Méthodologies de recherche en éducation
Sin tarjetasCe document explore les différentes approches méthodologiques en recherche éducative, incluant les paradigmes positiviste, postpositiviste et naturaliste, ainsi que les méthodes quantitatives et qualitatives. Il aborde également les principes éthiques et les étapes clés de la démarche de recherche.
L'Introduction à la Recherche en Sciences de l'Éducation
La recherche en éducation est une investigation systématique et rigoureuse visant à répondre à des questions ou résoudre des problèmes dans le domaine éducatif, afin d'enrichir la base de connaissances et de légitimer les recommandations pour la pratique.
I. La Recherche au Cœur du Métier d'Éducateur
Le métier d'éducateur est confronté à de nombreux défis sociétaux et socio-politiques, exigeant un large éventail de compétences. Pour y répondre, les éducateurs doivent continuellement se tenir informés des nouveaux résultats de recherche, les évaluer et les intégrer à leur pratique éducative.
Complexité du rôle : Les éducateurs doivent maîtriser l'enseignement, la transmission de valeurs, l'éducation à la santé et à la citoyenneté, tout en alliant autorité et bienveillance.
Nécessité d'une démarche réflexive : Ils sont attendus d'apprendre tout au long de leur vie, de réfléchir à leur pratique, de la modifier et de l'adapter en fonction des données probantes.
II. Qu'est-ce que la Recherche ?
La recherche est une démarche technique basée sur des connaissances solides, utilisant des méthodes et techniques rigoureuses pour répondre à une question ou résoudre un problème, avec un objectif précis.
Données probantes : Informations fiables issues de recherches rigoureuses.
Exemples de sujets en éducation :
Questions d'apprentissage et de didactique.
Caractéristiques des apprenants et des enseignants.
Évaluation des politiques éducatives.
Histoire et philosophie de l'éducation.
Point de départ : Souvent des problèmes observés sur le terrain dans l'exercice professionnel.
Rôle crucial en France : Face à des pratiques éducatives normées, la recherche oriente les décisions et bénéficie à la profession et aux bénéficiaires.
Exemple des travaux de Stanislas Dehaene (2007) sur la lecture globale, qui ont permis de trancher un débat et d'émettre des recommandations légitimes.
III. Les Bases de la Recherche Scientifique
La recherche scientifique repose sur deux piliers essentiels pour obtenir des données probantes : la synthèse d'informations et la recherche méthodique.
1. La Synthèse d'Informations
Cette phase consiste à recenser, trier, organiser et hiérarchiser toutes les connaissances existantes sur un sujet donné.
Objectifs :
Identifier les grandes tendances et les travaux déjà réalisés.
Prendre des décisions éclairées basées sur des données comparatives.
Évaluer l'efficacité de certaines interventions et améliorer les pratiques professionnelles.
Exemple des infirmières Boucher et Côté (2008) qui, grâce à une synthèse d'articles, ont identifié les interventions efficaces pour modifier le comportement alimentaire des adolescents.
2. Les Modèles Théoriques
Les modèles théoriques fournissent un cadre pour dégager des hypothèses et les tester empiriquement via des protocoles scientifiques. Ils sont essentiels pour justifier rationnellement les choix éducatifs.
Rôle :
Proposer des idées et des hypothèses vérifiables.
Dégager des prédicteurs des comportements humains.
Fournir une signification aux comportements et aux phénomènes.
Théories naïves vs. Modèles scientifiques :
Les théories naïves, basées sur des croyances et stéréotypes, peuvent être préjudiciables et sont résistantes au changement. Par exemple, l'idée que la fessée est inoffensive, contredite par la recherche.
Un modèle théorique scientifique propose une terminologie précise, des concepts définis théoriquement et opérationnellement, et des liens entre eux. Il permet des interventions évaluables et transférables.
IV. Les Paradigmes de Recherche
Les modèles théoriques s'inscrivent dans des paradigmes, c'est-à-dire des grilles de lecture de la réalité et des manières de penser les problèmes.
1. Le Paradigme Positiviste ou Postpositiviste
Ce paradigme, issu de la pensée de Newton et Locke, met l'accent sur l'aspect rationnel et scientifique. Il y a une réalité objective et ordonnée régie par des lois, que la science vise à identifier.
Postulat : Existence d'une réalité objective, indépendante de l'observation humaine.
Déterminisme : Les phénomènes sont causés par des antécédents identifiables. La recherche vise à analyser ces causes.
