau/muqueuses malpighiennes. Végétations polymorphes (exophytique ou inversé). Prolifération épithéliale. Accompagné d'acanthose. Participation conjonctive indéniable (axe conjonctivo-vasculaire).Tumeur épithélio-conjonctive à prédominance épithéliale.

    • Condylome: Similaire, mais à prédominance conjonctive.

    • Adénome papillaire: Stroma conjonctivo-vasculaire émet prolongements allongés/ramifiés dans cavités glandulaires/tubulaires. Tapissés cellules épithéliales.

    • Kystadénome: Creusé de cavités kystiques (dilatation/hypersécrétion glandes) ou par réunion formations glandulaires.

  • Aspects macroscopiques:

    • Croissance: Par expansion lente, refoulement tissus voisins. Biencirconscrites, enveloppées d'une capsule (produite par étirement conjonctifs périphériques).

    • Capsule = plan de clivage, facilite énucléation chirurgicale.

    • Limitation =assurance bénignité (mais exceptions: angiome, histiocytome sans capsule).

    • Forme: Très variable. Exophytique, pédiculée (polypes si muqueux, molluscum pendulum si cutané). En profondeur: nodules.

    • Autres caractères:

      • Consistance et couleur (lipome: mollasse, jaune; fibrome: ferme, rosé).

      • Taille et nombre: extrêmements variables.

  • Aspects Fonctionnels:

    • Cellules néoplasiques fonctionnelles (papillome: maturation cornée; adénome: mucus; lipome: graisse).

    • Tumeurs bénignes endocrines peuvent être hormonosécrétantes, avec répercussion sur l'organisme.

3.- Aperçu Évolutif

  • Croissance lente, locale, sans invasion/métastases, mais nombreuxaléas.

  • Bénignité et innocuité: Non synonymes. Bénignité oncologique n'exclut pas comportement dangereux (jusqu'à la mort).

    • Compression structures anatomiques (léiomyome utérin -> organes pelviens; méningiome -> cortex cérébral).

    • Propriétés hormonosécrétantes (nésidioblastome pancréatique -> coma hypoglycémique; thécome ovarien-> hémorragies; Phéochromocytome -> HTA paroxystique).

  • Perturbations circulatoires: Œdème, hémorragies intratumorales.

  • Remaniement tissu conjonctif: Sclérose, sclérohyalinose.

  • Phénomènes inflammatoires.

  • Anomalies cellulaires par troubles métaboliques locaux (non transformation maligne).

  • Récidives: Généralement pas après exérèse complète. Tumeurs endocrines peuvent reformer si dérèglement hormonal persiste. (Vraie récidive ≠ fausse récidive après exérèse incomplète).

  • Transformation maligne: Exceptionnelle. Problème tumeurs semi-malignes/atténuées.

  • Signification: Débattue.

  1. Tumeurs bénignes réactionnelles:

    • Inflammatoires: bourgeon charnu, angiome hyperplasique, chéloïde, neurome d'amputation.

    • Métaboliques: Histiocytes phagocytent produits perturbations métaboliques (lipoïdiques). (Histiocytome, xanthome, angiohistiocytome, angiome sclérosant).

  2. Tumeurs bénignes hyperplasiques et endocriniennes: Dérèglement axe hypothalamohypophysopériphérique -> hyperplasie parenchyme glandulaire. Si nodulaire: tumeur dysendocrinienne hyperplasique (nodules thyroïdiens adénomateux, adénomes antéhypophysaires, hyperplasies ovaire/testicule, récepteurs hormonaux prostate/endomètre).

  3. Tumeurs bénignes dystrophiques ou dysplasiques: Certains nodules mammaires (fibroadénome intra/péricanalaire).

  4. Tumeurs bénignes dysgénétiques (anomalies développement embryonnaire):

    • Choristome: Massif d'apparence tumorale, présence dysgénésique d'un/plusieurs tissus/organe qui n'existe pas normalement (hétérotopie/ectopie). Ex: Rate scrotale, nodule corticosurrénalien paratesticulaire.

    • Hamartome: Massif d'apparence tumorale, assemblage hétéroclite de tissus identiques à ceux de l'organeoù il s'implante, avec excès/présence exclusive d'un. Vice/absence localisée d'organisation. Ex: nævus, angiome cutané.

    • Tératome: Massif tumoral, peut contenir tissus ressemblant à ceux du développement(stade embryonnaire à adulte), par différenciation des 3 feuillets. Seuls ceux avec tissus adultes et matures sont bénins.

  5. Tumeurs bénignes virales: Homme (molluscum contagiosum (poxvirus), papillomes (papovavirus), condylome acuminé, verrue).

  6. Tumeurs bénignes et agents carcinogènes: Agents physiques/chimiques peuvent donner tumeurs bénignes (papillokératomes après radiation).

  7. Tumeurs bénignes de cause inconnue: Lipomes, fibromes.

III.- LES TUMEURS MALIGNES OU CANCERS

  • Cancer: Tumeur mal limitée, détruitet infiltre tissus voisins, essaime (métastases), récidive après exérèse, reproduit ± fidèlement, souvent caricaturalement structure tissu normal.

A.- Critères habituels de bénignité et de malignité (table simplifiée)

CARACTÉRISTIQUES

TUMEUR BÉNIGNE

TUMEUR MALIGNE

Comportement local

Accroissement

lent, progressif

variable

Extension

refoule sans envahir

envahit et détruit

Limitation

circonscrite avec capsule

infiltration, sans capsule

Récidive (vraie)

exceptionnelle

habituelle

Comportement général

Essaimage

inexistant

Métastases

Effets sur l'hôte

nuls sauf complications (parfois mortels)

habituellement graves (assez souvent mortels)

Structure histologique

différenciée (tissu matriciel normal)

± différenciée

Critères histologiques

Absence d'atypisme cytonucléaire

Présence d'atypisme cytonucléaire: anisocytocaryose, hyperchromatisme, hypertrophie nucléaire, nombreuses mitoses.

B.- Aperçu morphologique et physiologique

  • Autonomie biologique de la tumeur maligne: Altérations des cellules et tissus néoformés (base du diagnostic cytologique et histologique).

1.- La cellule cancéreuse

  • Aucune modification cellulaire seule n'est spécifique de malignité.

  • Diagnostic cytologique: Constatation d'un ensemble d'altérations dans un groupe de cellules, avec techniques irréprochables.

  • Anomalies morphologiques:

    1. Le noyau:

      1. Mitoses: Nombreuses et atypiques = synonymes de malignité.

        • Peuvent exister en gd nombre dans: proliférations embryonnaires/récurrentes/hyperplasie, tumeurs bénignes jeunes.

        • Peuvent sembler rares si rapides ou si interphase longue (ex: cancer du sein agressif sans mitoses visibles).

      2. Anomalies caryotypiques: Nombreuses, non spécifiques (ex: chromosome Philadelphie (Ph1) dans leucémie myéloïde chronique).

      3. Hypertrophie et hyperchromasie nucléaires: Classiques mais non constantes.

        • Dues à: abondance matérielchromosomique, répartition chromatine en mottes, augmentation volume nucléole (rapport nucléo-nucléaire n/N élevé), plusieurs nucléoles, accroissement ARN.

    2. Cytoplasme:

      • Pauvreté fréquente (déséquilibre N/C).

      • Basophilie accentuée (multiples ribosomes, ARN).

      • Vacuoles/particules inconstantes (glycogène, lipoïdes, mucus, mélanine, kératine). Rétention intracytoplasmique. Ex: cellule en bague à chaton (cancers digestifs).

    3. Membrane cellulaire: Irrégulière, épaissie (MO). Hérissée de microvillosités anormales/polymorphes (ME).

      • Zones de jonctions (desmosomes) persistent alors qu'elles devraient disparaître.

    4. Organites intracellulaires:

      • Mitochondries: Raréfiées et altérées (groupées dans sillons membrane nucléaire). Excessives dans cellules oncocytaires malignes.

      • Appareil de Golgi: Hypertrophié.

      • Réticulum endoplasmique: Peu développé.

      • Ribosomes foisonnent.

  • Perturbations fonctionnelles:

    1. Reproduction cellulaire: Prolifération cancéreuse autonome, anarchique et indéfinie.

      • Autonomie de reproduction: Échappe règles homéostasie (sauf cancers hormono-dépendants).

      • Reproduction indéfinie: Poursuit jusqu'à mort hôte ou contrôle thérapeutique. Régressions spontanées possibles (défense immunitaire, hormonale, caryotype létal).

      • Anarchie prolifératrice: Atypies cellulaires, répartition irrégulière mitoses (temps/espace). Anomalies différenciation cellulaire -> indifférenciation.

    2. Métabolisme cellulaire: Plus actif, besoins énergétiques plus élevés.

    3. Responsabilité de la membrane cellulaire: Manque d'adhésivité -> perte cohésion intercellulaire.

      • Cellules cancéreuses ont perdul'inhibition de contact: Continuent à se multiplier, se chevauchent, construisent cultures tridimensionnelles.

      • Croissance irrégulière, non contrôlée, indéfinie: 3 caractéristiques de l'état de transformation cellulaire.

2.- Tissu cancéreux

  • Architecture générale: Cancer forme masses, cordons de cellules qui infiltrent tissus environnants (sans limites précises), les dissocient, détruisent, remplacent en envahissant vaisseaux.

  • Peut conserver ressemblance au tissu normal homologue (bonne différenciation), ou être moyennement/peu/pas différencié (indifférencié/anaplasique).

  • Répartition générale: Ubiquitaires comme les tumeurs bénignes.

3.- Stroma tumoral

  • Charpente et système nourricier de la tumeur maligne.

  • Plus développé dans carcinomes, à peine identifiable dans sarcomes.

4.- Répartition des tumeurs malignes selon leur différenciation

  • Carcinomes

    1. Carcinome épidermoïde (alias c. malpighien, c. spinocellulaire):

      • Bien différencié mature kératinisant: orthokératosique, parakératosique, dyskératosique.

      • Différencié immature non kératinisant: Peu différencié, cellules basophiles, cellules fusiformes sarcomatoïdes.

    2. Carcinome glandulaire:

      • Différencié, moyennement différencié.

      • Carcinome glandulaire atypique: adénocarcinome polyadénoïde/cribriforme, cystadénocarcinome, carcinome trabéculaire.

      • Peu différencié: Non sécrétant, partiellement mucipare, mucipare à cellules indépendantes (bague à chaton), mucipare type adénocarcinome colloïde.

    3. Carcinome excréto-urinaire: différencié, peu différencié.

    4. Carcinome indifférencié.

  • Sarcomes: Différencié, peudifférencié, indifférencié.

  • Tumeurs de nature composite:

    • Adénoacanthome malin: Adénocarcinome avec zones de métaplasie malpighienne sansmalignité.

    • Mesenchymome (néoplasme unitissulaire): Proportions variables de contingents mésenchymateux matures/immatures. 2 types:

      • Angiofibrolipomyxome: Rétropéritoine, gaine gros vaisseaux.

      • Hétéroclite: Sarcome aux composants multiples (myxomateuses, fibro, léiomyo, lipo, chondrosarcomateuses, ostéosarcomateuses).

    • Carcinosarcome: Intrication structures épithéliales et mésenchymateuses. Souvent collision tumorale (carcinome + sarcome). Certains pensent que vrai carcinosarcome n'existe pas, mais carcinome d'allure sarcomatoïde.

B.- Les métastases

1.- Définition

  • Métastase: Formation secondaire d'un néoplasme malin, provenant d'une tumeur primaire à distance.

  • Par passage de cellules néoplasiques malignes viables dans autres organes/tissus.

  • Croissent comme unités indépendantes, souvent identiques à cellules tumeur primaire.

2.- Voies de Métastases

  • Plusieurs voies:

  • Voie lymphatique: Préférentielle des carcinomes. Nécessite examen aires ganglionnaires.

  • Voie vasculaire sanguine: Préférentielle des sarcomes et du choriocarcinome. Voie veineuse plus importante, artérielle négligeable (paroi plus épaisse résiste).

  • Voies naturelles: Œsophage, intestin, bronches, uretère, voies génitales.

  • Voie cœlomique ou de contiguïté: Organes dans même cavité (péritonéale) se donnent métastases (ex: métastase ovarienne adénocarcinome gastrique = "Tumeur de Krukenberg").

  • Voie de continuité: Organes intimement liés métastasent (ex: cancer rénal -> surrénale, foie -> vésicule biliaire).

  • Métastase par inoculation: Cellules cancéreuses d'organe profond à périphérie après acte chirurgical.

  • Métastases des métastases.

3.- Facteurs influençant les métastases

  • Voies de dissémination.

  • Cohésion intercellulaire de la tumeur.

  • Longue vie des cellules cancéreuses détachées.

  • Quantité suffisante de cellules transférées.

  • Architecture anormale de l'organe (facteur de terrain).

  • Thromboplastine tissulaire sécrétée par certaines tumeurs diminue risque demétastase (favorise thromboses bouchent vaisseaux).

  • Traumatismes de la tumeur: Acte chirurgical peut favoriser dissémination.

  • Inflammations: Par leurs phénomènes vasculaires.

  • Facteurs iatrogènes: Radiothérapie/chimiothérapie massive diminuent défense organisme.

  • Stress: Par déséquilibre.

C.- Formes communes des tumeurs

1.- Les tumeurs mésenchymateuses

  • Mésenchyme donne plusieurs types de tissu (conjonctif différents types, musculaire).

  • Le tissu fibreux:

    1. Fibrome: Variante cutanée: dermatofibrome.

      • Variante maligne: dermatofibrosarcome protubérant de Darier Ferrand (malignité mitigée).

      • Variante franchement maligne: fibrosarcome.

      • Fibrome desmoïde: Peu cellulaire, produit beaucoup de collagène (matrice abondante).

      • Dermatofibrosarcome: Prolifération dense petites cellules, noyaux foncés, structures aspect arêtes de poisson/rayons de roue/tourbillonnaire (storiforme).

  • Tissu adipeux:

    1. Lipome (bénigne): 3 variantes.

      • Fibrolipome: Lobules adipocytes séparés par tissu fibreux.

      • Angiolipome: Lobules adipocytes + composante vasculaire.

      • Hibernome: Prolifération de tissu adipeux multiloculaire ou brun (lipome habituel = uniloculaire jaune).

    2. Liposarcome (maligne): Plusieurs variantes.

      • Liposarcome polymorphe: Cellules proliférantes de formes variables, atypisme cytonucléaire prononcé.

      • Liposarcome myxoïde: Adipocytes atypiques proliférant dans stroma myxoïde (ressemble à matrice cordon ombilical).

      • Liposarcome à cellules rondes: Diagnostic différentiel avec lymphomes.

  • Tissu musculaire:

    1. Tissu musculaire lisse:

      1. Léiomyome (bénigne): 3 variantes.

        • Angioléiomyome: Prolifération fibres musculaires lisses + vasculaire (angiomyome si musclelisse paroi vasculaire).

        • Léiomyome épithélioïde (léiomyoblastome): Cellules musculaires lisses d'aspect épithélial, halo périnucléaire.

        • Léiomyome: Tumeur la plus fréquente du tissu musculairelisse. Se développe partout où muscle lisse (paroi vaisseaux, tube digestif, peau, utérus).

        • Léiomyome utérin: sous-muqueux (rupture endomètre, hémorragies, stérilité), intramural, sous-séreux.

        • Sous-muqueux pédiculé très long -> léiomyome en état de naissance.

        • Sous-séreux pédiculé -> tumeur flottante cavité péritonéale.

        • Utérus polyléiomyomateux: Aspect "sac de pomme de terre".

        • Peut subir lésions régressives: Nécrose, hémorragies, calcification, fibrose (d'où "fibromes"), sclérose, dégénérescence kystique.

        • Ne se cancérise pas. Plus fréquent chez femmes nullipares.

        • Léiomyosarcome (maligne): Plus fréquent dans tube digestif.

    2. Le muscle strié:

      1. Rhabdomyome: Tumeur très rare.

      2. Rhabdomyosarcome: Tumeur très fréquente. Plusieurs variantes.

        1. Rhabdomyosarcome embryonaire ou Botryoïde: Voies respiratoires, cavité génitale féminine (petites filles). Aspect polypoïde. Fibres musculaires striées, cellules en forme de boudin, striations transversales.

        2. Rhabdomyosarcome Alvéolaire: Cellules tumorales danscavités en forme d'alvéoles.

        3. Rhabdomyosarcome polymorphe: Cellules pléomorphes, atypisme marqué, parfois multinucléation.

  • Tissu myxoïde:

    • Bénigne: Myxome.

    • Maligne: Myxosarcome. (Pour certains, entité séparée; pour d'autres: fibrosarcome, liposarcome, chondrosarcome à stroma myxoïde).

  • Tissu mésenchymateux primitif:

    • Mésenchymome bénin:Tumeur de plusieurs types de tissu mésenchymateux, sans caractère de malignité.

    • Mesenchymome malin ou sarcome mésodermique mixte: Tissu mésenchymateux primitif (multipotent) + plusieurs composantes malignes (ostéosarcomateuse, chondrosarcomateuse, léiomyosarcomateuse, rhabdomyosarcomateuse).

2.- Tumeurs épithéliales

  • Tumeur de l'Épithélium Malpighien:

    1. Papillome ou Verrue: Tumeur végétante de la peau. Composée de papilles (axe conjonctivo-vasculaire couvert de couche épithélium malpighien d'épaisseur variable). Épithélium subit kératinisation.

    2. Carcinome Spinocellulaire (alias c. malpighien, c. épidermoïde): Tumeur maligne, végétante, ulcéreuse ou infiltrante de la peau. Infiltre membrane basale, atteint derme, hypoderme, muscle. 3 variantes: végétante/exophytique, ulcéreuse, endophytique/infiltrante.

      • Histologie: Cellules du corps muqueux de Malpighi (polyédriques, desmosomes). Peut kératiniser (dyskératose si individuellement). Peut former perles ou globes cornés (cellules kératinisanten bulbe d'oignon).

      • Autre tumeur épithélium malpighien: carcinome basocellulaire (moins fréquent, né de couche basale). Peut se présenter comme tumeur ombiliquée ou ulcère rongeant. Histologie: boyaux/cordons cellulaires (aspect de palissade), cellules périphériques perpendiculaires au cordon. Petites cellules basophiles, moins d'atypisme.

  • Épithélium transitionnel:

    • Papillome à cellules transitionnelles et carcinome à cellules transitionnelles: Mêmes caractéristiques que tumeurs malpighiennes, sauf qu'elles ne kératinisent pas.

  • Épithélium cylindrique:

    1. Polype: Tumeur d'un abondant stroma fibroblastique recouvert d'épithélium cylindrique.Sessile ou pédiculé.

      • Pédiculé (endomètre): Tige très longue -> polype en état de naissance.

      • Peut saigner, entraîner hémorragies, obstruer cavité utérine (stérilité). Un polype peut secancériser.

    2. Adénocarcinome: Composante maligne.

  • L'épithélium glandulaire:

    • Bénigne: Adénome.

    • Maligne: Adénocarcinome.

    • Adénocarcinome:

      • Tube digestif: 3 formes:

        • Exophytique: Se développe vers lumière intestinale (obstruction), infiltre paroi, métastases ganglions mésentériques.

        • Ulcéreuse: Type ulcère.

        • Endophytique: Très infiltrante. Squirreuse si abondant stroma fibreux (linite plastique dans tube digestif). Stroma fibreux rend paroi indurée ("matière plastique").

      • Histologie: Prolifération structures glandulaires, cellules avec caractères de malignité.

      • Peut produire beaucoup de mucus:

        • Mucus déversé dans lumière glandes.

        • Mucus déversé dans stroma -> aspect gélatineux (inversion pôle sécrétoire).

        • Mucus retenu dans cellule -> cellule ballonnée (noyau périphérique, cytoplasme bourré de mucus) = cellule en bague à chaton.

      • Différenciation: Bien, peu ou indifférenciés. Carcinomes mucipares à cellules indépendantes (bague à chaton).

3.- Tumeurs mixtes

  • Fibroadénome du sein: Fréquentchez jeune fille. Bénigne, ferme, encapsulée (facilite extirpation).

  • Section: Blanc-nacré, nodulaire. Histologie: Prolifération fibroblastique + canaux galactophores.

  • Fibres peuvent comprimer canaux (fibroadénome intracanalaire). Ou prolifération autour canaux (respect lumière) (fibroadénome péricanalaire).

  • Association 2 aspects: fibroadénome mixte/péri-intracanalaire.

  • Nese cancérise pas.

  • Forme à malignité mitigée: fibroadénome géant (ulcération peau du sein).

  • Fibroadénome géant: Composante glandulaire toujours bénigne, composante mésenchymateuse/fibreuse bénigne ou maligne.

  • Appelé aussi cystosarcome phyllode ou tumeur phyllode (bénigne ou maligne).

4.- Tumeur du tissu hématopoïétique ou du système des phagocytes mononucléés (SPM, avant SRE)

  • Tumeurs des globules rouges (GR).

  • Tumeurs des globules blancs (GB): leucémies et lymphomes.

  • Lymphomes: Lymphome (Maladie) de Hodgkin et Lymphomes Non Hodgkiniens.

  • Maladie de Hodgkin: 4 types histologiques: prédominance lymphocytaire, scléronodulaire,cellularité mixte, déplétion lymphocytaire.

  • Histologie: Présence de cellules de Hodgkin ou de Reed-Sternberg (caractéristiques/diagnostiques) dans environnement de cellules inflammatoires (lymphocytes, plasmocytes, histiocytes, polynucléaires (surtout éosinophiles)).

  • Cellule de Hodgkin: Grande, mononucléée, gros noyau, gros nucléole éosinophile, halo clair ("œil de hibou").

  • Cellule de Reed-Sternberg: Bi ou multinucléée, chaque noyau comme celui de Hodgkin. Binucléée: 2 noyaux identiques ("image en miroir").

  • Lymphomes non hodgkiniens: Prolifération néoplasique maligne de la composante lymphoïde (rarement histiocytaire). Multiples types (Rappaport, Kiel).

D.- ÉVALUATION CLINIQUE DES TUMEURS

  • Détermine nature histologique (typage), extension (staging), degré de malignité (grade).

  • Système TNM: (T=tumeur; N=ganglions lymphatiques; M=Métastases).

    • T0: Non décelée cliniquement.

    • TIS: Carcinome in situ (intra-épithélial, n'a pas infiltré stroma).

    • T1: Tumeur cliniquement présente, < 2 cm.

    • T2:Tumeur 2-5 cm.

    • T3: Tumeur > 5 cm.

    • T4: Taille quelconque, infiltre structures voisines.

    • N0: Pas de ganglion atteint.

    • N1: Ganglions atteints du même côté, mobiles.

    • N2: Atteinte ganglionnaire bilatérale.

    • N3: Ganglions envahis fixés aux plans profonds, immobiles.

    • M0: Pas de métastases.

    • M1: Métastases en un point.

    • M2: Métastases en 2 points.

    • M3, X: Nombre de localisations de métastases.

E.- Formes spéciales de cancer

1.- Cancer à Malignité Mitigée ou Malignité locale

  • Carcinome basocellulaire, tumeur mixte des glandes salivaires (adénome pléomorphe), carcinoïdes, fibrome desmoïde, dermatofibrosarcome protubérant de Darier-Ferrand.

2.- Carcinome in situ

  • Carcinome intraépithélial, n'a pas franchi membrane basale, n'infiltre pas le chorion.

  • Peau (Maladie de Bowen), col utérin, prostate.

3.- Carcinome oucancer occulte

  • Se manifeste par métastases, tumeur primaire cachée (trop petite).

  • Ex: Adénocarcinome prostate, thyroïde, carcinome nasopharyngé.

4.- Carcinome latent ou cancer latent

  • Tumeur maligne qui met du temps avant de donner métastases.

  • Ex: Cancer du sein, prostate, thyroïde, rein.

5.- Môle Hydatiforme

  • Tumeur bénigne, se développe à partir des villositées placentaires (dégénérescence hydropique).

6.- Choriocarcinome

  • Tumeur maligne développée aux dépens de l'épithélium des villosités placentaires.

  • Môle hydatiforme et choriocarcinome: Forte production "gonadotrophines" par cellules tumorales.

7.- Tumeur constituée de tissu embryonnaire

  • Néphroblastome (tumeur de WILMS).

  • Neuroblastome: Affecte médullosurrénale, métastases foie, cerveau, cuir chevelu. Caractérisée par rosettes neuroblastiques.

  • Rétinoblastome: Tumeur de l'œil, homologue oculaire du neuroblastome.

  • Adamantinome ou améloblastome: Malignité mitigée, affection des maxillaires (prédilection), peut être ailleurs (hypophyse, os longs).

F.- Les pseudocancers

  • Lésions prolifératives simulant un cancer (aspect macroscopique, microscopique d'atypisme, invasion).

  • Parfois récidives, mais absence de métastases les exclut des cancers.

  • Ex: Hyperplasie pseudocarcinomateuse (autour ulcères tropicaux), pseudosarcome tissus mous, myosite proliférante, myosite ossifiante.

G.- Lésions précancéreuses

  • Lésions/maladies avec grande potentialité de cancérisation (sans être malignes, peuvent le devenir ou y être associées).

  • Maladies non prolifératives mais associées à haut risque: Xérodermie pigmentaire, trisomie 21, inflammations (colite ulcérohémorragique, amibienne, ulcère peptique estomac).

  • Maladies prolifératives: Certaines tumeurs bénignes (neurofibrome neurofibromatose de Von Recklinghausen, hyperplasie adénomateuse endomètre, dysplasie fibrokystique sein (Maladie de Reclus), lipome).

H.- Leslésions paranéoplasiques

  • Lésions qui apparaissent au cours des cancers. Importantes pour le diagnostic.

  • Lésions organiques/histologiques (pseudomélanome du côlon), dilatation vaisseaux (hémorroïdes chez hépatocarcinome).

I.- La biologie des tumeurs

  • Certaines tumeurs acquièrent nouvelles propriétés ou recouvrent propriétés embryonnaires.

  • Sécrétion de substances biologiques nouvelles/embryonnaires, apparition de marqueurs de surface.

  • Détection substances -> diagnostic biochimique cancer. Le gène contrôlant synthèse est réactivé par la tumeur.

  • Ex: Alpha-1 fœtoprotéine (sécrétée par cancerprimitif du foie).

Taux -F.P. (Exemple)

  • Augmenté si hépatocarcinome.

  • Normal si tumeur bénigne.

Importance des protéines oncofœtales (table simplifiée)

APPLICATIONS

BUTS

Dépistage

Mise au point maladies asymptomatiques

Diagnostic

Différencier tumeurs bénignes des cancers

Évaluation

Thérapie et récidives

Classification

Choix thérapie et pronostic

Staging

Radioimmunodétection des métastases

localisation

Avec Ac radioactifs

Thérapeutique

Agents cytotoxiques anti-cellules contenant les marqueurs

Types de marqueurs (table simplifiée)

TYPES DE MARQUEURS

SIGLE

CANCERS

Alpha-1 fœtoprotéine

-FP

Foie, tumeurs germinales

Gamma-glutamyl-transférase

-GT

Foie, tube digestif, gonades (ovarienne)

Antigène carcinoembryonnaire

ACE

Côlon, poumon, sein, pancréas

Gonadotrophines chorioniques

HCG

Trophoblaste, cellules germinales

Calcitonine

CT

Thyroïde

Phosphatase acide

PAP

Prostate

Marqueurs de surface

Divers

Lymphomes et autres

J.- Progrès dans le diagnostic tumeurs immunohistochimie des tumeurs

1.- Généralités

  • Définition: Méthode de détermination de l'origine d'un tissunormal ou néoplasique par mise en évidence d'antigènes tissulaires.

  • But: En oncologie, déterminer l'histogenèse des tumeurs et résoudre problèmes de diagnostic différentiel des tumeurs anaplasiques.

  • Principes: Recherche antigènes tissulaires grâce à réactions immunologiques avec anticorps spécifiques.

  • Méthodes: Directes et indirectes.

<li><mark>Méthode ou système avec marquage</mark>: Directe ou indirecte.
  <col type="a">
    <li><b>Méthode directe</b>: Ac.Anti X (marqué) + Ag.Tissulaire "X".</li>
    <li><b>Méthode indirecte</b>: Ac. primaire Anti X (non marqué) + Ag. Tissulaire "X" -> Ac. Secondaire marqué + Ac. primaire.</li>
    <li><b>Méthode indirecte à 4 étapes</b>:
      <ol>
        <li>Application antisérum (Ac) primaire aux Ag cellulaires.</li>
        <li>Application antisérum (Ac) secondaire (antisérum-pont/liaison) (Ac spécifiques non marqués vs Ig Ac primaire et tertiaire).</li>
        <li>Application antisérum tertiaire (enzyme pure: péroxydase, phosphatase acide, glucose-oxydase) + Ac anti-péroxydase.</li>
      </ol>
    </li>
  </col>
</li>
  • Réaction positive = Antigène a fixé l'anticorps, tissu/cellule contenait l'Ag.

2.- Approche immunohistochimique du diagnostic des tumeurs malignes

  • Permet de déterminer l'histogenèse des néoplasmes par recherche des filaments intermédiaires.

  • Restine: Nouveau filament intermédiaire. Fortement exprimée par cellules de Reed-Sternberg, cellules malignes du Lymphome Anaplasique à grandes cellules.

Tableau 11: Types de filaments intermédiaires (simplifié)

FILAMENTS INTERMÉDIAIRES

TISSU

TUMEURS

Cytokératines

Épithélium

Carcinomes

Desmine

Muscle strié ou lisse

Rhabdomyosarcomes, Léiomyosarcomes

GFAP

Astroglie

Gliomes, Astrocytomes

Neurofilaments

Neurones

Neuroblastomes

Vimentine

Mesenchyme

Sarcomes non musculaires

K.- Complications des tumeurs

1.- Les complications locales sont :

  • Invasion structures voisines.

  • Hémorragies, thromboses, nécrose ischémique.

  • Ulcération, obstruction organes cavitaires.

  • Surinfection des tumeurs nécrosées.

2.- Complications à distance ou systémiques

  • Anémie par hémorragie, cachexie, fièvre, VS accélérée.

  • Dépression défense générale, protéines anormales dans le sang (jGT, a-1FP, ACE).

  • Tendance aux diathèses hémorragiques.

  • Troubles endocriniens (sécrétion hormones par cellules tumorales).

L.- Approche thérapeutique

  • Chirurgie, chimiothérapie, hormonothérapie, immunothérapie, radiothérapie.

  • Pas de monothérapie, options souvent associées.

  • Chirurgie: Exérèse masse tumorale.

  • Chimiothérapie: Empoisonnement cellules cancéreuses par cytostatiques.

  • Hormonothérapie: Cancers hormonosensibles (hormones masculines pour cancer du sein, féminines pour prostate).

  • Immunothérapie: Provoque réaction immunitaire (vaccins -> anticorps contre cellules cancéreuses).

  • Radiothérapie: Irradie cellules tumorales, les anéantit.

M.- Classification des frottis (Papanicolau)

  • Classes de 0 à 5:

    • Classe 0: Frottis mal fait, inadéquat.

    • Classe 1: Adéquat, sans cellules malignes/atypiques.

    • Classe 2: Cellules métaplasiques.

    • Classe 3: Cellules dysplasiques.

    • Classe 4: Cellules atypiques (fortement suspect de malignité).

    • Classe 5: Cellules franchement malignes.

  • Un frottis n'a qu'une valeur d'orientation, doit être confirmé par analyse histopathologique.

N.- Carcinogenèse, Oncogenèse ou Cancérogenèse

  • Étiologie cancers: Facteurs favorisants génétiques et exogènes/environnementaux.

1.- Modes d'action des carcinogènes

  • Syncarcinogenèse: Produit oncogène X (subluminaire) + carcinogène X' (luminaire) -> cancérisation. X' agit en synergie.

  • Cocarcinogenèse: Produit Y (non cancérigène) + carcinogène X (subluminaire) -> cancérisation. Y fait la promotion de X.

  • Anticarcinogenèse ou inhibition: Produit Z inhibe cancérisation par carcinogène X.

2.- Facteurs étiologiques du cancer

  • Facteurs génétiques: Lien avec l'hérédité. Altération de gènes (récepteurs, stimulateurs).

    • Ex: Polypose familiale du côlon, xérodermie pigmentaire, rétinoblastome, polypose intestinale de Peutz-Jeghers, neurofibromatose.

    • Cancers familiaux (col utérin, sein, estomac, mélanome malin).

    • Groupe O: Prédisposition cancer de l'estomac (non prouvé statistiquement).

  • Facteurs ethniques: Peau très pigmentée - moins de cancer de la peau. Albinos - carcinome spinocellulaire. Carcinome nasopharyngé20x plus chez Chinois.

  • Facteurs environnementaux:

    1. Facteurs géographiques/climatiques: Influencent type de cancer (pollution atmosphérique).

    2. Facteurs alimentaires: Nature, quantité, modeconsommation.

      • Ex: Cancer du côlon (Européens) -> régime riche en graisses (ralentit péristaltisme, favorise action carcinogènes).

      • Préparation aliments -> substances cancérigènes (aflatoxine dans arachides).

    3. Facteurs professionnels: Exposition à substances (cancer de la peau chez ramoneurs, angiomes ouvriers plastique (chlorure de polyvinyle), mésothélium ouvriers bois (amiante)).

  • Facteurs socioéconomiques: Certains cancers plus fréquents dans certaines classes sociales (cancer du col utérin chez pauvres (hygiène), cancer du côlon chez riches).

  • Facteurs chimiques: Nombreux produits chimiques induisent cancer chez animaux (nitrosamine). Humains: tabac.

  • Facteurs physiques: Radiations ionisantes, irritation chronique.

    • Inflammation répétée -> métaplasie -> dysplasie -> risque cancérisation.

    • Risque cancérisation des cicatrices fibreuses étendues (brûlures).

  • Facteurs hormonaux: Excès d'hormones -> hyperplasie avec risque de cancérisation.

    • Ex: Excès œstrogènes -> hyperplasie endomètre (glandulokystique, adénomateuse) -> conditions précancéreuses.

    • Tumeurs ovaire (granulosa, stroma) sécrètent œstrogènes.

    • Apport exogène hormones (pilules contraceptives) -> adénome hépatocellulaire (risque cancérisation), fibroadénome du sein (ne cancérise pas).

    • Troubles endocriniens, hormonothérapie.

  • Virus carcinogènes (cancérigènes): Marqueurs viraux dans certains tissus cancéreux (épidémiologie moléculaire).

    1. Théorie virus-cancer:

      1. Historique: Rétrovirus à ARN capables d'induire tumeurs malignes chez animaux (Rous, Fowl, SHA). Inductions expérimentales (polyoma-virus, ONCORNAVIRUS).

      2. Observations population humaine: Distribution marqueurs viraux.

        • Maladie de Hodgkin: Associée aux ONCORNAVIRUS.

        • Tumeur de Burkitt:Associée au virus d'Epstein-Barr.

