Concepts clés en soins infirmiers et sciences humaines
Sin tarjetasCe document explore les concepts fondamentaux en sciences humaines et sociales appliqués aux soins infirmiers, incluant des définitions et des perspectives théoriques sur des sujets tels que les émotions, la communication, la relation soignant-soigné, et les stratégies d'adaptation.
SCIENCES HUMAINES ET SOCIALES POUR LA PRATIQUE INFIRMIÈRE
Ce document rassemble des définitions de savoirs, notions ou concepts essentiels pour l'apprentissage de la compétence 6 et des UE 1.1 (Psychologie, Sociologie, Anthropologie) et 4.2 (Soins Relationnels) dans la formation en soins infirmiers. Il est non exhaustif et vise à être un support complémentaire aux recherches personnelles.
Légende des disciplines
- ANTHROPOLOGIE ou ANTHROPO-SOCIOLOGIE
- DROIT PUBLIC
- ERGONOMIE
- MEDECINE
- PEDAGOGIE
- PHILOSOPHIE
- POLITIQUE
- PSYCHANALYSE
- PSYCHOLOGIE
- PSYCHO-SOCIOLOGIE ou PSYCH SOCIO ANTHROPOLOGIE
- SANTE PUBLIQUE
- SCIENCES COGNITIVE ET ERGONOMIE
- SCIENCES EDUCATION
- SCIENCES GESTION
- SCIENCES INFIRMIERES
- SCIENCES SOCIALES
- SOCIOLOGIE
S1 S2
AFFECTS
- Selon la théorie psychanalytique, l'affect est l'énergie affective associée à la représentation de la pulsion [1].
- L'affect est un terme métapsychologique complexe, lié aux représentations, avec des destins variés et des modes de défense contre les représentants pulsionnels [2].
- L'affect est la subjectivité d'un état psychique élémentaire, inanalysable, qui peut être pénible ou agréable, et s'exprimer massivement ou subtilement [3].
LA CONNAISSANCE DE SOI
- La connaissance de soi est l'ensemble des représentations mentales constituant le soi, une source d'informations sur la manière dont l'individu se comporte et interagit avec son environnement [4].
- L'organisation et le contenu de la connaissance de soi sont spécifiques à chaque individu, façonnés par ses expériences sociales, perceptions et actions uniques [4].
- Cette connaissance se développe par les interactions sociales, l'introspection et l'exploration de la mémoire personnelle [4].
- En philosophie, la connaissance de soi désigne la connaissance de ses propres états mentaux, comme les expériences, pensées, croyances ou désirs [5].
- Elle englobe les états mentaux conscients et inconscients qui influencent le soi, permettant aux individus de rapporter et de raconter ce qu'ils sont [5].
ÉMOTIONS
- L'émotion est une réaction globale et intense de l'organisme à une situation inattendue, accompagnée d'un état affectif pénible ou agréable [6].
- C'est un état particulier survenant dans des situations émotionnelles, avec une expérience subjective et des manifestations somatiques et viscérales [7].
- L'émotion est la première articulation entre l'organisme et le psychisme, une sensation forte et brusque qui est communicative et partagée [8].
- Ce sont des réactions subjectives envers l'environnement, accompagnées de réponses hormonales et neurovégétatives, considérées comme adaptatives [9].
- Le déclenchement d'une émotion est automatique, bref et stéréotypé, permettant une alerte rapide de l'organisme face à un événement soudain [10].
- Les émotions sont des constellations de réponses de forte intensité, comprenant des manifestations expressives, physiologiques et subjectives typiques, avec des tendances d'action caractéristiques [11].
LES ÉMOTIONS PRIMAIRES (Ekman, P. et Cordaro, D. (2011))
| Colère | Réponse à une interférence dans la poursuite d'un objectif, ou à une tentative de nuire. Implique souvent le désir de blesser la cible [12]. |
| Peur | Réponse à une menace de préjudice. Active des impulsions de tétanisation ou de fuite. Souvent, la peur déclenche la colère [12]. |
| Tristesse | Réponse à la perte d'une chose ou d'une personne à laquelle nous sommes très attachés [12]. |
| Dégoût | Répulsion provoquée par la vue, l'odeur ou le goût de quelque chose, ou par des actions ou idées révoltantes [12]. |
| Surprise | Réponse à un événement soudain et inattendu. C'est l'émotion la plus brève [12]. |
| Joie | Émotions appréciées et recherchées, déclenchées par différents événements et impliquant des signaux et comportements spécifiques [12]. |
ENJEUX
- La notion d'enjeu est rarement définie explicitement, mais elle est issue d'un processus de problématisation d'une situation, s'apparentant au problème public ou social [13].
- Étymologiquement, l'enjeu provient de l'idée de "mettre en jeu", impliquant une relation où il y a un gain ou une perte, et un risque lié à une perte potentielle [14].
- En politique, l'enjeu désigne ce qu'on risque de gagner ou de perdre dans une entreprise [15].
- Un enjeu est ce que l'on peut gagner ou perdre dans un projet. Son sens s'étend pour désigner une préoccupation majeure ou un défi [16].
- Un enjeu implique des acteurs, des valeurs et un contexte, transformant une condition objective en problème avec un désir de solution. C'est une construction sociale liée aux systèmes de valeurs des acteurs [17].
- L'analyse d'une situation problématique menant à un désir d'action permet de parler d'enjeu [14].
- L'enjeu a une dimension temporelle prospective, impliquant l'idée d'une action pouvant générer un gain ou une perte pour améliorer, maintenir ou protéger une situation [18].
ENJEUX DE LA COMMUNICATION
La communication interpersonnelle présente plusieurs types d'enjeux [19]:
- L'enjeu identitaire: Montrer une bonne image de soi pour être intégré ou valorisé, souvent lié au statut (ex: un cadre voulant conforter sa position hiérarchique).
- L'enjeu relationnel: Rechercher une bonne qualité de la relation (ex: rituels de politesse).
- L'enjeu territorial: Se situe sur le plan physique et symbolique, comme préserver sa vie privée au travail.
- L'enjeu d'influence: Exercer un pouvoir pour modifier l'opinion ou le comportement d'autrui, par argumentation ou manipulation.
- L'enjeu informatif: Simplement informer ou être informé, mais cache souvent d'autres enjeux inconscients (ex: montrer sa crédibilité en donnant une réponse exacte).
MEDIATION
- La médiation est un processus de construction du lien social et de gestion des conflits, où un tiers impartial et indépendant aide les parties à améliorer leur relation ou régler un conflit [20].
- La médiation implique un médiateur qui favorise un lien entre deux parties, aidant à franchir un obstacle dans la relation directe entre soignant et soigné [21].
-
"La médiation nous protège de l'immédiat, elle nous protège d'un contact direct. La médiation permet que l'on passe en quelque sorte de 2 (relation duelle) à 3" [22].
LES MÉCANISMES DE DÉFENSE
- Les mécanismes de défense représentent la défense du Moi contre les pulsions instinctuelles et les affects qui y sont liés [23].
- Ils sont des processus mentaux automatiques, inconscients et hors du contrôle de la volonté, dont le sujet perçoit au mieux les résultats [24].
LE TOUCHER
- Le toucher est le sens de la rencontre entre les vivants [25].
- Le toucher est l'un de nos cinq sens, associé à la peau, premier organe à se développer et premier mode de communication [26].
- Un toucher peut être qualifié de "gnostique" s'il est réalisé sans connotation affective et vise uniquement l'exécution d'un acte instrumental [27].
NEGOCIATION
- La négociation est une activité entre deux ou plusieurs parties interdépendantes, cherchant une issue satisfaisante et non violente en tenant compte de la réalité de l'autre [28].
- La négociation est une discussion entre plusieurs entités interdépendantes visant à résoudre une divergence d'intérêt perçue [29].
POSITIONNEMENT
- Le positionnement, dans un champ social, est la manière dont le travailleur social se situe en tension entre le cadre législatif, l'institution, l'usager, et les valeurs professionnelles [30].
- Le positionnement professionnel est un processus de construction personnel qui permet de se définir dans un environnement donné [30].
- Le positionnement est un cadre professionnel de référence, guidant le choix entre des forces en tension pour l'intervenant. C'est un processus de réflexion aboutissant à une décision dans une situation particulière [30].
POSTURE
- Une posture est une "attitude fondamentale sur laquelle repose mon action", une "disposition de l'esprit" plus construite que le comportement [31].
- Pour travailler une attitude et une posture, il est utile d'aborder les valeurs qui influencent le comportement, en les nommant, explicitant, montrant et cultivant [32].
- La posture est principalement une intention, fruit de notre identité et de notre système de valeurs, façonnée par les expériences et l'implication dans l'activité. Elle renvoie aux attitudes personnelles affinées au contact des réalités [33].
SENTIMENTS
- Un sentiment est un état affectif complexe, stable et durable, composé d'éléments intellectuels, émotifs, imaginatifs ou moraux. Il persiste en l'absence de stimulus et concerne le "moi" ou autrui [34].
- Le sentiment est une combinaison d'une charge affective et de processus cognitifs plus complexes et élaborés [35].
SOINS RELATIONNELS
- Les soins relationnels englobent l'ensemble des attitudes, comportements spécifiques et volontaristes, actes et paroles, proposés par un soignant à une personne en difficulté de santé [36].
- Ils sont définis comme des interventions verbales ou non verbales visant à établir une communication pour apporter une aide à une personne ou un groupe [37].
- Le soin relationnel utilise la relation comme support, où les interactions soignant-soigné soulagent la personne. L'aptitude du soignant à être dans la relation est primordiale pour permettre au patient d'avancer émotionnellement et intellectuellement [38].
RELATION SOIGNANT SOIGNÉ
- La relation soignant-soigné est une interaction entre deux personnes en situation de soin, constamment renouvelée par son caractère inconnu, complexe et imprévisible. Elle est le fondement de la prise en charge globale du patient [39].
- Cette relation implique trois attitudes essentielles: un engagement personnel de l'infirmier, une objectivité et un minimum de disponibilité [40].
S3
ALLIANCE THERAPEUTIQUE
- L'alliance thérapeutique est la perception par le patient de la capacité d'empathie du thérapeute, qui influence le travail thérapeutique [41].
