Psychanalyse Freudienne et Post-Freudienne
12 tarjetasCe document explore la psychanalyse de Sigmund Freud, y compris ses théories de l'inconscient, le refoulement et les stades de développement. Il aborde également les contributions de Lacan, Winnicott et Dolto, en détaillant les applications cliniques et pratiques de la psychanalyse.
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Cet exposé explore les fondements, les théories, et les applications cliniques de la psychanalyse, ainsi que ses développements post-freudiens. Il aborde également les distinctions entre les professionnels de la santé mentale et l'impact de la psychanalyse dans la compréhension des relations soignant-patient.
1. LA DÉCOUVERTE FREUDIENNE DE LA PSYCHANALYSE
1.1. L'inconscient avant Freud
La notion d'inconscient existait déjà en philosophie, apparaissant chez Leibniz en 1703.
La question de l'homme était initialement philosophique, souvent liée au concept d'infini.
Le 19ème siècle a vu une extension philosophique de cette question.
1.2. Sigmund Freud : repères biographiques
Né en1856 à Freiberg, Freud grandit à Vienne.
Élève brillant, passionné par la science (Darwin était une source d'inspiration) et la littérature.
Initialement tourné vers la recherche fondamentale, il devient médecin praticien aprèssa rencontre avec Martha Bernays en 1882.
Freud s'approprie le concept d'inconscient d'une manière nouvelle et innovante.
1.3. La Salpêtrière ou « le haut lieu de la folie des femmes»
Hôpital parisien où les femmes considérées comme incurables étaient internées.
Les hystériques étaient regroupées avec les épileptiques en raison de leurs crises convulsives.
Ceci devient un centre d'enseignement théorique et clinique important sous ladirection de Charcot.
1.4. Jean-Martin Charcot et l'hystérie
Charcot, professeur d'anatomie pathologique, a légitimé l'hystérie comme maladie du système nerveux, contre l'idée qu'elle était une simulation.
Il utilisait l'hypnose pour provoquer expérimentalement des crises d'hystérie, cherchant à en comprendre les lois.
Des patientes comme Augustine ont été largement documentées photographiquement.
1.5. Thèse et démarche freudienne
Freud observe que les symptômes hystériques ne correspondent pas aux lois de l'anatomie mais à des représentations communes du corps.
Il déplace l'attention de l'observation clinique à l'écoute des patientes, donnant la parole à celles-ci.
Ce changement de paradigme est à l'origine de l'invention de la psychanalyse.
1.6. La méthode cathartique : précurseur de la psychanalyse
De retour à Vienne, Freud pratique l'hypnose et traduit les travaux de Charcot.
Avec Joseph Breuer, il écrit Les études sur l'hystérie.
Il abandonne progressivement l'hypnose pour la méthode cathartique de Breuer, illustrée par le cas d'Anna O. et la « talkingcure » (traitement par la parole).
Cette méthode est un précurseur de la psychanalyse, se distinguant de la psychiatrie par son intérêt pour « l'histoire du malade » plutôt que celle de la maladie.
1.7. Théorie du refoulement et conflitpsychique
Après une divergence avec Breuer, Freud se concentre sur les notions de défense psychique et de résistance.
Il observe que les patientes rencontrent des obstacles à la remémoration de certains souvenirs.
Lerefoulement est identifié comme un processus psychique de défense inconscient qui repousse les représentations « inconciliables » ou « insupportables » hors de la conscience.
Ce processus est reconnu comme éclairant l'étiologie de l'hystérie etdes névroses, résultant d'un conflit entre un désir et son interdit.
Freud développe d'abord une théorie du trauma (théorie de la séduction), puis s'oriente vers une origine purement psychique des névroses.
Le symptôme est conçu comme une formation de compromis exprimant un désir inconscient d'origine infantile.
En 1900, la publication de l'Interprétation des rêves marque la naissance de la méthode psychanalytique, avec l'abandon de l'hypnose et de la méthode cathartique au profit de l'association libre.
Conflit Psychique | |
Refoulement | |
Défense | |
Résistance |
2. THÉORIES FREUDIENNES DE L'INCONSCIENT
2.1. Les trois grandes blessures de l'humanité
Copernic : La Terre n'est pas au centre de l'univers (blessure cosmologique).
Darwin : L'homme est le fruit de l'évolution (blessure biologique).
Freud : « Le moi n'est pas maître en sa demeure » (blessure psychologique).