        • Cancer nasopharyngé: Associé au virus d'Epstein-Barr.

        • Leucémies et lymphomes T: Associés au HTLV1 (virus humain des lymphomes T).

        • Cancer du col utérin: Associé au HPV (Human papilloma virus).

        • Carcinome hépatocellulaire: Associéau virus de l'Hépatite B.

        • Sarcome de Kaposi: Associé au virus cytomegalique.

        • Autres lymphomes, certains sarcomes: Associés au VIH (HIV).

  • Oncogènes ou gènes de la cancérisation:

    1. Concept: Croissance cellulaire régulée par facteurs internes/gènes. Altération gènes -> prolifération incontrôlée. Facteurs étiologiques agissent via ces gènes régulateurs.

      • Facteurs héréditaires = altération gènes. Facteurs physiques/chimiques =mutations. Gènes transmettent information vicieuse. Virus oncogènes infectent ces gènes.

      • Lésions génétiques non létales: À l'origine de la cancérogenèse (acquises ou héréditaires).

      • Théorie génétique du cancer: Masse tumorale provient de croissance cellulaire d'une cellule progénitrice unique avec anomalie génétique (tumeurs monoclonales).

      • 4 catégories de gènes: Stimulateurs croissance, inhibiteurs croissance, gènes contrôlant réparation ADN.

      • Gènes réparateurs ADN: Modifient prolifération/survie indirectement (influence capacité à réparer lésions non létales). Absence réparation ADN -> prédisposition mutations -> transformation néoplasique. Les 2 allèles doiventêtre lésés. Peuvent être considérés comme gènes suppresseurs de tumeurs.

      • Cancérogenèse = processus multiétapes (phénotypique, génétique). Progression tumorale (croissance excessive, envahissement local, métastases). À l'échelle moléculaire: Accumulation altérations génétiques, favorisée par altération réparation ADN.

    2. ONCOGENES ET CANCER:

      1. Définition: Gènes qui, dans certaines circonstances, causent transformation maligne des cellules (par leurs produits (enzymes, facteurs de croissance, récepteurs)).

        • Oncogènes -> dérivent des protooncogènes (impliqués dans croissance/différenciation normales).

        • Découverts dans génome des rétrovirus à pouvoir transformant "aigu" (v-onc).

        • Mécanisme: Intégration ADN proviral près protooncogène-> modification structurale gène cellulaire -> oncogène cellulaire (c-onc). Ou insertion promoteurs rétrovirus près protooncogènes -> expression dérégulée (mutagenèse insertionnelle).

        • ADN des cancers humains: Contient séquences à pouvoir cancérigène (oncogènes). Ex: protooncogènes ras (homologues aux v-oncs).

        • Protooncogènes -> pouvoir oncogène par transduction (v-oncs) ou lésions in situ (c-oncs).

        • Produits des oncogènes (oncoprotéines): Ressemblent protéines normales, mais dépourvues d'éléments régulateurs, production indépendante des facteurs de croissance.

        • Séquence prolifération cellulaire normale: Liaison facteur croissance, activation récepteur(transitoire), transduction signal vers noyau (seconds messagers), activation facteurs régulateurs nucléaires (transcription ADN), entrée/progression cycle cellulaire.

      2. Types d'oncogènes: Stimulateurs, freinateurs, viraux (V-ONC), cellulaires (C-ONC), proto-oncogènes (non activés), antioncogènes (inhibent expression oncogènes).

      3. Quelques exemples d'oncogènes cellulaires (simplifié)

      ONCOGÈNES

      CANCERS

      RAS1

      Vessie

      RAS2

      Côlon et poumon

      C-MYC

      Lymphome de Burkitt

      • Mode d'action: Quand activés.

        1. Mode quantitatif: Excès produits (qualité inchangée).

        2. Mode qualitatif: Fabrication de produits modifiés (altération oncogène par mutation).

CHAPITRE 7: MALADIES MÉTABOLIQUES SYSTÉMIQUES (M.M.S.)

I.- Définition

  • Trois éléments définissent les MMS:

    • Causées par trouble du métabolisme (lipides, protéines, hydrates de carbone).

    • Affectent l'organisme globalement, provoquant altérations dans plusieurs organes.

    • Chacune revêt des aspects propres, permettant identification sur bases morphologiques et/ou biochimiques quasi pathognomoniques.

II.- Étude systématique

A.- MALADIES MÉTABOLIQUES SYSTÉMIQUES LIÉES AUX TROUBLES DU MÉTABOLISME DES HYDRATES DE CARBONE

1.- Diabète sucré

  • Définition: Affection aiguë ou chronique due à trouble métabolisme hydrates de carbone. Caractérisée par hyperglycémie causée par manque abolue ou relatif d'insuline métaboliquement active.

  • Physiopathologie:

    • Manque d'insuline -> défaut absorption glucose par cellules -> hyperglycémie -> dépassement TMFG -> glycosurie -> polyurie -> polydipsie.

    • Polyphagie: Utilisation d'autres voies métaboliques (lipides, protéines)-> acidose + cétose -> amaigrissement -> coma acidocétonique.

  • Épidémiologie: Fréquente. Mode aigu (juvénile, maigre) ou insidieux (adulte, gras). Femmes plus affectées (M/F: 2/3). Héréditaire (mode récessif).

  • 3 formes: ouvert (patent), prédiabète (prédisposition familiale, clinique/biochimie normaux), chimique/subclinique/infraclinique (clinique normal, courbe hyperglycémie provoquée pathologique).

  • Étiologie: Manque d'insuline (absolu ou relatif).

    • Manque absolu: Destruction cellules îlots de Langerhans du pancréas.

    • Manque relatif: Sécrétion antagonistes insuline (insulinase, anticorps anti-insuline), inactivation insuline, incapacité récepteurs périphériques à utiliser insuline.

    • Déficience de la GH (destruction antéhypophyse).

    • Action stéroïdes surrénaliens (néoglucogenèse).

    • Action hormones thyroïdiennes.

  • Classification clinique: 2 types.

    • Diabète idiopathique: Causeinconnue, mais héréditaire.

    • Diabète secondaire: À maladie pancréatique (pancréatite chronique), hémochromatose, pancréatectomie, Cushing, acromégalie, phéochromocytome, hyperaldostéronisme, thyrotoxicose.

    • Diabète idiopathique peut se manifester sous forme de prédiabète, chimique, ou ouvert.

  • Morphopathologie: Lésions dans plusieurs organes.

    1. Vaisseaux sanguins: Coronaires, cerveau, artères membres -> gangrène diabétique.

      • Artères: Artérite proliférative (maladie de Blummenthal) (aspect en bulbe d'oignon).

      • Artérioles: Artériolosclérose et hyalinose (non spécifique, aussi HTA).

      • Microangiopathie diabétique: Atteinte petits vaisseaux (capillaires).

    2. Pancréas: Diminution numérique îlots de Langerhans/cellules β. Hyalinisation insulaire (commune), fibrose collagène des îlots.

    3. Rein: Néphrosclérose artérielle/artériolaire.

      • Glomérulosclérose diffuse.

      • Glomérulosclérose nodulaire de Kimmestiel-Wilson.

      • Lésion exsudatives glomérulaires.

      • Infections rénales: Papillite nécrosante ou nécrose papillaire.

      • Vacuolisation épithéliale tubulaire: Stéatose modérée tubes contournés. Infiltration glycogénique cellules épithéliales tubes contournés proximaux.

    4. SNC: Infarctus (liée à athérosclérose). Neuropathies périphériques (sensitives, motrices) suite dégénérescence gaine de myéline.

    5. Lésions oculaires: Rétinopathie diabétique (petits exsudats, foyers hémorragiques, foyers lésions punctiformes nerfs rétiniens). Cataracte (opacification cristallin).

    6. Lésions hépatiques: Stéatose, accumulation glycogène (noyau cellulaire -> vacuoles nucléaires).

    7. Lésions cutanées: Microangiopathie (épaississement paroi vaisseaux dermiques), xanthomes.

    8. Autres affections: Furonculose, toxémie gravidique, infections mycotiques (candidoses), infections rénales/pulmonaires, diarrhées rebelles, Macrosomie ("Géants aux pieds d'argile").

2.- Hypoglycémie

  • Fait plus cliniquequ'anatomopathologique. Baisse de la glycémie.

  • Causes: Tumeur pancréatique insulino-sécrétante, tumeur extra-pancréatique insulino-sécrétante,prise hypoglycémiants (iatrogène si excès insuline), sensibilité idiosyncrasique à insuline, affections endocriniennes (Cushing, acromégalie).

  • Morphopathologie: Pas de lésions typiques. Cerveau: thrombose vasculaire, dégénérescence ganglionnaire, dégénérescence myéline.

3.- Galactosémie

  • Déficit en galactose-1-phosphate-uridyl-transférase. Enfants 1-2 jours après naissance(vomissements, ictère, mort rapide).

  • Traitement: Arrêter le lait.

  • Survie: Lésions dégénératives foie, retard mental, cataracte.

  • Histologie: Triade: stéatose, fibrose portale, regroupement hépatocytes en rosette centrée par bile.

4.- Glycogénoses

  • Maladies de stockage, thésaurisation (surcharge glycogène).

  • Héréditaires (mode récessif).

  • Cause: Carence/déficit enzyme métabolisme glycogène -> accumulation glucose (structure normale ou anormale).

  • Glycogénosesprimitives: Déficiences enzymatiques -> excès glycogène dans cellules.

    1. Données morphologiques générales:

    2. Aspects microscopiques: Communs à toutes. Dépôts glycogène dans cytoplasme/lysosomes. Cellules hypertrophiées. Techniques standard dissolvent glycogène (cellule apparaît occupée par espace vacuolaire vide). Glycogène démontré par colorations spécifiques (PAS).

    3. Aspects macroscopiques: Organes infiltrés restentnormaux (sauf forte infiltration).

2).- Variétés de glycogénoses (Tableau non reformaté, mais mis en gras les enzymes).

TYPE

CARACTÉRISTIQUE ET DÉNOMINATIONS

ENZYME DONT LA DÉFICIENCE A ÉTÉ PROUVÉE

01

Glycogénose hépatorénale: Maladie de Von Gierk ou de Van Greveld.

Glucose-6-phosphatase

02

Glycogénose généralisée: Maladie de Pompe

-glucosidase lysosomiale (altase acide)

03

Glycogénose hépatocardiaque: Maladie de Forbes ou de Cori

Amylo-1-6-glucosidase (enzyme débranchante)

04

Glycogénose hépatique; Amylopectinose ou Maladie d'Andersen

Amylo-1-4-1-6-transglucosidase (enzyme branchante)

05

Glycogénose musculaire: Maladie de Mac Ardle

Myophosphofructokinase

06

Glycogénose hépatique: Maladiede Hers

Hépatophosphorylase

07

Glycogénose musculaire: Maladie de Nishikawa

Myophosphorylase

08

Glycogénose hépatocérébrale: Maladie de Hug.

Hépatophosphorylase (présente mais inactive)

09

Glycogénose hépatique

Phosphorylase-kinase

10

Glycogénose hépatomusculaire

AMP cyclique kinase dépendante

  • Mucopolysaccharidoses:

    1. Mucoviscidose: Pathologie monogénétique multi-organe. Autosomique récessive (mutations gène chromosome 7).

      • Mutation fréquente: Délétion 3-bp -> absence phénylalanine AA 508 (DF508) de protéine CFTR.

      • Protéine vicieuse perturbe canaux chlorures -> accumulation ion chlorure (sueur) -> sécrétions visqueuses.

      • Caractérisée par: Viscosité exagérée sécrétions muqueuses (digestives, respiratoires) et richesse anormale sueur en ions chlore/potassium.

      • Aspects macroscopiques: Mucus épais encombre lumière canaux excréteurs (glandes, tube intestinal, voies respiratoires, pancréatiques). Iléus méconial.

      • Aspects microscopiques:Pancréas (peu caractéristiques). Poumon (lésions inflammatoires, abondance mucus).

      • Signification: Déficit enzymatique/métabolique mal connu. Défaut liquéfaction mucus.

    2. Mucopolysaccharidoses (enfance): Association malformations squelettiques (nanisme), retard mental.

    3. Aspects microscopiques: Gonflement cellulaire par matériel diffusément empâtant/clarifiant cytoplasme. Situé dans vacuole/grains, refoule noyau. Hépatoctyes, fibres myocardiques, chondrocytes, ostéocytes, cellules lymphoïdes/reticulohistiocytaires.

    4. Macroscopie: Silhouette évocatrice: visage en gargouille (gargoïlisme), gros ventre (hépatomégalie), déformation os longs.

    5. Variétés: Type I (Hurler), II (Hunter), III (Sanfilipo), IV (Morquis), V (Scheie).

B.- MALADIES M.S. LIÉES AUX TROUBLES DU MÉTABOLISME DES PROTÉINES

1.- Hyperprotéinémies

  • États avec augmentation anormale du taux de protéines plasmatiques.

  • Généralisée (toutes protéines) ou isolée (fraction spécifique).

  • Ne provoquent pas de troubles tissulaires, mais importantes pour diagnostic AP.

  • Causes: Cirrhose hépatique, amyloïdose primaire, dyscrasiesplasmocytaires, inflammations (sarcoïdose, lymphogranulome vénérien), parasitoses (Kala-azar), maladies immunitaires.

2.- Hypoprotéinémies

  • États avec baisse anormale/déficit des protéines plasmatiques.

  • Causes:

    • Apport insuffisant: Malnutrition (kwashiorkor).

    • Absorptions déficientes: Maladies intestinales (ulcéro-inflammatoires,malabsorption, cœliaque, sprue tropicale, Whipple).

    • Synthèse insuffisante: Hypo/agammaglobulinémie, déficience plasmocytaire, maladies du foie (cirrhose).

    • Perte excessive:Brûlures, syndrome néphrotique, maladie de Ménétrier.

3.- Dyscrasies plasmocytaires

  • Groupe de maladies avec activité anormale des plasmocytes et synthèse de divers types de globulines.

  • Accompagnées de dysprotéinose (paraprotéinose).

MALADIES ET PARAPROTÉINES (Tableau simplifié)

MALADIES

PARAPROTÉINES

I. Maladies lymphoprolifératives

1. Leucémie

Macroglobulines

2.Myélome multiple (Plasmocytome ou maladie de KAHLER)

Globuline (précédemment "protéine de Bence Jones" et cryoglobulines)

3. Macroglobulinémie de Waldenströn

Macroglobuline (IgM), cryoglobulines I et II

II. Maladies Parasitaires

1. Trypanosomiase

Cryoglobuline type II

2. Parasitose massive

Gamma-globuline altérée

III. Maladies autoimmunitaires

1. Arthrite rhumatoïde

Cryoglobuline

2. Lupus érythémateux disséminé

Cryoglobuline

3. Syndrome de Sjögren

Gamma-globuline

IV. Maladies métaboliques

Amyloïdose

Amyloïde

V. Maladies infectieuses diverses

Cryoglobuline de type III

VI. Maladies dégénératives des organes qui synthétisent les protéines

Macroglobuline

4.- Amyloïdose

  • Définition: Série de troubles caractérisés par le dépôt dans divers tissus d'une substance transparente, hyaline, de nature complexe (protéines + hydrates de carbone) avec propriétés histochimiques spécifiques.

  • Classification: Plusieurs critères.

    1. Critère topographique: Généralisée et localisée.

    2. Amyloïdose généralisée: Frappe plusieurs tissus simultanément. Causée par:

      • Suppuration chronique (ostéomyélite, bronchectasie, cavernes TBC).

      • Inflammations granulomateuses (TBC, mycobactéries atypiques, Crohn).

      • Arthrite rhumatoïde, Hodgkin, tumeurs non lymphoïdes, dyscrasies plasmocytaires, étatshérédofamiliaux.

    3. Amyloïdose localisée: Frappe une seule région ou tissu. 3 formes:

      • Associées aux plasmocytes: Voies respiratoires, appareil urinaire, moelle osseuse, orbite, conjonctive, cornée.

      • En rapport avec le vieillissement: Plaque sénile d'Alzheimer, démence présénile.

      • Glandes endocrines: Îlots de Langerhans (tumeur îlots), carcinome médullaire thyroïde.

    4. Critère étiologique: Primaire et secondaire.

      • Amyloïde primaire: Aucune maladie antérieure/prédisposante. Systémique (vaisseaux, cœur, langue, muscles, tube digestif) ou isolée (tumeur amyloïde: langue, thyroïde, larynx).

      • Amyloïdose secondaire: Suite à maladies inflammatoires, tumorales, autres (ostéomyélite chronique, syphilis, bronchectasie, lèpre, abcès pulmonaire, empyème pleural, lupus érythémateux disséminé, RAA, cancer avancé).

    5. Critère biochimique: Classification moderne. AL, AA, A. préalbumine, AE, A4, F2, Kératine.

  • Identification: Coloration HE: substance amyloïde éosinophile, acellulaire, fendillée.

    • Diagnostic précis: Méthodes histochimiques (non spécifiques: PAS; spécifiques):

    COLORATIONS SPÉCIFIQUES AMYLOÏDE (Simplifié)

    COLORATION

    CONSERVABILITÉ

    FIABILITÉ

    OBSERVATION

    1. Violet de Méthyl

    ++

    ±

    2. Bleu alcian

    +

    +

    En lumière polarisée

    3. Rouge Congo

    +++

    +

    Fluorescence

    4. Rouge syrus

    +

    +

    5. Thioflavine T

    +++

    ±

    Fluorescence en lumière polarisée

  • Morphopathologie:

    1. Rate: Dépôt sur follicules lymphoïdes (grains de Tapioca -> "Rate Sagou"). Dépôt sur parois sinusoïdes/septas fibreux -> larges zones pâles ("lard") -> "rate lardacée".

    2. Foie: Dépôt commence sur cellules de Kupffer(espace de Disse), compression hépatocytes (atrophie). Parenchyme remplacé par zones massives d'amyloïde.

      • Macroscopie: Augmenté de volume, gris-jaunâtre ("ivoire vieilli"), consistance molle.

    3. Rein: Dépôt sur glomérules (couche sous-endothéliale, mésengium, membrane basale). Obstruction touffe glomérulaire -> insuffisance rénale (fibrose interstitielle, atrophie tubulaire). MO: Masse homogène hyaline.

      • Artérioles afférentes: Épaississement paroi -> HTA.

      • Tubes rénaux: Épaississement membrane péritubulaire.

    4. Surrénale: Dépôt surtout zone médullaire -> maladie d'Addison.

    5. Ganglions et moelle osseuse: Dépôt sur phagocytes monuclés, s'étend aux sinusoïdes, effacement parenchyme.

    6. Pancréas: Dépôt sur îlots de Langerhans -> diabète.

  • Signification: Ne correspond ni à dégénérescence nià modification biochimique matrice intercellulaire. Procède du dépôt intercellulaire d'un matériel protido-glucidique spécial.

    1. Traits communs aux diverses formes:

      • Fraction protidique fondamentale estla même.

      • Amyloïde ne contient jamais de gammaglobulines.

      • Lésion amyloïde souvent associée à cellule réticulo-histiocytaire basophile à cytoplasme PAS+.

    2. Origine de l'amyloïde: Hormis "apudamyloïde" (hormones), l'hypothèse de l'immun-amyloïde: Cellules immunocompétentes épuisées/déviées -> inaptes àsécréter anticorps normaux, fabriquent substance pathologique "amyloïde". Observations d'hypo/agammaglobulinémie avec amylose confirment.

5.- Goutte

  • Définition: Affection résultant trouble métabolisme acide urique. Caractérisée par dépôt focal d'urate de Na+ (cristaux) dans tissus.

  • Pathogénie: 2 formes: Génétique, ou secondaire à dégradation excessive nucléoprotéines -> hyperuricémie. Précipitation métastatique (tissu sain) ou dystrophique (tissu altéré).

  • Physiopathologie: Augmentation acideurique dans sang -> précipitation cristaux d'urate de Na+ -> réaction inflammatoire. Formation d'un tophus.

  • Tophus: Granulome inflammatoire à corps étranger (infiltrat lymphoplasmocytaire, cellules géantes multinucléées type corps étranger) autour des cristaux d'urate de Na+.

  • Anatomie pathologique: Lésion = tophus goutteux.

  • Sites:

    • Articulations (doigts, orteils (gros orteil), coude, poignet, genou, cheville). Tissus périarticulaires attaqués.

    • Cœur.

    • Rein: néphrite goutteuse.

C.- MALADIES LIÉES AUX TROUBLES DU MÉTABOLISME DES LIPIDES

  • Lipides: Neutres (triglycérides), complexes, cholestérol.

1.- Troubles Métaboliques des lipides neutres

  • Lipomatose: Accumulation de lipides dans tissu sous forme de tissu adipeux.Organes frappés: pancréas, thymus, parathyroïde, ganglions lymphatiques. (≠ lipomatose = nombreux lipomes). Peut s'observer lors d'atrophie.

  • Lipophagie: Ingestion des graisses par cellules phagocytaires.

    • Traumatisme tissu adipeux.

    • Développement xanthogranulome ou lipogranulome (lésion pseudotumorale).

    • Formation de granulome lipophagique (contient cellules géantes de Touton).

  • Stéatonécrose: Nécrose du tissu adipeux (provoquée par lipases). Observée en pancréatite aiguë hémorragique (taches blanchâtres sur épiploon = "taches de bougie").

  • Stéatose: Accumulation des lipides dans le cytoplasme des cellules.

    1. Foie:

      • Malnutrition (kwashiorkor). Péri-portale, centrolobulaire ou diffuse.

      • Grossesse.

      • Intoxications (CCl4, tétracycline).

      • Diabète sucré.

      • Syndrome de Reye: Stéatose hépatique, pancréatique, rénale + encéphalopathie. Chez enfants (intoxication aflatoxines).

    2. Rein: Graisse s'accumule dans cellules tubulaires.

      • Causes: Diabète sucré (néphrose lipoïdique), syndrome de Reye.

    3. Myocarde: Stéatose en anémie chronique grave.

2.- Trouble du métabolisme du cholestérol

  • Surcharge tissulaire: locale, généralisée, ou maladies systémiques.

  • Accumulation tissulaire locale:

    1. Foyers de Nécrose: Cholestérol libéré s'accumule sous forme de cristaux -> inflammation chronique granulomateuse.

    2. Organes:

    3. Vésicule biliaire: Cholestérol s'accumule dans muqueuse, sinus de Rochitansky. Paroi aspect granulaire, couleur rouge -> "vésicule fraise".

    4. Rein:

Anatomie Pathologique Générale : Notions Fondamentales

Ce document synthétise les concepts clés de l'anatomie pathologique générale, étudiant les lésions causées par les maladies aux niveaux macroscopique, microscopique et moléculaire. Il sert de base pour comprendre la morphologie des processus morbides et leurs corrélations avec les manifestations cliniques.

Chapitre 1 : Introduction à l'Anatomie Pathologique

L'Anatomie Pathologique est l'étude des modifications structurelles (lésions) apportées par la maladie aux organes, tissus et cellules. Elle constitue un pilier du diagnostic médical en établissant un lien entre les symptômes observés (sémiologie) et les altérations morphologiques sous-jacentes.

A. Définition, Place et Objet

  • Définition : Étude des lésions macroscopiques, histologiques, ultrastructurales et biomoléculaires induites par la maladie.
  • Place en Médecine : Souvent considérée comme la "Cour Suprême de la Médecine", elle confirme, infirme ou établit des diagnostics non soupçonnés cliniquement. Elle est née de la confrontation anatomoclinique, qui consiste à corréler les signes observés sur le vivant avec les lésions découvertes post-mortem.
  • Objet : La maladie, définie comme toute altération des états anatomiques ou fonctionnels normaux. L'anatomie pathologique se concentre sur :
    • L'étiologie : L'étude des causes des maladies.
    • La pathogénie : L'étude des mécanismes d'apparition et d'évolution des maladies.

B. Étiologie des Maladies

Les causes d'une maladie (étiologie) sont classées en trois catégories qui interagissent souvent.
  • Causes immédiates : Agents qui déclenchent directement la maladie. Ex: Le bacille de Koch (BK) pour la tuberculose.
  • Causes précipitantes ou favorisantes : Facteurs environnementaux qui permettent aux causes immédiates d'agir. Ex: Le froid pour le virus de la grippe.
  • Causes prédisposantes : Facteurs internes à l'organisme (terrain) qui créent des conditions favorables au développement de la maladie. Ex: L'immunodéficience pour les infections opportunistes.
L'étude combinée de ces facteurs est l'étiopathogénie.

C. Classification et Nomenclature des Maladies

1. Classification étiopathogénique

  1. Maladies héréditaires : Transmises génétiquement (ex: drépanocytose).
  2. Maladies congénitales : Présentes à la naissance (ex: malformations, syphilis congénitale).
  3. Maladies toxiques : Dues à des poisons.
  4. Maladies infectieuses : Dues à des agents infectieux (bactéries, virus).
  5. Maladies traumatiques : Causées par des agents mécaniques, thermiques ou radiologiques.
  6. Maladies dégénératives : Liées au vieillissement.
  7. Maladies allergiques : Réactions d'hypersensibilité à un agent externe.
  8. Maladies auto-immunitaires : Hypersensibilité vis-à-vis des propres constituants de l'organisme (ex: lupus, polyarthrite rhumatoïde).
  9. Maladies nutritionnelles : Dues à des carences alimentaires (ex: kwashiorkor).
  10. Maladies métaboliques : Perturbation d'un métabolisme (ex: diabète).
  11. Maladies moléculaires.
  12. Maladies néoplasiques : Tumeurs.
  13. Maladies psychosomatiques : D'origine émotionnelle (ex: gastrite, HTA).
  14. Maladies iatrogènes : Causées par un acte médical.
  15. Maladies idiopathiques : De cause inconnue (dites aussi essentielles ou cryptogénétiques).

2. Nomenclature des Maladies

Les maladies sont souvent nommées d'après la personne qui les a découvertes ou décrites en premier. Ce type de nom est un éponyme.
  • Exemple : Lymphome de Burkitt, Maladie de Hodgkin, Maladie de Reclus (dysplasie fibrokystique du sein).

D. Méthodes et Techniques en Anatomie Pathologique

Le diagnostic anatomopathologique repose sur l'analyse de matériel prélevé sur le patient.

1. Types de prélèvements

  • Biopsie : Prélèvement partiel d'une lésion. Si la lésion est entièrement retirée, on parle de biopsie-exérèse.
  • Biopsie chirurgicale : Prélèvement réalisé lors d'une intervention chirurgicale.
  • Ponction-biopsie : Prélèvement d'un cylindre de tissu à l'aide d'un trocart (ex: foie, rein).
  • Biopsie extemporanée : Examen rapide réalisé pendant une opération pour orienter le geste du chirurgien. Le tissu est congelé, coupé au cryostat et coloré.
  • Cytodiagnostic (ou Cytologie exfoliative) : Examen de cellules isolées prélevées par frottis (ex: col utérin) ou présentes dans des liquides organiques.
  • Autopsie (ou Nécropsie) : Examen des tissus après la mort pour vérifier un diagnostic ou déterminer la cause du décès.

2. Cytologie Exfoliative : Organes et Renseignements

Organe ou Liquide Renseignements et Diagnostics
Col utérin Qualité des cellules (normales, inflammatoires, dysplasiques, cancéreuses).
Paroi vaginale État hormonal du cycle, qualité des cellules.
Cavité endo-utérine Diagnostic de cancer ou d'inflammation de l'endomètre.
Glande mammaire (écoulement) Aspect du liquide, qualité des cellules.
Muqueuse buccale Recherche de la chromatine sexuelle (corpuscule de Barr), inflammation.
Liquide d'ascite (péritoine) Aspect du liquide, recherche de cellules cancéreuses ou inflammatoires.
Expectorations (crachats) Recherche de cellules cancéreuses ou inflammatoires (poumon).
Épanchement pleural Recherche de cellules cancéreuses ou inflammatoires.
Sang / Moelle osseuse Anémie, leucémie, état de l'hématopoïèse, métastases.
Liquide amniotique Sexe de l'enfant, recherche d'inflammation (amnionite).
Liquide céphalo-rachidien (LCR) Recherche de cellules cancéreuses, inflammatoires, ou de cellules de Mott (trypanosomiase).
Urines / Lavage vésical Recherche de cellules cancéreuses ou inflammatoires.
Ponction d'une tumeur Détermination de la nature (bénigne, maligne) et du type de la tumeur.

3. Étapes du Traitement des Tissus

  1. Prélèvement : Doit être représentatif (inclure zones saines et malades), non écrasé, et rapidement placé dans un fixateur.
  2. Fixation :
    • Buts : Empêcher l'autolyse et la putréfaction, préserver la structure tissulaire, durcir le tissu pour la coupe.
    • Fixateurs courants : Formol à 10% (le plus utilisé), liquide de Bouin (pour petites pièces), A.F.A. ( alcool-formol-acétique). Pour les frottis : méthanol ou fixateur en aérosol.
  3. Examen Macroscopique : Description de la pièce (taille, poids, couleur, consistance, aspect à la coupe) et sélection des fragments à analyser.
  4. Technique Histologique :
    1. Déshydratation : Passage dans des bains d'alcool de concentration croissante pour éliminer l'eau.
    2. Éclaircissement : Passage dans un solvant (ex: xylène) miscible avec l'alcool et la paraffine.
    3. Imprégnation : Immersion dans de la paraffine liquide chaude () pour qu'elle pénètre le tissu.
    4. Enrobage : Coulée de la pièce imprégnée dans un bloc de paraffine solide.
    5. Coupe : Réalisation de coupes très fines () à l'aide d'un microtome.
    6. Coloration :
      • La coloration de routine est l'Hématoxyline-Éosine (H.E). L'hématoxyline colore les noyaux en bleu-violet et l'éosine colore le cytoplasme en rose-rouge.
      • D'autres colorations spéciales (Trichrome, PAS, Giemsa) ou techniques d'immunohistochimie peuvent être utilisées.
    7. Montage : La coupe colorée est recouverte d'une lamelle et d'un milieu de montage pour une conservation durable.
  5. Examen Microscopique : Analyse de la lame par le pathologiste pour établir le diagnostic.

Chapitre 2 : Lésions Cellulaires Élémentaires

Les cellules répondent à une agression par des adaptations, des lésions réversibles, ou des lésions irréversibles menant à la mort. La réponse dépend de la nature, de l'intensité et de la durée de l'agression.

A. Réponse Cellulaire à l'Agression

L'homéostasie cellulaire est l'équilibre biologique normal. Une agression peut entraîner :
  • Adaptation : Changement réversible de la cellule pour s'adapter à un stress (ex: hypertrophie, atrophie).
  • Lésion réversible (sublétale) : Altérations fonctionnelles et morphologiques qui peuvent être corrigées si le stimulus cesse.
  • Lésion irréversible (létale) : Point de non-retour menant à la mort cellulaire (nécrose ou apoptose).

Causes des lésions cellulaires

  • Hypoxie et Ischémie : Manque d'oxygène et réduction du flux sanguin.
  • Agents physiques : Traumatismes, températures extrêmes, radiations.
  • Agents chimiques et médicamenteux : Poisons, toxines, médicaments.
  • Agents infectieux : Virus, bactéries, parasites.
  • Réactions immunologiques : Maladies auto-immunes, allergies.
  • Anomalies génétiques.
  • Déséquilibres nutritionnels.

B. Aperçu Analytique des Lésions

1. Lésions du Noyau

  • Lésions réversibles : Condensation de la chromatine, vacuolisation, inclusions.
  • Lésions irréversibles (signes de mort nucléaire) :
    • Pycnose : Condensation et rétraction du noyau, qui devient petit, dense et hyperchromatique.
    • Caryorrhexie : Fragmentation du noyau pycnotique en plusieurs petits morceaux.
    • Caryolyse : Dissolution de la chromatine ; le noyau "disparaît".
  • Anomalies de la mitose : Accélération, ralentissement, blocage (stathmocinèse), ou mitoses atypiques (tri- ou multipolaires), fréquentes dans les cancers.

2. Dégénérescences Cellulaires

La dégénérescence est une altération morphologique réversible de la cellule, souvent visible par des accumulations anormales dans le cytoplasme.
Type de Dégénérescence (Microscopie Optique) Corrélations en Microscopie Électronique
Dégénérescence hydropique (ou clarification) Œdème intracellulaire, gonflement des mitochondries, dilatation du réticulum endoplasmique (RE).
Dégénérescence vacuolaire Vacuoles issues de la pinocytose, dilatation du RE, lysosomes dilatés (autophagosomes).
Dégénérescence graisseuse (stéatose) Accumulation de gouttelettes lipidiques dans le cytoplasme.
Dégénérescence hyaline Accumulation de matériel protéique éosinophile (ex: corps de Russel dans les plasmocytes).

C. Mort Cellulaire : Nécrose et Apoptose

Il existe deux principaux mécanismes de mort cellulaire.
Caractéristique Nécrose Apoptose
Définition Mort cellulaire pathologique suite à une lésion irréversible, toujours accidentelle. Mort cellulaire programmée, un processus physiologique ou pathologique actif.
Stimulus Hypoxie, toxines, ischémie. Signaux physiologiques (développement embryonnaire, involution hormonale) ou pathologiques (lésions de l'ADN, infections virales).
Échelle Touche des groupes de cellules contiguës. Touche des cellules isolées.
Morphologie Gonflement cellulaire, rupture de la membrane, caryolyse/pycnose/caryorrhexie. Rétraction cellulaire, condensation de la chromatine, fragmentation en corps apoptotiques. Membrane intacte.
Réaction Tissulaire Provoque une réaction inflammatoire. N'entraîne pas d'inflammation ; les corps apoptotiques sont phagocytés.

Types de Nécrose Tissulaire

  • Nécrose de coagulation : L'architecture tissulaire est préservée mais les cellules sont mortes (fantômes cellulaires). Typique de l'ischémie dans les organes solides (cœur, rein).
  • Nécrose de liquéfaction : Le tissu est digéré par les enzymes et transformé en une masse liquide. Typique du cerveau (ischémie) et des infections bactériennes (pus).
  • Nécrose caséeuse : Aspect "fromage blanc", une combinaison de nécrose de coagulation et de liquéfaction. Caractéristique de la tuberculose.
  • Cytostéatonécrose (ou nécrose graisseuse) : Nécrose du tissu adipeux par action d'enzymes (lipases). Typique de la pancréatite aiguë.

D. Adaptations Cellulaires et Tissulaires

  • Atrophie : Diminution de la taille d'un organe par réduction de la taille et/ou du nombre de ses cellules.
  • Hypertrophie : Augmentation de la taille des cellules, entraînant une augmentation de la taille de l'organe (ex: muscle cardiaque en cas d'HTA).
  • Hyperplasie : Augmentation du nombre de cellules, entraînant une augmentation de la taille de l'organe (ex: hyperplasie de l'endomètre). Souvent hormonodépendante.
  • Métaplasie : Remplacement réversible d'un type cellulaire différencié par un autre, mieux adapté à un stress. Ex: Remplacement de l'épithélium cylindrique bronchique par un épithélium malpighien chez le fumeur.
  • Dysplasie : Prolifération désordonnée avec des cellules présentant des atypies (variation de taille/forme, noyaux hyperchromatiques). C'est une lésion précancéreuse.

