PANORAMA FICHE COMPLÈTE
59 tarjetasCe document explore la littérature médiévale française, couvrant des genres tels que la poésie courtoise, les romans de chevalerie, les chansons de geste et le théâtre religieux. Il aborde également les débuts de la littérature en langue vulgaire, l'émergence de thèmes comme l'amour courtois et les figures littéraires marquantes de cette période.
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Le Moyen-Âge (476-1453)
Le Moyen-Âge est une période historique et littéraire qui s'étend de la chute de l'Empire romain d'Occident en 476 à celle de l'Empire romain d'Orient et la fin de la guerre de Cent Ans en 1453.
Contexte Historique
476 : Fin de l'Empire romain d'Occident. Constantinople devient le centre de gravité.
312 : Le christianisme est autorisé par l'empereur Constantin.
Clovis Ier (481-514) :
En 486, lors de la bataille de Soissons, ses soldats pillent l'Église de Reims, l'évêque Rémi le réprimande. Clovis exécute un soldat pour affirmer son autorité.
En 496, lors de la bataille de Tolbiac contre les Alamans, Clovis se convertit au christianisme. Clotilde, son épouse catholique, joue un rôle clé dans cette conversion qui entraîne la christianisation des Francs.
Le baptême de Clovis en 499 par l'évêque Rémi de Reims est un événement majeur, conférant une forme de divinité au roi, symbolisée plus tard par la Sainte Ampoule lors du sacre des rois de France.
Cela mène à l'extension du pouvoir royal en France et à l'édification d'églises.
Dagobert (629-638) : Roi descendant de Clovis. La chanson populaire du roi Dagobert date de 1750.
Constitution de l'Europe contre l'islam :
Charles Martel et la bataille de Poitiers (732) marquent l'avènement de la dynastie carolingienne.
Pépin le Bref est sacré à Soissons.
Charlemagne est sacré empereur à Rome. Il combat les Sarrasins et son image (souvent présentée avec une housse fleurdelisée sur son cheval) préfigure les futurs rois de France.
Le tableau de Raphaël représentant le couronnement de Charlemagne (avec les traits de François Ier et Léon X) est une forme de propagande insinuant le contrôle du Vatican sur Charlemagne.
Contexte Littéraire
Langues : Transition du latin au vieux français au fil des dynasties.
Christianisme : Omniprésent dans les textes et les valeurs de l'époque, de Clovis Ier (499) jusqu'au XVIIe siècle.
Le genre amoureux : Originaire de l'Antiquité, il se développe au Moyen-Âge sous diverses formes (roman courtois, poésie courtoise, poème allégorique).
Littérature de la royauté : Des textes comme la chanson du roi Dagobert (critique), le Serment de Strasbourg et la Chanson de Roland façonnent la littérature française.
Le Genre Amoureux
Le genre amoureux remonte à l'Antiquité grecque avec le mythe de l'Androgyne de Platon dans "Le Banquet" (IVe siècle av. J-C), où la séparation homme/femme explique la recherche de sa moitié perdue.
Chronologie et Caractéristiques des Textes Amoureux
Structure narrative :
Un couple.
Un obstacle (interne ou externe).
Un dénouement (conjonction ou disjonction).
Eros Thanatos : Le lien entre l'amour-passion et la mort. L'amour est d'autant plus intense qu'il est attisé par l'obstacle et peut être destructeur.
Clés pour un roman d'amour :
Une seule histoire centrée sur le même couple.
Couple composé de deux célibataires, ou l'un marié.
Une scène de rencontre marquante ("meet-cute").
Personnages secondaires (amis ou rivaux).
Obstacle externe (société, événements) et/ou interne (hésitations, jalousie, honte, vertu).
Dénouement : conjonction heureuse ou malheureuse (mort des amants comme Tristan et Iseult), ou disjonction (séparation).
Symboles de l'amour :
Rossignol : Emblème de l'amour.
Chèvrefeuille/Coudrier : Symbole d'amour éternel ou indestructible (les ronces sur les tombes de Tristan et Iseult).
Rose : Allégorie de l'amour (introduisant la littérature allégorique).
Flèche/Blessure : Métaphore de la maladie d'amour dans l'amour courtois.
Textes Notables du Genre Amoureux
Malicorne (1976) "Les tristes noces" : Chanson évoquant un amour avec obstacle externe, suicide et conjonction malheureuse (tombe avec chèvrefeuille), similaire à Tristan et Iseult.
Lai du Laostic (ou du Rossignol), Marie de France (1170) :
Poème du Moyen-Âge (lai) racontant l'amour impossible entre une femme mariée et un bachelier en Bretagne.
Le chevalier (le mari) tue le rossignol, rendant l'amour impossible (disjonction).
Le rossignol est un symbole d'amour.
Tristan et Iseult, Béroul (1160) et Thomas d'Angleterre (1190) :
Obstacle externe (orage) causant la mort d'Iseult.
Conjonction malheureuse : les amants sont liés dans la mort par les ronces sur leurs tombes (chévrefeuille).
