Faire le guerre faire la paix HGGSP TH1
50 tarjetasCe document explore les origines et l'évolution du terrorisme, en se concentrant sur des groupes comme Al-Qaïda et Daesh. Il analyse leurs modes opératoires, leurs motivations idéologiques et leurs impacts sur la scène internationale, tout en examinant les réponses des États et les défis posés à la sécurité mondiale.
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Faire la Guerre, Faire la Paix : Une Analyse Approfondie
Ce cours explore les dynamiques complexes de la guerre et de la paix, en s'appuyant sur des théories classiques comme celle de Clausewitz, et en les confrontant aux réalités contemporaines des conflits irréguliers. Nous examinerons les formes de guerre, les enjeux des acteurs, les tentatives de pacification, et les défis spécifiques posés par le Moyen-Orient.
Chapitre Introductif : Définitions et Critères de Classification des Conflits
La guerre est définie comme un désaccord opposant au moins deux acteurs, un état de violence dont la résolution peut être pacifique, ou un affrontement violent visant à résoudre par la force un différend. La paix, à l'opposé, est une situation d'absence de guerre, un idéal à atteindre, qui n'exclut pas des conflits non violents.
Types de Paix
Paix négative : Caractérisée par l'absence de guerre directe, souvent maintenue par un équilibre des forces ou la dissuasion. Elle ne signifie pas l'absence de tensions sous-jacentes.
Paix positive : Implique la coopération, la justice sociale, l'intégration économique et la résolution non violente des conflits par le dialogue et l'établissement de structures durables. C'est un idéal d'harmonie et d'équité.
Critères de Classification des Conflits
Les conflits armés se caractérisent par plusieurs dimensions:
Nature des acteurs :
Inter-étatique (ou internationale) : Oppose deux États ou plus. Ex: Conflits traditionnels entre nations.
Intra-étatique : Se déroule à l'intérieur des frontières d'un État. Ex: Guerres civiles.
Intra-étatique internationalisé : Une guerre civile dans laquelle des puissances étrangères interviennent, directement ou indirectement.
Extra-étatique : Implique au moins un acteur non étatique (ex: groupes terroristes, milices rebelles) contre un État. Les motifs peuvent être divers, y compris religieux.
Forme de combat :
Conventionnelle (ou classique/régulière) : Implique des armées étatiques formelles sur un champ de bataille défini, avec une distinction claire entre combattants et civils.
Non conventionnelle (ou irrégulière) : Floute les distinctions entre combattants et civils, se déroule souvent sans champ de bataille défini, utilise des tactiques de guérilla ou terroristes.
Indirecte : Une forme de guerre où les belligérants évitent l'affrontement direct, utilisant des intermédiaires, de la propagande, des cyberattaques, ou de l'espionnage.
Motivation :
Guerre de nécessité : Menée pour défendre des intérêts vitaux ou assurer la survie d'un État.
Guerre de choix : Décision politique proactive pour atteindre des objectifs spécifiques (ex: extension territoriale, influence).
Spatialité :
Décrit l'étendue géographique du conflit, le nombre de territoires affectés, la présence de combats limitrophes ou à l'échelle mondiale.
Intensité :
Mesurée souvent par le nombre de victimes. Le "Human Security Center" distingue :
Guerre : Plus de 1000 morts par an.
Conflit : Entre 25 et 1000 morts par an.
Acteurs et Modes de Résolution
Les conflits modernes impliquent une multiplicité d'acteurs, rendant les modes de résolution plus complexes :
Acteurs étatiques ou coalisés : Armées nationales, alliances militaires (OTAN).
Organisations internationales (OI) : ONU, OTAN. Peuvent intervenir militairement ou par la diplomatie.
Organisations militaires privées (OMP) : Mercenaires, entreprises de sécurité privées. Leur rôle et statut sont ambigus.
Groupes criminels et terroristes : Acteurs non étatiques, souvent transnationaux, qui défient les cadres traditionnels de la guerre.
Les modes de résolution des conflits sont variés :
Modes conventionnels :
Victoire militaire : Un belligérant impose sa volonté à l'adversaire.
Armistice : Arrêt temporaire ou permanent des hostilités.
Modes non conventionnels :
Médiation politique : Négociation de la paix facilitée par une tierce partie (États neutres, organisations internationales).
Les conflits contemporains sont de plus en plus complexes : multiplicité des acteurs (étatiques et non-étatiques), privatisation de la violence, asymétrie entre les belligérants, flou spatial et temporel, articulation du local et du global, nouveaux espaces de confrontation (cyberespace, espace extra-atmosphérique). Les enjeux sont divers : idéologiques, matériels, hybrides.
Chapitre 1 : La Guerre selon le Modèle de Clausewitz
Carl von Clausewitz (1780-1831), officier prussien, a élaboré une théorie militaire fondamentale dans son œuvre posthume "De la guerre" (1832).
Concepts Clés de Clausewitz
La guerre comme "simple continuation de la politique par d'autres moyens" : Pour Clausewitz, la guerre n'est pas un acte isolé de violence, mais un instrument de la politique. Elle vise à imposer sa volonté à l'adversaire ou à exercer une pression pour l'y soumettre.
Exemple : La guerre du Golfe de 1991, où l'objectif politique était le retrait des troupes irakiennes du Koweït, et les moyens militaires ont été employés pour atteindre cet objectif.
Guerre réelle vs. Guerre absolue :
Guerre réelle : C'est la guerre telle qu'elle se déroule dans la pratique, soumise à des contraintes (politiques, économiques, géographiques). Elle a un objectif politique précis et les moyens employés sont proportionnels à cet objectif.