Chapitre 3 : Lésions des Espaces et des Substances Intercellulaires

Cet espace contient de l'eau, des électrolytes, des protéoglycanes (substance fondamentale) et des protéines fibreuses (collagène, élastine, réticuline).

A. Pathologie des Substances Fondamentales

  • Substance hyaline : Dépôt d'un matériel protéique, homogène, vitreux et éosinophile. La hyalinose se voit dans les vieilles cicatrices ou les artérioles des hypertendus.
  • Substance fibrinoïde : Dépôt d'un matériel ressemblant à la fibrine, éosinophile et filamenteux. Se voit dans les maladies auto-immunes (lupus, polyarthrite rhumatoïde).
  • Amyloïdose : Dépôt d'une protéine anormale, l'amyloïde, qui se colore spécifiquement par le Rouge Congo. (Voir Chapitre 7).
  • Dégénérescence mucoïde : Accumulation de substances de type mucine, formant des pseudo-kystes (ex: kyste mucoïde du poignet).

B. Pathologie des Fibres

1. Fibres de Collagène et de Réticuline

  • Fibrose : Augmentation de la quantité de tissu conjonctif, notamment des fibres de collagène.
  • Sclérose : Induration d'un tissu due à une fibrose ancienne et dense. C'est le stade final de la réparation de nombreuses lésions, formant une cicatrice.

2. Fibres Élastiques

  • Élastopathies dégénératives :
    • Syndrome de Marfan : Maladie génétique avec rupture des lames élastiques de l'aorte (risque d'anévrisme disséquant).
    • Vergetures : Rupture des fibres élastiques du derme suite à une distension cutanée ou à des troubles hormonaux.
    • Élastose sénile (ou solaire) : Accumulation de matériel élastique dégradé dans le derme exposé au soleil.
  • Lésions productives (Élastose) : Prolifération de fibres élastiques, comme dans la fibro-élastose de l'endocarde.

Chapitre 4 : Troubles Circulatoires et Lésions Vasculaires

Ces troubles sont au cœur de nombreux processus pathologiques, incluant l'inflammation, la thrombose et l'infarctus.

A. Œdème et Déshydratation

  • Œdème : Accumulation excessive de liquide dans les espaces interstitiels ou les cavités corporelles.
    • Transsudat : Liquide pauvre en protéines, dû à une augmentation de la pression hydrostatique (insuffisance cardiaque) ou une baisse de la pression oncotique (syndrome néphrotique).
    • Exsudat : Liquide riche en protéines, dû à une augmentation de la perméabilité vasculaire lors de l'inflammation.
  • Déshydratation : Diminution pathologique des liquides de l'organisme.

B. Congestion (Hyperhémie)

La congestion est une augmentation du volume sanguin dans un tissu.
  • Congestion active : Due à une augmentation du flux sanguin artériel (dilatation artériolaire). Le tissu est rouge vif et chaud (ex: inflammation, exercice).
  • Congestion passive (ou stase) : Due à une diminution du retour veineux. Le tissu est rouge-bleuâtre (cyanose) et froid.
    • Exemple 1 : Foie cardiaque (insuffisance cardiaque droite) -> Stase chronique provoquant une nécrose centro-lobulaire et un aspect "noix de muscade".
    • Exemple 2 : Poumon cardiaque (insuffisance cardiaque gauche) -> Stase dans les capillaires alvéolaires, œdème pulmonaire et présence de sidérophages ("cellules cardiaques").

C. Hémorragie

L'hémorragie est l'extravasation de sang hors des vaisseaux.
  • Causes : Rupture vasculaire (traumatisme, anévrisme) ou diapédèse (passage des GR à travers une paroi capillaire intacte mais perméable).
  • Types :
    • Pétéchies : Hémorragies punctiformes ().
    • Purpura : Pétéchies multiples ou hémorragies légèrement plus grandes.
    • Ecchymose : Nappe hémorragique sous-cutanée ("bleu").
    • Hématome : Collection de sang dans un tissu.
  • Évolution : Le sang extravasé coagule, les hématies sont lysées et phagocytées. L'hémoglobine est dégradée en hémosidérine (pigment ferrique brun), responsable des changements de couleur d'une ecchymose.

D. Thrombose

La thrombose est la formation d'un caillot sanguin (thrombus) à l'intérieur d'un vaisseau ou du cœur chez un sujet vivant.
Triade de Virchow (Facteurs favorisants) :
1. Lésion de l'endothélium vasculaire.
2. Stase ou turbulence du flux sanguin.
3. Hypercoagulabilité du sang.

Morphologie et Évolution du Thrombus

  • Aspect : Un thrombus est friable, adhérent à la paroi et présente des stries (lignes de Zahn) dues à l'alternance de dépôts de plaquettes/fibrine et d'hématies. À différencier du caillot post-mortem, qui est élastique, non adhérent et lisse.
  • Évolution possible :
    1. Organisation et recanalisation : Le thrombus est envahi par des fibroblastes et des capillaires, se transformant en tissu cicatriciel qui peut être traversé par de nouveaux canaux.
    2. Embolisation : Le thrombus ou un fragment se détache et voyage dans la circulation.
    3. Dissolution (Thrombolyse) : Lyse du thrombus par le système fibrinolytique.
    4. Propagation : Le thrombus s'agrandit.

Coagulation Intravasculaire Disséminée (CIVD)

Syndrome grave où de multiples microthrombi se forment dans la microcirculation, consommant les plaquettes et les facteurs de coagulation, ce qui conduit paradoxalement à un syndrome hémorragique sévère.

E. Embolie

L'embolie est l'obstruction d'un vaisseau par un corps étranger (embole) transporté par le sang.
Type d'Embolie Description
Thrombo-embolie (95% des cas) Fragment de thrombus détaché. Origine veineuse -> Embolie pulmonaire. Origine artérielle/cardiaque -> Cerveau, membres, rein.
Embolie graisseuse Gouttelettes de graisse, souvent après une fracture d'un os long (moelle osseuse).
Embolie gazeuse Bulles d'air. Ex: Accident de décompression ("maladie des caissons") chez les plongeurs.
Embolie amniotique Complication rare de l'accouchement où du liquide amniotique passe dans la circulation maternelle.
Autres Athéromateuse (bouillie d'athérome), septique (amas de microbes), tumorale (cellules cancéreuses).

F. Infarctus

Un infarctus est un foyer de nécrose ischémique causé par l'obstruction de l'irrigation artérielle ou du drainage veineux d'un tissu.
  • Infarctus blanc (anémique) : Survient dans les organes denses à circulation terminale (cœur, rein, rate). La zone nécrosée est pâle car le sang ne peut y pénétrer.
  • Infarctus rouge (hémorragique) : Survient dans les tissus lâches (poumon) ou à double circulation (intestin, foie). Le sang peut s'infiltrer dans la zone nécrosée, lui donnant une couleur rouge sombre.
L'infarctus évolue vers une cicatrice fibreuse.

G. Choc

Le choc est un état de défaillance circulatoire systémique entraînant une hypoperfusion tissulaire et une hypoxie cellulaire.
  • Types principaux :
    • Choc cardiogénique : Défaillance de la pompe cardiaque (ex: infarctus du myocarde massif).
    • Choc hypovolémique : Perte de volume sanguin (ex: hémorragie, brûlure grave).
    • Choc septique : Infection systémique, avec vasodilatation généralisée et fuite capillaire.
  • Conséquences : Une fois le choc installé, il crée un cercle vicieux menant à des lésions cellulaires irréversibles et à une défaillance multiviscérale (poumon de choc, rein de choc).

Chapitre 5 : Inflammation

L'inflammation est la réponse complexe des tissus vascularisés à une agression (infection, traumatisme, toxines). Son but est d'éliminer l'agent causal, de nettoyer les tissus lésés et d'initier la réparation.

A. Signes Cardinaux et Phénomènes

Les quatre signes classiques (décrits par Celsus) sont :
  1. Rougeur (Rubor)
  2. Chaleur (Calor)
  3. Tuméfaction (Tumor)
  4. Douleur (Dolor)
Un cinquième signe, la perte de fonction (Functio laesa), a été ajouté plus tard. Ces signes résultent de deux phénomènes principaux :
  • Phénomènes vasculaires : Vasodilatation (rougeur, chaleur) et augmentation de la perméabilité vasculaire (tuméfaction par œdème exsudatif).
  • Phénomènes cellulaires : Migration des leucocytes (principalement neutrophiles puis macrophages) du sang vers le site de l'agression. Ce processus inclut la margination, l'adhésion, la diapédèse et le chimiotactisme.

B. Médiateurs Chimiques

La réaction inflammatoire est orchestrée par des médiateurs chimiques.
  • Histamine et Sérotonine : Libérées précocement par les mastocytes, elles provoquent vasodilatation et augmentation de la perméabilité.
  • Kinines (ex: Bradykinine) : Provoquent douleur, vasodilatation et augmentation de la perméabilité.
  • Prostaglandines et Leucotriènes : Dérivés de l'acide arachidonique, ils sont impliqués dans la fièvre, la douleur et la chimiotaxie.
  • Cytokines (TNF, IL-1) : Produites par les macrophages, elles orchestrent la réponse systémique (fièvre, leucocytose) et locale.
  • Système du complément : Ensemble de protéines plasmatiques qui, une fois activées, favorisent la chimiotaxie, l'opsonisation (phagocytose) et la lyse cellulaire.

C. Types d'Inflammation

1. Selon la durée

  • Inflammation aiguë : Réponse rapide (minutes à jours), caractérisée par l'exsudation de liquide et de protéines plasmatiques (œdème) et l'infiltration de polynucléaires neutrophiles.
  • Inflammation chronique : Réponse prolongée (semaines à années), caractérisée par l'infiltration de lymphocytes et de macrophages, la prolifération de vaisseaux sanguins (angiogenèse), la fibrose et la destruction tissulaire.

2. Selon l'aspect morphologique

  • Inflammation séreuse : Exsudat fluide et pauvre en cellules (ex: cloque cutanée).
  • Inflammation fibrineuse : Exsudat riche en fibrine, formant des dépôts sur les séreuses (ex: péricardite fibrineuse).
  • Inflammation purulente (ou suppurée) : Production de pus, un exsudat riche en polynucléaires neutrophiles nécrosés et débris cellulaires.
    • Abcès : Collection localisée de pus.
    • Phlegmon : Inflammation purulente diffuse dans le tissu conjonctif.
  • Ulcère : Perte de substance localisée à la surface d'un organe ou d'un tissu, causée par la desquamation de tissu inflammatoire nécrotique.

3. Inflammation Granulomateuse

Forme particulière d'inflammation chronique où la lésion typique est le granulome, un amas de macrophages activés (appelés cellules épithélioïdes), souvent entouré d'une couronne de lymphocytes et pouvant contenir des cellules géantes multinucléées (fusion de macrophages).
Type de Granulome Causes et Exemples
Granulome à corps étranger Réaction à des matériaux inertes (fil de suture, talc, silice).
Granulome immunitaire (épithélioïde) Réponse à des agents difficiles à éradiquer, médiée par les lymphocytes T.
Exemples : Tuberculose (avec nécrose caséeuse centrale), lèpre, sarcoïdose (sans nécrose), maladie de Crohn.

D. issue de l'inflammation

L'inflammation peut évoluer de trois manières :
  1. Résolution complète : Retour à la normale avec régénération des tissus et élimination de l'agent causal.
  2. Cicatrisation par fibrose : Remplacement du tissu détruit par du tissu conjonctif, entraînant une cicatrice. Survient lorsque la lésion est importante ou dans les tissus ne pouvant pas se régénérer.
  3. Passage à la chronicité : L'inflammation aiguë devient chronique si l'agent causal persiste ou si la réparation est perturbée.

Chapitre 6 : Oncologie Générale

L'oncologie est l'étude des tumeurs ou néoplasmes. Une tumeur est une masse tissulaire anormale dont la croissance est excessive, non coordonnée avec celle des tissus normaux, et qui persiste après l'arrêt du stimulus qui l'a provoquée.

A. Nomenclature et Classification

Les tumeurs sont classées en fonction de leur comportement (bénin ou malin) et de leur origine tissulaire (histogenèse).
  • Le suffixe -ome est généralement utilisé pour les tumeurs bénignes (ex: fibrome, lipome, adénome).
  • Les tumeurs malignes d'origine épithéliale sont des carcinomes (ex: adénocarcinome).
  • Les tumeurs malignes d'origine mésenchymateuse (conjonctive) sont des sarcomes (ex: fibrosarcome, liposarcome).
Exceptions : les lymphomes, mélanomes et séminomes sont des tumeurs malignes malgré le suffixe "-ome".

B. Caractéristiques des Tumeurs Bénignes et Malignes

Caractéristique Tumeur Bénigne Tumeur Maligne (Cancer)
Différenciation Bien différenciée ; ressemble au tissu d'origine. Différenciation variable (de bien différenciée à indifférenciée/anaplasique).
Vitesse de croissance Lente. Rapide.
Mode de croissance Expansive ; refoule les tissus voisins. Souvent encapsulée. Infiltrante ; envahit et détruit les tissus voisins. Non encapsulée.
Invasion locale Absente. Présente.
Métastases Absentes. Présentes. C'est le critère le plus fiable de malignité.
Récidive Rare après exérèse complète. Fréquente.

Critères Histologiques de Malignité

  • Atypies cyto-nucléaires :
    • Anisocaryose : Variation de la taille et de la forme des noyaux.
    • Hyperchromatisme : Noyaux foncés en raison d'une augmentation de la chromatine.
    • Augmentation du rapport nucléocytoplasmique (N/C).
    • Nucléoles proéminents.
  • Mitoses : Nombreuses et souvent anormales (atypiques).
  • Perte de polarité / Désorganisation architecturale.

C. Métastases

Une métastase est un foyer tumoral secondaire, distant de la tumeur primitive et sans continuité avec elle. C'est la propriété la plus redoutable des cancers.

Voies de dissémination

  1. Voie lymphatique : La plus fréquente pour les carcinomes. Les cellules tumorales migrent vers les ganglions lymphatiques régionaux.
  2. Voie hématogène (sanguine) : La plus fréquente pour les sarcomes. Les cellules envahissent les veines et sont transportées vers des organes cibles comme le foie et les poumons.
  3. Voie de contiguïté / Ensemencement des cavités : Les cellules se propagent directement à la surface des cavités corporelles (ex: cavité péritonéale, plèvre).

D. Carcinogenèse : Les Causes du Cancer

La transformation d'une cellule normale en cellule cancéreuse est un processus multi-étapes impliquant des altérations génétiques.

1. Agents Carcinogènes

  • Carcinogènes chimiques : Hydrocarbures (tabac), aflatoxine (moisissure), amiante, nitrosamines.
  • Carcinogènes physiques (radiations) : Rayons ultraviolets (cancers de la peau), radiations ionisantes (rayons X, matières radioactives).
  • Carcinogènes viraux et microbiens :
    • HPV (Papillomavirus humain) : Cancer du col de l'utérus.
    • HBV/HCV (Virus des hépatites B et C) : Carcinome hépatocellulaire.
    • EBV (Virus d'Epstein-Barr) : Lymphome de Burkitt, carcinome du nasopharynx.
    • HTLV-1 : Leucémie/lymphome T de l'adulte.
    • Helicobacter pylori (bactérie) : Adénocarcinome et lymphome gastrique.

2. Bases Moléculaires : Oncogènes et Gènes Suppresseurs de Tumeurs

Le cancer est une maladie génétique résultant de mutations affectant des gènes clés qui régulent la croissance et la mort cellulaire.
  • Proto-oncogènes : Gènes normaux qui favorisent la croissance cellulaire. Lorsqu'ils sont mutés ou surexprimés, ils deviennent des oncogènes et contribuent à une prolifération incontrôlée. Ex: RAS, MYC.
  • Gènes suppresseurs de tumeurs : Gènes qui freinent la prolifération cellulaire. Une mutation inactivant ces gènes lève ce frein. Les deux allèles du gène doivent être inactivés. Ex: p53 (le "gardien du génome"), Rb.
  • Gènes régulant l'apoptose : Leur altération peut rendre les cellules tumorales immortelles.
  • Gènes de réparation de l'ADN : Leur inactivation favorise l'accumulation de mutations dans d'autres gènes.

E. Lésions Précancéreuses

Ce sont des états morphologiques qui augmentent le risque de développer un cancer.
  • Hyperplasie et Métaplasie persistantes : Endomètre, bronches.
  • Dysplasie : Lésion la plus directement précancéreuse (ex: dysplasie du col utérin).
  • Inflammation chronique : Rectocolite hémorragique (cancer du côlon), gastrite chronique à H. pylori (cancer de l'estomac).
  • Certaines tumeurs bénignes : Adénome colique (risque de se transformer en adénocarcinome).

Chapitre 7 : Maladies Métaboliques Systémiques

Ces maladies sont dues à une anomalie d'une voie métabolique, entraînant l'accumulation ou le déficit d'une substance dans l'organisme et affectant plusieurs organes.

A. Troubles du Métabolisme des Glucides

1. Diabète Sucré

Maladie chronique due à un déficit absolu ou relatif en insuline, entraînant une hyperglycémie.
  • Lésions vasculaires : Le diabète accélère l'athérosclérose (infarctus, AVC, gangrène) et provoque une microangiopathie spécifique (épaississement des membranes basales des capillaires) responsable de :
    • Néphropathie diabétique : Glomérulosclérose (nodulaire de Kimmelstiel-Wilson), menant à l'insuffisance rénale.
    • Rétinopathie diabétique : Principale cause de cécité chez l'adulte.
  • Autres lésions : Polyneuropathie, cataracte, stéatose hépatique, sensibilité accrue aux infections.

2. Glycogénoses

Groupe de maladies génétiques dues à un déficit enzymatique dans le métabolisme du glycogène, entraînant son accumulation dans les cellules (foie, muscles, cœur). Ex: Maladie de Von Gierke, Maladie de Pompe.

B. Troubles du Métabolisme des Protéines

Amyloïdose

Dépôt extracellulaire d'une protéine anormale, fibrillaire et insoluble, l'amyloïde.
  • Morphologie : Substance hyaline, éosinophile, qui prend une coloration rouge brique au Rouge Congo et montre une biréfringence vert-pomme en lumière polarisée.
  • Classification :
    • Amyloïdose AL (primaire) : Associée à des proliférations de plasmocytes (myélome multiple). La protéine est composée de chaînes légères d'immunoglobulines.
    • Amyloïdose AA (secondaire) : Complication d'inflammations chroniques (polyarthrite rhumatoïde, tuberculose). La protéine A est dérivée d'une protéine de phase aiguë synthétisée par le foie.
  • Atteintes d'organes : Rein (syndrome néphrotique), cœur (insuffisance cardiaque restrictive), foie, rate.

Goutte

Maladie due à une hyperuricémie (excès d'acide urique), entraînant le dépôt de cristaux d'urate de sodium dans les articulations et les tissus. La lésion caractéristique est le tophus goutteux, un granulome à corps étranger centré par les cristaux d'urate.

C. Troubles du Métabolisme des Lipides

1. Stéatose

Accumulation intracellulaire de triglycérides dans des cellules qui n'en contiennent pas normalement (foie, cœur, rein). La stéatose hépatique est très fréquente (alcool, obésité, diabète).

2. Athérosclérose

Maladie des artères de gros et moyen calibre caractérisée par des lésions de l'intima appelées plaques d'athérome, composées d'un cœur lipidique (cholestérol) et d'une chape fibreuse. Les complications sont la thrombose, l'anévrisme et la sténose.

3. Thésaurismoses (Maladies de Surcharge) Lipidiques

Maladies génétiques dues à un déficit en enzymes lysosomiales, entraînant l'accumulation de lipides complexes dans les cellules.
  • Maladie de Gaucher : Accumulation de glucocérébrosides dans les macrophages (cellules de Gaucher).
  • Maladie de Tay-Sachs : Accumulation de gangliosides dans les neurones.
  • Maladie de Niemann-Pick : Accumulation de sphingomyéline dans les macrophages.

D. Troubles du Métabolisme des Minéraux et Pigments

1. Fer : Hémochromatose et Hémosidérose

  • Hémosidérose : Dépôt d'hémosidérine (pigment de stockage du fer) sans lésion tissulaire significative. Peut être localisée (hématome) ou généralisée (transfusions multiples).
  • Hémochromatose : Maladie génétique caractérisée par une absorption excessive de fer, entraînant une surcharge sévère en fer et des lésions d'organes. La triade classique est : cirrhose micronodulaire, diabète sucré ("diabète bronzé" dû à la fibrose pancréatique) et pigmentation cutanée. Le fer est mis en évidence par la coloration de Perls (bleu de Prusse).

2. Calcium : Calcifications Pathologiques

  • Calcification dystrophique : Dépôt de calcium dans des tissus morts ou lésés, en présence d'une calcémie normale (ex: athérosclérose, vieilles cicatrices, foyers de nécrose caséeuse).
  • Calcification métastatique : Dépôt de calcium dans des tissus normaux, dû à une hypercalcémie (ex: hyperparathyroïdie, insuffisance rénale).

3. Pigments

  • Exogènes : Inhalés et déposés dans les poumons et ganglions.
    • Anthracose : Poussières de charbon (pigment noir).
    • Silicose : Silice.
  • Endogènes :
    • Lipofuscine : Pigment "d'usure", brun-jaunâtre, s'accumulant avec l'âge dans les cellules à longue durée de vie (cœur, foie, neurones).
    • Mélanine : Pigment brun-noir de la peau. Son accumulation excessive cause l'hyperpigmentation; son absence cause l'albinisme.
    • Bilirubine : Pigment jaune issu de la dégradation de l'hème, responsable de l'ictère (jaunisse) en cas d'accumulation.

Anatomie Pathologique Générale : Aide-Mémoire

Chapitre 1 : Introduction à l'Anatomie Pathologique

  • Définition : C'est l'étude des lésions macroscopiques, histologiques, ultrastructurales et biomoléculaires causées par une maladie. C'est la "Cour Suprême" de la médecine car elle confirme ou infirme les diagnostics.
  • Objet : L'objet principal est la maladie, définie comme toute modification des états anatomiques ou fonctionnels normaux.
  • Étiologie : Étude des causes des maladies.
  • Pathogénie : Étude des mécanismes d'apparition et d'évolution des maladies.
Types de Causes d'une Maladie :
  • Causes immédiates : Agent qui déclenche directement la maladie (ex: Bacille de Koch pour la tuberculose).
  • Causes favorisantes (précipitantes) : Facteurs environnementaux qui permettent à la cause immédiate d'agir (ex: le froid pour le virus de la grippe).
  • Causes prédisposantes : Facteurs internes à l'organisme (terrain) qui favorisent le développement de la maladie (ex: immunodéficience, malnutrition).
Classification des Maladies (par étiologie) :
  1. Héréditaires : Gène anormal (ex: drépanocytose).
  2. Congénitales : Présentes à la naissance (malformations, syphilis congénitale).
  3. Toxiques : Dues à des poisons.
  4. Infectieuses : Dues à des agents infectieux (bactéries, virus).
  5. Traumatiques : Effets mécaniques (chaleur, froid, coups).
  6. Dégénératives : Liées au vieillissement.
  7. Allergiques : Hypersensibilisation à un agent extérieur.
  8. Auto-immunes : Hypersensibilisation contre ses propres constituants (ex: lupus).
  9. Nutritionnelles : Carences alimentaires (kwashiorkor, marasme).
  10. Métaboliques : Perturbation d'un métabolisme (glucides, lipides).
  11. Néoplasiques : Les tumeurs.
  12. Iatrogènes : Causées par l'acte médical.
  13. Idiopathiques / Essentielles : Cause inconnue.

Chapitre 2 : Lésions Cellulaires Élémentaires

La réponse cellulaire à une agression dépend de la nature, de l'intensité et de la durée de l'agent agresseur.

  • Lésions réversibles (sublétales) : La cellule s'adapte ou retourne à la normale (restitutio ad integrum).
  • Lésions irréversibles (létales) : Aboutissent à la mort cellulaire.
Mort Cellulaire :
Caractéristique Nécrose Apoptose
Définition Mort cellulaire accidentelle suite à une agression intense (ischémie, toxine). C'est un processus pathologique. Mort cellulaire programmée, contrôlée génétiquement. Processus physiologique ou pathologique.
Cause Lésion irréversible, manque d'oxygène, toxines. Physiologique (embryogenèse, cycle menstruel) ou pathologique (lésions virales, atrophie).
Morphologie Gonflement cellulaire, rupture de la membrane, réaction inflammatoire. Altérations nucléaires: Pycnose (condensation), Caryorrhexie (fragmentation), Caryolyse (dissolution). Rétraction cellulaire, condensation de la chromatine, formation de corps apoptotiques, phagocytose par les voisins. Pas d'inflammation.
Adaptations Tissulaires aux Lésions :
  • Hypertrophie : Augmentation du volume des cellules (ex: muscle du sportif, cœur en HTA).
  • Hyperplasie : Augmentation du nombre de cellules (ex: hyperplasie de l'endomètre).
  • Atrophie : Diminution de la taille et du nombre de cellules (ex: atrophie sénile, immobilisation d'un membre).
  • Métaplasie : Remplacement d'un type de tissu différencié par un autre (ex: épithélium bronchique cylindrique qui devient malpighien chez le fumeur).
  • Dysplasie : Prolifération désordonnée avec atypies cellulaires, perte d'architecture. C'est une lésion précancéreuse.

Chapitre 4 : Troubles Vasculaires et Circulatoires

  • Œdème : Accumulation de liquide dans les espaces interstitiels.
    • Transsudat : Pauvre en protéines (densité < 1015), dû à des problèmes hydrostatiques ou oncotiques (ex: insuffisance cardiaque, cirrhose).
    • Exsudat : Riche en protéines (densité > 1018), dû à l'inflammation et à l'augmentation de la perméabilité vasculaire.
  • Congestion (Hyperhémie) : Excès de sang dans un territoire.
    • Active : Afflux de sang artériel (rouge vif, chaud). Ex: inflammation, effort musculaire.
    • Passive (Stase) : Mauvais drainage veineux (cyanose, froid). Ex: foie cardiaque (aspect en "noix muscade"), poumon cardiaque (présence de "cellules cardiaques" = sidérophages).
  • Thrombose : Formation d'un caillot sanguin (thrombus) in vivo. La triade de Virchow décrit les causes : 1) Lésion endothéliale, 2) Stase ou turbulence du flux sanguin, 3) Hypercoagulabilité.
  • Embolie : Transport d'un corps (embole) par le sang et blocage d'un vaisseau.
    • Embolie pulmonaire : Vient le plus souvent d'une thrombose veineuse profonde (jambes).
    • Autres types: graisseuse (fractures), gazeuse (décompression), amniotique (accouchement).
  • Infarctus : Nécrose d'un tissu par arrêt brutal de l'apport sanguin artériel (ischémie).
    • Infarctus blanc (anémique) : Organes pleins à circulation terminale (cœur, rein, rate).
    • Infarctus rouge (hémorragique) : Organes à double circulation ou tissu lâche (poumon, intestin).
  • Choc : État de défaillance circulatoire aiguë menant à une hypoperfusion généralisée et à une anoxie cellulaire.

Chapitre 5 : Inflammation

Ensemble de réactions localisées de défense contre une agression. Les 5 signes cardinaux de l'inflammation sont : Rougeur (Rubor), Gonflement (Tumor), Chaleur (Calor), Douleur (Dolor), et Perte de fonction (Functio laesa).

Types d'Inflammation :
  • Inflammation Aiguë : Réponse rapide, dominée par les phénomènes vasculo-exsudatifs et l'infiltration par des polynucléaires neutrophiles.
    • Séreuse : Exsudat fluide (ex: cloque).
    • Fibrineuse : Riche en fibrine (ex: péricardite).
    • Suppurée (Purulente) : Formation de pus (polynucléaires nécrosés).
      • Abcès : collection de pus localisée.
      • Phlegmon : inflammation suppurée diffuse.
      • Empyème : pus dans une cavité naturelle (ex: plèvre).
  • Inflammation Chronique : De longue durée, caractérisée par une infiltration de lymphocytes, plasmocytes et macrophages, ainsi que par la prolifération de vaisseaux (angiogenèse) et de tissu conjonctif (fibrose).
    • Inflammation granulomateuse : Formation de granulomes (amas organisés de macrophages modifiés appelés cellules épithélioïdes, souvent entourés de lymphocytes).
      • Exemple typique : la tuberculose, avec son follicule de Koester contenant des cellules géantes de Langhans et une nécrose caséeuse centrale.

Chapitre 6 : Oncologie Générale (Tumeurs)

Une tumeur (ou néoplasme) est une masse tissulaire anormale dont la croissance est excessive, incoordonnée et autonome.

Classification Générale :
Caractéristique Tumeur Bénigne (-ome) Tumeur Maligne (cancer)
Croissance Lente, expansive, refoule les tissus. Rapide, infiltrante, détruit les tissus.
Limites Bien limitée, souvent encapsulée. Mal limitée, non encapsulée.
Différenciation Bien différenciée (ressemble au tissu d'origine). Variable, de bien différenciée à indifférenciée (anaplasique).
Atypies cellulaires Absentes ou minimes. Mitoses rares et normales. Présentes (anisocaryose, hyperchromatisme). Mitoses fréquentes et anormales.
Métastases JAMAIS. FRÉQUENTES. C'est le critère absolu de malignité.
Récidive Rare si exérèse complète. Fréquente.
Nomenclature :
  • Carcinome : Cancer développé à partir d'un tissu épithélial. Voie de métastase principale : lymphatique.
  • Sarcome : Cancer développé à partir d'un tissu conjonctif (mésenchymateux : os, muscle, graisse). Voie de métastase principale : sanguine.
  • Leucémie / Lymphome : Cancers des cellules hématopoïétiques/lymphoïdes.
Stadification des Cancers : Système TNM
  • T (Tumeur) : Décrit la taille et l'extension locale de la tumeur primitive (T0 à T4).
  • N (Nodes / Ganglions) : Décrit l'envahissement des ganglions lymphatiques régionaux (N0 à N3).
  • M (Métastase) : Décrit la présence de métastases à distance (M0 ou M1).

Chapitre 7 : Maladies Métaboliques Systémiques

  • Diabète sucré : Hyperglycémie chronique. Complications majeures :
    • Atteinte vasculaire : Athérosclérose accélérée (infarctus, AVC), microangiopathie.
    • Atteinte rénale : Glomérulosclérose de Kimmelstiel-Wilson (nodulaire), néphropathie diabétique.
    • Atteinte oculaire : Rétinopathie, cataracte.
  • Amyloïdose : Dépôt extracellulaire d'une protéine anormale, la substance amyloïde. Coloration de référence : Rouge Congo (biréfringence vert-pomme en lumière polarisée). Touche reins (syndrome néphrotique), cœur, foie, etc.
  • Goutte : Dépôt de cristaux d'urate de sodium dans et autour des articulations, dû à une hyperuricémie. La lésion caractéristique est le tophus goutteux.
  • Maladies de surcharge en fer :
    • Hémosidérose : Dépôt d'hémosidérine sans lésion tissulaire notable.
    • Hémochromatose : Surcharge sévère en fer avec lésions tissulaires. Triade classique : cirrhose pigmentaire, diabète sucré, pigmentation "bronzée" de la peau.
  • Pigments et Pigmentations :
    • Endogènes : Mélanine (peau), Lipofuscine (pigment d'usure, "atrophie brune"), Hémosidérine (fer), Bilirubine (jaunisse).
    • Exogènes : Anthracose (charbon dans les poumons), Silice, tatouages.

Chapitre 1 : Introduction Générale à l'Anatomie Pathologique

L'Anatomie Pathologique est l'étude des lésions macroscopiques, histologiques, ultrastructurales et biomoléculaires apportées par la maladie aux organes, aux tissus et aux cellules. Elle constitue un pilier du diagnostic médical, établissant le lien entre les causes des maladies, les altérations morphologiques qu'elles induisent et les manifestations cliniques observées.

A. Définition, Place et Objet de l'Anatomie Pathologique

  • Définition de la Maladie : Toute modification des états anatomiques ou fonctionnels généralement acceptés comme normaux.

    • Les limites entre le normal et le pathologique sont floues et varient selon des facteurs tels que l'âge, le sexe, ou l'environnement. Par exemple, le taux d'hémoglobine normal diffère entre un habitant d'une plaine côtière et celui d'un haut plateau.

    • La santé est définie par l'OMS comme un état de bien-être complet physique, mental et social, et ne consiste pas seulement en une absence de maladie.

  • Place dans la Médecine : L'anatomie pathologique est souvent considérée comme la "Cour Suprême de la Médecine" car elle confirme, infirme ou établit des diagnostics de manière définitive en analysant les lésions tissulaires.

    • Corrélation Anatomo-clinique : Historiquement, la médecine a progressé en faisant coïncider les lésions observées après la mort avec les signes cliniques enregistrés du vivant du malade. C'est le fondement de la sémiologie.

    • Exemple historique : Laennec, à la fois clinicien et pathologiste, a pu corréler les sons entendus à l'auscultation (souffles) avec des lésions pulmonaires spécifiques, une avancée majeure permise par l'autopsie.

    • Évolution : Initialement intégrée à la clinique, l'anatomie pathologique est devenue une spécialité distincte avec l'avènement du microscope et des techniques complexes (biopsie, histochimie, biologie moléculaire).

  • Objet de l'Anatomie Pathologique : L'objet principal est la maladie, étudiée sous deux angles :

    • Étiologie : L'étude des causes des maladies.

    • Pathogénie : L'étude des mécanismes d'apparition et d'évolution des maladies.

B. Causes des Maladies (Étiologie)

Les causes des maladies sont classées en trois catégories qui interagissent souvent, formant l'étiopathogénie.

Type de Cause

Définition

Exemples

Causes Immédiates

Agents qui déclenchent directement la maladie.

Le bacille de sain possède l'agent mais ne développe pas la maladie.

Causes Précipitantes (Favorisantes)

Facteurs environnementaux (extrinsèques) qui permettent aux causes immédiates d'agir.

Le froid, qui peut favoriser l'action du virus de la grippe.

Causes Prédisposantes

Facteurs propres à l'organisme (intrinsèques) ou "terrain" qui créent des conditions favorables au développement de la maladie.

Une immunodéficience (SIDA) pour les infections opportunistes; la malnutrition; l'âge.