Fol'amor : Une maladie d'amour irrépressible, une fatalité amoureuse causée par une potion d'amour.
Reconnaissance de nombreux symboles : chèvrefeuille, fol'amor.
L'asag : Épreuve de chasteté (amant et amante nus, séparés par une épée).
Amour adultère où Iseult est maîtresse et Iseult aux mains blanches est l'épouse de Tristan en exil.
Version "vulgaire" de Béroul et "courtoise" de Thomas.
La Divina Commedia, L'Inferno, Dante Alighieri (1320) :
Paolo & Francesca : Francesca, mariée, tombe amoureuse de son beau-frère. Le mari les surprend et les tue.
Obstacle externe (famille).
La poésie courtoise de Dante est inspirée de son amour impossible pour Béatrice.
Les lettres portugaises, Gabriel de Guilleragues (1669) :
Lettres d'une religieuse à un soldat.
Obstacle interne (renoncement à la religion, à la vertu) et externe (non-réponse du soldat).
Disjonction : la religieuse reste seule.
Phèdre, Jean Racine (1677) :
Tragédie grecque axée sur l'amour impossible entre Phèdre et son beau-fils Hippolyte.
Obstacle intérieur : la honte.
Disjonction : mort d'Hippolyte.
Illustre le Fol'amor, la fatalité amoureuse.
La Princesse de Clèves, Madame de Lafayette (1678) :
Roman d'analyse. Amour entre la Princesse de Clèves et le Duc de Nemours.
Obstacle intérieur : elle est mariée.
Disjonction : elle ne peut pas aimer le duc de Nemours.
Poésie Courtoise / Roman Courtois
La Poésie courtoise (ou des Troubadours/Trouvères) émerge au XIIe siècle en Occitanie (Provence). Le terme "courtois" vient de la cour.
Les Troubadours rédigent des poèmes aux versifications complexes, accompagnées de mélodies grégoriennes (luths).
Au Nord de la Loire, les trouvères se développent autour d'Aliénor d'Aquitaine (XIIe siècle), mécène de la poésie courtoise.
Thème central : L'amour courtois, souvent anoblissant les sentiments et transcendant la satisfaction primaire.
Lié au système féodal : chevaliers et dames, avec des règles nobles (fin'amor).
Reverdie : L'arrivée du printemps, propice à l'amour.
Bernard de Ventadour : Troubadour occitan, poète de l'amour délicat et émouvant.
Casuistique : Cas de Figure Amoureux
Dilectio (selon André le Chapelain) : Sentiment d'amour contrôlé, amour conjugal.
Amor : Pulsion érotique ("joy" d'amour) sublimée par la tendresse et la reconnaissance (lié à l'*eros* grec). Ex : Bernard de Ventadour. L'amour au-delà des liens conjugaux et des lois.
Amor de lonh : L'amour de loin chanté par Jaufré Rudel, amour entre un chevalier et sa dame, impossible et non-réciproque. Il élève le statut social de la dame et est un investissement total, échappant à la raison.
Fin'amor : Amour raffiné, code défini par la minorité aristocratique et leurs troubadours.
Leys d'amour : Règles où la dame est supérieure à son amant, qui doit prouver son dévouement par des prouesses/sacrifices (ex: asag, l'épreuve où les amants couchent nus sans désir charnel).
Exemple : Dans Le Chevalier de la Charrette de Chrétien de Troyes, Lancelot s'humilie pour Guenièvre, traversant le Pont de l'Épée. Les épreuves rendent l'amant meilleur spirituellement.
Remet en question le mariage traditionnel : la femme contrôle les étapes de l'amour.
Contraire à l'amour impossible des trouvères, c'est un mélange de vertus chevaleresques et courtoises.
Fol'amor : Maladie d'amour irrépressible, fatalité amoureuse (ex: Tristan et Iseult).
La poésie courtoise se diffuse en Catalogne, en Italie (cour de Frédéric II de Palerme, Pier delle Vigne) et en Toscane avec le Dolce Stil Novo (Cavalcanti et Dante). Ces influences se retrouveront dans le Pétrarquisme et les poètes de la Pléiade.
Littérature Dévote et Allégorique
Littérature narrative médiévale traitant de thèmes chevaleresques, courtois et dévots. Intrigues simples, linéaires et allégories connues de l'auditoire.
Exemple : Le Roman de la Rose, Guillaume de Lorris (1240) : Récit allégorique courtois où la Rose représente la maîtresse séparée de l'amant par la Jalousie, la Haine, la Tristesse et la Raison.
Roman Courtois (appelé aussi roman breton/de chevalerie)
Émerge au Nord de la France (influences celtiques, bretonnes, anglaises : Merlin, chevaliers de la Table Ronde).
Destiné à une élite.
Composé d'octosyllabes à rimes plates, puis en prose au XIIe siècle.
Marie de France, Béroul, Thomas et Chrétien de Troyes forment un ensemble littéraire appelé "matière de Bretagne" (légende du roi Arthur, Table Ronde, mythologie celtique).