Guerre absolue : C'est un concept théorique, une "montée aux extrêmes" où la violence n'a plus de limites, l'anéantissement de l'ennemi est le seul but. La politique cède alors la place à la violence pure. Clausewitz note que la guerre tend vers cet idéal logique, mais la réalité politique l'en empêche généralement.
Le "brouillard de la guerre" : Terme décrivant l'incertitude, l'imprévisibilité et le manque d'informations claires qui caractérisent la prise de décision en temps de guerre.
La "trinité étonnante" : La guerre est une combinaison de trois éléments :
La violence originelle, la haine, l'hostilité : Reliée au peuple, à ses passions.
Le jeu des probabilités et du hasard : Lié au commandant tactique, à son habileté à gérer l'incertitude.
L'instrument de la politique : Lié au gouvernement, à la politique qui donne un sens à la guerre.
Cette trinité est particulièrement pertinente avec les révolutions, qui amplifient la dimension populaire.
Application du Modèle de Clausewitz aux Conflits Historiques
Guerre de Sept Ans (1756-1763) :
Conflit mondialisé (colonies en Inde, Amérique du Nord) opposant principalement le Royaume-Uni (RU) et la Prusse à la France et l'Autriche.
Contexte : La France souhaitait conserver la Silésie que l'Autriche voulait reprendre.
Caractéristiques : Batailles décisives (guerre conventionnelle). Stratégies de défense pour épuiser l'adversaire. La mort du tsar russe en 1762 et l'arrivée d'un successeur francophile a précipité la paix.
Conclusion : Traités de Paris (RU vs France) et d'Hubertusburg (Prusse vs Autriche) en 1763. La France perd des colonies, la Prusse devient une puissance, le RU la première puissance mondiale.
Clausewitz : Cette guerre correspond bien à son modèle : guerre soumise à la politique, moyens proportionnels aux objectifs, but de décourager l'adversaire pour conserver ou annexer des territoires. On y perçoit un début de "montée aux extrêmes" due aux innovations de la Révolution industrielle.
Guerres révolutionnaires et napoléoniennes (1792-1815) :
Contexte : État de guerre permanent pour diffuser les valeurs de la Révolution française en Europe et lutter contre les puissances monarchiques.
Caractéristiques : Introduction de la conscription (loi Jourdan, 1798), mobilisant des masses de soldats (Grande Armée de 650 000 hommes en 1805). Utilisation des ressources des territoires annexés. Forte adhésion populaire.
Clausewitz : Ces guerres se rapprochent d'une "guerre absolue" par leur "montée aux extrêmes", leur coût humain élevé (plus de 5 millions de morts), et leur objectif d'anéantissement de l'adversaire ou de transformation radicale de l'ordre européen. La politique contrôle moins la dynamique.
Conclusion : Défaite de Napoléon en 1815. Le Congrès de Vienne (1814-1815) redessine la carte de l'Europe, marquant un retour à un certain équilibre des puissances.
Évolution Post-Clausewitz
Le modèle clausewitzien a été confronté à l'émergence de nouvelles formes de guerre :
Guerres Totales (ex: Première et Seconde Guerre Mondiale) :
Objectif de vaincre totalement l'adversaire, mobilisation complète des populations et des ressources.
Moyens illimités, y compris la violence génocidaire et les bombes atomiques.
Une "guerre absolue" où la politique peine à contrôler la violence.
Guerre Froide (1947-1991) :
Dû à la dissuasion nucléaire, la guerre inter-étatique directe est obscure.
"Équilibre de la terreur" (Clausewitz) : la menace de destruction mutuelle assure une paix négative.
La politique reprend la main, la guerre est limitée, souvent par procuration (conflits locaux soutenus par les superpuissances).
Chapitre 2 : Modèle de Clausewitz à l'Épreuve de la Guerre Irrégulière
L'émergence de groupes comme Al-Qaïda et Daesh (État Islamique) pose un défi significatif au modèle clausewitzien, car ces entités opèrent souvent en dehors des États-nations et des règles traditionnelles de la guerre.
Émergence d'Al-Qaïda (Années 1990)
Origines : Fondée par Oussama Ben Laden, Al-Qaïda a réinterprété le conflit afghan-soviétique des années 1980 comme un "brasier" pour lutter contre une puissance occupante.
Objectif : Éliminer la présence occidentale au Moyen-Orient.
Nature : Acteur transnational, mobilisant des moyens de guerre dure contre les intérêts occidentaux par le terrorisme.
Réponse : L'administration Bush, après les attentats du 11 septembre 2001, a initié une "Guerre contre le terrorisme" de grande ampleur, montrant l'importance accordée à cette nouvelle menace.
Essor de Daesh (État Islamique)
Origines : Scission d'Al-Qaïda en 2006, puis proclamation d'un "califat" en Irak et en Syrie en 2014.
Objectif : Établir un État islamique appliquant une interprétation stricte de la charia et étendre son influence mondiale.
Mode d'action : Attaques terroristes (ex: attentats du 13 novembre 2015 à Paris), guerre de guérilla, appropriation de territoires et administrations quasi-étatiques.
Nouvelles Formes de Guerre - Enjeux et Abolition des Limites
Face à ces acteurs non étatiques, la guerre prend une nouvelle dimension :
Acteurs idéologiques : Les groupes terroristes sont mus par des idéologies religieuses extrémistes (interprétation littérale et stricte du Coran pour Daesh), cherchant à diffuser leur doctrine globalement.
Guerre en réseaux transnationaux : Opèrent via des cellules interconnectées à l'échelle mondiale, rendant difficile la localisation et la destruction.
