Classification et Rôle des Glucides
20 kartCe document présente une vue d'ensemble des glucides, de leur classification, de leur rôle dans le corps et de leur impact sur la santé, basé sur des recommandations nutritionnelles.
20 kart
Glucides : Classification, Rôles et Recommandations Nutritionnelles
Les glucides, aussi appelés « hydrates de carbone », sont des nutriments de formule générale . Ils constituent une source énergétique primordiale pour l'organisme.
Classification des Glucides
Les glucides sont classés en plusieurs catégories selon le nombre d'unités d'oses (sucres) qu'ils contiennent.
1. Mono- et Di-saccharides (Sucres simples)
- Contiennent 1 à 2 unités d'oses.
- Incluent les sucres naturellement présents dans les aliments et les sucres ajoutés.
1.1. Monosaccharides (1 unité d'ose)
Constituent les unités de base des glucides, directement absorbables.
- Glucose:
- Forme d'énergie circulant dans l'organisme.
- Seul hexose à l'état libre chez une personne saine (concentration plasmatique entre 70 et 140 mg/dl à jeun).
- Présent naturellement dans les fruits et le miel.
- Monomère de base du saccharose, de l'amidon (règne végétal) et du glycogène (règne animal).
- Indice glycémique élevé.
- Fructose:
- Naturellement présent dans les fruits (2 à 8%) et le miel (35%).
- Composant du saccharose (Glucose + Fructose).
- Pouvoir sucrant élevé (50 à 70 % de plus que le saccharose).
- Utilisé comme édulcorant naturel (sirops de maïs riches en fructose).
- Peu hyperglycémiant (IG = 15), métabolisé au niveau du foie.
- Une consommation excessive de fructose (via produits sucrés) est associée à une augmentation de l'adiposité viscérale, des triglycérides post-prandiaux, de l'insulino-résistance et de la stéatose hépatique non alcoolique.
- Monomère de l'inuline et des fructanes.
- Galactose:
- Isomère du glucose.
- Constituant du lactose.
- Source alimentaire principale : lait et produits laitiers.
- Absorbé dans l'intestin et métabolisé par le foie.
1.2. Disaccharides (2 unités d'oses)
Nécessitent une hydrolyse pour être absorbés.
- Saccharose (sucre de table):
- Composé de glucose et de fructose.
- Référence pour le pouvoir sucrant.
- Naturellement présent dans les fruits, le miel, le sirop d'érable.
- Extrait de la betterave sucrière ou de la canne à sucre.
- Largement utilisé dans l'industrie agroalimentaire.
- IG : 65.
- La consommation excessive est associée au risque de carie dentaire.
- Lactose (sucre du lait):
- Composé de glucose et de galactose.
- Présent dans le lait (5% dans le lait de vache, 7,5% dans le lait maternel).
- Pouvoir sucrant faible (0,25).
- Hydrolysé par la lactase.
- L'intolérance au lactose résulte d'une hydrolyse incomplète, entraînant une fermentation colique et des symptômes digestifs.
- Pouvoir glycémiant faible (IG 48).
- Maltose:
- Composé de deux unités de glucose.
- Tréhalose:
- Composé de deux unités de glucose.
2. Polyols (Sucres-alcools)
- Structures dérivées des glucides (1-2 oses).
- Exemples : Érythritol, Isomalt, Lactitol, Maltitol, Mannitol, Sorbitol, Xylitol.
- Valeur énergétique réduite : 2,4 kcal/g (sauf érythritol : 0 kcal/g).
- Ne nécessitent pas de sécrétion d'insuline ou très peu.
- Non ou peu cariogènes.
- Utilisés comme édulcorants de masse (additifs, codes E...).
- Pouvoir sucrant inférieur ou égal à celui du saccharose.
- Une consommation excessive peut avoir des effets laxatifs (> 10 % du produit).
- Sont considérés comme des « sucres » mais ont peu ou pas d'effet glycémiant.
3. Oligosaccharides
- Contiennent 3 à 9 unités d'oses.
- Oligosaccharides digestibles:
- Malto-oligosaccharides, maltodextrines (issus de l'hydrolyse de l'amidon), composés de glucose. Sont digestibles.
- Oligosaccharides non-digestibles:
- Raffinose, stachyose, verbascose: présents dans les légumineuses, responsables d'effets digestifs.
- Fructo-oligosaccharides (FOS) et Galacto-oligosaccharides (GOS): composés de fructose et glucose (FOS), ou galactose et glucose (GOS). Sont des fibres alimentaires.
- Polydextrose: composés de glucose.
- Oligosaccharides du lait maternel (HMO): > 200 composés différents avec des effets fibres/prébiotiques et anti-infectieux.
4. Polysaccharides
- Contiennent plus de 9 unités d'oses.
- Amidon:
- Principale forme de réserve énergétique dans le règne végétal (graines, racines, tubercules).
- Principale source énergétique glucidique de l'alimentation humaine (pommes de terre, pain, pâtes, riz).
- Polymère de glucose.
- Structure à faible pouvoir osmotique.
