Représentations mentales

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Ce document explore la notion de représentations mentales en psychologie cognitive, leur rôle, leurs formats, et leur lien avec la perception et l'action. Il aborde également les bases des sciences cognitives et la distinction esprit-cerveau.

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Pregunta
Que sont les sciences cognitives ?
Respuesta
Un ensemble de disciplines scientifiques (linguistique, IA, psychologie...) visant à explorer l'esprit humain et la cognition, c'est-à-dire la connaissance.
Pregunta
Quand les sciences cognitives se sont-elles développées ?
Respuesta
Dans les années 60, en réaction au behaviorisme, et profitant des révolutions techniques comme l'informatique pour étudier les processus mentaux.
Pregunta
La psychologie cognitive considère-t-elle le cerveau comme un ordinateur ?
Respuesta
Non, il s'agit d'une métaphore utile pour penser les liens entre cerveau et esprit, mais pas d'une équivalence littérale.
Pregunta
Qu'est-ce que la survenance ?
Respuesta
Une position théorique où les propriétés mentales (niveau supérieur) dépendent et émergent des propriétés physiques du cerveau (niveau inférieur).
Pregunta
Quelle est la différence entre perception et représentation ?
Respuesta
La perception implique un stimulus présent, tandis que la représentation produit un objet mental qui se substitue à l'objet, même en son absence.
Pregunta
Qu'est-ce que la permanence de l'objet selon Piaget ?
Respuesta
L'apprentissage qu'un objet continue d'exister même s'il n'est plus perceptible. Cela coïncide avec l'émergence des représentations mentales.
Pregunta
Quelle est la distinction entre représentations analogiques et non-analogiques ?
Respuesta
Les représentations analogiques ressemblent à l'objet (ex: image mentale), tandis que les non-analogiques ont un lien arbitraire, symbolique (ex: le mot "chat").
Pregunta
Opposez l'approche conceptualiste et plurimodale.
Respuesta
L'approche conceptualiste postule un format de représentation unique (propositionnel), tandis que l'approche plurimodale soutient l'existence de formats divers (images, propositions...).
Pregunta
Que démontre l'expérience de Kosslyn (1978) sur les images mentales ?
Respuesta
Que les images mentales sont des entités psychologiques qui reproduisent les contraintes spatiales et physiques du monde réel (ex: le temps de balayage mental est proportionnel à la distance).
Pregunta
Comment Vallerand et Thill (1993) définissent-ils la motivation ?
Respuesta
Un concept décrivant les forces internes et/ou externes produisant le déclenchement, la direction, l'intensité et la persistance du comportement.

Les Représentations Mentales : Une Introduction à la Psychologie Cognitive

Ce cours explore la notion fondamentale de représentationmentale en psychologie cognitive, de l'introduction aux sciences cognitives jusqu'aux différents formats de représentation et leur rôle crucial dans l'étude du fonctionnement cognitif.

1. Introduction : Sciences Cognitives, Psychologie Cognitive et Représentations Mentales

Les sciences cognitivessont un ensemble de disciplines (linguistique, anthropologie, IA, neurosciences, philosophie, psychologie) dont l'objectif ambitieux est d'explorer l'esprit humain et les processus mentaux liés à la connaissance.

  • Développement : Elles ont émergé dans les années 1960 suite aux révolutions scientifiques et techniques (informatique, neurosciences, cybernétique), s'appuyant sur l'analogie cerveau/ordinateur pourlier fortement le cerveau et l'esprit.
  • Programme : Décrire, expliquer et simuler les fonctions mentales humaines (perception, mémoire, raisonnement, langage, décision, planification, conscience) et animales (cognition naturelle), ainsi que la cognition artificielle (IA).

La psychologie cognitive est une sous-discipline essentielle de la psychologie, visant à expliquer l'acquisition, l'organisation et l'utilisation de nos connaissances.

  • Utilité : Comprendre le fonctionnement humain dans ses activités quotidiennes.
  • Métaphore cerveau/ordinateur : C'est une métaphore utile, non une équivalence stricte.

2. Le Lien Esprit-Cerveau en Psychologie Cognitive

Historiquement, on a oscillé entre dualisme strict (Descartes : res extensa vs. res cogitans) et matérialisme strict (esprit = cerveau).

La Survenance (Ripoll, 2020)

Une position théorique intermédiaire : le mental survient sur lephysique.