Absence de champ de bataille défini : Les attaques peuvent frapper n'importe où, n'importe quand, visant indistinctement combattants et civils (les civils étant souvent les principales victimes).
Pas (ou peu) de batailles décisives : La guerre irrégulière ne cherche pas la confrontation directe classique, mais vise à maintenir un état d'insécurité chronique. La "victoire" est souvent idéologique ou psychologique.
Non-Guerre / Non-But politique classique : Ces groupes ne cherchent pas à négocier ou à s'intégrer dans le jeu diplomatique étatique. Leur but est souvent l'anéantissement de l'ordre existant ou la visibilité pour leur cause.
Impuissance des États et Réaction
Les États se retrouvent confrontés à une forme de guerre qui défie leurs moyens traditionnels. Le terrorisme vise à désobéir aux États et à les combattre, les forçant à prouver leur capacité à assurer la sécurité de leurs citoyens.
Lutte contre Daesh : Montée en puissance jusqu'en 2014, puis chute militaire de son "califat" en 2019 par une coalition internationale. Cependant, la défaite militaire n'a pas mis fin au terrorisme ; les menaces persistent et Daesh n'est pas vaincu idéologiquement.
Adaptation des États : Utilisation de moyens traditionnels (opérations militaires, renseignement) et de nouvelles pratiques (cyberguerre, lutte contre la radicalisation, renforcement de la sécurité intérieure).
Contradictions : Les États occidentaux se heurtent à la difficulté de lutter contre le terrorisme sans remettre en cause les valeurs démocratiques (ex: controverse de Guantanamo, surveillance de masse).
Comparaison Al-Qaïda et Daesh
Caractéristique | Al-Qaïda | Daesh | Points Communs | Différences |
|---|---|---|---|---|
Objectif principal | Éliminer présence occidentale au MO | Créer un État islamique (califat) | But idéologique, acteur transnational | Daesh cherche à contrôler un territoire et à y établir une administration quasi-étatique; Al-Qaïda se concentre sur des attaques ciblées. |
Nature | Réseau lâche de cellules | État quasi-étatique (contrôle territorial, administration) | Destruction des ennemis | Le mode opératoire est intrinsèquement différent : réseau vs proto-État. |
Stratégie | Attentats spectaculaires, guérilla | Attentats, guérilla, contrôle territorial, propagande étatique | Champs de bataille planétaire, pas de batailles décisives | Daesh a tenté d'abolir les champs de bataille traditionnels en agissant partout et en cherchant à provoquer des soulèvements. |
But sous-jacent | Terroriser, provoquer la réaction occidentale | Exercer une souveraineté, diffuser une idéologie stricte | Faire régner l'insécurité dans les pays visés | Daesh s'est organisé pour ressembler à un État, alors qu'Al-Qaïda reste un groupe terroriste pur. |
Chapitre 3 : Faire la Paix par les Traités et la Construction de la Paix
Historiquement, la paix a souvent été établie par des traités, mais la construction d'une paix durable est un processus complexe en plusieurs étapes.
Les Étapes de la Construction de la Paix
Mettre fin à l'état de guerre : Par un acte formel tel qu'un armistice, un cessez-le-feu ou une capitulation. C'est l'arrêt immédiat des hostilités.
Faire la paix : Établissement des termes de la paix, soit imposée aux vaincus, soit négociée. Cela inclut le règlement des contentieux, la définition des nouvelles frontières, les réparations, etc.
Consolider la paix : Assurer une paix durable par des mesures à long terme telles que le recouvrement économique, les échanges commerciaux, la réconciliation, et la mise en place d'institutions pour gérer les conflits futurs.
Obstacles à la Paix Durable
Application des traités : Les traités ne sont pas toujours respectés ou appliqués intégralement.
Nature temporaire : Certains accords de paix peuvent n'être que des trêves temporaires.
Iniquité des traités : Lorsque les traités sont trop défavorables aux vaincus, ils peuvent semer les graines d'une nouvelle vengeance, comme le Traité de Versailles après la Première Guerre mondiale.
L'Idée d'une Paix Organisée et Durable
Dès le siècle, l'idée d'une paix durable émerge, basée sur l'entente entre les grandes puissances :
Paix armée : Le maintien de forces armées permanentes pour la sécurité de la population, perçues comme un moyen de dissuasion.
Multilatéralisme : Au siècle, cette idée évolue vers la diplomatie pour une paix perpétuelle, incarnée par la création de la Société des Nations (SDN) après la Première Guerre mondiale et de l'Organisation des Nations Unies (ONU) après la Seconde Guerre mondiale.
Les Traités de Westphalie (1648)
Après la Guerre de Trente Ans (1618-1648), ces traités marquent une étape cruciale :
Contexte : Une guerre initialement religieuse (catholiques Habsbourg contre princes protestants allemands) qui s'est transformée en un conflit politique majeur impliquant les principales puissances européennes (France, Suède, Pays-Bas contre les Habsbourg). Les États allemands étaient déchirés.
Négociations : Conduit à des négociations complexes à plusieurs échelles (internes et internationales).
Objectifs principaux : Ne pas imposer un seul État et une seule religion, mais reconnaître une série d'États.
Déroulement : Deux traités signés en 1648 : Osnabrück (Ferdinand III vs Suède) et Münster (Ferdinand III vs France).
Reconnaissance : Reconnaissent des droits fondamentaux aux acteurs, notamment aux princes allemands (autonomie accrue), l'indépendance des Pays-Bas et de la Suisse.
