Fondements Commerce International
20 tarjetasFocussing on the foundations of international trade and the internationalization of production, this note explores comparative advantages, product differentiation, productivity, and the implications of trade on global inequalities and the debate between free trade and protectionism.
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Ce document est une fiche de synthèse sur les fondements du commerce internationalet l'internationalisation de la production.
1. Les raisons des échanges commerciauxentre pays
1.1. La spécialisation et les avantages comparatifs
L'avantage comparatif est aucœur de la spécialisation et des échanges. Il indique que même si un pays (ou individu) est plus efficace dans toutes les productions (avantage absolu), il a intérêt à se spécialiser dans l'activité où son désavantage est le moindre, ou son avantage le plus grand, en termes de gym coût d'opportunité.
Exemple de Serena Williams et Forrest Gump (Doc 1) :
Serena a un avantage absolu pour tondre la pelouse (2h contre 4h pour Forrest).
Cependant, son coût d’opportunité est très élevé (30 000 $ pour un spot publicitaire).
Forrest a un avantage comparatif pour tondre la pelouse, car son coût d'opportunité est de seulement50 $.
Conclusion : Serena devrait faire la publicité (où son avantage est maximal/son coût d'opportunité faible pour cette tâche) et payer Forrest pour tondre. Les deux y gagnent.
SelonD. Ricardo (Doc 2) :
La spécialisation est déterminée par l'avantage comparatif, basé sur la productivité du travail.
L'idée : Un pays doit se spécialiser dans laproduction où il est relativement le plus efficace (ou le moins inefficace).
Dotations factorielles et technologiques (Doc 3 et 4) :
Les dotations factorielles (ressources naturelles,main-d'œuvre, capital) et technologiques (recherche et développement, innovation) d'un pays expliquent sa spécialisation.
Exemple Chine (Doc 3) : La Chine a un quasi-monopole sur lesterres rares grâce à ses dotations naturelles et une stratégie étatique. Ces terres sont cruciales pour l'énergie et la technologie.
Exemple Suisse (Doc 4) : Sans matières premières, la Suisse investit massivement enR&D (3,2% du PIB) et favorise une main-d'œuvre qualifiée (70% des collégiens en apprentissage), la rendant compétitive dans les produits de haute qualité et haute technologie.
1.2. Le commerce entre pays comparables
Doc 1 Les 10 premiers flux (produit/partenaire) dans les exportations et les importations de la France en 2021
Principaux secteurs d'échanges de la France : Aéronautique, Automobile, Médical, Gaz, Pétrole.
Partenaires commerciaux de la France : Principalement des pays développés (Allemagne, États-Unis, Belgique, Italie, Pays-Bas, Irlande,Chine, Norvège, Espagne).
Doc 2 La différenciation des produits
La différenciation des produits explique le commerce entre pays comparables (pays ayant des dotations similaires).
Définition : Deux biens sont différenciés s'ils diffèrent selon au moins une caractéristique perçue par le consommateur.
Types de différenciation :
Différenciation verticale : Basée sur la qualité objective. Pour un même prix, tous les consommateurs préfèrent le bien de meilleure qualité (ex: autonomie batterie, durée de vie).
Différenciation horizontale : Basée sur les goûts et préférences subjectifs. Les consommateurs ontdes préférences différentes (ex: couleur, design).
Exemple (SEAT Ibiza vs Audi A1 Sportback) : Deux voitures similaires mais avec des différences d'apparence, de marques, de prix et d'origine (Espagne vsAllemagne), illustrant la différenciation produit.
Importance : Permet aux pays d'échanger des produits similaires mais différenciés, répondant ainsi à une plus grande diversité de goûts et de besoins des consommateurs.
Doc 3 et 4 La fragmentation de la chaîne de valeur
La fragmentation de la chaîne de valeur est l'éclatement des étapes de production d'un bien (conception, fabrication des composants, assemblage, commercialisation) entre différents pays.
Évolution (Doc 3) : La part des exportations intermédiaires (produits non finis) dans le total des exportations mondiales a augmenté de 12 points entre 2005 et 2015,passant de 55% à 67%.
Exemple iPhone (Doc 4) :
Le coût de l'iPhone 7 assemblé en Chine est de 237,45 $.
