Management Qualité et Traçabilité
70 tarjetasCe document explore le management qualité et la traçabilité. Il détaille la réglementation, la législation, les normes (ISO, HACCP, IFS, BRC) et les objectifs de la démarche qualité. Il aborde également l'analyse des dangers, l'évaluation des risques et la mise en œuvre des Points Critiques de Contrôle (CCP) dans le contexte spécifique de la production de champignons de Paris.
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HAV531V :Réglementation/Législation - Introduction au Management Qualité et Traçabilité
Ce document fournit une introduction générale aux concepts fondamentaux de la réglementation, de la qualité et de la traçabilité dans un contexte industriel, notamment agroalimentaire, en se basant sur la législation française et européenne. Il détaille les impératifs de sécurité des produits, les rôlesdu qualiticien, les outils de mise en œuvre comme l'HACCP et les normes ISO, ainsi que les étapes clés de l'analyse des dangers et des risques.
1. Introduction Générale
1.1. Généralités
Le Code de la Consommation Français, par ses articles L212.1 (conformité produit) et L221.1 (prévention/sécurité), impose la mise sur le marché de produits sûrs, c'est-à-dire sans risque pour le consommateur, en attribuant la responsabilité à la personne qui commercialise le produit. Le principe du libre-échange au sein de la Communauté Européenne renforcecette responsabilité.
Les lois, à valeur nationale ou européenne, fixent les règles, y compris les *valeurs minimales acceptées* dans tous les domaines (ex: valeurs limites de polluants, seuils OGM en agro-alimentaire).
Pourune entreprise, se conformer à ces règles implique :
Prendre connaissance des exigences (veille législative).
Mettre en œuvre les mesures nécessaires pour assurer la conformité, souvent guidées par des normes pour une démarche pragmatique etcommune.
1.2. Rôle du Qualiticien
Le qualiticien est un professionnel spécialisé dont l'objectif est de :
Mettre en œuvre les mesures nécessaires, incluant le choix de la normeet la préparation à l'audit pour une certification.
Assurer la veille législative.
Réaliser le suivi de la norme.
Garantir l'avancement de la démarche Qualité au sein de l'entreprise.
Pour ce faire, le qualiticien doit définir l'ensemble des maillons de la chaîne de production.

La notion de flux, accompagnée d'un étiquetage à chaque étape, représente un aspect pragmatique de la traçabilité, également connue sous le nom de logistique.
Une vision logistiqueà un « grain plus fin » inclut la traçabilité externe et la traçabilité interne.

Le qualiticien assure le contrôle des propriétés et caractéristiques du produit :
Propriétés nutritionnelles.
Propriétés organoleptiques.
Sécurité pour la consommation.
Cette évaluation repose sur des tests, des détections et la traçabilité du produit sur l'ensemble de la filière de production. Exemples :
Assurer la provenance géographique d'un jus d'orange.
Assurer la provenance d'unanimal de boucherie.
Garantir l'absence d'OGM.
Garantir l'absence de pathogène(s) (souvent par analyse ADN).
1.3. La Traçabilité en Détail
La traçabilité est le suivi du produit sur toute la filière, des matières premières au produit fini, en mettant en place des outils permettant de remonter toute la chaîne.
La traçabilité correspond à la capacité de suivre les caractéristiques, les modifications et les déplacementsd'un aliment sur l'ensemble des stades de sa production, de sa transformation et de sa distribution, afin d'assurer le principe de précaution.
Le principe de précaution stipule que l'absence de certitudes, compte tenu des connaissances scientifiqueset techniques du moment, doit permettre l'adoption de mesures effectives et proportionnées visant à prévenir un risque de dommages graves et irréversibles à un coût économiquement acceptable.
2. Schéma Général du Management Qualité
2.1. Étapes de Transformation et Contrôle
La traçabilité nécessite un contrôle continu tout au long du processus (« process ») et l'enregistrement systématique des données.La chaîne de production doit intégrer des identifiants à chaque étape, constituant la « supply chain ». Ce suivi est géré par la logistique.
Historiquement, la logistique s'est développée dans les années 1980 auxUSA pour la gestion des flux de marchandises (ex: Coca-Cola).
Elle comprend la gestion des intrants (stocks) et la gestion des flux internes de l'entreprise selon une « marche en avant » (matière première au produit fini), visant à éviter les erreurs, pertes de temps ouaccidents.
Le management qualité intègre l'ensemble de ces exigences.
Un exemple réglementaire est l'arrêté du 9 mai 1995, qui régit l'hygiène des aliments remis directement au consommateur. Avant cette date, les contrôles se concentraient majoritairement sur le produit fini ; après, ils incluent le suivi bactériologique, la température et la durée du processus.
La « supply chain » utilise un processus de « reverse logistic » (logistique inverse) permettant de remonter la chaîne, grâce à un étiquetage minutieux à chaque étape.
Matière première :

