Rachialgie
Sin tarjetasExplication de la douleur rachidienne, de ses causes et de ses traitements. Comprehensive explanation of spinal pain, its causes, and treatments.
Ce document est un aide-mémoire sur les rachialgies, couvrant les cervicalgies, dorsalgies et lombalgies, leurs diagnostics et traitements.
Points Clés
Les rachialgies (cervicalgies, dorsalgies, lombalgies) ont des étiologies variées, mais l'origine dégénérative est la plus fréquente.
Devant toute rachialgie, il faut d'abord éliminer les causes graves avant de diagnostiquer une rachialgie commune.
I. Cervicalgies (Douleurs de la Nuque)
Définition et Causes
Cervicalgies : Douleurs de la nuque.
Très majoritairement communes : dues à la cervicarthrose (dégénérative) ou à un trouble musculo-ligamentaire.
Cervicarthrose anatomique : Très fréquente (> 50% après 40 ans), mais souvent asymptomatique.
Syndrome Cervical
Rarement aigu (torticolis), plus souvent chronique.
Douleurs : Nuque, irradiant vers l'occiput, l'épaule ou la région interscapulo-vertébrale.
Rythme : Mécanique, parfois nocturne, évoluant par poussées.
Examen Clinique
Amplitudes rachis cervical :
Flexion/Extension : mesurée par distance menton-sternum.
Rotations : mesurée par distance menton-acromion.
Inclinaisons latérales.
Constats fréquents :
Limitation modérée des mobilités.
Craquements à la mobilisation.
Points douloureux et contracture musculaire paravertébrale.
Examen neurologique :
Motricité et force musculaire des membres supérieurs et inférieurs.
Sensibilité superficielle (tact, piqûre).
Réflexes ostéotendineux :
Bicipital (C5)
Stylo-radial (C6)
Tricipital (C7)
Cubito-pronateur (C8)
Examens Complémentaires
Radiographies :
4 clichés : face, profil, 3/4 droit, 3/4 gauche.
Clichés dynamiques : en flexion-extension (après traumatisme) pour évaluer l'instabilité.
Trouvailles fréquentes : discarthrose, uncarthrose, arthrose interapophysaire postérieure (C2-C3, C4-C5, C5-C6, C6-C7).
Permettent d'éliminer cause infectieuse, inflammatoire, tumorale.
Autres : Scanner (TDM), IRM (si besoin).
Examens biologiques : NFS, plaquettes, VS, CRP, électrophorèse des protides pour exclure une inflammation.
Diagnostic Différentiel : Éliminer une Cervicalgie Symptomatique Grave
Cause | Exemples |
Tumorale | Métastases, myélome |
Infectieuse | Spondylodiscite |
Inflammatoire | Spondylarthropathie, polyarthrite rhumatoïde, chondrocalcinose |
Neurologique | Tumeur intrarachidienne, fosse postérieure |
Post-traumatique | Fractures, luxations (clichés dynamiques à distance) |
Traitements des Cervicalgies Communes
Aiguës :
Repos : (collier souple si besoin).
Médicaments : Antalgiques, AINS.
Physique : Massages, agents physiques.
Chroniques :
Médicaments : Antalgiques, AINS (poussées).
Repos relatif : (réduction des efforts, collier mousse).
Rééducation : Massages, proprioceptive, renforcement musculaire paravertébral, adaptation posturale.
II. Dorsalgies (Douleurs du Rachis Thoracique)
Définition et Causes
Dorsalgies : Douleurs du rachis thoracique (T1 à T12).
Peuvent être d'origine rachidienne ou viscérale (+++).
Parfois dorsalgies fonctionnelles (sans étiologie précise).
Démarche Diagnostique
Interrogatoire
Caractéristiques douleurs : Siège, rythme, influence mécanique/positions, début, évolution.
Rechercher : Irradiation en ceinture, amélioration par alimentation, réponse aux AINS.
Contexte psychologique.
Examen Clinique
Statique rachis thoracique : et axe squelettique global.
Souplesse rachidienne : en flexion/extension (rachis thoracique le moins mobile).
Recherche points douloureux : palpation médiane (épineuse, interépineuse) et paravertébrale.
Musculature thoracique.
Ampliation thoracique.
Examen Général
Examen pleuro-pulmonaire et cardiovasculaire.