La Table Ronde : Galaad, Lancelot, Perceval, Roi Arthur, etc.
Marie de France : Lais (1170), nouvelles en vers. Ex: Lai du Laostic, Lai du Chèvrefeuille (histoire de Tristan et Iseult).
Chrétien de Troyes : Trouvère, plus grand romancier du Moyen-Âge, à la cour de Marie de Champagne et Philippe d'Alsace.
Erec et Enide (1170) : L'amour entre Erec et Enide grandit à travers les épreuves.
Cligès (1176) : Fénice refuse une fuite déshonorante, puis retrouve Cligès après la mort de son époux.
Le chevalier à la charrette (1181) : Lancelot sauve Guenièvre, s'humiliant dans la "charrette d'infamie".
Yvain, Le chevalier au lion (1181) : Yvain doit reconquérir l'amour de Laudine après un oubli.
Perceval, Le conte du Graal (après 1181) : Quête du Saint Graal, initiation spirituelle.
Les aventures de Gauvain (ami de Perceval), sont plus terrestres, tandis que Perceval a une révélation divine.
Le Roman des XIIe et XIIIe siècles
Floire et Blancheflor (1170) : Roman idyllique, amour de jeunesse entravé puis récompensé.
Aucassin et Nicolette (début XIIIe siècle) : Chantefable (mélange de récit et de chant) sur l'amour entre un noble et une esclave sarrasine qui se révèle princesse.
Le Cycle du Graal
Robert de Boron (fin XIIe siècle) : L'Estoire du Graal relie le Graal au calice de la Cène.
Merlin : Fondation de la Table Ronde, mêlant mythes celtiques et thèmes chrétiens.
Lancelot et Guenièvre : Amour interdit.
La Queste du Saint Graal : Galaad, fils de Lancelot, recherche la vision divine (visio Dei), exaltant la chevalerie céleste.
La Mort le roi Arthur : Tragédie où Arthur et Mordred s'entretuent. Lancelot et Guenièvre expient leurs péchés.
La Littérature Satirique
Les fabliaux (1170-1340) : Courts récits comiques en vers octosyllabiques, souvent anonymes. Thèmes : adultère, ruses des femmes, gourmandise des ecclésiastiques, humour cru et quiproquos.
Le Roman de Renart (1175-1250) : Épopée animalière en octosyllabes, parodie de la chevalerie. Renart (ruse) contre Isengrin (loup). Intrigues célèbres : ruse envers Chantecler, mariage avec la louve, procès devant le roi lion.
Théâtre Religieux et Profane
Le Jeu d'Adam : Drame semi-liturgique joué sur le parvis.
Jean Bodel, Le Jeu de saint Nicolas : Mélange de hagiographie et de comédie.
Rutebeuf, Le Miracle de Théophile : Drame d'exorcisme.
Adam de la Halle :
Le Jeu de la feuillée (1276) : Satire sociale.
Le Jeu de Robin et Marion : Adaptation théâtrale de la pastourelle.
La Farce de Maître Pathelin (1465) : Chef-d'œuvre comique avec un avocat rusé.
Littérature Historique
Le XIVe siècle est une période de crises (guerre de Cent Ans, peste, schisme religieux) propice à l'écriture historique.
Geoffroy de Villehardouin : Histoire de la conquête de Constantinople (1207), justificatif de la quatrième croisade.
Joinville : Le livre des saintes paroles (1317), chronique des croisades de Saint Louis.
Jean Froissart : Chroniques (1400), reportage sur la guerre de Cent Ans.
Philippe de Commynes : Mémoires (1467), réflexion politique sous Louis XI.
Littérature du Moyen-Âge : Textes Fondateurs et Genres
Serment de Strasbourg (842) : Premier texte en langue "vulgaire" (liber idiotarum), serment de fidélité entre les petits-fils de Charlemagne (Charles le Chauve et Louis le Germanique) contre leur frère Lothaire. Chaque version est écrite dans la langue de l'autre.
Considéré comme l'élément fondateur de la littérature française.
Éclosion des littératures modernes : Fin du XIe siècle, auteurs souvent bilingues (latin pour la langue véhiculaire et officielle, langue vulgaire pour le public illettré). Les textes étaient destinés à une performance orale.
Les plus anciens textes en langue vulgaire sont français (poésie des troubadours occitans et roman courtois des trouvères septentrionaux). Ils ont servi de modèle à toute l'Europe jusqu'au XVe siècle.
Présence de nombreux textes édifiants (hagiographies, miracles, mystères).
Dante, Pétrarque, Boccace étaient bilingues, contribuant au recours tardif à la langue vulgaire.
Chansons de Geste
Genre épique du XIe siècle : longs poèmes narratifs versifiés, psalmodiés en public par des jongleurs accompagnés d'instruments (luth, vielle).
S'adressent à tous les publics (châtelains et peuple).
Majoritairement des décasyllabes regroupés en laisses assonancées.
