HGGSP - Conquêtes, Aff_irmations, Puissance et Rivalités
Sin tarjetasAXE 1 : Conquêtes, Affirmations, Puissance et Rivalités
L'espace, les mers et les océans sont des théâtres de rivalités constantes, impliquant des États et des acteurs privés. Depuis les années 1950, la course à l'espace est devenue un enjeu militaire crucial, parallèlement à la maîtrise des mers et océans.
I) Les enjeux géopolitiques d'une conquête : la course à l'espace des années 1950 à l'arrivée de nouveaux acteurs.
I.I. Les débuts de la course à l'espace après la guerre.
La course à l'espace est un formidable moyen de propagande pendant la Guerre Froide, visant à démontrer la supériorité des modèles industriels, technologiques et militaires.
Pendant la Seconde Guerre Mondiale, les Allemands ont avancé dans le développement des technologies de fusées à objectif militaire (V1, V2).
Après la guerre, les vainqueurs ont récupéré les plans technologiques et les ingénieurs allemands (ex : Wernher Von Braun aux États-Unis).
L'espace devient un lieu d'affrontement permanent entre les deux grands (URSS et États-Unis) à partir des années 1950, mêlant dissuasion nucléaire et propagande.
I.II. La rivalité spatiale entre les États-Unis et l'URSS à partir des années 1950 dans le contexte de la Guerre Froide.
L'URSS, après avoir rattrapé son retard, a dépassé les États-Unis par ses succès spatiaux :
1957 : Lancement de Spoutnik I, le premier satellite artificiel, depuis Baïkonour (Kazakhstan). Cela a créé un choc mondial et révélé la vulnérabilité des États-Unis.
Lancement de Spoutnik II avec Laika, le premier être vivant dans l'espace, prouvant la possibilité de survie en apesanteur.
1961 : Youri Gagarine est le premier homme dans l'espace (Vostok, vol automatisé de 1h48).
Lancement des premières sondes lunaires (programme Luna, 1959) : Luna II est le premier objet à atteindre la Lune, Luna IX le premier à s'y poser. Les États-Unis ont abandonné leurs projets lunaires face à l'avance soviétique.
À partir des années 1960, les Américains répondent :
1958 : Lancement d'Explorer I, premier satellite américain, et création de la NASA.
1961 : Lancement du programme Apollo par le président JFK pour poser des astronautes sur la Lune avant la fin de la décennie.
21 juillet 1969 : Apollo II (Neil Armstrong, Buzz Aldrin, Michael Collins) réussit à se poser sur la Lune, retransmis en direct mondialement.
Fin de la course lunaire soviétique et détente :
Apparition de la première navette spatiale américaine (1981-2011), véhicule réutilisable, malgré les coûts élevés et deux catastrophes (Challenger 1986, Columbia 2003).
Coopération spatiale : Rencontre Apollo-Soyouz en 1975, symbole de Détente.
Les deux grands utilisent le Hard Power (supériorité technologique) et le Soft Power (stratégie d'influence) pour le Smart Power.
I.III. De nouveaux acteurs dans la conquête spatiale.
La conquête spatiale n'est plus réservée à un club fermé ; dix pays maîtrisent le processus de lancement (États-Unis, Russie, Japon, Europe, Chine, Inde).
L'aventure spatiale française :
Débute fin Seconde Guerre Mondiale avec la première fusée Véronique (1950).
Consolidation avec De Gaulle (1958) pour l'indépendance nationale et la dissuasion nucléaire.
1961 : Création du CNES.
1965 : Choix de Kourou (Guyane) comme site de lancement.
La France est la 3ème puissance capable de mettre un satellite en orbite (Astérix, 1er satellite français).
Les coûts élevés mènent à des partenariats européens : 1975, création de l'ESA (Agence Spatiale Européenne) et projets Ariane.
Pays émergents et nouvelles ambitions :
Chine : 1956, création de la 5ème académie de recherche militaire ; lancement du programme spatial. Rupture avec l'URSS en 1963 a entraîné un retard technologique.