Examen digestif : (douleur épigastrique, pancréatique, hépatique).
Examen neurologique minutieux : (hypoesthésie, syndrome lésionnel/sous-lésionnel).
Examens Complémentaires
Systématiques : Radiographies du rachis thoracique et signes biologiques d'inflammation (VS, CRP).
Selon orientation : Radio thoracique, scintigraphie osseuse, TDM, IRM, endoscopie gastrique, explorations cardiovasculaires.
Exemples radiologiques : Discarthrose dorsale, ostéoporose avec tassement vertébral multiple.
Diagnostic Étiologique : Éliminer une Dorsalgie Symptomatique
Pathologie Non Rachidienne
Cardiovasculaire : Angor, IDM, péricardite, anévrysme aorte thoracique.
Pleuro-pulmonaire : Cancer bronchique, pleurésie, tumeur médiastinale.
Digestive : Ulcère, affection hépato-biliaire, oesophagite, pancréatite, cancers.
Pathologie Rachidienne Sous-jacente
Infectieuse : Spondylodiscites.
Inflammatoire : Spondylarthropathies (SPA).
Fractures : Ostéoporotiques.
Tumeurs intrarachidiennes : Neurinome, épendymome, méningiome.
Tumeurs malignes/bénignes : Métastases, myélome, ostéoblastome, angiome, ostéome ostéoïde.
Maladie de Paget.
Hernie discale dorsale : Douleur dorsale vive, syndrome neurologique (douleur en ceinture, compression médullaire).
Dorsalgies "Statiques" ou "Fonctionnelles"
En l'absence de cause rachidienne ou viscérale.
Peuvent être liées à une cyphoscoliose, maladie de Scheuermann ou troubles musculaires.
Dorsalgies fonctionnelles : diagnostic d'élimination.
Fréquentes chez jeunes femmes : avec activités contraignantes (secrétaires, couturières), souvent associées à souffrance musculaire et facteur psychologique. Également appelées "dorsalgie bénigne des femmes jeunes".
Traitement des Dorsalgies
Causes viscérales/rachidiennes symptomatiques : Traitement spécifique.
Dorsalgies fonctionnelles :
Évolution longue, douleurs tenaces, finissent par disparaître spontanément.
Prise en charge : Psychologique, rééducation (sédative, renforcement muscles paravertébraux).
Médicaments : Antalgiques (poussées).
Manipulations vertébrales : si dorsalgies d'origine cervicale basse ou syndrome téno-cellulo-myalgique dorsal.
III. Lombalgies (Douleurs du Rachis Lombaire)
Définition
Lombalgies communes : Dues à l'arthrose vertébrale.
Lombalgies symptomatiques : Révélatrices d'affections rares mais graves.
Interrogatoire
Siège douleur : Lombaire basse, jonction lombo-fessière, sacro-coccygienne.
Irradiations : Fesse, cuisse postérieure, membre inférieur, fosse iliaque, hypo-gastrique, pli inguinal.
Rythme douleur :
Mécanique : Diurne, augmente avec activité, soulagée par décubitus.
Inflammatoire : Nocturne, réveil matinal prématuré.
Influence efforts : Augmentation douleur par toux, défécation (conflit dure-mérien).
Mode de début : Souvent brutal (effort, faux mouvement) pour la lombalgie commune. Insidieux, progressif, sans facteur déclenchant, plus inquiétant.
Mode d'évolution : Souvent maximales puis s'atténuent pour la lombalgie commune. Aggravation progressive, plus inquiétante.
Antécédents : Épisodes passés non invalidants courants dans lombalgies communes. Douleurs inaugurales chez sujet âgé, plus inquiétantes.
Examen Physique
Statique rachis : Détecter hyperlordose/cyphose, scoliose/attitude scoliotique.
Mobilités rachis lombaire : Distance doigt-sol, Indice de Schober.
Recherche : Contractures musculaires paravertébrales, points douloureux.
Signes souffrance radiculaire :
Examen neurologique membres inférieurs : motricité, sensibilité, réflexes ostéo-tendineux (achilléen S1, rotulien L3-L4).
Manœuvre de Lasègue et de Leri.
Sensibilité périnéale (syndrome queue de cheval).