- Elle repose sur trois composantes: le transfert, "l'alliance de travail" et la relation réelle [42].
- La situation thérapeutique représente une "nouvelle relation d'objet" [43].
-
L'alliance thérapeutique est dynamique et non statique. Elle comprend deux types d'alliances "aidantes":
- Le type 1, plus manifeste en début de thérapie, déterminé par la capacité de contenance du thérapeute.
- Le type 2, spécifique aux phases tardives, caractérisé par un travail collaboratif contre ce qui entrave le patient, avec une responsabilité partagée [44].
- Il convient d'intégrer les aspects relationnels non spécifiques ("les liens") et les aspects relationnels techniques ("tâches et objectifs") dans un modèle unique [45].
- La relation de soin, singulière dans son instantanéité, peut être définie comme un "pacte de soins" basé sur la présence, la confiance et la conscience, scellée entre deux sujets contre un ennemi commun: la maladie [46].
ATTITUDES
- La notion d'attitude qualifie une disposition interne de l'individu envers un élément du monde social, orientant sa conduite. Sa mesure nécessite des instruments pour explorer ses différentes facettes [47].
-
La majorité des auteurs conçoit l'attitude comme une structure intégrative tridimensionnelle:
- Cognitive (jugements, croyances, savoirs).
- Affective (sentiments favorables ou défavorables).
- Conative (tendance d'action). La composante conative prédit le mieux le comportement [47].
- Une attitude est toujours orientée vers un objet, permettant de prédire les comportements réels et potentiels d'un individu face à une stimulation sociale [48].
- C'est un "état mental de préparation à l'action organisé à travers l'expérience, exerçant une influence directive et dynamique sur le comportement" [49].
- L'attitude est une manifestation consciente qui implique un état de préparation à répondre d'une certaine manière à une stimulation. Elle constitue un type de réactions se déclenchant dans des occasions similaires [50].
-
L'attitude s'articule autour de trois composantes distinctes:
- Composante cognitive: Opinion du sujet sur l'objet, associations d'idées, rapport entre l'objet et les valeurs personnelles.
- Composante affective: Affects, sentiments, états d'humeur que l'objet suscite.
- Composante conative: Disposition du sujet à agir favorablement ou défavorablement envers l'objet [51].
-
Il existe trois catégories d'attitude:
- Les attitudes individuelles: prédisposition à agir ou réagir de telle ou telle manière face à un stimulus extérieur.
- Les attitudes communes: attitudes manifestées par un certain nombre d'individus envers un même objet.
- Les attitudes collectives: attitudes conduisant une collectivité à agir dans un sens déterminé face à une situation donnée [50].
- Les attitudes donnent à l'individu des grilles de compréhension du monde, des cadres de référence pour une stabilité dans son organisation interne [50].
Les attributs du concept d'attitude selon Grawitz (1972)
- L'attitude n'existe pas en elle-même, elle suppose toujours une relation à quelque chose ou à quelqu'un.
- Les attitudes sont le produit de la personnalité de l'individu, avec un pôle individuel (psychologique) et un pôle sociologique (expérience, influence culturelle).
- L'attitude se forme en réponse à un stimulus (personne, objet, problème).
- L'attitude n'est pas innée, elle est construite à partir de la perception de l'objet (directe ou mentale).
- Les attitudes sont liées à des sensations violentes ou à des émotions.
- L'attitude se traduit par des comportements et une prise de position.
- L'attitude n'est pas directement observable, seuls les comportements le sont.
- L'attitude est relativement stable, pouvant donner naissance à des stéréotypes ou des préjugés. Elle peut se modifier, mais très lentement.
- L'attitude présente une résistance aux changements [50].
ATTITUDES DE PORTER
Elias Hull Porter a identifié 6 grandes familles d'attitudes que nous adoptons spontanément dans nos relations interpersonnelles, chacune plaçant l'interlocuteur dans une position particulière [52].
| Attitudes [52] | Définitions | Interactions induites |
| A Évaluation, jugement | Porter un jugement, une critique positive ou négative. Institue un juge (vous) et un jugé (autrui). |
Réactions possibles:
|
| B Interprétation | Expliquer ce qui vient d'être dit par des raisons cachées, motivations secrètes, suppositions inconscientes. Institue un expliquant et un interprété. |
Réactions possibles:
|
| C Soutien, aide | Manifester de la sympathie, de l'adhésion émotionnelle et/ou intellectuelle, de la compassion. Institue un aidant et un aidé. |
Réactions possibles:
|
| D Investigation, enquête | Poser des questions pour en savoir plus, pour vérifier des intuitions. Institue un enquêteur et un enquêté. |
Réactions possibles du « coupable présumé »:
|
| E Solution immédiate | Proposer très vite une solution simple. Institue un décideur et un assisté. |
Réactions possibles de la personne qui se voit opposer une fin de non-recevoir à ses émotions, opinions, interrogations :
|
| F Compréhension (empathie) | Tenter de comprendre empathiquement autrui. Une compréhension intellectuelle bienveillante. Institue un écoutant et un écouté. | La personne qui se sent écoutée pourra développer et approfondir ce qu'elle a à dire, sans être perturbée. |
CRISE
- La crise est un changement brusque et décisif dans le cours d'un processus, comme une maladie, suscitant la crainte d'une évolution grave, définitive, désintégrante. Elle est associée à une menace mortifère [53].
- Une crise est une rupture brusque dans le fonctionnement habituel d'une personne à la suite d'un événement précis, entraînant une altération de sa capacité à fonctionner. Si elle n'est pas fatale, elle est suivie d'une reprise de contrôle et d'une nouvelle organisation personnelle [54].
Les attributs du concept de crise
- La crise est personnelle, sa perception est subjective.
- Chaque individu ou groupe social a un seuil de tolérance à la crise.
- La crise implique une menace pour la personne et a toujours un impact émotionnel.
- Le facteur déclenchant est toujours un déséquilibre entre la difficulté ou le problème et les ressources de la personne.
- La crise implique des conséquences négatives sur la personne ou le groupe social.
- La crise survient lorsque les stratégies d'adaptation (coping) de la personne sont dépassées ou que la réponse est inadaptée.
- La crise a un début et une fin et peut se répéter [55, 56].
LA DÉTRESSE PSYCHOLOGIQUE
- La détresse psychologique est à la santé mentale ce que la fièvre est aux maladies infectieuses [57].
- Elle peut être définie comme "un état négatif non spécifique caractérisé par la manifestation de sentiments associés à la dépression et à l'anxiété" [58].
- Elle se caractérise par: une incapacité perçue à s'adapter, un changement émotionnel, un malaise, la communication de ce malaise, et des dommages temporaires ou permanents [59].
DEUIL
- Le deuil est une élaboration psychique permettant de dépasser les affects résultant de la perte d'un objet auquel le sujet était lié libidinalement [60].
Les attributs du concept du deuil selon Le Dictionnaire de la psychanalyse (1999)
- Chaque être humain est confronté à des pertes tout au long de sa vie, le préparant à la perte ultime.
- Toute perte significative entraîne un travail de deuil proportionnel au degré d'attachement à l'objet perdu.
- Le travail de deuil est un phénomène naturel, évolutif, d'une durée moyenne de 2 ans, conduisant au détachement affectif tout en intériorisant le souvenir. La capacité à recréer de nouveaux attachements marque la fin du deuil.
- Il existe des formes pathologiques de deuil liées à un blocage intrapsychique, se manifestant avant, pendant ou après la perte.
- Pour les aider, l'adulte a besoin d'être écouté, tandis que l'enfant doit être sollicité à raconter (par mots, dessins) [60].
LES ÉTAPES DU DEUIL
Selon Kübler-Ross (1975), il existe "5 phases du mourir" ou étapes du deuil [61]:
- Le choc
- Le Déni/dénégation
- La colère /révolte
- Le marchandage
- La dépression
- L'acceptation
Ces étapes doivent être vues comme des points de repère plutôt qu'un parcours linéaire et obligatoire. Le cheminement n'est pas définitif, et une personne peut revenir à des étapes antérieures [62].
L'ÉCOUTE
L'écoute dans les soins relationnels est une rencontre entre des attitudes et des niveaux d'écoute [63].
Notre attitude vis à vis de l'écoute comprend quatre orientations:
- Ici: Le lieu et l'environnement, la position du corps, la détente ou le stress.
- Maintenant: La présence au présent, la disponibilité, l'absence de hâte.
- Le contenu: Entendre et comprendre le message, avec disponibilité pour percevoir les liens entre le discours et le vécu.
- Le ressenti: Percevoir les manifestations du langage des émotions [63].
LES NIVEAUX D'ÉCOUTE Selon Salomé, J. (2003)
- 1er niveau d'écoute: Niveau des faits: "ce qui est dit dans la relation soignant-soigné", un travail de recueil où la parole du patient est entendue et relevée. Le soignant doit être disponible psychologiquement [63].
- 2ème niveau d'écoute: Niveau du ressenti ou du vécu: "ce qui se dit au-delà des mots", s'appuyant sur le non-verbal et le paraverbal. Le soignant peut confronter le dit et le non-dit (ex: "ça va?" face à une énonciation douloureuse) [63].
- 3ème niveau d'écoute: Niveau du retentissement ou de la résonnance: ce qui renvoie à l'histoire du soignant et se réveille de manière imprévisible, concernant les émotions et le ressenti. Le soignant s'intéresse aux affects évoqués par le patient et à leurs répercussions [63].
ÉCOUTE ACTIVE
- En relation d'aide non-directive, l'aidant aide le client à reconnaître et comprendre ses sentiments et attitudes, en reformulant ou clarifiant le contenu de la conversation. Cette clarification est très utile pour le client [64].
- Quand le client se sent écouté et accepté, il devient capable de s'écouter lui-même, "il se met à être dans sa conscience, ce qu'il est dans son expérience" [64].
- L'écoute devient active avec la parole. Une parole écoutante (questionnaire, reformulante, encourageante) est une écoute active qui se fait entendre [66].
ENTRETIEN
- L'entretien est la rencontre de deux personnes dans un contexte spécifique, impliquant des relations affectives et émotives [68].
- Un entretien est une situation provisoire d'interaction et d'inter-influence, principalement verbale, entre deux ou plusieurs personnes en contact direct, avec un objectif préalablement défini [69].