Inde : 2014, lancement du 1er satellite géostationnaire et sondes en orbite autour de Mars. 2023, Chandrayaan 3 (pôle Sud de la Lune) montre sa volonté de devenir une puissance mondiale.
Le New Space : Acteurs privés dans l'exploitation commerciale.
Acteurs dominants : GAFAM américain (ex: Space X, Virgin Galactic, Blue Origin).
Le désengagement progressif des États due aux budgets trop importants a ouvert la voie à l'initiative privée.
Les projets du New Space sont à la fois technologiques et économiquement audacieux (ex: Elon Musk visant Mars).
Le New Space reste lié à l'administration américaine (juridique : Traité de l'espace 1967 ; financier : dépend des commandes de la NASA et du ministère de la défense).
II) Affirmer sa puissance à partir des mers et des océans : la dissuasion nucléaire et les forces de projections marines.
II.I. L'importance historique de la puissance maritime.
« Le Sea Power a toujours été une manifestation de la puissance des États. »
Maîtrise de la navigation en haute mer : les Européens ont dominé le monde et les colonisations (XVIe), le Japon a dominé l'Asie de l'Est (XIXe).
Hégémonie basée sur la puissance maritime (XVIIIe), 1er empire colonial mondial (XIXe).
1890 : L'amiral américain Alfred Mahan élabore une théorie géopolitique sur la puissance maritime (fondement de la géopolitique américaine).
Au début du XXe siècle, les grandes puissances sont maritimes (Royaume-Uni, Allemagne, États-Unis).
Les deux guerres mondiales : affrontements navals (sous-marine, d'escadre, de course). Apparition du porte-avions (1er anglais en 1918). Guerre du Pacifique.
Guerre Froide : rivalité navale URSS et États-Unis. 1er sous-marin nucléaire d'attaque (USS Nautilus, 1954).
II.II. Un espace majeur de la dissuasion.
La composante maritime de la dissuasion nucléaire est fondamentale, organisée en groupes aéronavals.
La capacité de projection est la capacité de déployer les forces militaires hors de son territoire.
Les groupes aéronavals sont des ensembles de navires articulés autour d'un porte-avions, coûteux et complexes à construire, réservés aux grandes puissances.
Les porte-avions (capital ships) sont des bases aériennes mobiles qui permettent de frapper partout. (Ex : Charles de Gaulle, avions Rafale Marine).
Composition d'un groupe aéronaval :
Porte-avions : ont remplacé les cuirassés et croiseurs.
Frégates : assurent la sécurité des autres navires.
Navires d'assaut et porte-hélicoptères : projettent troupes et matériel.
SNA (Sous-marins Nucléaires d'Attaque) : sans missiles nucléaires, mais avec propulsion nucléaire, chargés de torpilles et missiles de croisière.
La possession d'un groupe aéronaval est une ambition géopolitique (États-Unis, France, Royaume-Uni, Russie).
Sous-marins nucléaires français : un poids politique international.
Avantages : discrétion, autonomie, interviennent partout (missiles longue portée 8000km).
La France est la 3ème puissance nucléaire mondiale (300 têtes).
Les États-Unis et la Russie détiennent 90% des armes nucléaires mondiales (6000 têtes chacun).
II.III. Les forces de projections maritimes.
La capacité de projection est la capacité de déployer des forces militaires hors du territoire national.
Les groupes aéronavals sont un ensemble de navires articulés autour d'un porte-avions, permettant de frapper sur terre et mer.
II.IV. Course à l'armement naval et rivalités géopolitiques croissantes.
Depuis le début du XXIe siècle, une course à l'armement naval pour :
Capacité de projection.
Garantir la liberté de circulation commerciale.
Deux nouvelles puissances maritimes émergent :
Chine : 3 porte-avions, construit l'équivalent de la flotte française en moins de deux ans.
Inde : 2 porte-avions, 1 en construction.
Russie : Renouvellement de sa flotte.
Cette course dépend des avancées scientifiques et technologiques (ex : drones militaires navals et sous-marins).
Les États développent des programmes en partenariat avec des entreprises privées (ex : Thalès pour les drones de surveillance marine).
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