Recherche : Syndrome cellulo-téno-myalgique, souffrance sacro-iliaque, coxo-fémorale.
Examen général.
Examens Complémentaires
Aucun examen systématique si pas d'orientation clinique précise pour les lombalgies communes.
Imagerie :
Radiographies simples : Toujours en premier. Statique rachidienne, dégénérescence discale, anomalies. Peuvent révéler la plupart des lombalgies symptomatiques.
Complétées par scanner, IRM, scintigraphie osseuse si nécessaire.
Examens biologiques : Pour écarter les signes d'inflammation si doute. Exclues en absence de signes radiculaires sans indication particulière.
Épidémiologie des Lombalgies Communes
60-90% de la population adulte touchée. Max entre 55-65 ans.
Facteurs favorisants : Efforts répétés, traumatismes, vibrations, tabac, alcool, bas niveau socio-éducatif, instabilité familiale/pro, maladies psychosomatiques, insatisfaction au travail.
Formes Cliniques des Lombalgies Communes
1. Lumbago (Lombalgie Aiguë)
Tableau le plus fréquent : Douleur lombaire basse brutale, blocage, impotence fonctionnelle majeure post-effort. Soulagée en décubitus.
Exacerbation : Toux, défécation.
Examen clinique : Attitude antalgique. Pas de signes d'irritation radiculaire ou neurologiques déficitaires.
Examens complémentaires : Non nécessaires si adulte jeune, sans antécédent, tableau typique.
Évolution : Régression en quelques jours dans la majorité des cas.
Traitement :
Médical : Antalgiques, AINS, myorelaxants.
Repos le plus bref possible : favoriser reprise rapide des activités.
Massages et rééducation pas de place en phase aiguë.
Manipulations vertébrales : Efficaces si diagnostic de lombalgie commune certain.
Infiltrations péridurales : Si douleur intense persistante.
Orthèse lombaire (lombostat) : Si incapacité fonctionnelle marquée.
Ceinture de soutien lombaire : Formes récidivantes.
2. Lombalgies Communes Chroniques
Définition : Douleurs lombaires invalidantes > 3 à 6 mois.
Gravité : Impact socio-professionnel et économique. Rare (5%).
Contexte : Souvent antécédents de lumbago répétés, ou début progressif sans facteur déclenchant.
Examen clinique : Riche à l'interrogatoire (siège, rythme mécanique, évolution), pauvre à l'examen.
Douleurs : Lombaires, irradiant fesses/cuisses post., parfois jambes (sans topographie radiculaire précise).
Limitation : Modérée des mobilités. Points douloureux électifs.
Lasègue réveille douleur lombaire. Pas de signe neurologique ou général.
Examens complémentaires :
Radiographies simples : Lésions d'arthrose lombaire fréquentes sans parallélisme radio-clinique. Confirment absence de lombalgie symptomatique.
Biologiques : Pour absence de signes inflammatoires, si doute. TDM/IRM non indiqués sans signes radiculaires.
Cas particulier (post-chirurgie) : Redouter complication infectieuse (spondylodiscite) ; IRM si doute.
Évolution spontanée : Favorable dans la majorité des cas. Rarement invalidité motrice durable.
Impact : Handicap sévère si activités professionnelles sollicitent intensément le rachis.
Traitement :
Médicaments symptomatiques : Antalgiques, AINS, myorelaxants. Infiltrations péridurales (poussées). Corticoïdes généraux sans place. Psychotropes, relaxation/psychothérapie si retentissement psychologique.
Repos limité.
Massages, physiothérapie peu d'indications.
Soutien lombaire : Ceinture en tissu baleiné utile, corset rigide pas d'intérêt.
Rééducation (élément essentiel) : Active (renforcement muscles tronc), correction statique, ergonomie rachidienne. Nécessite implication active du patient.
Chirurgie : Très exceptionnelle (arthrodèses intervertébrales). Résultats inconstants.
3. Lombalgies d'origine articulaire postérieure
Font partie des lombalgies communes.
Clinique : Syndrome trophostatique post-ménopause (femmes, excès pondéral, hypercyphose dorsale, hyperlordose lombaire). Augmentation des contraintes postérieures, arthrose interapophysaire postérieure.