  • Relation orientée : Les propriétés mentales (niveau supérieur) dépendent des propriétés physiques (niveau inférieur).
  • Concrètement : Les propriétés psychologiques sont des propriétés fonctionnelles du cerveau. L'esprit « émerge » de l'activité cérébrale, sans être réductible au cerveau.
  • Exemple : La peur :
    • Niveau mental : pensées anxieuses, sensation de danger, vigilance accrue.
    • Niveau physique (cerveau) : activation de l'amygdale,libération d'adrénaline, augmentation de l'activité dans les circuits de lutte ou fuite.
  • Distinction : « L'esprit est ce que fait le cerveau : une description de l'esprit est une description de la fonction du cerveau» (Kosslyn & Koenig, 1994).

Trois niveaux de description dans l'étude de la cognition :

  1. Propriétés physiques du cerveau : Neurosciences.
  2. Propriétés fonctionnelles de l'esprit : Psychologie cognitive.
  3. Comportements : Psychologie behavioriste.

3. La Notion de Représentation Mentale et son Rôle

Une représentation mentale aideà comprendre comment les gens pensent, étant l'un des problèmes principaux des sciences cognitives.

Que Signifie "Se Représenter" ?

  • Définition : Rendre un objet présent à l'esprit, même s'il est absent du champ perceptif ou d'action. La représentation produit un objet mental qui se substitue à l'objet réel.
  • Perception vs. Représentation :
    • Percevoir : Le stimulus doit être présent.
    • Sereprésenter : Possible en l'absence du stimulus.
  • Attention : Les représentations n'ont pas nécessairement une forme imagée (les images mentales étant un type spécifique). Une représentation n'est pas toujours mentale (ex: tableau, plan).

La Permanence de l'Objet (Jean Piaget)

  • Concept : Apprentissage progressif que les objets existent indépendamment de nos actions et perceptions.
  • Développement : Atteinte entre 18 et 24 mois, coïncidant avec l'émergence des représentations mentales.
  • Expérience : Cacher des objets et observer si les bébés les retrouvent, indiquant une compréhension que l'objet existe même s'il n'est plus perceptible.

Utilité des Représentations Mentales

Elles permettent d'intérioriser le monde, en substituant aux objets réels des objets mentaux. Sans elles, l'explication de la cognition (et des comportements) est difficile.

Définition d'une représentation mentale (4 éléments) :

  1. Le représenté (O) : L'objet en soi.
  2. Le représentant (R) : L'objet de connaissance.
  3. Le lien de référence : Entre R et O.
  4. L'agent cognitif : La personne qui fait le lien.

4. Les Différents Formats de Représentation Mentale

Le Problème de Molyneux

Question philosophique du 17e siècle : une personne aveugle de naissance, capable de distinguer un cube d'une sphère au toucher, pourrait-elle les distinguer par la vue après avoir recouvré la vue, sans les toucher ? Ce problème renvoie au format des représentations mentales.

Distinction 1 : Analogique vs. Non-Analogique

  • Représentations analogiques : Conservent les propriétés structurales des objets (ressemblent à ce qu'elles représentent), ex. : une carte géographique.
  • Représentations non-analogiques : Le lien entre représentant et représenté est arbitraire/conventionnel (représentation symbolique), ex. : le mot "pomme", π\pi, une partition de musique, le concept de justice.

Distinction 2 : Approche Conceptualiste vs. Plurimodale

  • Approche Conceptualiste (Fodor & Pylyshyn, 1988) :
    • Codage unique des informations sous forme propositionnelle.
    • Existeun langage spécifique à l'esprit humain (le mentalais) pour toutes les représentations.
    • Exemple : "Le livre est sur la table" : P(Livre, Table).
  • Approche Plurimodale (Kosslyn et al., 1978) :
    • Les humains élaborent des représentations mentales diverses en formes et propriétés.
    • Inclut représentations propositionnelles et d'autres types de connaissances (ex: images mentales).
    • Les images mentales reproduisent les contraintes du monde physique (ex: temps de balayage d'une carte mentale est proportionnel à la distance réelle).
    • Nous pouvons les confondre avec la perception (Perky, 1910).

Autres Types de Représentations

  • Les schémas (Schank & Abelson, 1977) : Connaissances abstraites sur l'organisation des événements ou actions (ex: restaurant, supermarché).
  • Représentations liées à l'action (Bruner, 1966) : Présentes tôt, contrôlent le déroulement d'une action, difficiles d'accès en dehors de l'exécution.