Exemple : Chanson de Roland (transcription de l'histoire de Roland et Charlemagne du VIIIe siècle, chantée dès le XIe).
Psalmodiée lors de la bataille d'Hastings (1066) pour encourager l'armée normande (cf. Tapisserie de Bayeux).
Utilisée pour encourager les croisés (1096-1270) et lors de la Reconquista (VIIIe siècle-1492).
Épopée glorifiant les héros carolingiens, reflétant la société féodale et ses vertus guerrières (première Croisade).
Image idéalisée pour l'identification du public.
Batailles principalement contre les Maures (Sarrasins).
Le héros épique possède une force surhumaine, une intrépidité. La souffrance l'anoblit, mais il a aussi des traits humains.
La Chanson de Roland (Manuscrit d'Oxford de 1170), auteur inconnu.
C'est une fiction, les faits sont moins glorieux que dans l'historiographie arabe.
Bataille de Roncevaux (778) : Charlemagne et la reconquête des terres sarrasines.
Roland face à la trahison de Ganelon. La guerre territoriale est transformée en guerre sainte.
Olivier exhorte Roland à sonner l'olifant : "Mielz valt mesure que ne fait estultie" (Mieux vaut mesure que folie).
L'archevêque-chevalier Turpin incarne l'esprit de la croisade.
Avant de mourir, Roland prend congé de son épée Durandal, de l'empereur, de la France et brandit son gant vers Dieu (double soumission : féodalité et christianisme). Les archanges Gabriel et Michel emportent son âme au Paradis.
Dans le manuscrit d'Oxford, on trouve les épisodes d'Aude (fiancée de Roland) et du châtiment de Ganelon.
L'enluminure "La Chanson de Roland" montre 8 scènes : bataille, écartèlement de Ganelon, mort de Roland, vengeance de Charlemagne.
Les femmes sont souvent absentes de la version française, mais importantes dans les versions italiennes/espagnoles.
François Villon (1431-?)
Premier grand poète "moderne", dernier grand poète "médiéval".
Écrit des ballades (genre romantique/amoureux).
Ballade des Dames du temps jadis (1462) : Poème aux rimes alternées (ABAB) sur des femmes de l'histoire française (Berthe aux grands pieds, Jeanne d'Arc). Se conclut par une prière de rédemption ("Mais priez Dieu que tous nous vueille absouldre !"). Thème du Tempus fugit (fuite du temps).
Étudie à Paris, voyage. Séjourne à Blois à la cour de Charles d'Orléans.
Écrit son Testament (1462) qui inclut la Ballade des Dames du temps jadis.
Impliqué dans diverses affaires criminelles, condamné à la potence, écrit La Ballade des pendus en prison.
Sa peine est commuée en exil, après quoi sa trace est perdue.
La Divina Commedia, Dante Alighieri (1321)
Né en 1265, mort en 1321.
Tombe amoureux de Béatrice à 9 ans (1271). Elle meurt en 1290.
Militant pour l'indépendance de Florence contre le Vatican (Guelphs blancs).
Étudie la littérature, la philosophie, l'astronomie : un humaniste (centralité de l'homme).
Déjà promis à une autre femme à 12 ans, ce qui rend son amour pour Béatrice impossible.
Traite du latin : De vulgari eloquentia défend l'éloquence du florentin (langue vulgaire).
Il Convivio : Texte philosophique démocratique, visant à transmettre le savoir au peuple.
4 sens de l'écriture (Il Convivio) : littéral, allégorique, moral, anagogique (séparation sens littéral et spirituel).
Vita Nuova (1324) : Autobiographie poétique (25 sonnets, 4 chansons, ballade) écrite pour Béatrice après sa mort.
Exemple de sonnet à Béatrice : caractéristiques courtoises (salut, clandestinité de l'amour, mort et vénération) et stilnovistes (femme idéalisée, quête de perfection morale).
Écrit dans le Dolce Stil Novo (nouveau style doux), influencera Pétrarque.
Poèmes avec références religieuses, philosophiques, morales, syllogismes. Style plus spontané que la poésie courtoise française.
La Divina Commedia (1321) : Début de la Renaissance. 3 parties (Inferno, Purgatorio, Paradiso). Utilise le florentin. Énorme poème allégorique.
Virgile est envoyé par Béatrice pour guider Dante au Paradis.
Mélange d'éléments profanes/chrétiens et de mythologie antique.
Topologie : Jérusalem au centre, descente aux enfers (lien avec l'Énéide de Virgile).
Paolo e Francesca (chant V, Inferno) : Histoire d'amour impossible (Francesca mariée, son beau-frère).
Mouvements Littéraires Italiens du Trecento et Quattrocento
Trecento (XIVe siècle) : Mouvement littéraire italien qui marque le début de la Renaissance italienne. Auteurs bilingues, humanistes, en faveur de la langue vulgaire (Dante, Pétrarque, Boccace).
La Divine Comédie est structurée en 3 parties et 33 chants, en référence à la Trinité et l'âge du Christ mort.