C. Classification des Maladies par Étiopathogénie

  1. Maladies héréditaires : Dues à un gène anormal transmis selon les lois de Mendel. Ex: Drépanocytose, Thalassémies.

  2. Maladies congénitales : Présentes à la naissance (malformations, infections comme la syphilis congénitale).

  3. Maladies toxiques : Dues à des poisons ou substances toxiques. Ex: Collapsus circulatoire toxique.

  4. Maladies infectieuses : Dues à des agents infectieux (bactéries, virus). Contagieuses et transmissibles.

  5. Maladies traumatiques : Dues à des effets mécaniques directs (chocs, chaleur, froid, irradiations).

  6. Maladies dégénératives : Liées au vieillissement de l'organisme.

  7. Maladies allergiques : Réaction d'hypersensibilité à un agent extérieur (antigène).

  8. Maladies auto-immunitaires : Hypersensibilité de l'individu envers ses propres constituants. Ex: Lupus érythémateux disséminé, polyarthrite rhumatoïde.

  9. Maladies nutritionnelles : Dues à une carence alimentaire. Ex: Kwashiorkor, marasme.

  10. Maladies métaboliques : Perturbation d'un métabolisme (glucides, lipides).

  11. Maladies moléculaires : Altérations au niveau des molécules (gènes, protéines).

  12. Maladies néoplasiques : Les tumeurs (cancers).

  13. Maladies psychosomatiques : Origine émotionnelle avec manifestations physiques. Ex: Gastrite, HTA.

  14. Maladies iatrogènes : Causées par un acte ou une parole médicale.

  15. Maladies idiopathiques (essentielles) : De cause inconnue.

D. Nomenclature des Maladies

Les noms des maladies peuvent provenir d'un éponyme, c'est-à-dire du nom du chercheur qui l'a découverte ou décrite en premier.

  • Exemple : Lymphome de Burkitt, Maladie de Hodgkin, Maladie de Reclus (dysplasie fibrokystique du sein).

Chapitre 2 : Méthodes et Techniques en Anatomie Pathologique

Le pathologiste utilise diverses techniques pour analyser le matériel prélevé, allant de l'examen macroscopique à la biologie moléculaire. La valeur diagnostique dépend crucialement du mode de prélèvement.

A. Techniques de Prélèvement

  • Biopsie : Prélèvement partiel d'une lésion.

  • Biopsie-exérèse : Ablation totale d'une petite lésion pour analyse.

  • Biopsie chirurgicale : Prélèvement réalisé lors d'une intervention chirurgicale.

  • Ponction-biopsie : Prélèvement d'un cylindre de tissu (carotte) à l'aide d'un trocart (ex: biopsie hépatique). Le risque est de passer à côté de la lésion.

  • Cytodiagnostic (ou Cytologie exfoliative) : Examen de cellules isolées, recueillies par frottis (ex: frottis cervico-utérin) ou dans des liquides organiques (urine, liquide d'ascite).

  • Biopsie extemporanée : Examen rapide d'un prélèvement effectué pendant une opération (per-opératoire) pour guider le geste du chirurgien. Le tissu est congelé, coupé au cryostat et coloré en quelques minutes.

  • Nécropsie ou Autopsie : Examen des tissus après la mort pour vérifier les diagnostics et déterminer les causes du décès.

B. Cytologie Exfoliative : Organes et Renseignements

Le cytodiagnostic est une méthode non invasive précieuse pour le dépistage et le diagnostic.

Organe / Site

Renseignements et Diagnostics Possibles

Col utérin

Dépistage du cancer, dysplasie, inflammation.

Paroi vaginale

Évaluation de l'état hormonal, recherche de cellules cancéreuses ou inflammatoires.

Cavité endo-utérine

Diagnostic de cancer de l'endomètre, inflammation.

Écoulement mammaire

Analyse de l'aspect (clair, sanguinolent, purulent) et des cellules contenues.

Muqueuse buccale

Recherche de la chromatine sexuelle de Barr (sexe génétique), inflammation.

Liquide d'ascite (péritoine)

Recherche de cellules cancéreuses (carcinose péritonéale) ou inflammatoires.

Expectorations (crachats)

Diagnostic de cancer bronchique, tuberculose, inflammation.

Épanchement pleural

Diagnostic de cancer (mésothéliome), inflammation.

Sang et Moelle osseuse

Diagnostic d'anémie, leucémie, métastases médullaires.

Liquide amniotique

Détermination du sexe fœtal, diagnostic d'infections (amnionite).

Liquide Céphalo-Rachidien (LCR)

Recherche de cellules cancéreuses, inflammatoires, ou de parasites (cellules de Mott dans la trypanosomiase).

Urines / Lavage vésical

Recherche de cellules cancéreuses (cancer de la vessie) ou inflammatoires.

Ponction d'une tumeur

Détermination de la nature de la tumeur (bénigne/maligne, type histologique).

C. Traitement des Tissus au Laboratoire

Le traitement des tissus est un processus en plusieurs étapes visant à préparer des coupes fines observables au microscope.

1. Prélèvement et Fixation

  • Règles du prélèvement :

    • Doit inclure la zone malade et la zone saine pour comparaison.

    • Doit être représentatif et suffisamment profond.

    • Éviter de pincer ou d'écraser le tissu, ce qui peut créer des artefacts nucléaires (noyaux foncés) mimant un cancer.

    • Prélever la capsule de l'organe si possible (critère d'invasion).

    • Pour les grosses pièces, faire des entailles pour faciliter la pénétration du fixateur.

  • La Fixation :

    • Buts :

      • Empêcher l'autolyse (autodigestion) et la putréfaction post-mortem.

      • Maintenir les structures cellulaires dans un état proche du vivant.

      • Durcir le tissu pour permettre des coupes fines.

    • Moment : Immédiatement après le prélèvement.

    • Volume : Le volume de fixateur doit être environ 10 fois supérieur au volume de la pièce.

    • Types de fixateurs :

      • Formol à 10% : Le plus courant, compatible avec de nombreuses colorations. Durée : 12-24h.

      • Liquide de Bouin : De couleur jaune, idéal pour les petites pièces biopsiques (gastriques, rénales) car il les rend faciles à repérer. Durée : 6-12h.

      • A.F.A (Alcool-Formol-Acétique) : Utilisé pour petites et grosses pièces. Durée : 12-24h.

      • Fixateurs pour frottis : Alcool-éther, méthanol, ou laque en aérosol (cytospray). Fixation rapide (15 min).

2. Étapes Techniques au Laboratoire

  1. Examen Macroscopique : Description de la pièce par un médecin pathologiste.

    • Paramètres externes : Taille, poids, couleur, consistance (molle, ferme, dure), surface (lisse, nodulaire).

    • Paramètres internes (sur la tranche de section) : Identification de lésions (nodules, kystes), leur contenu, la présence de nécrose, d'hémorragie ou de calcifications.

    • Conclusion macroscopique : émission d'une hypothèse diagnostique qui sera confirmée par la microscopie.

  2. Déshydratation, Éclaircissement et Imprégnation :

    • Déshydratation : Retrait de l'eau des tissus à l'aide de bains d'alcool de concentration croissante.

    • Éclaircissement : Remplacement de l'alcool par un solvant miscible à la paraffine (ex: xylol).

    • Imprégnation : Remplacement du solvant par de la paraffine liquide chaude (), qui pénètre dans le tissu.

  3. Enrobage (Inclusion) : Le tissu imprégné de paraffine est placé dans un moule rempli de paraffine liquide, qui est ensuite refroidie pour former un bloc solide.

  4. Coupe au Microtome : Le bloc de paraffine est coupé en tranches très fines (rubans) de 3 à 5 micromètres () d'épaisseur. Les coupes sont étalées sur une lame de verre.

  5. Coloration : Processus permettant de visualiser les différentes structures cellulaires.

    • Hématoxyline-Éosine (H&E) : Coloration de routine. L'hématoxyline (basique) colore les noyaux (acides) en bleu-violet. L'éosine (acide) colore le cytoplasme (basique) en rose-orangé.

    • Étapes principales : Déparaffinage (xylol), réhydratation (alcools décroissants, eau), coloration (hématoxyline puis éosine), déshydratation (alcools croissants), éclaircissement (xylol).

    • Colorations spéciales : Trichrome (pour le collagène), PAS (pour le glycogène et les membranes basales), Giemsa (pour les cellules hématopoïétiques), etc.

  6. Montage : La coupe colorée sur la lame est recouverte d'une résine de montage (ex: baume du Canada) et d'une fine lamelle de verre pour la protéger et permettre une observation au microscope.

Note sur les techniques avancées : L'immunohistochimie utilise des anticorps pour marquer des protéines spécifiques (antigènes) dans les tissus, ce qui est crucial pour le diagnostic et la classification des tumeurs. La microscopie électronique permet d'observer les organites cellulaires et les structures submicroscopiques.

Chapitre 3 : Structures, Fonctions et Lésions Cellulaires Élémentaires

La cellule est l'unité fondamentale du vivant. Ses réactions aux agressions déterminent les manifestations de la maladie.

A. La Cellule et ses Réponses à l'Agression

  • Dynamique de l'agression : La réponse cellulaire dépend de la nature, de l'intensité et de la durée de l'agent agresseur, ainsi que de la phase du cycle cellulaire (G0, G1, S, G2, M).

  • Cycle cellulaire et Cancer : La progression du cycle est régulée par des cyclines et des kinases dépendantes des cyclines (CDK). Les mutations des gènes de ces protéines (ex: cycline D) peuvent entraîner une prolifération cellulaire incontrôlée, favorisant le cancer.

  • Niveaux de réponse :

Anatomie Pathologique Générale : Une Étude Approfondie des Lésions Cellulaires et Tissulaires

L'anatomie pathologique est une discipline fondamentale de la médecine qui se consacre à l'étude des altérations morphologiques (macroscopiques, histologiques, ultrastructurales et biomoléculaires) induites par la maladie au sein de l'organisme. Elle sert de pont entre les sciences fondamentales (anatomie, histologie, physiologie, biochimie) et la clinique, permettant de comprendre l'étiologie (causes) et la pathogénie (mécanismes) des maladies, et d'orienter les stratégies thérapeutiques.

I. Introduction Générale à l'Anatomie Pathologique

L'anatomie pathologique est définie comme l'étude des lésions apportées par la maladie aux organes, tissus et cellules. La maladie est toute modification des états anatomiques ou fonctionnels considérés comme normaux, bien que la frontière entre le normal et le pathologique soit souvent floue et variable selon des facteurs comme l'âge, le sexe ou les conditions environnementales.

A. Place et Objet de l'Anatomie Pathologique

Historiquement, la clinique et l'anatomie pathologique étaient indissociables. Les observations post-mortem, rendues possibles par l'ouverture des cadavres, ont permis d'établir des corrélations anatomo-cliniques, donnant naissance à la sémiologie. Avec les progrès technologiques, notamment l'invention du microscope, l'anatomie pathologique s'est individualisée en tant que spécialité médicale. Aujourd'hui, des techniques avancées comme la biopsie précoce renforcent son importance pour le diagnostic.

L'objet principal de l'anatomie pathologique est la maladie, qu'elle étudie sous l'angle de l'étiologie (étude des causes) et de la pathogénie (mécanisme d'apparition et d'évolution).

1. Classification des Causes de Maladies

  • Causes immédiates : Déclenchent directement la maladie (ex: Mycobacterium tuberculosis pour la tuberculose, pneumocoque pour la pneumonie).

  • Causes précipitantes ou favorisantes : Permettent aux causes immédiates d'agir (ex: le froid pour le virus de la grippe). Elles sont souvent liées à l'environnement.

  • Causes prédisposantes : Facteurs internes à l'organisme qui créent un terrain favorable (ex: immunodéficience, malnutrition, âge).

Ces causes interagissent, et leur étude combinée forme l'étiopathogénie.

2. Classification des Maladies par Étiologie et Étiopathogénie

  1. Héréditaires : Anomalie génétique transmissible (ex: drépanocytose, thalassémies).

  2. Congénitales : Présentes ou apparaissant à la naissance, pouvant être héréditaires ou non (ex: malformations, syphilis congénitale).

  3. Toxiques : Dues à des substances toxiques (ex: collapsus circulatoire toxique).

  4. Infectieuses : Causées par des agents infectieux (bactéries, virus, etc.), souvent contagieuses.

  5. Traumatiques : Provoquées par effets mécaniques directs (chaleur, froid, radiations, chocs physiques).

  6. Dégénératives : Liées au vieillissement de l'organisme.

  7. Allergiques : Hypersensibilisation à un agent extérieur (antigène).

  8. Auto-immunitaires : Hypersensibilisation contre ses propres constituants (ex: lupus érythémateux disséminé, arthrite rhumatoïde).

  9. Nutritionnelles : Carences ou déficits alimentaires (ex: kwashiorkor, marasme).

  10. Métaboliques : Perturbations d'un métabolisme (glucides, lipides).

  11. Moléculaires.

  12. Néoplasiques : Les tumeurs.

  13. Psychosomatiques : Origine émotionnelle (ex: gastrite, HTA).

  14. Iatrogènes : Causées par l'acte ou la parole médicale.

  15. Idiopathiques ou cryptogénétiques : Cause inconnue.

3. Nomenclature des Maladies

Les maladies peuvent être nommées d'après le chercheur qui les a découvertes (éponymes) comme le Lymphome de Burkitt ou la Maladie de Hodgkin.

B. Enseignement de l'Anatomie Pathologique

Le cours d'anatomie pathologique est divisé en deux parties : l'Anatomie Pathologique Générale et l'Anatomie Pathologique Spéciale.

  • Anatomie Pathologique Générale : S'intéresse aux processus morbides fondamentaux (altérations cellulaires, inflammation, oncologie).

  • Anatomie Pathologique Spéciale : Aborde les maladies organe par organe et système par système.

Les objectifs généraux incluent l'information sur les concepts pathologiques, l'observation des changements macroscopiques et microscopiques, l'intégration des sciences de base et la compréhension du rôle de l'anatomie pathologique dans la clinique, la recherche et la justice. Les objectifs spécifiques se déclinent en théorie et pratique pour chaque partie.

C. Méthodes et Techniques de l'Anatomie Pathologique

L'anatomopathologiste utilise plusieurs méthodes pour étudier le matériel prélevé:

1. Prélèvement (Biopsie)

Plusieurs types de prélèvements existent :

  • Biopsie partielle : Intéresse une partie de la lésion.

  • Biopsie exérèse : Ablation totale d'une petite lésion.

  • Biopsies chirurgicales : Effectuées lors d'une intervention.

  • Ponction biopsie à l'aveugle : Avec un trocart, peut manquer la lésion.

  • Cytodiagnostic par frottis : Examen de cellules exfoliées de liquides organiques (très subtil).

  • Biopsie extemporanée : Examen rapide pendant une intervention chirurgicale.

  • Nécropsie/Autopsie : Examen après la mort pour vérification diagnostique.

2. Cytologie Exfoliative : Organes Frottisables

La cytologie exfoliative permet le diagnostic à partir de cellules desquamées. Le tableau ci-dessous en offre un aperçu :

Organes

Renseignements et Diagnostiques

Col utérin

Cellules normales, cancéreuses, dysplasiques, inflammatoires.

Paroi Vaginale

État hormonal du cycle menstruel, ménopause, cellules.

Cavité endo-utérine

Cancer, inflammation de l'endomètre.

Glande Mammaire

Aspect du liquide (clair, sanguinolent, purulent), qualité des cellules.

Cavité buccale

Inflammation, chromatine sexuelle de Barr.

Cavité péritonéale (liquide d'ascite)

Aspect, qualité des cellules.

Expectoration (crachat)

Information oncologique ou inflammatoire.

Bronche (lavage)

Oncologie, inflammation.

Épanchement pleural

Inflammation.

Sang

Anémie, leucémie.

Moelle osseuse

État de l'hématopoïèse, cancer du sang, métastases.

Liquide amniotique

Sexe de l'enfant (chromatine de Barr), inflammation.

LCR

Recherche de cellules cancéreuses ou inflammatoires (ex: cellules de Mot pour la trypanosomiase).

Liquide d'épanchement Articulaire

Recherche de cellules cancéreuses ou inflammatoires.

Urines

Recherche de cellules cancéreuses ou inflammatoires.

Lavage Vésical

Recherche de cellules cancéreuses, inflammatoires.

Empreintes diverses

Recherche de cellules cancéreuses ou inflammatoires.

Ponction d'une tumeur

Déterminer sa nature.

3. Prélèvement et Manipulation des Tissus

Pour une analyse fiable, le prélèvement doit :

  • Intéresser les zones saines et malades pour comparaison.

  • Être suffisamment représentatif de la lésion.

  • Éviter le pinçage ou l'écrasement des tissus, qui altèrent les noyaux.

  • Inclure la capsule si présente (ex: cancer thyroïdien).

  • Pour les gros spécimens, faire des entailles pour faciliter la pénétration du fixateur.

4. Fixation

L'objectif est de préserver les tissus dans un état aussi proche que possible de leur état in vivo.

a. Buts de la fixation

  • Empêcher les altérations post-mortem (putréfaction, autolyse).

  • Maintenir l'intégrité des constituants cellulaires.

  • Empêcher le durcissement secondaire à la dessiccation.

  • Modifier la consistance semi-fluide en semi-solide irréversible.

  • Permettre une bonne analyse après coloration.

b. Moment de fixation

Immédiatement après le prélèvement.

c. Choix du fixateur

Dépend des techniques de coloration ou autres examens prévus.

d. Technique de fixation

Utiliser des récipients à large goulot, fermés hermétiquement, contenant un volume de fixateur neuf fois supérieur à celui du spécimen. Pour les frottis, utiliser deux lames porte-objet, une spatule et un fixateur (méthanol, alcool-éther, cytospray). La durée de fixation des frottis est de 15 minutes. Chaque biopsie doit être étiquetée avec le numéro du malade.

e. Types de fixateurs

  • Formol à 10% : Le plus utilisé (12h-24h de fixation).

  • Formol tamponné : Pour respecter le pH sanguin.

  • Liquide de Bouin : Pour petites pièces (6h-12h de fixation).

  • A.F.A (alcool formol acétique) : Utilisé en occident (12h-24h de fixation).

5. Transport des Échantillons

  • Internes : Acheminés directement au laboratoire.

  • Externes : Doivent être emballés de manière adéquate et hermétique.

6. Au Laboratoire d'Anatomie Pathologique

La chronologie des actes est la suivante :

  1. Réception : Vérification de la fixation et quantité de fixateur.

  2. Enregistrement : Numérotation spécifique (ex: Bnº/année pour biopsie, Anº/année pour autopsie).

  3. Examen macroscopique et prélèvement : Réalisé par un médecin sur une planche, avec instruments spécifiques (bistouri, couteau, ruban métrique, cassettes, bocal de fixateur).

a. But de l'examen macroscopique

Relever les lésions macroscopiques, les décrire et prélever à cheval sur les zones saines et altérées. Il comprend un examen externe et un examen interne.

b. Examen macroscopique externe

Vérifier :

  • Coloration : Changement de couleur (ex: foyer d'hémorragie noirâtre, caséum blanc nacré).

  • Consistance : Ferme, molle, dure, élastique, rénitente, ligneuse, pierreuse.

  • Taille : Mesurer les trois dimensions pour évaluer l'augmentation ou la diminution de volume.

  • Surface : Lisse, rugueuse, nodulaire (avec mesures des nodules).

  • Poids : Utilisation d'une balance spéciale.

  • Capsule : Présente (intacte, effractée, épaissie) ou absente.

c. Examen macroscopique interne (tranche de section)

  • Organes pleins :

    • Capsule : Évaluer son épaisseur.

    • Lésions nodulaires : Taille, coloration, consistance.

    • Lésions kystiques : Taille, contenu (fluide, visqueux, purulent, hémorragique), surface interne (lisse, irrégulière, papillomateuse).

    • Autres lésions : Hémorragies, nécrose, calcification, ossification (un crissement du couteau peut indiquer une ossification).

  • Organes creux : Examen de la lumière et de la paroi :

    • Plis : Présence, épaisseur.

    • Ulcère, perforation, excroissance.

    • Palpation : Induration.

    • Sténose, dilatation, calcul, embole, thrombus, plaque d'athérome.

La conclusion macroscopique aboutit à un diagnostic présomptif; la certitude sera donnée par l'examen microscopique.

d. Prélèvement pour examen microscopique

Doit concerner toutes les zones malades. Les tranches de section doivent avoir une épaisseur d'1 à 2 mm, une surface régulière et être orientées dans les cassettes.

7. Traitement des Tissus

a. Objectifs

Obtenir des préparations histologiques examinables au microscope avec des coupes de à d'épaisseur. Les tissus sont d'abord enrobés dans de la paraffine.

b. Étapes

  1. Déshydratation, éclaircissement et imprégnation

    • Déshydratation : Extraire l'eau avec des bains d'alcool (éthanol). Plusieurs schémas existent (ex: 3 bains à , puis 2 bains à pendant 1h par bain).

    • Éclaircissement : Éliminer l'alcool avec des bains de xylol (ex: 2 bains de 30 minutes).

    • Imprégnation : Remplacer le xylol par de la paraffine liquide chauffée (), infusant les tissus (2 bains de 12 à 24 heures).

  2. Inclusion ou enrobage dans la paraffine : Mettre la paraffine liquide dans un moule métallique, placer l'échantillon, couvrir d'une cassette plastique et refroidir sur de la glace.

  3. Coupe au microtome : Réaliser des coupes de à . Les rubans sont étalés sur des lames porte-objet enduites d'albumine et d'eau, séchés.

  4. Coloration (Hématoxyline-Éosine, H.E.) :

    • Déparaffinage et réhydratation : 2 bains de xylol (5 min), 1 bain d'alcool (5 min), 1 bain d'alcool (5 min), rinçage à l'eau (5 min).

    • Coloration proprement dite : Bain d'hématoxyline (2 min), rinçage, bain d'alcool acide (1 min), bain de carbonate de lithium (1 min), rinçage, bain d'éosine (2 min), rinçage.

    • Déshydratation : Bain d'alcool , 2 bains d'alcool , 2 bains de xylol (rapidement pour chaque passage).

  5. Montage ou luttage : Appliquer une colle (baume de Canada ou Eukit) et recouvrir d'une lamelle couvre-objet, puis étiqueter.

Ces étapes peuvent être automatisées. Pour les biopsies extemporanées, les tissus non fixés sont congelés à (azote liquide), coupés au cryostat et colorés (HE ou HES) pour un rendu rapide. Des colorations spéciales (Trichrome, PAS, Giemsa), l'immunohistochimie et la biologie moléculaire sont utilisées pour des diagnostics spécifiques.

D. Nomenclature en Anatomie Pathologique

Le terme français "Anatomie Pathologique" ou "Anatomopathologie" englobe l'étude macroscopique et microscopique des tissus. En anglais, le terme "Pathology" correspond à cette vision francophone. "Clinical Pathology" désigne la médecine de laboratoire, tandis que "Pathological Anatomy" inclut l'autopsie.

E. Intérêt de l'Anatomie Pathologique en Médecine

Son rôle est crucial :

  • En médecine clinique : Établissement d'un diagnostic précis, confirmation ou infirmation du diagnostic clinique, orientation et évaluation du traitement, vérification par autopsie.

  • En recherche biomédicale : Rôle important pour la compréhension des maladies.

  • En santé publique : Indispensable pour l'épidémiologie (distribution des maladies), l'étude de la morbidité et de la mortalité (par les autopsies).

  • En justice : Médecine légale, détermination des causes de mort.

F. Rapports entre Pathologiste et Clinicien

Une collaboration étroite est essentielle. Le clinicien doit fournir des renseignements cliniques détaillés (identité, âge, sexe, site et nature du prélèvement, symptômes, diagnostic de présomption) dans le bon de demande d'analyse. En retour, le pathologiste rend un protocole clair avec une conclusion intégrant les données cliniques et anatomopathologiques. La qualité de l'analyse commence au lit du malade avec un bon prélèvement et une bonne fixation.

II. Structures et Fonctions Cellulaires - Lésions Élémentaires des Cellules et des Tissus

A. La Cellule

La cellule est la plus petite masse de matière vivante autonome. On distingue les cellules procaryotes (sans membrane nucléaire, petit ADN, sans organites complexes) et eucaryotes (noyau membranaire, multiples chromosomes, organites développés).

1. Structures et Fonctions Cellulaires Particulières

a. Leucocytes

  • Polynucléaires neutrophiles : Très mobiles, granules lysosomales (lysozyme, phagocytine), première ligne de défense dans l'inflammation.

  • Polynucléaires éosinophiles : Moins mobiles, granules éosinophiles (substances antihistaminiques), interviennent dans les réactions allergiques, parasitoses, et transportent des complexes Ag-Ac. Présents physiologiquement dans les tissus en contact avec l'extérieur (peau, muqueuses).

b. Phagocytes mononucléaires (Système des Phagocytes Mononucléaires - SPM)

Monoblastes (moelle osseuse) Monocytes (sang) Histiocytes (tissus) (phagocytose intense). Les histiocytes peuvent former des granulomes épithélioïdes ou se transformer en cellules géantes multinucléées ou fibroblastes. Le SPM assure la phagocytose des corps étrangers et débris cellulaires. Localisations variées (cellules de Kupffer dans le foie, macrophages alvéolaires dans les poumons, cellules microgliales dans le cerveau, ostéoclastes dans les os).

c. Fibroblastes

Cellules allongées sécrétant des fibres de collagène et élastiques, participant à la formation du tissu cicatriciel. Elles se transforment en fibrocytes par maturation.

d. Cellules endothéliales

Tapissent la lumière des vaisseaux. Leur prolifération forme des néovaisseaux dans l'inflammation.

e. Péricytes

Cellules aplaties autour de certains vaisseaux. Rôles : phagocytose, synthèse de substances, contractilité.

2. Fonctions Cellulaires Liées à Certains Processus Pathologiques

a. Phénomènes d'endocytose

  • Pinocytose (cytopempsis) : Ingestion de particules liquides par invagination membranaire et formation de vacuoles.

  • Micropinocytose : Pinocytose limitée à une surface membranaire.

  • Phagocytose : Ingestion de particules solides en plusieurs étapes : formation de pseudopodes, vacuoles de phagocytose (phagosome), fusion avec lysosome primaire, digestion enzymatique. Si endogène, on parle d'autophagocytose.

    • Phagosome : Vacuole contenant le matériel exogène digéré.

    • Autophagosome : Vacuole contenant les organites altérés digérés.

    • Corpuscule résiduel (télélysosome) : Vacuole avec résidus non digestibles.

  • Facteurs influençant la phagocytose : Température (normale), pH optimal (6.5-6.7), cations (), , opsonines (spécifiques Ag-Ac, non spécifiques et globulines), toxines bactériennes (positives ou négatives). L'opsonisation est le processus qui favorise la phagocytose par les opsonines.

  • Vacuolisation : Formation de vacuoles à contenu liquide (glycogène, lipides) dans le cytoplasme ou le noyau. La présence de vacuoles lipidiques forme la stéatose.

  • Athrocytose : Accumulation intracytoplasmique de substances diverses et leur condensation en granules denses.

b. Phénomène d'exocytose ou clasmatose

  • Exocytose : Élimination de substances variées hors de la cellule par ouverture des vacuoles.

  • Clasmatose : Amputation d'un bourgeon cytoplasmique et libération d'un fragment cellulaire dans le milieu intercellulaire.

c. Altérations liées au Réticulum endoplasmique (R.E.)

Accumulation excessive de produits d'excrétion avec distension du R.E.

  • Corps de Russel : Accumulation de globulines dans le R.E. dilaté des plasmocytes (processus inflammatoires chroniques, plasmocytome).

  • Cellule de Mot : Macrophage rempli de vacuoles, aspect de morula (trypanosomiase, LCR).

B. Lésions Élémentaires des Cellules et des Tissus

Les réponses cellulaires à l'agression dépendent de la nature, intensité, durée de l'agent, point d'impact et phase du cycle cellulaire. Un agent agresseur peut déclencher des réponses cellulaires réversibles (restoration de l'homéostasie) ou irréversibles (homéostasie à un niveau différent, mort cellulaire).

1. Cycle de la Cellule : Cyclines et Kinases Dépendantes des Cyclines (CDK)

La progression ordonnée du cycle cellulaire (phases G0, G1, S, G2, M) est régulée par les cyclines, les CDK et leurs inhibiteurs (CDKI). Les CDK activées par les cyclines phosphorylent les protéines nécessaires à la transition entre les phases.

  • Point de contrôle G1 à S : Crucial. Les cyclines D (début G1) se lient aux CDK4 et CDK6. Les cyclines E (plus tard G1) se lient aux CDK2. Ces complexes phosphorylent la protéine du rétinoblastome (pRb), libérant les facteurs de transcription E2F, essentiels pour la phase S.

  • Passage S à G2 : Cyclines A (avec CDK1 et CDK2).

  • Passage G2 à M : Complexe cycline B/CDK1.

Les CDKI (P21, P27, P57 inhibent toutes les CDK; P15, P16, P18, P19 (INK4) inhibent sélectivement les complexes cyclines D/CDK4 et D/CDK6) bloquent l'activité des CDK. Des mutations altérant cyclines et CDK favorisent la prolifération cellulaire (ex: surexpression des cyclines D dans les cancers du sein, œsophage, foie). La cellule est moins sensible en début G1 et G2. Une agression faible et lente peut être régulée (lésions réversibles, restitution ad integrum). Une agression sévère peut entraîner des lésions létales irréversibles et la mort cellulaire.

2. Causes des Lésions Cellulaires

  • Insuffisance d'apport en oxygène (Hypoxie) : Très importante, affecte le métabolisme oxydatif.

    L'hypoxie doit être distinguée de l'ischémie (perte d'apport sanguin). L'ischémie, qui coupe aussi l'apport en substrats comme le glucose, est plus délétère que l'hypoxie seule. L'hypoxie peut résulter d'une insuffisance cardio-respiratoire, d'une anémie ou d'une intoxication au monoxyde de carbone.

  • Agents physiques : Traumatismes mécaniques, températures extrêmes, radiations, choc électrique.

  • Agents chimiques et médicamenteux : Glucose ou NaCl hypertonique, oxygène à haute concentration, arsenic, cyanure.

  • Agents infectieux.

  • Réactions immunologiques.

  • Anomalies génétiques.

  • Déséquilibres nutritionnels.

C. Aperçu Analytique des Lésions Élémentaires de la Cellule

1. Noyau

a. Altérations subléthales, réversibles

  1. Condensation et margination de la chromatine : La chromatine s'accumule sous la membrane nucléaire, le noyau diminue de volume. Cause : diminution du pH cellulaire.

  2. Remaniements de la membrane nucléaire : Dilatation de la citerne périnucléaire, bulles localisées.

    • Vacuoles vraies : Invagination intranucléaire du feuillet interne seul, optiquement vides.

    • Pseudovacuoles : Invagination intranucléaire du cytoplasme repoussant les deux feuillets, contenant des ribosomes et organites. Visibles en microscopie optique comme corps acidophiles. Fréquentes dans les cellules méningées, de Schwann, næviques, tumorales et certains hépatocytes.

  3. Inclusions intranucléaires :

    • Vraies : Denses, arrondies, acidophiles, valeur diagnostique dans certaines viroses.

    • Pseudo-inclusions : Remaniements des structures nucléaires normales, signification incertaine.

  4. Remaniements du nucléole :

    • Hypertrophie nucléolaire : Augmentation de volume, parfois vacuolisation (nucléole hydropique). Cellules cancéreuses peuvent être plurinucléolées.

    • Ségrégation nucléolaire : Séparation des composants nucléolaires sous l'action d'agents (actinomycine, aflatoxine, radiations ionisantes).

b. Altérations létales, irréversibles (mort cellulaire lente)

L'autolyse nucléaire est due aux hydrolases lysosomales.

  1. Pycnose : Condensation et margination intenses de la chromatine, le noyau devient hyperchromatique.

  2. Caryorrhexie : Éclatement de la chromatine en fragments irréguliers.

  3. Caryolyse : La chromatine se désintègre, le noyau ne prend plus les colorants et semble absorbé.

Ces trois sont des stades successifs de la mort nucléaire mais peuvent ne pas être constants.

c. Altération de la mitose

  1. Anomalies de rythme :

    • Ralentissement : Tissus sénescents ou mal vascularisés.

    • Accélération (Hyperplasie) : Tissus soumis à incitations hormonales, chimiques, inflammatoires.

  2. Anomalies du déroulement :

    • Agents agissant en phase S (radiations ionisantes, antimétabolites) diminuent la synthèse d'ADN (vide mitotique).

    • Agents agissant en phase M (poisons du fuseau comme la colchicine) bloquent la mitose (stathmocinèse) et entraînent la mitonécrose.

  3. Anomalies de la morphologie : Mitoses tri-, quadri- ou multipolaires, mitoses à chromosomes polaires (inflammations, radiations, agents chimiques, tumeurs malignes).

  4. Plurinucléation : Présence de plusieurs noyaux. Physiologique (ostéoclastes, mégacaryocytes, syncytium trophoblastique) ou pathologique (cellule géante de Langhans, à corps étranger, tumorales). Mécanismes : fusion de cellules mononucléées (plasmode) ou caryodiérèse sans cytodiérèse (syncytium).

2. Membrane Cellulaire (Membrane Plasmique)

Lieu d'échanges essentiel.

a. Altération de la surface cellulaire

  • Exagération des structures normales :

    • Endocytose : Invagination (pinocytose pour liquide, rhophéocytose pour submicroscopique) ou évagination (phagocytose).

    • Exocytose.

    • Clasmatose.

  • Apparition de structures pathologiques spéciales : Ondulations de surface, pseudopodes, ondulations cytoplasmiques complexes.

  • Altérations des jonctions cellulaires.

  • Altérations de forme et de volume.

3. Mitochondries

a. Vacuolisation mitochondriale

b. Altérations de forme

  1. Gonflement mitochondrial : Introduction d'eau (jeûne, hypoxie, viroses, intoxications). Peut être de faible ou grande amplitude, réversible ou irréversible (rupture de la membrane externe).

  2. Inclusions : Lamellaires, paracristallines, tubules, figures pseudomyéliniques, précipitations (phosphate de calcium, silice, fer, protéines anormales).

Polymorphisme fréquent dans le tissu cancéreux.

c. Altérations de nombre et de réplication

  1. Diminution : Jeûne, diabète expérimental, irradiation.

  2. Accroissement (Oncocytes) : Accumulation excessive donnant un cytoplasme granuleux oxyphile (cellules oncocytaires, de Hürthle, d'Askanazy).

  3. Mégamitochondries : Grossissement anormal.

4. Système Membranaire Intracavitaire et Ribosomes

Ensemble complexe de membranes (cytomembranes) formant l'appareil de Golgi, R.E. lisse et rugueux, divisant la cellule en compartiments (caryoplasme, espace intracavitaire, hyaloplasme).

a. Ribosomes

Lieu de synthèse des protéines (ARN ribosomal + protéines). Granules denses, fixés sur le R.E. granuleux ou libres (polysomes). Les cytomembranes et ribosomes sont le siège d'activités métaboliques complexes et interviennent dans le stockage, transport et distribution des protéines.