EMPATHIE
- L'empathie, c'est percevoir le cadre de référence interne d'autrui aussi précisément que possible, avec ses composants émotionnels et significatifs, "comme si l'on était cette personne, mais sans jamais perdre de vue la condition du « comme si »" [70].
- L'empathie est l'acte par lequel un sujet sort de lui-même pour comprendre quelqu'un d'autre sans éprouver les mêmes émotions. C'est une "sympathie froide", une capacité à pénétrer l'univers subjectif de l'autre en gardant son objectivité [71].
- L'empathie est conçue comme une "prise de rôle" ou "partage de perspective", l'aptitude à se mettre à la place d'autrui pour inférer ses pensées, sentiments et actions, sans confusion entre soi-même et l'autre [72].
- L'empathie est un état mental complexe avec des processus perceptifs, cognitifs, motivationnels et mnésiques interagissant. Elle repose sur une disposition innée et une capacité consciente à se mettre à la place d'autrui, sans confusion. L'attention et la motivation modulent nos capacités empathiques [73].
CONGRUENCE
- La congruence est une relation, non une entité ou un contenu d'expérience. C'est un état intégré de la personne, où les aspects cruciaux sont reliés entre eux. Théoriquement, c'est la représentation exacte de l'expérience par des symboles internes [74].
- La congruence est un état défini par la relation entre les différentes parties de la personne [74].
- Chez le thérapeute, la congruence signifie que son expérience intérieure est disponible à sa conscience, vécue dans la relation, et exprimée si approprié, avec un juste accord entre ce qui est éprouvé, conscient et exprimé au client [75].
REFORMULATION
L'objectif de l'entretien est de laisser la personne s'exprimer au maximum. Le meneur d'entretien doit intervenir le moins possible et utiliser des relances pour approfondir les idées [76].
- Les Marques d'écoute: manifester, verbalement ou non, sa compréhension et son intérêt pour encourager la personne (ex: "je vois", hochements de tête).
- La Reformulation: exprimer à nouveau ce que le sujet vient de dire, de manière plus concise, en respectant le contenu et la façon de le dire, sans s'impliquer affectivement. Permet au sujet de s'assurer d'avoir été écouté et de prendre conscience de sa pensée [76].
PLUSIEURS TYPES DE REFORMULATIONS
- La clarification: Introduire par "vous voulez dire que...", "à votre avis donc..." pour s'assurer de la compréhension.
- L'écho-miroir: Répéter un mot, un groupe de mots ou une phrase, souvent sous forme interrogative (ex: "je n'ai jamais rien fait de bien" - "jamais?").
- Le reflet: Expliciter une attitude, des émotions, des sentiments non-dits perçus (intonation, hésitations). Peut lever des blocages mais aussi être perçu comme une remise en cause (ex: "vous craignez que...", "vous vous sentez à bout").
- La Demande d'informations complémentaires: Inviter à donner des précisions (ex: "pouvez-vous donner un exemple?").
- La Demande d'éclaircissement: Adopter une posture de naïveté volontaire (ex: "je ne vois pas bien ce que vous voulez dire").
- La reformulation de synthèse: Résumer le discours (ex: "si j’ai bien entendu vous avez donc dit...").
- La reformulation positive: Reformuler la critique du patient de manière positive (patient: "vous ne me faites pas confiance" ; soignant: "si j’ai bien compris, pour vous, il est important que je vous fasse confiance").
- Le Recentrage: Reprendre la question initiale ou relancer sur un point intéressant pour limiter les digressions.
- L'Interprétation: Aller plus loin dans la reformulation, en proposant des pistes non envisagées par l'interlocuteur. À n'utiliser que par des professionnels expérimentés, car elle présente un risque de blocage si l'interprétation n'est pas validée [76].
RELATION D'AIDE
- La relation d'aide est principalement "psychologique". Selon Rogers, c'est une relation permissive, structurée, qui permet au client d'acquérir une compréhension de lui-même pour progresser [77].
- La relation d'aide psychologique est une relation où l'acceptation chaleureuse et l'absence de contrainte de l'aidant permettent à la personne aidée d'exprimer pleinement ses sentiments, attitudes et problèmes [78].
- C'est une relation structurée avec des limites de temps, dépendance, action agressive pour le client, et des limites de responsabilité et d'affection pour le conseiller [78].
- L'aidant cherche à favoriser la croissance, le développement et une plus grande capacité d'affronter la vie chez l'autre [78].
- Il s'agit d'une action de soutien et d'accompagnement, un ensemble de comportements et d'attitudes pour permettre au patient d'aborder et de réfléchir aux problèmes rencontrés [79].
- La relation d'aide est une manière de procéder, une technique interpersonnelle visant à libérer la capacité de la personne aidée à vivre plus pleinement [80].
RELATION D'AIDE THERAPEUTIQUE
-
La relation d'aide thérapeutique est centrée sur la souffrance psychique. Ses "indications sont posées à partir d'une évaluation sémiologique et doivent s'inscrire dans
Savoirs Académiques: Sciences Humaines et Sociales pour la Pratique Infirmière
Ce document, destiné aux étudiant(e)s en soins infirmiers de l'IFSI du CHU de Nantes, a pour but de fournir une compilation de définitions de savoirs, notions ou concepts abordés dans l'apprentissage de la compétence 6 et de ses UE contributives (UE 1.1 Psychologie, Sociologie, Anthropologie et UE 4.2 Soins Relationnels). Il est non exhaustif et peut être complété par des recherches personnelles.
S1 S2
Affects
L'affect se réfère à l'énergie affective, la qualité associée à la représentation d'une pulsion, selon la théorie psychanalytique [1]. Il est également compris comme un terme métapsychologique décrivant un état psychique élémentaire, inanalysable, qui peut être pénible ou agréable et s'exprimer sous diverses formes [2, 3].
La Connaissance de Soi
La connaissance de soi est l'ensemble des représentations mentales qui constituent le soi, influençant le comportement et l'interaction avec l'environnement [4]. Elle se développe à travers les interactions sociales, l'introspection et la mémoire personnelle [4]. En philosophie, elle désigne la connaissance de ses propres états mentaux (expériences, pensées, croyances, désirs) et vise à comprendre ce que l'on est et pourquoi [5].
Émotions
Une émotion est une réaction globale et intense de l'organisme à une situation inattendue, accompagnée d'un état affectif (pénible ou agréable) et de manifestations somatiques et viscérales [6, 7]. C'est une sensation forte et brusque, communicative, qui sert de première articulation entre l'organisme et le psychisme [8, 9]. Les émotions sont des réponses automatiques, brèves et stéréotypées, permettant une alerte rapide de l'organisme face à un événement soudain [10, 11].
Les Émotions Primaires (d'après Ekman et Cordaro, 2011) [12]
Colère Réponse à une interférence ou à une tentative de nuire. Implique souvent le désir de blesser la cible. Peur Réponse à une menace (physique ou psychologique), activant des impulsions de tétanisation ou de fuite. Tristesse Réponse à la perte d'une chose ou d'une personne à laquelle on est attaché. Dégoût Répulsion provoquée par des stimuli sensoriels ou des actions / idées moralement révoltantes. Surprise Réponse à un événement soudain et inattendu, c'est l'émotion la plus brève. Joie Émotions appréciées et recherchées, déclenchées par divers événements et induisant des comportements positifs. Enjeux
Un enjeu est rarement défini explicitement mais découle d'un processus de problématisation d'une situation, s'apparentant à un problème public ou social [13]. Étymologiquement lié au "jeu", il implique une relation où il y a un gain ou une perte potentielle, et donc un risque [14]. En politique, il désigne ce que l'on risque de gagner ou de perdre dans une entreprise [15]. Un enjeu est une préoccupation majeure ou un défi, un construit social lié à des systèmes de valeurs portés par différents acteurs [16, 17]. Il implique un désir d'action pour améliorer, maintenir, protéger ou gagner quelque chose par rapport à une situation initiale, engageant ainsi l'avenir [14, 18].
Enjeux de la Communication
La communication interpersonnelle comporte quatre ou cinq types d'enjeux [19]:
- L'enjeu identitaire: Montrer une bonne image de soi pour s'intégrer ou se valoriser.
- L'enjeu relationnel: Rechercher une bonne qualité de la relation (ex: rituels de politesse).
- L'enjeu territorial: Se rapporte au territoire physique et symbolique (ex: vie privée).
- L'enjeu d'influence: Exercer un pouvoir pour modifier une opinion ou un comportement.
- L'enjeu informatif: Simplement informer ou être informé, mais peut cacher un enjeu inconscient (ex: crédibilité).
Médiation
La médiation est un processus de construction ou de réparation du lien social et de gestion des conflits, impliquant un tiers impartial et indépendant. Ce tiers aide les parties à améliorer, établir une relation ou régler un conflit [20]. Le médiateur facilite le lien entre les parties, notamment en cas de distance due à un conflit ou à des positions hiérarchiques différentes, comme entre soignant et soigné [21]. La médiation protège de l'immédiateté et transforme une relation duelle en une relation à trois [22].
Les Mécanismes de Défense
Les mécanismes de défense représentent la défense du Moi contre les pulsions instinctuelles et les affects associés [23]. Ce sont des processus mentaux automatiques, inconscients et échappant au contrôle volontaire, dont les résultats peuvent parfois surprendre le sujet [24].
Le Toucher
Le toucher est le sens de la rencontre entre les êtres vivants [25]. C'est l'un de nos cinq sens, associé à la peau, premier organe à se développer et premier mode de communication [26]. Un toucher peut être gnostique s'il est réalisé sans connotation affective et vise uniquement l'exécution d'un acte instrumental [27].
Négociation
La négociation est une activité impliquant deux ou plusieurs parties interdépendantes qui cherchent une issue satisfaisante et non violente à une situation, en tenant compte de la réalité de l'autre [28]. C'est une discussion entre plusieurs entités interdépendantes visant à résoudre une divergence d'intérêt perçue [29].