Supply chain / logistic :

Reverse logistic :

La Traçabilité :

Produit fini : Le suivi par identification des produits garantit la sécurité du produit, avec un étiquetage détaillé.
La gestion qualité comporte une dimension « management » pour l'efficience économique de la chaîne de production. Elle implique des décisions stratégiques (restructuration, changement de matériel/procédé, etc.) pouroptimiser l'ingénierie managériale.
Exemple dans une filière de production de champignon de Paris :
Le processus de production du champignon de Paris, du substrat (terreau) au gobetage (recouvrir le substrat d'un sable lourd pour induire la fructification), implique des étapes clés de contrôle qualité (ex: contrôle granulométrique du sable).

La gestion qualité doit fournir des outils d'aide à la décision.
3. Objectifs de la Qualité et de la Traçabilité
Selon l'AFNOR, la qualité d'un produit est «l'ensemble des propriétés et caractéristiques du produit qui lui confère l'aptitude à satisfaire l'utilisateur en toute sécurité ».
Ces propriétés incluent les aspects nutritionnels, organoleptiques, et de sécurité pour la consommation.
L'évaluation se faitvia des tests de détection et de traçabilité.
L'objectif commun de la qualité et de la traçabilité est la fabrication de produits conformes aux attentes du consommateur, et surtout sûrs, sans risque pour la santé.
Uneautre définition de la traçabilité (norme ISO 2002) : « La traçabilité est le moyen de remonter à l'origine du produit afin de pouvoir déterminer les causes d'un dysfonctionnement dans le système de production. »
Ceci découle directement de la loi, qui impose le principe de précaution, un principe à portée européenne.
4. Les Normes de la Qualité
4.1. L'HACCP (Hazard Analysis Critical Control Point)
L'HACCP n'est pas une norme, mais une démarche développée par la NASA, Pillsbury Company et l'armée US dans les années 60 pour la sécurité alimentaire des cosmonautes.
Elle est aujourd'hui intégrée dans la plupart des normes qualité.
4.2. Les Normes ISO (International Standard Organization)
L'ISO est une fédération mondiale d'organismes de normalisation (environ 130 pays), rattachée à l'OMC.
ISO 9000: Référentiel de management de la qualité, en évolution (actuellement version 2015).
ISO 9001 : Exigences supplémentaires sur la responsabilité de la direction et la politique de R&D (norme certifiable). Les versions 9002et 9003 ont été annulées.
ISO 9004 : Management de la qualité pour une performance durable (amélioration continue via auto-évaluation), apportant des lignes directrices pour la mise en œuvre des 9000 et 9001.
ISO 14000 (famille) : Modèle de certification pour un système de management environnemental.
D'autres normes ISO sont spécifiques à des secteurs (ex: ISO 15189 pour les laboratoires de biologie médicale, ISO 8859 pour le codage des alphabets).
4.3. Autres Référentiels
Des référentiels comme le BRC (British Retail Consortium), l'IFS (International Food Standard) et l'ISO22000 intègrent la méthode HACCP. Ils sont reconnus par la GFSI (Global Food Safety Initiative).
L'IFS Food et le BRC Food sont des référentiels d'audits privés créés par la grande distribution pour évaluer les fournisseurs deproduits alimentaires transformés et garantir la sécurité alimentaire.
La norme AgriConfiance (NF V01-005), qui régit le système de management de la qualité des activités agricoles, est la propriété de la CFCA et est désormais contrôlée par l'AFNOR.
4.4. Mise en Place du Management Qualité
La mise en place d'un système de management qualité au sein d'une entreprise suit plusieurs étapes :
La direction et l'équipe de management structurent uncomité de pilotage.
Définition de la méthode de travail :
Fixer des objectifs.
Établir le rythme des réunions, des fiches bilans.
Définir la communication d'entreprise.
Monter le projet qualité (veille législative, choix de la norme, aide AFNOR, cahier des charges).
Établir un chiffrage et le présenter au chef d'entreprise pour signature.
Ce processus est souventaccompagné par l'AFNOR ou une société de certification, qui réalise les audits pour la certification.