Quattrocento (XVe siècle) : Mouvement littéraire de la Renaissance italienne, centré sur l'Antiquité et une philosophie anthropocentriste.
Francesco Petrarca (Pétrarque)
Latiniste et humaniste italien.
Auteur d'Il Canzoniere (Chansonnier ou Rerum vulgarium fragmenta, 1374) : Il est conduit par Laure au Paradis, elle qui avait refusé ses avances de son vivant.
Poésie mélancolique, métaphores, hyperboles, antithèses, sonnets en versification ABBA CCB.
Le "Pétrarquisme" se poursuit jusqu'à la Pléiade et la préciosité du XVIIe siècle.
XVIe Siècle (1500-1600) : La Renaissance Française
Période de transition de la fin du Moyen-Âge. La Renaissance italienne (Quattrocento) influence le monde intellectuel, artistique, philosophique, religieux, éthique et social en France.
Contexte Historique
Rois de France :
1515-1547 : François Ier
1547-1559 : Henri II
1559-1561 : François II
1561-1575 : Charles IX
1575-1589 : Henri III
Facteurs favorisant la Renaissance :
1450 : Invention de l'imprimerie (à la Sorbonne en France).
1453 : Chute de Constantinople (fin du Moyen-Âge).
Les guerres d'Italie (menées par Charles VIII et Louis XII) introduisent une culture plus raffinée en France.
Les lettrés arabes apportent la philosophie de Platon et Aristote et l'humanisme en Europe (via l'Italie).
L'humanisme italien prône la dignité de l'homme. Les Arabes étaient avancés, ayant déjà étudié Platon et Aristote (traduits par des philosophes comme Averroès).
Avancées scientifiques (héliocentrisme).
Réforme protestante :
1517 : Martin Luther affiche ses 95 thèses (Sola scriptura, sola gratia, sola fide, solus Christus).
Charles Quint, très catholique, s'oppose à la Réforme.
1598 : Édit de Nantes, par Henri IV, édit de tolérance religieuse après les guerres entre Protestants et Catholiques.
Contexte Littéraire
Clément Marot (1496-1544) : Poète calviniste/protestantiste, chassé de la cour de François Ier en 1534.
Grand rhétoriqueur, apprécie les genres fixes médiévaux (rondeaux, ballades).
Dès 1515 : Premiers vers (Le Temple de Cupidon) dans la tradition du Roman de la Rose.
Petite Épître au roi (1518) : Pour obtenir les faveurs royales, pleine de calembours et rimes équivoques. Devient valet de chambre de Marguerite d'Alençon (sœur du roi).
Épigrammes : Petits poèmes satiriques.
1527 : Devient poète officiel du roi.
Édite les poésies de François Villon.
Censuré pour ses poèmes érotiques. Il invente le blason (description d'une partie du corps féminin, après avoir décrit les écus).
Accusé de manger du lard pendant le Carême et soupçonné dans l'Affaire des Placards, il s'enfuit en Italie.
Exemple : "le blason du beau tétin", utilisant des métonymies et métaphores.
Délie, objet de la plus haute vertu (Dizains), Maurice Scève (1544) :
Maurice Scève (1501-1560) : Lyonnais (Lyon, centre commercial avec l'Italie et d'imprimerie).
Imite Pétrarque, influencé par la rhétorique médiévale.
Art hautain, syntaxe hardie, obscurité volontaire (précurseur de la poésie pure et de l'hermétisme).
Annonce la rénovation de la Pléiade. Poésie comme culte.
Délie est une suite de dizains en décasyllabes. Délie pourrait être Pernette de Guillet ou la femme idéale.
Utilisation de déesses lunaires (Hécate, Diane, Séléné).
L'extrait "Comme Hecaté tu me feras errer..." illustre ces particularités.
Louise Labé (1524?-1566) : Poétesse lyonnaise, réputation de courtisane.
Sensualisme, féminisme. Encourage les femmes à "regarder un peu au-dessus de leurs quenouilles".
Sonnets (Baise m'encore) (1555).
L'Heptaméron, des nouvelles de la royne de Navarre, Marguerite de Navarre (1559) :
Marguerite de Navarre (1492-1549) : Sœur de François Ier.
Mariages : Duc d'Alençon (1509), puis Henri d'Albret (1527), roi de Navarre.
Réputation de vraie dévotion ("Corps féminin, cuer d'homme et teste d'ange" – Marot).
Recueil inachevé de 72 nouvelles (7 journées complètes, 8e incomplète).
Le titre rappelle le Décaméron de Boccace (100 histoires sur 10 journées).
Différences avec Boccace :
Le Décaméron (1353) : Roi/reine fixe les thèmes, personnages immobiles, récits enchaînés, 7 femmes et 3 hommes, fiction assumée.
L'Heptaméron (1559) : Conteurs égaux, libres de choisir les sujets, alternance voix masculines/féminines, conteurs se déplacent, récits enchâssés/gigognes, alternance dialogues/débats, 5 femmes et 5 hommes, revendique une vérité historique (exagérée).