Les principales altérations des cytomembranes et des ribosomes :

Cytomembranes et Ribosomes

Altérations

Appareil de Golgi

Hypertrophie, vacuolisation, fragmentation.

Réticulum Endoplasmique Lisse

Prolifération, enroulement avec accumulation de glycogène.

Réticulum Endoplasmique Rugueux

Contraction, épaississement avec décollement des ribosomes de la face externe.

Ribosomes

Chromolyse/chromatolyse (diminution, disparition ou dispersion), dissociation des polysomes en monomères (radiations ionisantes, viroses), condensation ou agglomération.

b. Lysosomes

Organites cytoplasmiques (présents dans toutes les cellules) à fonction catabolique (digestive intracellulaire). Vésicules polymorphes à membrane lipoprotéinique contenant des hydrolases (ex: phosphatase acide).

  1. Maladies lysosomiales

    • Altération de la membrane lysosomiale :

      • Fragilisation et rupture (radiations, anoxie, silice, tétrachlorure de carbone, hyper/hypovitaminose A, endotoxines) autodigestion cellulaire.

      • Stabilité accrue par cholestérol, corticoïdes, vitamine E.

      • Saturation ou blocage de la fonction lysosomale lysosomes anormaux et dilatés.

    • Déficiences enzymatiques lysosomiales : Héréditaires, autosomiques récessives (enzymopathie congénitale). Affectent le métabolisme du glycogène (glycogénose), des lipoïdes (dyslipidoïdose), des mucopolysaccharides (mucopolysaccharidose).

    • Stockage lysosomial : Accumulation de substances (hémosidérose, athrocytose, maladie de Wilson).

5. Cytoplasme Fondamental (Hyaloplasme ou Matrice Cytoplasmique)

a. Variations de densité

  1. Accroissement de densité : Anoxie, hypoxie, intoxications (acidophilie, densité accrue par déplétion hydrique ou dénaturation des protéines).

  2. Diminution de densité (Chromolyse) : Diminution ou arrêt des synthèses protéiques, passage accru d'eau (diminution de la basophilie, acidophilie cellulaire).

b. Modification des particules

  1. Glycogène et lipoïdes : Insuffisance, excès, localisation anormale.

  2. Microtubules : Structures labiles impliquées dans les mouvements intracellulaires, leurs altérations peuvent entraîner leur disparition.

  3. Microfilaments : Rencontrés dans de nombreuses affections.

D. Aperçu Synthétique des Lésions Élémentaires de la Cellule

Les remaniements cellulaires peuvent être définis comme toute modification de la structure normale d'une entité vivante.

  1. Hypertrophie : Augmentation du volume cellulaire sans modification de forme ni des aspects cytologiques (réversible ou non), avec augmentation harmonieuse des constituants (plus de cytoplasme que de noyau). Augmentation des échanges (hyper = excès, trophe = nutrition).

  2. Atrophie : Diminution du volume cellulaire avec rétraction (irréversible). Plus complexe que l'hypertrophie; le cytoplasme est le plus réduit, avec augmentation des cytolysosomes et télélysosomes. Ralentissement des échanges (a = privatif, trophe = nutrition).

  3. Métamorphose (métaplasie en anglophone) : Transformation morphologique et fonctionnelle d'une cellule en une autre de caractères différents.

  4. Indifférenciation et immaturité cellulaire : Cellules peu ou pas différenciées (anaplasiques). Une cellule immature est arrondie, avec un rapport nucléo-cytoplasmique augmenté, noyau volumineux, nucléole grand, cytoplasme basophile riche en polysomes.

  5. Dégénérescence cellulaire : Altérations polymorphes traduisant des lésions des organites intracellulaires et du cytoplasme fondamental (rarement du noyau). En principe, réversible et subléthale.

Corrélations élémentaires entre microscopie photonique et électronique pour la dégénérescence cellulaire :

Dégénérescence

Aspect microscopie photonique

Aspect microscopie électronique

1) Vacuolisation

Claritée cellulaire

Vacuoles, pinocytose intense, enclaves intracellulaires (liquide, lipidique, glycogénique)

2) Hydropique

Nucléole hydropique

Clarification cellulaire par imbibition aqueuse, vacuolisation, athrocytose

3) Hyaline

Corps de Russel

Condensation et agglomération des filaments intermédiaires, R.E. dilaté

4) Graisseuse

Vesiculeslipidiques, vacuolisations

Gouttelettes lipidiques, enclaves lipidiques

5) Glycogénique

Granules de glycogène, clarification

Granules de glycogène, dégradation des protéines cytoplasmiques

6) Acidophile

Éosinophilie du cytoplasme

Gonflement mitochondrial, accroissement du nombre de mitochondries, contraction du R.E., dégradation des protéines cytophiles.

7) Hylaine

Contraction du R.E. rugueux et accumulation de matériel

Dépôt intracytoplasmique des filaments de 8 à 10

Deux types de dégénérescence sont à noter :

  • Dégénérescence Walérienne : Atteint un filet nerveux séparé de son centre cellulaire.

  • Dégénérescence cireuse de Zenker : Fibres musculaires striées squelettiques transformées en masses homogènes oxyphiles.

6. Surcharge et Infiltration

a. Surcharge

Excès d'une substance normalement présente dans la cellule (ex: surcharge glycogénique des hépatocytes).

b. Infiltration

Présence dans la cellule d'une substance qui ne s'y trouve pas normalement (ex: infiltration glycogénique des néphrocytes dans le diabète). Les substances peuvent être exogènes (poussières, produits chimiques) ou endogènes (lipoïdes, glycogène, mucopolysaccharides, pigments).

7. Nécrose Cellulaire

Altération profonde irréversible et létale de toute la cellule (noyau, organites, cytoplasme). Aspects nucléaires : pycnose, caryorrhexie, caryolyse. Deux types essentiels de nécrose :

  1. Nécrose de liquéfaction (malacie) : Cellule gonflée, limites imprécises, cytoplasme trouble, caryorrhexie. (ex: nécrose ischémique du SNC, autolyse cadavérique).

  2. Nécrose de coagulation (homogénéisation) : Condensation homogène acidophile du cytoplasme, pycnose ou caryorrhexie. Fantômes des structures préexistantes sont reconnaissables.

8. Mort Cellulaire

Suppression de toute activité métabolique. Souvent, la nécrose est l'aspect morphologique. La cellule fixée peut paraître normale mais être morte. Le devenir de la cellule morte varie :

  • Autolyse : La plus fréquente. Désintégration enzymatique des constituants cellulaires par les hydrolases lysosomales (rupture de cytomembranes). Les débris nucléaires sont appelés corps tingibles.

  • Momification : Si l'autolyse n'est pas inéluctable, la cellule peut persister sous forme de squelette, subir déshydratation et dessiccation, et se calcifier (ex: épithéliome momifié et calcifié de Malherbe).

9. Apoptose

Définition : Forme de mort cellulaire programmée et coordonnée, visant à éliminer des cellules indésirables via l'activation de gènes spécifiques. L'apoptose s'observe dans :

  • Développement embryonnaire (destruction programmée).

  • Mécanisme d'homéostasie tissulaire.

  • Mécanisme de défense immunologique.

  • Attaques par maladies ou agents agresseurs.

  • Vieillissement.

Causes : involution hormono-dépendante adulte (destruction endométriale, atrophie folliculaire ovarienne, régression mammaire, atrophie prostatique), perte cellulaire dans les populations proliférantes, mort cellulaire dans les tumeurs en régression ou croissance rapide, mort des polynucléaires neutrophiles en inflammation aiguë, mort des cellules immunitaires, atrophie parenchymateuse après obstruction canalaire, lésions cellulaires en viroses (hépatites virales: cellules de Councilman).

a. Aspects morphologiques de l'apoptose

(mieux visibles en ME)

  1. Rétraction cellulaire : Cellule plus petite, cytoplasme dense, organites tassés.

  2. Condensation de la chromatine : Caractère le plus remarquable. Agrégation périphérique sous la membrane nucléaire en masses denses. Noyau peut se fragmenter.

  3. Formation de bulles cytoplasmiques et de corps d'apoptose : Fragmentation cellulaire en corps d'apoptose membranaires contenant cytoplasme, organites agglomérés, fragments nucléaires.

  4. Phagocytose des corps apoptotiques : Par les cellules adjacentes ou les macrophages, sans inflammation.

En HE, l'apoptose touche des cellules isolées ou petits amas : masse ronde/ovale de cytoplasme éosinophile contenant fragments de chromatine nucléaire dense. Absence d'inflammation la rend difficile à détecter.

b. Caractères biochimiques

  • Charge protéique (caspases) : Protéases à cystéine (caspases) activées. Elles hydrolysent protéines, enveloppe nucléaire, cytosquelette.

  • Pontage protéique : Activation de la transglutaminase forme des amas protéiques liés de façon covalente.

  • Fracture de l'ADN : Fragmentation en petites parties (50 à 300 kilobases), puis dissociation internucléosomale en oligonucléosomes par endonucléases et dépendantes.

  • Reconnaissance par le système phagocytaire : Expression de phosphatidylsérine et transpondine à la surface des corps apoptotiques. Permet une reconnaissance précoce sans libération de composants pro-inflammatoires.

E. Conséquences des Lésions Élémentaires des Cellules sur les Tissus et Organes

Des altérations cellulaires peu nombreuses passent inaperçues. Massives, elles entraînent des remaniements tissulaires visibles, combinant ou non diverses lésions cellulaires.

1. Hypertrophie et Hyperplasie Tissulaires

a. Aspects morphologiques

Augmentation du volume tissulaire par :

  • Accroissement de volume de toutes ou certaines cellules (hypertrophie).

  • Accroissement du nombre de cellules (hyperplasie).

  • Les deux.

Distinction des tuméfactions par infiltration liquidienne ou présence d'éléments anormaux.

b. Aspects étiopathogéniques et retentissements

Traduisent une augmentation physiologique ou pathologique des échanges et activités.

  1. Hypertrophie physiologique : Muscles squelettiques en hyperactivité (haltérophiles), utérus gravide, gonflement mammaire.

  2. Hypertrophie adaptative : Organe creux luttant contre un obstacle à l'évacuation (myocytes allongés/épaissis). (ex: hypertrophie cardiaque par sténose aortique, musculature gastrique en amont d'une sténose du pylore).

  3. Hypertrophie compensatrice : Concerne un organe pair (rein controlatéral en cas d'absence ou dysfonction de l'autre) ou impair (foie après ablation partielle).

  4. Hypertrophie hormonale : Utérus gravide, gynécomastie post-œstrogénique, hyperplasie glandulo-kystique de l'endomètre.

2. Atrophie Tissulaire

a. Aspects morphologiques

Diminution de volume d'un tissu ou organe par diminution de volume des cellules ou de leur nombre. Accompagnée d'aplatissement des replis dans les organes creux et pliement de la capsule à la surface des viscères. L'atrophie simple est harmonieuse. L'atrophie brune est due à l'accumulation de lipofuscine.

b. Aspects étiologiques

  1. Atrophie physiologique : Involution progressive normale (thymus, atrophie sénile).

  2. Atrophie vasculaire : Hypoxie par réduction de la vascularisation artérielle.

  3. Atrophie d'inanition : Insuffisance d'apport nutritionnel (cachexie des cancers).

  4. Atrophie hormonale : Insuffisance de sécrétion hormonale (atrophie endométriale des ménopausées).

  5. Atrophie d'inactivité : Organes au repos (muscles squelettiques).

3. Métaplasie Tissulaire

Transformation d'un tissu en un autre (ex: épithélium cylindrique épithélium malpighien dans le col utérin, métaplasie intestinale de la muqueuse gastrique).

4. Dystrophie et Dysplasie

a. Dystrophie

Déformation de l'architecture normale due à un trouble de la nutrition. Variations d'aspect, taille, agencement des cellules avec hyperplasie, métaplasie, dégénérescence (métaplasie atypique). Pour certains, synonyme de dégénérescence cellulaire.

b. Dysplasie

Au sens strict : anomalie de structure ou difformité par trouble du développement embryonnaire. Au sens large : synonyme de dystrophie.

5. Nécrose Tissulaire

a. Aspects morphologiques

  1. Nécrose de liquéfaction (malacie) : Zone gris terne, pâteuse puis liquide, structures disparues (ex: nécrose ischémique du SNC, autolyse cadavérique).

  2. Nécrose de coagulation (homogénéisation) : Fantômes des structures préexistantes reconnaissables (cytosquelette préservé).

b. Aspects étiopathogéniques

  1. Cytostéatonécrose : Nécrose de liquéfaction du tissu adipeux.

  2. Nécrose caséeuse (caséification) : Nécrose de coagulation liée à l'infection tuberculeuse (aspect blanc nacré).

  3. Nécrose hémorragique : Nécrose de liquéfaction ou coagulation + infiltration massive de sang.

  4. Nécrose calcifiée : Calcification d'une vieille zone de nécrose (granules basophiles).

  5. Nécrose gangreneuse : Nécrose ischémique + infection à germes (clostridium).

III. Lésions Élémentaires des Espaces et des Substances Intercellulaires

A. Définition et Contenu

Limitées par des membranes (ex: membrane basale de l'épiderme), les mailles sont constituées de fibroblastes et fibrocytes. Le contenu comprend l'eau, les électrolytes et la matrice intercellulaire :

  • Protéoglycanes et glycoprotéines (mucoprotéines) : Acide hyaluronique, substances fondamentales ou non figurées.

  • Polypeptides sous forme de fibres : Élastine, protéines fibreuses ou matériel figuré.

Les activités physiologiques et physiopathologiques de ces systèmes sont contrôlées par l'endothélium capillaire (liquides) et les fibroblastes (mucoprotéines).

B. Pathologie des Liquides Intercellulaires

1. Hyaline et Fibrinoïde

Substances homogènes, anhistes, vitreuses; colorées en rouge-rosé à l'éosine.

a. Substance hyaline (Hyalinose ou hyalinisation)

Recouvre des phénomènes variés (dépôts dans vieilles cicatrices, foyers de tuberculose, plèvres épaissies).

b. Substance fibrinoïde

Ressemble à la fibrine, structure filamenteuse, colorée en rouge vif à l'éosine. Dépôt dans la paroi des petits vaisseaux, espaces intercellulaires (néphropathie aiguë, RAA, radiodermites). Normal dans le placenta.

c. Hyalinose et fibrinoïde vasculaire

Diabète (néphropathie de Kimmelstiel et Wilson), néphroangiosclérose maligne.

d. Hyalinose et fibrinoïde des membranes basales épithéliales

Dans l'asthme.

e. Hyalinose et fibrinoïde des espaces intercellulaires

Nodule d'Aschoff du rhumatisme, polyarthrite rhumatoïde.

Signification

Origine sanguine (pinocytose endothéliale ou passage intercellulaire), cellulaire (plasmocytes, fibroblastes sécrétant des protéines/glycoprotéines), ou pariétovasculaire (dégradation des composants). Non une dégénérescence des fibres de collagène, mais un dépôt de matériel.

2. Amyloïde

Voir chapitre 7.

C. Pathologie des Substances Fondamentales Intercellulaires

Ex: Lésions des tendons:

  • Rupture tendineuse ("spontanée") : Dilacération des fibres, dépolymérisation des substances intercellulaires de l'état compact à l'état sol. Formation de lacunes.

  • Dégénérescence mucoïde : Tissu tendineux, aponévroses, derme. Accumulation de matériel mucoïde (blanchâtre, visqueux) dans des cavités kystiques. Histochimiquement, mucopolysaccharides acides et neutres (ex: pseudo-kyste synovial, kyste mucoïde de la peau). Observée dans le myxœdème.

D. Pathologie des Fibres Intercellulaires

Fibres précollagènes (réticuline), collagènes, élastiques.

A. Fibre de réticuline et de collagène

La réticuline, précurseur du collagène, se distingue par son argentaffinité.

  1. Lésions dégénératives : Collagène hypocolorable.

  2. Lésions productives :

    • Fibrose : Hyperplasie conjonctive avec prolifération des fibroblastes et synthèse de collagène.

    • Sclérose : Induration pathologique par fibrose (souvent synonymes).

    Microscopiquement, tissus fibreux pauvres en vaisseaux et cellules, riches en fibres collagènes (fibrose collagène). Peut être fibroblastocollagénique, vasculaire. Topographiquement:

    • Systématisée : Cantonnée à la trame conjonctive d'un organe.

    • Encapsulante : Renforce une capsule ou entoure un foyer lésionnel (foie glacé, périsplénite).

    • Disséquante ou mutilante : Remplace les tissus détruits.

B. Fibres élastiques

  1. Lésions dégénératives (Élastopathie dégénérative familiale) :

    • Syndrome de Marfan : Héréditaire autosomique (dominant/récessif). Membres longs, doigts grêles, hypotonie musculaire, hyperlaxité ligamentaire, subluxation cristallin. Lésions de la média aortique (tuméfaction, dégénérescence, rupture des lames élastiques) anévrisme disséquant.

    • Syndrome d'Ehlers et Danlos : Dominant. Dystrophie élastique (fibres gonflées/rompues), dégénérescence et atrophie du collagène, télangiectasies. Caractérisé par hyperlaxité cutanée, hyperextensibilité articulaire, fragilité des téguments.

    • Pseudoxanthome élastique : Récessif. Petites élévations cutanées jaunâtres (cou). Fibres élastiques gonflées, fragmentées, parfois calcifiées (élastorrhéxis).

    Elastopathies dégénératives acquises

    • Vergetures : Perte de l'armature élastique avec dégénérescence et atrophie des fibres de collagène du derme. Stries violacées puis blanchâtres (abdomen). Circonstances: syndrome de Cushing, corticothérapie, distension cutanée.

    • Elastose sénile (solaire/actinique) : Peau des régions découvertes. Épiderme atrophié, téguments flétris, accumulation d'épaisses fibres colorées (matériel élastique dégradé, transformation élacéinique du collagène). Peut former des élastomes.

    • Elastose postradiothérapique : Comparable à l'élastose sénile.

  2. Lésions productives :

    • Elastose pulmonaire : Augmente avec l'âge.

    • Fibro-élastose de l'endocarde : Hyper-élastigenèse sous-endocardique (nouveau-né, nourrisson, adultes avec maladies parasitaires).

    • Elastose des parois vasculaires.

IV. Lésions Vasculosanguines et Troubles Circulatoires

A. Œdème

Définition : Accumulation anormale de liquides dans les espaces intercellulaires.

1. Aperçu morphologique

a. Aspects microscopiques

Liquide d'œdème sous forme de nappes ou coulées homogènes, peu acidophiles (pauvre en protéines). Dissocie les cellules et fibres.

  • Poumon : Liquide dans la lumière des alvéoles.

  • Cerveau : Liquide parmi les fibres gliales et gaines périvasculaires.

b. Aspects biochimiques

  • Exsudat : Liquides d'œdème riches en protéines et colloïdes, densité .

  • Transudat : Liquides d'œdème pauvres en protéines et colloïdes, densité .

c. Aspects macroscopiques

Organes tuméfiés, pâles, mous, augmentés de poids, laissant sourdre un liquide jaunâtre à la coupe. Œdème des téguments : gonflement "gardant le godet". Terminologie:

  • Anasarque : Œdème généralisé.

  • Hydropéricarde : Transudat dans la cavité péricardique.

  • Ascite : Transudat dans la cavité abdominale.

  • Hydrothorax : Transudat dans la cavité pleurale.

  • Hydroscele : Transudat dans la vaginale testiculaire.

  • Hydrarthrose : Transudat dans une cavité articulaire.

2. Aspects évolutifs

Certains œdèmes sont labiles (œdème de Quincke), d'autres durables (prédominent dans les régions déclives). Disparaissent généralement sans séquelles. Un œdème chronique peut entraîner fibrose, induration et épaississement tissulaires. Peut provoquer des perturbations fonctionnelles graves, mortelles (hypoxie, OAP).

B. Déshydratation

Diminution pathologique des liquides de l'organisme, avec perturbations électrolytiques. Aspects morphologiques non caractéristiques au microscope (cellules épithéliales atrophiées/dégénératives, non fonctionnelles). Macroscopie : sécheresse des muqueuses/séreuses, peau parcheminée, persistance du pli cutané.

C. Congestion (Hyperhémie)

Excès de sang dans les vaisseaux dilatés d'un tissu/organe. Zone rouge, s'effaçant sous pression.

1. Congestion active

Apport exagéré de sang artériel. Tissus rouges vifs, parfois tuméfiés par l'œdème, température locale élevée.

2. Congestion passive (Stagnation ou Stase sanguine)

Accumulation de sang par insuffisance de drainage veineux. Microscopiquement : dilatation vasculaire passive, œdème, hémorragies interstitielles. Macroscopiquement : coloration sombre, cyanotique, température locale abaissée, tuméfaction œdémateuse, suffusions hémorragiques, liquide violacé/noirâtre s'écoulant à la coupe.

3. Conséquences

Élévation de la pression hydrostatique veinulaire et capillaire, anoxie avec retentissement sur la nutrition cellulaire.

4. Exemples de Congestion

  1. Foie cardiaque : Obstacle veineux (insuffisance cardiaque droite, péricardite constrictive, syndrome de Budd-Chiari) stase dans le réseau sus-hépatique, veines centrolobulaires, sinusoids.

    • Début : Dégénérescence et nécrose centrolobulaires, dilatation sinusoïdale, hémorragies.

    • Stade avancé : Dégénérescence graisseuse médiolobulaire. Nécrose et hémorragies gagnent la majeure partie du lobule. Foie "interverti" (hépatocytes périportaux normaux).

    • Anatomie : Hépatomégalie énorme, "foie accordéon", tranches bigarrées évoquent une "noix muscade".

    • Évolution : Régénération si congestion disparaît. Fibrose centrolobulaire dans la longue évolution (cirrhose cardiaque, mais absence de nodules).

  2. Poumon cardiaque : Défaillance cardiaque gauche (sténose ou insuffisance mitrale).

    • Phase aiguë : Œdème aigu du poumon (OAP) inondation alvéolaire de liquide séro-albumineux sanguinolent (expectoration rosée mousseuse).

    • Phase chronique : Stase sanguine diffuse, capillaires alvéolaires tortueux/turgescents, hémorragies, sidérophages ("cellules cardiaques") dans les alvéoles et expectorations. Sclérose des cloisons alvéolaires, emphysème, infarctus.

    • Macroscopie : Rouge sombre, lourd, plein, parenchyme hépatique.

D. Obstruction Vasculaire

Répercussions variées, du maintien de structures normales à la nécrose tissulaire.

  • Lésion oblitérante : Obstrue totalement la lumière.

  • Lésion sténosante : Rétrécit seulement la lumière.

Un spasme peut transformer une lésion sténosante en oblitérante.

1. Caractères généraux

a. Obstruction artérielle (Ischémie)

Arrêt complet de l'apport sanguin (ischémie totale) ou diminution considérable (ischémie relative). Causes : altération primitive de la paroi artérielle (athérosclérose, artérite), atteinte de la lumière (thrombose, embolie), compression extrinsèque (tumeur). Rarement fonctionnel (anastomose artério-veineuse directe).

b. Obstruction veineuse (gêne à la circulation de retour)

Causes : thrombose (habituellement), compression tumorale, phlébite hypertrophique, malformation congénitale.

2. Physiopathologie

a. Disposition anatomique

  • Territoire vasculaire anastomotique : Le sang contourne l'obstacle (tube digestif).

  • Système vasculaire terminal : Ischémie totale d'emblée (rein, cerveau).

  • Obstacle d'installation progressive : Anastomoses préexistantes augmentent de calibre, formant une circulation collatérale ou de suppléance. Deux phases : anoxie temporaire, puis adaptation.

b. Métabolisme des cellules intéressées

Les besoins en et la résistance à l'anoxie varient. Cellules cérébrales : très courte résistance (3 min adulte, 5 min enfant) nécrose immédiate irréparable. Myocarde : 20 min. Foie : 35-50 min. Rein : 90 min. Muqueuses gastro-intestinales : 6h. Muscles striés : 6-12h. Téguments : 6-12h.

c. Conditions de formation de l'obstruction

Conséquences varient selon l'occlusion (totale/partielle, artérielle/veineuse, subite/progressive).

d. Conséquences de l'ischémie

Infarcissement ou infarctus.

E. Hémorragie

Écoulement de sang hors de l'appareil circulatoire.

1. Origine

Artérielle (jets de sang rouge pulsatile), veineuse (écoulement régulier de sang foncé), capillaire (ponctiforme, en nappe).

2. Hémostase (Arrêt de l'hémorragie)

Succession de phénomènes :

  • Réactions pariétales vasculaires : Rétraction élastique, vasoconstriction locale (adrénaline).

  • Adhésion des plaquettes sanguines : Au niveau de la lésion, suivie par agrégation et désintégration dans la fibrine pour former le clou hémostatique (thrombus blanc).

3. Topographie de l'hémorragie

a. Hémorragie extériorisée (externe)

  • Épistaxis : Saignement nasal.

  • Hémoptysie : Crachat de sang.

  • Hématurie : Urines sanguinolantes.

  • Hématémèse : Vomissement sanglant.

  • Melæna : Selles noires goudronneuses (sang digéré).

  • Ménorragie : Règles abondantes/prolongées.

  • Métrorragie : Saignement génital en dehors des règles.

b. Hémorragies internes

Peuvent passer inaperçues.

  • Ecchymose : Infiltration sanguine diffuse et superficielle (peau, muqueuses, séreuses).

  • Hématome : Collection sanguine circonscrite (tissu compact ou région clivable, ex: intracérébral).

  • Hémopéricarde, hémopéritoine, hémothorax : Épanchement sanguin dans les cavités séreuses.

  • Hémarthrose : Épanchement sanguin dans une articulation.

  • Hématocèle : Épanchement sanguin dans la vaginale testiculaire.

  • Purpura : Hémorragies dermiques multiples, disséminées.

  • Pétéchies : Petites taches de purpura.

  • Vibices : Taches hémorragiques allongées.

4. Aperçu morphologique

Toute hémorragie implique une lésion pariétale.

a. Lésion pariétale

  • Rupture : Traumatique (le plus souvent), ou spontanée (poussée hypertensive, coqueluche, favorisée par athérome, anévrisme, cancer, varices, inflammation nécrosante, ulcération biochimique).

  • Érythrodiapédèse : Passage direct des GR à travers une paroi vasculaire non rompue (capillaires) due à perturbations de la perméabilité endothéliale (congestion passive, hypoxie, avitaminoses C/P, toxines, troubles immunologiques). Explique le purpura.

b. Foyer hémorragique

  • Microscopie : Infiltration extravasculaire de GR, dépôt inconstant de fibrine. Tissus normaux/détruits/dissociés. Lyse précoce des GR (3-5 jours), phagocytose, hémoglobine dégradée en hémosidérine (pigment brunâtre). Hémosidérine reprise par sidérophages/hémosidérophages.

  • Macroscopie : Forme/volume varient. Couleur d'un foyer superficiel change avec le temps (rouge-bleuâtre violacé verdâtre jaune-grisâtre). Sauf conjonctive oculaire (reste rouge vif). Accumulation d'hémosidérine donne une teinte "xanthochromique" (jaune-brunâtre).

c. Aspects évolutifs

  • Hématome enkysté : Granulome inflammatoire se sclérose sans résorption du sang, entouré d'une coque fibreuse.

  • Nodule sclérocalcaire : Petit foyer hémorragique vieilli, fibres imprégnées d'hémosidérine et sels calcaires (nodules de Gamma Gandy dans les rates congestives).

5. Corrélations anatomocliniques

a. Répercussions générales et locales

Gravité dépend de la quantité/rapidité de perte sanguine.

  • Anémie normochrome : Par perte de masse globulaire.

  • Compression : Hémorragie volumineuse comprime les organes (hématome intracérébral, hémorragie méningée).

  • Valeur diagnostique : Purpura (maladie de coagulation, plaquettes, endothélium capillaire, infection, allergie). Hémopéritoine (rupture de la rate, GEU rompue).

b. Hémorragie et affections générales

Causes : coagulopathies (troubles de coagulation), thrombopathies (anomalies plaquettaires), vasculopathies (altération des parois vasculaires, capillaires).

  1. Coagulopathies : Carences congénitales/acquises de facteurs de coagulation.

    • Hémophilie : Déficit en facteur VIII (A) ou IX (B). Affection récessive liée à l'X. Saignements par traumatisme minime (hématome du psoas, hématome des membres, hémarthrose).

    • Autres : Hypoprothrombinémie, afibrinogénémie, hypofibrinogénémie (insuffisance hépatique).

    • Fibrinolyse aiguë primitive : Activation anormale de la plasmine, dégradant fibrine et fibrinogène.

F. Thrombose

Formation d'un caillot (thrombus) dans la lumière circulatoire.

1. Caractères généraux

Le sang, normalement fluide, coagule suite à une hémorragie. Une coagulation anormale intra-vasculaire est une thrombose. Lieu : artères, veines, capillaires, cavités cardiaques.

  • Thrombus oblitérant ou occlusif : Obstrue totalement la lumière.

  • Thrombus pariétal ou mural : Rétrécit la lumière (zones de circulation rapide, sur l'intima ou l'endocarde).

a. Variétés structurales du thrombus

(récent)

  • Thrombus rouge : Caillot de coagulation massive (fibrine, GR, GB, plaquettes). Rouge-violacé. (thromboses hémorroïdaires, veineuses).

  • Thrombus blanc : Agrégat de plaquettes, quelques filaments de fibrine, leucocytes. Petit, translucide, visqueux, très adhérent.

  • Thrombus mixte : Le plus fréquent. Ferme, friable. 3 zones :

    • Tête : Agrégat blanchâtre de plaquettes adhérentes.

    • Corps : Bandes blanches et rouges alternées (lignes de Zahn), perpendiculaires (oblitérant) ou parallèles (pariétal) à la paroi.

    • Queue : Caillot de coagulation massive, rougeâtre, homogène, friable, peu adhérent, risque d'embolie.

  • Coagulation agonique et post-mortem : À distinguer des thromboses in vivo.

    • Caillot agonique : Rouge strié de blanc, sans lignes de Zahn.

    • Caillot post-mortem : Comparable à agonique, parfois bicolore (couche profonde rouge, couche superficielle blanc-jaunâtre "graisse de poulet"). Élastique, non adhérent, diamètre inférieur au vaisseau.

b. Évolution

  • Organisation : Pénétration et envahissement par histiocytes et fibroblastes de l'intima. Résorption du sang (histiocytes sidérophages). Fibres réticulaires et néocapillaires apparaissent. Thrombus transformé en masse conjonctivo-vasculaire. Peut se rétracter (thrombosthénine) ou se canaliser (anastomoses néovasculaires). Peut se calcifier/ossifier (phlébolithe).

  • Ramollissement puriforme : Liquéfaction de la fibrine par enzymes leucocytaires. Thrombus devient fragile, se désintègre ou se détache.

  • Ramollissement purulent : Infection du thrombus.

  • Mobilisation : Détachement d'un thrombus embolie thrombotique (thrombus mobilisé = embole).

  • Thrombolyse : Lyse de la fibrine par la plasmine (fibrinolyse). Peut être induite par activateurs du plasminogène (urokinase, streptokinase).

2. Aperçu physiopathologique

a. Facteurs de thrombose (Triade de Virchow)

  1. Altération de l'endothélium : Mécanique, anoxie, radiations, toxines, produits chimiques. Conséquence : adhésion plaquettaire.

  2. Hypercoagulabilité sanguine : Excès de facteurs procoagulants ou carence en anticoagulants. Foyer de nécrose et tissus néoplasiques produisent des substances thrombogènes.

  3. Perturbation de la dynamique circulatoire : Stase sanguine, turbulences (bifurcations vasculaires, obstacles pariétaux comme plaques athéromateuses, thrombus pariétaux, végétations valvulaires).

b. Modes de développement du thrombus

  1. Stase sanguine + défaut d'élimination de facteurs de coagulation actifs (rare).

  2. Actes : Adhésion plaquettaire aux altérations endothéliales (implique facteur de Willebrand si superficielle, ou seulement mouillabilité/charges si profonde).

  3. Agrégation plaquettaire réversible, puis irréversible sous l'action de la thrombine métamorphose visqueuse des plaquettes, libération de facteur 3 plaquettaire (3FP).

  4. Fibrine se lie à l'agrégat, assurant l'étanchéité et la stabilisation. Formation du clou hémostatique/thrombus blanc.

  5. Modifications du courant sanguin dépôts de sang coagulé (bande rouge fibrinocruorique). Accolement de nouvelles plaquettes formation successive de bandes blanches fibrinoplaquettaires.

  6. Extension de la thrombose et corps zébré du thrombus mixte.

3. Corrélations anatomocliniques

a. Affections et périodes thrombogènes

  1. Périodes post-opératoires et post-partum : Association de facteurs thrombogènes veineux (geste chirurgical, traumatisme, anémie, hyperplaquettose, hypercoagulabilité, choc, immobilisation, stase).

  2. Athéromatose : Lésion de l'intima artérielle, plaques, rétrécissements vasculaires favorise la thrombose (altération endothéliale, turbulences).

  3. Cardiopathies : Ralentissement circulatoire, stase veineuse, hémoconcentration (insuffisance cardiaque). Thromboses des auricules/oreillettes (valvulopathies). Thromboses sur valvules lésées (endocardites).

  4. Maladie cancéreuse : Thromboses veineuses (tumeurs viscérales : gastrique, pancréatique).

  5. Varices des membres inférieurs : Cause et conséquence de la stase, thrombogènes (surtout si immobilisation, chirurgie, accouchement).

b. Coagulation intravasculaire disséminée (CIVD)

Caractérisée par :

  • Formation de caillots sanguins disséminés dans les petits vaisseaux (microthrombose).

  • Épuisement des facteurs de coagulation.

  • Fibrinolyse secondaire avec hémorragies.

  1. Aspects microscopiques : Thrombi dans artérioles, veinules, capillaires (microthrombus mixte ou hyalin), souvent difficiles à trouver. Sièges : rein (artérioles afférentes, anses capillaires glomérulaires), peau, poumons, surrénale, rate, foie, tube digestif. Infiltration hémorragique tissulaire associée.

  2. Aspects macroscopiques : Thorombi non visibles à l'œil nu, signalés par hémorragies et nécroses (purpura cutanéo-muqueux, nécrotique, atteintes viscérales).

  3. Aspects étiopathogéniques et retentissement clinique : Mécanismes complexes. Stase sanguine et activation du système de coagulation (non-élimination des facteurs actifs). Microthrombi consommation excessive de plaquettes et facteurs de coagulation coagulopathie de consommation hémorragies.

    • 3 phases : hypercoagulabilité muette, hypercoagulabilité avec hémorragies, fibrinolyse avec aggravation hémorragique.

    • Correspondance biologique : hyperfibrinogénémie transitoire, puis diminution des facteurs de coagulation (hypoplaquettose, hypofibrinogénémie), présence de "complexes solubles de la fibrinolyse" (produits de dégradation du fibrinogène, monomères de fibrine).