Positionnement
Le positionnement, dans un champ social, est la manière dont le travailleur social se situe en tension entre le cadre législatif, l'institution employeuse, l'usager, et les valeurs déontologiques [30]. C'est un processus de construction qui permet de se positionner et d'être positionné dans un environnement défini, agissant comme un cadre professionnel de référence pour le professionnel face à des forces en tension [30]. Il conduit à une prise de décision dans une situation particulière, répondant à la question « Que dois-je faire dans cette situation ? » [30].
Posture
Une posture est une attitude fondamentale sur laquelle repose une action, une "disposition de l'esprit" plus construite qu'un comportement [31]. L'attitude, et donc la posture, peut être travaillée par une approche des valeurs (nommer, expliciter, montrer, cultiver) [32]. La posture émane de l'identité et du système de valeurs, prenant forme à travers les expériences ; elle est une intention qui renvoie aux attitudes personnelles et s'affine au contact des réalités [33].
Sentiments
Un sentiment est un état affectif complexe, stable et durable, composé d'éléments intellectuels, émotifs, imaginatifs ou moraux. Il persiste en l'absence de stimulus et concerne le "moi" ou autrui [34]. Le sentiment se distingue par une charge affective et des processus cognitifs plus élaborés [35].
Soins Relationnels
Les soins relationnels sont un ensemble d'attitudes, de comportements spécifiques et volontaristes, d'actes et de paroles (réalistes ou symboliques) proposés par un soignant à une personne en difficulté de santé [36]. Ils sont définis comme des interventions verbales ou non verbales visant à établir une communication pour apporter une aide [37]. Le soin relationnel utilise la relation comme support, où les interactions entre soignant et soigné apportent un soulagement, notamment par l'aptitude du soignant à être dans la relation et à créer les conditions pour l'expression émotionnelle et intellectuelle du patient [38].
Relation Soignant-Soigné
La relation soignant-soigné est une interaction renouvelée entre deux personnes en situation de soin, complexe et imprévisible, et qui fonde la prise en charge globale du patient [39]. Cette relation, entre deux personnes de statuts différents, nécessite trois attitudes de la part de l'infirmier : un engagement personnel, une objectivité et une disponibilité minimale [40].
S3
Alliance Thérapeutique
L'alliance thérapeutique est la perception par le patient de la capacité d'empathie du thérapeute, qui influence le travail thérapeutique [41]. Elle repose sur trois composantes : le transfert, l'"alliance de travail" et la relation réelle [42]. La situation thérapeutique est une "nouvelle relation d'objet" [43] et l'alliance a un aspect dynamique, avec deux types d'alliance "aidante" : le type 1 (contenance en début de thérapie) et le type 2 (travailler ensemble contre ce qui entrave le patient en phases tardives) [44]. Elle intègre aspects relationnels non spécifiques (les liens) et techniques (tâches et objectifs) [45]. La relation de soin peut être définie comme un "pacte de soins" basé sur la présence, la confiance et la conscience, orienté vers un ennemi commun : la maladie [46].
Attitudes
Une attitude est une disposition interne de l'individu envers un élément du monde social, orientant sa conduite [47]. Elle est une structure tridimensionnelle (cognitive, affective, conative), où la composante conative prédit le mieux le comportement [47]. Une attitude est orientée vers un objet et permet de prédire les comportements face à une stimulation sociale [48]. Elle est un état mental de préparation à l'action, organisé par l'expérience, influençant le comportement [49]. L'attitude est une manifestation consciente qui implique une prédisposition à répondre d'une certaine manière à une stimulation, constituant un type de réactions [50]. Les trois composantes distinctes sont : cognitive (opinions, associations d'idées), affective (sentiments, humeurs) et conative (disposition à agir) [51].
Catégories d'Attitudes (Lasswell cité par Grawitz, 1972) [50]
- Attitudes individuelles: Prédisposition d'un individu isolé à agir de telle ou telle manière.
- Attitudes communes: Attitudes manifestées par plusieurs individus envers un même objet.
- Attitudes collectives: Attitudes qui conduisent une collectivité à agir dans un sens déterminé.
Attributs du concept d'attitude (Grawitz, 1972) [50]
- L'attitude n'existe que par rapport à quelque chose ou quelqu'un.
- Elle est le produit de la personnalité et possède un pôle sociologique (expérience, culture).
- Elle se forme en réponse à un stimulus (personne, objet, problème).
- Elle n'est pas innée, mais construite à partir de la perception de l'objet.
- Elle est liée à des sensations ou émotions fortes.
- Elle se traduit par des comportements et une prise de position.
- Elle n'est pas directement observable, seuls les comportements le sont.
- Elle est relativement stable mais peut se modifier lentement sous influences extérieures (peut mener à des stéréotypes ou préjugés).
- Elle présente une résistance aux changements.
Attitudes de Porter
Elias Hull Porter a identifié 6 grandes familles d'attitudes utilisées spontanément dans les relations interpersonnelles, qui influencent la position de l'interlocuteur [52].
Attitudes [52] Définitions Interactions induites A - Évaluation, jugement Porter un jugement positif ou négatif. Instaurer un juge et un jugé. Éviter d'être évalué, critiquer le juge, s'opposer, chercher à maintenir une évaluation positive. B - Interprétation Expliquer ce qui a été dit par des raisons cachées, suppositions inconscientes. Instaurer un expliquant et un interprété. Éviter d'être mis à nu, s'opposer à celui qui interprète. C - Soutien, aide Manifester sympathie, adhésion émotionnelle, compassion, réconfort. Instaurer un aidant et un aidé. Se sentir humilié, dévalorisé, refuser l'aide, s'opposer à l'aidant intrusif, rompre la relation. D - Investigation, enquête Poser des questions pour en savoir plus, vérifier des intuitions. Instaurer un enquêteur et un enquêté. Éviter l'interrogatoire, modifier les réponses, mentir, refuser de répondre, s'opposer à l'enquêteur. E - Solution immédiate Proposer très vite une solution simple. Instaurer un décideur et un assisté. Refuser la solution, s'opposer au décideur qui n'a pas écouté. F - Compréhension (empathie) Tenter de comprendre empathiquement autrui. Instituer un écoutant et un écouté. La personne écoutée pourra développer et approfondir son discours sans être perturbée. Crise
Une crise est un changement brusque et décisif dans le cours d'un processus, comme une maladie, où la violence de la manifestation évoque une menace grave et désintégrante [53]. Elle est aussi définie comme une rupture brusque dans le fonctionnement habituel d'une personne suite à un événement précis, entraînant une altération de sa capacité à fonctionner, suivie d'une reprise de contrôle et d'une nouvelle organisation personnelle [54].
Attributs du concept de crise [55, 56]
- La crise est personnelle et sa perception est subjective.
- Chaque individu ou groupe social a un seuil de tolérance à la crise.
- Elle implique une menace et a toujours un impact émotionnel.
- Le facteur déclenchant est un déséquilibre entre la difficulté et les ressources de la personne.
- Elle entraîne des conséquences négatives pour la personne ou le groupe social.
- Elle survient lorsque les stratégies d'adaptation (coping) sont dépassées ou inadaptées.
- Elle a un début et une fin, et peut se répéter.
La Détresse Psychologique
La détresse psychologique est à la santé mentale ce que la fièvre est aux maladies infectieuses [57]. Elle peut être définie comme un état négatif non spécifique caractérisé par des sentiments associés à la dépression et à l'anxiété [58].
Attributs de la détresse psychologique (Ridner, 2004) [59]
- Une incapacité perçue à s'adapter efficacement aux circonstances.
- Un changement émotionnel.
- Un malaise.
- La communication de ce malaise.
- Des dommages temporaires ou permanents.
Deuil
Le deuil est une situation d'élaboration psychique par laquelle un sujet dépasse ou élabore des affects résultant de la perte d'un objet auquel il était lié par une énergie libidinale [60].
Attributs du concept de deuil [60]
- Chaque être humain est confronté à une succession de pertes préparant à la perte ultime de sa vie.
- Toute perte significative entraîne un travail de deuil proportionnel à l'attachement à l'objet perdu.
- D'une durée moyenne de 2 ans, le travail de deuil est un phénomène naturel, évolutif, menant au détachement affectif tout en préservant le souvenir par intériorisation. La capacité à créer de nouveaux attachements marque la fin du deuil.
- Il existe des formes pathologiques de deuil liées à un blocage intrapsychique.
- Pour cheminer dans le deuil, l'adulte a besoin d'être écouté, l'enfant d'être sollicité à raconter.
Les Étapes du Deuil (selon Kubler-Ross, 1975) [61]
- Le choc
- Le Déni/dénégation
- La colère /révolte
- Le marchandage
- La dépression
- L'acceptation
Ces étapes constituent des points de repère plutôt qu'un parcours linéaire obligatoire, et une personne peut retourner à des étapes antérieures en fonction de l'évolution de la situation [62].
L'Écoute
L'écoute dans les soins relationnels est une rencontre entre des attitudes et des niveaux d'écoute [63].
Quatre orientations de l'attitude face à l'écoute [63]
- Ici: Concerne le lieu et l'environnement, la position du corps, la détente ou le stress.
- Maintenant: Être présent au présent, disponible, sans préoccupations passées ou projets futurs.
- Le contenu: Entendre et comprendre tout le message, percevoir les liens entre le discours et le vécu.
- Le ressenti: Percevoir les manifestations du langage des émotions.
Niveaux d'écoute (Salomé, J. 2003) [63]
- Niveau des faits: Entendre et noter ce qui est dit par le patient, sans jugement (recueil de données).
- Niveau du ressenti ou du vécu: S'appuyer sur le non-verbal (posture, expression) et le paraverbal (ton de voix) pour confronter ce que dit le patient et la façon dont il le dit.
- Niveau du retentissement ou de la résonance: S'intéresser aux affects évoqués par le patient et à leur répercussion, ainsi qu'à la résonance de l'histoire du patient sur le soignant.
Écoute Active
L'écoute active est une technique primordiale dans une relation d'aide non-directive, où l'aidant aide le client à reconnaître et comprendre ses sentiments, attitudes et réactions, et à en parler [64]. Elle permet au thérapeute de clarifier les sentiments du client, le rendant capable de s'écouter lui-même [64]. L'écoute devient active avec la parole, et la parole, en étant écoutante (questionnaire, reformulante, encourageante), se fait entendre ; l'écoute active est une "écoute parlante" [66].