2.2. Les deux topiques freudiennes
Freud conçoit une cartographie de l'appareil psychique :
2.2.1. 1ère topique : Conscient / Préconscient / Inconscient
2.2.2. 2ème topique : Ça / Moi / Surmoi
Le Ça :
Instance des pulsions, totalement inconsciente.
Régie par le principe de plaisir.
Siège de la libido (énergie de la pulsion sexuelle).
Le Surmoi:
Instance psychique proclamant les interdits.
Juge et prescrit, héritier des prescriptions parentales.
Possède une fonction sociale.
Le Moi:
Partiellement lieu de la conscience.
Représente la part logique et rationnelle.
Fonctionne selon le principe de réalité.
Constitué de l'image etde la représentation que le sujet a de lui-même.
Son autonomie est relative, subissant les exigences de la réalité extérieure, les revendications du Ça et les impératifs du Surmoi.
2.3. La théorie des pulsions
Lapulsion est un processus entre le psychique et le somatique, une poussée interne d'excitation caractérisée par :
La poussée : facteur moteur.
Le but : la satisfaction.
L'objet : ce par quoi la pulsion atteint son but (très variable).
La source : corporelle.
Les destins possibles de la pulsion (modalités de défense) :
Le retournement en son contraire (ex : sadisme/masochisme).
Le retournement sur la personne propre (ex : agressivité/dépression).
Le refoulement.
La sublimation.
2.4. Le dualisme pulsionnel
1ère théorie : pulsions d'autoconservation / pulsions sexuelles.
2ème théorie : pulsions de vie (Éros) / pulsions de mort (Thanatos).
L'équilibre psychique du sujet dépendde l'équilibre entre ces catégories pulsionnelles.
2.5. Le rôle du psychosexuel dans le refoulement
Le symptôme exprime une vérité refoulée du désir.
Freud reconnaît le rôle du fantasme dans la formation des symptômes et la présence du sexuel infantile inconscient dans le fantasme adulte.
Le complexe d'Œdipe est découvert par Freud à travers un rêve personnel.
J'ai trouvé en moi, comme partout ailleurs, des sentiments d'amour envers ma mère et de jalousie envers mon père, sentiments qui sont, je crois, communs à tous les jeunes enfants.
(Extrait d'une lettre à son ami Fliessdu 15 octobre 1897)
Le refoulement originaire est défini comme une « singulière amnésie » des six ou huit premières années de l'enfance.
2.6. La sexualité infantile etla théorie des stades
Dans Les trois essais sur la théorie sexuelle (1905), Freud propose une théorie des stades :
La sexualité en psychanalyse ne se réduit ni ne se confond avecla sexualité génitale.
Il postule une « disposition perverse polymorphe » de la sexualité infantile.
L'infantile représente l'enfant dans l'adulte, après le refoulement de la sexualité infantile.
Les stadesprégénitaux sont :
Le stade oral (0-18 mois) :
Objet d'investissement : le sein ou le biberon.
Zone érogène : la sphère orale.
S'étaye sur le besoin alimentaire etl'activité de succion.
Le stade anal (18 mois - 3 ans) :
Zone érogène : la zone anale.
Prédominance des pulsions sadiques (ou sadiques-anales).
Caractérisé par le couple activité/passivité.
La phase phallique (3-6 ans) :
Stade de la différenciation sexuelle et primat du phallus.
Apparition du complexe d'Œdipe et du complexe de castration.
Complexe d'Œdipe : La mère est le premier objet d'amour pour les deux sexes. Découverte de la différenceanatomique des sexes.
Pour la fille : se tourne vers le père pour obtenir ce que la mère lui a refusé.
Pour le garçon : voit le père comme rival et renonce à sa mère.
Se résout par le complexe de castration chez le garçon.
Ambivalence envers les parents, liée à la bisexualité psychique.
La phase de latence : Période de refoulement de la sexualité infantile.
Le stade génital : Démarre à lapuberté et mène à la sexualité adulte par le rassemblement des pulsions partielles.
La libido peut se fixer à des stades précédents (fixation) ou régresser.
2.7. Les formations de l'inconscient : rêves, lapsus, actes manqués
2.7.1. Le rêve : « voie royale » d'accès à la vie psychique inconsciente
La publication de l'Interprétation des rêves en 1900 est un tournant majeur.
L'inconscient concerne tout le monde et est le moment de la naissance de la méthode psychanalytique.
Le rêve est la voie royale vers la connaissance de l'inconscient.
