Imperfect Competition and Market Failures chapitre 6
19 tarjetasThis note covers the different forms of imperfect competition and market failures, including monopolies, oligopolies, and situations where markets fail to allocate resources efficiently, such as externalities and information asymmetries.
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Ces notes approfondies synthétisent les concepts de concurrence imparfaite et de défaillances de marché. Elles explorent comment ces situations s'écartent du modèle de concurrence pure et parfaite et justifient, dans de nombreux cas, une intervention des pouvoirs publics pour corriger les inefficacités et améliorer le bien-être collectif.
Section 1 : La concurrence imparfaite et les stratégies des firmes
La concurrence est dite imparfaite dès lors qu'au moins une des cinq conditions du modèle de la concurrence pure et parfaite n'est pas remplie. Dans la réalité, cette situation est la plus fréquente, ce qui confère aux entreprises un certain pouvoir sur le marché et les incite à développer des stratégies pour l'accroître, entraînant une intervention régulatrice des pouvoirs publics.
A. Les fondements de la concurrence imparfaite
1. Concurrence imparfaite vs. concurrence pure et parfaite
Le modèle de concurrence pure et parfaite (CPP), formalisé notamment par Frank Knight, repose sur cinq conditions strictes :
Atomicité : Un grand nombre d'offreurs et de demandeurs, si bien qu'aucun ne peut influencer seul le prix du marché.
Homogénéité du produit : Tous les produits sur le marché sont identiques, la concurrence ne se fait que par le prix.
Fluidité (libre entrée et sortie) : Absence de barrières à l'entrée ou à la sortie pour les entreprises.
Parfaite mobilité des facteurs de production : Le capital et le travail peuvent se déplacer sans entrave vers les secteurs les plus rémunérateurs.
Transparence de l'information : Tous les agents disposent d'une information complète, gratuite et immédiate.
La concurrence devient imparfaite dès qu'une de ces conditions est violée. Par exemple, si l'atomicité n'est pas respectée, on parle de monopole ou d'oligopole. Si l'homogénéité est absente, on est en situation de concurrence monopolistique.
2. Le pouvoir de marché et sa mesure
En CPP, les agents sont price takers (preneurs de prix) : le prix leur est imposé par le marché. En concurrence imparfaite, les entreprises acquièrent un pouvoir de marché, c'est-à-dire la capacité d'influencer le prix ou les quantités. Elles deviennent price makers (faiseuses de prix).
Ce pouvoir peut être mesuré par l'indice de Lerner, qui évalue l'écart entre le prix de vente () et le coût marginal () de production.
En CPP, le prix est égal au coût marginal (), donc l'indice de Lerner est nul (). L'entreprise ne fait aucune marge (pas de "super-profit").
En concurrence imparfaite, l'entreprise peut fixer un prix supérieur à son coût marginal (), donc l'indice de Lerner est positif (). Plus l'indice est proche de 1, plus le pouvoir de marché de l'entreprise est élevé.
B. Le fonctionnement des marchés en l'absence d'atomicité
L'absence d'atomicité du côté de l'offre est la forme la plus intuitive de concurrence imparfaite. Le tableau de Stackelberg classifie ces structures de marché.
Offre / Demande | Un seul offreur | Quelques offreurs | Grand nombre d'offreurs |
Un seul acheteur | Monopole bilatéral | Monopsone contrarié | Monopsone |
Quelques acheteurs | Monopole contrarié | Oligopole bilatéral | Oligopsone |
Grand nombre d'acheteurs | Monopole | Oligopole | Concurrence parfaite |
1. Le monopole
Un monopole est une structure de marché où un seul offreur fait face à une multitude de demandeurs pour un bien sans substitut proche.
Les formes de monopole
Monopole naturel : Il émerge "naturellement" en raison de coûts fixes très élevés (économies d'échelle), rendant plus efficace la présence d'un seul producteur. Exemple : SNCF Réseau pour l'infrastructure ferroviaire.
Monopole institutionnel (ou légal) : Il est créé par la loi, qui accorde à une seule entreprise le droit de produire ou distribuer un bien. Exemple : La Française des Jeux (FDJ) pour certaines loteries, ou un brevet qui confère une exclusivité temporaire.
Monopole d'innovation : Une entreprise qui introduit une innovation majeure se retrouve temporairement seule sur le marché, avant d'être imitée. Exemple : OpenAI avec ChatGPT à son lancement fin 2022.