Entretien
L'entretien est la rencontre de deux personnes dans un contexte spécifique, impliquant des relations affectives et émotives [68]. C'est une situation provisoire, d'interaction essentiellement verbale, avec un objectif préalablement posé [69].
Empathie
L'empathie consiste à percevoir le cadre de référence interne d'autrui avec ses composants émotionnels et significations, "comme si" l'on était cette personne, sans perdre de vue la condition du "comme si" [70]. C'est l'acte de comprendre quelqu'un d'autre sans éprouver les mêmes émotions, une sorte de sympathie froide permettant de pénétrer l'univers subjectif de l'autre tout en gardant son objectivité [71]. L'empathie est conçue comme une "prise de rôle" (se mettre à la place d'autrui) et un "partage de perspective" (imaginer ce que l'on percevrait), sans confusion entre soi et l'autre [72]. C'est un état mental complexe impliquant des processus perceptifs, cognitifs, motivationnels et mnésiques, reposant sur une disposition innée à sentir que les autres sont "comme nous" et une capacité consciente à se mettre à leur place, sans confusion avec son propre état [73].
Congruence
La congruence, selon Rogers, est un état intégré ou l'entièreté de la personne, une manière holistique d'exprimer comment les aspects cruciaux de la personne sont reliés entre eux [74]. Elle concerne la relation entre les contenus de l'expérience et les symboles les représentant, étant un état défini par la relation entre les différentes parties de la personne [74]. Chez le thérapeute, la congruence signifie que son expérience intérieure est disponible à sa conscience, vécue dans la relation et exprimée si approprié, assurant un juste accord entre ce qui est éprouvé, conscient et exprimé au client [75].
Reformulation
La reformulation est un procédé où l'intervenant exprime à nouveau ce que le sujet vient de dire, de manière plus concise, en respectant le contenu et sa façon de sentir, sans s'impliquer affectivement [76]. Elle assure au sujet qu'il a été bien écouté et compris, lui permettant également de mieux prendre conscience de ses propres pensées [76].
Types de reformulations [76]
- La clarification: Introduire par "vous voulez dire que...", "à votre avis donc...".
- L'écho-miroir: Répéter un mot, un groupe de mots ou une phrase, souvent sous forme d'interrogation.
- Le reflet: Expliciter une attitude, des émotions ou des sentiments non-dits ("vous craignez que...", "vous pensez que...").
- La demande d'informations complémentaires: Inviter à donner des précisions ("pouvez-vous donner un exemple ?").
- La demande d'éclaircissement: Jouer l'incompréhension volontaire ("je ne vois pas bien ce que vous voulez dire").
- La reformulation de synthèse: Résumer le discours du patient ("si j'ai bien entendu vous avez donc dit...").
- La reformulation positive: Reformuler de manière à souligner le besoin ou la valeur sous-jacente ("si j'ai bien compris, pour vous, il est important que je vous fasse confiance").
- Le recentrage: Reprendre la question de départ ou relancer sur un développement pertinent pour limiter les digressions.
- L'interprétation: Aller plus loin dans la reformulation en proposant des pistes non pensées par le patient (à n'utiliser que par des professionnels expérimentés).
Relation d'Aide
La relation d'aide est principalement psychologique, une relation permissive et structurée permettant au client d'acquérir une compréhension de lui-même pour progresser [77]. C'est une relation où l'acceptation chaleureuse et l'absence de pression de l'aidant permettent à la personne aidée d'exprimer ses sentiments, attitudes et problèmes [78]. Cette relation structurée, avec ses limites de temps et de dépendance, vise à favoriser la croissance, le développement et une plus grande capacité à affronter la vie chez la personne aidée [78]. C'est une manière de procéder, une technique interpersonnelle, qui cherche à libérer la capacité de la personne aidée à vivre plus pleinement [80].
Relation d'Aide Thérapeutique
La relation d'aide thérapeutique est centrée sur la souffrance psychique, avec des indications basées sur une évaluation sémiologique et intégrées dans un projet thérapeutique [81]. Elle requiert des techniques et connaissances spécifiques (formation), avec des unités de temps, de lieu et d'action définies, et est contrôlée dans sa méthodologie et son application [81].
S5
Adaptation
L'adaptation se produit chaque fois qu'il y a une interaction entre un organisme et son environnement, entraînant une modification de cet organisme pour favoriser sa capacité à des échanges futurs [82]. Elle est un processus par lequel l'individu peut modifier activement sa situation de vie pour maintenir sa santé [82].
L'Adaptation Psychosociale
L'adaptation psychosociale est l'équilibre ou la recherche d'équilibre entre le bien-être interne et externe dans des situations données. Elle implique une adaptation simultanée à la réalité interne et externe [83].
Contexte
La notion de contexte renvoie à la prise en considération du domaine dans lequel un objet d'étude est intégré [84]. C'est ce qui introduit une contrainte dans la résolution de problème sans y intervenir explicitement, et ne peut être considéré hors de son usage [85]. Il joue un rôle dans l'activité sans avoir été explicitement prévu à cet effet [86]. Le contexte peut être externe (conditions de l'activité) ou interne (représentation du sujet de ce contexte, souvenirs, connaissances non directement liées à la tâche, attitudes, principes d'action, valeur accordée à la tâche) [86]. Il est l'ensemble des ressources contingentes à l'activité des opérateurs, qu'elles soient internes (mémoires) ou externes (environnement de travail, règles organisationnelles) [87].
Effets de Contexte (Raynal & Alain, 2012) [88]
Dans les théories cognitivistes, l'effet de contexte désigne l'influence d'éléments internes ou externes sur le processus de récupération de l'information (ex: "madeleine de Proust"). Plus les indices de rappel sont proches des indices encodés lors de l'apprentissage (condition physique ou affective), plus la récupération est facile [89].
Contexte de Soins
Le contexte de soins est l'environnement dans lequel les soins sont dispensés, ayant un impact majeur sur la mise en pratique de la démarche de soins et pouvant entraver ou faciliter les activités nécessaires [90].
Coping (Stratégie d'Adaptation)
Le concept de coping, selon Lazarus & Launier (1978), désigne l'ensemble des processus qu'un individu interpose entre lui et un événement perçu comme menaçant, afin de maîtriser, tolérer ou diminuer son impact sur le bien-être physique et psychologique [91]. C'est un processus dynamique et variable selon la situation globale, l'état du sujet et le stade d'interaction entre le sujet et la situation stressante [92].
Identité Professionnelle
L'identité professionnelle se développe par les contacts, échanges, observations et la confrontation de la vision soignante en devenir avec les attitudes soignantes rencontrées, nécessitant un ajustement constant [93]. Elle doit être intégrée à l'identité globale de la personne pour être reconnue comme sienne [94]. Sa construction implique des dimensions psycho-individuelles et sociales par les processus d'identisation (singularisation) et d'identification (appartenance), dans un va-et-vient constant entre la connaissance de soi et le rapport à l'autre [94]. L'identité est un ensemble de composantes représentationnelles, opératoires et affectives produites par une histoire particulière [95]. Elle est une composante de l'identité globale de la personne, faisant appel à des dimensions psycho-individuelles et sociales [95]. Elle se construit autour des expériences professionnelles et des rencontres [96].
Trois éléments de l'identité professionnelle (Wese & Hesbeen, 2019) [97]
- L'action professionnelle (savoir-faire et compétences).
- Les savoirs qui fondent l'action.
- Les représentations et attitudes socioprofessionnelles.
Le développement professionnel se fait grâce aux sphères privée, de l'institut de formation et de stage, permettant à l'individu de s'identifier à un groupe tout en conservant sa singularité [96]. L'identité professionnelle renvoie au monde vécu du travail, aux relations de travail (perception subjective et sentiment d'appartenance) et aux trajectoires personnelles (perception de l'avenir) [98]. Toute formation initiale contribue à la construction d'un esprit de corps, d'une culture commune et d'une manière d'appréhender les situations de travail [99]. L'identité est le résultat à la fois stable et provisoire, individuel et collectif, subjectif et objectif des divers processus de socialisation, exprimant la résultante des interactions complexes entre l'individu, les autres et la société [100]. L'identité, paradoxalement, nous construit par les autres, nécessitant d'être reconnu et s'inscrivant dans l'ordre des générations [101].
Stress
Le stress est une transaction particulière entre un individu et une situation où celle-ci est évaluée comme débordant ses ressources et menaçant son bien-être [102]. Il dépend de la perception du sujet face à la situation, l'individu étant acteur par des stratégies actives, cognitives et émotionnelles [103]. Le stress se définit par un processus incluant la personne, l'environnement et leurs transactions [104].
Stress Professionnel
Le stress professionnel survient lorsqu'il y a un déséquilibre entre la perception des contraintes de l'environnement et les ressources de la personne pour y faire face [105].
Points Clés à Retenir
- Les affects et les émotions sont des réactions psychiques fondamentales qui influencent la pratique infirmière.
- La connaissance de soi est essentielle pour interagir efficacement avec les patients et l'environnement de soins.
- Les enjeux révèlent ce qui est en jeu dans une situation, qu'elle soit sociale, politique ou communicationnelle.
- La médiation et la négociation sont des outils clés pour la résolution de conflits et l'établissement de relations.
- Les mécanismes de défense sont des processus psychiques inconscients protégeant le Moi.
- Le toucher est un sens primordial dans la relation de soin, pouvant être gnostique ou affectif.
- Le positionnement et la posture définissent l'approche du professionnel de santé face aux situations complexes.
- Les sentiments, plus stables que les émotions, sont des états affectifs complexes.
- Les soins relationnels sont au cœur de la prise en charge, impliquant un engagement total du soignant.
- L'alliance thérapeutique est la base d'une relation de soin efficace, favorisant la compréhension et le progrès du patient.
- Les différentes attitudes (Porter) influencent la dynamique relationnelle avec le patient.
- La crise et la détresse psychologique sont des états difficiles nécessitant une compréhension et un accompagnement spécifiques.
- Le deuil est un processus d'élaboration psychique face à la perte, avec des étapes clés.
- L'écoute et l'écoute active sont des compétences fondamentales pour l'infirmier, permettant une compréhension profonde du patient.
- L'entretien est un outil de communication essentiel pour recueillir des informations et établir une relation.