Lescomposants proviennent de nombreux pays : Japon (34%), États-Unis (33%), Europe (17%), Corée du Sud (13%).
La Chine réalise l'assemblage (main-d'œuvre moins chère) mais ajoute relativement peu de valeur (8,4% du coût).
Raison : Les entreprises cherchent à tirer profit des avantages comparatifs spécifiques de chaque pays pour chaque étape de production (ex: main-d'œuvre qualifiée pour laRépartition de la valeur ajoutée (Doc 3) :
Les activités en amont (R&D, conception) et en aval (marketing, services après-vente) génèrent de plus en plus de valeur ajoutée par rapport aux activités matérielles de production (assemblage).
Depuis les années 1970 : La part de la production matérielle diminue au profit des services en amont et en aval.
Exemple Apple : N'assemble plus ses produits elle-même car elle génère plus de valeur dans la conception, le marketing et les services, laissant l'assemblage (à faible valeur ajoutée, nécessitant beaucoup de main-d'œuvre) à des entreprises spécialisées dans des pays aux coûts plus bas.
Conséquence : Les pays développés se spécialisent dans les activités à haute valeur ajoutée, tandis que les pays émergents se spécialisent dans l'assemblage et la fabrication.
3. Les effets du commerce international
3.1.Les conséquences du commerce international sur les inégalités
Doc 1 Une baisse des inégalités entre pays
Le commerce international a contribué à une baisse des inégalités entre pays.
Exemples:
La Chine et la Corée du Sud ont fortement accru leur part dans les exportations mondiales (Chine de 0,60% en 1970 à 11,84% en 2022).
Le PIB par habitant de la Chine est passé de 5,77 (indice base 100=Monde) en 1970 à 102,42 en 2022.
En 1970, le PIBpar habitant de la Norvège était 94 fois celui de la Chine. En 2022, il n'était plus que 6,8 fois. L'écart s'est réduit drastiquement.
Doc 2 Une hausse des inégalités de revenus au sein de chaque pays
Le commerce international peut augmenter les inégalités de revenus au sein des pays.
Exemples (Graphiques a et b) :
En Inde, le coefficient de Gini (mesure l'inégalité de revenus) a augmenté de 0,08 point entre 1980 et 2021 (passant de 0,32 à 0,40).
Aux États-Unis, il a augmenté de 0,07 point sur la même période (de 0,34 à 0,41).
Explications (ZOOM) :
Les bénéfices des entreprises exportatrices profitent principalement aux agents économiques aisés (actionnaires).
Dans les pays développés, la demande de main-d'œuvre qualifiée (conception, R&D) a augmenté, entraînant une hausse de leurs salaires.
La main-d'œuvre peu qualifiée a vu ses salaires stagner ou diminuer en raison des délocalisations des productionsà faible valeur ajoutée vers les pays émergents.
3.2. Libre-échange et protectionnisme en débat
ZOOM : Des gains en termes de baisse des prix
Le commerce international induit la spécialisation des économies selon leurs avantages comparatifs.
Cette spécialisation et la concurrence entraînent une baisse des prix pour les consommateurs (ex: prix des téléviseurs, des jouets, des vêtements).
ZOOM Les avantages du libre-échange
Définition : Le libre-échange est une doctrine économique prônant la suppression des entraves aux échanges internationaux, contrairement au commerce international qui désigne l'ensemble des échanges de biens et services entre pays.
Avantages :
Baisse des prix (Consommateurs)
Hausse de la variété des produits (Consommateurs)
Incitation à innover, donc hausse de la qualité des produits (Producteurs et Consommateurs)
Élargissement du marché, permettant les économies d'échelle (production en grande série réduisant le coût unitaire et augmentant le profit) (Producteurs)
Baisse des inégalités entre pays (revient sur le Doc 1 du 3.1)
Doc 1 Les inconvénientsdu libre-échange
Inconvénients et limites :
Risque d'augmentation du chômage : Dans les secteurs non compétitifs suite aux délocalisations (ex: dans l'industrie auxUSA, au Royaume-Uni...).
Pression à la baisse sur les salaires : Concurrence mondiale entre travailleurs, surtout non qualifiés.
Accroissement des inégalités entre entreprises : Seules les grandes entreprises peuvent souvent participer efficacement au commerce international.
Hausse des inégalités au sein de chaque pays : (revient sur le Doc 2 du 3.1).