Conséquences et Importance de l'Ordre Westphalien
Les Traités de Westphalie ont établi un nouvel ordre mondial :
Souveraineté des États : Le Saint Empire romain germanique perd des territoires, et les États souverains ne reconnaissent aucune autorité supérieure. Cela conduit à la formation de l'État-nation moderne.
Équilibre des puissances : L'objectif était d'éviter la domination hégémonique d'une puissance, bien que cette visée ait échoué lors de l'Empire napoléonien ou des Guerres Mondiales.
Montée en puissance de la France : La France et la Suède acquièrent des territoires, modifiant l'équilibre européen.
Libertés religieuses : Bien que limitées, des avancées sont faites dans la reconnaissance des différentes confessions.
Limites et Remises en Cause de l'Ordre Westphalien
Révolution Française et Empire Napoléonien : Remettent en cause l'équilibre des puissances par les ambitions hégémoniques de la France, provoquant des guerres.
Première Guerre Mondiale : Fuit un échec de cet ordre. Le Traité de Versailles (1919) tente de restaurer un ordre westphalien, mais ne parvient pas à éteindre les velléités de revanche.
Multilatéralisme : Le développement des organisations internationales (ONU) vise à dépasser les défauts du système westphalien par la coopération, mais est confronté à des limites comme le droit de veto des grandes puissances, qui peut paralyser l'action collective, ou l'échec à résoudre certains conflits (ex: Cachemire).
Chapitre Conclusion : Le Moyen-Orient, Théâtre Principal des Conflits
Depuis 1945, le Moyen-Orient est un foyer majeur de conflits, avec des résonances mondiales. Malgré de nombreuses tentatives de médiation (USA, ONU), la paix y reste difficile à établir.
Facteurs de Tension au Moyen-Orient
"Mosaïque de peuples et de religions" :
Peuples :
Arabes : Majoritaires (60%, environ 250 millions).
Kurdes : Peuple sans État, réparti sur plusieurs pays (Irak, Syrie, Iran, Turquie). Leur aspiration à l'autonomie est une source de tension.
Perses : Majoritaires en Iran (80 millions).
Turcs : Majoritaires en Turquie (60 millions).
Religions :
Islam : Majoritaire, mais divisé entre sunnites et chiites, avec des conflits internes parfois violents.
Judaïsme : Concentré principalement en Israël, le seul État majoritairement juif.
Christianisme : Une minorité (4%) avec des présences anciennes, souvent menacée.
Richesses et Position Géostratégique :
Carrefour : Situé à la jonction de trois continents (Asie, Afrique, Europe), le Moyen-Orient est un lieu de passage historique (routes commerciales, Canal de Suez).
Ressources convoitées : Hydrocarbures (pétrole et gaz) et eau, sources de richesses mais aussi de conflits pour leur contrôle.
Le Conflit Israélo-Arabe
Ce conflit perdure depuis la création de l'État d'Israël.
Plan de partage de l'ONU (1947) : La Palestine, alors sous mandat britannique, est proposée pour être divisée en un État juif et un État arabe.
Proclamation de l'État d'Israël (14 mai 1948) : David Ben-Gourion proclame l'indépendance. Cela mène à une guerre civile régionale immédiate. Les réfugiés palestiniens trouvent refuge dans les pays voisins, tandis qu'aucun État palestinien n'est créé (la Cisjordanie est annexée par la Jordanie, Gaza par l'Égypte).
Guerres successives :
Guerre de 1948-1949 (Première guerre israélo-arabe).
Crise de Suez (1956) : L'Égypte nationalise le Canal de Suez, provoquant une intervention franco-britannico-israélienne.
Guerre des Six Jours (1967) : Israël occupe le Sinaï, Gaza, la Cisjordanie et Jérusalem-Est.
Guerre du Kippour (1973).
Accords de Camp David (1978) : L'Égypte reconnaît Israël en échange de la restitution du Sinaï.
Intifadas :
Première Intifada (1987-1993) : Soulèvement populaire palestinien, souvent mené par l'OLP et le Hamas.
Accords d'Oslo (1993) : Signés par Yasser Arafat (OLP) et Yitzhak Rabin (Israël), ils prévoient la mise en place d'une Autorité palestinienne, mais les tensions persistent.
Deuxième Intifada (2000-2005) : Provoquée par l'assassinat de Yitzhak Rabin et la rupture du processus de paix.
Le Territoire : La question territoriale reste centrale, avec des revendications sur la Cisjordanie, Gaza et Jérusalem, et la construction de colonies israéliennes.
Faire la Guerre, Faire la Paix : Une Analyse Approfondie des Nouveaux Conflits et des Mécanismes de Résolution
La guerre et la paix sont des concepts fondamentaux qui ont façonné les sociétés humaines à travers l'histoire. Alors que la guerre se définit comme un affrontement violent visant à résoudre des désaccords par la force, la paix représente une situation d'absence de guerre, un idéal à atteindre, qui n'empêche pas les conflits non violents. Ce document explore en profondeur ces dynamiques, en se penchant sur l'évolution des formes de guerre, les théories classiques et modernes, ainsi que les tentatives de construction et de maintien de la paix.I. Définitions et Critères de Classification des Conflits
Pour comprendre les guerres et les paixs, il est essentiel de les définir et de les classer selon différents critères.A. Définitions Fondamentales
- Guerre : Un désaccord qui oppose au moins deux acteurs, caractérisé par un état de violence. Bien qu'elle soit violente, la guerre peut parfois se résoudre pacifiquement. Historiquement, elle a été perçue comme un moyen d'imposer sa volonté ou même un idéal de vie pour certaines sociétés.