Monopole stratégique : Il résulte de stratégies mises en place par une firme pour éliminer ou empêcher l'entrée de concurrents (ex: prix prédateurs, contrôle des ressources clés). Exemple historique : la Standard Oil Company de Rockefeller.
Équilibre et pouvoir du monopole
Le monopoleur, pour maximiser son profit, produit la quantité () pour laquelle sa recette marginale () égale son coût marginal (). Étant price maker, il fixe ensuite le prix le plus élevé que les consommateurs sont prêts à payer pour cette quantité, prix lu sur la courbe de demande. Ce prix () est systématiquement supérieur au coût marginal (), ce qui lui assure un profit durable (la "rente de monopole").
Pour accroître encore son profit, le monopole peut pratiquer la discrimination par les prix :
Discrimination parfaite (1er degré): Chaque client paie le prix maximum qu'il est disposé à payer. C'est un cas théorique qui suppose une connaissance parfaite de la demande.
Discrimination du 2ème degré: Le prix varie selon la quantité ou le moment de la consommation. Exemple : Tarification dynamique (yield management) des billets d'avion ou des chambres d'hôtel.
Discrimination du 3ème degré: Le prix varie selon des segments de clientèle identifiables (âge, statut, etc.). Exemple : Tarifs réduits au cinéma pour les étudiants ou les seniors.
Les effets du monopole
Le monopole est généralement considéré comme moins efficace que la concurrence :
Inefficience allocative : Comparé à la CPP, le monopole produit moins () et vend plus cher (). Cela entraîne une perte sèche pour la société, car des échanges mutuellement avantageux ne se réalisent pas.
Inefficience productive (ou "inefficience X") : Protégé de la concurrence, le monopoleur est moins incité à minimiser ses coûts. John Hicks résumait cela par :
« Le meilleur de tous les profits d'un monopole, c'est une vie tranquille. »
Inefficience dynamique : L'absence de menace concurrentielle peut réduire l'incitation à innover (effet de laurier, selon Kenneth Arrow).
Cependant, le monopole peut aussi avoir des effets positifs : ses surprofits peuvent financer la R&D, et la perspective d'une rente de monopole est une puissante incitation à l'innovation (vision de Schumpeter).
2. L'oligopole
Un oligopole est une structure de marché avec un petit nombre d'offreurs face à de nombreux acheteurs. La forme la plus simple est le duopole (deux offreurs). La caractéristique principale de l'oligopole est l'interdépendance stratégique : la décision de chaque entreprise (en prix ou en quantité) affecte les profits de ses concurrents, qui réagiront en conséquence. Cela mène à plusieurs modèles de comportement.
Modèle | Nature de la concurrence | Variable stratégique | Conclusion principale |
Cartel (Collusion) | Coopération | Prix et Quantités | Les entreprises s'entendent pour agir comme un monopole, fixant des prix élevés. L'équilibre est instable à cause de l'incitation à tricher (dilemme du prisonnier). |
Duopole de Cournot | Non-coopération | Quantités | Chaque firme choisit sa production en considérant celle de l'autre comme fixe. L'équilibre est intermédiaire entre le monopole et la CPP. |
Duopole de Stackelberg | Non-coopération (dominant/suiveur) | Quantités | Une firme "leader" fixe sa production en premier, anticipant la réaction de la firme "suiveuse". Le leader produit plus et a un profit plus élevé. |
Duopole de Bertrand | Non-coopération | Prix | Les firmes se livrent une "guerre des prix" qui les pousse à baisser leur prix jusqu'au niveau du coût marginal. Le résultat est identique à la concurrence parfaite. |
C. Les liens complexes entre nombre d'offreurs et concurrence
1. L'atomicité ne garantit pas la concurrence
Même avec de nombreux offreurs, la concurrence peut être faible si :
Le marché est très concentré : quelques firmes détiennent l'essentiel des parts de marché. L'indice de Herfindahl-Hirschman (IHH), somme des carrés des parts de marché, mesure cette concentration.
Les produits sont fortement différenciés, créant des "micro-monopoles" (voir concurrence monopolistique).
2. L'absence d'atomicité n'empêche pas la concurrence : la théorie des marchés contestables
Développée par Baumol, Panzar et Willig, la théorie des marchés contestables affirme qu'un monopole ou un oligopole peut se comporter comme en CPP si le marché est "contestable". Un marché est contestable si l'entrée est libre et la sortie se fait sans coût.