Dégâts environnementaux : La hausse des échanges (transports, productions) peut accroître la pollution et l'épuisement des ressources.
Exemple : La part de l'emploi industriel a diminué entre 1991 et 2021 dans de nombreux pays développés (ex: Royaume-Uni de 23% à 8%, USA de 16% à 8%), en partie à cause des délocalisations liées au libre-échange.
Doc 2 Qu'est-ce que le protectionnisme ?
Définition : Politique économique visant à protéger les producteurs nationaux de la concurrence étrangère via des interventions étatiques.
Moyens du protectionnisme :
Droits de douane : Taxes sur les importations qui augmentent leur prix.
Quotas à l'importation : Limitation des quantités d'un produit importé.
Subventions à l'exportation : Aides aux producteurs nationaux pour favoriser leurs ventes à l'étranger.
Prohibition d'importation : Interdiction totale d'importer certains produits.
Mesures intérieures : Taxes à la consommation différenciées, réglementations sanitaires ou phytosanitaires détournées (par exemple, normes de produits qui désavantagent les importations).
Doc 3 Les avantages et inconvénients du protectionnisme
Avantages :
Protéger les industries naissantes : Leur donner le temps de se développer avant d'affronter la concurrence internationale (protectionnisme éducateur).
Augmentation des recettes fiscales : Via les droits de douane.
Maintenir ou créer des emplois nationaux : En protégeant la production locale.
Sécurité nationale : Assurer l'autonomie dans des secteurs stratégiques (ex: métaux pour la défense, comme l'argument de Trump).
Inconvénients :
Baisse de la variété des produits : Moins de choix pour les consommateurs.
Pas d'incitation à innover : Les entreprises protégées risquent de devenir moins compétitives et leurs produits pluschers et vieillissants.
Hausse des prix : Moins de concurrence peut entraîner des prix plus élevés pour les consommateurs.
Risque de représailles : Un pays qui applique desmesures protectionnistes s'expose à des mesures similaires de la part de ses partenaires commerciaux, pouvant conduire à une "guerre commerciale" et une baisse globale du PIB.
Chapitre 2 : Les Fondements du Commerce International et de l'Internationalisation de la Production
Le commerce international et l'internationalisation des processus de production sont des phénomènes économiques majeurs qui façonnent l'économie mondiale. Comprendre leurs mécanismes est essentiel pour appréhender les enjeux contemporains.
1. Les Raisons des Échanges Commerciaux entre Pays
1.1. La Spécialisation et les Avantages Comparatifs
Le commerce international repose sur la spécialisation des pays, c'est-à-dire la concentration de leur production sur certains biens ou services. Cette spécialisation est expliquée par la théorie des avantages comparatifs.
Exemple de Serena Williams et Forrest Gump : Serena Williams a un avantage absolu pour tondre la pelouse (plus rapide). Cependant, son coût d'opportunité (le manque à gagner en faisant autre chose) est très élevé (30 000 en travaillant chez McDonald's). Forrest Gump a donc un avantage comparatif pour tondre la pelouse. En échangeant (Serena paie Forrest), les deux sont avantagés : Serena gagne de l'argent avec la publicité et Forrest en tondant la pelouse.
Ce principe s'étend aux pays : même si un pays est plus productif dans toutes les productions (avantage absolu), il a intérêt à se spécialiser dans les productions où son désavantage est le plus faible ou son avantage le plus fort (avantage comparatif).
Le modèle de David Ricardo met en avant que la spécialisation des pays est déterminée par les avantages comparatifs, eux-mêmes liés à la productivité du travail. Un pays a intérêt à se spécialiser là où il est relativement plus efficace.
Exemple de Ricardo (Angleterre et Portugal) : Même si le Portugal est plus efficace que l'Angleterre pour produire du vin et du drap (avantages absolus), il a un avantage comparatif plus marqué dans la production de vin (coût d'opportunité plus faible). L'Angleterre, même avec des désavantages absolus, aura un avantage comparatif dans le drap (son désavantage y est moins grand). Les deux pays gagnent à échanger en se spécialisant.
Les dotations factorielles et technologiques expliquent ces avantages. Les dotations factorielles désignent l'ensemble des ressources (travail, capital, ressources naturelles) dont un pays dispose. Les dotations technologiques représentent le niveau de connaissance et de savoir-faire pour produire.