- Comprend l'amylose (structure linéaire, liaison , apte à la rétrogradation) et l'amylopectine (structure ramifiée, liaisons et , peu susceptible à la rétrogradation).
- Amidon résistant (AR): amidon qui échappe à la digestion dans le tube digestif supérieur et est considéré comme une fibre alimentaire.
- AR1: Amidon dans les céréales complètes, légumineuses.
- AR2: Amidon naturellement présent (pommes de terre crues, banane verte).
- AR3: Amidon rétrogradé (formé après cuisson et refroidissement des aliments riches en amidon).
- AR4: Amidon chimiquement modifié par l'industrie.
- Maltodextrines/Sirops de glucose:
- Obtenus par hydrolyse partielle de l'amidon.
- Composition variable, contiennent divers polymères de glucose.
- Largement utilisés dans l'industrie.
- Les sirops de maïs riches en fructose (High Fructose Corn Syrup) sont un variant, où le glucose est partiellement isomérisé en fructose, et pourraient favoriser l'adiposité.
- Glycogène:
- Polymère de glucose, forme de stockage du glucose dans le règne animal (foie et muscles).
- Sa synthèse est favorisée par l'insuline.
- Rôle majeur lors de l'effort physique : la glycogénolyse libère du glucose pour une énergie rapidement disponible.
- Sa libération est favorisée par le glucagon et l'adrénaline.
- La capacité à stocker du glycogène peut être doublée par une activité physique et une diététique adaptée.
- Fibres alimentaires (Polysaccharides non amylacés - PNA):
- Glucides non-digestibles.
- Exemples : Cellulose, hémicellulose, pectine, arabinoxylanes, glucomannanes, gommes et mucilages végétaux, hydrocolloïdes, -glucanes.
- Ne sont pas digérés dans l'intestin grêle et atteignent le gros intestin.
Rôles des Glucides dans l'Organisme
Les glucides ont plusieurs rôles essentiels.
1. Rôle Énergétique
- Source d'énergie primordiale : 50% de l'apport énergétique quotidien.
- Fournissent principalement du glucose aux cellules.
- Apport calorique:
- Glucides glycémiants : 4 kcal/gramme ( de l'énergie totale).
- Polyols : 2,4 kcal/gramme.
- Fibres alimentaires : 2 kcal/gramme.
- Le cerveau et les globules rouges sont particulièrement dépendants du glucose (le cerveau a besoin d'environ 130g/jour).
- L'oxydation directe du glucose est une source d'énergie rapidement utilisable.
2. Plaisir Alimentaire
- Les glucides influencent les centres de plaisir via le passage du tryptophane dans le cerveau.
3. Effet des Fibres
- Les glucides non-assimilables (fibres) ont des effets bénéfiques sur la digestion et la santé intestinale.
- Les polyols peuvent avoir des effets laxatifs en cas d'excès.
Homéostasie Glucidique
L'organisme régule étroitement les niveaux de glucose sanguin grâce aux hormones comme l'insuline et le glucagon.
1. Insuline (Hormone hypoglycémiante)
- Produite en post-prandial (après un repas).
- Diminue la production hépatique de glucose.
- Permet au glucose de pénétrer dans les cellules pour fournir de l'énergie (via transporteurs comme GLUT 1-4).
- Favorise la glycogénogenèse (synthèse de glycogène) et augmente sa formation.
- Diminue la glycogénolyse (dégradation du glycogène) et la néoglucogenèse (synthèse de glucose à partir de précurseurs non-glucidiques).
- L'excès de glucides via l'insuline peut se transformer en graisses (lipogenèse), stockées dans le tissu adipeux.
- L'insuline inhibe la mobilisation et l'utilisation des acides gras et augmente la synthèse et le stockage des triglycérides.
- Augmente le captage des acides aminés et la synthèse des protéines, favorisant la masse protéique et musculaire.
2. Glucagon (Hormone hyperglycémiante)
- Polypeptide produit par les cellules α des îlots de Langerhans.
- Principal tissu cible : le foie (augmente la production hépatique de glucose).
- Augmente la glycogénolyse.
- Augmente la néoglucogenèse (à partir d'acide lactique, glycérol, acides aminés).
- Libère du glucose dans le sang.
- Hormone clé pour la libération de divers substrats : augmente la lipolyse, diminue la lipogenèse, augmente la cétogenèse hépatique.
- Induit une hyperglycémie rapide et transitoire.
- Est stimulé par l'hypoglycémie et inhibé par l'hyperglycémie.
- Antagoniste de l'insuline.
Sucres et Édulcorants
1. Définitions
- Sucres: Mono- et disaccharides, à l'exclusion des polyols.
- Sucres libres: Tous les mono- et disaccharides ajoutés aux aliments par le fabricant, le cuisinier et le consommateur, ainsi que les sucres naturellement présents dans le miel, les sirops et les jus de fruits.
- Sucres ajoutés: Mono- ou disaccharides ajoutés ou toute autre denrée alimentaire utilisée pour ses propriétés édulcorantes (ex: glucose, fructose, saccharose, sirops de glucose, miel, sirop d'érable).