Libre entrée : Pas de barrières à l'entrée.
Sortie sans coût : Absence de coûts irrécupérables (sunk costs), c'est-à-dire des investissements non revendables en cas de sortie (ex: dépenses publicitaires spécifiques).
Dans ce cas, la simple menace d'une entrée potentielle discipline la ou les firmes en place et les force à pratiquer des prix concurrentiels. En pratique, ces conditions sont rarement réunies.
3. Monopole et concurrence ne s'opposent pas : la perspective schumpétérienne
Joseph Schumpeter propose une vision dynamique de la concurrence comme un processus de destruction créatrice.
La concurrence n'est pas un état mais un processus de sélection permanent où les entreprises luttent pour obtenir une position dominante via l'innovation.
Une entreprise qui innove obtient un monopole temporaire et une rente. Cette rente est la récompense de l'innovation et incite les autres à imiter ou à innover à leur tour, ce qui finit par éroder le monopole. Dans cette optique, le monopole n'est pas l'opposé de la concurrence, mais une phase transitoire et nécessaire de son processus.
D. Les stratégies des firmes pour accroître leur pouvoir de marché
1. Stratégies centrées sur l'offre
Formation d'un cartel : Entente secrète entre oligopoleurs pour fixer les prix ou se répartir le marché. Bien que collectivement profitable, un cartel est instable car chaque membre a intérêt à tricher pour augmenter sa part de marché (illustré par le dilemme du prisonnier).
Fusions-acquisitions : Racheter des concurrents pour augmenter la concentration du marché. Les "killer acquisitions" consistent à racheter une startup prometteuse avant qu'elle ne devienne une menace sérieuse. Exemple : Rachat d'Instagram par Facebook.
Instauration de barrières stratégiques à l'entrée : Stratégies visant à dissuader les nouveaux entrants, comme les prix prédateurs (vendre à perte pour évincer un concurrent) ou le contrôle d'infrastructures essentielles.
2. Stratégies centrées sur la demande
Différenciation des produits (concurrence monopolistique) : Rendre son produit distinct de celui des concurrents pour fidéliser une clientèle et s'isoler de la concurrence par les prix.
Différenciation horizontale : Produits de qualité similaire mais de caractéristiques différentes (design, marque, localisation). Exemple : Apple vs Samsung.
Différenciation verticale : Produits de qualités différentes. Exemple : gammes de voitures (bas de gamme, premium).
Modèle de Chamberlin : À court terme, la différenciation donne un pouvoir de marché. À long terme, l'entrée de nouveaux concurrents attirés par les profits annule ce surprofit.
Modèle de Hotelling : Les firmes choisissent stratégiquement leur "localisation" (degré de différenciation), arbitrant entre se rapprocher pour capter des clients et s'éloigner pour réduire la concurrence directe.
Stratégies de captation de la demande : Rendre les clients "captifs" pour limiter leur capacité à se tourner vers la concurrence.
Ventes liées et écosystèmes fermés : Obliger le consommateur à acheter des produits complémentaires de la même marque. Exemple : L'écosystème Apple et ses chargeurs propriétaires.
Augmentation des coûts de recherche : Rendre les offres complexes et difficilement comparables pour le consommateur. Exemple : multiplication des options dans les forfaits téléphoniques avant 2012.
Jeu sur les biais comportementaux : Exploiter l'inertie des consommateurs (biais du statu quo) avec des abonnements à reconduction tacite.
E. La politique de la concurrence
Il s'agit de l'ensemble des mesures des pouvoirs publics visant à garantir une concurrence libre et non faussée.
1. Objectifs et modalités
La politique de la concurrence, menée en Europe par la Commission Européenne et en France par l'Autorité de la concurrence, repose sur quatre piliers :
Lutte contre les ententes (cartels) : Interdiction des accords sur les prix, la production ou le partage de marchés. Exemple : Le "cartel des compotes" sanctionné en 2019.
Contrôle des abus de position dominante : Une position dominante n'est pas illégale, mais son abus l'est. Il s'agit d'utiliser sa puissance pour évincer des concurrents. Exemple : Google sanctionné pour avoir imposé son moteur de recherche sur Android.
Contrôle des fusions et acquisitions : Interdiction des opérations de concentration qui créeraient ou renforceraient une position dominante au détriment des consommateurs. Exemple : Le refus de la fusion Alstom-Siemens en 2019.