Exemple de la Chine et des Terres Rares : La Chine dispose de gisements importants de terres rares (dotation factorielle). Pékin a renforcé son contrôle sur leur extraction et raffinage, interdisant aux entreprises étrangères d'en extraire. Cette abondance naturelle lui confère un quasi-monopole et un avantage comparatif clair dans ce secteur stratégique, ce qui explique sa spécialisation et son rôle dominant sur le marché mondial.
Exemple de la Suisse et des Dotations Technologiques : La Suisse consacre une part élevée de son PIB à la recherche et développement (R&D) et mise sur l'éducation (apprentissage de qualité, techniciens hautement qualifiés). Cela créé des dotations technologiques importantes. Malgré un petit marché intérieur et des coûts élevés, elle excelle dans les produits à haute valeur ajoutée comme les roulements à billes de haute précision ou les drones sous-marins. Ces investissements dans "les cerveaux" favorisent l'innovation et la spécialisation dans des niches technologiques de pointe, lui permettant de vendre à l'étranger malgré ces contraintes.
1.2. Le Commerce entre Pays Comparables
Au-delà des avantages comparatifs traditionnels, une part importante du commerce international se fait entre pays économiquement similaires. Ce phénomène s'explique par la différenciation des produits et la fragmentation de la chaîne de valeur.
Exemple du commerce français : La France échange beaucoup avec des pays développés comme l'Allemagne, la Belgique, les États-Unis. On constate des échanges importants de produits similaires : des automobiles exportées vers l'Allemagne, et des automobiles importées d'Allemagne ou d'Espagne. Ceci suggère un commerce de produits différenciés ou de composants.
La différenciation des produits signifie que des biens similaires ne sont pas identiques. Deux types de différenciation existent :
Différenciation verticale : Liée à la qualité (objectivement meilleure ou pire). Pour un même prix, un consommateur préférera un produit A à un produit B (ex: une voiture plus fiable).
Différenciation horizontale : Liée aux goûts ou préférences subjectives (ex: couleur, design, marque). Les consommateurs choisissent selon leurs préférences personnelles même si la qualité est similaire (ex: une SEAT Ibiza et une Audi A1 Sportback sont toutes deux des voitures, mais diffèrent par la marque, le design, et une qualité perçue/réelle).
Cette différenciation incite les pays à commercer entre eux pour offrir une plus grande variété de produits aux consommateurs et répondre à des niches de marché spécifiques.
La fragmentation de la chaîne de valeur (ou chaîne de valeur mondiale/globale - CVM/CVG) est le découpage du processus de production d'un bien ou service en plusieurs étapes, réalisées dans différents pays. Chaque pays se spécialise dans une étape où il a un avantage (coût, compétence, ressource).
Une exportation intermédiaire est un produit (composant, service) qui n'est pas fini et qui est ensuite utilisé pour produire d'autres biens et services.
Exemple de l'iPhone 7 : L'iPhone est assemblé en Chine, mais ses composants proviennent de nombreux pays : Corée du Sud (mémoire), Japon (écran), Europe (semi-conducteurs), États-Unis (logiciels, design). Le coût de l'assemblage en Chine représente une petite partie du coût total, tandis que la valeur la plus importante est créée par le design, la R&D, le marketing, souvent situés dans le pays d'origine de la marque (États-Unis pour Apple). L'intégration de ces composants de divers pays dans un produit final est un exemple clair de fragmentation de la chaîne de valeur.
Exemple du Vélo : Les composants d'un vélo peuvent provenir de régions diverses (Europe occidentale pour le design et le marketing, Asie du Sud-Est pour les cadres, l'assemblage pour tirer parti des coûts de main-d'œuvre bas, Europe de l'Est pour d'autres pièces). La conception finale et la commercialisation sont souvent faites dans les pays développés, tandis que la production et l'assemblage peuvent être délocalisés, illustrant parfaitement l'internationalisation de la chaîne de valeur.
2. Le Rôle des Firmes dans la Mondialisation
2.1. D'où Vient la Compétitivité ?
La compétitivité d'un pays dépend fortement de la productivité de ses firmes. La productivité est la quantité produite par unité de facteur de production (par exemple, par heure de travail). Une productivité élevée permet de réduire le coût unitaire moyen de production. Si une entreprise est plus productive, elle fabrique plus avec les mêmes ressources, ou la même quantité avec moins de ressources, réduisant ainsi ses coûts.