Douleurs : Lombaires basses, irradiant fesses/cuisses (pas au pied). Début insidieux, chronique. Type brûlures, aggravées par contraintes mécaniques, parfois nocturnes/au réveil (décubitus dorsal majore lordose).
Examen clinique : Généralement pauvre. Souvent syndrome cellulo-myalgique (cellulalgie au pincé-roulé, cordons indurés).
Examens complémentaires : Radiographies (face/profil) montrent arthrose interapophysaire postérieure. Fréquent spondylolisthésis en L4-L5 ou L3-L4.
Évolution/Traitement : Évolution chronique. Traitement médical symptomatique (identique aux lombalgies communes chroniques). Infiltrations articulaires postérieures si insuffisant. Traitement physique de choix : lutte contre excès pondéral, musculation tronc, délordose. Manipulations vertébrales y ont une indication de choix. Ceinture lombaire utile. Chirurgie exceptionnelle (thermocoagulation articulaire).
Lombalgies Symptomatiques (Rares mais Graves)
Suspecter si :
Début : Progressif, insidieux, sans facteur déclenchant.
Atypies : Douleur lombaire haute, caractère étendu.
Rythme : Nocturne, seconde partie de nuit.
Intensité/ténacité : Aggravation progressive.
Absence d'antécédents : Surtout chez sujet âgé.
Raideur : Globale et intense du rachis.
Examen général : Antécédents suspects, asthénie, anorexie, amaigrissement, fièvre.
Examens : Radiographies et examens biologiques justifiés. Autres examens selon orientation.
1. Lombalgies tumorales malignes (myélome, métastases)
Radiographies : Tassement vertébral, ostéolyse ("vertèbre borgne"), déminéralisation diffuse, ostéocondensation. Peuvent être normales.
Scintigraphie osseuse : Localisation des lésions.
IRM : Précise étendue et retentissement intrarachidien.
2. Lombalgies tumorales bénignes
Ostéome ostéoïde : Douleurs intenses, nocturnes, soulagées par aspirine. Ostéocondensation localisée ("image en cocarde"). Diagnostiqué par scintigraphie osseuse et TDM. Traitement : exérèse du nidus.
Plus rarement : neurinome, méningiome, angiome vertébral.
3. Lombalgies infectieuses
Spondylodiscite le plus souvent, rarement spondylite pure.
4. Lombalgies inflammatoires
Spondylarthropathies.
5. Lombalgies liées à une ostéopathie déminéralisante
Ostéoporose, ostéomalacie.
Tassements vertébraux : Cause la plus fréquente.
Fracture du sacrum : Sujets âgés, traumatisme minime. Douleurs brutales, lombo-sacrées, intenses, mécaniques. Radiographies peu visibles, scintigraphie osseuse (hyperfixation en H) et TDM performantes.
6. Affections extrarachidiennes
Absence d'anomalie rachidienne à l'examen clinique.
Anévrysme de l'aorte abdominale : Diagnostic précoce essentiel (pronostic grave).
Aiguës : Fissuration, intenses, collapsus cardio-vasculaire.
Chroniques : Irradiations abdomino-génito-crurales, rythme inflammatoire (fissurations colmatées). Signes généraux (amaigrissement, fièvre, anémie). Échographie, TDM confirment.
Pathologie urinaire : Lombaires hautes, latéralisées, irradiant vers flancs/organes génitaux. Lthiase rénale, hydronéphrose, tumeur rénale. Échographie, urographie IV précisent.
Autres : Tumeurs digestives, pancréatite chronique, tumeurs pelviennes, adénopathies prérachidiennes, fibrose rétropéritonéale.
Points Essentiels à Retenir
Priorité : Éliminer une rachialgie symptomatique d'une affection sous-jacente grave.
Cervicarthrose : Très fréquente, souvent asymptomatique, mais peut causer névralgie cervico-brachiale, myélopathie cervicarthrosique.
Dorsalgie : Toujours rechercher une cause viscérale ou une affection rachidienne sous-jacente. Le diagnostic de dorsalgies fonctionnelles est un diagnostic d'élimination.
Lombalgies communes : Lumbago aigu, lombalgies chroniques, lombalgies d'origine articulaire postérieure. Aucun examen complémentaire systématique sans orientation clinique vers une lombalgie symptomatique (infectieuse, tumorale, inflammatoire, osseuse ou viscérale).
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