5. Conclusion : Ce qu'il Faut Retenir

  • La psychologie cognitive est une des sous-disciplines majeures de la psychologie, s'intéressant à l'activité mentale basée sur le cerveau.
  • La notion de représentation mentale est clé.
  • Percevoir et se représenter sont deux processus distincts mais liés.
  • Il n'y a pas de consensus sur le format des représentations mentales ; des formats mixtes sont probables.

La Conscience

La conscience est un concept complexe et polysémique, étudié sous diverses facettes en psychologie et neurosciences.

I. Définition du Terme de Conscience

Le terme "conscience" a plusieurs sens :

  • Conceptiondu sens commun (état d'éveil) : Fait référence aux niveaux de vigilance (veille, sommeil, anesthésie, coma, état végétatif).
    • C'est un état neurologique lié à la substance réticulée activatrice ascendante (SRAA).
    • Les différents états de vigilance incluent la confusion, l'obstubilation, la stupeur, le coma, le mutisme akinétique.
    • Réduire la conscience à la vigilance est une approche monolithique qui ne rend pas compte de "l'effet que cela fait".
  • Conscience psychologique : Connaissance immédiate de sa propre activité psychique, incluant perceptions, pensées, sentiments, et raisonnements. Synomyme de présence à soi et au monde.

II. Processus Conscients vs. Processus Inconscients

La pensée est caractérisée par ces deux types de processus :

Processus Conscients :

  • On peut décrire la façon dont les opérations sont effectuées et leurs interactions.
  • Capacités : volumes limités, sériels, cohérence interne, peuvent être lents et sujets aux erreurs.

Processus Inconscients :

  • Seul le résultat est perceptible.
  • Capacités : rapides, peu d'erreurs, pas d'interférences, traitent de grands volumes en parallèle.

Propriétés de la Conscience (Harth, 1993) :

  • Sélectivité : Tout n'accède pas à la conscience.
  • Exclusivité : On ne peut traiter qu'une chose à la fois (effet de séquentialisation).
  • Enchaînement : Les événements conscients sont traités en série.
  • Unité : L'esprit est un tout unifiant les éléments du monde extérieur.

III. Les Différentes Facettes de la Conscience (Block, 1995, 2002)

Block distingue quatre types de conscience :

  1. Conscience d'accès (contenu) :
    • Contenu de la conscience immédiatement disponible pour le raisonnement et le contrôle de l'action/parole.
    • Liée à lamémoire de travail ou à l'espace de travail (Baars, 1988).
    • Intentionnalité : Toute conscience est conscience de quelque chose.
  2. Conscience phénoménale (qualité) :
    • Fait référence aux aspects qualitatifs de la vie mentale (les qualias) : "l'effet que cela fait" (Nagel, 1974).
    • Ex: le goût, la douleur, la perception d'une couleur.
    • Subjective et individuelle.
  3. Conscience de soi (self-consciousness) :
    • Capacité du sujet à se prendre lui-même comme objet de pensée.
    • Expérience de Gallup (1979) : Test du miroir chez les primates supérieurs (et les enfants de 15-18 mois), montrant la capacité à se reconnaître et à effacer une tache sur soi-même.
    • Se développe aux contacts des autres pour former un soiautobiographique (Damasio, 1999).
  4. Conscience réflexive (monitoring-consciousness) :
    • Opérations mentales de haut niveau permettant de réfléchir et de contrôler ses propres processus depensée.
    • Nécessite des métareprésentations (représentations de représentations) ou des métacognitions.
    • Ex: "Max et la boîte de chocolat" (Wimmer & Perner, 1983) : les enfants de 4 ans sont capables de comprendre les fausses croyances d'autrui, d'élaborer une métareprésentation.

IV. Ontogénèse de la Conscience

Ledéveloppement de ces différentes facettes :

  • Conscience d'accès : Existe dès la naissance. L'expérience de Meltzoff et Borton (1979) montre que les bébés (1-2 mois) ont des représentations mentales de formes tactiles etpeuvent y accéder visuellement.
  • Conscience phénoménale : Présente à la naissance. Le nouveau-né distingue les stimulations internes/externes et apprend à associer ses actions à des conséquences (plaisir/douleur).
  • Conscience de soi : Émerge entre 15 et 18 mois, comme le montre le test du miroir (Lewis et Brooks-Gunn, 1981).
  • Conscience réflexive : Se développe vers 4 ans pour les métareprésentations (Wimmer & Perner, 1983).