- L'empathie et la congruence sont des qualités primordiales pour le soignant, favorisant une relation authentique.
- La reformulation est une technique de communication qui valide l'écoute et aide le patient à clarifier sa pensée.
- La relation d'aide et la relation d'aide thérapeutique sont des approches structurées pour soutenir et accompagner le patient.
- L'adaptation, l'adaptation psychosociale et le coping décrivent les stratégies de l'individu face aux défis.
- Le contexte (externe et interne) influence fortement l'activité et la perception des situations.
- L'identité professionnelle est un construit dynamique, essentiel pour l'infirmier.
- Le stress et le stress professionnel sont des phénomènes importants dans le milieu de la santé.
Sciences Humaines et Sociales pour la Pratique Infirmière
Ce document est un recueil de définitions clés pour la compétence 6 et les UE 1.1 (Psychologie, Sociologie, Anthropologie) et 4.2 (Soins Relationnels) en formation infirmière.
Il est non exhaustif et peut être complété par des recherches personnelles.
Légende des disciplines (exemples)
- ANTHROPOLOGIE ou ANTHROPO-SOCIOLOGIE
- PSYCHOLOGIE
- SOCIOLOGIE
- PHILOSOPHIE
- SCIENCES INFIRMIÈRES
S1 S2
Affects
- (PSYCHO) Pour Bioy et Fouques (2009) : l'affect est l'« énergie affective » liée à la représentation de la pulsion selon la théorie psychanalytique [1].
- (PSYCHAN) Pour J. Bouhsira (2005) : l'affect est un terme métapsychologique complexe, lié aux représentations et aux modes de défense [2].
- (PSYCHO) Pour Jouvent, R. (2009) : l'affect est la « subjectivité d'un état psychique élémentaire, inanalysable, vague ou qualifié, pénible ou agréable » [3].
La Connaissance de Soi
- (PSYCHO) Pour Bukowski (2019) : ensemble des représentations mentales formant le soi, influençant le comportement et l'interaction avec l'environnement [4].
- (PSYCHO) Pour Markus (1983) : l'organisation et le contenu de la connaissance de soi sont spécifiques à chaque individu, issus des expériences sociales, perceptions et actions [4].
- (PSYCHO) Pour Haslam et al. (2011); Morf & Koole (2012); Bukowski (2019) : elle se développe par les interactions sociales, l'introspection et l'exploration de la mémoire personnelle [4].
- (PHILO) Pour Brie Gertler (2016), citée par De Vlieger, B. (2018) : connaissance de ses propres états mentaux (expériences, pensées, croyances, désirs) [5].
- (PHILO) Pour De Vlieger, B. (2018) : en philosophie, elle porte sur les états mentaux conscients et inconscients pour permettre aux individus de « raconter ce qu'ils sont et pourquoi ils sont ainsi » [5].
Émotions
- (PSYCHO) Pour Sillamy (2003) : « réaction globale, intense de l'organisme à une situation inattendue accompagnée d'un état affectif de tonalité pénible ou agréable » [6].
- (PSYCHO) Selon Didier Anzieu, R. Doron et F. Parot (2000) : « état particulier survenant dans des conditions indéfinies (...) accompagnée d'une expérience subjective et de manifestations somatiques et viscérales » [7].
- (PSYCHO) Pour Birouste (2011) : « première articulation de l'organisme avec le psychisme ». Sensation forte de plaisir ou de déplaisir, elle est communicative [8].
- (PSYCHO) Pour Papalia et al (1988) : « réactions subjectives à l'égard du milieu, accompagnées de réponses hormonales et neurovégétatives éprouvées en général comme agréables ou désagréables » [9].
- Le déclenchement est automatique, bref et stéréotypé, permettant une mise en alerte rapide [10].
- (PSYCHO) Selon le Grand Dictionnaire de la Psychologie (2002) : constellations de réponses intenses, avec manifestations expressives (physiologiques, subjectives) et tendances d'action, marquant une rupture [11].
Émotions primaires (Ekman, P. et Cordaro, D. (2011)) [12]
| Colère | Réponse à une interférence ou une attaque. Vise à éliminer l'obstacle ou blesser la cible. |
| Peur | Réponse à une menace (physique ou psychologique). Provoque la tétanie ou la fuite. |
| Tristesse | Réponse à la perte d'une chose ou personne à laquelle on est attaché. |
| Dégoût | Répulsion face à quelque chose de révoltant (vue, odeur, actions, idées). |
| Surprise | Réponse à un événement soudain et inattendu. Émotion la plus brève. |
| Joie | Émotions appréciées, recherchées. Déclenchées par différents événements, comportements. |
Enjeux
- (ANTHROPO SOCIO) Pour Neveu, E. (1999) : rare d'être explicitement défini, il est issu d'un processus de problématisation d'une situation (problème public/social) [13].
- (SOCIO) Selon Brisson, G. (2019) : étymologiquement lié au mot « jeu » (mettre en jeu), implique une relation, un gain ou une perte, et l'idée d'un risque [14].
- (POLITQ) Selon Le Robert historique (1998) : en politique, ce qu'on risque (gagner/perdre) dans une entreprise [15].
- (SOCIO) Selon l'Office québécois de la langue française, cité par Brisson (2019) : « Ce que l'on peut gagner ou perdre dans un projet, une lutte, une élection ou une activité ». Peut être remplacé par problème, sujet, préoccupation, défi [16].
- (SOCIO) Pour Mayer et Laforest (1990) : un enjeu implique des acteurs, valeurs et un contexte qui transforment une condition objective en problème et désir de solution. C'est un construit social lié à des systèmes de valeurs [17].
- (SOCIO) Pour Brisson, G. (2019) : une situation jugée problématique mène à un désir d'action [14].
- (SOCIO) Selon Metzger, P. et D'Ercole, R. (2008) : il a une dimension temporelle prospective et l'idée d'une action engendrant un gain ou une perte pour l'avenir [18].
Enjeux de la Communication (Baudot, J-Y., 2018) [19]
- L'enjeu identitaire : montrer une bonne image de soi (valorisation, statut).
- L'enjeu relationnel : viser une bonne qualité de la relation (ex: rituels de politesse).
- L'enjeu territorial : concerne le territoire physique et le symbolique (ex: vie privée).
- L'enjeu d'influence : exercer un pouvoir pour modifier une opinion ou un comportement.
- L'enjeu informatif : informer ou être informé (peut cacher un autre enjeu inconscient, ex: crédibilité).
Médiation
- (DROIT PUBLIC) Pour Guillaume-Hofnung, M. (2002) : processus de construction/réparation du lien social et de gestion des conflits où un tiers impartial aide les parties à améliorer une relation ou régler un conflit [20].
- (PSYCHO) Selon Argenty, J. (2012) : le médiateur favorise le lien entre deux parties (ex: soignant-soigné) en cas de conflit ou distance [21].
- « La médiation nous protège de l'immédiat, elle nous protège d'un contact direct. » Elle passe d'une relation duelle à une relation à trois [22].
Les Mécanismes de Défense
- (PSYCHO) Pour Anna Freud (1936), citée par Chabrol, H. (2005) : ils représentent la défense du Moi contre les pulsions instinctuelles et leurs affects [23].
- (PSYCHO) Selon Chabrol, H. (2005) : ce sont des processus mentaux automatiques et inconscients dont le sujet perçoit les résultats sans en avoir le contrôle [24].
Le Toucher
- (PHILO) Pour Llored, P. (2013), cité par Lecomte et al. (2017) : le toucher apparaît comme le « sens de la rencontre entre les vivants » [25].
- (ANTHROPO) Selon Montaigu, A. (1971), cité par Defresne, C. (2009) : il est l'un des cinq sens, associé à la peau (premier organe à se développer) et notre premier mode de communication [26].
- (SCIENCES INFIRMIÈRES) Pour Bruggen, H. (1977), cité par Schaub et al. (2012) : un toucher est dit « gnostique » s'il est sans connotation affective et vise l'exécution d'un acte instrumental [27].
Négociation
- (SCIENCES GESTION) Pour Dupont, C. (1986) : activité où plusieurs parties interdépendante recherchent une issue satisfaisante et non violente, prenant en compte la réalité de l'autre [28].
- (PSYCHO) Selon Demoulin, S. (2014) : « une discussion entre plusieurs entités interdépendantes dont le but apparent est de résoudre une divergence d'intérêt perçue » [29].
Positionnement
- (SCIENCES SOCIALES) Pour De Robertis (2008), cité par Portal (2012) : manière dont le travailleur social se situe entre le cadre législatif, l'institution, l'usager, les valeurs/déontologie [30].
- (SCIENCES SOCIALES) Pour Chamla (2010), cité par Portal (2012) : « processus de construction qui permet de se positionner mais aussi d'être positionné dans un environnement défini » [30].
- (SCIENCES SOCIALES) Pour Portal (2012) : cadre professionnel de référence pour faire un choix entre forces en tension. Processus de réflexion menant à une décision sur le « Que dois-je faire ? » en fonction du cadre institutionnel et déontologique [30].
Posture
- (SANTE PUBLIQUE) Pour Wese, J., & Hesbeen, W. (2018) : « une attitude fondamentale sur laquelle repose mon action », une « disposition de l'esprit » plus construite qu'un comportement [31].
- (SANTE PUBLIQUE) Pour Hesbeen, W. (2017) : l'approche des valeurs est essentielle pour travailler une posture (nommer, expliciter, montrer, cultiver) [32].
- (SCIENCES EDUCATION) Pour Paul, M. (2016) : la posture est d'abord une intention, émanant de l'identité et des valeurs, façonnée par les expériences et l'implication dans l'activité [33].
Sentiments
- (PSYCHO) « État affectif complexe, assez stable et durable, composé d'éléments intellectuels, émotifs, imaginatifs ou moraux, (...) qui persiste en l'absence de tout stimulus » et concerne le Moi ou autrui [34].
- (PSYCHO) Selon Jouvent R., cité par Bioy, A., Fouques, D. (2009) : il se compose d'une charge affective et de processus cognitifs plus complexes et élaborés [35].
Soins Relationnels
- (PSYCHO) Pour Salomé, J. (1988) : « ensemble des attitudes, des comportements spécifiques et volontaristes, des actes, des paroles tant réalistes que symboliques » proposés par un soignant à une personne en difficulté [36].