- Sucres naturellement présents: Sucres présents à l'état naturel dans un aliment (ex: lactose dans le lait, fructose dans les fruits).
2. Pouvoir Sucrant
Le saccharose sert de référence (valeur 1) pour le pouvoir sucrant.
| Type de Glucide | Pouvoir Sucrant Relatif |
| Fructose | 1.5 - 1.7 |
| Saccharose | 1 |
| Glucose | 0.7 |
| Maltose | 0.3 - 0.5 |
| Galactose | 0.3 - 0.6 |
| Lactose | 0.2 - 0.3 |
| Polyols (variables, ex: Xylitol) | 0.5 - 1 (variable) |
3. Édulcorants
- Édulcorants acaloriques (0 kcal): aspartame, acésulfame K, saccharine, sucralose, stévia. Ils ont une Dose Journalière Admissible (DJA) à respecter.
- Polyols: sorbitol, maltitol, xylitol, isomalt. Apport énergétique de 2,4 kcal/g (sauf érythritol). Peuvent causer des troubles digestifs en cas d'excès.
Index Glycémique (IG) et Charge Glycémique (CG)
La théorie des "sucres rapides" et "sucres lents" basée sur la longueur de chaîne des glucides est erronée. L'impact physiologique d'un glucide est mieux évalué par l'IG et la CG.
1. Index Glycémique (IG)
- Mesure le pouvoir hyperglycémiant d'un aliment en comparant la réponse glycémique postprandiale à un aliment de référence (glucose ou pain blanc).
- Classe les aliments non pas par leur composition chimique, mais par leur réponse biologique (élévation de la glycémie).
- Plus l'IG est élevé, plus la réponse glycémique et insulinémique est rapide et importante.
- Calcul : IG = (aire sous la courbe glycémique de l'aliment testé / aire sous la courbe de l'aliment de référence) x 100.
- L'IG est une mesure variable qui dépend de l'individu et des circonstances (ex: cuisson, composition du repas).
Classes d'IG
- IG élevé: > 70% (ex: glucose, baguette industrielle, corn flakes, purée de pommes de terre).
- IG moyen: 55-69 % (ex: saccharose, miel, riz, pâtes bien cuites).
- IG faible: < 55 % (ex: lactose, fructose, légumineuses, légumes, pâtes al dente, chocolat, fruits comme l'abricot, les fraises, l'orange, le lait, le yaourt).
2. Charge Glycémique (CG)
- Prend en compte l'IG d'un aliment et la quantité de glucides de la portion consommée.
- Formule : CG (g) = IG (%) x quantité de glucides de la portion (g) / 100.
- Permet de mieux apprécier l'impact réel d'un aliment sur la glycémie. Une CG élevée signifie un impact glycémique important, même si l'IG de l'aliment n'est pas très élevé mais qu'il est consommé en grande quantité (ex: 250g de pâtes cuites ont une CG de 32, alors que 100g de carottes ont une CG de 3).
Recommandations Nutritionnelles pour les Glucides
- Apport en glucides totaux: 50-55% de l'Apport Énergétique Total (AET) (CSS, 2016).
- Ces apports devraient être couverts par des céréales complètes (riches en fibres et micronutriments), pommes de terre, légumineuses, fruits et légumes.
- Sucres ajoutés: Maximum 10% de l'AET (CSS, 2016). L'OMS (2015) recommande de ramener idéalement la consommation de sucres libres à 5% de l'AET.
- Un apport de 50-100g/jour de glucides prévient la cétose (EFSA, 2010).
- Un apport de 130g/jour de glucides couvre les besoins du cerveau en glucose (IoM, 2005).
- La qualité des glucides (raffinés vs. complets) est plus importante que la quantité.
Impact d'une Consommation Excessive de Sucres
La consommation excessive de sucres, en particulier les sucres libres et ajoutés, est associée à plusieurs risques pour la santé.
- Dilution nutritionnelle: peut réduire la consommation d'aliments riches en micronutriments.
- Risque d'obésité.
- Risque de développer un diabète de type 2 (notamment avec les boissons sucrées).
- Dyslipidémies (taux élevé de mauvais cholestérol).
- Un foie saturé par les sucres peut les stocker sous forme de graisses dans le tissu adipeux.
- Risque de carie dentaire.
- Les sucres ajoutés et le fructose sont liés à diverses maladies métaboliques (obésité, maladie du foie non alcoolique, diabète de type 2, taux élevé de cholestérol, hypertension, maladies cardiovasculaires, goutte) avec un degré de certitude variable.
Apports Alimentaires et Teneur en Glucides
Quelques exemples de la teneur moyenne en glucides pour 100g d'aliments:
| Aliments | Teneur moyenne en glucides (g/100g) |
| Sucre | 100 |
| Miel | 80 |
| Céréales petit-déjeuner (type CornFlakes) | 80 |
| Biscuits | 60-70 |
| Confiture | 60 |
| Pain | 50 |
| Chocolat | 50 |
| Pâtes, riz cuits | 25 |
| Pomme de terre | 20 |
| Sodas, Jus d'orange | 10 |
| Fruits | 5-20 |