- Paix : L'absence de guerre. C'est un idéal à atteindre, qui ne signifie pas l'absence totale de différends, mais l'absence de violence armée.
- Paix négative : Simple absence de guerre, souvent maintenue par un équilibre des forces ou une dissuasion.
- Paix positive : Une paix où la coopération et la justice prévalent, allant au-delà de la simple absence de violence.
- État de violence de faible intensité : Des situations où la violence n'atteint pas le seuil d'une guerre ouverte, mais où les tensions sont palpables. Cela inclut les "États-vitrines" (où la dissuasion nucléaire ou le rôle de l'ONU maintient une paix fragile), les conflits intra-étatiques (guerres civiles, terrorisme, etc.).
B. Critères de Classification des Conflits
Les conflits armés peuvent être classés selon plusieurs axes :- Nature des acteurs :
- Intra-étatique (entre 2 pays) : Ces conflits opposent des États souverains. Exemple : La Guerre de Sept Ans entre la France et la Grande-Bretagne.
- Intra-étatique (interne à un pays) : Conflits internes à un État, comme les guerres civiles. Exemples : La Guerre Civile Espagnole, le conflit syrien.
- Guerres civiles internationalisées : Un conflit intra-étatique où des puissances étrangères interviennent. Exemple : La guerre civile en Libye où plusieurs puissances ont soutenu différentes factions.
- Extra-étatique : Conflits impliquant un État contre un acteur non étatique ou dont les motifs dépassent les frontières étatiques (ex: motifs religieux). Exemple : la lutte contre le terrorisme transnational.
- Conventionnalité des moyens :
- Conventionnelle (classique, régulière) : Oppose deux armées étatiques sur un champ de bataille défini, avec une distinction claire entre combattants et civils. Exemple : La Guerre de 30 ans avec ses batailles rangées.
- Non-conventionnelle (irrégulière) : Caractérisée par l'absence de distinction nette entre combattants et civils, et l'absence de champs de bataille définis. Les tactiques incluent la guérilla, les attentats. Exemple : Les guerres asymétriques contre des groupes terroristes.
- Conventionnelle (indirecte) : Implique des acteurs étatiques utilisant des moyens indirects pour s'affronter, souvent par procuration ou soutien à des groupes non étatiques.
- Objectifs :
- Guerre de nécessité : Menée pour la survie ou la défense vitale d'un État.
- Guerre de choix : Menée pour étendre son influence, ses territoires ou imposer sa volonté.
- Spatialité et Intensité :
- Spatiale : Étendue géographique du conflit (locale, régionale, mondiale).
- Intensité : Mesurée par des indicateurs comme le nombre de victimes. Selon certains centres d'étude, une guerre implique plus de 1000 morts/an, tandis qu'un conflit se situe en dessous de ce seuil (par exemple, 25 morts/an pour l'Human Security Center).
C. Modes de Résolution des Conflits
La fin d'un conflit peut prendre diverses formes :- Conventionnelles :
- Victoire : Un des belligérants impose sa volonté à l'autre.
- Armistice : Arrêt des combats sans mettre fin légalement à l'état de guerre.
- Traités de paix : Accords formels mettant fin à la guerre et réglant les contentieux.
- Non-conventionnelles :
- Médiation politique : Négociation facilitée par un tiers (État, organisation internationale) pour trouver un accord.
- Intervention militaire : Une organisation internationale (ONU, OTAN) ou un État tiers intervient pour rétablir la paix ou imposer une résolution.
II. La Guerre Selon le Modèle de Clausewitz
Carl von Clausewitz (1780-1831), officier prussien ayant vécu les guerres révolutionnaires et napoléoniennes, a élaboré une théorie militaire fondamentale dans son ouvrage posthume *De la guerre* (1832).A. Principes Fondamentaux de Clausewitz
- La guerre, continuation de la politique : Pour Clausewitz, la guerre n'est pas un acte indépendant, mais une simple continuation de la politique par d'autres moyens. Elle vise, par la violence, à imposer sa volonté à l'adversaire ou à faire pression pour le soumettre.
- Guerre réelle : C'est la guerre telle qu'elle se déroule, avec des objectifs politiques précis et des moyens proportionnés. La politique reprend la main et contrôle la guerre, la limitant à travers des objectifs clairs.
- Guerre absolue (ou idéale) : Une conception théorique où la guerre serait une montée aux extrêmes ininterrompue, visant l'anéantissement total de l'adversaire, sans limite ni entrave politique. C'est une abstraction qui, dans la réalité, est rarement atteinte en raison des frictions, des incertitudes ("brouillard de la guerre") et des impératifs politiques.
- La "Trinité" clausewitzienne : Clausewitz identifie trois aspects indissociables de la guerre, qui se combinent de manière singulière pour chaque conflit :
- La violence originelle, la haine et l'animosité : Liées au peuple, à ses passions.
- Le jeu de la probabilité et du hasard : Lié au militaire, à l'incertitude du combat.
- L'instrument politique : Lié au gouvernement, à la rationalité des objectifs.
- Proportionnalité des moyens : Pour une guerre réelle, les moyens employés doivent être proportionnels aux objectifs politiques visés. Le but est de décourager l'adversaire, pas nécessairement de l'anéantir.
B. Exemples Historiques à l'Épreuve du Modèle Clausewitzien
- La Guerre de Sept Ans (1756-1763) :
- Contexte : Conflit "mondialisé" opposant le Royaume-Uni et la Prusse à la France (qui veut conserver la Silésie que l'Autriche veut reprendre) et l'Autriche, étendu aux colonies en Inde et en Amérique du Nord.