La compétitivité des entreprises se manifeste par leur capacité à vendre leurs biens et services sur le marché, que ce soit par des prix attractifs (compétitivité prix) ou par la qualité, l'innovation, le design (compétitivité hors prix).
La compétitivité d'un pays est sa capacité à exporter et à maintenir ou améliorer son niveau de vie. Elle est la somme des compétitivités de ses entreprises.
Exemple de l'Agriculture Marocaine : L'adoption de techniques d'irrigation intelligentes (goutte-à-goutte) par les agriculteurs marocains (financé par des programmes comme le "Plan Maroc Vert") a considérablement augmenté leur productivité (de 3 à 8 tonnes/hectare) et diminué leurs coûts. Cette amélioration de la productivité des firmes agricoles individuelles a conduit à une hausse de la rentabilité et des investissements. Au niveau national, le "Plan Maroc Vert" a permis d'augmenter les exportations agricoles du Maroc (de 15 à 33 milliards de dirhams), démontrant comment la productivité des entreprises contribue directement à la compétitivité du pays sur le marché international.
2.2. L'Internationalisation de la Chaîne de Valeur
L'internationalisation de la chaîne de valeur est le fait de répartir les différentes étapes de production d'un bien ou service (conception, fabrication des composants, assemblage, marketing, distribution) à travers plusieurs pays. Les motivations principales sont de maximiser l'efficience et de tirer parti des avantages comparatifs spécifiques de chaque pays (coût de la main-d'œuvre, ressources, compétences techniques, fiscalité).
Exemple de la Ceinture de Sécurité : Une ceinture de sécurité pour voiture peut être fabriquée avec des fibres mexicaines (main-d'œuvre bon marché), tissée et teinte au Canada (abondance d'eau), cousue au Mexique, puis intégrée dans le véhicule aux États-Unis. Chaque étape est réalisée là où les conditions sont les plus avantageuses, montrant l'allongement et le franchissement de frontières multiples induits par l'internationalisation de la chaîne de valeur.
La répartition de la valeur ajoutée entre les différentes activités de la chaîne a évolué. Les activités "matérielles" (fabrication, assemblage) génèrent proportionnellement moins de valeur ajoutée qu'auparavant. Les activités "en amont" (R&D, design) et "en aval" (marketing, marque, services après-vente) sont devenues les principales sources de valeur.
Exemple de la Courbe du Sourire : Dans les années 1970, la fabrication était au cœur de la création de valeur ajoutée. Aujourd'hui, la "courbe du sourire" montre que les étapes de R&D, design (amont) et distribution, marque, services (aval) sont les plus créatrices de valeur. L'assemblage (point bas de la courbe) rapporte peu. Ainsi, des multinationales comme Apple ne réalisent plus l'assemblage elles-mêmes car cela génère moins de profit et peut être délocalisé dans des pays où la main-d'œuvre est moins chère, tandis qu'elles conservent les activités à forte valeur ajoutée dans leur pays d'origine.
Cette évolution de la courbe du sourire explique l'évolution de la spécialisation des pays : les pays développés se spécialisent de plus en plus dans les étapes à forte valeur ajoutée (conception, R&D, marketing), tandis que les pays émergents se spécialisent dans les étapes manufacturières (fabrication, assemblage).
3. Les Effets du Commerce International
3.1. Les Conséquences du Commerce International sur les Inégalités
Le commerce international a des effets multiples, notamment sur les inégalités, à la fois entre pays et au sein de chaque pays.
Baisse des inégalités entre pays : Le commerce international peut contribuer à réduire les disparités économiques entre pays. En s'intégrant au commerce mondial, des pays comme la Chine et la Corée du Sud ont vu leurs exportations augmenter significativement et leur PIB par habitant progresser vers celui des pays développés.
En 1970, le PIB par habitant de la Chine n'était que de 5,77% de la moyenne mondiale, et celui de la Norvège de 543,61%. En 2022, la Chine atteint 102,42% et la Norvège 705,57%. L'écart s'est donc considérablement réduit en termes relatifs, même si la Norvège reste plus riche, la Chine a eu une croissance bien plus forte.