G. Embolie

Définition : Transport d'un corps étranger dans le torrent circulatoire et son arrêt dans un vaisseau, l'oblitérant. Le corps étranger est l'embole.

1. Caractères généraux

Tout corps étranger non dissout/soluble (massif, granuleux, gazeux, liquide en suspension) peut devenir un embole. Unique ou multiple. Majorité des emboles sont endogènes : thrombus (), matériel athéromateux, bulles de gaz, gouttelettes lipidiques. Exogènes : agents pathogènes (bacilles, fungiques), fragments de kyste hydatique. Accidentels : air (blessure grosse veine, cathéter). Vagabondage cellulaire : cellules normales ou pathologiques (cancéreuses, trophoblastiques) se fixent (poumon, foie) sans perturbations circulatoires, peuvent mourir ou proliférer.

a. Voies de cheminement

  • Embolie directe : Suit le cours normal du sang. (ex: thrombus d'une veine surale VCI OD VD Artère Pulmonaire).

  • Embolie paradoxale : Embole d'une veine de la grande circulation oblitère une artère de la même grande circulation (nécessite un court-circuit : CIA, CIV, fistule veino-artérielle).

  • Embolie rétrograde : Rare, contestée. Remontée du flux (effort de toux/défécation) embole pelvien remonte la VCI, s'engage dans une veine rénale.

2. Conséquences

a. Mécaniques

Identiques à l'obstruction artérielle ou veineuse (de l'absence de lésion à la nécrose ischémique).

b. Physiopathologiques

Redoutables par la brutalité. Spasme intense renforce l'occlusion. Peut être inaperçue, ou mort subite (angoisse, énervement, lipothymie).

c. Thrombogènes

Tout embole bloqué déclenche une thrombose secondaire. Thrombus secondaire subit l'organisation conjonctivovasculaire. Embole originel reconnaissable s'il n'est pas sanguin (cellules cancéreuses) ou ne se résorbe pas (bulle gazeuse).

d. Évolutives locales (dépend de la nature de l'embole)

  • Embole septique : Thrombus fibrinocruorique infecté abcès métastatiques (végétation d'endocardite, thrombophlébite).

  • Embole cancéreux : Cellules cancéreuses en amas métastase.

3. Corrélations anatomocliniques

a. Thrombo-embolie (embolie tout court)

Origine veineuse la plus courante. Thrombus mobilisé en bloc obstruction du tronc de l'AP mort subite. A la nécropsie : longs cylindres thrombotiques recroquevillés dans l'AP. Origine cardiaque/artérielle plus rare.

b. Embolie athéromateuse

Détachement d'un thrombus formé sur une plaque d'athérome, ou de bouillie athéromateuse d'une plaque ulcérée.

c. Embolie gazeuse

Introduction massive d'air/gaz dans un vaisseau, ou bulles gazeuses capillaires.

  • Aspect microscopique : Espace vide de sang dans la lumière vasculaire.

  • Aspect macroscopique : Petits emboles gazeux dans les vaisseaux rétiniens. Bulles gazeuses s'accumulent dans les cavités cardiaques droites (sang spumeux).

  • Aspects étiopathogéniques et retentissement clinique :

    1. Entrée d'air massive accidentelle (traumatisme, geste médicochirurgical : intervention thoracique/intracrânienne, insufflations pour pneumothorax/pneumopéritoine). Pression négative inspiratoire aspire l'air. Embolies artérielles (air dans veines pulmonaires cœur gauche aorte). Clinique : choc, mort subite. Mort rapide en forme veineuse (décompensation cardiaque). Ischémie du SNC en forme artérielle.

    2. Accidents de décompression : Gaz dissous dans le sang/tissus se libèrent sous forme de bulles (CO2, O2 se redissolvent vite, N2 persiste) oblitère petits vaisseaux ("pièges à bulles" : os spongieux des épiphyses, SNC) nécrose ischémique, démyélinisation. Coagulation du sang au contact de l'air CIVD peut compliquer.

d. Embolie graisseuse

Chez les polytraumatisés, polyfracturés. Petits groupes de cellules adipeuses, lambeaux de moelle osseuse, gouttelettes lipidiques libres dans les artères pulmonaires ou la grande circulation (cerveau, rein, téguments, œil).

  • Deux ordres de phénomènes : emboles graisseux latents (cellulaires ou libres), ou syndrome d'embolie graisseuse (lésions tissulaires disséminées, troubles biologiques, métabolisme lipidique perturbé).

  • Aspects microscopiques : Adipocytes ou moelle hématopoïétique dans la lumière vasculaire. Gouttelettes lipidiques libres : espaces vides, sphériques/allongés dans les artérioles/capillaires. Diagnostic par colorations spécifiques des lipides (Soudan III, rouge écarlate, acide osmique). Lésions endothéliales dégénératives, exsudats œdémateux, hémorragies, microthromboses fibrineuses, infiltrats histiocytaires.

  • Aspects macroscopiques : Rien de spécifique. Hémorragies ponctiformes ou en nappe disséminées. Évocatrices : pétéchies sous-conjonctives, exsudats hémorragiques/blanchâtres du FO, purpura thoraco-cervical antéro-supérieur.

  • Aspects étiopathogéniques et retentissement clinique : Intervalle libre de plusieurs heures à quelques jours. Fièvre brutale, grande détresse cardiorespiratoire, éruption purpurique, atteinte neuropsychique. Cause principale : fracture (diaphyse os longs). Autres : injection IV de substance huileuse, brûlure étendue, infection du pannicule adipeux, stéatose hépatique nécrotique (alcoolique, toxique).

  • Physiopathologie : Obstruction vasculaire (massive, multifocale, répétée) est la cause. Les emboles lipidiques peuvent franchir la barrière pulmonaire, diffuser dans la grande circulation et y déterminer des lésions multiples (hypothèse d'un bouleversement du métabolisme lipidique).

e. Embolie amniotique

Une fois sur à accouchements. Liquide amniotique passe dans la circulation veineuse maternelle (rupture des membranes, contractions utérines violentes, obstacle au drainage vaginal). Débris (lanugo, cellules malpighiennes desquamées, sébum, mucus) se logent dans les vaisseaux pulmonaires. Contient de la thromboplastine qui active les facteurs de coagulation épuisement CIVD (coagulopathie de consommation). Plus redoutable par ses effets biochimiques que par l'occlusion.

H. Infarctus, Infarcissement, Apoplexie

1. Définitions

  • Infarctus : Foyer viscéral circonscrit de nécrose ischémique par oblitération artérielle. Blanc (anémique) ou rouge (hémorragique).

  • Infarcissement : Foyer viscéral circonscrit de nécrose hémorragique par oblitération veineuse (artère correspondante non oblitérée).

  • Apoplexie : Perturbation d'un réseau circulatoire (viscéral, péri-viscéral, pluriviscéral) entraînant hémorragie par érythrodiapédèse et nécrose secondaire, sans oblitération vasculaire. Par extension, la zone de nécrose hémorragique qui en résulte.

2. Aperçu morphologique et évolutif

a. Infarctus blanc

Lieux d'élection : rein, rate, cerveau, myocarde (organes à tissus denses, système artériel terminal). Occlusion artérielle. Retour veineux respecté.

  • Aspects microscopiques : Zone centrale de nécrose de coagulation (architecture tissulaire conservée, cellules à cytoplasme homogène oxyphile, noyau pycnotique). Liséré périphérique de tissu non nécrosé, œdémateux, congestif, infiltré de polynucléaires, histiocytes, macrophages. Bande externe congestive.

  • Aspects macroscopiques : Zone centrale blanc-jaunâtre, ferme/molle, forme triangulaire/quadrangulaire, limites nettes. Mince liséré gris clair (tissus infiltrés). Bande congestive externe, rouge violacée.

  • Aspects évolutifs et physiopathologiques : Début indécelable (4-12h pour myocardique). ME révèle altérations cellulaires précoces (gonflement mitochondrial, dilatation R.E.). Évolution comme foyer inflammatoire : œdème, polynucléaires, histiocytes, vasodilatation. Résorption par leucocytes remplacement par tissu conjonctif. Infarctus vieilli : zone amincie/rétractée de sclérose cicatricielle blanchâtre. Ischémie tissulaire cérébrale nécrose de liquéfaction (ramollissement cérébral). Résorption peut laisser une cavité kystique. Infection infarctus suppuré.

b. Infarctus rouge

Lieux d'élection : poumons, intestins (organes creux à tissus lâches). Occlusion artérielle + perturbations du réseau veineux.

  • Microscopie : Zone centrale de nécrose hémorragique (contours alvéolaires pulmonaires reconnaissables). Liséré périphérique de parenchyme pulmonaire (alvéoles remplies d'œdème, polynucléaires, histiocytes). Bande externe congestive.

  • Macroscopie : Tissu gorgé de sang noirâtre, induré, limites précises (quadrangulaire/triangulaires), base vers la plèvre, sommet hilaire où se trouve l'artère oblitérée.

  • Aspects évolutifs et physiopathologiques : Brève ischémie pâle, puis congestion intense et inondation hémorragique avec nécrose. Réaction inflammatoire périphérique, cicatrisation. Sclérose cicatricielle peut conserver des pigments d'hémosidérine (brune). L'afflux de sang secondaire s'explique par :

    • Artères collatérales temporairement imperméables/insuffisantes.

    • Reflux veineux dans les tissus ischémiques.

    • Gêne à l'écoulement veineux, ou thrombose veineuse concomitante.

    • Nouvel accès de sang artériel si spasme levé ou embole mobilisé.

    • Perturbations hémodynamiques complexes et successives.

    • Nécrose exsangue + vasoconstriction artériolaire réflexe vasodilatation réflexe par anoxie reflux de sang veineux et inondation.

    Un infarctus peut passer par un stade exsangue transitoire (poumon), ou être d'emblée rouge (poumon des cardiaques). L'infarctus rouge pulmonaire (double système artériel) résulte de l'inondation sanguine, rôle des perturbations hémorragiques et ouverture des anastomoses artério-artérielles et artérioveineuses.

c. Infarcissement hémorragique

Affecte poumons, rein, rate (thrombose veineuse), intestin grêle (thrombose mésentérique), surrénale (thrombose de la veine surrénalienne). Aspects similaires à l'infarctus rouge. Contours moins tranchés, dominance d'œdème, hémorragie et congestion passive. Diagnostic confirmé par étude vasculaire minutieuse.

d. Apoplexie

Organes atteints : viscères digestifs, sphère génitale, cerveau, glandes endocrines. Hémorragie par érythrodiapédèse et nécrose tissulaire sans oblitération vasculaire. Suffusions hémorragiques, exsudation œdémateuse, nécrose diffuse sans limites nettes. Évolution : comme foyer de nécrose hémorragique, tendance à l'enkystement.

3. Corrélations anatomocliniques

a. Répercussion générale

Petits infarctus : asymptomatiques. Autres : douleur subite, irradiée, choc. Mort subite ou immédiate (choc irréversible, insuffisance fonctionnelle aiguë du myocarde). Insuffisance fonctionnelle progressive mort différée (insuffisance rénale). Topographie/étendue de la nécrose commandent les symptômes (dyspnée/hémoptysie dans l'infarctus pulmonaire; ECG anormal, chute tensionnelle, troubles du rythme dans l'infarctus du myocarde).

b. Répercussions locales

Nécrose ischémique : déformations, atrophie, destruction partielle/totale des organes. Rupture d'un organe (cœur hémopéricarde; rate hémopéritoine; perforation intestinale péritonite). Altérations de voisinage peuvent aider au diagnostic : péricardite (infarctus du myocarde), pleurite (infarctus pulmonaire).

I. Choc

Définition : État de défaillance circulatoire aiguë entraînant une mauvaise irrigation sanguine des tissus et une anoxie cellulaire rapide.

1. Aperçu physiopathologique

Perturbations hémodynamiques et métaboliques complexes.

a. Facteurs étiologiques

Hémorragie, traumatisme, chirurgie, acte obstétrical, choc cardiaque (infarctus), infection, déshydratation, toxine, insuffisance endocrinienne.

b. Réduction du volume sanguin

Tous les facteurs réduisent le volume sanguin.

  • Diminution du retour veineux : Choc hypovolémique (réelle) ou diminution apparente (séquestration/croupissement du sang par vasoconstriction ou vasodilatation intense avec stase).

  • Diminution du débit cardiaque gauche : Primitive (choc cardiogénique par lésion comme infarctus, tamponnade) ou secondaire (réduction du retour veineux droit, altérations métaboliques).

  • Anoxie et cercle vicieux : Gêne à la perfusion tissulaire anoxie/hypoxie, mot-clé du choc.

    • Anoxie bouleversements métaboliques production de substances toxiques (glycolyse anaérobie, acidose métabolique).

    • Anoxie induit une vasodilatation réflexe après vasoconstriction stase amplification de la séquestration périphérique aggravation du retour veineux.

    • Produits anormaux troubles et dégénérescence cellulaire (endothélium capillaire) modification de perméabilité, extravasation, déséquilibre liquidien/électrolytique.

    • Produits anormaux effets à distance (rein, cerveau, myocarde) défaillance cardiaque gauche amplifiée.

    L'anoxie accentue la réduction du volume sanguin et du débit cardiaque, créant un cercle vicieux. Les mécanismes compensateurs neuro-hormonaux et endocriniens sont finalement débordés.

2. Aperçu morphologique et évolutif

Souffrance et dégénérescence cellulaire dans de nombreux tissus. Lésions diffuses d'œdème, hémorragie, microthrombose, amas d'hématies dans les capillaires. Foyers de nécrose (organes irrigués par sinusoïdes).

  • Foie de choc : Nécrose centrolobulaire (fines marbrures jaunâtres).

  • Cœur de choc : Nécrose sous-endocardique.

  • Poumon de choc : Nécrose d'allure apoplectique.

  • Estomac et intestin de choc : Petits placards rouges (exulcérations hémorragiques, ulcérations de stress).

  • Rein de choc : Nécrose tubulaire aiguë (rupture membrane basale des tubes, œdème interstitiel). Gonflement/éclatement des mitochondries, désorganisation du R.E. Tubes contiennent cylindres grumeleux, pigmentés (hémoglobine désintégrée, débris cellulaires). Lésions segmentaires, focales, respectent les glomérules (sauf nécrose corticale). Macroscopie : cortex pâle/hypertrophié, pyramides brun-rouge. Tubulopathie aiguë insuffisance rénale aiguë avec oligoanurie. Peut guérir avec régénération.

3. Corrélations anatomocliniques

Froideur/pâleur ou cyanose des téguments, sudation excessive, pouls rapide/filant, hypotension artérielle, hyperventilation pulmonaire, lipothymie, perte de connaissance.

V. Inflammation

A. Définition

Ensemble des réactions tissulaires et humorales, locales et générales, de l'organisme à toute agression perturbant son équilibre biologique. Séquence d'événements ordonnés visant à :

  1. Neutraliser l'agent agressif.

  2. Limiter son action.

  3. Réparer les tissus altérés.

Réaction d'abord locale, peut se généraliser. La tétrade de Celse (rubor, tumor, cum calore et dolore) et le 5e signe de Galien/Virchow (functio laesa) décrivent ses traits cliniques.

B. Étiologie : Agents Phlogogènes

Agents capables d'altérer l'intégrité de l'organisme et de déclencher une réaction inflammatoire.

1. Agents phlogogènes exogènes

  1. Physiques : Traumatismes (coupure, morsure, contusion, vibrations, pressions, blast injury), chaleur, froid, énergie électrique, radiations ionisantes, UV.

  2. Chimiques : Acides, bases, substances minérales/organiques, toxines microbiennes, histamine, protéines étrangères, venins animaux, toxines végétales, corps cristallins (poussières minérales). Substances endogènes hors de leur milieu naturel (urines).

  3. Biologiques : Virus, bactéries, champignons, parasites.

2. Agents phlogogènes endogènes

  1. Substance endogène hors de son milieu naturel (urines extravasées).

  2. Tissu nécrosé persistant.

3. Causes immunologiques

Complexes Ag-Ac, réactions allergiques. Plusieurs agents s'associent souvent, entraînant destruction et altération tissulaire. Le déséquilibre biologique processus de régulation (homéostasie). Peut être physiologique ou pathologique (inflammation-maladie).

C. Aperçu Morphologique

1. Étude analytique de l'inflammation

a. Réaction vasculaire

  1. Changements hémodynamiques :

    • Vasoconstriction brève et transitoire.

    • Vasodilatation longue :

      • Augmentation du débit sanguin augmentation de pression hydrostatique, sortie de liquides, augmentation de la viscosité sanguine, stase thrombose.

      • Augmentation de la perméabilité vasculaire sortie de liquides et protéines diminution de la pression oncotique, amplification de sortie de liquides.

      • Margination et adhésion des éléments figurés du sang à la paroi vasculaire.

  2. Changements morphologiques : Cellules endothéliales s'écartent, laissant des pertuis.

b. Réaction cellulaire

Les leucocytes (GB) sortent des vaisseaux par émigration ou leucodiapédèse vers l'agent agressif (chimiotactisme). Les polynucléaires neutrophiles sont les premiers mobilisés. La sortie des GB diminution des GB, Hyperleucocytose compensatrice par la moelle osseuse. Les globules rouges (GR) sortent par érythrodiapédèse. Résultat final : exsudat inflammatoire (liquides, protéines) et infiltrat inflammatoire (éléments figurés).

c. Réaction lymphatique

Le système lymphatique draine le foyer inflammatoire. Les vaisseaux lymphatiques conduisent les éléments aux ganglions lymphatiques (barrière). Pathologies : lymphangite (inflammation des vaisseaux lymphatiques), lymphadénite (inflammation ganglionnaire).

d. Médiateurs chimiques de l'inflammation

Substances vasoactives capables de provoquer un ou plusieurs phénomènes vasculaires inflammatoires, mais pas tous isolément.

  1. Amines : Histamine, sérotonine. Agissent transitoirement au début (vasodilatation).

  2. Protéases : Plasmine, kallicréine, facteur globulinique de perméabilité.

  3. Polypeptides : Bradykinine, kallidine. Agissent plus tard.

  4. Substances diverses : Complexes Ag-Ac, ARN, facteur ganglionnaire de perméabilité, facteurs lysosomiaux.

e. Chimiotactisme

Choix d'une direction par la cellule en réponse à un stimulus chimique. Positif (approche du stimulus), négatif (éloignement). Substances chimiotactiques : cytotaxine (action directe), cytotaxigène (action indirecte, induit cytotaxine).

2. Aspect typique (ex: plaie cutanée aseptique)

a. Phase Altérative ou d'agression

Hémorragie initiale, caillot, destruction cellulaire. Foyer latent.

b. Phase réactionnelle

  1. Période vasculo-exsudative : Vasodilatation du derme, capillaires dilatés, tissu conjonctif distendu par liquide séro-albumineux. Polynucléaires apparaissent, franchissent la paroi. Fibrine du caillot et débris résorbés. Macroscopie : tuméfaction (tumor), halo rouge (rubor), chaleur (calore), douleur (dolore). Surosité trouble et jaunâtre (croûte fragile).

  2. Période productive : Plaie se remplit de néocapillaires sanguins (cellules endothéliales turgescentes/mitotiques, bourgeonnement). Entourés de polynucléaires et histiocytes. Formation du tissu inflammatoire de granulation (tissu rougeâtre, granuleux, bourgeonnant, saignant). Constitué de bourgeons charnus (néocapillaires en crosse, tissu conjonctif, cellules inflammatoires).

c. Phase de réparation

Le tissu de granulation comble la perte de substance. Ré-épithélialisation par glissement des cellules épithéliales des bords vers le centre. Le tissu conjonctivo-vasculaire des bourgeons mature, élabore du collagène. Plaie devient une cicatrice (ligne claire qui s'estompe). Processus appelé cicatrisation.

3. Aspects topographiques divers

Le processus inflammatoire est unique, mais ne peut se dérouler qu'en milieu conjonctif (modifications vasculaires, cellules sanguines). Tissu non vascularisé (épithélium) ne peut être le siège d'une inflammation primitive (sauf virale).

4. Déductions biologiques : de l'agression à la réparation

L'inflammation est le chemin le plus court vers la réparation. C'est un processus de régulation, non pathologique en soi. Physiologique (profonde, inaperçue) ou pathologique (maladie).

Schéma de la Physiopathologie de l'Inflammation

Agent agresseur Médiateurs chimiques Substances diverses






5. Inflammation septique et aseptique

  • Inflammation septique (infection) : Due à un germe pathogène. Localisée (appendicite, panaris) ou généralisée (septicémie). Si purulente et disséminée : septicopyohémie.

  • Inflammation aseptique : Sans germe pathogène. Habituellement localisée.

Une inflammation aseptique peut se compliquer d'une septique (contamination de plaie opératoire). L'infection est toujours un phénomène inflammatoire, mais l'inflammation n'est pas toujours infectieuse.

6. Essai de synthèse dynamique de l'inflammation

Processus en chaîne, mécanismes régionaux et généraux.

a. Facteurs régionaux

  1. Systèmes cellulaire et immunitaire de défense : Non spécifique (polynucléaires, macrophages, opsonines) et spécifique (lymphocytes, plasmocytes, immunité cellulaire/humorale).

  2. Système de défense de l'intégrité vasculaire : Fibrinolyse et coagulation contre obstruction et rupture. Plasmine, facteurs de coagulation.

  3. Système de régulation circulatoire locale : Règle le débit sanguin. Implique formations neuromusculaires, mastocytes, et facteurs humoraux : kinines.

    1. Kinines (Bradykinine, Kallidine) : Polypeptides vasodilatateurs, stimulant le muscle lisse, augmentant la perméabilité capillaire. Libération par kallicréines (à partir de kininogène). Très brève durée de vie, inactivées par kininases.

    2. Kinines : médiateurs chimiques de l'inflammation : Voie finale commune. Le facteur Hageman active Pf/dil qui transforme le Kallicréinogène en kallicréine. Plasmine libère kinines. Protéases acides (leucokinogénases) des leucocytes catalysent la formation de leucokinines. Complexes Ag-Ac activent facteur Hageman. Fractions du complément déchargent histamine/sérotonine par les mastocytes, qui induisent kinines.

    3. Kinines : déclenchement et entretien de l'inflammation : Histamine/sérotonine (mastocytes) vasodilatation veineuse, exsudation, douleur (tétrade de Celse). Action relais par kinines (bradykinine) margination plaquetto-leucocytaire, diapédèse. Puis "médiateurs de seconde intention" (exsudine, leucotaxine, LPF, nécropsie) entretiennent/relancent l'inflammation. Auto-contrôle par homéostasie (chute , pH baisse diminution des polynucléaires, activation des kininases extinction). Si défense insuffisante, devient "inflammation-maladie".

b. Facteurs généraux : réactions générales de l'inflammation-maladie

  1. Fièvre : Jamais immédiate. Pyrogènes extrinsèques (agents infectieux, endotoxines) ou intrinsèques (protéines des polynucléaires, pyrexine).

  2. Réactions neuroendocrines : Hormones et système nerveux participent. Hormones prophlogistiques et antinécrotiques (minéralocorticoïdes, STH, TSH) agissent sur la substance fondamentale, concentration Na+/K+. Hormones antiphlogistiques et pronécrotiques (corticoïdes, ACTH) bloquent phénomènes vasculaires/cellulaires de l'inflammation aiguë, augmentent les antiprotéases, inhibent la mobilité des leucocytes, lymphocytolyse, dépriment réactions immunitaires. L'axe hypothalamo-hypophyso-surrénalien et sympatho-médullosurrénalien interviennent. Le SNC contribue à la douleur.

D. La Nomenclature de l'Inflammation

Règle générale : Ajouter le suffixe "-ite" au radical français, latin ou grec désignant l'organe/tissu.

Exemples de nomenclature de l'inflammation :

Inflammation de

Dénomination

Peau: derme

Dermite

Hypoderme

Hypodermite

Yeux: Conjonctive

Conjonctivite

Cornée

Kératite

Paupière

Blépharite

Iris

Iritis

Rétine

Rétinite

Oreille

Otite

Bouche

Stomatite

Langue

Glossite

Lèvre

Chéilite

Gencive

Gingivite

Muqueuse nasale

Rhinite

Pharynx

Pharyngite

Sinus

Sinusite

Larynx

Laryngite

Trachée

Trachéite

Sein

Mastite

Vaisseau

Vasculite, Vascularite, Angéite

Vaisseau lymphatique

Lymphangite

Veine

Phlébite

Artère

Artérite

Tendon

Tendinite

Muscle

Myosite

Articulation

Arthrite

Encéphale (Cerveau)

Encéphalite

Méninge

Méningite

Système génital féminin: Vulve

Vulvite

Vagin

Vaginite ou colpite

Col utérin

Cervicite

Endomètre

Endométrite

Trompes

Salpingite

Ovaire

Ovarite

Système génital masculin: Testicule

Orchite

Gland

Balanite

Prépuce

Prépucite

Gland et Prépuce

Balano-posthite

Système digestif: Œsophage

Œsophagite

Estomac

Gastrite

Intestin grêle

Entérite

Gros intestin

Colite

Rectum

Rectite

Foie

Hépatite

Rate

Splénite

Vésicule biliaire

Cholécystite

Voies biliaires

Cholangite

Système urinaire: Rein

Néphrite

Rein et bassinet

Pyélonéphrite

Uretère

Ureterite

Urètre

Urétrite

Vessie

Cystite

Os

Ostéite

Ongle

Onychite

Glande salivaire

Sialadénite

Parotide

Parotidite

Poumon

Pneumonie

Plèvre

Pleurésie, Pleurite

E. Formes Anatomocliniques de l'Inflammation

1. Variations mineures du processus inflammatoire

La vitesse de cicatrisation est influencée par l'âge, la localisation (cuir chevelu > dos, paume > dos de la main), et l'équilibre nutritionnel.

2. Formes anatomocliniques : aiguë, subaiguë, chronique

a. Principales formes

  1. Inflammation vasculo-exsudative : Presque toujours aiguë, exagération des processus vasomoteurs.

    • Inflammation congestive/hémorragique : Vasodilatation intense et brutale. Congestion rouge vif, battements douloureux. Peut entraîner rupture capillaire ou érythrodiapédèse hémorragies (varicelle/variole hémorragique, septicémie à méningocoque).

    • Inflammation séreuse/catarrhale : Imbibition des tissus par exsudat séro-albumineux (séreuse ou œdémateuse). Forme spéciale catarrhale : exsudation albumineuse + hypersécrétion muqueuse (bronchite, cervicite, rhinite catarrhale).

    • Inflammation fibrineuse : Extravasation de fibrinogène et formation de fibrine. En surface des séreuses (sérite fibrineuse), des épithéliums (fausses membranes ou inflammation pseudomembraneuse), ou en profondeur (alvéolite fibrineuse).

    • Inflammation thrombosante : Thromboses multiples oblitérant petits vaisseaux. Ampleur significative si l'agresseur touche cœur et gros vaisseaux.

    • Inflammation purulente ou suppurée : Exsudation massive de polynucléaires, qui libèrent enzymes lysosomales et sont détruits.

      • Pus/Suppuration : Exsudat louche, multiples polynucléaires nécrosés (pyocytes ou globules de pus). Causes : microbes pyogènes (streptocoques, staphylocoques).

      • Empyème : Accumulation de pus dans une cavité naturelle close (plèvre, sinus).

      • Phlegmon : Inflammation suppurée diffuse.

      • Abcès : Inflammation suppurée localisée, délimitée par une membrane pyogénique.

      • Évolution du foyer purulent : Désintégration/digestion tissulaire fistulisation avec évacuation du pus. Incisé chirurgicalement détersion et cicatrisation.

    • Inflammation gangreneuse : Combinaison de thrombose vasculaire brutale nécrose ischémique, et exsudation séreuse abondante avec diapédèse modérée. Agents : germes du groupe Clostridium.

  2. Inflammation cellulaire (subaiguë ou chronique) : Prédominance des phénomènes cellulaires intra-tissulaires. Deux types : simple et granulomateuse.

    • Inflammation lymphohistiocytaire simple : Infiltrat diffus de lymphocytes, plasmocytes, histiocytes, parfois prolifération fibrovasculaire. Également appelée inflammation subaiguë simple. Mécanisme de défense immunitaire (persistance antigénique, sensibilisation).

    • Inflammation chronique simple : Réaction des tissus vivants combinée à réparation et régénération.

      • Facteurs étiologiques : Agents biologiques persistants (bactéries, virus, parasites, champignons), agents inertes (talc, poussière), agents physiques (rayons X, UV), chimiques (alcool), particulaires (silice, tabac), irritations mécaniques prolongées (stérilet), facteurs nutritionnels (ulcère variqueux), immunologiques (hypersensibilisation), inconnus.

      • Caractéristiques histopathologiques : Phénomènes prolifératifs (fibroblastes, cellules endothéliales, histiocytes). Exsudat atténué. Infiltrat inflammatoire (lymphocytes, plasmocytes avec corps de Russel, macrophages).

        • Macrophages (phagocytose) : Monocytes, histiocytes.

        • Cellules épithélioïdes/endothélioïdes : Histiocytes regroupés en amas syncytiaux (granulomes).

        • Cellules géantes multinucléées :

          • Cellule géante de Langhans : Noyaux disposés en anneau/demi-cercle périphérique. Tuberculose, syphilis, maladie de Crohn, lèpre, sarcoïdose, mycoses, granulome vénérien.

          • Cellule géante de Touton : Noyaux regroupés au centre. Xanthogranulome.

          • Cellules géantes de Whartin-Finkeldey : Très nombreux noyaux au centre (morula). Rougeole.

          • Cellules géantes de type corps étranger : Noyaux disposés au hasard. Corps astéroïdes/de Schauman dans la sarcoïdose.

        • Autres cellules : Lymphocytes, plasmocytes, fibroblastes, cellules endothéliales. Rares ou absents : polynucléaires éosinophiles/neutrophiles.

      • Conséquences : Perte de substance, fibrose (strictures, contractures, adhérences, synéchies), régénération excessive (cancer), conséquences systémiques (fièvre, anémie, amaigrissement, anticorps).

    • Inflammation granulomateuse non spécifique : Formation de granulomes inflammatoires (amas de cellules libres, prédominance d'histiocytes, cellules lymphoplasmocytaires/granulocytaires). Masse macro ou microscopique de tissu anormal, prolifération de fibroblastes, cellules endothéliales, histiocytes, infiltrat inflammatoire. Granulome polymorphe lymphohistiocytaire commun.

    • Inflammations granulomateuses spécifiques ou tuberculoïdes épithélio-giganto-cellulaires : Granulomes spécifiques permettant d'identifier l'étiologie (spécificité de groupe).

      • Pathogénie : Résistance aux enzymes, agent agressif insoluble, insuffisance de défense, agent persistant.

      • Types de granulomes : Infectieux (BK, BH, spirochète, champignons), parasitaires (schistosome, onchorcerques), à corps étranger (agents endo/exogènes), de causes inconnues (sarcoïdose).

      • Quelques types d'inflammation :

        • Tuberculose : Lésion élémentaire = tubercule ou follicule tuberculoïde (cellules épithélioïdes, cellules géantes de Langhans, couronne lympho-plasmocytaire). 5 types de tubercules : épithélioïde, caséo-nodulaire, fibro-caséeux, fibroblastique, calcifié. Tuberculose touchant tous les organes (poumons, ganglions, foie, vertèbres - Mal de Pott, articulations - tumeur blanche, reins - rein mastic, peau - lupus vulgaris, organes génitaux - orchi-épididymite, ménage - tuberculomes, méningo-encéphalite).

        • Lèpre : 4 types histopathologiques (lépromateuse, tuberculoïde, intermédiaire, indéterminée).

          Caractéristiques

          Lèpre Lépromateuse

          Lèpre Tuberculoïde

          Contagion

          +++

          ++

          Nombre de bactéries

          +++

          ++

          Histopathologie

          - Cellules de Virchow (histiocytes spumeux)
          - Lymphocytes

          - Granulomes épithélioïdes avec cellules géantes
          - Infiltrat lymphoplasmocytaire

          Clinique

          Nodules (faciès léonin)

          Macules hypochromiques

          Réaction de Mitsuda

          Négative (forte atteinte immunitaire)

          Positive

          Lèpre indéterminée : infiltrat inflammatoire chronique banal périannexiel et périnerveux. Identification du bacille de Hansen (BH) par coloration de Ziehl, caractéristique Fite-Farago.

        • Syphilis :

          • Stades primaire/secondaire précoce : chancre syphilitique, lymphadénopathie. Histopathologie : vascularite, infiltrat lymphoplasmocytaire (corps de Russel).

          • Stades secondaire tardif/tertiaire : nodules ulcérés à consistance gommeuse. Histopathologie : granulomes épithélioïdes (cellules géantes de Langhans), foyers de nécrose gommeuse.

        • Mycoses : Mycoses profondes (actinomycose, candidose, cryptococcose, aspergillose, histoplasmose).

        • Sarcoïdose : Inflammation granulomateuse d'origine inconnue. Granulomes confluent, cellules géantes de type corps étranger avec corps astéroïdes/de Schauman, sans nécrose caséeuse. Test de Kveim positif.

        • Granulome vénérien (inguinal, Donovanose) : Présence de corps de Donovan.

        • Maladie de Crohn : Inflammation granulomateuse d'origine inconnue du tube digestif, surtout iléon (iléite terminale). Macroscopie : nodules séparés par ulcérations profondes ("chaussée romaine"). Histologie : infiltrat inflammatoire transmural.

c. Évolution de l'inflammation dans le temps

  1. Inflammation aiguë : Quelques jours à 2-3 semaines. Phénomènes vasculo-exsudatifs très marqués.

  2. Inflammation subaiguë : 3 semaines à quelques mois. Atténuation des phénomènes inflammatoires, apparition de phénomènes prolifératifs.

  3. Inflammation chronique : Plusieurs mois à toute la vie.

  4. Inflammation récurrente : Agent pathogène agit par intermittence (mélange aigu, subaigu, chronique). Ex: Appendicite.

Passage entre les formes : une aiguë peut être suivie d'une subaiguë, puis chronique. Ou chronique d'emblée (abcès froid). Les thérapeutiques (antibiotiques, antimitotiques, immunodépresseurs) modifient profondément l'évolution.

F. Anomalies de l'Inflammation

1. Plaie Atone

Tissu de granulation ne se forme pas ou à minima. Bourgeons charnus atrophiés, peu de capillaires, interstitiel densifié. Plaie à fond sanieux, grisâtre, épithélium pâle, flétri, épaissi. Pas de cicatrisation. Causes : diabète, troubles trophiques vasculaires.

2. Bourgeon Charnu Hyperplasique

Angiome hyperplasique, granulome pyogénique, pseudobotryomycome. Développement excessif d'un bourgeon charnu (facteurs irritatifs/infectieux). Microscopie : caricature de bourgeon charnu, production exagérée de capillaires endothélium hyperplasique, éléments inflammatoires. Macroscopie : petite tuméfaction surélevée, polypoïde, rouge vif, framboisée, saignant facilement.