5. Lancer un HACCP : Les 12 Étapes
L'acronyme HACCP signifie Hazard Analysis Critical Control Point (Analyse des Dangers – Points Critiques pourleur Maîtrise).
C'est une démarche logique en 12 étapes, dont 7 principes fondamentaux :
1. Structuralisation de l'équipe HACCP et définition du champ de l'étude | |
2. Description du produit | |
3. Identification de l'utilisation attendue | |
4. Diagramme de fabrication et flux de production | |
5. Vérification du diagramme et des flux sur place | |
Principe 1 | 6. Analyse des dangers |
Principe2 | 7. Détermination des CCP (Critical Control Points) |
Principe 3 | 8. Fixation des limites critiques |
Principe 4 | 9. Mise en place de procédures de surveillance |
Principe 5 | 10. Mise en place de mesures correctives |
Principe 6 | 11. Établissement de documents et d'enregistrements |
Principe 7 | 12. Vérification du système HACCP |
5.1. Étapes 2 et 3 : Description du Produit et Utilisation Attendue
Ces étapes consistent à :
Décrire le(s) produit(s) fini(s) le plus précisément possible, en direction de la fiche client (étiquette produit).
Relever les paramètres liés à la sécurité du produit :
Composition générale (protéines, glucides, apports nutritifs).
Température de conservation.
pH, teneur en eau, teneur en sel ou additifs.
Identifier l'utilisation attendue (ex: cuisson avant consommation ?).
Exemple : Champignon de Paris (Agaricus bisporus)
Nom du produit | Champignon de Paris (Agaricus bisporus) |
Description | Champignons cueillis à la main, triés selon leur taille, calibre, maturité (pieds coupés ou longs). |
Provenance | Lorraine |
Conditions de conservation | Avec un film protecteur en chambre froide. |
Durée et température de conservation | 8 jours maximum à |
Utilisation prévue | Consommation directe. |
Emballage | En cagettes ou paniers 100% bois. |
Étiquetage | 15 Kcal / champignon, riche en vitamines et protéines, pauvre en lipides. Rincer avant consommation. |
Utilisateurs visés | Grossistes (70%), particuliers. |
5.2. Étape 4 : Établissement du Diagramme de Fabrication et Flux de Production
Cette étape est cruciale et implique de :
Lister toutes les matières premières (intrants : eau, matériaux d'emballage, etc.) et tout ce qui peut entrer en contact avec le produit.
Lister toutes les opérations séquentielles (étapes unitaires numérotées), y compris le recyclage ou retourde produits et leurs traitements.
Lister les flux de production en superposant le plan de l'usine (circulation des matières premières, ingrédients, sous-produits, produit fini, personnel).
Le diagramme de fabrication doit être concis (ex: sur une page) etinclure les informations d'identification de l'entreprise (nom, date, responsable).
Exemple : Structure de production de champignon de Paris
Ce diagramme détaille les étapes du compostage, de la pasteurisation en masse, del'ensemencement, de l'incubation, du gobetage, et de la récolte, en intégrant les matières premières, les fluides, et les matériels utilisés à chaque phase, ainsi que les points de contrôle (BPF – Bonnes Pratiques de Fabrication).
5.2.1. Compostage et Fermentation
Compostage extérieur : Utilisation de fumier de cheval, paille, potasse/ammoniac.
Processus : Retournement et malaxage.
Durée : 4à 5 jours pour atteindre 70°C, puis baisse à 25°C après 6 à 8 jours.
Première retourne : Secouage et arrosage modéré, fermentation repart à 45°C.
BPF (Bonnes Pratiques de Fabrication) associées :
BPF1 (Température) : Thermomètre digital, saisie 3 fois/jour, test tous les 6 mois, planification sur calendrier.
BPF2 (Eau): Gestion de la distribution, débit, pression, qualité (prélèvements).
BPF3 (Sécurité) : Suivi des fusibles et tableaux électriques.



5.2.2. Pasteurisation en Masse et Ensemencement
Le compost est chauffé à 60°C dans des tunnels de pasteurisation pour détruire les micro-organismes, puis maintenu à 48°C pendant 6 jours.
Mise en sac : Prélude à l'ensemencement.
Mise en cave et ensemencement : Le mycélium est introduit dans le substrat (1 journée).
Incubation : 15 à 18 jours à 22-25°C.