Postpositivisme : Reconnaît l'impossibilité d'une objectivité totale et cherche des résultats probabilistes, mais maintient l'objectif d'objectivité.
Relation Chercheur-Participant : Le chercheur doit prendre de la distance et rester neutre pour éviter d'influencer les participants ou d'être influencé.
Rôle des valeurs : Objectivité primordiale, la méthodologie doit minimiser l'influence des croyances.
Méthodes : Démarche hypothético-déductive structurée, revue de littérature approfondie, protocole strict, recueil de faits objectifs et quantifiables (ex: questionnaires, échelles).
2. Le Paradigme Naturaliste (Socio-Constructiviste)
Ce paradigme, notamment influencé par Weber et Kant, réagit au positivisme en postulant que la réalité est multiple et subjective, et qu'il existe plusieurs interprétations de celle-ci.
Postulat : La réalité est subjective et construite. L'individu a sa propre conception du monde.
Interaction : L'acquisition de savoirs est maximale quand le chercheur et les participants sont proches. Les opinions des participants sont essentielles.
Relation Chercheur-Participant : Le chercheur est proche des participants, parfois même impliqué. Les résultats sont le fruit de cette interaction.
Rôle des valeurs : La subjectivité et les valeurs du chercheur et des participants sont prises en compte et considérées comme des richesses.
Méthodes : Démarche moins structurée, protocole souple (ajustable en cours de recherche), valorisation de la subjectivité (ex: entretiens, récits), analyse qualitative. Les résultats sont contextualisés et moins généralisables.
3. Complémentarité des Paradigmes
Les paradigmes naturaliste et positiviste ne sont pas concurrents mais complémentaires. Le choix du paradigme dépend de l'objet et de la question de recherche. Un même chercheur peut s'inspirer de différents paradigmes pour enrichir sa compréhension.
Points communs : Comprendre un phénomène identifié, collecter et analyser des données empiriques sur le terrain, importance du facteur humain.
Défis : Chaque paradigme a ses propres difficultés éthiques et méthodologiques.
V. Principes Éthiques en Recherche
La recherche doit toujours respecter des principes éthiques fondamentaux, qui peuvent guider ou limiter les démarches.
Principe d'autonomie : Consentement éclairé des participants, respect de leur liberté.
Principe de bienfaisance : Honnêteté, rigueur du chercheur, justification des choix méthodologiques et résultats. Éviter la manipulation ou le mensonge.
Principe de non-malfaisance : Préserver le bien-être physique et moral des participants, éviter la stigmatisation (ex: étude sur le QI selon l'ethnie).
Principe de justice sociale : La recherche ne doit pas aggraver les inégalités ou servir d'outil d'oppression.
Principe d'évaluation : Soumettre le travail à un regard extérieur et à la critique.
Caractère faillible de la recherche : Aucune étude n'apporte de réponse définitive. La convergence de plusieurs recherches augmente la fiabilité.
VI. La Recherche en Sciences de l'Éducation (SDE)
La recherche en SDE est intrinsèquement liée aux problématiques de terrain et à la pratique professionnelle. Elle se divise en deux orientations principales.
1. Orientations de Recherche
Recherche fondamentale : Vise à comprendre les phénomènes, élargir les connaissances et dégager des principes généraux (ex: mécanismes cérébraux de la dyslexie). Elle n'a pas d'objectifs appliqués immédiats mais peut indirectement influencer la pratique.
Recherche appliquée : Cherche des solutions à des problèmes concrets et pratiques (ex: efficacité d'une intervention de remédiation pour les dyslexiques). Elle utilise les principes dégagés par la recherche fondamentale.
Il existe un dialogue constant entre la recherche fondamentale et la recherche appliquée, chacune pouvant nourrir l'autre.
2. Objectifs et Méthodes
Les objectifs de la recherche en éducation sont de définir, décrire, explorer, expliquer, prédire et contrôler des phénomènes. Deux grandes approches méthodologiques répondent à ces objectifs.
Recherche quantitative : Liée au paradigme positiviste, elle est ordonnée et rigoureuse.
Démarche : Définition du problème, sélection des concepts, étapes logiques, protocole préétabli et contrôlé pour minimiser les biais.
Données : Empiriques, objectives, recueillies via des outils structurés (questionnaires, instruments de mesure), numériques et analysées statistiquement.