La part des exportations chinoises et sud-coréennes dans le total mondial a aussi fortement augmenté, montrant leur intégration croissante dans le commerce international.
Hausse des inégalités de revenus au sein de chaque pays : Le commerce international peut également accroître les inégalités de revenus à l'intérieur des pays, tant développés qu'émergents.
Les entreprises exportatrices (souvent grandes et financées par les marchés financiers) génèrent des profits qui bénéficient principalement aux agents économiques aisés (actionnaires).
Dans les pays développés, le commerce international favorise la main-d'œuvre qualifiée (conception, R&D) au détriment de la main-d'œuvre peu qualifiée (dont les tâches sont délocalisées). Cela augmente les salaires des qualifiés et réduit ceux des non-qualifiés, creusant les inégalités.
Même si des pays comme l'Inde, la Chine et les États-Unis s'intègrent au commerce international, la part des 10% les plus riches augmente significativement, que ce soit en Inde (de ~30% à ~55% de la richesse nationale) ou aux États-Unis (de ~30% à ~48% de la richesse nationale).
3.2. Libre-Échange et Protectionnisme en Débat
Le libre-échange est une politique qui vise à supprimer les barrières aux échanges commerciaux. Le protectionnisme, au contraire, vise à protéger les producteurs nationaux de la concurrence étrangère.
Gains du Libre-Échange :
Baisse des prix : La concurrence internationale et la spécialisation permettent de réduire les coûts de production et les prix pour les consommateurs.
Hausse de la variété des produits : Les consommateurs ont accès à un plus grand choix de biens et services.
Incitations à innover : La concurrence pousse les entreprises à améliorer leurs produits et processus.
Élargissement du marché et économies d'échelle : Un marché plus grand permet de produire en plus grande quantité, réduisant le coût unitaire de production et augmentant les profits.
Baisse des inégalités entre pays (comme vu précédemment).
Inconvénients du Libre-Échange :
Risque d'augmentation du chômage : Les délocalisations peuvent entraîner des pertes d'emplois dans les secteurs non compétitifs des pays développés.
Pression à la baisse sur les salaires : La concurrence mondiale peut tirer les salaires vers le bas.
Accroissement des inégalités entre entreprises : Seules les grandes entreprises peuvent souvent rivaliser à l'échelle internationale.
Hausse des inégalités au sein des pays (comme vu précédemment).
Dégâts environnementaux : L'augmentation des échanges se traduit par une hausse des transports et de la production, augmentant la pollution.
Exemple de l'emploi industriel : Des pays comme les États-Unis et le Royaume-Uni, malgré une part stable ou en augmentation des exportations mondiales, ont vu la part de l'emploi industriel diminuer entre 1991 et 2021. Cela peut être interprété comme une conséquence du libre-échange, où la concurrence et les délocalisations ont réduit le besoin de main-d'œuvre industrielle locale.
Mesures Protectionnistes :
Droits de douane : Taxes sur les produits importés.
Quotas d'importation : Limites sur les quantités importées.
Subventions à l'exportation : Aides aux producteurs nationaux pour exporter.
Barrières non tarifaires : Normes sanitaires, phytosanitaires, techniques, qui rendent l'importation plus difficile.
Avantages du Protectionnisme :
Protection des industries naissantes (protectionnisme éducateur) pour qu'elles se développent avant la concurrence internationale.
Augmentation des recettes fiscales (avec les droits de douane).
Maintien ou création d'emplois locaux.
Protection de secteurs stratégiques (ex: défense, énergie pour la "sécurité nationale").
Inconvénients du Protectionnisme :
Baisse de la variété des produits et de la qualité pour les consommateurs.
Pas d'incitation à innover pour les entreprises protégées, les rendant moins compétitives à long terme.
Hausse des prix pour les consommateurs due au manque de concurrence.
Risque de représailles : Les mesures protectionnistes d'un pays peuvent entraîner des mesures similaires de la part d'autres pays, menant à une "guerre commerciale" (ex: cas des taxes sur l'acier et l'aluminium par Trump, générant des menaces de taxes sur des produits américains par l'UE).
Baisse du PIB mondial en cas de guerre commerciale généralisée.
Le débat entre libre-échange et protectionnisme reste complexe, chaque
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