V. Ce que le Cerveau Raconte sur la Conscience

"Même si tous nos sens sont intacts et que notre cerveau fonctionne normalement, nous n'avons pas d'accès direct au monde physique. Onpeut avoir l'impression d'un accès direct, mais ceci est une illusion créée par notre cerveau." (Frith, 2007)

1. Illusion de la Conscience :

  • Le temps de perception est supérieur à 100 millisecondes, donc la perception n'est pas immédiate.
  • La perception des détails est une illusion ; le centre du champ visuel est net, les bords sont flous.
  • Cécité aux changements : Difficulté à détecter des différences entre deux images présentées séquentiellement.
  • Visages subliminaux : Si l'intervalle entre deux visages est inférieur à 40 ms, le premier n'est pas perçu consciemment.
  • Chambre d'Ames : Les perceptions visuelles peuvent être trompeuses (taille des personnes).

2. Ce que le Cerveau Dit du Corps :

  • Relation privilégiée entre le cerveau et le corps.
  • Membre fantôme : Après une amputation, le membre peutcontinuer d'exister dans la perception et générer des douleurs. Ex: Boîte à miroir de Ramachandran.
  • Homunculus cérébral : Représentation somatotopique du corps dans le cortex. La plasticité cérébrale peut modifier cette représentation (ex: stimulation du visage peutcréer la sensation du bras fantôme).
  • Expérience hors du corps (OBE) : Peut être induite en corrélant la vision à la première personne à des sensations.
  • Illusions corporelles : Expérience d'avoir un bras ou une jambe supplémentaire (lésion cérébrale).

VI. Comment le Cerveau Fonctionne (Théories de la Conscience)

Le cerveau ne transmet pas passivement : il génère activement des informations sur le monde.

1. Théorie dela non-unité de la conscience (Semir Zeki) :

  • Micro-conscience : Résultat d'activations montantes, de très courte durée de vie. Chaque qualia serait lié à une région cérébrale spécifique (ex: couleuren V4, mouvement en V5).
  • Macro-conscience : Unification de ces micro-consciences dispersées spatialement et temporellement.
  • L'unité de la conscience serait une illusion.
  • Une absence d'activité (ou une activité plus basse) dans uneaire cérébrale spécialisée corrèle avec une absence d'expérience consciente.

2. L'Espace Global de Travail (Global Workspace Theory - Baars, 1980) :

  • Un système interne, découpédu monde extérieur, où les informations sont libres d'être créées et transmises aux processeurs cérébraux spécialisés.
  • La conscience est la diffusion globale d'une information à l'échelle de tout le cerveau.
  • Cette information est diffusée (notamment aux aires du langage), maintenue en mémoire de travail, stockée en MLT, ou intégrée aux plans d'action.
  • Seule une infime partie des connaissances stockées dans le cerveau devient consciente. Nécessite un "embrasement synchrone" des aires sensorielles dehaut niveau et des régions préfrontales/pariétales.

VII. Les Informations non Perçues Consciemment

Effets des Stimuli Masqués :

  • Des mots masqués (non perçus consciemment)peuvent activer des aires extrastriées, fusiformes et précentrales (Dehaene et al., 2001).
  • Les expressions faciales émotionnelles masquées modulent l'activité de l'amygdale sans connaissance explicite (Whalen et al., 1998).
  • L'inconscient sous-cortical colliculaire est partagé avec Mr GY (patient avec vision aveugle) : les visages subliminaux de peur activent l'amygdale même si le patient dit n'avoir perçu que des visages neutres.

VIII. Les Personnes en État de Coma Sont-elles Conscientes ?

Le diagnostic et l'évaluation des états de conscience altérée sont complexes.