Mélange récits et débats, les journées suivent un rythme chrétien. Tension entre dévotion et plaisir profane.
Réalisme : Histoires présentées comme "véritables", inspirées d'anecdotes de la cour.
Thèmes variés : Légèreté (farces) et gravité (récits piteux). Discussions sur l'amour parfait, la morale, l'anticléricalisme, l'évangélisme.
Cadre : Nature hostile (orage) contraste avec l'idylle bucolique du Décaméron.
Style : Rhétorique sophistiquée.
Rabelais : Pantagruel (1532), Gargantua (1535), Tiers Livre (1546), Quart Livre (1552), Cinquième Livre (1564, attribution incertaine).
Pantagruel : Inspiré des chroniques de géants, satire des universités françaises (langage corrompu, écolier limousin). Humanisme (Lettre de Gargantua à Pantagruel, importance des langues antiques). Pantagruel incarne l'idéal humaniste.
Gargantua : Prologue invite à chercher la "substantifique moelle". Critique de l'éducation scolastique, modèle éducatif moderne de Ponocrates (apprentissage actif). Satire politique et religieuse (Guerre Picrocholine). Abbaye de Thélème (utopie de liberté). Grandgousier incarne bonté et sagesse.
Tiers Livre : Dilemme de Panurge sur le mariage. Exploration burlesque et philosophique des prophéties (dialogues, personnages allégoriques). Critique sociale (Panurge, lâche et insolent). Humanisme évangélique (appel à la "gaîté d'esprit").
Quart Livre : Voyage allégorique vers la Dive Bouteille. Escales sur des îles symboliques : Moutons de Panurge (critique du conformisme), Paroles gelées (pouvoir éphémère du langage), Papimanes (satire du pape et de l'Église). Philosophie de la "médiocrité dorée". Enrichissement linguistique (néologismes).
Cinquième Livre : Arrivée à la Dive Bouteille, rites initiatiques. Oracle "Trinch" (bois) : vérité dans le vin. Satire politique et religieuse : Île Sonante (critique des institutions religieuses), Île des Chats fourrés (justice corrompue). Héritage humaniste.
Clés littéraires générales :
Humanisme : Fusion savoir antique et modernité.
Langue : Débauche verbale, créativité linguistique.
Satire : Critique des institutions et comportements.
Dualité : Comique burlesque et profondeur philosophique.
Poètes de La Pléiade : Pierre de Ronsard, Joachim du Bellay, Jodelle, Baïf, Rémi Belleau, Pontus de Tyard, Pelletier du Mans.
Groupe de 7 poètes visant à renouveler et perfectionner le français, à l'émanciper du latin.
Établissement de règles de versification et de littérature.
Joachim du Bellay (1522-1560) :
Défense et illustration de la Langue Française (1549) : Milite pour que le français supplante le latin, s'illustre par une grande littérature. Enrichir le vocabulaire, rejeter les formes médiévales.
Arguments : Le français n'est pas impropre à exprimer les idées, peut traduire les œuvres étrangères.
Enrichissement par néologismes, style complexe (infinitif pour nom, adjectifs substantivés, figures de style, périphrase, épithètes, métaphores/comparaisons).
"Heureux qui comme Ulysse...", Regrets XXX I (1558) : Poème inspiré du retour d'Ulysse. Versification riche (maître-prêtre), alternances féminines/masculines, alexandrin harmonieux.
Pierre de Ronsard (1524-1585) :
4 volumes de poésie : Amours, Odes, Poèmes, Hymnes.
Sonnets pétrarquisants, inspiré par Horace et Virgile, philosophie épicurienne (Carpe Diem).
"A Cassandre", Odes I 17 (1552) : Interpellation "Mignonne, allons voir si la rose", comparaison de Cassandre à une rose. Leçon de Carpe Diem : cueillir l'instant présent avant que la beauté ne s'estompe.
Poèmes harmonieux, visant le grand public (mode italienne).
"Quand au temple nous serons", Mélanges (1554) : Amour influencé par la poésie courtoise/Pétrarque/néo-platonisme. Procédés stylistiques (enjambement, néologismes). Syllogisme : "Donque" toutes les roses fanent, donc vous aussi.
"Quand vous serez bien vieille, au soir, à la chandelle", Sonnets pour Hélène II 43 (1578) : Alexandrins insistants, Carpe Diem ("Vivez, si m'en croyez, n'attendez à demain", "Cueillez dès aujourd'hui les roses de la vie").
Les Essais, Michel de Montaigne (1588) :
Michel de Montaigne (1533-1592) : Ami d'Étienne de La Boétie (influence stoïcisme : maîtriser ses émotions face à la mort). Questionne pourquoi les hommes supportent les tyrans ("servitude volontaire").
1570 : Se retire pour se consacrer à l'écriture des Essais, valorisant l'introspection.
Commence à les rédiger en 1572 (livres 1 et 2 en 1580).
Critique les collèges (préfère l'enseignement privé). Prône une éducation douce et le développement du jugement personnel.