Objectif : Généralisation des conclusions à une population donnée.
Difficulté : Mesurer des éléments subjectifs avec des valeurs numériques.
Recherche qualitative : Liée au paradigme naturaliste, elle aborde la complexité humaine.
Démarche : Flexible et évolutive, se déroule souvent dans un cadre naturel.
Données : Qualitatives, subjectives, narratives, centrées sur l'expérience vécue par les individus.
Objectif : Comprendre l'expérience humaine dans sa totalité.
Données : Riches mais moins transférables et généralisables à d'autres contextes.
Il n'y a pas d'objectif plus noble qu'un autre ; le choix de la méthode dépend de la question.
VII. La Démarche Hypothético-Déductive
C'est une approche structurée et cadrée, courante en science, qui suppose une étude scientifique du comportement humain par étapes précises.
1. Les Étapes du Processus
Idée de Recherche et Question de Départ :
Origines : Intérêts personnels, observations, discussions, lectures spécialisées.
Délimitation : Un terrain, une population, un champ d'investigation ou un concept.
Formes de la question : Présentative (descriptive), fonctionnelle (processus), explicative (causes).
Lien de causalité : Un terme A entraîne nécessairement un terme B (rare en SHS).
Lien corrélationnel : Un terme A rend plus probable l'apparition d'un terme B.
Problématique et Hypothèses :
Reformulation de la question de départ en langage scientifique (concepts partagés) via une revue de littérature.
Le recensement de la littérature permet de repérer le vocabulaire, les procédures et les méthodes d'analyse.
Hypothèse de recherche : Énoncé conjectural et argumenté sur la relation entre deux ou plusieurs variables.
Propriétés d'une hypothèse : Vérifiable, faisable, unique.
Protocole de Recherche : Décrit les moyens à mettre en œuvre pour tester les hypothèses.
Plan de recherche : Structure logico-mathématique pour la collecte et l'analyse des données.
L'élaboration découle des hypothèses et intègre des variables dépendantes ou indépendantes.
Il existe trois grands types de plans : pré-expérimentaux/cliniques (descriptifs), quasi-expérimentaux (explicatifs), expérimentaux (explicatifs et fiables).
Variables : Caractère susceptible de varier.
Qualitatives (genre), quantitatives (âge).
Des caractéristiques du milieu ou du traitement.
Variables non contrôlées (biais), neutralisées (variation supprimée), descriptives.
Indépendante (VI) : Cause supposée.
Dépendante (VD) : Effet supposé.
Médiatrices : Créent un lien illusoire entre VI et VD en étant l'intermédiaire de la relation.
Modératrices : Atténuent ou maximisent la relation entre VI et VD.
Outils de mesure : Doivent être fidèles (fiables) et valides (mesurer ce qu'ils sont censés mesurer).
Procédure : Scénario détaillé de ce que le chercheur va faire sur le terrain. Assure la standardisation des conditions pour tous les participants, limitant les sources d'erreurs.
Considérations déontologiques : Les principes éthiques influencent le plan de recherche, le choix des outils et la procédure. Le chercheur est responsable juridiquement et moralement.
Étude Pilote (Pré-enquête) : Répétition générale du protocole sur un petit groupe de participants. Permet d'identifier et d'ajuster les difficultés éventuelles.
Collecte de Données : Application rigoureuse du protocole, en veillant à l'identification anonyme des sujets et à la constance des outils et procédures.
Analyse des Données :
Mise en forme (transcriptions, codification).
Analyse des résultats en tenant compte de la problématique et des hypothèses.
Présenter les données sans les interpréter immédiatement.
Interprétation des Résultats : Discussion des découvertes, confirmation ou infirmation des hypothèses, identification de nouvelles pistes.
Diffusion Scientifique : Communication des résultats (colloques, articles, rapports) pour que le travail existe et soit reproductible, permettant de confirmer les connaissances et d'en générer de nouvelles.
VIII. Les Plans de Recherche Spécifiques
Les plans de recherche varient en complexité et en fiabilité selon leur capacité à établir des relations de cause à effet.
1. Plans Pré-expérimentaux/Cliniques
Ces plans sont les plus simples mais les moins fiables, servant principalement à décrire des phénomènes.
Caractéristiques : Au moins une variable dépendante (VD), pas toujours de variable indépendante (VI) ou un seul point de comparaison. Ne permettent pas de généraliser les résultats.