Contrôle des aides d'État : Interdiction des subventions ou avantages fiscaux qui fausseraient la concurrence au sein du marché unique européen. Exemple : L'affaire des avantages fiscaux accordés à Apple par l'Irlande.
2. Les débats
La politique de la concurrence est critiquée car elle pourrait :
Entrer en conflit avec la politique industrielle, en empêchant la création de "champions européens" capables de rivaliser avec les géants américains ou chinois.
Être inadaptée à l'économie numérique, où les positions dominantes se créent très rapidement (effets de réseau) et où les "killer acquisitions" passent sous les radars des seuils de chiffre d'affaires.
Section 2 : Les défaillances du marché
Une défaillance de marché (market failure) est une situation dans laquelle le marché, même concurrentiel, échoue à allouer les ressources de manière optimale. Ces situations légitiment une intervention de l'État.
A. Les biens collectifs
1. Les types de biens
Les biens se classifient selon deux critères :
Rivalité : La consommation d'un bien par une personne empêche-t-elle sa consommation par une autre ?
Excluabilité : Peut-on empêcher quelqu'un qui ne paie pas de consommer le bien ?
Excluable | Non excluable | |
Rival | Bien privatif (ex: un croissant) | Bien commun (ex: ressources halieutiques) |
Non Rival | Bien de club (ex: une chaîne cryptée) | Bien collectif pur (ex: un phare, la défense nationale) |
2. La défaillance du marché pour les biens collectifs purs
Les biens collectifs purs (non-rivaux et non-excluables) souffrent du problème du passager clandestin (free rider). Puisqu'on ne peut exclure personne de leur consommation, chaque individu a intérêt à attendre que les autres paient pour le bien, tout en espérant en bénéficier gratuitement. En conséquence, personne ne révèle sa volonté de payer, la demande exprimée est nulle, et une entreprise privée n'a aucune incitation à produire ce bien, même s'il est socialement utile.
3. La "tragédie des biens communs"
Les biens communs (rivaux mais non-excluables) sont menacés de surexploitation. Comme l'a montré Garrett Hardin, chaque utilisateur a un intérêt individuel à exploiter la ressource au maximum (le gain est privé), tandis que le coût de cette surexploitation (dégradation de la ressource) est partagé par tous. Cette logique mène inéluctablement à la destruction de la ressource. Exemple : La surpêche dans les océans.
4. L'intervention des pouvoirs publics
Pour les biens collectifs purs : L'État doit assurer leur production, soit directement (via ses administrations, ex: défense nationale), soit indirectement en la déléguant au privé (ex: construction d'autoroutes). Le financement se fait par l'impôt.
Pour les biens communs :
Réglementation par l'État : Instaurer des quotas, des normes, des périodes d'interdiction (ex: quotas de pêche).
Privatisation : Attribuer des droits de propriété pour que les propriétaires gèrent durablement la ressource dans leur propre intérêt.
Gestion communautaire (Elinor Ostrom) : Une troisième voie où des communautés locales d'usagers définissent et appliquent leurs propres règles de gestion.
B. Les externalités
Une externalité est l'effet de l'activité d'un agent sur le bien-être d'un autre, sans que cet effet ne fasse l'objet d'une transaction marchande (pas de compensation).
Externalité négative : L'effet est néfaste. Le coût social de l'activité est supérieur au coût privé pour celui qui la réalise. Exemple : La pollution d'une usine qui dégrade la santé des riverains.
Externalité positive : L'effet est bénéfique. Le bénéfice social de l'activité est supérieur au bénéfice privé. Exemple : Un apiculteur dont les abeilles pollinisent les vergers voisins.
En présence d'externalités, le marché est défaillant car les signaux-prix ne reflètent pas les coûts et bénéfices réels pour la société. Il en résulte une surproduction des biens à externalités négatives et une sous-production des biens à externalités positives.
Solutions pour internaliser les externalités
Internaliser une externalité signifie faire en sorte que l'agent à son origine en intègre le coût ou le bénéfice dans son calcul économique.
La réglementation (solution par la contrainte) : L'État fixe des normes, des interdictions ou des obligations. Exemple : Interdiction des véhicules les plus polluants dans les Zones à Faibles Émissions (ZFE).