États de Conscience Altérée :

État Critères diagnostiques EEG FDG-PET
Mort cérébrale Absence d'éveil, de conscience, de fonctions respiratoires, de réflexesdu tronc cérébral Isoélectrique Aucune activité
Coma Absence d'éveil et de conscience Ralentissement généralisé important 40 à 50% dediminution
État végétatif Éveil (ouverture des yeux), absence de conscience Ralentissement généralisé important 50 à 60% de diminution
État deconscience minimale Éveil, conscience minimale (réponse inconsistante à ordre verbal) Ralentissement généralisé 20 à 40% de diminution
Locked-in syndrome Éveil,conscient, communication par mouvements des yeux, mais tétraplégie et anarthrie Normal Activité normale

Les explorations fonctionnelles (PET scan, IRM) aident au diagnostic. Dans le coma et l'état végétatif, denombreuses aires corticales associatives sont hypométaboliques. En cas de locked-in syndrome, l'activité est normale, malgré l'immobilité.

Détection de la Conscience (Owen et al., 2006 ; Monti et al., 2010):

  • Des IRM fonctionnelles ont montré que des patients en état végétatif ou de conscience minimale peuvent moduler leur activité cérébrale volontairement en réponse à des commandes (ex: imaginer jouer au tennis ou se déplacer dans une maison).
  • Cela suggère une certaine conscience et cognition, et même une forme de communication "oui/non" dans certains cas, bien qu'imperceptible au chevet du patient.

IX. L'Hypnose

L'hypnose, historiquement associée à Mesmer ("magnétisme animal")et Braid (Hypnology, 1843), est un état modifié de conscience différent du sommeil.

  • Définition : État d'attention focalisée, d'absorption intérieure, avec une diminution de la prise en compte des informations externes.
  • Caractéristiques :
    1. Absorption : S'engager dans une expérience conceptuelle ou imaginative.
    2. Dissociation : Séparation mentale des composantes d'une expérience normalement traitées en parallèle. Peut s'avérer utile pour gérerla douleur ou les chocs psychologiques.
    3. Suggestion : Forte tendance à rejeter le jugement critique et à tolérer les suggestions.
  • Applications : Anesthésie hypnotique (Velpeau, Broca), traitement de la douleur.
  • Lien Cerveau : Les études montrent des modulations de l'activité du cortex cingulaire antérieur (CCA), médian (CCM), postérieur (CCP), et préfrontal (dPFC, vPFC).
  • Exemple clinique : L'hypnosédation etla chirurgie éveillée (gliome cérébral) démontrent une diminution des sensations désagréables et une meilleure acceptation de l'intervention.

X. L'EMDR (Eye Movement Desensitization and Reprocessing)

L'EMDR est une technique psychothérapeutique développée par Francine Shapiro pour traiter les expériences traumatisantes, s'apparentant à l'hypnothérapie par certains aspects.

  • Principes : Fixation de l'attention, induction d'un état de conscience modifié via des stimuli monotones et répétitifs (mouvements oculaires alternés), double attention (passé/présent).
  • Effets : Des études ont montré des changements significatifs dans le débit sanguin des aires limbiques et du cortex préfrontal après thérapie EMDR (Pagani et al., 2014).
  • Procédure simplifiée :
    1. Identification du souvenir perturbant.
    2. Évaluation de la charge émotionnelle (échelle 0-10).
    3. Pratique sans mouvements oculaires (4 min).
    4. Pratique avec mouvements oculaires(alternés G-D, 4 min) et réévaluation de la charge.

La Motivation

La motivation est un concept fondamental en psychologie, décrivant les forces quidéclenchent, orientent, intensifient et maintiennent le comportement.

I. Définition et Classifications

  • Définition classique : "Un concept utilisé pour décrire les forces internes et/ou externes produisant le déclenchement, la direction, l'intensité et la persistance du comportement" (Vallerand et Thill, 1993, p. 18).
  • Classifications :
    • Dichotomique (limitée) : Motivation primaire vs. Motivation secondaire.
    • Mieux adaptée (3 catégories) :
      1. Motivations physiologiques.
      2. Motivations "générales non-apprises" : cognitives et affectives.
      3. Motivations sociales.

II. Quelques Auteurs "Historiques"

  • Berlyne (1960) : Dans le champ des motivations cognitives (curiosité, exploration).
    • Déterminants de l'intérêt : Complexité, Nouveauté, Incongruité.
  • White (1959) :
    • L'effectance : Source d'énergie pour maîtriser l'environnement.
    • Besoin de compétence.
  • deCharms (1968) : Le concept "origine / pion" (sentiment d'être l'agent de ses actions).