Types :
Post-test à groupe unique : Mesure sur un seul groupe après un événement. Décrit des comportements ou cognitions.
Pré-test et post-test à groupe unique : Mesures avant et après un événement sur le même groupe. Permet d'observer une évolution mais peut être sujet à des erreurs de mesure.
Post-test avec groupe témoin non équivalent : Comparaison d'un groupe ayant vécu un événement avec un groupe témoin qui ne l'a pas vécu. Les groupes sont choisis pour leur similarité, non de manière aléatoire.
Post-test avec multiples groupes expérimentaux non équivalents : Comparaison de plusieurs groupes ayant vécu différentes conditions ou intensités d'un événement avec un groupe témoin.
Ces plans permettent de formuler des hypothèses fortes mais ne fournissent pas de résultats concluants.
2. Plans Quasi-expérimentaux
Plus robustes que les pré-expérimentaux, ils permettent d'être plus sûr des résultats car ils incluent au moins une VI avec plusieurs points de comparaison, mais la répartition des modalités de la VI n'est pas aléatoire.
Types :
Avec groupe témoin non équivalent : Plan pré-test/post-test avec un groupe expérimental et un groupe témoin, permettant des comparaisons croisées.
Avec séquence temporelle interrompue : Mesures multiples sur un groupe unique sur la durée pour observer le maintien ou la progression d'un effet.
Avec cohorte : Comparaison de différentes cohortes (générations) supposées comparables d'une année sur l'autre, souvent pour évaluer l'impact d'une réforme.
3. Plans Expérimentaux
Ces plans sont les plus fiables pour établir des relations de cause à effet, grâce à une répartition aléatoire des participants.
Caractéristiques : Toujours une VD et une VI, avec des modalités de la VI distribuées au hasard.
Type :
Post-test avec groupe témoin équivalent : Répartition aléatoire des participants entre un groupe expérimental et un groupe témoin. Permet d'attribuer les différences observées à la VI. Peut inclure un pré-test/post-test pour une fiabilité accrue, mais nécessite un effectif suffisant.
Ces plans peuvent être complexes à mettre en œuvre en raison de contraintes éthiques, pratiques ou administratives.
IX. Épistémologie : L'Étude de la Scientificité
L'épistémologie est l'étude des sciences, de leur validité et de leur scientificité. Elle se base sur la nécessité de se détacher des pré-notions et du sens commun.
1. La Rupture Épistémologique
Pour faire de la science, le chercheur doit se détacher de ses représentations et pré-notions (Durkheim) en réalisant une rupture épistémologique (Bachelard). Cela implique de tout remettre en question et de critiquer (Descartes), même si c'est violent.
Gaston Bachelard : La connaissance scientifique exige de rompre avec ce que nous pensons déjà savoir. Il faut aller contre les impressions et intuitions (ex: la Terre est ronde malgré l'impression qu'elle est plate).
Durkheim : Écarter les pré-notions, ces idées inconscientes qui nous habitent.
René Descartes : Le doute systématique est le fondement de la science. La seule certitude est notre propre existence ("Je pense, donc je suis").
Conséquence : La science doit dévoiler des phénomènes cachés ("Il n'y a de sciences que du caché").
2. L'Utilisation de Concepts Scientifiques
Pour remplacer les connaissances déconstruites, les scientifiques doivent créer et utiliser des concepts spécifiques, élaborés par et pour la science.
Durkheim : Nécessité de constituer de nouveaux concepts adaptés aux besoins de la science avec une terminologie spéciale (ex: sociologie comme "physique sociale").
Bourdieu : Création de concepts comme l'« habitus » pour se distinguer des notions du sens commun, même si ces concepts peuvent être critiqués (ex: critiques de Lahire sur la durabilité et la transposabilité de l'habitus).
Les concepts scientifiques permettent d'expliquer l'invisible et de démystifier les rapports sociaux (ex: les classes sociales de Marx).
3. Le Principe de Non-Conscience et le Déterminisme en SHS
La science cherche par essence les déterminismes, c'est-à-dire les causes profondes des phénomènes, y compris humains. Cela implique le principe de non-conscience, selon lequel les individus ne connaissent pas toujours les vraies raisons de leurs actions.
Spinoza : Les hommes sont conscients de leurs désirs mais ignorants des causes qui les déterminent.
Durkheim : La vie sociale s'explique par des causes profondes échappant à la conscience. Il a fondé la sociologie sur le principe d'extériorité (tout vient de l'extérieur) et de coercition (nous sommes contraints par la société) pour les faits sociaux.