5.2.3. Gobetage et Récolte
Gobetage : Couverture du substrat avec du sable ("terre de gobetage") pour induire la fructification (1 journée). Un tamisage est obligatoire (BPF).
Récolte : Première récolte après 25 à 30 jours à 22-25°C.
La récolte dure environ 6 semaines.
Après la dernière récolte, la cave est nettoyée.


5.3. Étape 5 : Vérification sur Place du Diagramme et des Flux
Le diagramme de fabrication doitrefléter la réalité spatio-temporelle de l'entreprise. Il faut vérifier in situ :
Réception et stockage des matières premières, ingrédients, additifs, matériaux de conditionnement.
Lieux de stockage.
Étapes unitaires.
Stockage des produits finis.
Transport et distributeurs.
5.4. Étape 6 : Principe 1 - Identification, Analyse des Dangers et des Risques
5.4.1. Définir le Danger ("Hazard")
Un danger est un agent ou facteur (biologique, biochimique, chimique ou physique) ou un état de l'aliment ayant potentiellement un effet nocif sur la santé du consommateur ou pouvant le blesser.
Cette étape implique de :
Établirune liste des dangers les plus significatifs, basée sur des données du domaine d'activité (ex: listes des services de contrôle).
Être précis (ex: « Listeria monocytogenes » plutôt que « contamination microbienne »).
Établir unou des tableaux pour caractériser les dangers par structure unitaire et vérifier sur site.
Intrants (à leur arrivée) | Dangers |
|---|---|
Eau | Coliformes fécaux (E. coli, Salmonella Shigella ...) |
Fumier et Paille | Coliformes fécaux |
Mycélium | Stérile selon contrôle fournisseur |
Sable de Fontainebleau ou autre terre de gobetage | Stérile selon contrôle fournisseur |
Étapes | Dangers |
|---|---|
1) Stockage des intrants (excepté l'eau) | Fumier/paille : Contamination par descoliformes fécaux, champignons (Diehliomyces microsporus), moisissures (Hypomyces rosellus, Trichoderma spp, Chaetomium spp, Scopulariopsis fimicola, Papulaspora byssina, Sporendonema purpurascens), acariens, excréments de rongeurs, produits chimiques de nettoyage. |
Constituer une base de données bibliographiques (Internet, agences de contrôle,autorités compétentes).
Utiliser le système RAS (Rapid Alert System) de l'UE.
Lister les normes concernant les traitements (ex: pesticides comme polluants).
Énumérer les corrections d'usage.
5.4.2. Définir les Risques à Partir des Dangers
Pour chaque danger, il faut :
Évaluer la gravité des troubles.
Évaluer la fréquence d'apparition.
Le risque est la pondération de l'importance du danger en fonction de la gravité des troubles (effets sur la santé) et de la probabilité potentielle d'apparition.
5.4.3. Principe 3 : Le Travail d'Indexage (Gravité/Sévérité et Probabilité/Fréquence)
L'indexation permet de quantifier un risque.
Gravité / Sévérité
Niveau | Description | Exemple |
|---|---|---|
1 Négligeable | Danger théorique (sans preuve formelle de l'origine alimentaire) ou danger décelé avant consommation. | Moisissures, gros corps étranger décelé avant consommation. |
2 Marginal | Pathologies mineures avec rémissions complètes. | Entérotoxine de S. aureus, Bacillus cereus. |
3 Grave | Pathologies graves mais avec rémissions complètes. | Clostridium perfringens, Salmonella, Norovirus. |
4 Critique | Menace la survie, séquelles durables à moyen terme. | Corps étranger perforant, substances cancérigènes, métauxlourds, résidus d'hormones, Yersinia enterocolitica, hépatite A. |
5 Catastrophique | Décès ou séquelles durables à long terme. | Listeria monocytogenes,Clostridium botulinum, E. Coli O157:H7, ESB, Salmonella Typhi, autres sérotypes invasifs. |
Probabilité / Fréquence
Niveau | Fréquence | Description |
|---|---|---|
1 Pratiquement impossible | 1 X / 10 ans | Probabilité théorique et sûreté du processus. |
2 Improbable | 1 X / 3 ans | Mesures de maîtrise d'ordre général suffisantes pour contrôler le danger. |
3 Rare | 1 X / an | |
4 Occasionnel | 1 X / semestre | Mesures de maîtrise non assurées danger présent de façon aléatoire. |
5 Fréquent | 1 X / mois | Le danger se produitde façon répétée. |
6 Très fréquent | 1 X / semaine | Mesures de maîtrise non assurées danger présent de façon systématique. |
Le Risque (R) estcalculé comme le produit de la gravité (sévérité) par la probabilité (fréquence).
Gravité / Sévérité | ||||||
|---|---|---|---|---|---|---|
1 Néglig. | 2 Marginal | 3 Grave | 4 Critique | 5 Catastr. | ||
Probabilité / Fréquence | 6 (Très fréquent) | 6 Mineur | 12 Mineur | 18 Majeur | 24 Majeur | 30 Majeur |
5 (Fréquent) | 5Mineur | 10 Mineur | 15 Majeur | 20 Majeur | 25 Majeur | |
4 (Occasionnel) | 4 Acceptable | 8 Mineur | 12 Mineur | 16 Majeur | 20 Majeur | |
3 (Rare) | 3 Acceptable | 6 Mineur | 9 Mineur | 12 Mineur | 15 Majeur | |
2 (Improbable) | 2 Acceptable | 4 Acceptable | 6 Mineur | 8 Mineur | 10 Mineur | |
1 (Prat. imposs.) | 1 Acceptable | 2 Acceptable | 3 Acceptable | 4 Acceptable | 5 Mineur | |
5.4.4. Définir les Niveaux Acceptables
Si : Le risque est acceptable. Les Bonnes Pratiques d'Hygiène (BPH) et les Bonnes Pratiques de Fabrication (BPF) sont suffisantes.
Si : Le risque est mineur. Les BPH et les BPF devraient être suffisantes.
Si : Le risque est majeur. Cela suggère potentiellement un CCP (Point Critique de Maîtrise), à confirmer avec l'arbre de décision.
Exemple de tableau d'évaluation des risques pour les champignons :
DANGER | GRAVITÉ | FRÉQUENCE | RISQUE |
|---|---|---|---|
Métaux lourds | 3 | 1 | 3 |
Échardes de bois | 3 | 1 | 3 |
Contamination par les rongeurs | 3 | 3 | 9 |
Bactéries sporulantes (Clostridium) | 4 | 2 | 8 |
-E.coli E157H7 | 4 | 3 | 12 |
Autres coliformes fécaux | 2 | 3 | 6 |
Produits chimiques toxiques | 2 | 3 | 6 |
Endommagement physique des champignons | 1 | 4 | 4 |
Autres organismes nuisibles: moisissures, acariens, nématodes... insectes | 3 | 3 | 9 |
Pour les risques jusqu'à 12, l'application des bonnes pratiques d'hygiène est généralement suffisante. On peut s'appuyer sur des guides de bonnes pratiques d'hygiène ou sur les textes de lois, avec l'aide d'agences comme l'AFSSA ou l'AESA.
Les Bonnes Pratiques (BPP - production, BPF - fabrication, BPH - hygiène, BPL - laboratoire) incluent une planification des tâches, une mise en œuvre, une surveillance et un enregistrement des données, reflétant une démarche qualité classique.
5.5. Étape 7 : Principe 2 - Détermination des Points Critiques de Contrôle (CCP)
Un CCP est défini par le Codex Alimentarius comme « une étape à laquelle une mesure de maîtrise peut être appliquée et qui est essentielle pour prévenir ou éliminer un risque ou le réduire à un niveau acceptable ».
Les CCP doivent être définis de manière pragmatique et rigoureuse, avec une certaine flexibilité selon l'opération.
Une veille technologique et scientifique constante est nécessaire, selon le principe de précaution.
Un CCP est une étape où l'on doit intervenir. L'arbre de décision (diagramme logique) est un outil clé pour identifier les CCP. Il permet d'éliminer certains risques considérés comme CCP potentiels.