Freud définit les rêves comme des réalisations de désirs inconscients et des productions hallucinatoires.
Le rêve est un compromis entre le désir inconscient et la censure, rendant les désirs méconnaissables pour éviter l'angoisse.
2.7.2. Le travail du rêve : le travestissement
Le rêve est déguisé pour satisfaire les désirs inconscients et maintenir la censure.
Il comporte un contenu manifeste (apparent) et un contenu latent (caché).
Les procédés de déformation sont la condensation (un élément manifeste contient plusieurs contenus latents) et le déplacement (l'élément le plus mis en valeur n'est pas forcément le centredu rêve).
Le rêve est un acte psychique complet, dont la force pulsionnelle est un désir à accomplir, rendu bizarre par la censure.
Il se lit comme un rébus, sans clé des songes universelle et a toujours un « ombilic ».
L'archéologie est une métaphore de l'analyse, déterrant ce qui a été préservé par l'enfouissement.
Le roman familial est l'invention par l'enfant d'une famille plus valorisante.
2.7.3. Le lapsus
Consiste à substituer un mot à celui qu'on voulait dire.
Révélateur d'une pensée inconsciente, provoquant souvent rire et malaise.
2.7.4. Les actes manqués
Acte par lequel une personne substitue involontairement une action imprévue à son intention délibérée.
Ils ont un sens et sont des actes psychiques exprimant un désir inconscient.
Freud, avec Psychopathologie de la vie quotidienne, estompe la frontière entre le normal et le pathologique.
3. LA PSYCHANALYSE POST FREUDIENNE
Cette section détaille les contributions de Jacques Lacan, Donald W. Winnicott et Françoise Dolto, qui ont enrichi et développé la psychanalyse au-delà des théories initiales de Freud.
3.1. Jacques Lacan
Lacan aborde la psychanalyse par les psychoses,notamment à travers sa thèse sur la paranoïa, et non par les névroses comme Freud.
Il soutient que la psychose n'est pas un déficit mais touche la personnalité, et que le langage de l'aliéné n'est pas insensé, mais uneexpression de l'inconscient à comprendre.
Il introduit l'idée de la singularité du sujet (le un par un) et son travail sur la paranoïa le mène à s'intéresser au narcissisme.
3.1.1. Le stade du miroir
Développé par Lacan et situant entre 6 et 18 mois.
Donne une valeur paradigmatique au comportement de l'enfant devant le miroir, yvoyant le fondement du Moi.
Le Moi est une instance fondamentalement narcissique, et ce stade est le moment d'une identification fondamentale à sa propre image.
Cette identification a une fonction pacificatrice carl'enfant se vit comme unifié.
Le Moi est le lieu d'une méconnaissance fondamentale, car l'aliénation qui lui a donné naissance n'est pas reconnue.
3.1.2. Le signifiant
Lacan accorde une importance capitale au langage.
Il théorise que les formations de l'inconscient (lapsus, actes manqués, rêves) sont réglées par des enchaînements langagiers.
Il recentre sa théorie sur le concept de « signifiant », emprunté à la linguistique (Ferdinand de Saussure).
Le signifié est ce qui est dit, tandis que le signifiant est ce quipermet de dire.
Dans l'inconscient, un signifiant est détaché de sa signification et autonome.
C'est par cet intervalle que le désir peut s'exprimer de manière déguisée (par ex. le jeu de l'équivoque : la mer/la mère).
Pour Lacan, le langage nous préexiste et nous détermine avant la naissance, nous immergeant dans un « bain de langage ».
Les dimensions du langage sont :Une fonction rassurante : il est constitutif de l'humanité (parler pour ne rien dire montre que nous existons).
Le discours en dit toujours plus que ce qu'il dit (ex. :le lapsus).
Il est impossible de tout dire, il y a toujours une perte.
Une fonction de jouissance : parler, c'est remplir un vide.
Une fonction pacificatrice.
3.1.3. Le réel
Le réel chez Lacan ne se confond pas avec la réalité.
C'est ce qui nous dépasse, est inaccessible et irreprésentable.
Il est là avant et après nous.
Lacan situe l'inconscient du côté du réel, affirmant que le réel est ce qui nous fait parler.
3.1.4. Réel/Imaginaire/Symbolique
Ces trois registres sont essentiels à la réalité humaine et complémentaires en psychanalyse.