La taxation pigouvienne (solution par l'incitation) : Proposée par Arthur Pigou, elle consiste à appliquer une taxe du montant exact du dommage de l'externalité négative ("pollueur-payeur") ou une subvention pour une externalité positive. Cela modifie le signal-prix et incite les agents à ajuster leur comportement.
Le théorème de Coase (solution par le marché) : Ronald Coase a montré que si les coûts de transaction sont nuls et que les droits de propriété sont clairement définis, les agents concernés peuvent négocier entre eux pour atteindre une solution optimale, quelle que soit l'attribution initiale des droits. En pratique, les coûts de transaction (recherche d'information, négociation) sont rarement nuls, ce qui limite la portée de ce théorème.
C. Le monopole naturel
Un monopole naturel existe lorsque les conditions techniques (coûts fixes très élevés, fortes économies d'échelle) font qu'il est moins coûteux pour la société qu'une seule entreprise produise pour l'ensemble du marché. Les industries de réseau (rail, eau, électricité) en sont l'exemple typique. Le dilemme du monopole naturel est le suivant :
D'un côté, la concurrence est indésirable car elle augmenterait le coût total de production. De l'autre, laisser faire le monopoleur conduit à des prix élevés et à des quantités produites trop faibles.
L'intervention publique
L'État doit réguler le monopole naturel pour limiter son pouvoir de marché.
Nationalisation : L'État devient propriétaire de l'entreprise.
Régulation tarifaire d'une entreprise privée :
Tarification au coût marginal : La solution la plus efficace socialement, mais qui entraîne des pertes pour l'entreprise (car coût moyen) et nécessite des subventions publiques.
Tarification au coût moyen : Garantit l'équilibre budgétaire de l'entreprise. C'est un optimum de second rang (prix plus bas et quantités plus élevées que le monopole non régulé).
Prix-plafond (price cap) : Fixer un prix maximum pour inciter l'entreprise à réduire ses coûts pour dégager un profit.
Le périmètre des monopoles naturels a tendance à reculer avec le progrès technique et l'ouverture des marchés (ex: déréglementation des télécommunications). On distingue souvent l'infrastructure (monopole naturel) du service qui l'utilise (ouvert à la concurrence).
D. Les asymétries d'information
Il y a asymétrie d'information lorsqu'un contractant détient plus d'informations que l'autre. Cela peut conduire à des comportements opportunistes et à la défaillance du marché.
1. La sélection adverse (anti-sélection)
Ce phénomène, qui a lieu avant la signature du contrat, a été mis en évidence par George Akerlof sur le marché des voitures d'occasion ("lemons"). Les acheteurs, ne pouvant distinguer les bonnes voitures des mauvaises ("lemons"), ne sont prêts à payer qu'un prix moyen. À ce prix, les vendeurs de bonnes voitures se retirent du marché. La qualité moyenne des voitures restantes baisse, ce qui fait encore baisser le prix, et ainsi de suite, jusqu'à ce que seuls les "lemons" restent sur le marché, qui peut même disparaître. Cela touche aussi l'assurance (seuls les plus "à risque" s'assurent) et le crédit.
2. L'aléa moral (ou risque moral)
Ce phénomène a lieu après la signature du contrat. L'un des agents modifie son comportement une fois qu'il est protégé par le contrat, car il ne supporte plus toutes les conséquences de ses actions.
Exemple de l'assurance : Un assuré peut adopter une conduite plus risquée une fois couvert, car le coût d'un sinistre est transféré à l'assureur.
Relation Principal-Agent : Un "principal" (ex: actionnaire) délègue une tâche à un "agent" (ex: manager). L'agent, dont l'effort n'est pas parfaitement observable, peut agir dans son propre intérêt plutôt que dans celui du principal.
Solutions pour réguler les asymétries d'information
Contre la sélection adverse :
Réglementation : Imposer la transparence (ex: contrôle technique obligatoire pour les voitures).
Signalisation (Spence) : L'agent informé envoie un signal coûteux pour prouver sa qualité (ex: un diplôme pour un travailleur).
Filtrage : L'agent non informé met en place des mécanismes pour faire révéler l'information (ex: un assureur propose plusieurs contrats avec des franchises variables).
Contre l'aléa moral :
Contrôle et surveillance : Le principal engage des dépenses pour surveiller l'agent (coûts d'agence).
Contrats incitatifs : Lier la rémunération de l'agent à sa performance pour aligner les intérêts (ex: bonus-malus en assurance, stock-options pour les managers).
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