Les Programmes de Prérequis Opérationnels (PrPO) sont des mesures de maîtrise "systématiques" qui complètent les bonnes pratiques générales d'hygiène.
5.5.1. Cas du Champignon de Paris : Actions Correctives et Préventives (BPP)
Dangers identifiés et actions de maîtrise :
Intrants (à leur arrivée) | Dangers | |
|---|---|---|
Eau | Coliformes fécaux (E. coli, Salmonella Shigella ...) | |
1) Stockage des intrants | Fumier et Paille | Coliformes fécaux |
Mycélium | Stérile selon contrôle fournisseur | |
Sable de Fontainbleau ou autre terre de gobetage | Stérile selon contrôle fournisseur | |
Paniers et Cagettes | Dépôt dans les champignons de corps étrangers nocifset dangereux pour le consommateur. |
Étapes | Actions correctives et préventives |
|---|---|
1) Stockage des intrants (excepté l'eau) | Fongicides + insecticides dans la zone de stockage => BPP (Prévenir et gérer le risque de résistance aux fongicides) |
2) Fermentation du compost avec retournement | Pasteurisation à l'étape 3 |
4) Mise en sac plastique | Fongicides + insecticides. Lavage des mains et port de gants |
5) Ensemencement - humidité | Lavage des mains et port de gants |
6) Incubation & 7) Gobetage | Fongicides + insecticides. Lavage des mains et port de gants |
Exemples d'actions spécifiques par contaminant :
Fumier et paille :
Hypomyces rosellus : Application de textile humide et de sel pour isoler/désinfecter, ou deformaline et fongicides (Bénomyl, Carbendazime, Prochloraze manganèse, Thiophanate-méthyl) en cas d'infection grave.
Trichoderma spp. : Pasteurisation adéquate du substrat et bonnes mesures sanitaires ; aucun fongicide spécifiquerecommandé.
Sable de Fontainebleau :
Verticillium fungicola : Pulvérisation de Chlorothalonil et Prochloraze manganèse.
Mycogone perniciosa : Pulvérisation de Carbendazime, Chlorothalonil (DJA=0,01 mg/kg/j), Prochloraze de manganèse.
Tableau récapitulatif des risques après actions correctives/préventives :
DANGER | GRAVITE | FREQUENCE | RISQUE |
|---|---|---|---|
Métaux lourds | 3 | 1 | 3 |
Échardes de bois | 3 | 1 | 3 |
Contamination par les rongeurs | 3 | 3 | 9 |
Bactéries sporulantes (Clostridium) | 4 | 2 | 8 |
-E.coli E157H7 | 4 | 3 | 12 |
Autres coliformes fécaux | 2 | 3 | 6 |
Moisissures | 2 | 3 | 6 |
Produits chimiques toxiques | 2 | 3 | 6 |
Endommagement physique des champignons | 1 | 4 | 4 |
Autres organismes nuisibles: moisissures, acariens, nématodes... insectes | 1 | 3 | 3 |
5.5.2. Utilisation de l'Arbre de Décision pour lesCCP
L'arbre de décision est appliqué pour identifier si une étape est un CCP.
Exemple pour la décontamination en fin d'exploitation :