III. La Théorie de l'Autodétermination (Deci et Ryan, 1985, 2000, 2017)

Passe d'une conception énergétique à une conception qualitative de la motivation, basée sur trois besoins psychologiques fondamentaux :

  1. Besoin d'autonomie : Se percevoir comme la cause principale de ses comportements, en avoir le contrôle.
  2. Besoin de compétence : Se sentir efficace dans les activités entreprises. Les perceptions d'efficacité augmentent la motivation.
  3. Besoin d'appartenance sociale : Se sentir relié à des personnes importantes (compris, accepté, respecté, attachement émotionnel).

Le degré de satisfaction de ces besoins détermine différents types de motivation, positionnés sur un axe d'autodétermination :

  • Motivation intrinsèque (MI) :
    • L'activité est réalisée pour le plaisir et la satisfaction qu'elle procure.
    • Satisfait les besoins d'autonomie, compétence, appartenance sociale.
    • Types : MI à la sensation, à la connaissance, à l'accomplissement.
  • Motivation extrinsèque (ME) : L'activité est réalisée pour un objectif extérieur.
    • Régulation externe : Pression externe, obligation.
    • Régulation introjectée : Pression interne (culpabilité).
    • Régulation identifiée : Autodéterminée, objectif clairement identifié etpersonnel.
  • Amotivation : Aucune raison de s'engager ou persister dans une activité.

Les motivations autodéterminées (MI, régulation identifiée) sont associées aux conséquences les plus favorables (engagement, persistance, réussite, bien-être).

Facteurs de la Motivation Intrinsèque (Théorie de l'évaluation cognitive) :

  • Le locus de causalité perçu.
  • Les perceptionsde compétence (le défi optimal).

IV. La Théorie des Buts (Dweck et Leggett, 1988)

Dans les conduites d'accomplissement, l'individu poursuit deux types de buts :

  • Buts de maîtrise :
    • Objectif : Progresser en compétence (buts auto-référés).
    • Avantages : Moins de résignation face à l'échec (interprété comme un besoin d'amélioration), objectifd'amélioration continu.
    • Types : Maîtrise-approche (améliorer sa compétence), Maîtrise-évitement (éviter les erreurs).
  • Buts de performance :
    • Objectif : Montrer sa compétence aux autres, faire mieux (buts hétéro-référés).
    • Risques : Objectif non atteignable pour tous, l'échec peut créer une aversion.
    • Types : Performance-approche (montrer sa compétence), Performance-évitement (éviter de montrer son incompétence).

Étude de Vallerand et al. (1996) : La coopération (buts de maîtrise) favorise une plus longue persistance dans latâche par rapport à la compétition (buts de performance).

V. Le Modèle de Prochaska et Di Clemente (1982) : Motivation au Changement

Décrit le cheminement vers un changement durable de comportement (particulièrement en santé) en 5 stades :

  1. Stade de pré-contemplation : Négation du problème, pas d'intention de changer.
  2. Stade de contemplation : Prise de conscience du problème,intention de changer apparaît (ambivalence).
  3. Stade de préparation : Volonté, décision d'agir bientôt.
  4. Stade d'action : Modifications comportementales effectives.
  5. Stade de maintien : Efforts pour maintenir les changements.

Ce modèle est associé aux entretiens motivationnels (Miller et Rollnick, 1995) pour accompagner les individus vers les stades d'action et de maintien.


La Perception

La perception est l'ensemble des opérations mentales qui permettent d'agir et de donner du sens à notre environnement.

I. Introduction

1. À quoi sert la perception ?

  • À l'action : Agir dans l'environnement (se déplacer, saisir des objets), interagir avec ses semblables (percevoir les intentions, émotions d'autrui), perception de soi.
    • Exemple de l'ascidie : Lalarve mobile possède un système nerveux pour percevoir son environnement, mais l'adulte immobile le perd une fois fixé.
    • Illusion positive (Taylor & Brown, 1988) : L'auto-perception est souvent plus positive que l'hétéroperception.
  • À donner du sens : Reconnaître un visage familier, identifier les objets.