3. Chéloïde

Hyperplasie conjonctive spéciale après inflammation (derme). Microscopie : tissu chéloïdien comparable à cicatrice fibreuse mais plus abondant, riche en fibroblastes et nappes de collagène, bandes de fibrino-hyaline. Prolifération fibreuse nodulaire ou diffuse. Macroscopie : exubérante, blanchâtre/rosée, ferme, irrégulière, dépasse la cicatrice primitive. Épiderme lisse et luisant.

4. Hyperplasie Inflammatoire ou Hyperplasie Pseudo-Carcinomateuse

Intéresse l'épithélium autour du foyer inflammatoire. Microscopie : travées épithéliales désordonnées, entourées de polynucléaires/lymphoplasmocytes, infiltrant les tissus adjacents (simule cancer). L'hyperplasie conjonctive polymorphe peut aussi simuler un cancer (pseudosarcomateuse).

5. Sclérose Rétractile

Sclérose atrophique et extensive du tissu conjonctif développé en profondeur des bourgeons charnus.

6. Cicatrice Vicieuse et Pseudotumeur Inflammatoire

Remaînements complexes, aboutissent à des masses irrégulières simulant des tumeurs (pseudotumeurs inflammatoires). Sites : poumons, cæcum, sigmoïde.

7. Pseudokystes Nécrosés et Suppurés

Évolution anormale d'un foyer purulent. Abcès collecté, processus s'atténue sans fistulisation. Membrane pyogénique s'organise en paroi conjonctive épaissie par fibrose. Pseudokyste stable, guérison par ouverture chirurgicale.

8. Neurome d'Amputation

Anomalie de cicatrisation après section traumatique d'un nerf. Masse sphérique, fibreuse, douloureuse dans laquelle le moignon d'un nerf est enfoui.

9. Cancérisation

Possible mais exceptionnelle.

VI. Oncologie Générale

A. Définitions

L'oncologie est l'étude des tumeurs vraies (néoplasmes). Une tumeur est une édification cellulaire persistante résultant d'une croissance anormale de cellules nées sur place. C'est un massif tissulaire de lignée cellulaire nouvelle, non soumise aux règles d'homéostasie, faisant preuve d'autonomie biologique. Explique les termes néoplasme, néoplasie, néoformation. Selon Willis, une masse anormale de tissu dont la croissance est excessive et incoordonnée, persistant après la suppression des stimuli.

B. Nomenclature Générale. Terminologie

L'étiologie et la pathogénie encore obscures rendent la classification difficile.

1. Bases de la nomenclature

a. Bases morphologiques ou histogénétiques

Structure de la tumeur ressemble au tissu d'origine ("tissu matriciel", "homologue", "originel"). Tout tissu peut engendrer une tumeur bénigne ou maligne.

b. Bases embryologiques ou composition histologique

Tumeurs avec architecture comparable aux tissus issus des 3 feuillets embryonnaires (ectoblaste, mésoblaste, endoblaste) ou d'un blastème.

c. Bases anatomocliniques (Comportement biologique)

  1. Tumeurs bénignes : Refoulent les tissus environnants sans les envahir, localisées, cellules peu proliférantes, bien différenciées.

  2. Tumeurs malignes (cancers) : Détruisent, envahissent, donnent des métastases (tumeurs-filles à distance), récidivent. Cellules proliférantes, différenciées ou non. (Cancer vient du latin cancer = crabe).

  3. Tumeurs à malignité mitigée : Pas les caractères des malignes, mais récidives locales après exérèse complète.

2. Application pratique

Majorité des tumeurs sont unitissulaires. Certains néoplasmes sont pluritissulaires et monodermiques (diverses potentialités de différenciation). Des tumeurs pluritissulaires et polydermiques (structures issues de 2 ou 3 feuillets).

a. Principales catégories des tumeurs

  1. Tumeurs épithéliales : Unissulaires.

    • Bénignes.

    • Malignes : Carcinomes (grec carcinos = crabe) ou épithéliomas.

  2. Tumeurs mésenchymateuses : Unissulaires. (Tissus conjonctifs, ostéocartilagineux, mous, squelettiques).

    • Bénignes.

    • Malignes : Sarcomes (grec sarx = chair).

  3. Tumeurs embryonnaires : Uni ou pluritissulaires. Simples ou complexes, rappelant un tissu embryonnaire ou un blastème (sarcome embryonnaire, néphroblastome). Peuvent rappeler divers stades de différenciation (tératome, dysembryome).

  4. Tumeurs de structures composites (Tumeurs Mixtes) :

    • Bénignes (structures associées, formes de transition) : épithéliales (adénoacanthome bénin), mésenchymateuses (fibrolipome, angiomyolipome), épithéliomésenchymateuses (adénofibrome/fibroadénome, adénome pléomorphe).

    • Malignes (structures diverses associées) : épithéliales (adénoacanthome malin, carcinome adénosquameux, carcinome muco-épidermoïde), mésenchymateuses (mésenchymome malin), épithéliomésenchymateuses (carcinosarcome, tumeur mixte mésodermique maligne).

b. Terminologie

Nom tumeur bénigne : suffixe "-ome" + radical tissu originel. Carcinome et Sarcome peuvent être suffixes (adénocarcinome, chondrosarcome) ou substantifs. "-Blastome" pour tumeurs à structure embryonnaire (néphroblastome, hépatoblastome). Variantes :

  • Condylome : Excroissance indurée épidermo-dermique des muqueuses anogénitales.

  • Viscères : radical de l'organe (hépatome, hépatocarcinome) plutôt que du tissu.

  • Tumeurs d'architecture/origine mal connues : appellation provisoire (sarcome alvéolaire des parties molles).

Terminologie habituelle des principales tumeurs :

Tissu Normal

Tumeur Bénigne

Tumeur Maligne

Tissu épithélial

  • Pavimenteux ou malpighien

  • Excrétourinaire ou paramalpighien

  • Cubique ou cylindrique de revêtement

  • Parenchyme glandulaire

  • Trophoblastique

  • Papillome, Condylome

  • Papillome transitionnel

  • Polyadénome

  • Adénome

  • Môle hydatiforme

Carcinome:

  • Carcinome épidermoïde ou malpighien ou spinocellulaire

  • Carcinome transitionnel

  • Adénocarcinome ou Carcinome glandulaire

  • Adénocarcinome ou Carcinome glandulaire

  • Choriocarcinome

Tissu mésenchymateux

  • Conjonctif commun

  • Adipeux

  • Cartilagineux

  • Osseux

  • Muscle lisse

  • Muscle strié

  • Hémolymphatique

  • Mésothélial

  • Vasculaire

  • Fibrome

  • Lipome

  • Chondrome

  • Ostéome, Ostéoblastome

  • Léiomyome

  • Rhabdomyome

  • Mésothéliome bénin

  • Hémangiome, Lymphangiome, Tumeur glomique

  • Fibrosarcome ou sarcome fibroblastique

  • Liposarcome ou sarcome lipoblastique

  • Chondrosarcome, Sarcome chondroblastique

  • Ostéosarcome ou Sarcome ostéogénique

  • Léiomyosarcome

  • Rhabdomyosarcome

  • Hématosarcome, Leucémie, syndromes prolifératifs variés.

  • Mésothéliome Malin

  • Angiosarcome ou Endothéliosarcome

C. Tumeur - Tuméfaction et Prolifération Cellulaire

De nombreux gonflements ne sont pas des tumeurs (abcès, cal de fracture, hématome).

1. Tumeur et inflammation

Beaucoup de masses inflammatoires simulent des tumeurs (pneumonie virale simulant carcinome bronchique, tuberculose iléo-cæcale simulant cancer).

2. Tumeur et hyperplasie

Hyperplasies (souvent par stimulation hormonale) régressent à la cessation du stimulus, n'ont rien de commun avec les tumeurs.

3. Tumeur, Dystrophie et Dysplasie

Vocables distincts des tumeurs. Synonymes caractérisant des lésions où la prolifération cellulaire ne reproduit pas des structures normalement agencées mais reste organoïde.

4. Tumeur et pseudotumeur

Tumeurs inflammatoires, hyperplasiques, dysplasiques sont des pseudotumeurs. Elles ne se transforment pas en cancer et ne sont pas précancéreuses.

D. Tumeurs Bénignes

Extrêmement fréquentes et ubiquitaires.

1. Critères de bénignité

  • Développement local.

  • Accroissement lent.

  • Refoule les tissus voisins sans les envahir.

  • Pas d'essaimage dans l'organisme.

  • Structure proche du tissu normal original.

2. Aperçu morphologique et physiopathologique

Croissance : Bénigne, mais indépendante des mécanismes de croissance normale des tissus jusqu'à un certain point. Le développement n'est pas anarchique.

a. Aspects microscopiques

Cellules ressemblent aux cellules adultes du tissu matriciel. Rapport noyau/cytoplasme normal, caryotype normal. Mitoses peu nombreuses, régulières. Organites normaux (sauf excès de mitochondries dans les oncocytes). Hyperplasie possible. Architecture générale imite le tissu normal (papillome, adénome, léiomyome, lipome). Tissu de soutien (stroma) également identifiable, sert de charpente et système d'échange. Peut être discret ou abondant (condylomes, fibroadénomes).

b. Aspects histologiques particuliers

  • Papillome : Exagération de l'architecture papillaire (peau, muqueuses). Végétations polymorphes (exophytique, inversé). Prolifération épithéliale avec acanthose. Participation conjonctive. Axe conjonctivo-vasculaire revêtu d'épithélium. Tumeur épithélio-conjonctive à prédominance épithéliale.

  • Condylome : Tumeur de même conformation, mais à prédominance conjonctive.

  • Adénome papillaire : Stroma conjonctivo-vasculaire émet des prolongements dans cavités glandulaires/tubulaires, tapissés d'épithélium.

  • Cystadénome : Creusé de cavités kystiques (dilatation, hypersécrétion, union de formations glandulaires). Il existe des cystadénomes papillaires.

c. Aspects macroscopiques

  • Croissance : Expansion lente, refoulement des tissus voisins. Bien circonscrites, souvent enveloppées d'une capsule (étirement des structures conjonctives périphériques). La capsule facilite l'énucléation chirurgicale. Néanmoins, certaines bénignes sont acapsulées (angiome, histiocytome).

  • Forme : Très variable. Exophytique, pédiculée (polype si muqueuse, molluscum pendulum si cutané). Ou nodules en profondeur.

  • Autres caractères : Consistance et couleur (lipome (mollasse, jaune), fibrome (ferme, rosé)). Taille et nombre très variables.

d. Aspects fonctionnels

Cellules néoplasiques fonctionnelles comme leurs homologues normales (maturation cornée, sécrétion de mucus, élaboration de graisse). Tumeurs bénignes des glandes endocrines peuvent être hormonosécrétantes (ex: nésidioblastome pancréatique sécrétant de l'insuline coma hypoglycémique; thécome ovarien sécrétant œstrogènes hémorragies). Phéochromocytome HTA paroxystique.

3. Aperçu évolutif

Croissance lente, locale, sans invasion/métastase. Mais présence d'aléas, parfois graves.

a. Bénignité et innocuité

Non synonymes. Bénignité oncologique n'exclut pas un comportement dangereux, parfois mortel :

  • Compression de structures anatomiques voisines (léiomyome utérin compression organes pelviens; méningiome compression du cortex cérébral).

  • Conséquences dramatiques des propriétés hormonesécrétantes.

b. Perturbations circulatoires

Œdème, hémorragies intratumorales. Remaniement du tissu conjonctif (sclérose, sclérohyalinose). Phénomènes inflammatoires. Anomalies cellulaires par troubles métaboliques locaux (non une transformation maligne).

c. Récidives

Non après exérèse complète. Sauf tumeurs endocrines si déséquilibre hormonal persiste. Fausse récidive après exérèse incomplète.

d. Transformation maligne

Exceptionnelle. Le problème des tumeurs semi-malignes ou à malignité atténuée.

e. Signification

  1. Tumeurs bénignes réactionnelles : Tumeurs inflammatoires (bourgeon charnu, chéloïde, neurome d'amputation), ou métaboliques (histiocytome, xanthome, angiohistiocytome).

  2. Tumeurs bénignes hyperplasiques et endocriniennes : Dérèglement hypothalamo-hypophyso-périphérique hyperplasie du parenchyme glandulaire (nodules thyroïdiens adénomateux, adénomes antéhypophysaires, hyperplasies ovariennes/testiculaires).

  3. Tumeurs bénignes dystrophiques ou dysplasiques : Certains nodules mammaires (fibroadénome intra et péricanalaire).

  4. Tumeurs bénignes dysgénétiques : Anomalies du développement embryonnaire.

    • Choristome : Massif d'apparence tumorale, présence dysgénésique de un ou plusieurs tissus/organes qui n'existent pas normalement (hétérotopie ou ectopie). Ex: rate scrotale, nodule corticosurrénalien paratesticulaire.

    • Hamartome : Massif d'apparence tumorale, assemblage hétéroclite de tissus identiques à ceux de l'organe où il s'implante (vice d'organisation localisé). Ex: nævus, angiome cutané (hamartomatose = phacomatose).

    • Tératome : Massif tumoral contenant des tissus ressemblant à ceux du développement (embryonnaire à adulte) par différenciation des 3 feuillets embryonnaires. Bénins s'ils ne possèdent que des tissus adultes et matures.

  5. Tumeurs bénignes virales : Molluscum contagiosum (poxvirus), papillomes (papovavirus), condylome acuminé, verrue.

  6. Tumeurs bénignes et agents carcinogènes : Agents physiques/chimiques peuvent donner des tumeurs bénignes (papillokératomes post-radiations ionisantes).

  7. Tumeurs bénignes de causes inconnues : Lipomes, fibromes.

VII. Les Tumeurs Malignes ou Cancers

Définition : Tumeur mal limitée, détruisant et infiltrant les tissus voisins, essaimant (métastases), récidivant, reproduisant fidèlement le tissu normal (souvent caricaturallement).

A. Critères habituels de bénignité et de malignité

Caractéristiques

Tumeur Bénigne

Tumeur Maligne

1. Comportement local

- Accroissement

- Lent, progressif

- Variable

- Extension

- Refoule sans envahir

- Envahit et détruit

- Limitation

- Circonscrite avec capsule

- Infiltration, sans capsule

- Récidive (vraie)

- Exceptionnelle

- Habituelle

2. Comportement général

- Essaimage

- Inexistant

- Métastases

- Effets sur l'hôte

- Nuls sauf complication

- Habituellement graves, souvent mortels

3. Structure histologique = critères histologiques

- Différenciée (du tissu matriciel normal)
- Absence d'atypisme cytonucléaire

- Différenciée
- Présence d'atypisme cytonucléaire:

  • Anisocytocaryose

  • Hyperchromatisme

  • Hypertrophie nucléaire

  • Nombreuses mitoses

B. Aperçu Morphologique et Physiologique

L'autonomie biologique de la tumeur maligne se manifeste par des altérations des cellules et des tissus néoformés, base du diagnostic.

1. La cellule cancéreuse

Aucune modification cellulaire n'est spécifique de malignité. Un ensemble d'altérations affectant un groupe de cellules, avec techniques irréprochables, mène au diagnostic cytologique de malignité.

a. Anomalies morphologiques

  1. Le noyau

    • Mitoses : Nombreuses et atypiques (synonymes de malignité, mais aussi dans proliférations embryonnaires, régénérations inflammatoires, tumeurs bénignes, enfants). Peuvent paraître rares si rapides.

    • Anomalies caryotypiques : Nombreuses, non spécifiques de malignité (ex: chromosome Philadelphie (Ph1) dans la leucémie myéloïde chronique).

    • Hypertrophie et hyperchromasie nucléaires : Classiques, mais non constantes. Dues à l'abondance du matériel chromosomique, répartition de la chromatine, augmentation du volume du nucléole et de l'ARN.

  2. Cytoplasme

    • Pauvreté courante, rapport nucléo-cytoplasmique () élevé.

    • Basophilie accentuée par polysomes libres riches en ARN.

    • Vacuoles et particules inconstantes (glycogène, lipoïdes, mucus, mélanine, kératine) par élaboration anormale ou rétention (ex: cellule en bague à chaton des cancers digestifs).

  3. Membrane cellulaire : Irrégulière, épaissie en MO. Microvillosités anormales et polymorphes en ME. Zones de jonctions (desmosomes) peuvent persister anormalement.

  4. Organites intracellulaires : Mitochondries raréfiées/altérées, ou en excès (cellules oncocytaires malignes). Appareil de Golgi hypertrophié, réticulum endoplasmique peu développé, ribosomes foisonnants.

b. Perturbations fonctionnelles

  1. Reproduction cellulaire : Prolifération autonome, anarchique et indéfinie.

    • Autonomie de reproduction : Échappe aux règles d'homéostasie, sauf cancers hormonodépendants.

    • Reproduction indéfinie : Se poursuit jusqu'à la mort de l'hôte ou contrôle thérapeutique. Des régressions spontanées possibles (défense immunitaire, hormonale, caryotype léthal des cellules cancéreuses).

    • Anarchie prolifératrice : Atypies cellulaires, répartition irrégulière des mitoses, anomalies de différenciation cellulaire indifférenciation.

  2. Métabolisme cellulaire : Plus actif que celui de la cellule normale, besoins énergétiques élevés.

  3. Responsabilité de la membrane cellulaire : Manque d'adhésivité perte de cohésion intercellulaire. Perte de l'inhibition de contact multiplication, chevauchement, cultures tridimensionnelles. Croissance irrégulière, non contrôlée, indéfinie = état de transformation cellulaire.

2. Tissu cancéreux

Architecture générale : Massifs, cordons de cellules qui infiltrent, dissocient, détruisent et remplacent les tissus environnants. Peut conserver ressemblance avec le tissu normal (bien différencié, moyennement différencié, peu différencié, indifférencié, anaplasique). Ubiquitaires.

3. Stroma tumoral

Charpente et système nourricier, plus développé dans les carcinomes que les sarcomes.

4. Répartition des tumeurs malignes selon leur différenciation

a. Carcinomes

  1. Carcinome épidermoïde (malpighien, spinocellulaire) :

    • Bien différencié mature kératinisant (orthokératosique, parakératosique, dyskératosique).

    • Différencié immature non kératinisant.

    • Peu différencié (basophiles, fusiformes sarcomatoïdes).

  2. Carcinome glandulaire : Différencié, moyennement différencié, atypique (polyadénoïde/cribriforme, cystadénocarcinome, trabéculaire). Peu différencié (non sécrétant, partiellement mucipare, mucipare à cellules indépendantes - bague à chaton, colloïde).

  3. Carcinome excréto-urinaire : Différencié, peu différencié.

  4. Carcinome indifférencié.

b. Sarcomes

Différencié, peu différencié, indifférencié.

c. Tumeurs de nature composite

  • Adénoacanthome malin : Adénocarcinome avec métaplasie malpighienne sans malignité.

  • Mésenchymome : Néoplasme unitissulaire avec contingents mésenchymateux variés, matures ou immatures. Deux types :

    • Angiofibrolipomyxome (rétropéritonéal, gaine des gros vaisseaux).

    • Mésenchymome hétéroclite (sarcome aux composants multiples).

  • Carcinosarcome : Intrication d'éléments épithéliaux et mésenchymateux. Souvent carcinome + sarcome en collision. Actuellement, plutôt un carcinome d'allure sarcomatoïde partielle.

B. Les Métastases

Définition : Formation secondaire d'un néoplasme malin à distance de la tumeur primaire, par passage et croissance de cellules cancéreuses viables.

1. Voies de Métastases

  • Voie lymphatique : Préférentielle des carcinomes. Nécessite l'examen des aires ganglionnaires.

  • Voie vasculaire sanguine : Préférentielle des sarcomes et choriocarcinomes. Voie veineuse plus importante (paroi artérielle plus résistante).

  • Voies naturelles : Œsophage, intestin, bronches, uretère, voies génitales.

  • Voie cœlomique ou de contiguïté : Organes dans la même cavité (péritonéale) métastasent entre eux (ex: tumeur de Krukenberg, métastase ovarienne d'un adénocarcinome gastrique).

  • Voie de continuité : Organes intimement liés métastasent entre eux (cancer rénal à la surrénale, foie à la vésicule biliaire, duodénum au pancréas).

  • Métastase par inoculation : Cellules cancéreuses d'un organe profond à la périphérie après acte chirurgical.

  • Métastases des métastases.

2. Facteurs influençant les métastases

  • Voies de dissémination.

  • Cohésion intercellulaire de la tumeur.

  • Longue durée de vie des cellules cancéreuses détachées.

  • Quantité suffisante de cellules cancéreuses transférées.

  • Architecture anormale de l'organe (facteur de terrain).

  • Thromboplastine tissulaire : diminuent le risque en favorisant les thromboses, bloquant les vaisseaux.

  • Traumatismes de la tumeur (acte chirurgical).

  • Inflammations (phénomènes vasculaires).

  • Facteurs iatrogènes (radiothérapie massive, chimiothérapie) diminuent la défense.

  • Stress (déséquilibre de l'organisme).

D. Formes Communes des Tumeurs

1. Les tumeurs mésenchymateuses

Du mésenchyme dérivent tissu conjonctif et musculaire.

a. Tissu fibreux

  1. Fibrome (bénigne) : Variante cutanée : dermatofibrome.

    • Maligne : Dermatofibrosarcome protubérant de Darier Ferrand (malignité mitigée). Histologiquement, prolifération dense de petites cellules fusiformes à noyau foncé, formant des structures en arêtes de poisson, rayons de roue ou aspect tourbillonnaire.

    • Franchement maligne : Fibrosarcome.

    • Fibrome desmoïde : Peu cellulaire, produit beaucoup de collagène.

b. Tissu adipeux

  1. Lipome (bénigne) :

    • Fibrolipome : lobules d'adipocytes séparés par tissu fibreux.

    • Angiolipome : adipocytes avec composante vasculaire.

    • Hibernome : prolifération de tissu adipeux multiloculaire ou brun (le lipome habituel est uniloculaire ou jaune).

  2. Liposarcome (maligne) :

    • Liposarcome polymorphe : cellules proliférantes de formes variables, atypisme cytonucléaire prononcé.

    • Liposarcome myxoïde : adipocytes atypiques dans un stroma myxoïde.

    • Liposarcome à cellules rondes : diagnostic différentiel avec les lymphomes.

c. Tissu musculaire

  1. Tissu musculaire lisse :

    • Léiomyome (bénigne) :

      • Angioléiomyome : fibres musculaires lisses + prolifération vasculaire.

      • Léiomyome épithélioïde (léiomyoblastome) : cellules musculaires lisses d'aspect épithélial, halo périnucléaire.

    • Le léiomyome est fréquent dans la paroi des vaisseaux, tube digestif, peau, utérus. Peut causer gynécomastie (sein). Utérin : sous-muqueux (hémorragies, stérilité, "état de naissance"), intramural, sous-séreux (sessile ou pédiculé, tumeur flottante péritonéale). Utérus polyléiomyomateux ("sac de pomme de terre"). Peut subir nécrose, hémorragies, calcification, fibrose, sclérose, dégénérescence kystique. Ne se cancérise pas. Plus fréquent chez les nullipares.

    • Léiomyosarcome (maligne) : Le plus souvent au tube digestif (contrairement au léiomyome utérin).

  2. Le muscle strié :

    • Rhabdomyome (bénigne) : très rare.

    • Rhabdomyosarcome (maligne) : très fréquente.

      • Rhabdomyosarcome embryonnaire (Botryoïde) : voies respiratoires, cavité génitale féminine (petites filles). Polypeuse. Fibres musculaires striées, cellules en boudin, striations transversales visibles en HE ou colorations spéciales.

      • Rhabdomyosarcome alvéolaire : cellules tumorales dans cavités en forme d'alvéoles.

      • Rhabdomyosarcome polymorphe : cellules tumorales pléomorphes, atypisme marqué, multinucléation.

d. Tissu myxoïde

Tumeur bénigne : myxome. Tumeur maligne : myxosarcome (pour certains, entité séparée ; pour d'autres, fibrosarcome, liposarcome ou chondrosarcome à stroma myxoïde).

e. Tissu mésenchymateux primitif

  • Mésenchymome bénin : Composé de plusieurs tissus mésenchymateux sans malignité.

  • Mésenchymome malin (sarcome mésodermique mixte) : Tumeur de tissu mésenchymateux multipotent, avec plusieurs composantes malignes (ostéosarcomateuse, chondrosarcomateuse, etc.).

2. Tumeurs épithéliales

a. Tumeur de l'Épithélium Malpighien

  1. Papillome ou Verrue : Tumeur végétante de la peau. Multiples structures en papille, chacune avec un axe conjonctivo-vasculaire couvert d'épithélium malpighien kératinisant.

  2. Carcinome Spinocellulaire (malpighien, épidermoïde) : Maligne, végétante, ulcéreuse ou infiltrante de la peau. Infiltre membrane basale, derme, hypoderme, muscle. 3 variantes : végétante (exophytique), ulcéreuse, endophytique (infiltrante). Histologiquement : cellules polyédriques du corps muqueux de Malpighi (desmosomes). Kératinisation possible (dyskératose individuelle, perles/globes cornés).

  3. Carcinome basocellulaire : Moins fréquent que spinocellulaire. Tumeur ombiliquée ou ulcère rongeant. Histologiquement : boyaux ou cordons cellulaires, aspect de palissade (cellules périphériques perpendiculaires), petites cellules basophiles, moins d'atypisme.

b. Épithélium transitionnel

Papillome à cellules transitionnelles et carcinome à cellules transitionnelles : mêmes caractéristiques que les malpighiens, mais ne kératinisent pas.

c. Épithélium cylindrique

  1. Polype : Tumeur avec stroma fibroblastique abondant recouvert d'épithélium cylindrique. Sessile ou pédiculé (polype en état de naissance si très long sur l'endomètre). Peut saigner, obstruer, causer stérilité. Peut se cancériser.

  2. Adénocarcinome : Maligne.

d. L'épithélium glandulaire

Tumeur bénigne : adénome. Composante maligne : adénocarcinome. Adénocarcinome : au tube digestif, 3 formes : exophytique (obstrue lumière, infiltre paroi, métastases ganglionnaires), ulcéreuse, endophytique (très infiltrante, squirrheuse si stroma fibreux abondant, ou linite plastique - induration de la paroi). Histologiquement : prolifération de structures glandulaires, cellules malignes. Produit mucus (déversé dans lumière, stroma - aspect gélatineux, inversion du pôle sécrétoire ; ou retenu dans cellule baguée - cellule en bague à chaton). Peut être bien, peu ou indifférencié. Les mucipares à cellules indépendantes sont des carcinomes peu différenciés.

3. Tumeurs mixtes

Le fibroadénome du sein : fréquent chez la jeune fille. Bénigne, ferme, encapsulée (extirpation facile). Section : blanc nacré, nodulaire. Histologiquement : prolifération fibroblastique + canaux galactophores. Intracanalaire (canaux comprimés, lumières aplaties en fentes) ou péricanalaire (autour des canaux, lumière béante). Mixte si les deux. Ne se cancérise pas. Forme à malignité mitigée : fibroadénome géant avec ulcération cutanée. Histologiquement, composante glandulaire toujours bénigne, mésenchymateuse peut être bénigne ou maligne. Appelé aussi cystosarcome phyllode.

4. Tumeur du tissu hématopoïétique ou du système des phagocytes mononucléés (SPM)

a. Tumeurs des globules rouges (GR) ;

b. Tumeurs des globules blancs (GB) : leucémies et lymphomes.

Lymphomes : lymphome ou Maladie de Hodgkin et Lymphomes Non Hodgkiniens. Maladie de Hodgkin : 4 types histologiques (prédominance lymphocytaire, scléronodulaire, cellularité mixte, déplétion lymphocytaire). Histologie : cellules de Hodgkin ou de Reed-Sternberg (grandes cellules mononucléées, gros noyau, gros nucléole éosinophile, halo clair, "œil de hibou"; bi/multinucléées, image en miroir) dans un environnement de cellules inflammatoires réactionnelles (lymphocytes, plasmocytes, histiocytes, polynucléaires neutrophiles et éosinophiles). Lymphomes non hodgkiniens : Prolifération néoplasique maligne de la composante lymphoïde (rarement histiocytaire).

D. Évaluation Clinique des Tumeurs

Détermine la nature histologique (typage), l'extension (staging), le degré de malignité (grade). Système TNM (T = tumeur, N = lymph nodes, M = métastases).

  • T0 : Tumeur non détectée cliniquement.

  • TIS : Cancer in situ (intraépithélial, sans infiltration du stroma).

  • T1 : Tumeur .

  • T2 : Tumeur .

  • T3 : Tumeur .

  • T4 : Tumeur infiltre les structures voisines.

  • N0 : Pas de ganglion atteint.

  • N1 : Ganglions homolatéraux, mobiles.

  • N2 : Atteinte ganglionnaire bilatérale.

  • N3 : Ganglions envahis, fixés aux plans profonds.

  • M0 : Pas de métastases.

  • M1, M2, M3, X : Nombre de sites de métastases.

E. Formes Spéciales de Cancer

1. Cancer à Malignité Mitigée ou Malignité Locale

Carcinome basocellulaire, tumeur mixte des glandes salivaires (adénome pléomorphe), carcinoïdes, fibrome desmoïde, dermatofibrosarcome protubérant de Darier-Ferrand.

2. Carcinome In Situ

Intraépithélial, n'a pas franchi la membrane basale. (Maladie de Bowen (peau), col utérin, prostate).

3. Carcinome ou Cancer Occulte

Se manifeste par des métastases, la tumeur primaire reste cliniquement cachée car minime. Ex: adénocarcinome de la prostate, thyroïde, nasopharyngé.

4. Carcinome Latent ou Cancer Latent

Tumeur maligne qui met du temps à donner des métastases. Ex: cancer du sein, prostate, thyroïde, rein.

5. Môle Hydatiforme

Tumeur bénigne des villosités placentaires, dégénérescence hydropique.

6. Choriocarcinome

Tumeur maligne de l'épithélium des villosités placentaires. Les deux (môle et choriocarcinome) produisent de fortes quantités de gonadotrophines.

7. Tumeur constituée de tissu embryonnaire

  • Néphroblastome (Tumeur de WILMS).

  • Neuroblastome : affecte la médullosurrénale, métastases au foie, cerveau, cuir chevelu. Caractérisé par rosettes neuroblastiques.

  • Rétinoblastome : tumeur de l'œil, homologue oculaire du neuroblastome.

  • Adamantinome ou Améloblastome : malignité mitigée, affection préférentielle des maxillaires (hypophyse, os longs comme le tibia).

F. Les Pseudocancers

Lésions prolifératives simulent un cancer (atypisme microscopique, invasion voisine, récidives), mais sans métastases. Ex: hyperplasie pseudocarcinomateuse (autour des ulcères tropicaux), pseudosarcome des tissus mous, myosite proliférante, myosite ossifiante.

G. Lésions Précancéreuses

Lésions ou maladies avec haute potentialité de cancérisation, pouvant devenir malignes ou être associées à des cancers.

1. Maladies non prolifératives à haut risque de cancer

Xérodermie pigmentaire, trisomie 21, inflammations (colite ulcérohémorragique, colite amibienne), ulcère peptique de l'estomac.

2. Maladies prolifératives

Neurofibrome (neurofibromatose de Von Recklinghausen), hyperplasie adénomateuse de l'endomètre, dysplasie fibrokystique du sein (Maladie de Reclus), lipome.

H. Les Lésions Paranéoplasiques

Lésions apparaissant au cours des cancers, aidant au diagnostic. Lésions organiques ou histologiques (pseudomélanome du côlon), dilatation des vaisseaux (hémorroïdes chez un patient avec hépatocarcinome).

I. La Biologie des Tumeurs

Certaines tumeurs acquièrent/recouvrent des propriétés embryonnaires (sécrétion de substances biologiques nouvelles ou embryonnaires, marqueurs de surface). La détection de ces substances permet le diagnostic biochimique. Le gène commandant leur synthèse est réactivé par la tumeur. Ex: Alpha-1 fœtoprotéine (sécrétée par carcinome hépatocellulaire).

Importance des protéines oncofoetales (marqueurs tumoraux) :

Applications

Buts

Dépistage

Mise au point de maladies asymptomatiques

Diagnostic

Différencier les tumeurs bénignes des cancers

Évaluation

Thérapie et récidives

Classification

Choix thérapie et pronostic

Staging

et radioimmunodétection des métastases

Localisation

Avec anticorps radioactifs

Thérapeutique

Agents cytotoxiques anti-cellules contenant les marqueurs

Types de marqueurs et leurs cancers associés :

Types de Marqueurs

Sigle

Cancers

Alpha-1 fœtoprotéine

Foie, tumeurs germinales

Gamma-glutamyl-transférase

Foie, tube digestif, gonades (ovarienne)

Antigène carcinoembryonnaire

ACE

Côlon, poumon, sein, pancréas

Gonadotrophines chorioniques

HCG

Trophoblaste, cellules germinales

Calcitonine

CT

Thyroïde

Phosphatase acide

PAP

Prostate

Marqueurs de surface

Divers

Lymphomes et autres

J. Progrès dans le Diagnostic des Tumeurs : Immunohistochimie des Tumeurs

1. Généralités

a. Définition

Méthode qui détermine l'origine d'un tissu normal ou néoplasique par la mise en évidence d'antigènes tissulaires.

b. But

En oncologie, déterminer l'histogenèse des tumeurs. Résout le problème diagnostique des tumeurs anaplasiques.

c. Principes

Recherche d'antigènes tissulaires avec anticorps spécifiques. Méthodes directes et indirectes.

  1. Méthode ou système avec marquage (directe ou indirecte)

    • Méthode directe avec marquage : Anticorps anti-Ag tissulaire X marqué.

    • Méthode indirecte avec marquage : Anticorps primaire anti-Ag X non marqué, puis anticorps secondaire marqué dirigé contre l'Ac primaire.

    • Méthode indirecte à 4 étapes : 1) Antisérum primaire aux Ag cellulaires. 2) Antisérum secondaire (pont) dirigé contre les Ig de l'Ac primaire et tertiaire. 3-4) Application d'un antisérum tertiaire (enzyme pure, ex: peroxydase) et un anticorps anti-peroxydase.

  2. Une réaction positive signifie que l'Ag a fixé l'Ac.

2. Approche immunohistochimique du diagnostic des tumeurs malignes

Détermine l'histogenèse des néoplasmes par recherche de filaments intermédiaires. La restine, un nouveau filament intermédiaire, est fortement exprimée par les cellules de Reed-Sternberg et les cellules malignes du Lymphome Anaplastique à grandes cellules.