Q1 : Existe-t-il une ou des mesures de maîtrise ? (Oui pour la décontamination en fin d'exploitation)
Q2 : L'étapeest-elle spécifiquement conçue pour éliminer ou réduire la probabilité d'apparition d'un danger à un niveau acceptable ? (Non)

Q3 : La contamination amenant un danger identifié pourrait-elle survenir au-delà du niveau acceptable ou augmenter jusqu'à un niveau inacceptable ? (Si oui, aller à Q4).
Q4: Une étape ultérieure permet-elle d'éliminer le danger identifié ou réduire la probabilité d'apparition à un niveau acceptable ? (Si non, c'est un CCP).
Les actions correctives et préventives peuvent inclure :
Stérilisation de l'eau.
Stérilisation de toutes les surfaces (ex: vapeur à 70°C pendant 12h).
Traitements spécifiques (fongicides, insecticides, anti-rongeurs).
5.6.Principes 3, 4 et 5 de la Gestion des Risques
Principe 3 : Fixation des limites critiques : C'est la valeur maximale ou minimale qu'un danger physique, biologique ou chimique doit respecter pour être ramené à un « niveau de risque acceptable ».
Principe 4 : Mise en place de procédures de surveillance.
Principe 5 : Mise en place des actions correctives.
Les guides des BPH sont des recommandations sectorielles qui proposent des moyens, méthodes et procéduresadaptées pour maîtriser les exigences sanitaires (réglementaires ou non) lors de toutes les étapes de la vie du produit, de la préparation à la distribution.
5.7. Principes 6 et 7 : Suivi et Enregistrement
Principe 6 :Établissement de documents et d'enregistrements : Toutes les données de mesure, les actions correctives et l'évaluation de leur efficacité doivent être documentées (base de données informatisée).
Principe 7 : Vérification du système HACCP : Réitération systématique del'ensemble du processus de contrôle.
La communication sur les risques au sein de l'entreprise est indispensable pour la réussite d'un processus HACCP :
Expliquer l'évaluation des risqueset l'indexage retenu.
Expliquer la manière dont les rappels et les retraits du marché vont être gérés.
Cette démarche constitue la fin de la première partie de l'introduction au management qualité et traçabilité.
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