- Le Guide du Service Infirmier (1986) : « Interventions verbales ou non verbales visant à établir une communication en vue d'apporter une aide à une personne ou un groupe » [37].
- (PSYCHO) Selon MENAUT, H. : la relation est le support. L'aptitude du soignant à être dans la relation et à créer les conditions pour que le patient progresse émotionnellement et intellectuellement [38].
Relation Soignant Soigné
- Selon le Dictionnaire des soins infirmiers (2005) : « Interaction entre deux personnes en situation de soin, à chaque fois renouvelée par ce qu'elle offre d'inconnu, de complexe, et d'imprévisible. Elle est le fondement de la prise en charge globale du patient. » [39].
- (SCIENCES EDUCATION) Pour Potier, M. (2002) : lien entre deux personnes de statut différent nécessitant 3 attitudes de l'infirmier : engagement, objectivité, disponibilité [40].
S3
Alliance Thérapeutique
- (PSYCHO) Selon Rogers (1957), cité par Mateo, M.C. (2012) : la perception par le patient de l'empathie du thérapeute influence le travail thérapeutique [41].
- (PSYCHO) Selon Greeson (1965), cité par Mateo, M.C. (2012) : repose sur trois composantes : le transfert, l'« alliance de travail » et la relation réelle [42].
- (PSYCHO) Selon Bibring (1937), cité par Mateo, M.C. (2012) : la situation thérapeutique est une « nouvelle relation d'objet » [43].
-
(PSYCHO) Selon Luborsky (1976), cité par Mateo, M.C. (2012) : aspect dynamique. Deux types d'alliance « aidante » :
- Type 1 : en début de thérapie, liée à la contenance du thérapeute.
- Type 2 : phases tardives, travailler ensemble contre ce qui entrave le patient, responsabilité partagée [44].
- (PSYCHO) Selon Bordin (1989), cité par Mateo, M.C. (2012) : doit intégrer les aspects relationnels non spécifiques (« les liens ») et techniques (« tâches et objectifs ») [45].
- (PSYCHO) Selon Ricœur (2001), cité par Mateo, M.C. (2012) : la relation de soin est un « pacte de soins » basé sur la présence, la confiance et la conscience, orienté contre la maladie [46].
Attitudes
- (PSYCHO SOCIO) Pour Askevis-Leherpeux, F. (2004) : disposition interne de l'individu envers un élément social (pas directement observable, nécessitant des instruments de mesure) [47].
-
(PSYCHO SOCIO) La plupart des auteurs la conçoivent comme tridimensionnelle :
- Cognitive : jugements, croyances, savoirs.
- Affective : sentiments favorables/défavorables.
- Conative : tendance d'action (prédit le mieux le comportement) [47].
- (SOCIO) Selon Thomas et Znaniecki (1918) : toujours orientée vers un objet, permet de prédire les comportements réels et potentiels [48].
- (PSYCHO SOCIO) Pour Allport (1935) : « un état mental de préparation à l'action organisé à travers l'expérience, exerçant une influence directive et dynamique sur le comportement » [49].
- (PSYCHO SOCIO) Selon Grawitz (1972) : manifestation de la vie consciente, simple ou complexe, prédicteur de réactions à des stimulations semblables et donne des grilles de compréhension du monde [50].
-
(PSYCHO SOCIO) Selon Zanna et Rempel (1988) : s'articule autour de 3 composantes :
- Cognitive : opinion, associations d'idées.
- Affective : affects, sentiments.
- Conative : disposition à agir favorablement ou défavorablement [51].
- (PSYCHO SOCIO) Selon Lasswell, cité par Grawitz (1972) : 3 catégories : individuelles, communes, collectives [50].
Attributs du concept (Grawitz, 1972) [50]
- N'existe pas en elle-même, toujours en relation.
- Produit de la personnalité, mais aussi d'un pôle sociologique.
- Se forme en réponse à un stimulus, non innée.
- Liée à des sensations et émotions.
- Se traduit par des comportements (pôle conduite).
- Non directement observable.
- Relativement stable (stéréotypes, préjugés), mais modifiable lentement.
- Présente une résistance aux changements.
Attitudes de Porter (Elias Hull Porter, années 50) [52]
Identifie 6 familles d'attitudes qui impactent la relation interpersonnelle :
| Attitude | Définitions | Interactions induites |
| A. Évaluation, jugement | Porter un jugement. Institue un juge (vous) et un jugé (autrui). | Réactions possibles : éviter d'être évalué, critiquer le juge, s'opposer, chercher à recevoir une évaluation positive. |
| B. Interprétation | Expliquer par des raisons cachées (motivations secrètes, inconscientes). Institue un expliquant (« sait ») et un interprété (« ne sait pas »). | Réactions possibles : éviter d'être mis à nu, s'opposer à l'interprétateur. |
| C. Soutien, aide | Manifester sympathie, adhésion émotionnelle, compassion. Institue un aidant et un aidé. | Réactions possibles : se sentir humilié, dévalorisé, refuser l'aide, s'opposer. |
| D. Investigation, enquête | Poser des questions pour en savoir plus. Institue un enquêteur et un enquêté. | Réactions possibles : éviter l'interrogatoire, modifier les réponses, mentir, refuser de répondre. |
| E. Solution immédiate | Proposer très vite une solution simple. Institue un décideur et un assisté. | Réactions possibles : refuser la solution, s'opposer au décideur. |
| F. Compréhension (empathie) | Tenter de comprendre autrui de manière intellectuelle et bienveillante. Institue un écoutant et un écouté. | La personne se sentant écoutée peut développer et approfondir son propos sans être perturbée. |
Crise
- (PSYCHO) Pour Bolzinger, A., citée par Kaes et Anzieu (1979) : « Un changement brusque et décisif dans le cours d'un processus », évoquant une menace mortifère ou désintégrante [53].
-
(SOCIO) Selon Carey-Belanger, E., Côté, C. (1982) :
- Rupture brutale du fonctionnement habituel suite à un événement précis, altérant la capacité de fonctionner.
- Suivie d'une reprise de contrôle et d'une nouvelle organisation personnelle, pouvant même être à un niveau supérieur [54].
Attributs du concept de crise (Kaës, Anzieu, Bleger (1979) et Fondairé et al. (2007)) [55][56]
- Personnelle et subjective.
- Chacun a un seuil de tolérance.
- Implique une menace et un impact émotionnel.
- Déclenchée par un déséquilibre entre problème et ressources.
- Implique des conséquences négatives.
- Survient lorsque les stratégies d'adaptation (coping) sont dépassées.
- A un début et une fin, peut se répéter.
La Détresse Psychologique
- (PSYCHO) Selon Perreault, C. (1987) : « est à l'ensemble de la santé mentale ce que la fièvre est à l'ensemble des maladies infectieuses » [57].
- (PSYCHO) Pour Dohrenwend, B.S., Dohrenwend, B.P. (1980) : « état négatif non spécifique caractérisé par la manifestation de sentiments associés à la dépression et à l'anxiété » [58].
Caractérisation (Ridner, S. H., 2004) [59]
- Incapacité perçue à s'adapter efficacement.
- Changement émotionnel, malaise.
- Communication de ce malaise.
- Dommages temporaires ou permanents.
Deuil
- (PSYCHANA) Selon le Dictionnaire de la psychanalyse (1999), cité par Malaquin-Pavan, E. (2012) : « Situation d'élaboration psychique par laquelle un sujet dépasse ou élabore des affects résultant de la perte d'un objet auquel il était lié par une énergie libidinale » [60].
Attributs du concept de deuil (Dictionnaire de la psychanalyse (1999)) [60]
- Chaque être humain est confronté à des pertes successives.
- Toute perte significative entraîne un travail de deuil proportionnel à l'attachement.
- Durée moyenne de 2 ans, phénomène naturel, conduit au détachement affectif tout en préservant le souvenir.
- Existence de formes pathologiques (blocage intrapsychique).
- L'adulte a besoin d'être écouté, l'enfant d'être sollicité à raconter.
Les Étapes du Deuil (Kubler-Ross, E., 1975 : « 5 phases du mourir ») [61]
- Le choc
- Le Déni/dénégation
- La colère / révolte
- Le marchandage
- La dépression
- L'acceptation
Selon Swartenbroekx, V. (2005), ce sont des points de repère, non un parcours obligatoire et linéaire. Une personne peut retourner à des étapes antérieures [62].
L'Écoute (Salomé, J., 2003) [63]
L'écoute en soins relationnels est une rencontre entre des attitudes et des niveaux d'écoute.
Quatre orientations de l'attitude :
- Ici : présence physique et environnement (détendu/stressé).
- Maintenant : présence au présent, disponibilité.
- Le contenu : entendre et comprendre le message, liens entre discours et vécu.
- Le ressenti : perception des manifestations du langage des émotions.
Niveaux d'écoute :
- Niveau des faits : « ce qui est dit » (recueil de données, disponibilité du soignant).
- Niveau du ressenti ou du vécu : « ce qui se dit au-delà des mots » (non-verbal, paraverbal, confrontation verbal/non-verbal).
- Niveau du retentissement ou de la résonance : répercussion des affects du patient sur le soignant (émotions et ressenti).
Écoute Active
- (PSYCHO) Selon Rogers, C. (1998), cité par Simon, E. (2012) : en relation d'aide non-directive, l'aidant aide le client à reconnaître et comprendre ses sentiments, attitudes, réactions. Il reformule et clarifie [64].
- Le thérapeute clarifie et exprime des sentiments abordés vaguement. Le client « devient peu à peu capable de s'écouter soi-même » [64].
- Selon Kaeppelin, P. (1991), cité par Simon, E. (2012) : l'écoute devient active avec la parole, se fait entendre en étant questionnante, reformulante, encourageante [66]. C'est une « écoute parlante ».
Entretien
- (PSYCHO) Selon Guittet (1997), cité par Salomé, J. (2003) : « La rencontre de deux personnes dans un contexte spécifique, mettant en jeu des relations affectives et émotives. » [68].
- (PSYCHO) Pour D. Lagache, cité par Salomé, J. (2003) : « situation provisoire, d'interaction, d'inter-influence, essentiellement verbale, entre deux ou plusieurs personnes en contact direct, avec un objectif préalablement posé. » [69].