Types de filaments intermédiaires :

Filaments Intermédiaires

Tissu

Tumeurs

Cytokératine

Épithélium

Carcinomes

Desmine

Muscle strié ou lisse

Rhabdomyosarcomes ou Léiomyosarcome

GFAP

Astroglie

Gliomes, Astrocytomes

Neurofilaments

Neurones

Neuroblastomes

Vimentine

Mésenchyme

Sarcomes non musculaires

Restine

Cellules de R-S. et Lymphomes, Cellules anaplasiques du Lymphome Anaplasique à grandes cellules

K. Complications des Tumeurs

1. Complications locales

Invasion des structures voisines, hémorragies, thromboses, nécrose ischémique, ulcération, obstruction des organes cavitaires, surinfection des tumeurs nécrosées.

2. Complications à distance ou systémiques

Anémie par hémorragie, cachexie, fièvre, vitesse de sédimentation (VS) accélérée, dépression de la défense générale, protéines anormales dans le sang (), diathèses hémorragiques, troubles endocriniens par sécrétion d'hormones tumorales.

L. Approche Thérapeutique

Plusieurs options, souvent associées : chirurgie (exérèse), chimiothérapie (cytostatiques), hormonothérapie (cancers hormonosensibles), immunothérapie (vaccins, production d'anticorps), radiothérapie (irradiation des cellules tumorales). Pas de monothérapie pour les cancers.

M. Classification des Frottis (Papanicolau)

  • Classe 0 : Frottis mal fait, inadéquat.

  • Classe 1 : Adéquat, sans cellules malignes ou atypiques.

  • Classe 2 : Cellules métaplasiques.

  • Classe 3 : Cellules dysplasiques.

  • Classe 4 : Cellules atypiques, fortement suspect de malignité.

  • Classe 5 : Cellules franchement malignes.

Le frottis a une valeur d'orientation, doit être confirmé par analyse histopathologique.

N. Carcinogenèse, Oncogenèse ou Cancérogenèse

Facteurs favorisants génétiques et environnementaux.

1. Modes d'action des carcinogènes

a. Syncarcinogenèse

Deux produits oncogènes (X et X') dont l'action combinée à des doses subluminaires ou luminaires provoque la cancérisation (synergie).

b. Cocarcinogenèse

Un produit Y (non cancérogène seul) administré avec un cancérogène X à dose subluminaire cancérisation (Y a fait la promotion de X).

c. Anticarcinogenèse ou inhibition

Un produit Z inhibe l'action d'un cancérogène X.

2. Facteurs étiologiques du cancer

a. Facteurs génétiques

Importance dans l'hérédité. Certaines tumeurs se développent sur fond de maladies génétiques (polypose familiale du côlon, xérodermie pigmentaire, rétinoblastome, polypose intestinale de Peutz-Jeghers, neurofibromatose). Des groupes sanguins (O pour cancer de l'estomac) peuvent être prédisposants (non statistiquement prouvé).

b. Facteurs ethniques

Peau très pigmentée moins exposée au cancer de la peau (albinos carcinome spinocellulaire). Carcinome nasopharyngé plus fréquent chez les Chinois.

c. Facteurs environnementaux

  1. Géographiques ou climatiques : Pollution de l'air (activités industrielles), différences régionales.

  2. Alimentaires : Nature, quantité, mode de consommation. Cancer du côlon (alimentation riche en graisses, ralentissement péristaltisme). Substances cancérogènes dégagées par cuisson, aflatoxine (arachides).

  3. Professionnels : Cancer de la peau des bourses scrotales (ramoneurs), angiomes (ouvriers en plastique, chlorure de polyvinyle), mésothéliome (ouvriers du bois, amiante).

d. Facteurs socioéconomiques

Certains cancers plus fréquents dans certaines classes sociales (cancer du col utérin chez les pauvres - mauvaise hygiène, cancer du côlon chez les riches).

e. Facteurs chimiques

Nitrosamine (animaux). Chez l'humain : produits chimiques du tabac.

f. Facteurs physiques

Radiations ionisantes, irritation chronique (inflammation répétée métaplasie dysplasie risque de cancérisation). Risque de cancérisation des cicatrices de brûlures.

g. Facteurs hormonaux

Excès d'hormones hyperplasie risque de cancérisation (œstrogènes et hyperplasie de l'endomètre, tumeur de la granulosa de l'ovaire, stroma). Pilules contraceptives adénome hépatocellulaire, fibroadénome du sein (ne se cancérise pas). Hormonothérapie pour certains cancers.

h. Les virus carcinogènes ou cancérigènes

Marqueurs viraux dans certains tissus cancéreux. Épidémiologie moléculaire.

  1. Théorie virus-cancer :

    • Historique : Rétrovirus à ARN induisent tumeurs chez animaux. Sarcome de Rous (souris), leucémies (oiseaux), papillomes (animaux). Polyoma-virus, ONCORNAVIRUS.

    • Observations humaines : Hodgkin (ONCORNAVIRUS), Burkitt (Epstein-Barr), nasopharyngé (Epstein-Barr), leucémies et lymphomes T (HTLV1), col utérin (HPV), carcinome hépatocellulaire (VHB), sarcome de Kaposi (virus cytomegalique), lymphomes et sarcomes (VIH).

i. Oncogènes ou gènes de la cancérisation

  1. Concept : Croissance cellulaire est contrôlée par des gènes (stimulateurs, inhibiteurs). Altération de ces gènes prolifération incontrôlée. Facteurs étiologiques agissent via ces gènes régulateurs. Facteurs héréditaires = altérations génétiques. Facteurs physiques/chimiques provoquent mutations. Virus oncogènes infectent ces gènes. Principes fondamentaux : Lésions génétiques non létales sont à l'origine. Peuvent être acquises (environnement) ou héréditaires. Tumeurs sont monoclonales. Une 4e catégorie de gènes contrôle la réparation de l'ADN, influençant indirectement la prolifération. L'absence de réparation de l'ADN prédispose aux mutations. Cancérogenèse est un processus multiétapes (phénotypique et génétique). Anomalies phénotypiques (croissance excessive, invasion, métastase) sont acquises progressivement (progression tumorale) par accumulation d'altérations génétiques.

  2. Oncogènes et cancer :

    a. Définition

    Gènes qui causent une transformation maligne des cellules par leurs produits (enzymes, facteurs de croissance, récepteurs). Dérivent des protooncogènes (gènes impliqués dans la croissance/différenciation cellulaire normales). Découverts dans le génome des rétrovirus (v-onc). Mécanisme d'induction néoplasique : intervention de protooncogènes. ADN proviral intégré près d'un protooncogène modification structurelle du gène cellulaire oncogène cellulaire (c-onc). Ou insertion de promoteurs rétroviraux près de protooncogènes expression dérégulée (mutagenèse insertionnelle). L'ADN de cancers spontanés contient des séquences à pouvoir cancérogène (oncogènes), souvent homologues aux protooncogènes ras. Les protooncogènes acquièrent leur pouvoir oncogène par transduction (v-oncs) ou altérations in situ (c-oncs).

    b. Produits des oncogènes (oncoprotéines)

    Ressemblent aux protéines normales des protooncogènes, mais dépourvues d'éléments régulateurs et production indépendante des facteurs de croissance/signaux externes. Séquence des événements de la prolifération cellulaire normale : Liaison facteur de croissance à son récepteur activation transitoire du récepteur transduction du signal vers le noyau via seconds messagers induction/activation facteurs régulateurs nucléaires entrée/progression dans le cycle cellulaire division cellulaire.

    c. Types d'oncogènes

    Stimulateurs et freinateurs.

    • Oncogènes viraux (V-ONC) : Virus extérieur transmet partie de son génome (virus RNA, rétrovirus).

    • Oncogènes cellulaires (C-ONC) : Existent normalement dans la cellule.

    • Proto-oncogènes : Oncogenes viraux/cellulaires non activés.

    • Antioncogènes : Inhibent l'expression des oncogènes.

    Exemples d'oncogènes cellulaires et cancers associés :

    Oncogènes

    Cancers

    RAS1

    Vessie (R= rat, S= sarcome)

    RAS2

    Côlon et poumon

    C-MYC (Proto-oncogène humain de la myélocytomatose aviaire)

    Lymphome de Burkitt

    d. Mode d'action

    Activés, les oncogènes agissent par 2 modes :

    • Quantitatif : Excès de produits sans altération de qualité.

    • Qualitatif : Fabrication de produits modifiés qualitativement par mutation.

VIII. Maladies Métaboliques Systémiques (M.M.S.)

A. Définition

  1. Maladies dues à un trouble du métabolisme (lipides, protéines, hydrates de carbone).

  2. Affectent l'organisme entier, altérations dans plusieurs organes.

  3. Aspects propres permettant l'identification morphologique ou biochimique.

B. Étude Systématique

1. Maladies métaboliques systémiques liées aux troubles du métabolisme des hydrates de carbone

a. Diabète sucré

Définition : Affection aiguë ou chronique, trouble du métabolisme des hydrates de carbone, hyperglycémie par manque absolu ou relatif d'insuline active.

Physiopathologie du diabète sucré :

Manque d'insuline Défaut d'absorption de glucose par les cellules Hyperglycémie Dépassement TMFG (Taux Maximal de Filtration Glomérulaire)


Épidémiologie : Fréquente.

  • Mode aigu : jeunes (diabète juvénile, maigre).

  • Mode insidieux : adultes 50-60 ans (diabète adulte, gras).

  • Femmes plus affectées (sex-ratio M/F = 2/3). Héréditaire récessif.

3 formes : ouvert (patent), prédiabète (prédisposition génétique, normal cliniquement/biochimiquement), chimique ou subclinique (cliniquement normal, courbe d'hyperglycémie provoquée pathologique). Étiologie : Manque absolu (destruction des cellules des îlots de Langerhans) ou relatif d'insuline (insulinase, anticorps anti-insuline, inactivation de l'insuline, incapacité des récepteurs périphériques, déficience de GH, action des stéroïdes surrénaliens, hormones thyroïdiennes). Classification clinique : Idiopathique (cause inconnue, héréditaire) ou secondaire (maladie pancréatique, hémochromatose, pancréatectomie, Cushing, acromégalie, phéochromocytome, hyperaldostéronisme, thyrotoxicose). Morphopathologie : Lésions multitissulaires.

  1. Vaisseaux sanguins : Coronaires, cérébraux, membres (gangrène diabétique).

    • Artères : artérite proliférative ou maladie de Blummenthal (aspect en bulbe d'oignon).

    • Artérioles : artériolosclérose et hyalinose (non spécifique, aussi HTA).

    • Capillaires : microangiopathie diabétique.

  2. Pancréas : Diminution des îlots de Langerhans/ cellules. Hyalinisation insulaire, fibrose collagène.

  3. Rein : Néphrosclérose artérielle/artériolaire. Glomérulosclérose diffuse et nodulaire (Kimmelstiel-Wilson). Lésions exsudatives glomérulaires. Infections rénales (papillite nécrosante). Vacuolisation épithéliale tubulaire : stéatose modérée, infiltration glycogénique des tubes contournés.

  4. SNC : Infarctus (athérosclérose). Neuropathies périphériques sensitives/motrices (dégénérescence de la gaine de myéline).

  5. Lésions oculaires : Rétinopathie diabétique (petits exsudats, foyers hémorragiques, lésions nerveuses ponctiformes). Cataracte.

  6. Lésions hépatiques : Stéatose. Accumulation de glycogène (vacuoles nucléaires).

  7. Lésions cutanées : Microangiopathie (épaississement paroi vaisseaux dermiques). Xanthomes.

  8. Autres affections : Furonculose, toxémie gravidique, infections mycotiques (candidose cutanée/vulvaire), infections rénales/pulmonaires, diarrhées rebelles, macrosomie ("Géants aux pieds d'argile").

b. Hypoglycémie

Fait clinique plutôt qu'anatomopathologique. Baisse de la glycémie. Causes : Tumeur pancréatique insulino-sécrétante, tumeur extrapancréatique insulino-sécrétante ou sécrétant des substances insuline-like, prise d'hypoglycémiants (iatrogène), sensibilité idiosyncrasique à l'insuline, affections endocriniennes (Cushing, acromégalie). Morphopathologie : Pas de lésions typiques. Cerveau : thrombose vasculaire, dégénérescence ganglionnaire et de la myéline.

c. Galactosémie

Maladie par déficit en galactose-1 phosphate-uridyl-transférase. Chez enfant 1-2 jours après naissance (vomissements, ictère). Traitement : arrêt du lait. Séquelles : lésions hépatiques dégénératives, retard mental, cataracte. Histologie : stéatose, fibrose portale, regroupement hépatocytes en rosette centrée par bile.

d. Glycogénoses

Maladies de stockage, surcharge en glycogène. Héréditaires récessives. Déficience enzymatique du métabolisme du glycogène accumulation anormale de glycogène.

  1. Glycogénoses primitives : Excès de glycogène dans les cellules.

    • Aspects morphologiques généraux :

      • Microscopie : Dépôts de glycogène dans le cytoplasme ou lysosomes. Cellules hypertrophiées. Techniques standard dissolvent glycogène cellule vacuolisée. Démontré par PAS.

      • Macroscopie : Organes infiltrés normaux (sauf forte infiltration).

    • Variétés de glycogénoses :

      TYPE

      CARACTERISTIQUE ET DENOMINATIONS

      ENZYME DONT LA DEFICIENCE A ETE PROUVEE

      01

      Glycogénose hépatorénale : Maladie de Von Gierk ou de Van Greveld.

      Glucose-6-phosphatase

      02

      Glycogénose généralisée : Maladie de Pompe

      03

      Glycogénose hépatocardiaque : Maladie de Forbes ou de Cori

      Amylo-1-6-glucosidase (enzyme de branchante)

      04

      Glycogénose hépatique ; Amylopectinose ou Maladie d'Andersen

      Amylo-1-4-1-6 transglucosidase (enzyme branchante)

      05

      Glycogénose musculaire : Maladie de Mac Ardle

      Myophosphofructokinase

      06

      Glycogénose hépatique: Maladie de Hers

      Hépatophosphorylase

      07

      Glycogénose musculaire: Maladie de Nishikawa

      Myophosphorylase

      08

      Glycogénose hépatocérébrale Maladie de Hug.

      Hépatophosphorylase présente mais inactive

      09

      Glycogénose hépatique

      Phosphorylase-kinase

      10

      Glycogénose hépatomusculaire:

      AMP cyclique kinase dépendante.

e. Mucopolysaccharidoses

  1. Mucoviscidose : Pathologie monogénétique multi-organe. Maladie autosomique récessive (mutation chromosome 7, délétion du gène CFTR) protéine vicieuse perturbe canaux chlorures accumulation dans les sécrétions (sueur visqueuse). Viscosité exagérée des sécrétions muqueuses (digestives, respiratoires), sueur riche en et .

    • Macroscopie : Mucus épais encombre les lumières des canaux excréteurs, tubes intestinaux, voies respiratoires/pancréatiques. (ex: iléus méconial).

    • Microscopie : Peu caractéristiques au pancréas. Lésions inflammatoires pulmonaires, abondance de mucus.

    • Signification : Déficit enzymatique et métabolique mal connu, défaut de liquéfaction du mucus.

  2. Mucopolysaccharidoses : Maladies infantiles. Malformations squelettiques (nanisme), retard mental.

    • Microscopie : Gonflement cellulaire par matériel diffus ou en vacuoles/grains refoulant le noyau (hépatocytes, fibres myocardiques, chondrocytes, ostéocytes, cellules lymphoïdes/réticulohistiocytaires).

    • Macroscopie : Visage en gargouille (gargoïlisme), gros ventre (hépatomégalie), déformation des os longs.

    • Variétés : Type I (Hurler), II (Hunter), III (Sanfilipo), IV (Morquis), V (Scheie).

2. Maladies M.S. liées aux troubles du métabolisme des protéines

a. Hyperprotéinémies

Augmentation anormale du taux de protéines plasmatiques (généralisée ou isolée). Ne provoque pas de troubles tissulaires, mais important pour le diagnostic. Causes : cirrhose hépatique, amyloïdose primaire, dyscrasies plasmocytaires, inflammations (sarcoïdose), parasitoses (Kala-azar), maladies auto-immunitaires.

b. Hypoprotéinémies

Baisse anormale ou déficit des protéines plasmatiques. Causes : Apport insuffisant (malnutrition - Kwashiorkor), absorption déficiente (maladies intestinales, syndrome de malabsorption, sprue tropicale, Whipple), synthèse insuffisante (hypo/agammaglobulinémie, déficience plasmocytaire, maladies du foie comme la cirrhose), perte excessive (brûlure, syndrome néphrotique, maladie de Ménétrier).

c. Dyscrasies plasmocytaires

Groupe de maladies avec activité anormale des plasmocytes et synthèse de divers types de globulines. Accompagnées de dysprotéinose ou paraprotéinose (protéines anormales).

Maladies et paraprotéines associées :

MALADIES

PARAPROTEINES

I. Maladies lymphoprolifératives

1. Leucémie

Macroglobulines

2. Myélome multiple = Plasmocytome ou maladie de KAHLER

* Globulines (grande quantité de portions incomplètes notamment des chaînes légères)
* Cryoglobulines de type I et II
* Protéines de Bence Jones (urines)

3. Macroglobulinémie de Waldenströn

* Macroglobuline (Ig M)
* Cryoglobulines I et II

II. Maladies Parasitaires.

1. Trypanosomiase

Cryoglobuline type II

2. Parasitose massive

Gamma-globuline altérée

III. Maladies auto-immunitaires

1. Arthrite rhumatoïde

Cryoglobuline

2. Le lupus érythémateux disséminé

Cryoglobuline

3. Syndrome de Sjögren (conjonctivite sèche, parotidite, rhinite, laryngite, glossite)

Gamma-globuline

IV. Maladies métaboliques.

Amyloïdose

Amyloïde

V. Maladies infectieuses diverses

Cryoglobuline de type III

VI. Maladies dégénératives des organes qui synthétisent les protéines

Macroglobuline

d. Amyloïdose

Définition : Ensemble de troubles caractérisés par le dépôt tissulaire d'une substance transparente, hyaline, complexe (protéines, hydrates de carbone), avec propriétés histochimiques spécifiques. Classification :

  1. Critère topographique :

    • Amyloïdose généralisée : Atteint plusieurs tissus simultanément. Causes : suppurations chroniques (ostéomyélite, bronchectasie, cavernes tuberculeuses), inflammations granulomateuses (TBC, mycobactéries atypiques, Crohn), arthrite rhumatoïde, Hodgkin, tumeurs non lymphoïdes, états hérédofamiliaux (polyneuropathie familiale, fièvre méditerranéenne familiale).

    • Amyloïdose localisée : Atteint une seule région/tissu.

      • Formes associées aux plasmocytes : tractus respiratoire, appareil urinaire, moelle osseuse, orbite, conjonctive, cornée.

      • Forme liée au vieillissement : plaques séniles de l'Alzheimer.

      • Amyloïdose des glandes endocrines : îlots de Langerhans (tumeur), carcinome médullaire de la thyroïde.

  2. Critère étiologique :

    • Amyloïde primaire : Aucune maladie prédisposante connue. Systémique (vaisseaux, cœur, langue, muscles, tube digestif) ou isolée (tumeur amyloïde : pseudotumorale).

    • Amyloïdose secondaire : Consécutive à maladies inflammatoires, tumorales (ostéomyélite chronique, syphilis, bronchectasie, lèpre, abcès pulmonaire, empyème pleural, lupus érythémateux disséminé, RAA, cancer avancé).

  3. Critère biochimique (classification moderne) : Amyloïdose AL, AA, A préalbumine, AE, A4, F2, Kératine.

Identification : En HE, substance éosinophile, acellulaire, fendillée. Diagnostic précis par méthodes histochimiques.

Colorations pour l'amyloïde :

COLORATION

CONSERVABILITÉ

FIABILITÉ

OBSERVATION

1. Violet de Méthyl

++

2. Bleu alcian

+

+

En lumière polarisée.

3. Rouge Congo

+++

+

Fluorescence

4. Rouge syrus

+

+

5. Thioflavine T

+++

Fluorescence en lumière polarisée

Morphopathologie :

  1. Rate : Dépôt dans follicules lymphoïdes (Rate Sagou) ou parois des sinusoïdes, septa fibreux (rate lardacée).

  2. Foie : Dépôt dans cellules de Kupffer (espace de Disse), puis hépatocytes compression (atrophie), remplacement par amyloïde. Macroscopie : augmenté de volume, gris-jaunâtre (ivoire vieilli), consistance molle.

  3. Rein : Dépôt dans glomérules (couche sous endothéliale, mésangium, membrane basale) obturation de la touffe glomérulaire, insuffisance rénale. Microscopie : masse homogène hyaline. Dépôt dans artérioles afférentes épaississement paroi, HTA. Dépôt dans tubes rénaux épaississement membrane péritubulaire.

  4. Surrénale : Dépôt surtout dans zone médullaire Maladie d'Addison.

  5. Ganglions et moelle osseuse : Dépôt dans phagocytes mononucléés, puis parois des sinusoïdes, effacement du parenchyme.

  6. Pancréas : Dépôt dans îlots de Langerhans diabète.

Signification : Amyloïdose n'est ni une dégénérescence ni une modification de la matrice, mais dépôt intercellulaire de matériel protido-glucidique spécial. Traits communs :

  • Fraction protidique fondamentale est la même.

  • Ne contient jamais de gammaglobulines.

  • Va de pair avec cellules réticulo-histiocytaires basophiles à cytoplasme PAS+.

Origine : Immun-amyloïde : cellules immunocompétentes épuisées/déviées, sécrètent substance pathologique ("amyloïde") au lieu d'anticorps normaux. Cas d'hypo/agammaglobulinémie avec amylose renforcent cette théorie.

e. Goutte

Définition : Affection par trouble du métabolisme de l'acide urique, dépôt focal d'urate de Na+ sous forme de cristaux dans les tissus. Pathogénie :

  • Forme génétique.

  • Forme secondaire à dégradation excessive de nucléoprotéines hyperuricémie.

Précipitation métastatique dans tissu sain, dystrophique dans tissu altéré. Physiopathologie : Augmentation acide urique dans le sang précipitation tissulaire de cristaux d'urate de Na+ réaction inflammatoire. Formation d'un tophus (granulome inflammatoire à corps étranger : infiltrat lymphoplasmocytaire, cellules géantes multinucléées, cristaux d'urate de Na+). Anatomie pathologique : Lésion = tophus goutteux. Sites :

  • Articulations (doigts, orteils, coude, poignet, genou, cheville) : tissus périarticulaires.

  • Cœur.

  • Rein : néphrite goutteuse.

3. Maladies liées aux troubles du métabolisme des lipides

3 groupes de lipides : neutres (triglycérides, foie), complexes (SNC, SNP), cholestérol (tissus vasculaires).

a. Troubles Métaboliques des lipides neutres

  1. Lipomatose : Accumulation des lipides sous forme de tissu adipeux (pancréas, thymus, parathyroïde, ganglions lymphatiques). À distinguer de la présence de nombreux lipomes. Observée dans l'atrophie d'un organe.

  2. Lipophagie : Ingestion des graisses par les cellules phagocytaires. Traumatisme du tissu adipeux, développement de xanthogranulome ou lipogranulome. Formation de granulome lipophagique (contient cellules géantes de Touton).

  3. Stéatonécrose : Nécrose du tissu adipeux par lipases (pancréatite aiguë hémorragique). Apparition de taches blanchâtres sur l'épiploon ("taches de bougie").

  4. Stéatose : Accumulation des lipides dans le cytoplasme des cellules.

    • Foie : malnutrition (Kwashiorkor : péri-portale, centrolobulaire ou diffuse), grossesse, intoxications (tétrachlorure de carbone, tétracycline), diabète sucré, syndrome de REYE (stéatose hépatique, pancréatique, rénale associée à encéphalopathie ; enfants, aflatoxines, carence alimentaire).

    • Rein : graisse dans cellules tubulaires. Causes : diabète sucré (néphrose lipoïdique), syndrome de Reye.

    • Myocarde : stéatose dans anémie chronique grave.

b. Trouble du métabolisme du cholestérol (surcharge tissulaire)

  1. Accumulation tissulaire locale :

    • Foyers de nécrose : cholestérol libéré par cellules détruites s'accumule en cristaux, réaction inflammatoire granulomateuse.

    • Organes :

      • Vésicule biliaire : cholestérol dans la muqueuse (sinus de Rokitansky) paroi granulaire, rouge (vésicule fraise).

      • Rein : accumulation dans diabète sucré, glomérulonéphrite membraneuse.

    • Tumeurs : Grandes cellules spumeuses (xanthome, fibroangiome, hémangiendothéliome, lymphome, ostéosarcome).

    • Xanthélasme : Lésion dermatologique, taches jaunes surélevées sur peau exposée au soleil (accumulation de cholestérol).

  2. Accumulation tissulaire Généralisée :

    • Athéromatose : Plaques d'athérome dans les artères. Dépôt massif subintimal de cholestérol. Inflammtion sclérose (athérosclérose).

    • Artériosclérose : Durcissement des artères par sclérose. Terme général incluant athérosclérose, médiosclérose calcifiée de Mockenberg (sclérose de la média des artères musculaires), artériolosclérose (sclérose paroi artérioles).

  3. Maladies systémiques (Complexe d'Histiocytose X, ou de Hand-Schüller-Christian) : Prolifération d'histiocytes (étiopathogénie inconnue).

    • Maladie de Letterer-Siwe.

    • Maladie de Hand-Schüller-Christian.

    • Granulome éosinophile.

    Comparaison des maladies du complexe d'Histiocytose X :

    Caractères

    M. Letterer-Siwe

    M. H-S-C.

    Granulome éos.

    Biochimie

    Accumulation de cholestérol

    Accumulation de cholestérol

    Accumulation de cholestérol

    Organes atteints

    * SPM (rate, ggl, moelle osseuse)
    * Tissu lymphoïde extra SPM
    * Peau et foie

    SPM
    * Tissu lymphoïde extra SPM

    SPM

    Clinique

    * Augmentation volume des organes atteints

    * Triade: - diabète insipide - exophtalmie - géodes au crâne

    * Augmentation volume des organes atteints
    * Fractures

    Histopathologie

    Prolifération des histiocytes bourrés de cholestérol,

    Prolifération des histiocytes bourrés de cholestérol, présence des cellules géantes de Touton

    * Prolifération des histiocytes bourrés de cholestérol,
    * Plasmocytes ++ et
    * Éosinophiles ++

    Radiologie

    Géodes

    Géodes

    Géodes

    Épidémiologie

    < 1 an +++
    > 1 an ++
    Adulte

    < 1 an ++
    > 1 an +++
    Adulte +++

    Adulte 70%
    Enfants 30%
    Femmes ++ Hommes +++

    Pronostic

    Très mauvais ++++

    Mauvais ++

    Mauvais

c. M.M.S dues aux troubles du Métab. des lipides complexes

3 maladies : Nieman Pick, Tay-Sachs, Gaucher.

Comparaison des maladies liées aux troubles du métabolisme des lipides complexes :

Caractères

M. Nieman Pick

M. de TAY-SACHS

M. de Gaucher

Biochimie

Sphingomyéline

Ganglioside

Glucérébroside

Organes atteints

SNC, foie, rate, peau, poumons, veines

SPM, SNC

SPM, SNC
SMP : Adultes
SNC: enfants

Cliniques

Détérioration mentale

Idiotie précoce
Cécité précoce
Viscéromégalie

Adulte : mode chronique et se caractérise par une Viscéromégalie ; Enfants : mode aigu et sévère, principalement les manifestations nerveuses.

Histopathologie

Prolifération des histiocytes bourrés des lipides

Prolifération des histiocytes bourrés des lipides

Prolifération des histiocytes bourrés des lipides ou cellule de Gaucher = cellule à cytoplasme granulaire, vacuolisé et noyau très foncé.

Épidémiologie

Nouveau-nés et petits enfants

Petits enfants
Enfants de toute race

Adultes et enfants
Adultes surtout les juifs

Pronostic

Très mauvais

Très mauvais chez l'enfant et meilleur chez l'adulte.

4. Trouble du métabolisme des sels minéraux ou oligo-éléments

a. Calcium

  1. Perte tissulaire de calcium :

    • Sans hypocalcémie : Maladie du squelette (enfants), déficience en vitamine D. Manifestations : déformation osseuse (côtes, membres), ostéoporose, acidose métabolique chronique (diabétiques).

    • Avec hypocalcémie : Stéatorrhée (perte de calcium par malabsorption), syndrome de Cushing (hyperplasie surrénalienne, glucocorticoïdes résorption osseuse).

  2. Hypercalcémie : Causes : hyperparathyroïdisme, intoxication vit D, augmentation catabolisme osseux (tumeur osseuse primaire ostéolytique, métastases osseuses ostéolytiques), maladies avec hypercalcémie inconstante (sarcoïdose, gastrites chroniques - traitement antiacide), maladies cachectisantes (immobilisation prolongée), hypercalcémie idiopathique infantile. Conséquence : calcification métastatique (reins, poumons, muqueuse gastrique, thyroïde, foie, vaisseaux, myocarde).

    1. Calcification dystrophique : Dans des tissus préalablement altérés. Ubiquitaire : cœur (endocardite, infarctus), vaisseaux (athérosclérose), tumeurs malignes/bénignes, zone d'abcès cicatrisée, vieux foyer de TBC, zone de nécrose (pancréatite hémorragique), vieilles cicatrices de brûlure, utérus, fœtus mort (lithopédion).

    2. Calcinoses : Dépôt de calcium sous forme de sel calcique sur peau, tissu sous-cutané, tendons, muscles, périarticulaires.

      • Calcinose circonscrite/limitée : Territoire délimité, calcémie/phosphatémie normales. Révélatrice de maladie grave (sclérodermie).

      • Calcinose universelle : Dépôt étendu.

      • Calcinose tumorale (pseudotumorale) : Dépôt autour des articulations, masse irrégulière non gênante. Peut fistuliser, laisser couler liquide blanc laiteux (diag. diff. TBC articulaire). Histologiquement: larges lacunes bordées de tissu fibreux infiltré de cellules inflammatoires, lumière occupée par concrétions calcaires. Augmentation de la phosphatémie (familiale, héréditaire).

    3. Myosite ossifiante : Calcification dystrophique sur muscle traumatisé (hématome intramusculaire), suivie d'ossification par chondrification.

    4. Lithiase : Calculs. Glandes salivaires (sialo-lithiase), rein, vésicule biliaire.

  3. Hypocalcémie : Causes : hypoparathyroïdisme, rachitisme avancé, maladie rénale (rétention phosphate), stéatorrhées chroniques. Clinique : tétanie.

b. Phosphore

Troubles liés intimement à ceux du calcium. Rôle important dans la calcinose tumorale.

c. Potassium

  1. Hypokaliémie : Causes : déshydratation excessive (vomissements, diarrhée), diabète (acidose métabolique), Conn (hyperaldostéronisme), malnutrition, stress majeur, acidose rénale, abus diurétiques, hypokaliémie idiopathique. Lésions : Muscles cardiaques/squelettiques (nécrose coagulative, infiltrat inflammatoire, fibrose). Reins (nécrose tubulaire).

  2. Hyperkaliémie : Causes : insuffisance rénale terminale, déshydratation, lésions tissulaires étendues (infarctus), acidose, insuffisance surrénalienne, réhydratation inappropriée (iatrogène). Lésions : Ulcération muqueuse intestinale.

d. Cuivre

Maladie de Wilson (dégénérescence hépatolenticulaire) : Dépôt excessif de cuivre dans foie, SNC (cellules ganglionnaires de la base), rein, cornée, peau. Causes : Insuffisance en céruloplasmine (protéine transporteuse du cuivre). Lésions : Foie (dépôt dans Kupffer, hépatocytes cirrhose). Rein (dépôt dans cellules tubulaires aminoacidurie, phosphaturie, uricosurie). Cerveau (dépôt dans cellules ganglionnaires troubles neurologiques). Cornée (anneau bleuâtre de Kayser-Fleischer).

e. Fer

Accumulation tissulaire sous forme d'hémosidérine (pigment ferrugineux, Perls bleu). Deux formes :

  1. Hémosidérose :

    • Localisée (dystrophique) : Foyer d'hémorragie, endométriose, nécrose, tissu tumoral (tumeurs vasculaires).

    • Généralisée (métastatique) : Excès de fer dans le sang accumulation dans SPM, puis cellules parenchymateuses (hépatocytes, espaces-porte fibrose cicatricielle cirrhose hépatique). Rate, rein (nodules de Gamma Gandy ou corps sidéro-calcaires). Rarement peau, glandes salivaires. Causes : transfusions répétées, maladies hémolytiques.

  2. Hémochromatose : Maladie caractérisée par 4 éléments constants et 1 inconstant.

    • Éléments constants : cirrhose hépatique portale sidérotique, fibrose et sidérose pancréatique (diabète sucré), sidérose d'autres organes, pigmentation bronzée marquée de la peau.

    • Élément inconstant : Insuffisance cardiaque congestive.

    Association diabète sucré et pigmentation bronzée donne le nom de "diabète bronzé". Pigmentation bronzée par surproduction de mélanine due au fer. Pancréas : coloration bronzée. Foie : grossi, brun-chocolat. Pathogénie : Maladie familiale, absorption excessive de fer alimentaire. Héréditaire récessive (locus HLA chromosome 6). Hommes plus affectés (femmes protégées par pertes menstruelles). Théories :

    • Théorie de Crosby : anomalie muqueuse intestinale (absorbe plus de fer que nécessaire), héréditaire. Arguments : familiale, taux élevé de transferrine et ferritine, diabète familial.

    • Théorie de Mc Donald : acquise chez patients consommant excès de fer alimentaire. Confortée par Afrique du Sud (ustensiles en fer).

    • Théorie de conciliation : hémochromatose primaire (idiopathique/congénitale) selon Crosby, et acquise selon McDonald.

f. Pigments

Endogènes ou exogènes.

  1. Pigments endogènes :

    • Lipopigments : Lipofuscine et pigments céroïdes (vieillissement). Autres causes : avitaminose E, Dubin et Johnson, intoxications médicamenteuses. Sites : cellules nerveuses ganglionnaires, épididymaires, interstitielles de l'ovaire/testicule, hépatocytes, myocardiques.

    • Mélanine : Accumulation dans la peau (mélanodermie). Autres organes (pseudomélanose du côlon).

      • Mélanodermie localisée : Von Recklinghausen (neurofibromes, taches "café au lait"), chloasma (masque de grossesse).

      • Mélanodermie généralisée : Maladie d'Addison, hémochromatose, malnutrition, arsenic.

      Absence/diminution : hypopigmentation localisée (vitiligo) ou généralisée (albinisme).

    • Autres : Hémosidérine, bilirubine, porphyrine.

  2. Pigments exogènes :

    • Anthracose : Accumulation de poussières de charbon (mineurs, vendeurs de braise). Dans macrophages alvéolaires, puis cellules parenchymateuses. Organes noirâtres.

    • Silicose : Accumulation de particules de silice (voies respiratoires, peau). Organes brunâtres.

    • Argyrie : Accumulation des sels d'argent.

    • Saturnisme : Intoxication au plomb. Ligne bleu-verdâtre sur gencives ("Liséré de Burton").

    • Pigmentations par tatouage.

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