En psychanalyse, on distingue trois notions complémentaires : le réel, qui toujours nous échappe ; lesymbolique, par lequel nous tentons de mettre des mots sur les choses ; l'imaginaire, soit les représentations fantasmées entre ce réel inaccessible et ce que le langage peut en dire.
(J. Lacan, Séminaire Livre XVII, L'envers de la psychanalyse)
Lacan distingue le sujet (sujet de la parole, référé au symbolique, qui parle là où il ne pense pas) du Moi (instance fondamentalement imaginaire, pour Lacan leMoi autonome est un mythe).
3.2. Donald W. Winnicott (1896-1971)
Pédiatre anglais devenu psychanalyste d'enfants, Winnicott se concentre sur les relations du nourrisson avecson environnement, principalement la mère.
« La préoccupation maternelle primaire » : Capacité de la mère à s'identifier à son nourrisson pour percevoir ses besoins et s'y adapter, se développant pendant la grossesse.
« The Good enough mother » (Mère suffisamment bonne) : Mère qui répond suffisamment à l'omnipotence du nourrisson, lui permettant de soutenir temporairement l'illusion d'être le créateur de l'objet de satisfaction.
« L'aire transitionnelle» : Aire d'illusion matérialisée par un objet transitionnel (doudou), facilitant la transition entre la relation orale à la mère et la relation à un objet extérieur. Ces phénomènes transitionnels sont à l'origine de l'espace potentiel de création chez l'individu.
3.3. Françoise Dolto (1908-1988)
Infirmière, puis pédiatre, Dolto est devenue psychanalyste pour enfants après sa rencontre avec Susie Morgenstern,une pionnière dans le domaine.
Sa thèse en 1939, Psychanalyse et pédiatrie, met en avant le rôle de l'affect comme support de l'intelligence.
Elle insiste sur l'importance de la parole que l'adulte adresse à l'enfant, l'aidant à construire sa pensée.
Elle est la fondatrice des Maisons Vertes, des lieux d'accueil parents-enfants.
4. REMARQUES CLINIQUES ET PRATIQUES
Cette section clarifie les rôles des différents professionnels de la santé mentale, explique le concept de transfert en psychanalyse, et souligne l'utilité pratique de la psychanalyse pour une meilleure compréhension de soi et des autres dans le cadre clinique.
4.1. Savoir différencier psychologue / psychiatre / psychanalyste
Psychologue | Formation universitaire (Master 2 de psychologie). Ne peut pas prescrire. Non remboursé. |
Psychiatre | Médecin avec une spécialité en psychiatrie. Peut prescrire des médicaments et des neurostimulations. Remboursé. |
Psychanalyste | Doit avoir fait une analyse personnelle. Souvent, il a une formation depsychologue ou de psychiatre, mais peut aussi être philosophe ou historien. |
Psychothérapeute | Titre réglementé. Soit psychologue clinicien certifié, soit psychiatre. |
4.2. Le transfert
Le transfert est un phénomène central en psychanalyse.
Freud le décrit comme une actualisation du passé et un déplacement des sentiments et émotions surla personne de l'analyste.
Lacan le considère comme une illusion dans laquelle le patient installe l'analyste en position de sujet supposé savoir sur son désir.
Il implique un mouvement d'adresse à l'autre qui permet au patient de transformer quelque chose de lui-même.
Le transfert est paradoxalement à la fois le moteur de la cure et une source de résistance.
La fin d'une analyse peut être atteinte lorsque le patient parvient à faire de son symptôme une force ou une ressource pour vivre.
4.3. En quoi la psychanalyse peut-elle vous servir ?
La psychanalyse permet de distinguer la « réalité objective» de la « vérité subjective ».
Il est crucial de comprendre que le savoir en psychanalyse est un savoir inconscient, se manifestant à travers les rêves, les lapsus, les actes manqués, et les oublis, sedérobant à toute saisie directe. L'accent mis par Lacan sur le langage et la parole souligne leur rôle dans le refoulement. La psychanalyse sert d'outil précieux pour comprendre les rapports entre soignants et patients, en tenant compte du transfert comme unedes manifestations clés.
Conclusion
Le savoir en psychanalyse est inconscient, manifesté par rêves, lapsus, actes manqués, etc.
Lacan souligne le rôle du langage et de la paroledans le refoulement.
Le langage a des dimensions au-delà de la communication seule.
Le travail psychanalytique prend en compte le transfert.
La psychanalyse est un outil pour comprendre les relations soignants/patients.
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