Weber : Les motifs invoqués par les individus dissimulent souvent les réelles causes de leurs actions.
Bourdieu : Le sens des actions n'appartient pas au sujet mais au système de relations dans lesquelles elles s'accomplissent.
Critique de la psychologie : Les sociologues comme Durkheim et Bourdieu critiquent la psychologie pour son approche individualiste, cherchant les causes dans l'individu plutôt que dans les structures sociales.
La sociologie vise à faire le lien entre les structures sociales (vision holiste) et les dispositions individuelles (habitus), comme le propose Bourdieu.
X. Le Questionnaire : Outil de Comparaison Sociale
Le questionnaire est un outil quantitatif permettant de comparer les pratiques et représentations entre différents groupes sociaux, en mettant en évidence des régularités sociales.
1. Définition et Objectifs
Définition : Série de questions sur des faits, pratiques, représentations, opinions, valeurs et croyances, incluant des caractéristiques socio-démographiques.
Objectifs : Comparer les pratiques et représentations selon les groupes sociaux, vérifier statistiquement des hypothèses généralisables.
2. Lexique du Questionnaire
Population : Ensemble des individus concernés par la recherche.
Échantillon : Sous-ensemble d'individus interrogés.
Unité statistique : Objet de la mesure (individus, ménages, etc.).
Variable : Caractéristique mesurée (sexe, âge).
Modalités : Items de réponse pour une variable qualitative (oui/non).
Valeurs : Items de réponse pour une variable quantitative (16, 17 ans).
3. Méthodologie du Questionnaire : L'Échantillonnage
La clé de la représentativité est de "qui" est interrogé, et non de "combien".
Recensement vs. Sondage : Un recensement interroge toute une population, un sondage seulement une partie. Un bon sondage avec un échantillon représentatif peut généraliser ses résultats.
Échantillon représentatif : Respecte les proportions de la population.
Échantillonnage aléatoire/probabiliste : Tirage au hasard pour éviter les biais.
Exemples : Tirage systématique par intervalle, échantillonnage stratifié, table de nombres aléatoires.
Échantillonnage non probabiliste (biaisé et non généralisable) :
À l'aveuglette (ex: interroger des passants sans critère).
Volontaire (ceux qui participent ne sont pas toujours représentatifs).
Au jugé (sélection d'individus jugés typiques).
Boule de neige (via un réseau de connaissances, souvent homogène).
Il est crucial d'avoir conscience des limites de l'échantillon et de les expliciter.
4. Fabrication d'un Questionnaire
Plan du questionnaire :
Annonce (présentation, thème, intérêt, anonymat).
Questions sur le thème de l'étude.
Section sur les caractéristiques socio-démographiques.
Éventuelles questions complémentaires (entretien).
Formulation des questions :
Les questions directes de recherche ne sont pas posées aux enquêtés. Il faut découper le concept en variables et indicateurs. (ex: "goût pour les maths" mesuré par préférence, livres possédés).
Questions de faits : Information factuelle (ex: "Combien de livres lisez-vous ?").
Questions d'opinion : Sens que les individus donnent à leurs conduites (ex: "Aimez-vous lire ?").
Questions ouvertes : Liberté totale de réponse, richesse d'information, mais difficile à traiter.
Questions fermées : Réponses prédéfinies, plus simples à traiter, mais information moins riche. Un compromis est souvent nécessaire.
Conseils pour les questions : Neutralité, éviter les sujets tabous (échelles, auto-administration), vocabulaire simple, une question par phrase, modalités "sans opinion", équilibrer les réponses positives/négatives, ordre des questions, privilégier la fréquence aux termes vagues ("souvent").
Points Clés et Réflexions
La recherche est un processus dynamique avec des allers-retours entre les étapes (rétroaction).
Le rapport entre la science et la société est complexe : la science n'a pas pour but premier de résoudre des problèmes pratiques, mais de comprendre (cf. Durkheim, Weber). Cependant, les résultats peuvent avoir un impact politique et social (cf. Bourdieu).
L'objectivité en science est fondamentale, mais la neutralité est un sujet de débat, surtout en SHS où les valeurs du chercheur et l'utilité politique peuvent être interrogées.
La confrontation des idées et la possibilité de critique sont essentielles à l'évolution des connaissances scientifiques.
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