- Application de Clausewitz : Cette guerre correspond bien à la théorie clausewitzienne. Elle est une "guerre en cabinet", menée par des monarques et des gouvernements avec des buts politiques limités (par exemple, la France voulait conserver la Silésie). Les batailles étaient décisives mais visaient à épuiser l'adversaire pour obtenir des concessions lors des traités de paix (Traités de Paris et d'Hubertusburg en 1763). Les moyens étaient proportionnés aux objectifs. Le but n'était pas l'anéantissement total de l'ennemi. La Prusse est devenue une puissance, le Royaume-Uni la première puissance mondiale, et la France a perdu de nombreuses colonies.
- Les Guerres Révolutionnaires et Napoléoniennes (1792-1815) :
- Contexte : Période de guerre quasi permanente en Europe, initialement pour diffuser les valeurs de la Révolution française, puis pour asseoir la domination napoléonienne. La conscription (loi Jourdan de 1798) a permis la mobilisation massive de la population ("levée en masse").
- Application de Clausewitz : Ces guerres se rapprochent d'une "montée aux extrêmes" et d'une "guerre absolue" par leur intensité, leur coût humain (plus de 5 millions de morts) et la mobilisation populaire. L'objectif était de "dominer" l'Europe ou de "rétablir l'ordre". Cependant, même dans ces guerres, des objectifs politiques (imposer un nouvel ordre européen lors du Congrès de Vienne en 1815) ont finalement conduit à la fin des hostilités. La politique n'a pas été entièrement submergée par la violence.
- Les Guerres Mondiales (1914-1918 et 1939-1945) :
- Contexte : Guerres "totales" engageant toutes les ressources des nations belligérantes, tant humaines que matérielles. La Seconde Guerre Mondiale a connu des actes génocidaires et l'utilisation de la bombe atomique.
- Application de Clausewitz : Ces guerres, surtout la Seconde Guerre Mondiale, ont poussé à l'extrême l'idée d'anéantissement de l'adversaire, avec des moyens illimités. Elles représentent une "guerre absolue" dans laquelle la politique peine à contrôler la spirale de la violence. Néanmoins, même là, la politique a fini par reprendre le dessus, notamment avec la mise en place de la dissuasion nucléaire (un "équilibre de la terreur" selon la citation de Clausewitz) pendant la Guerre Froide, où la menace d'anéantissement mutuel a limité les conflits directs entre grandes puissances, les transformant en "guerres par procuration".
III. Le Modèle de Clausewitz à l'Épreuve des Guerres Irrégulières et du Terrorisme
Le modèle clausewitzien, fondé sur les États et leurs armées régulières, est mis à l'épreuve par l'émergence de nouvelles formes de conflictualité, notamment les guerres irrégulières et le terrorisme.A. L'Émergence du Terrorisme : Al-Qaïda et Daesh
L'émergence du terrorisme transnational, incarné par des groupes comme Al-Qaïda et Daesh, a remis en question de nombreux postulats des guerres conventionnelles.- Al-Qaïda :
- Origine : Fondée dans les années 1990 par Oussama Ben Laden, Al-Qaïda a réinterprété le conflit afghan contre les Soviétiques pour en faire un brasier de lutte contre la présence occidentale au Moyen-Orient.
- Objectif : Éliminer la présence occidentale au Moyen-Orient et établir un "califat" islamique mondial.
- Nature du groupe : C'est un acteur transnational, agissant en réseaux à l'échelle mondiale.
- Actions : Attentats majeurs comme le 11 septembre 2001. La réponse américaine, sous l'administration George W. Bush, a lancé la "guerre contre le terrorisme".
- Motivation : Idéologique, s'appuyant sur une interprétation littérale stricte de l'Islam pour justifier la violence contre les civils et les combattants.
- Daesh (État Islamique) :
- Origine : Scission avec Al-Qaïda en 2006, prenant de l'ampleur et proclamant un "Califats" en Irak et en Syrie à partir de 2014.
- Objectif : Établir un État islamique autoritaire avec contrôle territorial, abolir les frontières existantes et détruire les ennemis.
- Nature du groupe : Initialement un acteur transnational, Daesh a acquis une dimension quasi-étatique en contrôlant des territoires vastes et des ressources. Il a mené des attaques aussi bien contre des États que par l'intermédiaire de cellules terroristes.
- Actions : Attentats sanglants (ex: le 13 novembre 2015 à Paris), massacres de masse, utilisation d'une propagande sophistiquée.
- Motivation : Idéologique, visant à instaurer une version rigoureuse de la charia et à restaurer un califat.
B. Nouvelles Formes de Guerre et Leurs Enjeux
L'émergence de groupes comme Al-Qaïda et Daesh a profondément modifié la nature de la guerre, en abolissant des limites traditionnellement admises.- Abolition des Limites :
- Civil/Combattant : Le terrorisme ne fait pas de distinction entre combattants et civils, ces derniers étant souvent les principales victimes. Le but est de semer la terreur et de déstabiliser les sociétés.
- Champ de bataille : Il n'y a plus de champ de bataille défini. La guerre devient planétaire, se délocalisant dans n'importe quel pays.
- Bataille décisive : La notion de bataille décisive disparaît, rendant la victoire militaire conventionnelle difficile à atteindre.
- Caractéristiques Spécifiques :
- Guerre idéologique : Motivée par des idéologies religieuses extrémistes, le but ultime n'est pas toujours politique au sens classique, mais la visibilité, la diffusion d'une doctrine et la domination.