Empathie
- (PSYCHO) Selon Rogers, C. (1980), cité par Simon, E. (2012) : percevoir le cadre de référence interne d'autrui « aussi précisément que possible et avec les composants émotionnels (...) comme si l'on était cette personne, mais sans jamais perdre de vue la condition du « comme si » » [70].
- (PSYCHO) Selon Mucchielli, R. (1995), cité par Simon, E. (2012) : acte de comprendre l'autre sans éprouver les mêmes émotions (« sympathie froide »), gardant objectivité [71].
- (PSYCHO) Selon Cosnier, J. (1995), cité par Simon, E. (2012) : « prendre le rôle » d'autrui, inférer ses pensées, sentiments. Partage de perspective sans confusion entre soi et l'autre [72].
- (PSYCHO) Selon Decety, J. (2004), cité par Simon, E. (2012) : état mental complexe avec processus perceptifs, cognitifs, motivationnels, mnésiques. Deux composantes : innée (ressentir « comme nous ») et consciente (se mettre à la place). Sans confusion avec soi-même, modulée par l'attention et la motivation [73].
Congruence
- (PSYCHO) Pour Michelik, F. (2008) : c'est une relation, un état intégré, et non une entité. Décrit comment les aspects cruciaux de la personne sont liés [74].
- La congruence est la relation entre les contenus de l'expérience et les symboles internes les représentant. C'est un état défini par la relation entre les différentes parties de la personne [74].
- (PSYCHO) Rogers, C. (1980), décrit la congruence chez le thérapeute : son expérience intérieure est disponible à sa conscience, vécue et exprimée, s'il y a accord entre ce qui est éprouvé, conscient et exprimé [75].
Reformulation (Guide pour la conduite d'entretien, Université Joseph Fourier) [76]
L'objectif est de laisser la personne s'exprimer au maximum. Il faut intervenir le moins possible, noter les idées clés. Le meneur d'entretien soumet son écoute et sa compréhension à l'examen du sujet.
Plusieurs types de reformulations :
- Clarification : « vous voulez dire que... »
- Écho-miroir : Répéter un mot ou groupe de mots clé sous forme d'interrogation.
- Reflet : Expliciter une attitude, des émotions, des sentiments non-dits (« vous craignez que... »).
- Demande d'informations complémentaires : inviter à préciser (« pouvez-vous donner un exemple ? »).
- Demande d'éclaircissement : jouer l'incompréhension volontaire (« je ne comprends pas bien... »).
- Reformulation de synthèse : « si j'ai bien entendu vous avez donc dit... »
- Reformulation positive : reformuler le propos négatif du patient de manière constructive.
- Recentrage : reprendre la question de départ pour limiter les digressions.
- Interprétation : aller plus loin que les propos (pour professionnels expérimentés uniquement).
Relation d'Aide
- (PSYCHO) Rogers, C. (1971) : relation permissive, structurée, permettant au client d'acquérir une compréhension de lui-même pour progresser [77].
- (PSYCHO) Pour Rogers, C. (1971) : chaleur de l'acceptation et absence de contrainte de l'aidant, permettant à l'aidé d'exprimer ses sentiments, attitudes, problèmes [78].
- C'est une relation structurée avec des limites de temps, dépendance, action agressive pour le client, et limites de responsabilité pour le conseiller [78].
- L'aidant cherche à favoriser la croissance, le développement et une plus grande capacité à affronter la vie chez l'autre [78].
- Action de soutien et d'accompagnement pour permettre au patient d'aborder et réfléchir aux problèmes rencontrés [79].
- (PSYCHO) Selon Auger, L. (1972) : manière de procéder qui cherche à libérer la capacité de la personne aidée à vivre plus pleinement [80].
Relation d'Aide Thérapeutique
- (PSYCHO) Pour Le Guide du service Terminologie des soins infirmiers (1986) : centrée sur la souffrance psychique, basée sur une évaluation sémiologique, s'inscrivant dans un projet thérapeutique. Nécessite des techniques et connaissances spécifiques, avec des unités de temps, lieu, action et une méthodologie contrôlée [81].
S5
Adaptation
- (PSYCHO) Selon Piaget (1896-1980) : interaction entre un organisme et son environnement, résultant en la modification de l'organisme pour favoriser ses échanges [82].
- (PSYCHO) Selon Ivan Illich (1976) : la santé est un processus d'adaptation où l'individu peut modifier activement sa situation [82].
L'Adaptation Psychosociale
- (PSYCHO) Selon Tremblay, M. (1992, 2001), cité par Nevès (2012) : équilibre ou recherche d'équilibre entre le bien-être interne et externe dans des situations données [83].
Contexte
- (SCIENCES COGNITIVE ET ERGONOMIE) Le Dictionnaire des sciences cognitives, cité par Leplat, J. (2001) : prise en compte du domaine dans lequel un objet d'étude est intégré [84].
- (ERGONOMIE) Brézillon (1999b) : ce qui « introduit une contrainte dans la résolution de problème sans intervenir explicitement dans celle-ci ». Ne peut être considéré hors de son usage [85].
- (ERGONOMIE) Pour Leplat, J. (2001) : « ce qui joue un rôle dans l'activité sans avoir été explicitement prévu à cet effet » [86].
- (ERGONOMIE) Leplat, J. (2001) : peut être externe (conditions de l'activité) ou interne (représentation que le sujet s'en fait, univers mental, expériences, connaissances, attitudes) [86].
- (SOCIOLOGIE ET ERGONOMIE) Pour Karsenty, L., & Pavard, B. (1997) : ensemble des ressources contingentes à l'activité des opérateurs, exploitées pour donner sens à la situation de travail (ressources internes/externes) [87].
- (PEDAGO) Effets de Contexte, selon Raynal, F., & Alain (2012) : influence d'éléments internes ou externes sur la récupération de l'information (ex: madeleine de Proust) [88].
- (PEDAGO) Selon Richard, J-F., Ghiglione, R. (1992) et Tulving (1976) : plus les indices de rappel sont proches de ceux encodés lors de l'apprentissage (contexte physique ou affectif), plus la récupération est facile [89].
Contexte de Soins
- (SCIENCES INFIRMIERES) McCormack et McCance (2006) : l'environnement des soins a un impact majeur sur la pratique de la démarche de soins, pouvant l'entraver ou la faciliter [90].
Coping (Stratégie d'Adaptation)
- (PSYCHO) Pour Lazarus, R., Launier, R. (1978) : « L'ensemble des processus qu'un individu interpose entre lui et l'événement perçu comme menaçant, pour maîtriser, tolérer ou diminuer l'impact de celui-ci sur son bien-être physique et psychologique. » [91].
- (PSYCHO) Selon Pronost, A. M. (2009) : « Un véritable processus dynamique de la personne, un mode de faire face à une situation stressante, variable selon la situation globale, selon l'état du sujet et selon le stade d'interaction entre le sujet et la situation » [92].
Identité Professionnelle
- (PSYCHO) Favetta et Feuillebois-Martinez (2011), citant Molinier, Laugier, Paperman (2009) : les étudiants développent leur apprentissage identitaire par les contacts, échanges, observations, confrontant leur vision de soignant en devenir. Le travail transforme le sujet : « on ne naît pas caring, on le devient » [93].
- (SCIENCES EDUCATION) Selon Gohier et al. (2001), cités par Wese, J., & Hesbeen, W. (2018) : elle doit être intégrée à l'identité globale de la personne [94].
- (SCIENCES EDUCATION) Dimensions psycho-individuelles et sociales par l'identisation (singularisation) et l'identification (appartenance). Dialectique constante entre connaissance de soi et rapport à l'autre, provoquant des remises en question [94].
- (SCIENCES EDUCATION) Barbier, cité par Beckers (2007) : identité = « ensemble de composantes représentationnelles, opératoires et affectives » produites par une histoire particulière [95].
- (SCIENCES EDUCATION) Gohier & al., cités par Beckers (2007) : est une « composante de l'identité globale de la personne » [95].
- Cohen-Scali, cité par Rivier (2017) : se construit autour des expériences professionnelles via les rencontres [96].
- (SANTE PUBLIQUE) Selon Wese, J., & Hesbeen, W. (2019) : composée de 3 éléments : action professionnelle, savoirs, représentations/attitudes. Un travail sur les attitudes et représentations est une piste [97].
- (SCIENCES EDUCATION) Pour Jorro (2011), cité par Wese, J. (2018) : le développement professionnel se fait grâce aux sphères privée, de formation et de stage, menant à une singularité [96].
- (SCIENCES EDUCATION) Pour Fray et Picouleau (2010) : renvoie à trois éléments : le monde vécu du travail, les relations de travail, les trajectoires personnelles et la perception de l'avenir [98].
- (SCIENCES EDUCATION) Selon Barbier (1996) : toute formation initiale contribue à sa construction, c'est une visée de la formation [99].
- (SCIENCES EDUCATION) Dubar (2000) : « résultat à la fois stable et provisoire, individuel et collectif, subjectif et objectif (...) des divers processus de socialisation ». Pensée comme une résultante des interactions entre l'individu, les autres et la société. C'est la conscience sociale que l'individu a de lui-même [100].
- (SCIENCES EDUCATION) Benasayag (2004) : paradoxe de l'identité ; nous ne sommes quelqu'un que par les autres (filiation, reconnaissance) [101].
Stress
- (PSYCHO) Pour Lazarus R.S., Folkman, S. (1984b) : « transaction particulière entre un individu et une situation dans laquelle celle-ci est évaluée comme débordant ses ressources et pouvant mettre en danger son bien-être » [102].
- (PSYCHO) Pour Lazarus, R. (1984), cité par Pronost (2012) : dépend de la perception de la situation par le sujet. L'individu est acteur, modifiant l'impact par des stratégies actives [103].
- (PSYCHO) Selon Pronost, A. M. (2012) : processus incluant la personne, l'environnement et leurs transactions [104].
Stress Professionnel
- (MED) D'après l'Agence Européenne pour la Sécurité et la Santé au Travail (2013) : survient « lorsqu'il y a un déséquilibre entre la perception qu'une personne a des contraintes que lui impose son environnement et ses propres ressources pour y faire face » [105].
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