2. Définition de la perception

  • Proposition : "La perception est l'ensemble des opérations mentalessuccessives ou menées en parallèle qui permettent d'agir et donner du sens à notre environnement." C'est aussi le produit de ce processus (le "percept").
  • Notion de Stimulus :
    • Physiologique : Intensité suffisante d'énergie pour propager un influx nerveux.
    • Distal : L'objet physique éloigné.
    • Proximal : L'image de l'objet captée par les récepteurs sensoriels.
  • Processus Top-down et Bottom-up :
    • Bottom-up : De la sensation à la reconnaissance (traitement des données sensorielles).
    • Top-down : De l'expérience passée / connaissances à la perception (inférence probabiliste).
      • Exemples : Lettres tronquées (reconstitution de "CHAT"), reconnaissance de visages selon le contexte.

3. Sens et Systèmes Perceptivo-moteurs (Gibson, 1966)

  • Les5 sens classiques : Ouïe (oreille), Vue (œil), Toucher (peau), Goût (langue), Odorat (nez).
  • Systèmes perceptivo-moteurs : Chaque système a une double fonction perceptive et motrice (ex. œil et main).
  • Autres systèmes : Proprioception, sens de l'effort, toucher haptique, système vestibulaire (sensible aux accélérations linéaires et angulaires).

4. Perception et Espèces Animales

  • Différences : Les espèces n'ont pas les mêmes capteurs ni les mêmes sensibilités.
    • Exemple : Chauve-souris (sonar), blatte (anémomètre), mormyre (système électrique), protée (pas de vision).
    • Le champ visuelvarie énormément (homme 180180^\circ, lapin 360360^\circ).
    • Le spectre visible diffère selon les espèces (ultraviolets, infrarouges).

II. La Perception Visuelle

1.Composantes Essentielles dans une Scène Visuelle

  • A) Rappels sur la lumière :
    • La perception visuelle découle de la lumière réfléchie par les objets, mesurée en luminance.
  • B) Le Contraste :
    • Définition : Différence dans les propriétés visuelles qui permet de distinguer une zone d'une autre.
    • Types : Contraste de luminance, contraste de couleur.
    • Calcul : Formules de Michelson (textures), Weber (objet/fond).
    • La sensibilité au contraste est mesurée par la variation de luminance jusqu'à la distinction.
  • C) La Fréquence Spatiale :
    • Définition : Nombre de paires de bandes sombres et claires par unité de distance angulaire.
    • Une scène visuelle est composée de fréquences basses (grandes zones d'ombres et de lumière) et hautes (contours et détails).
    • Les images chimères (mélange de hautes fréquences d'une image et basses fréquences d'une autre) illustrent cela.

2. Transmission des Informations Visuelles

  • A) De la rétine au nerf optique :
    • Anatomie de l'œil : Le cristallin (lentille convergente) inverse l'image sur la rétine.
    • Accommodation : Ajustement du cristallin pour la netteté des objets proches.
    • Punctum Remotum (PR) : Point le plus éloigné visible sans accommodation.
    • Punctum Proximum (PP) : Point le plus proche visible avec accommodation maximale.
    • L'Acuité Visuelle (AV) : Résolution spatiale de l'œil, pouvoir séparateur. Mesurée en dixièmes (10/10e = 1 minute d'arc).
    • La rétine : Contient deux types de photorécepteurs :
      • Cônes : 7-8 millions, sensibles aux couleurs (variations de longueurs d'onde), nécessitent beaucoup de lumière, concentrés dans la fovéa (vision centrale fine).
      • Bâtonnets : 120-125 millions, trèssensibles à la luminosité (vision crépusculaire), situés en périphérie (vision périphérique grossière, mouvement).
  • B) Du nerf optique au cortex :
    • Le lobe occipital est dédiéà la vision (V1 : cortex visuel primaire ; V2-V5 : cortex extrastrié).
    • Les fibres du nerf optique croisent partiellement au chiasma optique.
  • C) Mise en évidence de la voie rétino-tectale :
    • Argument n°1 : Expérience de Schneider (1969) sur la double dissociation chez les rongeurs.
      • Lésion du cortex : nuit à la discrimination (le"quoi").
      • Lésion du colliculus : nuit à l'orientation/localisation (le "où").
      • Démontre une dissociation entre deux systèmes visuels.
      • Méthode : La double dissociation est cruciale pour surmonter lesproblèmes de difficulté des tâches.
    • Argument n°2 : La vision aveugle (blindsight) chez l'homme.
      • Patients avec lésion de V1 ne perçoivent pas consciemment dans leur champ visuel défectueux, mais peuvent pointer ou signaler des mouvements (Weiskrantz et al., 1974).
  • D) La voie géniculo-striée : Modèle de la double voie (Milner et Goodale, 1995 ; Rizolatti et Matelli, 2003)
    • Voie ventrale (le "quoi") : Axe occipito-temporal (V1, V2, V3, V4 + cortex inféro-temporal).Traitement de la forme, des couleurs, des visages, identification.
      • Lésion : Agnosie visuelle (aperceptive) : ne reconnaît pas l'objet, mais sait l'utiliser (ex: patiente D.F. aveclésion à la voie ventrale).
    • Voie dorsale (le "où") : Axe occipito-pariétal (V1, V2, V3, V5 + cortex pariétal). Localisation des objets, attributs spatiaux, mouvement.
      • Deux faisceaux :
        • Dorso-dorsale : Action "en directe" (V6, lobule pariétal supérieur). Lésion = Ataxie optique (reconnaît l'objet, mais ne peut pas le saisir).
        • Ventro-dorsale : Organisation de l'action (MT, MST, lobule pariétal inférieur). Lésion = Apraxie (déficits cognitifs de l'action,comme la planification).