Style d'écriture simple, imagé, métaphorique, "vagabond".
L'apprentissage du latin enfant ("nous nous latinisame", "mon Latin s'abastardit incontinent"). Lisait Ovide à 8 ans.
Thèmes généraux : Condition humaine (faiblesse et grandeur), mort/douleur (stoïcisme), relativisme (tolérance des cultures), scepticisme et quête de vérité. Questionnement des hommes.
Fonde le genre de l'essai littéraire. Influence Pascal et Voltaire. Figure de la pensée libre et tolérante.
XVIIe Siècle (1600-1700) : Le Classicisme
Contexte Littéraire
René Descartes : Discours de la méthode (1637). Recherche de la vérité par les sciences (mathématiques). Dualisme radical (âme pensante vs matière).
François de Malherbe (1555-1628) : Figure centrale de l'esthétique classique en poésie.
Protégé d'Henri IV. Prône la perfection formelle, refuse l'inspiration spontanée.
Principes littéraires : Poésie basée sur la logique et la clarté. Épuration de la langue (usage parisien). L'alexandrin doit respecter des règles strictes (césure, rimes parfaites).
Exemple : "Chanson à Caliste" (1606).
Rejette les poètes italiens, latins, grecs, et Ronsard. Inspire Boileau.
Contribution au classicisme, mais appauvrissement de la poésie par le refus de l'expérimentation.
Éclosion du roman : Don Quijote (1605), Miguel de Cervantes.
Honoré d'Urfé, L'Astrée (1625) :
Roman baroque, 5000 pages, inspiré des pastorales italiennes et espagnoles, et des romans de chevalerie.
Se déroule en Gaule au Ve siècle, mêlant intrigue principale et cinquante histoires secondaires.
Intrigue principale : Céladon aime Astrée. Une fausse rumeur le fait bannir. Il tente de se suicider, est sauvé par la princesse Galatée et se déguise en femme pour retrouver Astrée. Ils se réconcilient.
Thèmes : L'amour sous toutes ses formes ("Mourir en soi pour revivre en autrui").
Chef-d'œuvre baroque : Complexité narrative, symbolisme pastoral, casuistique de l'amour.
Madeleine de Scudéry, Clélie (1661) : Roman héroïque explorant les sentiments. Contient la célèbre "Carte du Tendre".
Blaise Pascal : Réflexion religieuse et défense du jansénisme. Contribution littéraire, philosophique et scientifique.
L'Académie française : Fondée en 1634 sous Richelieu. Vise à donner des règles, purifier et améliorer le français, rédiger un vocabulaire.
L'âge d'or du théâtre français : Transition du théâtre ambulant vers le théâtre en salle.
Hôtels de Bourgogne ("Comédiens du Roi"), Le Marais, la troupe de Molière, la Comédie-Française, les comédiens italiens (Commedia dell'arte).
L'opéra arrive d'Italie, devient français en 1669 (Perrin et Lully).
Scénographie : Chandeliers, petit podium, décor unique.
Auteurs Majeurs
Pierre Corneille (1606-1684) : Dramaturge sous Louis XIII et Louis XIV.
Le Cid (1637) : Tragi-comédie.
Intrigue : Rodrigue et Chimène sont amoureux mais séparés par une querelle d'honneur entre leurs pères. Rodrigue tue le père de Chimène. Dilemme cornélien : venger son père ou renoncer à Chimène. Rodrigue défend Séville. Chimène réclame sa punition. Le roi promet leur mariage après un an de deuil.
Thèmes : Héroïsme, honneur, dilemme cornélien. Mélange des tonalités baroques (passion) et classiques (rigueur). Tension psychologique magnifiée par les alexandrins.
Contexte : Reflète le XVIIe siècle (duels d'honneur).
Critiques : Georges de Scudéry et Richelieu critiquent le non-respect des trois unités (temps, lieu, action) et la bienséance. Accusé de plagiat.
Réponse académique : L'Académie française juge l'œuvre brillante mais non conforme aux règles classiques.
Impact : Corneille abandonne l'écriture momentanément, puis revient avec des œuvres plus classiques (Horace, 1640).
Baroque et Classicisme : Le Cid est une transition, mélange de passions tumultueuses et de rigueur.
Dilemme cornélien : Choix impossible entre passion et devoir.
Évolution stylistique : Corneille s'adapte aux critiques après Le Cid.
Morale héroïque : Les personnages aspirent à la grandeur d'âme et à la gloire, souvent en opposition aux passions.
Principes de théâtre selon Corneille (1660) : La tragédie met en scène des actions illustres et des périls extraordinaires. L'amour est secondaire aux passions nobles. L'œuvre dépasse le vraisemblable pour toucher et édifier le spectateur.
Exemples de répliques : "Va, cours, vole et nous venge", "Va, je ne te hais point" (litote de Chimène).
L'héroïsme cornélien des protagonistes (contrairement à Racine) fait que l'être humain a son destin entre ses mains.