- Guerre non-étatique : Ces groupes désobéissent aux États, luttant contre eux et contre l'"ordre" établi.
- Impulsion des États et de la société civile : La guerre contre le terrorisme est menée par les États (ex: la coalition internationale contre Daesh) qui doivent prouver leur pertinence en protégeant leurs citoyens.
- Moyens d'action : Attentats-suicides, bombes, guérilla, propagande numérique, recrutement en ligne, etc.
C. Impuissance et Réaction des États
Face à ces nouvelles formes de guerre, les États connaissent une certaine impuissance et doivent adapter leurs réponses.- Montée en puissance des groupes : Des groupes comme Daesh sont montés en puissance jusqu'en 2014, contrôlant des territoires et menaçant la stabilité régionale et mondiale.
- Défaite militaire mais persistance de la menace : La coalition internationale a mené une action militaire qui a entraîné la "chute" du Califat de Daesh en 2019. Cependant, cela n'a pas mis fin au terrorisme. Malgré la défaite militaire, les menaces persistent, prouvant que Daesh n'est pas vaincu mais transformé en réseau clandestin.
- Dilemmes des États : Les États sont confrontés à des contradictions : comment lutter contre les terroristes sans remettre en cause les valeurs démocratiques (ex: le cas de Guantanamo ou le débat sur la surveillance de masse) ?
- Adaptation : Les États utilisent des moyens traditionnels (forces armées) et de nouvelles pratiques (renseignement, lutte contre le financement du terrorisme, cyber-sécurité, contre-propagande) pour s'adapter à cette lutte.
D. Comparaison Al-Qaïda et Daesh
| Caractéristique | Al-Qaïda | Daesh | Point commun |
|---|---|---|---|
| Objectif principal | Éliminer la présence occidentale au MO | Créer un État islamique (Califats) et "détruire" les ennemis | But idéologique radical |
| Structure | Réseau transnational, décentralisé | Ambition d'un État quasi-étatique avec contrôle territorial | Acteurs non-étatiques cherchant une influence transnationale |
| Mode opératoire | Attentats spectaculaires à grande échelle | Attentats de masse, contrôle territorial, brutalité affichée | Utilisation de la violence terroriste contre civils et militaires |
| Relation avec Clausewitz | S'éloigne du modèle classique : pas de "guerre" au sens étatique, pas de champ de bataille défini. | Plus proche par le contrôle territorial et l'ambition "étatique" à partir de 2014, mais reste une guerre irrégulière. | Défie l'idée de "guerre policée" ou limitée par des règles étatiques. |
IV. La Construction de la Paix : Des Traités Anciens aux Organisations Internationales
La paix n'est pas une absence passive de guerre, mais un processus actif de construction et de maintien.A. Les Étapes de la Construction de la Paix
La construction de la paix est un processus en trois étapes principales :- Mettre fin à l'état de guerre : Cela passe par des actes comme un armistice, un cessez-le-feu (suspension des hostilités) ou une capitulation (défaite militaire de l'un des belligérants).
- Faire la paix : Il s'agit d'imposer un règlement aux vaincus ou de négocier un accord. Cela implique des discussions sur le règlement des contentieux, les réparations, et le nouveau contexte pour les anciens belligérants.
- Consolider la paix : Assurer une paix durable est l'étape la plus complexe. Elle implique la reconstruction, les échanges économiques et culturels, la réconciliation, et la mise en place de mécanismes de sécurité collective.
B. L'Émergence d'une Paix Organisée : Le Système Westphalien
- Les Traités de Westphalie (1648) :
- Contexte : Après la Guerre de Trente Ans (1618-1648), un conflit dévastateur initialement religieux mais évoluant en conflit politique majeur en Europe centrale. La guerre opposait les Habsbourg d'Autriche et d'Espagne à d'autres puissances européennes (France, Suède, Pays-Bas) et a déchiré les États allemands entre eux.
- Enjeux : Religent (imposition du catholicisme par les Habsbourg vs princes protestants) et politiques (morcellement du Saint Empire Germanique).
- Négociations : Deux traités ont été signés en 1648 : Osnabrück (Ferdinand III vs Suède) et Münster (Ferdinand III vs France).
- Conséquences et Nouvel Ordre Mondial :
- Reconnaissance de nouveaux acteurs : princes allemands, Provinces-Unies, Suisse.
- Le Saint Empire Romain Germanique a perdu de nombreux territoires et son pouvoir central a été affaibli.
- La France et la Suède ont acquis des territoires et leur influence a augmenté.
- Surtout, les Traités de Westphalie ont établi un nouveau système international fondé sur la souveraineté des États. Les États sont reconnus comme les acteurs principaux, ne reconnaissant pas d'autorité supérieure.
- Ce système visait à un équilibre des puissances pour éviter la domination hégémonique d'un seul État.
- Importance et Limites : Le système westphalien a fondé les bases du droit international moderne. Cependant, il a été remis en cause par des événements comme la Révolution Française, l'Empire Napoléonien (hégémonie française en Europe), et les guerres mondiales qui ont montré ses limites à maintenir une paix durable. Sa restauration temporaire après la Première Guerre mondiale (Traité de Versailles) s'est avérée insuffisante pour éteindre les désirs de revanche et les tensions.
- Vers le Multilatéralisme (SDN, ONU) :
- À partir du XVIIe siècle, l'idée d'une paix organisée et durable par l'entente entre les grandes puissances a émergé, souvent maintenue par une "paix armée" (armées permanentes pour la sécurité).