III. Mesurer la Perception

1. La psychophysique et la mesure des seuils

L'objectif est d'établir une relation entre les variations de la sensation(milieu interne) et les variations de l'excitation (milieu externe).

  • A) Les précurseurs : Ernst Heinrich Weber, Gustav Fechner.
  • B) Mesure d'un seuil absolu (SA) :
    • Définition : La plus petite quantité d'énergie qui déclenche une sensation (50% de détection).
    • Exemple : Distinguer deux pointes de compas.
    • Fonction psychométrique: Représente le pourcentage de détection en fonction de l'intensité du stimulus.
  • C) Mesure du point d'égalisation subjective (PES) et d'un seuil différentiel (SD) :
    • SD : La plus petite intensité de stimulus qui provoque une modification de la sensation (50% de modification).
    • Méthode : Comparer deux stimuli (standard et variable) en taille.
    • Calculs : VLI (valeur liminaire inférieure), VLS (valeur liminaire supérieure), SD = (VLS - VLI)/2, PES = (VLI + VLS)/2.
    • Loi de Bouguer-Weber : k = SD/I (I = intensité du stimulus étalon).
  • D) Les différentes méthodes :
    • Méthode des limites : Présentation de séries croissantes et décroissantes. Révèle des effets d'ordre (hystérésis, contraste).
    • Méthode des stimuli constants (ou aléatoire) : Toutes les valeurs présentées aléatoirement. Très précise, peu biaisée, mais coûteuse.
    • Méthode d'ajustement : Le sujet ajuste la valeur du stimulus. Utile lorsque le seuil est déjà approximativementconnu.

2. La Constance de Taille

  • Définition : Capacité à percevoir que des objets de même taille physique ont la même taille, même s'ils sous-tendent une taille angulaire différente à des distances différentes.
  • Loi d'Emmert : Taille perçue = distance perçue x taille rétinienne.
  • Dépend de la perception correcte des distances :
    • Constance parfaite : Distances correctement perçues.
    • Sous-constance : Distances sous-estimées.
    • Surconstance : Distances surestimées.

3. La Perception de la 3D

Utilise divers indices pour percevoir la profondeur :

  • Indices physiologiques (proches) :
    • Accommodation : Tension musculaire du cristallin (monoculaire, info sur distance absolue).
    • Convergence oculaire : Angle de convergence des yeux (binoculaire, info sur distance absolue).
  • Vision stéréoscopique :
    • Perception de la profondeur à partir de la disparité rétinienne (légères différences des images perçues par chaque œil).
  • Indices picturaux de profondeur (monoculaires) :
    • Recouvrement (occlusion) : Un objet qui en cache un autre est perçu comme plus proche.
    • Les ombres : Indiquent la forme et la position relative.
    • Gradient de densité de texture : La texture devient plus dense avec la distance.
    • La perspective : Représentation du monde 3D sur une surface 2D (ex: illusion de Ponzo).
    • Taille familière : L'objet familier est perçu à sa taille habituelle, influençant la perception de distance.
  • Indices cinématiques :
    • Parallaxe demouvement : Objets proches se déplacent plus vite sur la rétine que les objets éloignés.

Ces indices sont visuels/non visuels, absolus/relatifs, monoculaires/binoculaires, picturaux/cinématiques.

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