Conditions d'une tragédie : Respect des trois unités (action, lieu, temps) + bienséance (éthique) et vraisemblance (logique). L'unité d'action vise la catharsis (terreur et pitié).
Gabriel de Guilleragues, Les lettres portugaises (1669) :
5 lettres d'une religieuse portugaise (Mariane) à un officier français. Elle y exprime sa passion, son affliction, puis sa décision de cesser de l'aimer.
Initialement considérées comme authentiques, puis attribuées à Guilleragues. Difficilement acceptées comme fiction pour leur authenticité.
L'amour y est dépeint comme une démence, une souffrance volupteuse.
Molière (Jean-Baptiste Poquelin) (1622-1673) :
Carrière prolifique (comédie espagnole, commedia dell'arte).
Satire sociale, critique des comportements humains (Les Précieuses ridicules, Le Tartuffe, L'Avare, L'Hypocondriaque).
Personnages obsédés ou absurdes, victimes de leurs travers.
Mélange de genres (tragédie, comédie, farce), registres langagiers variés, ruptures avec les règles classiques.
Soutenu par Louis XIV.
Le Malade Imaginaire (1673) :
Thème central : Satire de l'hypocondrie d'Argan, qui veut marier sa fille à un médecin.
Critique des pratiques médicales douteuses.
Comique et pathétique : Caricature grotesque mais réaliste.
Dernière œuvre majeure de Molière, critique des illusions humaines.
Nicolas Boileau (1636-1711), Art poétique (1674) :
Traité versifié (1100 alexandrins) pour le grand public (inspiré d'Horace).
Pur classicisme : Définit les règles littéraires (trois unités au théâtre : "Qu'en un lieu, qu'en un jour, un seul fait accompli / Tienne jusqu'à la fin le théâtre rempli").
Maximes célèbres : "Ce que l'on conçoit bien s'énonce clairement", "Vingt fois sur le métier remettez votre ouvrage".
Classement des genres : Petits genres (idylle, élégie, ode, sonnet, satire, vaudeville) vs Grands genres (tragédie, épopée, comédie).
Devient historiographe du roi.
Participe à la Querelle des Anciens et des Modernes (défenseurs du christianisme et de l'imitation de l'Antiquité, comme Boileau, La Fontaine, Bossuet, Racine, La Bruyère, contre Perrault, Bayle, Fontenelle).
Jean de la Fontaine (1621-1695), 'Le Lion amoureux', Fables (1676) :
Admirateur du XVIe siècle et de l'Antiquité. Proche de Scarron, Perrault, Mme de Sévigné.
Fables (1668-1676-1694) : Recueil de poèmes, utilisant des animaux et la nature.
Caricature et sagesse populaire : Morale du bon sens.
Langage savoureux, virtuosité rythmique.
'Le Lion amoureux' : Poème pour Madame de Sévigné, morale : l'amour rend aveugle.
Jean Racine (1639-1699), Phèdre (1677) :
Classique par excellence. Écriture simple, sobre, respect des trois unités.
Tragique pur d'origine interne : dilemmes et désirs incontrôlables.
Auteur janséniste, vision pessimiste de la condition humaine.
Héros raciniens caractérisés par la violence de leurs émotions (prison intérieure). Suscitent terreur et pitié (catharsis aristotélicienne).
Équilibre entre simplicité narrative et profondeur poétique.
Phèdre (1677) : Héroïne maudite par ses tourments passionnels.
Amour interdit et violent pour son beau-fils Hippolyte. Conduit à la chaîne du malheur.
L'amour est une maladie incurable, une "fièvre" ("Je le vis. Je rougis, je pâlis à sa vue / Un trouble s'éleva dans mon âme éperdue...").
Phèdre incarne la lutte entre passion et morale. Elle s'auto-condamne ("J'ai pris ma vie en haine...").
Thèmes universels : Poids du destin, dualité passion/raison, conséquences des mensonges.
Modèle de classicisme : Respect des trois unités, sobriété et intensité.
Madame de Lafayette (1634-1693), La Princesse de Clèves (1678) :
Considéré comme le "premier vrai roman" de la littérature française.
Combinaison de préciosité, analyse fine des sentiments et dilemmes moraux, sobriété classique.
Intrigue principale : Mlle de Chartres épouse le Prince de Clèves, mais tombe amoureuse du Duc de Nemours. Elle confie cet amour à son mari. Le Prince de Clèves meurt de jalousie. Mme de Clèves refuse d'épouser Nemours et se retire au couvent, choisissant la vertu.
Thèmes majeurs :
Préciosité et galanterie : Codes amoureux de l'époque.
Conflit intérieur entre "inclination" (passion) et "devoir" (raison et
).
Tragédie intime : L'obstacle est interne (valeurs, normes sociales, conscience).
Contexte : Se déroule à la cour d'Henri II (1558-1559), mais reflète la société de Louis XIV (intrigues politiques et amoureuses).
Héritage : Précurseur du roman d'analyse psychologique, influence sur Proust. Réflexion sur les conflits raison/passion, liberté/devoir.
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