- Au XXe siècle, après les ravages des guerres mondiales, la communauté internationale a cherché à imposer une diplomatie pour une "paix perpétuelle". Cela a conduit à la création d'organisations internationales comme la Société des Nations (SDN) après la Première Guerre mondiale, et l'Organisation des Nations Unies (ONU) après la Seconde Guerre mondiale.
- Le multilatéralisme, fondé sur la coopération entre plusieurs États, est devenu le principe dominant pour le maintien de la paix et de la sécurité collective.
- Défauts du multilatéralisme : Malgré son importance, l'ONU a ses limites : le droit de veto des grandes puissances au Conseil de sécurité (unilatéralisme), et son incapacité à résoudre tous les conflits (ex: le conflit du Cachemire).
V. Le Moyen-Orient : Un Théâtre Idéal des Conflits et des Tentatives de Paix Manquées
Depuis 1945, le Moyen-Orient est devenu un épicentre des conflits, dont les résonances sont mondiales. Malgré de nombreuses tentatives de médiations (USA, ONU, etc.), la paix y reste insaisissable.A. Facteurs de Tension
Le Moyen-Orient est une région caractérisée par une complexité unique de facteurs de tension :- "Mosaïque de peuples et de religions" :
- Peuples :
- Arabes : Majoritaires (60%, environ 250 millions), répartis dans de nombreux pays.
- Kurdes : Peuple sans État, réparti principalement en Irak (4 millions), Syrie (2 millions), Iran (6 millions), Turquie. Leurs aspirations à l'autonomie créent des tensions avec les États qui les abritent.
- Perses : Majoritaires en Iran (80 millions).
- Turcs : En Turquie (60 millions).
- Religions :
- Islam : Majoritaire, mais divisé entre Sunnites (majoritaires) et Chiites (Iran, Irak, Bahreïn, une partie de la Syrie et Liban), entraînant souvent des conflits internes.
- Judaïsme : Principalement en Israël, seul État à majorité juive.
- Christianisme : Minorité (environ 4%), mais avec des présences historiques très anciennes.
- Peuples :
- Richesses convoîtées et Position Stratégique :
- Carrefour des continents : Situé entre l'Asie, l'Afrique et l'Europe, le Moyen-Orient est historiquement un lieu d'échanges et de routes commerciales (ex: le Canal de Suez).
- Ressources naturelles : La région possède les plus grandes réserves d'hydrocarbures au monde, ainsi que des enjeux cruciaux autour de l'eau, sources de nombreuses convoitises et tensions internationales.
B. Le Conflit Israélo-Arabe : Une Histoire de Tensions et de Tentatives de Paix
Le conflit israélo-arabe est l'un des plus anciens et persistants au Moyen-Orient.- Origines et Création d'Israël :
- 1947 : L'ONU propose un plan de partage de la Palestine (alors sous mandat britannique) en deux États, un arabe et un juif.
- 14 mai 1948 : David Ben-Gourion proclame l'État d'Israël. Cela conduit immédiatement à la première guerre israélo-arabe.
- Conséquences : De nombreux Palestiniens deviennent des réfugiés dans les pays voisins. Il n'y a pas d'État palestinien viable ; la Cisjordanie est annexée par la Jordanie et la bande de Gaza par l'Égypte. Les décisions de l'ONU ne parviennent pas à apaiser les tensions.
- Crise et Guerres Successives :
- Crise de Suez (1956) : Nationalisation du Canal de Suez par l'Égypte, entraînant une intervention militaire franco-britannico-israélienne.
- Guerre des Six Jours (1967) : Israël remporte une victoire fulgurante, occupant de vastes territoires : le Sinaï et la bande de Gaza (Égypte), la Cisjordanie et Jérusalem-Est (Jordanie), et le plateau du Golan (Syrie).
- Guerre du Yom Kippour (1973) : Attaque surprise des pays arabes, Israël parvient à repousser l'offensive.
- Tentatives de Paix et leurs Échecs :
- Accords de Camp David (1978) : L'Égypte devient le premier pays arabe à reconnaître Israël, en échange de la restitution du Sinaï. Ce fut une avancée majeure mais isolée.
- Première Intifada (1987-1993) : Soulèvement populaire palestinien, souvent caractérisé par des jets de pierres contre l'occupant. Dirigée par l'OLP (Organisation de Libération de la Palestine) et plus tard le Hamas.
- Accords d'Oslo (1993) : Signature d'accords historiques entre Yasser Arafat (OLP) et Yitzhak Rabin (Israël), sous l'égide des États-Unis. Ces accords prévoient une reconnaissance mutuelle et la mise en place d'une Autorité Palestinienne autonome.
- Assassinat de Yitzhak Rabin (1995) : Freine considérablement le processus de paix.
- Seconde Intifada (2000-2005) : Les tensions ravivées par l'échec des négociations et les provocations aboutissent à un nouveau soulèvement palestinien, plus violent que le précédent.
Conclusion
L'étude de la guerre et de la paix révèle une dynamique complexe et évolutive. Si les théories de Clausewitz apportent un cadre essentiel pour comprendre les guerres menées par des États avec des objectifs politiques, l'émergence des guerres irrégulières et du terrorisme transnational a radicalement transformé le paysage conflictuel. Ces nouvelles formes de violence remettent en question les distinctions classiques et appellent à des réponses adaptées des États, confrontés à des dilemmes éthiques et stratégiques. La construction de la paix, qu'elle soit institutionnalisée par des traités comme ceux de Westphalie ou par des organisations comme l'ONU, demeure un défi constant, particulièrement dans des régions comme le Moyen-Orient où les facteurs de tension sont intrinsèquement liés à l'histoire, la géographie et la société.Podcasts
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